14 octobre 2009

Sergent Frédéric Biehler (1893-1917).

Sergent_BiehlerNé le 10 juillet 1893 à Saint-Laurent dans les Vosges (Commune rattachée à Epinal depuis 1964). Il est sergent à la 11e compagnie lorsqu’il croise le chemin de  la mort le 23 octobre 1917 sur les coups de 8 h 00 du côté du bois de Belle-Croix (Ce dernier se trouve sur la commune de Vaudesson  dans le département de l’Aisne). Après les combats il est inhumé par le groupe de brancardiers de la 43e D.I., à Condé-sur-Aisne, dans une sépulture individuelle numérotée 171.

Il repose actuellement dans la Nécropole Nationale Française de Vauxbuin, avec 32 de ses camarades tués le même jour dans ce secteur.

 

 

Quelques souvenirs familiaux :

 

Il a obtenu sa Croix de guerre à la bataille de Notre-Dame-de-Lorette en 1915.

La première de ses citations a été attribuée dans le secteur du fort de Vaux en mars 1916, la seconde au Trou Bricot. La famille ne sait pas pour l’obtention de sa 3e citation.

 

Médaille Militaire (Trouvé sur un site de recherche généalogique). Frédéric Alexis Biehler  - matricule 7845

Sergent au 149e Régiment d'Infanterie.

«Sous-officier d'une bravoure et d'un sang-froid exemplaires .Le 4 septembre 1916, après avoir brillamment enlevé une section de grenadiers à l'assaut d'un village fortement occupé, s'est rendu maître de deux forts groupes ennemis qui offraient une résistance acharnée et a tué de sa main six Allemands. 

Violemment contre attaqué, a résisté seul et a maintenu la position en attendant bravement l'arrivée d'une section de renfort. 

Blessé au cours de l'action, a refusé de se laisser évacuer et a conservé le commandement de son groupe après un pansement sommaire. 

Déjà cité trois fois à l'ordre.» 

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Bielser_mod_le_2Anecdotes (source familiale) :

1°) Avant l'armée il pratiquait le tir à titre civil dans le club sportif « l’avant-garde » dans le village de Saint-Laurent avec d'excellents résultats au niveau régional en 1912 et 1913. 

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2°) Lors d'une permission obtenue pour Noël 1916, il a rapporté un fusil pris aux Allemands. Lorsqu’il est arrivé à la gare d'Epinal un chef de police militaire a voulu lui confisquer. Il a attrapé cet homme par le col de sa veste pour lui dire que s'il voulait obtenir un fusil comme celui-ci, il devrait faire comme lui en montant aux tranchées de premières lignes pour le prendre aux Allemands.

Dans les années 1950-1955, l'un de ses derniers frères s'en servait encore à la chasse pour tirer le gros gibier.      

 

                             

 

 

 
 Le dernier combat du sergent Biehler.

Le 149 e R.I  dans la Bataille de la Malmaison appuyé par le groupe Schneider A.S.8.

Peu de chose sur le régiment, mais ce qui  va suivre peut tout de même nous donner une idée de ce qu’a pu  vivre le sergent Biehler dans les derniers instants de sa vie…

 

 

                                                           Sépultures Vauxbuin

 

Une vue d’ensemble avec l’artillerie spéciale n°8…

Préparations.

Un groupement Schneider, composé des groupes 8, 11 et 12, et un groupement  Saint-Chamond, comprenant les groupes 31 et 33, sont désignés pour participer à cette attaque. Ces groupements étaient sous le commandement du lieutenant-colonel Wahl. Les groupes Schneider étaient composés de 12 chars de combat, répartis en 4 batteries de 3 chars. Les groupes Saint-Chamond comportaient 14 chars et étaient constitués à 4 batteries inégales de 3 ou de 4 chars.

L’artillerie spéciale n° 8 est affectée à la 43e division avec l’objectif d’atteindre la forêt de Belle-Croix. Le groupe A.S.8 est embarqué dans la journée du 17 octobre 1917 en gare de Champlieu et débarqué en pleine voie dans la gare improvisée de Moulin-Saint-Pierre. Il gagne ensuite ses positions de rassemblement à 200 m au nord-ouest de Vailly, en bordure de la route de Jouy.

Malgré toutes les précautions prises, le mauvais temps qui avait détrempé le terrain, les tirs de contre-préparation ennemis et le bouleversement des lignes allemandes par l’artillerie française qui tirait de façon intense depuis six jours et six nuits créèrent pour les chars un ensemble de circonstances difficiles.

 

 

                  AS__8___Identification_du_Groupe_2


Dans la nuit du 22 au 23, une pluvieuse nuit d’octobre, l’A.S. 8 se met en marche à 23 h 00 et suit la route de Vailly à la ferme Vaurains. Au nord de Jouy, le groupe se divise en deux colonnes. La colonne de droite (1re et 3e batteries) s’engage sur l’itinéraire ravin du Toty-ferme le Toty. Arrivée à hauteur de la Gabionnade située à 200 m au sud de la ferme le Toty, elle est prise sous un tir violent d’obus de gros calibres. Le char de tête tombe dans un entonnoir qui vient de se creuser devant lui ; peu après il est atteint par un obus et mis hors service. La route se détériore rapidement sous les coups de l’artillerie adverse ; le terrain avoisinant détrempé par les pluies est impraticable. Bientôt, aux obus explosifs, succèdent les obus toxiques ; le ravin s’emplit de gaz « moutarde » ; il faut mettre les masques ; en outre, aucune lumière ne peut-être allumée, car la colonne est en en vue et à 500 m de la tranchée allemande du Blocus. Les travaux de terrassement entrepris pour dépanner les appareils n’avancent que très lentement. Un char_num_ro_1seul char de la 1ère batterie se dégagera vers 10 h 00 ; en raison de l’heure tardive, il sera maintenu en réserve, à la carrière des Obus, par le commandant du groupe. A la 3e batterie le lieutenant Bussière se remettra en marche vers 6 h 30 et parviendra à rejoindre l’infanterie avant le début de la deuxième phase. Un autre char, celui de l’adjudant Florimond, dégagé plus tardivement, fera le tour de la carrière des Obus, suivra la trace des batteries de gauche et rejoindra son commandant de batterie au cours de la deuxième phase.La colonne de gauche (2e et 4e batteries) arrive sans encombre à sa position de départ (carrière des Obus) entre 2 h15 et 2 h 30.

Vers 4 h 00, le char du commandant de la 2e batterie est atteint par 2 obus qui tuent 4 hommes de l’équipage et mettent l’appareil hors service.

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Journée du 23 octobre 1917

Les chars dans le secteur de la 43e division.

Nous savons déjà que la 1ère batterie de l’A.S. 8 (batterie de droite) n’a pu atteindre à temps sa position de départ et qu’à la 3e batterie, le char du commandant de batterie, n’arrive à se dégager de l’embouteillage de la Gabionnade que vers 6 h 30, c’est-à-dire trop tard pour prendre part à la première phase. Il traverse lentement le terrain bouleversé que le 158e R.I. vient de conquérir. Il atteint vers 8 h 00 le point de stationnement qui lui a été assigné pour l’arrêt sur le deuxième objectif (sud-ouest de la cote 190,6). A ce moment, il est pris à partie, ainsi que les cuirassiers qui l’accompagnent, par une mitrailleuse en batterie près des carrières Montparnasse. En quelques coups de canons, tirés à bout de portée par-dessus l’infanterie, il l’a réduit en silence.

char_num_ro_2La 2e batterie (lieutenant Le Poetvin), dont le char de tête a reçu deux obus à la position de départ, se met en marche à 5 h 15, commandée à pied par son chef. L’appareil de queue, arrêté momentanément dans un trou d’obus à 300 m de la position de départ, reçoit successivement deux obus dans le chariot arrière et le réservoir droits. La batterie réduite à un appareil (le char Aubry) rejoint, vers 7 h 30, le bataillon de tête du 149e R.I. installé sur son objectif et s’arrête aux abords de la cote 195,1 pour y attendre l’heure H’. Au cours de ce stationnement, l’infanterie lui signale une mitrailleuse en action à la corne sud-est du bois de la Belle-Croix et des allées et venues dans la région du boyau de Dennewitz où semble se préparer une contre-attaque. Le char s’avance à 150 m des objectifs désignés et tire une trentaine d’obus. La mitrailleuse est détruite et les fantassins du 149e R.I. voient de nombreux allemands s’enfuir vers le bois de la Belle-Croix. Ces résultats obtenus, le char rejoint l’abri que lui offre la côte 195,1.

La 4e batterie, initialement réservée, quitte, conformément au plan d’engagement la carrière des Obus à 6 h 15. Elle atteint à 8 h 00, le point 29-39 qui lui a été désigné comme terme de son premier bond. A ce moment, elle reçoit, du commandant de groupe (capitaine de Blic), l’ordre de s’engager à H’ en prenant à son compte les missions des 2e et 3e batteries que l’on sait réduites chacune à un char.Ainsi, durant la première phase, les chars en raison de la rapidité de la progression de l’infanterie et des difficultés du terrain, n’ont pu rendre aucun service. Durant le stationnement sur le premier objectif, leur action a commencé à se faire sentir. Deux mitrailleuses ont été réduites au silence et une contre-attaque étouffée dans l’œuf. Ils sont maintenant dégagés de la zone chaotique ou ils étaient presque paralysés et nous allons voir leur rôle grandir.

A 9 h 15, six chars se mettent en mouvement sur le front de la 43e D.I. dont ils dépassent bientôt le premier échelon.

