Paul_Henri_Benoit

Paul Henri Benoit voit le jour le 24 janvier 1892 à Creil, ville située dans la vallée de l’Oise, au nord de Paris. Ses parents vivent au n° 1 de la rue de la République.

Le lendemain, son père, Henri Armand, se rend à l’Hôtel de Ville. Il est accompagné du perruquier Charles François Benoit, grand-père paternel de l’enfant, et de Pierre Lemaire, ancien huissier, grand-père maternel du nouveau-né ; ceux-ci vont lui servir de témoins. Henri Armand a 25 ans, il travaille comme employé au chemin de fer du sud. La mère, Marie Pauline Lemaire n’exerce pas de profession ; elle est âgée de 22 ans. Deux ans plus tard, le couple a un 2e fils qui décède à l’âge de 3 mois.

Après l’école primaire, Paul Henri poursuit des études qui vont le mener au Lycée Chaptal de Paris jusqu’à l’obtention de son baccalauréat.

Soldat de la classe 1913, il est incorporé au 149e R.I.. Il lui faut prendre le train pour rejoindre la ville d’Épinal le 9 octobre 1913. Ses apprentissages militaires ne seront pas menés à terme, interrompus par le déclenchement de la 1ère guerre mondiale qui débute en août 1914. Il est toutefois considéré comme mobilisable. Paul Henri Benoit participe à tous les combats du régiment dans les Vosges, dans la Marne, en Artois et en Belgique.

Pour lui, les passages de grades de sous-officiers sont extrêmement rapides. Nommé caporal le 1er septembre 1914, puis sergent vingt jours plus tard, il obtient ses galons d’aspirant le lendemain de Noël.

Le 3 mars 1915, Paul Henri Benoit est blessé à la tête par un éclat d’obus. Devant être évacué vers l’arrière, il laisse ses hommes de la 5e compagnie derrière lui.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Explosion_de_mine

La date exacte de son retour au front n’est pas connue. Son état des services nous apprend qu’il est à la 5e compagnie du 149e R.I. le 12 février 1916. Il est donc peu probable que cet aspirant ait participé aux combats du mois de juin 1915 dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette, ainsi qu’à ceux qui se sont déroulés fin septembre 1915 du côté du bois en Hache. Le 28 mars, il est affecté à la 6e compagnie du régiment.

Le 10 avril 1916, l’aspirant Benoit est nommé sous-lieutenant de réserve à titre temporaire, juste après le 2e engagement du régiment dans le secteur de Verdun. Sa compagnie est maintenant sous les ordres du lieutenant Georges Poncelet. Le 20 décembre, Paul Henri Benoit est provisoirement affecté à l’état-major du régiment, pour remplir les fonctions d’officier de renseignements. Dix jours plus tard, il retrouve son ancienne compagnie. Le 23 janvier 1917, Paul Henri Benoit devient lieutenant de réserve à titre temporaire.

Excellent soldat, toujours bien noté par ses supérieurs, comme l’atteste cette petite note rédigée par le lieutenant Poncelet le 12 mai 1916 :

« Déjà aspirant à la compagnie avant sa nomination au grade de sous-lieutenant, a pris, avec son nouveau galon, un plus grand ascendant sur ses hommes. A commandé sa section avec un soin particulier pendant cette première période de tranchée et a su faire rendre à ses hommes et à ses gradés, un effort sérieux pour ce qui a concerné l’organisation du secteur. Conduira à bien, avec des sergents énergiques la section qu’il commande. »

Le capitaine adjudant-major du 2e bataillon Guilleminot appuie l’écrit de son subordonné avec ce texte :

« Jeune officier très allant, désireux de s’instruire, ayant un grand amour propre, est susceptible, avec un peu plus d’expérience, de faire un excellent officier. Très bonne instruction générale. Bonne instruction militaire. »

Le lieutenant Benoit participe ensuite aux combats du régiment qui se déroulent dans le département de la Somme. Il y gagne une citation à l’ordre de l’armée.

Le 23 décembre 1916, le lieutenant-colonel Pineau inscrit dans le feuillet individuel de campagne du sous-lieutenant Benoit : « Jeune officier dont l’attitude a été brillante en toutes circonstances, comme chef de section ou comme commandant de compagnie. Froid, très maître de lui, a montré de très belles qualités militaires. Sera certainement un très bel officier »

Durant l’année 1917, le 149e R.I. occupe un secteur situé à l’ouest du fort de la Malmaison, du côté d’Aizy, de Jouy, de Billy-sur-Aisne et des fermes du Toty et de Hameret.

