Colonel_Boigues

Après les combats de la journée, le colonel Boigues rédige un rapport à son supérieur direct, le colonel Guy, responsable de l’I.D. 43 depuis son P.C. dénommé P.C. le Galloudec.

En quelques lignes, il donne la position exacte de ses compagnies en dessinant un croquis, évalue la situation, évoque certains faits d’armes de son régiment et, pour finir, analyse la liaison et les nouveaux matériels utilisés.

Le colonel Boigues commandant le 149e R.I. à monsieur le colonel commandant l’I.D. 43

« Je vous adresse, ci inclus,un calque résumant la disposition prise par le 149e R.I. au point de vue de l’occupation du terrain conquis.

Je ne modifie rien aux dispositions prises, qui répondent d’ailleurs avec des variantes sans grande importance, à ce que j’avais prescrit dans l’ordre d’engagement.

La position des Vallons était dangereuse par suite de nos barrages. C’est l’unique objet d’un petit recul qu’a effectué le commandant de bataillon par mesure de sécurité.

Tout me paraît bien établi, le moral reste très élevé malgré les pertes sensibles (16 officiers). La résolution de garder notre conquête est ancrée dans l’esprit de chacun.

Mon P.C. est à 2842 dans des conditions acceptables. Il me permet, par sa proximité de la route de Maubeuge d’être à pied d’œuvre des ravitaillements et à portée immédiate de mon bataillon de 3e ligne.

Position_approximative_du_149e_R

Legende_carte_rapport_colonel_Boigues

L’action s’est somme toute déroulée dans des conditions excellentes. Le régiment a obtenu tous les succès qu’il pouvait espérer ; des actions se sont déroulées, très vives et meurtrières, mais dominées très rapidement par suite de l’élan général. Tous les bataillons se sont également distingués. À l’heure présente, nous pouvons donner des chiffres exacts. Je connais au moins quatre pièces prises, deux de 105 et deux obusiers de 150. De nombreuses mitrailleuses, un matériel très important, surtout à l’est.

Les prisonniers que nous avons faits ne sont pas tous passés par mon P.C.. En raison des marmitages, ils ont dû, en grande partie, filer par les pentes du ravin du blocus.

J’en ai néanmoins compté 570 dont 17 officiers. Je suis certain qu’il faudrait exagérer ce chiffre dans une très large proportion pour rendre au 149e R.I. sa part légitime.

Le ravitaillement a très bien marché jusqu’au premier objectif et a été assuré dans de très bonnes conditions par la 7e compagnie du 409e R.I..

Une seule ombre au tableau : les liaisons qui ont été cependant très poussées comme instruction ont fait faillite, sauf pour les coureurs. La T.P.S. n’a rien donné, le téléphone rien non plus. S’il faut considérer le second procédé comme aléatoire, on peut dire que la T.P.S. donnera ce qu’on voudra avec d’autres méthodes moins rigides. Les pigeons et les chiens ont été détruits.

Quant aux engins spéciaux, les Stokes sont sur place et servirent dans les barrages, j’en suis certain. Les tanks ont beaucoup servi à nos voisins de gauche et aussi un peu à nous, sur la lisière de Belle Croix. C’est un instrument qu’il faut savoir manier. »

Sources :

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

La carte dessinée qui peut se voir ici a été faite à partir de la superposition du croquis qui accompagne le rapport du colonel Boigues, sur un fond de carte réalisé à partir du groupe des canevas de tir « Vailly » datant du 26 août 1917. Les limites du 149e R.I. sont celles qui ont été données sur la 2e carte qui peut se consulter dans l’article intitulé « Exécution de la bataille de la Malmaison… 2e objectif. », texte qui peut être lu en cliquant une fois sur le dessin suivant.

Attaque_du_149e_R

En comparant les deux réalisations, nous pouvons aisément remarquer que les positions données pour les compagnies du 149e R.I. sur les deux cartes sont assez semblables. Elles ont tout de même plusieurs différences de détails. À la superposition, le calque qui accompagne le rapport du colonel Boigues ne correspond pas tout à fait aux informations qui ont été recueillies pour la construction des autres cartes.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.