Le char Bussière, appuie la droite du 158e R.I.. Il progresse rapidement se tenant entre le barrage roulant et la première vague. Les réactions ennemies sont faibles jusqu’au moment où l’infanterie, arrivée à trois ou quatre cents mètres de la tranchée des Oubliettes, est plaquée au sol par des coups de feu nombreux partant de cette tranchée et des lisières de bois qui affleurent au rebord sud du plateau. Le char en quelques coups de canon, neutralise la partie ouest de la tranchée. Il se porte ensuite vers la batterie 39-60 qu’il trouve inoccupée. Il gagne la lisière sud du bois des Hoinets vers 40-63 et en commence le nettoyage en la longeant vers l’est. A ce moment, il est prévenu par l’officier de liaison de son groupe auprès du 158e R.I. que le groupement de chasseurs qui forme la droite de la division est démuni de chars. Il aperçoit, en outre, derrière lui, des groupes d’infanterie qui recommencent à progresser et la batterie de réserve qui arrive à la rescousse sur le front du 158e R.I.

En conséquence, il se rabat vers l’est en contournant le ravin des Bousseux. Il est rejoint, vers 10 h 45, par son camarade de combat le char Florimond, qui se place en surveillance, à sa droite vers 42-59. A 11 h 45, la batterie est libérée par l’infanterie et se met en marche pour rejoindre la carrière des Obus.

Revenons maintenant vers l’ouest où nous avons vu apparaître la 4e batterie venant relever le char Bussière d’une partie des multiples missions qu’il a si gaillardement assumées. Cette batterie a, depuis H’, tantôt suivi, tantôt précédé la gauche du 158e R.I. et la droite du 149e R.I.. Elle n’a rencontré que peu de résistance.

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Plus proche du 149e R.I. et du sergent Biehler.

Le Schneider de la batterie C de l’aspirant Aubry prend sa position de départ à la carrière des Obus. Il suivra l’itinéraire suivant : Lisière ouest des bois du coteau et du blocus, pour prendre la direction de la tranchée du blocus, de la tranchée lassitudes, de la tranchée Carlin. Il traverse le chemin des Dames et la tranchée du Hérisson, puis la route de Maubeuge, les boyaux Enock, et Erfurt, la tranchée Dennewitz, pour arriver à la lisière est du bois de Belle-Croix jusqu’aux pentes nord du plateau de Chavignon. Point 3963.

Un premier arrêt se fait à 7 h 25 sur une position de surveillance à 100 m à l’ouest de la cote 195.1. Un second arrêt à lieu à 9 h 40 sur le plateau de Chavignon, pour éviter de rentrer dans le tir de barrage français. Un troisième arrêt a lieu de 11 h à 11 h 30 sur les pentes nord du plateau de Chavignon où ce termine la mission de la batterie. Un dernier arrêt se fera sur le chemin du retour à 13 h 50, sur la route de Maubeuge pour dépanné le char qui avait déraillé.Pendant le combat, le 149e R.I. signale une mitrailleuse à la corne sud-est du bois de Belle-Croix à 8 h 30. Une contre-attaque allemande doit se préparer dans le secteur de la tranchée Dennewitz.Le char se porte en avant et tire une trentaine de coups de canon à 150 m en plein objectif.                                          

                  vaudesson_Gamma_5

Pendant le stationnement qui fut atteint assez facilement à 7 h 25, le char tirant à 150 m au canon, détruit une mitrailleuse et arrête une contre-attaque qui tentait de déboucher de la lisière sud du bois de Belle-Croix, vers 7 h 50. Pendant une vingtaine de minutes, on apercevait distinctement les allemands fuyant les tirs du char. Pendant toute la marche sur le 2e objectif, le char a précédé les vagues d’attaques de 50 à 100 m environ. Attaquant une petite carrière en lisière de la forêt sur le plateau. Il fît une douzaine de prisonniers et prit une mitrailleuse qui est rapidement emportée dans le Schneider. Pendant le stationnement sur le 1er objectif, le char fut longtemps seul. A 8 h 10, il vit arriver derrière lui, 3 chars de la batterie D et un char de la batterie B. Ces chars suivirent d’abord à 150 m, puis le char de la batterie B, passera en tête sur le plateau. Les chars de la batterie D dépassèrent à leur tour, les vagues d’attaque. Tous les chars étaient au rebord nord du plateau à 11 h 00. L’ordre de repli fut donné à 11 h 30 après avoir constaté que l’infanterie dépassant le plateau, portait ses mitrailleuses dans la vallée.

Au retour le coincement des fils de fer arrachés par le char provoqua un déraillement sur la route de Maubeuge. Le Schneider fut dépanné en 40 minutes de travail par le personnel et les moyens du bord.

Sources :

« Batailles et combats des chars français, l’année d’apprentissage (1917). » Lieutenant-colonel breveté J. Perré. Aux Editions Charles Lavauzelle et cie 1937.

« Les chars d’assaut, leur création et leur rôle pendant la guerre 1915-1918 » Capitaine Dutil agrégé d’histoire. Aux éditions Berger-Levrault, éditeurs 1919.

Un grand merci à Jacques Baptiste, à Arnaud Carrobi, à « Tanker » du site "Pages 14-18" et au Service Historique de Vincennes et à l’ E.C.P.A.D..     

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24 octobre 2009

La bataille de la Malmaison évoquée par le commandant Gaston de Chomereau de Saint-André.

                              General_de_Chomereau_de_Saint_Andr_

 Avant tout, je tiens à exprimer ma plus profonde gratitude à T. de Chomereau qui a bien voulu me communiquer des documents familiaux concernant le Général Gaston de Chomereau de Saint-André lorsqu’il était officier au 149e R.I.. Je le remercie également pour  l'autorisation qu’il me donne de pouvoir les utiliser sur le blog du 149e R.I..

 

 Notice rédigée par le commandant de Chomereau de Saint-André sur la bataille de la Malmaison et destinée aux familles des soldats du 1er bataillon.

 Gaston_de_Chomereau_croix_de_guerreLe 23 octobre 1917, à 4 h 00, le 1er bataillon qui,les jours précédents,occupait les creutes Chantereine, Volvreux et Colombe, etc. est à ses emplacements d’attaque dans la parallèle de départ. Les tranchées Bourdic et des territoriaux sont occupées par la 2e compagnie (Robinet) à droite et la 3e compagnie (Mouren), à gauche, en 1ère ligne. La 1ère compagnie (Ihlé) est en soutien. Les sections de mitrailleuses (de Parseval) réparties. Le chef de bataillon se trouve au centre avec le capitaine adjudant-major Guilleminot, le sous-lieutenant d’artillerie Pélegry et la liaison. Une compagnie de nettoyeurs, la 5e compagnie(Aubert) est intercalée entre les compagnies de tête et la compagnie de soutien. Un détachement du service médical avec le sous-aide-major Lebranchu, accompagne la liaison. A droite, un bataillon du 158e R.I.. A gauche, un bataillon du 109e R.I.. Derrière, se trouve le 3e bataillon (Putz) qui est placé sous les ordres du commandant du 1er bataillon et constituant avec ce dernier élément le 1er groupe d’attaque.

L’abbé Galloudec, aumônier du régiment, a tenu, de même qu’à Soyécourt, à marcher avec le bataillon de 1ère ligne. Il mourra glorieusement, au poste de combat qu’il s’était choisi.

carte_la_malmaisonL’objectif fixé sera défendu avec la dernière énergie. Ce mouvement de terrain : 190 - aboutissement du Chemin des Dames sur la route de Maubeuge – observatoires 195, jonction de trois crêtes, est en effet d’une importance capitale pour l’ennemi. L’organisation en est formidable et comporte six systèmes de tranchées, plusieurs sont à contre pente : Blocus, Lassitudes-Epreuves, Caniche-Carlin-Griffon, Basset-Hérisson, Esculape-Esope, Enoch-Egée-Loutre, avec flanquements, réseaux épais, abris bétonnés, etc.

 

(Le poteau indicateur marquant le point d’origine du chemin des Dames, a été offert par le 1er bataillon au musée de l’armée des invalides).

La garnison est constituée par les grenadiers du régiment impératrice Augusta, élite de la garde allemande. Tout cela, nos hommes le savent, mais ils ont confiance dans le succès. Ils sont calmes et décidés. Le moral est superbe. Deux jours auparavant, une reconnaissance de la 1ère compagnie, commandée par l’aspirant Laurencin, a poussé jusqu’au Blocus. Il fallait dix volontaires, il s’en est présenté cinquante…

A 4 h 45, l’heure H = 5 h 15, est communiquée a la troupe par les officiers. Un barrage préventif ennemi, ou plutôt une contre préparation de 77 et de 105, commence avec violence.

 

A 5 h 15, les hommes sont d’un bond sur le parapet. Le bataillon part, fanions déployés, aux cris de « En avant » avec une fougue splendide. Il fait nuit noire, mais les éclatements et les fusées lancées de tous côtés, éclairent le terrain bouleversé. Le vacarme est indescriptible. Sur un front de 12 km, des centaines de pièces tirent à toute vitesse. Le barrage allemand est plus intense. Des 150 se joignent aux 77 et aux 105. Les premières tranchées allemandes sont presque complètement nivelées et la direction est difficile à maintenir. Tout le monde n’a qu’une idée, il faut progresser vers l’objectif indiqué. Pas de traînards, seuls restent en arrière les hommes trop gravement atteints pour avancer quand même.

