Eugene François Bessiere

Eugène François Bessière est né le 23 octobre 1884, dans la commune aveyronnaise d’Espalion. Il est le second d’une fratrie de 4 enfants.

Lorsqu’il voit le jour, son père, Hilarian, est âgé de 38 ans. Cet homme pratique la maçonnerie depuis de nombreuses années. Sa mère, Marie Émilie Truel, qui élève déjà une fille, est âgée de 26 ans.

L’horloger Antoine Belmont et le chapelier Étienne Gouter suivent le père à la mairie pour apposer leurs signatures sur le registre d’état civil que leur présente l’adjoint au maire du village.

Eugène François quitte l’école communale en maîtrisant la lecture, l’écriture et le calcul. Les conditions sociales et financières de ses parents lui permettent de poursuivre ses études à Rodez jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. Ce jeune aveyronnais, brillant, passe ensuite un diplôme d’architecte à l’école des arts et métiers d’Aix-en-Provence.

Il n’a toujours pas terminé sa formation lorsqu’il doit se présenter devant le conseil de révision d’Espalion l’année de ses 20 ans. Celui-ci le déclare « bon pour le service », tout en lui accordant une dispense qui lui permet de ne faire qu’une seule année de service actif, ce qui est bien moins fréquent qu’avec l’ancienne loi de recrutement.

Incorporé au 81e R.I. de Montpellier à compter du 8 octobre 1905, le jeune homme arrive au corps le jour même.

Une fois sa période militaire achevée, il est envoyé en disponibilité le 18 septembre 1906, avec l’obtention de son certificat de bonne conduite, précieux document pour sa future vie civile, qu’il peut mettre dans son bagage du retour.

En avril 1907, il vit à Roville-devant-Bayon dans le département de la Meurthe-et-Moselle.

Par deux fois, il doit revêtir l’uniforme en se présentant à la caserne du 122e R.I. ; une première fois pour effectuer une période d’instruction allant du 17 août au 13 septembre 1908, une seconde fois pour une période d’exercice allant du 22 août au 13 septembre 1910.

Eugène François Bessière s’installe ensuite à Épinal pour y exercer son métier de bâtisseur. En novembre 1909, cet architecte demeure au 35 rue Chantraine. Ce changement de région lui impose d’être rattaché militairement à une unité du 21e C.A.. Son nom est inscrit dans le tableau des effectifs de la réserve du 149e R.I..

Le jeune homme se marie dans la cité spinalienne le 30 août 1911. Le 4 juin 1912, les époux élisent domicile dans la rue de la gare.

Eugène François fait une dernière période d’exercice au sein du 149e R.I. du 4 au 20 septembre 1913, quelques mois, avant la mobilisation générale qui sera décrétée le 1er août 1914.

Un ordre individuel du 31 juillet 1914 lui impose de rejoindre son régiment le 2 août. Le 149e R.I. est un régiment frontalier. Ses classes 1911, 1912 et 1913 quittent Épinal le samedi 1er août, bien avant le lever du soleil, pour rejoindre la frontière.

Eugène François Bessière qui est un réserviste, fait partie des effectifs qui vont constituer le 2e  échelon du régiment.

Trois jours plus tard, il rejoint le 1er échelon, au cantonnement de Vanémont. Le soldat Bessière est affecté à la 4e compagnie, sous les ordres du capitaine Altairac.

L’ancien architecte participe à tous les combats dans lesquels est engagé son régiment en août 1914.

À chacun de ces combats, il s’en sort sans être blessé. La chance l’abandonne le mois suivant. Eugène Bessière est tué le 19 septembre 1914, au cours d’une attaque qui se déroule dans le village de Souain.

Pour en savoir plus sur les événements qui se sont déroulés durant cette période, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Village de Souain

Un témoignage, laissé par le sergent Paul Monne, reprend l’intégralité du parcours de la 4e compagnie depuis le début du conflit jusqu’aux combats qui eurent lieu dans la Marne en septembre 1914.

Pour accéder à cet écrit, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Paul Monne

Eugène Bessière repose actuellement dans la nécropole nationale de « la Crouée » sur la commune de Souain-Perthe-les-Hurlus. Sa sépulture porte le numéro 389.

Sepulture Eugene Bessiere

Le nom de ce soldat est inscrit sur la liste des tués du régiment à la date du 19 septembre 1914. Pourtant, son décès ne fut validé que le 22 décembre 1920, suite à un jugement qui a été rendu par le tribunal d’Épinal. La famille ne semble pas avoir fait de recherches auprès du Comité International de la Croix Rouge.

Eugène François Bessière a été décoré de la Médaille militaire à titre posthume (publication dans le journal officiel du 5 octobre 1920).

« Excellent soldat courageux, très apprécié de ses chefs. Tué glorieusement à son poste le 19 septembre 1914 à Souain. »

Cette décoration lui donne également droit à la Croix de guerre avec étoile de bronze.

Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de la ville d’Épinal et de sa commune natale et sur la plaque commémorative fixée dans l’église paroissiale d’Espalion. Il est également inscrit sur la plaque commémorative qui se trouve dans le hall d’entrée de l’école nationale supérieure d’arts et métiers d’Aix-en-Provence.

La descendance de cet homme n’est pas connue.

Sources :

Fiche signalétique et des services et acte de naissance du soldat Bessière consultés sur le site des archives départementales de l’Aveyron.

Le portrait de cet homme est extrait du livre d’or de l’institution Saint-Joseph de Rodez.

La photographie de la sépulture d’Eugène François Bessière a été réalisée par E. Gambart.

Un grand merci à M. Bordes, à E. Gambart, à P. Baude, à A. Carobbi, aux archives départementales de l’Aveyron et au Service Historique de la Défense de Vincennes.