27 janvier 2011

Blessure.

                 Montage_Paul_Monne__3

 

De nouveau un grand merci au docteur Gilbert Monne. Suite du témoignage Paul Monne intitulé « Arrivée à Suippes».

 

Sur la route nationale, les soldats marchaient en colonne par 4 avec la recommandation express de ne pas parler haut et surtout de ne pas fumer de cigarette, le point rouge de celle-ci étant visible de loin la nuit. La marche était lente, avec de fréquents arrêts. Quand un arrêt était brusque, les soldats se cognaient la tête contre le sac de celui qui se trouvait devant, ce qui provoquait de vives protestations. Après avoir marché pendant un moment, la troupe fut doublée par une auto éclairée avec des phares. Celle - ci remontait la colonne des soldats en marche.Je ne comprenais pas qu’on la laisse ainsi circuler, car ses lumières étaient bien plus visibles que le bout d’une cigarette allumée. J’ai appris par la suite que cette auto était celle d’un trésorier militaire allemand égaré. Il a été pris avec tout l’argent qu’il transportait et fait prisonnier. La compagnie continua d’avancer dans la plus grande obscurité, avec une accalmie relative. Nous approchions de Souain et nous commencions à descendre dans le village quand nous fûmes accueillis par une vive fusillade. Les Allemands avaient préparé une grande résistance sur la route de Somme-Py au dessus de Souain. Aussitôt, nous nous dirigeons dans la rue à notre gauche. Et que voyons-nous ? Une femme tenant à la main une lampe à pétrole allumée circulant dans la rue. Aussitôt, nous la faisons rentrer chez elle, la prévenant qu’elle devait s’abriter des balles, car elle pourrait être blessée et même tuée. Ensuite, nous pénétrons dans une grange et nous attendons les ordres. Le capitaine dit : « Nous devions aller à Somme-Py ce soir, mais les Allemands sont retranchés au-dessus du village et résistent. Nous allons attendre des ordres, des renseignements sur cette bataille. » Nous plaçons des sentinelles à l’entrée du village, près de la dernière maison et nous nous mettons en liaison avec les autres sections. La nuit ne fut troublée que par quelques coups de fusils. En plus des sentinelles, il y eut des patrouilles qui sillonnaient dans la rue entre les maisons. Dès l’aube, la fusillade fut intense. L’artillerie allemande, de différents calibres, bombarde la route que nous avions suivie pour nous rendre à Souain, ainsi que les champs où étaient cachés, camouflés, les soldats sous les javelles d’avoine. Après les éclatements des obus qui firent des blessés et des tués, tous les soldats se levèrent. Ils se secouèrent pour faire tomber les tiges d’avoine et devinrent une belle cible pour l’artillerie ennemie.

  

                 De_Suippes___Souain 

  

Au village, la situation devint critique, les balles sifflaient de tous côtés, les obus tombaient sur les maisons. Les capitaines Altairac et Gérardin m’avaient dit que les Allemands encerclaient le village. Avec ma section, je devais établir un barrage de la rue avec du matériel agricole et du fumier et dès que je les verrais arriver, je devais, avec ma section, charger à la baïonnette. Sur quoi j’ai dit : « Que pourrais-je faire avec mes 30 hommes s’ils sont des centaines à nous attaquer ? » Ne les voyant pas arriver, le capitaine me donna un nouvel ordre. Il me dit de quitter cet endroit, de conduire ma section, les soldats déployés en tirailleurs, près de la grande route, bordée de peupliers. Ce mouvement exécuté, je pris mes jumelles. Je m’abritai derrière un gros peuplier et j’observai ce qui se passait en avant. Les obus tombaient sur les arbres, brisant les branches et en éclatant produisaient un grondement infernal. Au bout d’un moment, je reçois une balle qui me traversa la cuisse droite en séton. Je prévins le capitaine. L’infirmier me fit un pansement et m’envoya au poste de secours qui m’évacua le 14 septembre 1914.