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Gaston_de_Chomereau_croix_de_guerreDès le départ, le commandant de la compagnie de gauche, le lieutenant Mouren, qui entraîne son unité avec sa bravoure habituelle s’abat, foudroyé,  ainsi qu’une partie de sa liaison. Le lieutenant Malaizé, qui lui succède, tombe presqu’aussitôt à son tour, grièvement blessé. Le mordant et l’initiative des hommes facilitent la tâche des gradés et pallient les conséquences des pertes subies, de l’obscurité et de la difficulté de se reconnaître sur un terrain dont tous les points de repère ont disparu.

A 5 h 45, les éléments de tête, serrant à bloc notre barrage roulant, vont atteindre le premier objectif, la route de Maubeuge. A notre droite, certains éléments du corps voisin, retardés légèrement par la traversée des bois, se trouvent en retrait. La fraction de liaison (1ère compagnie et la section de mitrailleuses du sous-lieutenant Lesserveur) assure avec beaucoup de décision la sécurité de ce flanc. Le chef de bataillon la fait renforcer par une équipe de stokes aux ordres de l’aspirant Valdenaire et fait appuyer de ce côté une compagnie du bataillon Putz. Le danger possible est ainsi conjuré. A gauche, un trou analogue s’est produit devant l’Ouvrage Fermé. La fraction de liaison (sous-lieutenant Loubignac de la1ère compagnie et la section de mitrailleuses du sergent Mantelin) obvie à cet inconvénient. Un élément du bataillon Putz est poussé dans cette direction.

A ce moment, le barrage allemand est franchi ; Il a coûté des pertes sérieuses, mais n’a en rien interrompu la progression.Cimetiere_de_Conde_sur_Aisnes_1 Quelques prisonniers trouvés dans les abris non effondrés de la tranchée Griffon et de la tranchée du Basset commencent à apparaître. L’un d’eux, interrogé par le chef de bataillon, lui annonce que la 1ère ligne solide de résistance est vers la route de Maubeuge.

En effet, presque au même moment (5 h 45) des nids de mitrailleuses se démasquent sur la ligne Esculape-Hérisson, en particulier vers les points 3043, 3044, etc. Les allemands se défendent avec acharnement et notre ligne se trouve momentanément arrêtée à proximité de l’emplacement prévu pour le premier bond. Sur l’ordre du chef de bataillon, commandant le 1er groupe d’attaque, les éléments de tête du 3e bataillon qui atteignent 190, s’arrêtent un peu. Le chef de bataillon peut s’entendre directement avec le capitaine Foucher qui a pris le commandement du 3e bataillon après la disparition de commandant Putz et du capitaine adjudant-major Houel. Ordre est donné au capitaine Foucher de suivre de près la progression du 1er bataillon aussitôt qu’elle pourra être reprise. La chose essentielle à faire pour l’instant est la réduction des nids de mitrailleuses qui nous causent des pertes sensibles. Les chars d’assaut sont encore trop loin pour intervenir. Les mitrailleurs appartiennent à des détachements spéciaux et aux grenadiers Augusta : soldats choisis, ils tiennent jusqu’au bout et il faut, pour maîtriser leur résistance, l’extraordinaire mordant de nos poilus. Une série de combats sanglants s’engagent. Des hommes seront ensuite retrouvés, tués à coups de couteau de tranchée.

Gaston_de_Chomereau_General_PetainA la compagnie de droite (2e) l’aspirant Boissenin, le sergent Bossut sont tués. Cette unité a devant elle les mitrailleuses de 2743 et de l’observatoire 195, échelonnées en profondeur. Le commandant de compagnie secondé par les sous-lieutenants Daumont et David progresse de trous d’obus en trous d’obus sous la protection d’échelons de feux. Au centre, le sergent Caillet (1ère compagnie) est tué. Le lieutenant Ihlé, qui après avoir enlevé sa compagnie avec un allant incomparable la dirige, debout, à découvert, les jumelles à la main, est mortellement atteint par deux balles. Le sous-lieutenant Boudène, le poignet droit traversé par une balle, lui succède et continue l’avance. A gauche, le commandant de compagnie en troisième, le sous-lieutenant Gindre –qui gravement contusionné par accident, la nuit précédente, a voulu faire l’attaque quand même – est tué à son tour, l’adjudant Defrain blessé, l’adjudant Robert Chef commande désormais cette unité. Le feu ennemi est des plus nourris, mais gradés et soldats appliquent strictement, comme sur le terrain d’exercice, les procédés de combat qui leur ont été enseignés pour la réduction des centres de résistance. Ils Les manœuvrent, les débordent, s’emparant successivement des mitrailleuses adverses.

Il est actuellement 6 h 25 et le barrage roulant français s’est déplacé. Sur la droite des rafales de mitrailleuses qui arrivaient de la ferme de la Malmaison et de la partie est du Hérisson ne réussissent pas à entraver la progression. L’adjudant Didier de la 1ère compagnie en soutien avec son peloton derrière la compagnie Robinet, estimant son intervention nécessaire a, de lui-même obliqué légèrement à droite avec beaucoup de jugement, pour compléter l’action de cette compagnie en opérant du côté de la bifurcation Hérisson-Lévrier. Secondé par quelques hommes, il s’approche personnellement après utilisation préalable de V-B jusqu’à portée de grenades à main des mitrailleuses allemandes. Un F.M du 158e R.I. se joint à lui. Cette action combinée menée avec intelligence et énergie oblige les mitrailleuses de 3043 à se rendre. Celles de 195 ne tirent presque plus. A gauche la compagnie Chef qui est solidement étayée par l’élément Loubignac opèrent d’une manière analogue vers la Loutre. Sur ce point, l’ennemi s’efforce de réagir. Une contre-attaque d’environ trois sections débouche par le boyau Egée, se rabattant ensuite face à la route de Maubeuge. Le sergent Charmier, presque seul, se jette au devant d’elle et l’arrête à coups de grenades. Renforcé par le peloton de l’aspirant Fromont, le peloton de tête de la 3e pousse en avant. La contre-attaque allemande est bousculée et dispersée. Enfin, le reste de la compagnie Boudène – dont le chef, de sa main valide tue un officier allemand – appuie énergiquement les 2e et 3e compagnies, s’intercalant dans leurs vides.

A 7 h 15, les résistances paraissent maîtrisées. Le bataillon fondu en une seule ligne, se lève tout entier à la fois et chargeGaston_de_Chomereau_Les_canons_2 furieusement sur son dernier objectif, marqué par 195 et 2746. Il le dépasse largement, dispersant quelques groupes d’allemands et muselant deux dernières mitrailleuses. Certaines fractions emportées par leur ardeur vont jusqu’au bois Planté. Ils doivent se replier en raison de notre barrage…

Les liaisons sont aussitôt complétées avec les unités sur nos flancs et en arrière et l’organisation défensive est entreprise. Chaque unité se conforme strictement aux ordres antérieurs. Aucune réaction adverse ne se manifeste après cette lutte opiniâtre et nos hommes peuvent se promener à découvert, tranquillement, sur le terrain ainsi nettoyé.  

Les pertes du bataillon sont sérieuses, mais plus que compensées par celles de l’ennemi et par le résultat obtenu. L’objectif désigné, particulièrement important dans le cadre général de l’attaque a été enlevé de haute lutte et à H + 4 : 9 h 15, les bataillons de seconde ligne, dépassent la crête si brillamment conquise, pourront descendre vers les Vallons et Chavignon, cueillant les batteries allemandes désormais sans défense.

En résumé : Fougue admirable malgré les lourdes pertes subies. Application impeccable au combat des procédés d’instruction du terrain d’exercice, esprit de sacrifice poussé au plus haut degré. Une volonté de vaincre assurant la victoire brillante et complète. Telles sont les caractéristiques de l’attaque du 23 octobre par le 1er bataillon. La page est digne de son historique et peut faire suite à celle du col de Sainte-Marie, d’Abreschwiller, de Saint-Benoît, de Lorette, de Vaux – deux fois repris par le bataillon – qui y laissait 400 hommes sur 500 et 14 officiers sur 17, mais arrêtait l’allemand, de Soyécourt et de la sucrerie de Génermont.

 

P.C. Ihlé le 24 octobre 1917.

 

Ce texte sera édité quelques temps après. En voici les premières pages qui ont été envoyées par P. Blateyron.

 

                                       LIVRET_DU_149

 

 

                livet_149_p2

 

 

                livret_149_p3

 

 Avec tous mes remerciements aux personnes suivantes :  P. Blateyron, A. Carrobi et T. de Chomereau.

 

Sources :

« Batailles et combats des chars français, l’année d’apprentissage (1917) » Lieutenant-colonel breveté J. Perré. Editions Charles Lavauzelle et cie 1937.

« J.M.O. de la 170e D.I..» Sous-série 26 N 462/4. S.H.D. Vincennes.

 

09 janvier 2010

Le Chemin des Dames et la Malmaison (1917).

                  Pinard_1

Extrait des souvenirs de Louis Cretin soldat musicien du 149e R.I..

Le Chemin des Dames et la Malmaison. Juin 1917...

