25_octobre_1917

La journée du 24 octobre a été consacrée, pour les hommes du 31e B.C.P du 158e et du 149e R.I., à l’organisation du secteur et à la consolidation des positions nouvellement conquises.

Des reconnaissances sont prescrites dans la matinée du 25. Les unités qui sont désignées pour mener à bien ces opérations reçoivent l’ordre de progresser en territoire allemand, pour tenter de capturer les éléments laissés par l’ennemi. Elles doivent également ramener ou détruire le matériel trouvé sur place, tout en essayant d’établir une ligne de surveillance entre Bruyères, Moulin rouge et 4073.

La reconnaissance du 158e R.I. est composée d’une compagnie. Elle a la charge d’atteindre la petite commune de Bruyères. Ses soldats sont rapidement bloqués par des salves de mitrailleuses placées à la Planchette et au Moulin Rouge. Tentant de reprendre la progression, la compagnie cherche à longer la lisière du bois Dherly. Celle-ci subit de nouveaux tirs de mitrailleuses qui la stoppent net dans son mouvement.

Une section de la 6e compagnie du 149e R.I. se lance à l’intérieur du bois Dherly. Les hommes du sous-lieutenant Huc tombent aussitôt dans une embuscade qui anéantit presque intégralement son groupe. Les survivants sont faits prisonniers. Un groupe de soldats du régiment commandé par le lieutenant Maginot est rapidement dépêché sur les lieux, en renfort. Il espère dégager la section Huc mais cette tentative d’extraction arrive trop tard.

Ces reconnaissances menées par les 158e et 149e R.I. sont un échec total.

Reconnaissances_du_25_octobre_1917

Legende_carte_reconnaissances_journee_du_25_octobre_1917

Le lieutenant Paul Henri Benoit de la 6e compagnie a également été tué dans la matinée.

Vers midi, la 43e D.I. est avisée du succès des corps voisins. Elle reçoit à nouveau l’ordre de s’emparer de Bruyères.

À sa gauche, la 13e D.I. doit traverser le bois Dherly avant d’envoyer une avant-garde en direction de Lizy.

Cette fois-ci, c’est un groupement de 3 compagnies soutenues par une compagnie de mitrailleuses du 31e B.C.P. qui est chargé de l’opération. Les chasseurs sont couverts à leur gauche par une flanc-garde constituée d’une compagnie du 158e R.I. qui doit pousser sur Moulin Rouge.

L’attaque débute à 16 h 00.

À la suite d’un combat assez vif, le village de Bruyères est enlevé vers 19 h 00. Le 31e B.C.P,qui s’empare de 4 canons, fait 150 prisonniers.

La compagnie du 158e R.I. prend Moulin Rouge en capturant 77 Allemands. Elle envoie ensuite des patrouilles sur le canal de l’Aillette.

À sa gauche, le 149e R.I. dépêche un poste d’une section à l’intérieur du bois Dherly.

La nuit du 25 au 26 est relativement calme.

Le capitaine Foucher qui commande le 3e bataillon du 149e R.I. rédige un compte rendu. Cet écrit est adressé au commandant Schalck, responsable du 2e bataillon du régiment. Celui-ci le reçoit le billet à 1 h 10.

« Le sergent Fayolle et les deux hommes qui l’accompagnent rentrent à l’instant. Ils m’apportent les renseignements suivants : « La ferme Rosay est occupée par un bataillon du 21e R.I. qui est, en liaison, à sa gauche, avec une compagnie de chasseurs. Une reconnaissance a été faite le soir par l’adjudant du 11e génie. La Rive-Nord du canal est occupée par les Allemands. La Rive-Sud est un marécage impraticable. La liaison du 21e R.I. avec le 109e R.I. est impossible à réaliser en raison de ce marécage. Une section du 109e R.I. se trouvant à 3987 a prétendu avoir 3 compagnies dans la partie du bois Dherly, à l’est de la ferme Rosay. Le sergent Fayolle et les deux hommes sont allés jusqu’à 3274. Ils n’ont rien trouvé. Cette section du 109e R.I. n’était d’ailleurs pas en liaison avec ces 3 compagnies dont elle n’a aucune nouvelle.

Je vous serai reconnaissant de bien vouloir me donner des instructions sur ce que je dois faire. Je crois qu’il serait peut-être bon d’envoyer une nouvelle patrouille avec un effectif plus fort pour chercher la liaison au nord de 3274. »

Le billet est ensuite envoyé au colonel Boigues qui le dépêche aussitôt à son supérieur hiérarchique, le colonel Guy, chef de l’I.D. 43 avec l’ajout suivant :

« Ci-joint un compte rendu du commandant Schalck qui vous est destiné. Je ne sais rien de neuf sur mon front où l’occupation semble se poursuivre normalement et d’une manière satisfaisante, avec une liaison étroite avec les éléments voisins.

Quelques officiers ont été blessés : le commandant Putz, le capitaine Houel, le sous-lieutenant Gauthey du 3e bataillon et le lieutenant Malaizé du 1er bataillon.

En résumé, tout me paraît avoir marché aussi bien que possible.

Nos prisonniers allemands appartiennent aux 15e, 201e et 209e I.R. et au 2e de la Garde, ce qui note un désarroi dans leurs unités. Le capitaine Foucher commande le 3e bataillon. »

La bataille de la Malmaison touche à sa fin. Les unités de la 43e D.I. sont maintenant en attente de nouveaux ordres. Elles ne savent pas encore ce qui va leur advenir dans les jours suivants. Vont-elles reprendre le combat ? Vont-elles rester sur place ? Vont-elles quitter le secteur ? Tout est encore incertain.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Le morceau de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly est daté du 26 août 1917. Ce morceau de carte localise le bois Dherly, zone d’intervention des éléments de la 6e compagnie du 149e R.I. durant la journée du 25 octobre 1917.

La photographie qui se trouve sur le montage est extraite de l’historique du 149e R.I. dite « version luxe » éditée en 1919 par les imprimeries Klein. Celle-ci est légendée « Attaque de la Malmaison, le 23 octobre 1917, canon de 77 pris par le 149e R.I. au bois des Hoinets. »

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.