26_octobre_1917

Le 149e R.I. poursuit le renforcement de ses positions. Tous les éléments de la 43e D.I. se tiennent maintenant prêts à franchir l’Ailette. L’artillerie et l'aviation ennemies reprennent petit à petit leurs activités. Il faut rester vigilant.

Le colonel Boigues envoie une nouvelle reconnaissance dans le bois Dherly. Une section de la 10e compagnie assure la liaison entre le 109e R.I. et le 158e R.I.. Son chef de section, le sous-lieutenant Pourchet se trouve à 4179.

Un petit poste de surveillance, qui a son point d’attache près de plusieurs wagons abandonnés par l’ennemi, se place vers le croisement du grand layon nord-nord-est, coupant le méridien 194 et la voie de Decauville. Les hommes peuvent ainsi surveiller la passerelle 4285 tenue par le 158e R.I..

Les sentinelles se déplacent sur le grand layon, en avant de la voie, à l’est et à l’ouest de celle-ci.

À droite, un caporal et un soldat sont détachés à la 9e compagnie du 158e R.I.. Le poste de commandement est à 4476, au sud-sud-ouest du Moulin Rouge.

À gauche, un caporal et un homme sont détachés à la 1ère compagnie du 109e R.I., sur le grand layon coupant le méridien pointillé 1935, vers le croisement 3581. La liaison avec l’arrière est assurée par des coureurs.

Carte_journee_du_26_octobre_1917

Legende_carte_journee_du_26_octobre_1917

Cette reconnaissance fait 15 prisonniers. Les hommes capturés sont tous blessés. Les hommes du sous-lieutenant Pourchet s’emparent également de deux canons et d’une auto-canon. S’agit-il de soldats et de matériels intransportables laissés par les Allemands, lors de l’abandon de la rive sud du canal ?

L’ennemi occupe maintenant les crêtes nord du canal. Aucun renseignement précis ne peut encore être donné sur la valeur de son organisation défensive. En effet, les mitrailleuses allemandes se mettent aussitôt en action dès que les hommes approchent les passerelles.

Ces passerelles, assez nombreuses dans le secteur, avaient été mises en place par les Allemands. Elles servaient à ravitailler le secteur au sud du canal quand il était entre leurs mains. Maintenant que l’ennemi est au nord, elles pourraient servir de point de passage aux Français pour une attaque.

Les canons français ont une activité très faible sur la partie de front occupée par les Allemands, en face du 149e R.I.. L’artillerie allemande est un peu plus vivace. Vers 13 h 00, plusieurs obus de 150 tombent sur la lisière sud du bois Plantu. Dans la soirée et dans la nuit, de nombreux obus sont envoyés sur le bois Dherly. Les artilleurs allemands effectuent des tirs sur la lisière sud-est du bois des Hoinets et de la partie nord du bois pointé. Dans l’après-midi, des obus de 150 s'abattent sur la corne sud-ouest et sur le plateau est du bois de la Belle-Croix.

Les_bois_du_secteur

Dans la matinée, de nombreux avions français survolent le secteur ; certains effectuent des vols à basse altitude. Cinq avions ennemis sont aperçus au-dessus des Vallons et du plateau de la Belle-Croix à 8 h 15, idem vers 9 h 07. Cette fois-ci, ils longent les lignes. À 16 h 30, ce sont 12 avions qui passe au-dessus du plateau de la Belle Croix.

Les hommes ravitaillés par les cuisines roulantes reçoivent des repas réchauffés.

Les terrassiers continuent le creusement du boyau de communication qui longera la lisière est de la Belle Croix, entre les points 3653 et 3450. Ils réalisent également une piste partant de 3653 pour rejoindre la lisière est du bois Pointu. L’aménagement de la tranchée de 1ère ligne se poursuit.

Ce jour-là, Albert Marquand écrit à ses parents. Voici un extrait de sa lettre :

« Vous avez dû voir dans les journaux les magnifiques résultats de notre offensive. On ne s’attendait guère à tant de butin et de prisonniers…

… Je vous écris, appuyé sur mon genou, près des Allemands qui se tiennent bien tranquilles. Il pleut. Aussi, nous avons tous de la boue au-dessus de la ceinture. Ce n’est plus le costume « horizon », c’est le « terreux ». Mais tout cela n’est rien et on oublie rapidement nos petites souffrances en pensant au grand et magnifique succès que nous venons de remporter… »

L’opération offensive, dite bataille de la Malmaison, commencée le 23 octobre, peut être considérée comme terminée dans la soirée du 26 octobre.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps, à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Les morceaux de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly sont datés du 26 août 1917. Ils localisent le bois Dherly, zone d’intervention des éléments de la 10e compagnie du 149e R.I. durant la journée du 26 octobre 1917. Les points indiqués dans le texte ne figurent pas sur cette carte.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.