La_Malmaison_1Un bataillon se trouve en ligne, un autre fait des travaux et le troisième est au repos. Relève tous les 8 jours. Jusqu’à la fin juin, la musique demeure à Ciry-Salsogne avec la C.H.R.. Répétitions et concerts. Le 21 juin 1917, nous montons jalonner puis faire une piste partant de l’entrée du village de Vailly-sur-Aisne passant par le bois Vervins et aboutissant à Aizy et à Jouy. Cela nous occupent jusqu’au 26.  Le 27 juin, repos à Ciry-Salsogne. Le 28, nous montons occuper des abris d’artillerie abandonnés au bois Vervins, et tous les jours nous faisons des travaux avec les compagnies, construction du long boyau du Sourd et des tranchées. Cela en plein jour, à 500 m des premières lignes, vu des Allemands qui occupent le fort de la Malmaison. Chaque jour, nous sommes bombardés, parfois même obligés d’abandonner le « boulot ». Le 3 juillet, nous descendons passer 8 jours de repos à Billy-sur-Aisne. Nous lâchons la pelle et reprenons l’instrument. Le 10 nous remontons à nouveau, même travail qu’au précédent séjour, seulement, cette fois le travail se fait de nuit. Cela, à cause de la proximité des lignes, trop visibles pour travailler de jour. De plus, il existe un avion allemand qui ne nous laisse aucun répit. Une fois le jour venu et à la tombée de la nuit, rasant les boyaux, les tranchées, les pistes, il mitraille quiconque se fait voir. On l’appelle Fantômas, du fait qu’il a beau être pourchassé canonné et fusillé et qu’il à l’air de ne pas s’en apercevoir. Il continue toujours ses exploits, paraissant invulnérable…

Le 15 juillet, relève et repos à Billy-sur-Aisne. Le 20, nous remontons, toujours en équipes de terrassiers. Le travail se fait de nuit. Le 22, nous avons beaucoup de blessés étant sérieusement bombardés pendant les travaux. Nous dormons de jours et de 22 h 00 au matin, « au boulot ». Le 28 juillet, repos à Billy-sur-Aisne. Le 29, je pars en permission. Je rentre le 12 août, le même jour, nous allons faire un concert à Soissons. Nous demeurons à Billy-sur-Aisne jusqu’au 20 août. A cette date, 12 musiciens montent comme brancardiers, 2 jours à la ferme le Panthéon, et eux jours en première ligne avec une compagnie qui doit faire un coup de main. Je suis du nombre. Tout se passe bien. Dans la nuit du 27 au 28 des coloniaux nous relèvent et nous allons à l’arrière. Départ en camions, cantonnement à Chouy à 12 km de Villers-Cotterêts. Le service musical reprend pendant les 12 jours que nous passons là. (Vacciné T.A.B., je suis malade pendant 3 jours). Le 11 août, je remonte en ligne. Les camions nous débarquent de nuit à Condé-sur-Aisne et 

La_Malmaison_2nous montons aux carrières Chantereine. Le soir, nous recommençons le travail d’aménagement du secteur. Mais cette fois nous travaillons avec le génie, à la construction de sapes et du P.C. « Conflans » au nord de Jouy. Nous allons chercher nos matériaux à Aizy. Nous sommes souvent obligés de nous jeter à terre car à la lueur des fusées, les mitrailleuses allemandes balayent le terrain. Le 23, l’autre moitié de la musique qui est restée à Sept-Monts, nous relève et nous prenons leur place. Le 28 août, le régiment descend et nous partons au repos à Norroy à 30 km. Nous y demeurons tout le mois de septembre. Au début d’octobre, une préparation d’artillerie est commencée en vue d’une attaque prochaine à laquelle le 21e C.A. doit participer. Mais le temps est mauvais, on dirait que c’est une fatalité. Chaque fois que nous montons une attaque, les éléments ont l’air de se liguer contre nous. Il pleut, il pleut ! Chaque jour nous attendons l’ordre de monter. Mais l’artillerie ne s’arrête pas et continue d’arroser le front d’attaque sous un marmitage terrible. Vrai, il ne doit pas faire bon d’être en ligne de l’autre côté. Qu’es-ce que les Allemands prennent comme dragées ! Le 17 octobre, l’ordre arrive enfin de monter. Le régiment doit attendre jusqu’au 23 octobre pour enfin s’élancer à l’attaque.

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La Malmaison.

Le 1er bataillon en première ligne, les deux autres suivent. Les brancardiers en seconde vague. Cette offensive fut un brillant succès et nos pertes légères à côté de Lorette en 1915 ; Encore faut-il dire que plus d’une fois, nos hommes subirent des pertes du fait La_Malmaison_3qu’ils se trouvaient sur le tir de notre propre artillerie. La progression se faisant trop vite d’après le plan établi. Le front allemand fut enlevé sur un front de 12 km sur 6 de profondeur. Nos troupes s’arrêtèrent à l’Ailette parce que tel étaient les ordres. Cette victoire rendit la confiance à nos poilus. Les tanks qui nous accompagnaient pour la première fois, firent du beau travail en réduisant les nids de mitrailleuses allemandes cachées dans les trous d’obus. La route de Maubeuge atteinte, le 1er bataillon passe en réserve et le 3e le remplace en première vague. Le deuxième objectif est atteint. Un des nôtres, un courageux brancardier Charles Fénoglio, reçoit un éclat d’obus en plein cœur. Le 2e bataillon s’occupe du nettoyage du terrain conquis et capture de nombreux prisonniers, du matériel en abondance et plusieurs batteries d’artillerie. Relève le 31 octobre, après avoir consolidé le terrain. Le régiment vient au repos aux environs de Montmirail. En récompense de notre brillante attaque au chemin des Dames, les hommes partent en permission de 12 jours en deux périodes. J’arrive chez moi le 7 novembre et trouve mon frère venu également en permission. Je quitte chez moi le 19 et je viens retrouver les camarades à leur cantonnement de la Celle, près de Montmirail, où nous restons jusqu’au 5 décembre, date à laquelle nous embarquons à Artonges dans la nuit. Nous passons à Château-Thierry, Langres et nous débarquons le 6 au soir à Génevreuille près de Lure dans la Haute-Saône. Nous cantonnons à Mollans pour y rester jusqu’au 10. Le 11,départ à pied, le soir nous sommes à  Abbenans. Le 12, nouvelle marche, dans l’après-midi nous arrivons à Isle-sur-le-Doubs. Le 13, à nouveau sac au dos, nous couchons à Mandeure où on nous fait bon accueil. Le 14 en route, nous arrivons à  Herimoncourt fatigués, mais l’accueil que nous recevons fait oublier notre peine. Tous les hommes logent chez l’habitant et couchent dans des lits. Nous reprenons nos concerts bien écoutés des civils. Nous sommes dans la région des usines Peugeot et Japy où beaucoup d’hommes sont mobilisés en usines. Nous passons une période de repos exceptionnelle, rien ne nous manque. Les compagnies vont faire des travaux de seconde ligne à la frontière Suisse. Le 26, nous changeons de cantonnement et venons à Seloncourt où nous sommes aussi bien et dans les mêmes conditions qu’à Hérimoncourt. A part le service de musique, nous ne faisons rien de pénible. L’entrainement des troupes et les travaux durent jusqu’au 17 janvier 1918, jour où nous quittons à regret notre logement. Nous étions chez de braves gens, soignés, couchés comme jamais nous avions été depuis le début de la guerre. Le 17, dans la soirée, nous embarquons en chemin de fer à Voujeaucourt près de Montbéliard. Le 18, nous passons à Belfort, Lure, Epinal où nous faisons un arrêt et jouons la « Madelon » sur le quai de la gare. Nous débarquons à la Chapelle-devant-Bruyères dans la soirée et nous allons cantonner à Corcieux dans les casernements du 31e B.C.P..

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Notes sur l’année 1917.

L’année écoulée fut pour tout le régiment la période la plus calme de toute la guerre. Les premiers mois occupés à l’instruction des hommes et du repos abondamment. On devait être l’armée de poursuite après la  grande offensive printanière… Mais les La_Malmaison_4évènements ne nous le permirent pas. Néanmoins, nous montons en secteur au chemin des Dames à la fin d’avril. Ce point du front pourtant assez agité ne paraît pas trop dur, habitué que nous étions à trouver plus mauvais. Longtemps nous demeurons dans ces parages, nous travaillons, nous organisons le terrain conquis pendant l’offensive d’avril. Finalement, le 23 octobre, notre attaque du 21e C.A., parfaitement préparée, valu au régiment un brillant succès facilement acquis ! Nous pouvons dire sans exagération que cette offensive fut la première que nous réussissions aussi bien depuis le début de la guerre, avec le minimum de perte. Seulement l’année s’était écoulée et les espoirs que nous possédions au début ne s’étaient pas réalisés. Après la magnifique résistance de l’armée française devant Verdun en 1916 et l’échec allemand, puis l’offensive Franco-britannique sur la Somme qui nous valut des succès appréciables et qui entrainera le repli volontaire des Allemands en Mars 1917 (Les Allemands n’étaient plus à Noyon), nous étions en droit d’espérer que 1917 verrait la fin de la tourmente. Les troupes entrainées pendant la période d’hiver étaient impatientes de rejeter l’ennemi en dehors de notre sol. Tous comptaient sur la G.O.P. pour nous donner la victoire. Cette attaque eut lieu… mais n’aboutit pas. Pourtant la valeur et le courage de nos troupes n’avaient pas faillit. Nous comprîmes que la faute devait venir du haut-lieu… gouvernement où haut-commandement, on ne savait au juste. Mais nous sentions qu’il y avait quelque chose de faussé dans la conduite des opérations. Les attaques partielles qui suivirent n’eurent La_Malmaison_5d’autres résultats que d’augmenter nos pertes. Allions-nous revoir la période des attaques meurtrières et stériles de l’année 1915 en Artois, en Alsace et en Argonne ? Des murmures commencèrent à courir parmi les combattants. On faisait bon marché du sang des poilus. Le moral des troupes s’affaiblit. Les hommes voulaient bien tenir mais ne plus faire d’attaques dans ces conditions. Cet état d’esprit étaient certainement connu des Allemands. On parlait de « paix blanche », sans vainqueurs ni vaincus et les propagateurs de ces nouvelles trouvaient des recrues parmi la population civile autant que parmi nous. Les empires centraux triomphaient, l’effondrement du front russe, la révolution à Petrograd et comme suite, les troupes roumaines obligées de capituler. Vraiment cela allait mal pour nous. Alors que nous espérions la victoire, c’était la défaite entrevue. Les Italiens n’étaient pas plus heureux, et à leur tour, faillirent être écrasés. Heureusement que par des repos fréquents et des permissions largement distribuées, on réussit à rendre confiance aux troupes du front. La campagne défaitiste n’avait pas réussit à prendre chez nous. Le « tigre » Clemenceau inspirait confiance. Aussi notre victoire de la Malmaison vint à point pour remonter le moral des poilus. Ils reprirent courage et l’on se prépara à passer un nouvel hiver de guerre.