 Sources :

Le J.M.O. de la 85e brigade, série 26 N 520/9 a été consulté pour la construction des cartes.

Un grand merci à M. Bordes et à G. Monne.  

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02 février 2011

Dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette.

                   Paul_Monne_

De nouveau un très grand merci au Docteur Gilbert Monne qui m’autorise à reproduire sur ce blog les écrits de son père le sergent Paul Monne.

"Vers la mi-octobre 1914, le 149e R.I. occupait la Chapelle et le plateau de Notre-Dame-de-Lorette. Les Allemands ont été arrêtés là et c’est alors que les soldats ont commencé à creuser des tranchées.

Fin octobre, le régiment quittait cette région pour se rendre en Belgique et participer à la grande bataille d’Ypres et de la région. C’était la course à la mer pour les Allemands. Lorsque l’avance de l’armée de allemande fut stoppée à Ypres, le 149eR.I. revint, à pied, retrouver ses anciennes positions. Nous avons cantonné, à Noeux-les-Mines, corons fosse 10, à Aix-Noulette, Azingarde. Pour nous rendre aux tranchées de première ligne qui se trouvaient à mi-chemin de la colline, nous passions à Noulette tout près de la mare au château. Nous tournions ensuite à gauche pour arriver au bois  6. Au château, il ne restait plus que des pans de mur, il avait été incendié au cours des premiers combats. Les sous-sols et les caves voûtées étaient restés intacts. Ils servaient d’abris aux soldats qui quittaient la 1ère ligne pour venir se reposer en 2e ligne. Nous restions 48 heures en 1ère ligne et 48 heures en 2eligne. (Bois 6 et sous-sols du château) et enfin 48 heures de grand repos à Aix-Noulette, Noeux-les-Mines.

Je signale en passant qu’il n’y avait pas de fontaines, Pas de W.C., tout se faisait dans la mare. C’est même là que les cuisiniers venaient chercher l’eau pour faire le café. Les soldats français toujours imprudents sortaient de leur abri pour venir s’ébattre à l’extérieur du château, sans se préoccuper s’ils étaient vus par les Allemands qui étaient sur la crête. Les observateurs allemands les ont aperçus. Aussi, le 17 février 1915, l’artillerie a bombardé violemment le château avec de gros obus.

Malheureusement, sous le poids des hautes murailles et les obus de gros calibre, quelques voûtes se sont effondrées et ont enseveli une partie des soldats de notre 4e compagnie.

Les survivants des caves épargnées ont voulu aussitôt dégager leurs camarades qui étaient sous les décombres.

 Dix-sept ont été Le_bois_6_et_le_cimeti_retrouvés morts. Parmi eux, 3 ont leurs noms sur le monument aux morts d’Epinal. 

 

Après cette digression, j’en reviens au bois 6. De là, pour arriver aux premières lignes, il fallait traverser une petite vallée pour gagner la haie G. La tranchée qui y conduisait était très souvent, et à la moindre pluie, remplie d’eau d’une hauteur de 30 à 40 cm. Nous devions donc rester trempés pendant les 48 heures de tranchées de 1ère ligne.

Ensuite, nous suivions la colline sur une longueur de 150 à 200 m pour obliquer à droite et arriver aux premières lignes.

En décembre 1914, nous faisions de temps en temps quelques attaques, non pour conquérir du terrain, mais pour faire quelques prisonniers afin de connaître les troupes allemandes qui se trouvaient en face de nous A chaque attaque, nous avons eu soit des tués, soit des blessés et nous n’avons pas fait de prisonniers.

J’ai appris par la suite qu’il fallait cesser ces coups de main car nous avions trop de pertes pour peu de résultats obtenus.  