Ferme_Hameret

Lorsque les 9 premiers mois de 1917 sont mis en parallèle avec ceux des trois premières années du conflit, nous pouvons affirmer qu’ils furent, par comparaison, plutôt « modérés » pour l’ensemble du régiment.

Paul Henri Benoit profite de cette période pour suivre, du 1er au 8 mai 1917, les cours du fusil R.S.C. au dépôt divisionnaire de la 43e D.I..

Il bénéficie également de deux permissions. La première a lieu du 23 au 31 mai 1917, la seconde, du 31 août au 10 septembre 1917.

Le lieutenant Benoit retrouve le commandement de sa section au retour de sa permission. Il s’apprête à suivre, avec l’ensemble du régiment, un entraînement intensif, en vue d’une future attaque qui doit avoir lieu dans le secteur du fort de la Malmaison, à la fin du mois octobre 1917.

La 6e compagnie ne participe pas directement à cet engagement qui se déroule le 23 octobre. Le 2e bataillon du 149e R.I. fut choisi pour être « bataillon de réserve » durant la 1ère phase de l’attaque avant d’être nommé « bataillon de soutien » durant la 2e phase de l’opération.

Deux jours plus tard, le lieutenant Benoit est tué dans le secteur du bois Dherly, touché par plusieurs balles au thorax et à l’abdomen. Il soutenait une reconnaissance menée par le sous-lieutenant Huc.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Reconnaissances_du_25_octobre_1917

Comme la plupart des officiers tués dans ce secteur, le lieutenant Benoit est enterré dans le petit cimetière militaire de Condé-sur-Aisne, au côté du sous-lieutenant Huc, dans une sépulture qui porte le n° 309.

Le 9 novembre 1917, le sous-lieutenant Auguste Fourneret, officier d’état civil du régiment, enregistre la mort du lieutenant Benoit confirmée par les témoignages de l’adjudant-chef Maurice Pottier et du soldat Alfred Piteux. L’acte de décès officiel est envoyé à la mairie de Senlis le 17 juin 1920.

Le corps de cet officier est rendu à la famille dans les années 1920.

Paul Henri Benoit est un cas assez rare dans l’histoire des régiments : celui d’un simple conscrit devenu officier (devenir facilité, il est vrai, par son niveau scolaire), mais aussi, celui d’avoir passé l’intégralité de sa carrière, fut-elle brève, dans le même régiment.

Il a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre de la 43e D.I. n° 114 en date du 25 mars 1916 :

« Dans la nuit du 8 au 9 mars 1916, sous un tir de barrage des plus violents, tous les officiers de la compagnie ayant été blessés, en a pris le commandement, la reformée avec le plus grand calme et reconduite, sous la rafale, à son emplacement de soutien. Au front depuis le début, déjà blessé une fois, a toujours donné l’exemple du sang-froid dans les circonstances critiques. »

Citation à l’ordre de l’armée du 35e C.A. n° 11 en date du 23 septembre 1916 (J.O du 17 janvier 1918) :

« Jeune officier ayant fait preuve dans plusieurs circonstances critiques d’un allant et d’une énergie remarquables. Le 17 septembre 1916, commandant provisoirement sa compagnie, l’a entraînée brillamment à l’assaut de la tranchée ennemie qui lui était fixée comme objectif et qui a été enlevée. A fait des prisonniers, s’est appliqué aussitôt après à poursuivre l’organisation du terrain conquis sous le feu de riposte de l’ennemi »

Le lieutenant Benoit est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume le 18 octobre 1919 (J.O. du 26/12/1919).

« Officier de beaucoup d’entrain et de courage. S’est présenté volontairement pour effectuer, avec un groupe de grenadiers, le nettoyage d’une galerie occupée par 500 ennemis, a contribué dans une large part à leur capture. Désigné pour soutenir avec sa section, une reconnaissance envoyée en avant du terrain conquis. A été tué à la tête de sa section en accomplissant sa mission. A été cité. »

Le lieutenant Benoit ne s’est pas marié et n’a pas eu de descendance.

Le nom de cet homme est inscrit sur une des plaques commémoratives du Lycée Chaptal de Paris.

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Une grande partie des informations concernant la généalogie de cet officier a été trouvée sur le site « Généanet ».

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à la mairie de Creil.