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De nouveau je viens remercier D. Browarsky, T. de Chomereau et T. Cornet.

Références bibliographiques :

Souvenirs de Louis Cretin.

Historique du 149e R.I. Editions imprimerie Klein 1919. Version Illustrée.

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15 février 2012

Stanislas Galloudec (1875-1917).

                Stanislas_Galloudec

Stanislas  François Marie Galloudec est né le 13 février 1875 sur la petite commune de Lanrivain dans le département des Côtes-du-Nord. Il est le fils de Guillaume et de Marie Anne Le Pennec. 

Prêtre, puis professeur à l’école de Jean de Béthune à Versailles, il est mobilisé comme aumônier titulaire au 12e C.A. lorsque la guerre éclate. En février 1915, il est à l’ambulance 3/21 à Sains-en-Goyelle. À sa demande, il passe au 149e R.I.. Il restera l’aumônier du régiment jusqu'à la date de son décès le 23 octobre 1917, à l’âge de 42 ans. 

 Il est tué à quinze mètres d’un fortin ennemi dans le secteur du fort de la Malmaison, dans la soirée du 23 octobre 1917, au moment où il exerçait son ministère auprès d’un officier grièvement blessé.

L’adjudant-chef Théodore Dubois et le caporal Adrien Claudel confirment son décès. Il sera enterré dans le cimetière de Condé qui se trouvait dans le département de l’Aisne (tombe n° 274). Actuellement, il repose dans le carré C de la Nécropole Nationale Française de Vauxbuin (tombe n° 344).

                Beauvais_octobre_1916       

 Remise de décorations par le général Baucheron de Boissoudy commandant  la 43e D.I. à Beauvais en octobre 1916. 

Citation à l’ordre de l’armée : 29 septembre 1916 (J.O. du 27 février 1917) : « À l’attaque du 4 septembre 1916, est parti avec les premiers éléments d’assaut, malgré la fusillade et le bombardement, pour donner les secours nécessaires aux mourants et aux blessés, et s’est porté ainsi jusqu’aux lignes les plus avancées avec un courage et un dévouement au-dessus de tout éloge. »

Citation à l’ordre de l’armée : 11 décembre 1917 (J.O. du 17 janvier 1918) : « Aumônier titulaire d’un héroïsme légendaire au régiment. S’est bravement porté avec les vagues d’assaut, se dépensant sans compter auprès des blessés et des mourants. A été tué à 15 mètres d’un fortin ennemi, dans l’exercice de ses fonctions auprès d’un officier grièvement blessé. Déjà cité à l’ordre de l’armée. »

Chevalier de la légion d’honneur à titre posthume : 27 avril 1920 (J.O. du 22 juin 1920) : « Aumônier titulaire d’un héroïsme légendaire au régiment. S’est bravement porté avec les vagues d’assaut, se dépensant sans compter auprès des blessés et des mourants. A été tué au moment où, à 15 mètres d’un fortin ennemi, il exerçait son culte auprès d’un officier grièvement blessé, le 23 octobre 1917. A été cité. » 

Pour en savoir plus :

http://amphitrite33.canalblog.com/tag/La%20Malmaison%201917

Références bibliographiques :

« La preuve du sang, livre d’or du clergé et des congrégations, 1914-1922 » paru aux Éditions de la Bonne Presse en 1925.

La photo de la sépulture de l’aumônier a été réalisée par  J. Baptiste.

La photo de Stanislas Galloudec et celle de la remise de décorations proviennent de ma collection personnelle. 

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à J.Baptiste et à J. Huret.

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02 juin 2017

La Malmaison : introduction.

Groupe_149e_Albert_Marquand_1

L’échec massif de l’offensive du printemps 1917 débouche sur une crise morale sévère dans la zone des armées et à l’intérieur du pays. Il va falloir plusieurs mois pour que le soldat français retrouve l’indispensable confiance en ses chefs pour continuer le conflit.

Les officiers supérieurs reçoivent l’ordre d’être plus attentifs aux besoins du troupier. Ils devront également, après la bataille, instaurer des temps de repos beaucoup plus réguliers dans des cantonnements aménagés en conséquence.

Les roulements de permissions seront mieux organisés et les récompenses plus largement distribuées.

Suite aux évènements particulièrement meurtriers des mois d’avril et de mai 1917, l’état-major français réfléchit à des modèles d’attaques plus économes en vies humaines.

Il est absolument impératif de remporter un succès tactique digne de ce nom. Celui-ci doit à la fois raffermir le dévouement des hommes et redonner l’espoir du pays dans la force de son armée. Il faut effacer les terribles souvenirs de l’offensive Nivelle.   

L’action de grande envergure est abandonnée. Elle cède la place à des techniques de combats qui auront pour objectif la conquête du terrain dans un espace et dans une période limités.

La Malmaison

C’est le secteur de la Malmaison qui est choisi. Cet endroit reste hautement symbolique puisqu’il se trouve à proximité du chemin des Dames, lieu où l’ennemi a réussi à briser toutes les attaques françaises lancées en avril et en mai 1917.

Carte_1_la_Malmaison

La division du 149e R.I. fait partie des unités qui vont être engagées dans cette attaque.

Cette offensive française,qui doit se déclencher à la fin du mois d’octobre 1917, commence à se préparer plusieurs semaines à l’avance.

Un dispositif de tirs d’artillerie sans précédent doit débuter quatre jours avant le début de l’attaque. Les chars seront sollicités pour soutenir l’infanterie, les photographies aériennes seront analysées de manière approfondie par tous. Rien ne doit être laissé au hasard !

Chaque régiment d’infanterie, chaque bataillon de chasseurs se préparent minutieusement en étudiant le parcours qui lui est assigné. Chacun sait exactement ce qu’il doit faire. L’improvisation n’est pas au rendez-vous !

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps,à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Le morceau de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly est daté du 26 août 1917. Ce bout de carte délimite la zone dans laquelle la 43e D.I. va être engagée le 23 octobre 1917.

La photographie de groupe représentant des soldats du 149e R.I. fait partie de la collection personnelle de R. Mioque. Albert Marquand se trouve au centre du cliché.

Un grand merci à M. Bordes, à R. Mioque, à F. Barbe, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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09 juin 2017

La Malmaison, octobre 1917, les officiers du 3e bataillon du 149e R.I..

Photographie_des_officiers_du_3e_bataillon_du_149e_R

Cette photographie de groupe provient d’un témoignage laissé par le lieutenant Douchez. Les écrits de cet officier, qui a fait une partie de la guerre au 149e R.I., ont été déposés par son père, au Service Historique de la Défense de Vincennes, en 1983.

Peu de temps avant que le régiment ne rejoigne le front pour être engagé dans la bataille de la Malmaison, le colonel Boigues, qui commande cette unité, donne l’ordre à un photographe militaire de réaliser quelques clichés. Voici celui qui représente les officiers du 3e bataillon de son régiment.

Pour cette occasion, tous ces hommes ont été réunis dans le parc de la Demoiselle de Maucroix, avant de quitter la commune d’Ancienville.

Les officiers représentés ici sont tous identifiés.

Silhouettes_officiers_du_3e_bataillon_du_149e_R

1 : Sous-lieutenant Lemoine : 11e compagnie

2 : Docteur Ruffin : P.E.M.

3 : Sous-lieutenant Pourchet : 10e compagnie

4 : Lieutenant Gauthey : 11e compagnie

5 : Lieutenant Douchez : 9e compagnie

6 : Lieutenant Claudin : 9e compagnie

7 : Lieutenant Dupuy : 10e compagnie

8 : Sous-lieutenant Achard : 3e C.M.

9 : Sous-lieutenant Berteville : 9e compagnie

10 : Sous-lieutenant Reigneau : 3e C.M.

11 : Médecin auxiliaire Bernère : P.E.M.

12 : Capitaine Prenez : 3e C.M.

13 : Capitaine adjudant-major Houël : P.E.M.

14 : Commandant Putz : P.E.M.

15 : Capitaine Fouché : 11e compagnie

16 : Lieutenant Monnoury : 10e compagnie

Les pertes en officiers seront très importantes pour ce bataillon.

Le capitaine adjudant-major Houël, les lieutenants Dupuy et Monnoury, et les sous-lieutenants Berteville et Reigneau, trouveront la mort durant la bataille de la Malmaison.

Le commandant Putz, le capitaine Prenez, le lieutenant Claudin, ainsi que les sous-lieutenants Achard, Douchez et Gauthey, seront blessés, peu avant le début ou pendant l’attaque.

Mis à part les médecins, seuls le capitaine Fouché, et le sous-lieutenant Pourchet s’en sortiront indemnes. Le lieutenant Lemoine, peut-être le plus « chanceux » des hommes qui se trouvent sur le cliché, est en permission le premier jour de la bataille de la Malmaison.