Au début de janvier 1915, nous étions cantonnés à Bethonsart et nous prenions les tranchées en avant du Mont Saint-Eloi. Un peu plus tard et en février, nous sommes revenus à Aix-Noulette. De nouveau, nous étions chargés de défendre l’éperon de Lorette à proximité de la haie G. A cet endroit, la troupe avait creusé de grands abris sous la colline où on pouvait abriter beaucoup de soldats. Abris qui ne pouvaient pas être démolis, même par de violents bombardements d’artillerie.

Comme précédemment, nous occupions les tranchées situées à flanc de coteau de la colline de Lorette. L’hiver était humide et pluvieux.

En février, devant nos tranchées à une quarantaine où cinquantaine de mètres, nous constations chaque fois que nous montions en première ligne, qu’un tas de terre grossissait toujours. Nous nous demandions quels travaux souterrains faisaient les Allemands pour avoir un tel volume de terre. A la fin de février, je me suis mis en liaison avec la 1ère compagnie du 149eR.I. qui se trouvait à notre gauche, vers la route d’Arras. A mon retour, je m’arrête et parle avec la sentinelle de ma compagnie. Ce soldat me dit : « Tout à l’heure j’ai écouté au fond de la tranchée. J’ai entendu les Allemands qui creusaient. » Aussitôt, je fais comme lui, je me couche, l’oreille contre le sol. « J’entend des bruits sourds de pic. Pouf…Pouf… Je dis : « Sûrement qu’ils creusent et préparent des mines. » Je fais part de mes observations aux officiers. Comme chef de section, je considère de mon devoir de dire qu’il faudrait prévenir le colonel et peut-être envisager de placer les soldats de cette tranchée plus en arrière et de n’en laisser que quelques uns.

Après cette intervention, on m’a traité de peureux, de froussard et on n’a rien fait.

Quelques jours après, le 3 mars 1915, à 6 h 00 du matin, les Allemands faisaient sauter les mines qui bouleversèrent tout le sol ainsi que les tranchées, ensevelissantde nombreux soldats dans tout le secteur de Lorette y compris ceux qui se trouvaient sur le plateau, vers la faisanderie. Les Allemands lancèrent quantité de grenades dans les abris de 2e ligne où reposaient les chasseurs à pied. Il y eut de nombreux tués, blessés et prisonniers. L’explosion des mines et des obus, les violents tirs d’artillerie mêlés à un orage, produisaient un bruit infernal. Tout cela mélangé aux lueurs produites par le tir des canons et l’éclatement des obus faisaient croire à l’éruption d’un volcan et d’un tremblement de terre. Après cela, il a fallu attaquer pour reprendre le terrain perdu. Quelques jours avant l’attaque allemande, les soldats du 149e R.I. avaient échangé leur tenu de campagne (pantalon  rouge, capote et veste bleues) contre la tenue bleue horizon. Notre nouvel uniforme a surpris les Allemands et a causé une certaine perturbation dans leur action.

Nous avons occupé aussi le bois en Hache, la faisanderie et battu aux éperons du côté de Carency et  également à Bouvigny. Pour préparer la grande offensive de 9 mai 1915, le génie  avait creusé des tranchées, un labyrinthe dans toute la vallée qui se trouve entre le bois G et la Haie G. Au cours de la nuit du 8 au 9 mai, les soldats étaient massés et cachés dans ce labyrinthe. Ils attendaient l’heure H pour attaquer. L’artillerie française a tiré sans arrêt pendant plusieurs heures pour détruire les positions allemandes et faciliter  ainsi notre avance. A 10 h 00, nous sommes partis à l’attaque. Paul_Monne_Avis_de_blessures_1L’artillerie allemande n’est pas restée inactive. Elle a riposté violemment. Les tranchées allemandes n’ont pas été complètement démolies car nous avons été accueillis par une vive fusillade. C’est en entraînant ma section à l’assaut d’une tranchée ennemie  que j’ai été grièvement blessé au bras. Pour moi, ce fut fini, la bataille de Lorette était terminée… Ce serait trop long de raconter les nombreux épisodes où notre régiment à participé. J’ai oublié bien des noms d’éperons où nous avons vécu de terribles moments."