Sources :

Fonds Douchez composé de 3 volumes. Déposé au Service Historique de la Défense de Vincennes en 1983. Réf : 1 K 338.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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16 juin 2017

Henri Pierre Adolphe Marcel Putz (1874-1959).

Henri_Pierre_Adolphe_Marcel_Putz

Les années de jeunesse

Henri Pierre Adolphe Marcel Putz est né le 31 janvier 1874 dans le 6e arrondissement parisien. Le père, Jean Baptiste Henri, est un Messin, officier de carrière, qui a opté pour la nationalité française en 1872. À la naissance de son fils, il a 50 ans. Ce chef d'escadron d’artillerie breveté est attaché au 2e bureau de l’état-major général du ministre de la Guerre. Jean Baptiste Henri Putz deviendra plus tard général de brigade. La mère,  Marie Madeleine Adeline Gougeon est une femme qui est âgée de 36 ans. Henri Pierre Adolphe Marcel est le plus jeune d’une fratrie de quatre enfants. Il a deux frères et une sœur. Les trois garçons feront une carrière dans l’armée.

Jeune soldat de la classe 1894 avec le n° 15 de tirage du canton de Fontainebleau, Henri Pierre Adolphe Marcel Putz est dispensé des obligations militaires. Un de ses frères se trouve sous les drapeaux au moment où il passe devant le conseil de révision. Il peut donc bénéficier de l’article 21 de la loi de 1889. L’homme est déclaré « bon absent » par le conseil de révision du 1er avril 1895.

Périodes de formations

Henri Pierre Adolphe Marcel Putz a obtenu son baccalauréat ès lettres et ès sciences. Reçu au concours d’entrée de Saint-Cyr, l’année de ses 21 ans, il entre à l’école spéciale militaire le 31 octobre 1895. Il fait partie des élèves de la promotion de Tananarive. Il en sort le 1er octobre 1897 avec le galon de sous-lieutenant et le numéro 285 sur 539 jeunes diplômés classés. Ayant choisi l’infanterie, il est affecté au 36e régiment d’infanterie de Caen, où il est promu, deux ans plus tard,  lieutenant à compter du 1er octobre 1899.

Le 24 septembre 1902, il épouse, dans la commune de Yenne, Marguerite Sabine Goybet,une jeune savoyarde âgée de 23 ans. De cette union naîtront onze enfants.

En 1904, il suit les cours de l’école de tir du camp du Ruchard.

Désireux de gravir à nouveau les échelons de la hiérarchie militaire, le lieutenant Putz tente et réussit le concours d’entrée de l’école supérieure de guerre.

En 1907, il fait un premier stage dans la cavalerie puis un second dans l’artillerie. Ces deux stages auront une durée de trois mois chacun. Les lieux d’affectations ne sont pas connus.

Il débute les cours théoriques de l’école supérieure de guerre à partir du 1er novembre 1907. Le 10 septembre 1908, il est classé au 65e régiment d’infanterie. Il termine sa formation le 1er novembre 1909 avec le brevet d’état-major en poche. Il est classé 68e avec la mention « bien ».

Le lieutenant Putz a droit à un congé de trois mois, avec solde de présence, après cette formation. Il se retire à Paris et Fontainebleau durant cette période.

Il va falloir maintenant faire ses preuves avec la pratique.

Cet officier est détaché comme stagiaire à l’état-major du 7e corps d’armée de Besançon pour une durée de 2 ans. Il est promu capitaine et classé au 66e R.I. le 8 novembre 1910. Il est ensuite maintenu en stage puis mis hors cadre à l’état-major du 7e corps d’armée, le 27 mars 1911.

Durant ces deux années, il effectue de nouveau un stage d’un mois dans l’artillerie en 1910, puis un autre dans la cavalerie de même durée en 1911. Les lieux et les dates exactes de ces stages ne sont pas connus.

Expériences dans le monde aérien

Attiré par le « monde des airs », il effectue un stage de trois semaines aux sapeurs aérostiers du 24 avril au 13 mai 1911.

En octobre 1911, il est affecté à la 12e compagnie du 149e régiment d’infanterie à Épinal. Il y reste jusqu'au 28 janvier 1914. Cela ne l'empêche pas de poursuivre son apprentissage de l'aéronautique.

Le capitaine Putz passe, avec succès, son brevet d’aéronaute le 2 avril 1912. Celui-ci porte le n° 149. Il fait ensuite un stage d’instruction d’observateur à bord du dirigeable « capitaine Ferber » du 26 juin au 10 juillet 1912.

Dirigeable_Capitaine_Ferber_

Envoyé au service d’observation aérienne d’Épinal, comme observateur en ballon, Henri Pierre Adolphe Marcel Putz, doit attendre l’arrivée du ballon « Conté » pour obtenir un poste dans le domaine ses compétences. Jusqu’à ce que ce ballon rejoigne Épinal, il travaille comme observateur en avion.

Le 7 février 1913, il accomplit une reconnaissance d’une durée de 15 minutes avec le lieutenant Lucien Battini. Le 5 avril, il renouvelle l’expérience avec ce pilote. Cette fois-ci, le vol dure 20 minutes et il s’effectue à une hauteur maximum de 500 mètres. Six jours plus tard, il est le passager du maréchal des logis Quennehen, avec qui, il va effectuer le même type de déplacement aérien. Le 15 avril, il monte une dernière fois dans l’aéroplane du lieutenant Battini, toujours dans les mêmes conditions de vol.

Les_aviateurs_Quennehen_et_Battini

Le 13 janvier 1914, il doit rejoindre l’état-major du 21e corps d’armée qui vient tout juste d’être créé. Il fait deux autres stages d’observateur en ballon dirigeable à Toul avant le déclenchement de la 1ère Guerre mondiale.

Les années de guerre

Le capitaine Putz est toujours détaché comme observateur de dirigeable, au centre d’observation aérienne d’Épinal, lorsque le conflit contre l’Allemagne éclate.

Le 11 août 1914, il est mis à la disposition de l’état-major du 21e C.A. Le dirigeable « Conté » vient d’être déclaré « hors de service ».

Henri Pierre Adolphe Marcel Putz prend la direction du 2e bureau du 21e C.A..

Le fait de bien connaître la langue et le fonctionnement de l’armée allemande lui permet de diriger au mieux les services des interprètes qui lui sont attachés. Il commande habilement les agents qui sont mis à sa disposition.

Cet officier s’occupe également de l’interrogatoire des prisonniers, une tâche qu’il même avec tact et perspicacité. 

Il est bien noté par ses supérieurs et le colonel de Boissoudy, chef d’état-major du 21e C.A., rédige le texte suivant en février 1915 : « C’est un travailleur acharné, un peu lent, intelligent, instruit, connaissant bien ses règlements et les détails des services. Homme calme et réfléchi, c’est un précieux auxiliaire pour son chef de section dont la tâche était particulièrement lourde. C’est un bon cavalier.»

Le 21e C.A. est engagé à Verdun en mars 1916, dans la Somme de septembre à décembre 1916 puis dans l’Aisne à partir de mai 1917. Durant cette période, le capitaine Putz fait toujours partie de l’état-major de ce C.A..

Le 30 juillet 1917, il est mis à la disposition de l’infanterie. De nouveau au 149e R.I.,  il reçoit, le 13 août, le commandement du 3e bataillon du régiment. Pour ce récent commandement, il est promu chef de bataillon à titre temporaire le 29 septembre.

Le 23 octobre 1917, le commandant Putz est blessé à l’épaule droite par un éclat d’obus, à la sortie de son P.C.. Il s’apprêtait à quitter la parallèle de départ pour conduire ses hommes à la bataille de la Malmaison.

Évacué vers l’arrière, il est soigné dans un hôpital parisien. Une fois guéri, il reprend du service. Le commandant Putz ne retournera jamais en première ligne à la tête d’un bataillon de régiment d’infanterie. À partir de la fin de l’année 1917, il est affecté à plusieurs postes dans divers états-majors, cela jusqu’à la fin du conflit.

Le 6 décembre 1917, il est à l’état-major du 2e corps d’armée colonial, où il est nommé chef de bataillon à titre définitif le 19 avril 1918. Le 5 juillet, cet officier est muté à l’état-major du 36e corps d’armée.

Placé en réserve de personnel à l’état-major de la VIIIe armée le 18 juillet, puis  à celle de l’état-major du 32e C.A. à partir du 26 août, il reçoit une affectation pour l’état-major du 17e corps d’armée pour venir occuper le poste de chef du 1er bureau à compter du 16 septembre. Il ne restera dans cette fonction qu’une petite dizaine de jours.

Le 4 octobre 1918, il passe à l’état-major du commandement supérieur du nord, pour prendre la tête du 3e bureau.

De l’armistice à la fin de carrière

Une décision ministérielle du 31 janvier 1919 l’affecte à l’état-major de la 12e région. Cette affectation est  annulée. Il reçoit l’ordre de rejoindre le 21e corps d’armée pour diriger le bureau de la chancellerie de l’état-major. Le commandant Putz quitte l’état-major du gouvernement militaire de Metz le 6 février 1919.

Début 1922, il retrouve un régiment qu’il a bien connu avant et pendant le conflit. Cet officier est réaffecté au 149e R.I. le 1er janvier 1922 pour prendre, dans un premier temps, le commandement du 1er bataillon, puis celui du 3e bataillon à compté du 1er avril 1922.

Il accomplit ensuite un stage au centre d’études de montagne à Grenoble entre le 27 juillet au 21 août 1922.

En 1923, le commandant Putz rejoint l’état-major du groupe fortifié de Savoie qui devient en 1925, toujours à Chambéry, le secteur fortifié de Savoie. Il y est nommé chef d‘état-major puis promu lieutenant-colonel le 26 mars 1928. Atteint par la limite d’âge de son grade, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite le 31 janvier 1932, il passe dans la réserve dont il est définitivement rayé des cadres le 14 janvier 1937 à l’issue de la période légale.

Le lieutenant-colonel Putz décède le 22 novembre 1959 à Chambéry à l’âge de 85 ans.

Décorations obtenues :

Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 3 mai 1916. (J.O. du 4 mai 1916) « Capitaine breveté à l’état-major d’un C.A.. Très bon officier ayant un sentiment élevé du devoir. A rendu de grands services depuis la guerre. A exécuté, en particulier, pendant les premiers jours de la mobilisation, au-dessus des lignes allemandes, des reconnaissances aériennes hardies, au cours desquelles il a recueilli des renseignements précieux. A déjà reçu la croix de guerre. »

Officier de la Légion d’honneur le 25 décembre 1929.

Croix de guerre avec une étoile de Vermeil et une étoile d’argent.

Citation à l’ordre du 21e C.A. en date du 12 août 1915 :

« Affecté pendant les premiers jours de la mobilisation au service d’explorations aériennes, a envoyé des indications très précieuses. Devenu ensuite chef du 2e bureau de l’état-major du corps d’armée, a montré une activité inlassable dans la recherche des renseignements et dans la lutte contre l’espionnage.»

Citation à l’ordre n° 264 de la 43e D.I. en date du 14 novembre 1917 :

« Officier supérieur très méritant. A été, le 23 octobre 1917, blessé à l’entrée de son P.C. au moment où il préparait, avec son bataillon, à marcher à l’assaut des positions ennemies. »

Autres décorations :

Médaille commémorative de la Grande Guerre, médaille interalliée de la Victoire.

Sources :

J.M.O. du 21e C.A.. S.H.D. de Vincennes  Réf : 26 N 195/1, 2 et 3

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes  Réf : 26 N 344/7

Dossier individuel consulté au Service Historique de la défense de Vincennes.

Le commandant Putz possède un dossier individuel  sur le site de la base Léonore. Pour le lire, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante :

Site_base_Leonore

Le portrait du commandant Putz provient d’une partie de photographie qui se trouve dans le témoignage du lieutenant Paul Douchez en trois volumes. Ce témoignage a été déposé par le fils de cet officier, aux archives du Service Historique de la Défense de Vincennes en 1983. Fond Douchez ref : 1K 338.

Les informations concernant la généalogie d’Henry Pierre Adolphe Marcel Putz ont été trouvées sur le site « Généanet ».

Les portraits du lieutenant Battini et maréchal des logis Quennehen sont extraits de cartes postales.

Un grand merci à M. Bordes, à F. Amélineau, à A. Carobbi,  à  M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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15 septembre 2017

Les semaines qui précèdent l’attaque de la Malmaison.

Groupe_de_soldat_149e_R

Dès le mois de septembre 1917, les corps d’infanterie de la 43e D.I. commencent à se préparer pour la future attaque de la Malmaison. Cette attaque est programmée pour le 21 octobre 1917.

La quasi-totalité de la division est à l’arrière depuis le 26 septembre. Les troupes se consacrent entièrement à l’entraînement sur des terrains qui ont été spécialement organisés à cet effet.

À cette période de l’année, c’est le colonel Boigues qui est à la tête du 149e R.I.. Le 1er bataillon du régiment se trouve sous les ordres du commandant de Chomereau de Saint-André, le 2e bataillon sous l’autorité du commandant Schalck et le 3e bataillon sous le commandement du commandant Putz.

En attendant, le terrain de la future attaque, qui est assignée à la 43e D.I., est tenu par les troupes de la 167e D.I.. Celles-ci terminent l’aménagement du secteur avec l’aide d’une, puis deux compagnies de génie de la 43e D.I..

Les deux bataillons de chasseurs de la 43e D.I., ainsi qu’un bataillon de chacun de ses régiments, sont désignés pour effectuer des exercices, en liaison avec les chars d’assaut. Pour le 149e R.I., c’est le bataillon du commandant de Chomereau de Saint-André qui est choisi. Le 17 septembre 1916, les 1ère, 2e et 3e compagnies du 149e R.I. se rendent à Béthancourt pour aller se former au camp de Champlieu.

16 septembre 1917

Une grande partie des téléphonistes du 31e B.C.P. et du 149e R.I. sont mis à la disposition du service télégraphique de la 43e D.I.. Ils cantonnent avec les unités de leur corps.

17 septembre 1917

La journée est marquée par une forte activité des deux artilleries.

18 septembre 1917

En raison du beau temps, l’artillerie allemande est bien plus active que les jours précédents.

Le 1er bataillon du 149e R.I. commence son stage avec les chars. Le 2e bataillon du 149e R.I. est à Billy. Le 3e bataillon du 149e R.I. effectue des travaux dans le secteur qui est derrière la 1ère ligne.

19 septembre 1917

La journée reste calme. La nuit est agitée. Il n’y a pas d’action d’infanterie.

L’artillerie française effectue des tirs de harcèlements et de représailles en réponse aux bombardements allemands sur les premières lignes et à leurs tirs de barrage.

20 septembre 1917

Le 2e bataillon du 149e R.I. se prépare à relever le 31e B.C.P. qui occupe un secteur compris entre Condé-sur-Aisne, les Vervins et la ferme Volvreux.

Secteur approximatif occupe par le 2e bataillon du 149e R

21 septembre 1917

La journée est particulièrement agitée par une grande activité réciproque d’artillerie.

Le colonel Boigues s’installe au P.C. Lorette pour prendre le commandement des troupes en réserve de secteur. Il remplace le commandant du 31e B.C.P., qui vient d’être relevé, avec ses chasseurs, par les hommes du commandant Schalck.

P

Le 1er bataillon du 149e R.I. termine son stage avec les chars. Il est transporté par camions-autos à Condé-sur-Aisne. Arrivant à destination à 22 h 00, les hommes du commandant de Chomereau de Saint-André sont aussitôt pris en charge par des guides qui les conduisent à la relève du 3e bataillon du régiment.

Le 3e bataillon du 149e R.I. part cantonner à Billy.

22 septembre 1917

Le C.I.D. 43 s’installe à Vaumoise.

23 septembre 1917

La journée est marquée par des bombardements répétés sur les lignes françaises. Des patrouilles sont effectuées dans le but de protéger les hommes qui travaillent. Elles ne remarquent pas d’activité particulière de la part de l’ennemi. Il y a 9 blessés au 149e R.I..

Conde-sur-Aisne octobre 1917

 24 septembre 1917

Le 3e bataillon du 149e R.I. continue son mouvement. Il quitte Chaudun pour venir cantonner à Ancienville. Deux hommes sont blessés au 149e R.I..

25 septembre 1917

Le soldat Joseph Auguste Leclerc est tué près de la ferme Volvreux.

26 septembre 1917

Le plan est élaboré pour organiser le terrain conquis durant l’offensive projetée.

27 septembre 1917

le 1er bataillon du 149e R.I. est relevé par le 3e bataillon du 170e R.I.. Il va s’installer à Septmont.

Cantonnement_du_1er_bataillon_du_149e_R

Le 2e bataillon du 149e R.I. qui est dans le secteur Volvreux, Celles et Condé est relevé par un bataillon du 174e R.I.. Les compagnies du commandant Schalck font mouvement jusqu’à Septmont.

28 septembre 1917

Le 1er bataillon du 149e R.I. quitte Septmont pour venir s’établir à Chouy, son cantonnement définitif.

Chouy

 29 septembre 1917

Le 2e bataillon du 149e R.I., qui cantonne dans les baraques de Septmont, fait mouvement pour se rendre à Troësne. Le 3e bataillon du régiment est, une partie à Noroy-sur-Ourq, une autre à Ancienville.

30 septembre 1917

La 43e D.I. apprend que c’est le 8e groupe d’Artillerie Spéciale qui lui sera officiellement affecté pour effectuer l’attaque de la Malmaison.

Positions_occup_es_par_les_3_bataillons_du_149e_R

1er octobre 1917

Deux sections de la compagnie Z 31/2 sont mises à la disposition de la 43e D.I..

Ces compagnies spécialisées, dépendantes du génie, sont utilisées dans des actions ponctuelles visant à déloger l’ennemi retranché dans les creutes.

2 octobre 1917

Le plan d’engagement avec les chars et celui de l’utilisation des mortiers Stocke sont établis.

Les cadres des bataillons qui n’ont pas été exercés avec les chars d’assaut reçoivent l’ordre d’assister, par tiers, à trois manœuvres avec l’Artillerie Spéciale.

3 octobre 1917

Le plan d’engagement de la 43e D.I. en vue de l’offensive projetée, est établi définitivement ; plusieurs retouches y seront apportées durant les journées à venir. Les ordres d’instruction pour les corps de la division sont donnés en conséquence.

Des exercices de liaison entre les unités sont organisés les 3 et 4 octobre 1917.

Le colonel Boigues connaît maintenant les différents emplacements que ses bataillons occuperont le jour de l’attaque. Son régiment sera encadré à sa droite par le 158e R.I. et à sa gauche par le 109e R.I..

4 octobre 1917

Un accident grave arrive au C.I.D. 43. Le sous-lieutenant Guyot se tue au cours d’un exercice avec un mortier pneumatique Brandt.

5 octobre 1917

Un additif concernant l’instruction pour l’infanterie durant l’opération de la Malmaison est établi. Le plan de ravitaillement et d’évacuation est élaboré.