 

Paul Monne.

 

Référence bibliographique : Historique du 149e Régiment  d'Infanterie (version illustrée).

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03 février 2011

Capitaine Henri Souchard (1873-1914).

                  Capitaine_Henri_Souchard

Henri Urbain Souchard est né le 22 juillet 1873 en Indre-et-Loire, dans la ville de Tours.  Il est le fils d’Urbain et de Béatrix Thirouin. À sa naissance, son père exerce la profession d’employé des lignes télégraphiques.

Bachelier en sciences, il signe un engagement volontaire de 4 ans au début de l’année 1893 et commence une carrière militaire comme simple soldat au 67e R.I. de Soissons. Il sert dans ce régiment de 1893 à 1898. Il fait, ensuite, l’école de Saint-Maixent (promotion Transwall : 1899-1900). À sa sortie d’école, au printemps de l’année 1900, il est nommé sous-lieutenant au 68e R.I.. Lieutenant deux ans plus tard, il se marie la même année, avec Marguerite Berthon dans la commune de Champdeniers. De cette union naitra un fils qu’ils prénommeront Pierre.

En décembre 1905, il intègre le 125e R.I.. En 1908, il suit les cours de l’école de tir du camp du Ruchard. Henri Souchard est nommé capitaine en octobre 1913, il quitte la 5e compagnie du 125e R.I. pour rejoindre son nouveau régiment, le 149e R.I. qui se trouve à Épinal.

Parti à la mobilisation comme responsable de la 9e compagnie, il est un des rares officiers du 3e bataillon qui sort indemne des combats d’août 1914. Il est pourtant grièvement blessé le 19 septembre 1914 à la tête de sa compagnie dans le secteur de Souain. Évacué sur l’hôpital mixte d’Angoulême le 25 septembre, il décède des suites de ses blessures sur le sol charentais le 3 octobre 1914. Il repose dans le monument du souvenir français de cette ville.  

Citation à l’ordre n° 44 de la Xe armée en date du 11 janvier 1915 (général de Maud’hui) :

« Le capitaine Souchard du 149e R.I. est tombé mortellement frappé le 19 septembre 1914, en  entraînant sa compagnie avant-garde de bataillon au franchissement d’une crête balayée à courte portée par des rafales d’artillerie et prise d’écharpe par plusieurs batteries de mitrailleuses, a réussi par le bel exemple de son énergie et de son courage, et malgré les pertes subies à accrocher l’avant-garde de cette crête, à permettre aussi le développement de l’attaque par le gros du bataillon. »  

Pierre Souchard, son fils, a été décoré de la Légion d’honneur de son père qu’il a obtenue à titre posthume sur la place d’armes de Poitiers. 

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

Un grand merci à M. Bordes, à C. Leclair, à C. Fombaron, à G. Géhin à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.  

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10 février 2011

Soldat Henri Barbier (1895-1915).

             Henri_Emile_Barbier

 Henri Barbier est né le 16 octobre 1895 à Champagne-sur-Vingeanne.  Il est le fils d’Alexandre et de Joséphine Boirin. Il est entré à l’école Saint-Joseph de Dijon à la rentrée de 1907. Il y fit de sérieuses études professionnelles durant quatre années, puis cédant à ses préférences personnelles, il regagna avec plaisir le foyer paternel pour s’y livrer aux travaux des champs. L’agriculture lui plaisait. Il s’y donna entièrement, et, à la mort de son père survenue en 1913, il prit la responsabilité de l’exploitation de ses parents. Ce fut là que vint le chercher l’ordre de mobilisation. Faisant partie de la classe 1915. Il fut incorporé le 19 décembre 1914 au 170erégiment d’infanterie. Le dépôt de cette unité se trouvait à Épinal et Henri y demeura jusqu’au mois d’avril suivant. À cette époque, il est versé au  149erégiment d’infanterie, il s’apprêtait à partir à son tour. Le 30 avril, l’ordre de départ arrivait et il gagnait le front. Il reçut le baptême du feu en Artois, immédiatement après son débarquement. Puis il prit part aux rudes attaques de mai et de juin qui avaient pour objectif la conquête totale du massif de Notre-Dame-de-Lorette. Jusqu’en septembre, Henri Barbier sortit indemne de ces terribles combats, quand, le 26 septembre, il est désigné pour faire partie de la première vague d’assaut devant attaquer les Allemands à la lisière du bois en Hache. À midi et demi, il s’élançait  hors de la tranchée, il avait fait à peine quelques mètres, qu’il tombait mortellement frappé d’une balle à la tête. Son corps ne fut retrouvé qu’un mois plus tard et enseveli dans la nuit du 29 au 30 octobre 1915 par des brancardiers divisionnaires avec dix de ses camarades.

Peu de temps avant ce tragique dénouement, il écrivait à sa mère que chaque jour il voyait la mort de bien près et qu’il avait fait généreusement le sacrifice de sa vie.

Une citation posthume, de 1920, a conféré la Médaille militaire à Henri Barbier.

Source : « Livre d’or à la mémoire des morts de la Grande Guerre », d’après les documents recueillis de 1914 à 1919 par Louis Lagoutte. Association amicale des anciens élèves des frères et de l’école Saint-Joseph de Dijon. Éditions Imprimerie Jobard 1921.

Un grand merci à P. Baude. 

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16 février 2011

4 mars 1915.

                 Section_de_mitrailleuses

 

Il faut contre-attaquer pour reprendre les tranchées perdues. Un ordre général d’opérations du 21e C.A. est prescrit à la 43e D.I. qui est renforcée de 4 compagnies venant du 20e B.C.P. et du bataillon Dumoulin du 295e R.I.. Les positions occupées par le 149e R.I. sont sensiblement identiques à celles de la veille au soir.

 

 

                                      Tableau des tués pour la journée du 4 mars 1915

 

                                   Tableau des blessés pour la journée du 4 mars 1915

 

 

 

Le régiment engage ses trois bataillons accolés dans le secteur. Sa gauche (3e bataillon), appuyée au bois des Boches, tient les lisières des bois 5 et 6. Le 1er bataillon au centre, tient depuis le bois 6 et occupe la lisière sud du bois 7, il a sa droite à la haie-talus G, où une section se maintient depuis le 3 mars, dans les abris creusés dans ce talus. Deux mitrailleuses sont placées au bois 6 et trois au bois 7. Au sud-ouest du bois 7, reliant le 1er bataillon du 149e R.I. au 31e B.C.P. au bois 8, le 2e bataillon du 149e R.I. est échelonné en profondeur. Les  5e et 6e compagnies sont en première ligne. La 8e compagnie est en renfort. La 7e compagnie se trouve sur la ligne de repli qui est organisée entre le bois de Noulette et le bois de Bouvigny.

Pendant la nuit, des travaux ont pu être exécutés sur tout le front de la première ligne.

L’artillerie française exécute, sur tout le front et en arrière du front, un tir lent et continu. Ceci, dans le but de gêner tout mouvement des réserves ennemies et pour perturber leurs travaux.

En début d’après-midi, un bombardement extrêmement violent de la part de l’artillerie allemande se produit sur le bois 8 et sur le plateau. Il précède les préparatifs de l’artillerie française pour l’attaque des chasseurs. Vers 16 h 00 l’attaque des chasseurs de la 86e brigade tente en vain de déboucher. L’artillerie allemande l’arrête. Vers 17 h 30, une nouvelle attaque des chasseurs des 3e et 31e B.C.P. se réalise. Vers 17 h 45, un bombardement allemand virulent se déclenche et l’artillerie française riposte violemment.