6 octobre 1917

La 4e compagnie du 149e R.I. qui dépend du C.I.D. 43 participe depuis plusieurs jours à des travaux de l’A.D. 43. Elle reçoit l’ordre de rejoindre le C.I.D. 43 dans la journée.

7 octobre 1917

Un rectificatif est apporté au plan de liaison en vue de l’offensive projetée. Les plans d’emplois des mitrailleuses du détachement Schilt, avec leurs lances-flammes, du détachement Z avec les gaz, et celui des pigeons voyageurs sont distribués.

8 et 9 octobre 1917

R.A.S.

10 octobre 1917

 Le général Michel responsable de la 43e D.I., son état-major et le 1er échelon du Q.G. 43 s’installent au P.C. Lorette.

11 octobre 1917

Le général de la 43e D.I. prend le commandement de son secteur à 10 h 00. Le colonel commandant l’I.D. 43 s’installe au P.C. Caen.

12 octobre 1917

Le colonel du 149e R.I. s’installe aux abris de Vauxelles. L’artillerie allemande effectue de violents tirs de destruction sur les 1eres lignes françaises. Les travaux d’aménagements offensifs du terrain se poursuivent.

13 octobre 1917

Le plan d’emploi des chars d’assaut est légèrement modifié. Les travaux d’organisation offensive et de réfection des dégâts causés par la pluie et les bombardements continuent.

14 octobre 1917

Le colonel Boigues quitte les abris de Vauxelles pour se rendre au P.C. Cable.

P

15 octobre 1917

Plusieurs rectifications sont apportées à l’ensemble de l’opération du 21 octobre.

Les premiers transports qui doivent amener les troupes d’infanterie de la zone de repos à celle de l’arrière du secteur vont bientôt commencer. La période de préparation à l’attaque de la Malmaison touche à sa fin.

Sources

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps, à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Les morceaux de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly qui sont utilisés ici sont datés du 26 août 1917.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher, à « Tanker » et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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22 septembre 2017

Émile François Guyon (1892-1917).

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Les parents d’Émile François Guyon vivent dans un petit appartement situé au 56 rue Franklin, dans le 2e arrondissement de la ville de Lyon,lorsque leur fils voit le jour le 11 juin 1892. Le père est un homme âgé de 35 ans qui exerce la profession de représentant de commerce. La mère, Claudine Constance Bouchard, est une jeune femme âgée de 20 ans.

Émile François possède une instruction secondaire qui lui permet d’obtenir un certificat d’études commerciales.

Il est inscrit sous le n° 218 de la liste du canton du 7e arrondissement de Lyon. Les médecins du conseil de révision viennent de porter son nom dans la 5e partie de cette liste. D’importants problèmes de santé dus à une néphrite avec albuminurie l’empêchent d’être incorporé avec la classe 1912.

Le 6 octobre 1914, il se soumet de nouveau à un conseil de révision qui le déclare cette fois-ci « bon pour le service armé ». Quelque temps après, Émile François apprend son incorporation au 149e R.I.. Le 4 novembre 1914, il intègre la caserne Courcy, à Épinal, pour commencer son instruction militaire.

Le 10 avril 1915, il est affecté au 170e R.I. avec le grade d’aspirant. Son niveau d’études lui a certainement donné la possibilité d’obtenir cette promotion de manière aussi rapide.

Le jeune Guyon a dû suivre les cours d'élèves caporaux avant d'intégrer une formation accélérée d'officier (après concours) durant son passage au 149e R.I..

Émile François Guyon est envoyé à la mi-avril sur le front d’Artois. Le 1er mai, il retrouve le 149e R.I. qui combat également dans ce secteur, pour prendre le commandement d’une section de la 10e compagnie.

Le 30 juin 1915, il est nommé sous-lieutenant de réserve à titre temporaire. Cette promotion est ratifiée suite à une décision ministérielle prise le 7 juillet 1915.

Le 17 juillet 1915, le 149e R.I. combat toujours en Artois. Dans le secteur du bois en Hache, un éclat d’obus le blesse à la tête. Une fois rétabli, il se rend au centre d’instruction du 21e C.A. pour être formé à la fonction de chef de section,en accomplissant un stage du 22 novembre au 6 décembre 1915.

Apprécié par ses supérieurs, ce jeune homme est considéré comme étant un excellent officier. Il a été remarqué pour ses qualités de chef, au feu comme à l’instruction.

Le 6 janvier 1916, le lieutenant-colonel Gothié écrit ceci : « Successivement aspirant et sous-lieutenant à titre temporaire, monsieur Guyon s’est révélé comme étant un chef de section de tout premier ordre, ayant une très belle conduite au feu. Il fera,plus tard, un excellent commandant de compagnie, malgré sa jeunesse. »

Le sous-lieutenant Guyon est évacué pour maladie le 1er mars 1916. Le 149e R.I. est sur le point de rejoindre le secteur de Verdun. Il retrouve son régiment 28 jours plus tard. Cette fois-ci, c’est pour être mis sous les ordres du capitaine Chauffenne qui commande la 12e compagnie. Le 3e bataillon du régiment se prépare à remonter en 1ère ligne au fort de Vaux.

Baignade_Mairy_sur_Marne

Décembre 1916, il est affecté au dépôt divisionnaire. Il ne retournera plus jamais dans une unité combattante.

Le 23 décembre 1916, le lieutenant-colonel Pineau rédige la note suivante : « A commandé sa compagnie dans des conditions très brillantes pendant les attaques de septembre. Sa santé, un peu délicate, ne lui permettant plus de rester au corps, momentanément, il a été détaché, malgré lui, au D.D., comme instructeur de grenadiers. Il y rend d’excellents services et le colonel a l’intention de l’y laisser. »

Désigné comme porte-drapeau, il est affecté à l’état-major du 149e R.I. le 12 février 1917, mais il reste détaché au D.D. d’instruction des grenadiers, suite à une décision prise par le général qui commande la 43e D.I..

Le 10 mars 1917, il est à la 12e compagnie du 149e R.I. qui est maintenant dépendante du D.D..

Le 12 mars 1917, il est confirmé dans son grade de sous-lieutenant de réserve à titre définitif, par un décret du président de la République, sur proposition du ministre de la guerre. Cette décision prend rang à partir du 27 janvier 1917.

Fin mai 1917, il est désigné comme instructeur à l’école des grenadiers de la VIe armée.

Cet officier est admis dans le cadre actif par décret du 7 juin 1917 comme sous-lieutenant, une admission qui prend également rang à compter du 27 janvier 1917.

Le 30 juin 1917, Émile François Guyon est nommé lieutenant. L’appellation « Dépôt Divisionnaire » est supprimée à la fin du mois d’août de cette année. Elle est remplacée par « Centre d’Instruction Divisionnaire ».

C’est au C.I.D. 43 qu’il trouve la mort le 4 octobre 1917. Le lieutenant Guyon est décapité par l’éclatement prématuré d’une petite torpille alors qu’il donnait un cours d’instruction sur le canon Brandt.

Il est inhumé dans le carré militaire du cimetière communal de la commune de Vaumoise.

L’adjudant Raymond Lannes et le sergent Jean Marie Ader, tous deux du 149e R.I., sont les déclarants qui permettent la validation de l’acte de décès de cet homme.

Étant détaché du 149e R.I. en terme de gestion, cet acte, qui ne sera enregistré que le 15 octobre 1917, est établi par l’officier de l’état civil du régiment, le lieutenant Ernest Vilminot. Il est transcrit à la mairie du 7e arrondissement de Lyon le 3 avril 1918.

Le corps de cet officier a été restitué à la famille après le conflit, dans les années 20.

Le lieutenant Guyon a obtenu les citations suivantes :

Cité à l’ordre de la 85e brigade n° 11 en date du 25 juin 1915. 

« A entraîné par son exemple de bravoure intrépide, d’entrain et de ténacité, ceux qui l’entouraient dans les attaques successives du fonds de Buval, le 16 juin 1915 et jours suivants »

Cité à l’ordre de la 85e brigade n° 45 en date du 10 mai 1916. 

« Le 31 mars 1916, sous un bombardement continu, s’est dépensé sans compter pendant quatre jours pour organiser le secteur que la compagnie occupait en 1ère ligne. Malgré de lourdes pertes subies, a obtenu de ses hommes le meilleur rendement.»

Citation à l’ordre de la IVe armée n° 609 en date du 24 juillet 1916.

« Les grenadiers de la 10e compagnie du 149e R.I., le 9 juillet 1916, sous le commandement du sous-lieutenant Guyon, officier grenadier du 3e bataillon, ont fait preuve d’audace et d’habileté dans le nettoyage de 150 mètres de tranchée ennemie d’où 8 prisonniers vivants ont été ramenés. »

Citation à l’ordre de la Xe armée n° 228 en date du 20 septembre 1916.

« Jeune officier d’une énergie et d’un courage exemplaires A entraîné brillamment sa compagnie à l’attaque d’un village, faisant de nombreux prisonniers et prenant des mitrailleuses ennemies. Déjà trois fois cité, dont une citationà l’ordre de l’armée.»

Le lieutenant Guyon est resté célibataire et n’a pas eu de descendance.

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photographie représentant le lieutenant Guyon (à droite) et le lieutenant Mouren (à gauche) est légendée « baignade à Mairy, août 1916 »

Les actes de naissance et de décès d’Émile François Guyon ont été trouvés sur le site des archives municipales de Lyon, sa fiche signalétique et des services sur celui des archives départementales du Rhône.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carrobi, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales du département du Rhône et à la mairie de Lyon.

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