Dans la soirée, les chasseurs progressent sur  la ligne d’attaque. Le 31e B.C.P. est signalé comme ayant atteint l’ancienne tranchée de 1ère ligne. Le 10e B.C.P. progresse plus lentement. Les 2 autres bataillons de la 86e brigade éprouvent quant à eux, une vive résistance devant la partie sud du boyau 7. À la gauche de la 86e brigade, des unités du 149e R.I. dépassent le talus G, et progressent dans les boyaux. Toutes les précautions sont prises aux Arabes et sur le plateau de Lorette pour arrêter les éventuelles attaques allemandes qui pourraient se produire dans la nuit.

La nuit du 4 au 5 mai fut assez calme, avec quelques fusillades intermittentes sur tout le front. L’artillerie allemande reste silencieuse. De temps en temps, il y a quelques coups de canon provenant de l’artillerie française, sur les points de la 1ère ligne ennemie qui ont été repérés le jour.

Les reconnaissances envoyées par le 149e R.I. ont trouvé la parallèle du bas des haies occupée. Dans ces conditions, étant donné l’arrêt de l’offensive des chasseurs, il n’a pas été possible de pousser plus loin dans le boyau de la haie G.

Le 1er bataillon est retiré du front. Deux de ses compagnies vont passer la nuit à la Fosse 10. Les deux autres avec l’E.M. vont à Aix-Noulette. Ces dernières seront ramenées au matin du 5, aux abris du bois 6. Les 2e et 3e bataillons sont maintenus en 1ère ligne pour reprendre l’offensive au matin, dès que le mouvement des chasseurs le permettra. La liaison est établie par le 2e bataillon avec les chasseurs à hauteur des abris du génie et avec le 3e bataillon du 149e R.I., à hauteur du bois 7. La première ligne a été améliorée pendant la nuit.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, à Y. Thomas, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

 Référence bibliographique :« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Editions Payot. 

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24 février 2011

Sous-lieutenant Emmanuel Larnac (1895-1915).

                  Sous_lieutenant_Emmanuel_Larnac 

Emmanuel Larnac est né le 26 juillet 1895 dans la ville de Nîmes. Il est le fils d’Ernest Larnac et de Lydie Duprat. Ses parents vivent sur la commune de Fourchambault dans la Nièvre. Il quitte cette commune dès l’âge de 19 ans pour signer un engagement volontaire d’une durée de 8 ans à la mairie de Nevers. Lorsqu’il signe son engagement le 12 août 1914, il emporte avec lui un extrait du journal officiel qui prouve son admission à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Une formation qu’il ne pourra pas suivre puisque la guerre vient juste de commencer. Il débute sa carrière militaire le 14 août 1914 comme simple soldat au 13e R.I.. Sa progression dans l’échelle des grades est très rapide. Le 5 décembre 1914, il est nommé sous-lieutenant à titre temporaire pour la durée de la guerre. Emmanuel Larnac arrive le 15 janvier 1915 au 149e R.I., après un très bref passage au 95e R.I.. Moins de deux mois plus tard, il rencontre la mort sur son chemin, à la tête d’une section de la 9e compagnie, lors d’une contre-attaque le 3 mars 1915, dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette. Le sous-lieutenant Emmanuel Larnac est inhumé dans le carré militaire du cimetière communal de Sains-en-Gohelle.

 

Citation à l’ordre n° 55  de l’armée la Xe armée en date du 20 mars 1915 : (parue dans le J.O. du 8 avril 1915).

« Le 3 mars, lors d’une attaque allemande sur les tranchées de 1ère ligne devant Noulette a été tué à la tête de sa section en l’entraînant à la contre-attaque en avant des tranchées avec une grande bravoure. »

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Emmanuel Larnac provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

 

Un grand merci à M. Bordes, à T. Cornet, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la défense de Vincennes. 

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02 mars 2011

5 mars 1915.

                    5_mars_1915

La 43e D.I. a reconquis hier soir une partie du terrain qu’elle avait perdu, en infligeant  à l’ennemi de lourdes pertes. La 86e brigade a fait à 150 prisonniers qui appartiennent à 3 régiments différents. Elle a pris, ce matin une compagnie de mitrailleuses. Du côté des Allemands, un bataillon du I.R. n° 40 prussien, décimé, a dû être relevé dans la nuit par un bataillon de chasseurs (13e).

Reçut vers 1 h 30 l’ordre téléphonique pour la journée du 5 mars. La 86e brigade doit continuer son mouvement offensif vers l’est, jusqu’à ce qu’elle ait récupéré ces anciennes tranchées. Le 149e R.I. doit maintenir sa droite à hauteur de la gauche de la 86e brigade et suivre de concert avec elle, la reprise de la corne est du bois de Bouvigny et des anciennes tranchées.

 

 

                                     Tableau des tués pour la journée du 5 mars 1915

 

                       Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 5 mars 1915

 

 

En conséquence, les ordres suivants sont donnés : le 2e bataillon qui est placé à l’aile droite du régiment doit se relier avec la gauche de la 86e brigade pour appuyer le mouvement offensif lorsque les chasseurs se porteront en avant. Il doit maintenir la liaison à gauche avec le reste du régiment, vers la haie G.

Le 3e bataillon est chargé de préparer l’offensive de la haie G incluse jusqu’au bois des Boches exclus, dès que l’offensive de la droite sera suffisamment avancée. Le commandant Bichat assure la garde du secteur avec ses 2 compagnies et les deux compagnies du 158e R.I. qui s’y trouvent déjà. Les troupes doivent être en place à 7 h 00. Durant toute la matinée, les travaux d’organisation continuent de manière très active. Une violente canonnade ennemie se déroule sur le bois de Bouvigny de 7 h 30 à 8 h 30.

À 13 h 00, arrive l’ordre de l’attaque qui doit se dérouler en deux phases : La 1ère sur la lisière est du bois de Bouvigny par la 86e brigade en liaison avec le 2e bataillon du 149e R.I.. La 2e, sur le reste du front, lorsque la 1ère aura suffisamment progressé. Trois compagnies du 20e B.C.P. sont mises à la disposition du 149e R.I. pour appuyer et pousser l’attaque jusqu’à la parallèle allemande. Deux compagnies du 1er bataillon du 149e R.I. et  2 compagnies du 158e R.I. sont en réserve de brigade.

Un tir de préparation d’attaque de quelques minutes, se déclenche à 15 h 00 sur la corne est du bois 8. Il est suivi d’un tir de barrage sur les tranchées allemandes de 1ère ligne. Au cours du tir de préparation quelques coups mal réglés, empêchent les chasseurs d’attaquer, ce qui enraye l’offensive générale. Le front de la 85e brigade n’est pas modifié.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

Référence bibliographique :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris. 1939. 

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09 mars 2011

Sergent Vincent Cabarrouy (1892-1915).

                  Sergent_Vincent_Cabarrouy

 Vincent Cabarrouy est né le 20 décembre 1892 à Bazolles, petite commune de la Nièvre. Il est le fils de Pierre et de Marie Louise Bellevant. L’acte de décès de ce Bazollois, nous fait savoir qu’il avait quitté son village natal pour aller vivre dans le 9e arrondissement de la capitale. Au début du conflit, il est sergent à la 6e compagnie du 149e R.I. qui se trouve sous les ordres du capitaine François. Vincent Cabarrouy est tué le six mars 1915 à 17 h 00 d’un coup de feu au combat dans le secteur d’Aix-Noulette.

Citation à l'ordre de l'armée :
« Le 6 mars 1915, a fait preuve de la plus grande bravoure en marchant résolument à l'attaque d'une tranchée allemande et en entraînant sa section aux cris répétés de « En avant ! ». A été tué sur le parapet de la tranchée qu'il venait d'enlever. »

Sources :

Le portrait du sergent Vincent Cabarrouy provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

La carte utilisée pour le montage photo est extraite du J.M.O. du 25e R.I.T., sous-série 26 N 778/5.

 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi  et au Service Historique de la défense de Vincennes. 

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16 mars 2011

6 mars 1915.

                 Entonnoir_de_mine

La nuit du 5  au 6 mars reste calme dans le secteur du 149e R.I.. À sa droite (86e brigade), une fusillade assez vive éclate à plusieurs reprises. Les 10e et 31e B.C.P. (86e brigade) sont relevés par le 3e bataillon du 21e R.I. qui la gauche appuyée à la lisière sud du bois 8, tient le boyau du Gros Arbre et celui de la Haie. Dans le bois 8, il y a la 6e compagnie du 149e R.I..

 

 

                                     Tableau des tués pour la journée du 6 mars 1915

 

                       Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 6 mars 1915

 

 

 De temps en temps, il y a quelques coups de canons de la part de notre artillerie sur la première ligne ennemie. L’artillerie allemande est calme. Vers 1 h 15, un ordre général arrive pour la journée du 6. Il faut renforcer solidement l’organisation du terrain conquis la veille. La position doit, coute que coute, être maintenue. Il faut également préparer les opérations pour la relève prescrite. Un ordre ultérieur sera donné pour la reprise de l’offensive.

 

 

                 6_mars_1915

 

 Dans l’après-midi, l’attaque de la 86e brigade se déclenche ayant à sa gauche  en 1ère ligne, 2 compagnies du 2e bataillon du 149e R.I. Le 3e bataillon du 21e R.I. franchit le boyau des Mines et parvient, malgré de nombreuses difficultés, à progresser jusqu’au boyau de l’Escalier (80 m environ). Dès cet instant, l’attaque est obligée de parer à une contre-attaque ennemie en préparation. Dans ces conditions, le 149e R.I. ne peut plus pousser son attaque sur la parallèle du pied des haies. Cependant, la 6e compagnie du 149e R.I. avance dans le bois 8 jusqu’à la hauteur de S1 et conquiert le boyau 2 qui se trouve à la lisière est.

 

À 16 h 45  l’ordre de la relève est reçu. Les 17e et 21e B.C.P. relèvent dans la nuit du 6 au 7 mars les éléments du 149e R.I., qui vont cantonner après la relève, à Petit-Sains et Noeux-les-Mines, puis, le 7, à Olhain, Baraffles, Rebreuve-Ranchicourt et Hermin.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

Référence bibliographique :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris. 1939.

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23 mars 2011

Sergent Marie Joseph Husson (1891-1915).

                  Sergent_Marie_Joseph_Husson     

Marie Joseph Husson est né le 7 novembre 1891 dans la commune vosgienne de Plombières. Il fait une partie de ses études au collège de La Malgrange de 1903 à 1908. Marie Joseph Husson était célibataire et  exerçait la profession de marchand de bois.

 Il est sergent à la 2e compagnie du  149e R.I. lorsqu’il disparait le 3 mars 1915, au matin d’un combat à Notre-Dame-de-Lorette. Ce n’est seulement qu’après la guerre, qu’un prisonnier, à son retour de captivité en Allemagne fit savoir à sa famille angoissée, qu’il l’avait reçu dans ces bras, frappé à la tête  par un éclat d’obus instantanément mortel.

Marie Joseph Husson a été décoré de la Médaille militaire.

 

Référence bibliographique :

« Livre d’or de la Grande Guerre, institution de la Malgrange. » Editions Nancy Ancienne. Imprimerie Vagner. 1923.

 

Un grand merci à Éric Mansuy. 

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