Armand_Andr_

Armand André voit le jour le 29 avril 1893 dans la petite commune vosgienne de Portieux. Les parents, tous deux originaires de Damas-aux-bois, sont venus s’installer dans cette agglomération quelque temps après leur mariage. Le père, Léon Émile, est employé à la verrerie pexéenne, une entreprise locale qui emploie une bonne partie des villageois. Émile a 28 ans lorsque la sage-femme lui présente son aîné. La mère, Marie Sidonie Dubas, est âgée de 21 ans. Elle n’exerce pas de profession.

Marie Sidonie décède quelques semaines après avoir donné naissance à une petite fille qui a été prénommée Germaine Aimée Constance en 1896.

Le père ne semble pas s’être remarié. A-t-il élevé seul ses enfants en bas âge ? Les a-t-il confiés à la famille ? A-t-il été aidé par des proches ? L’histoire ne nous renseigne pas sur ce qui est advenu à la famille André après ce drame familial.

La fiche signalétique et des services d’Armand nous fait savoir qu’il possède un degré d’instruction de niveau 3. L’instituteur républicain de Pouxeux lui a donc fait intégrer les rudiments de la lecture, du calcul et de l’écriture. Armand travaille comme employé de commerce après avoir quitté l’école communale.

Comme pour la presque totalité des registres matricules du bureau de recrutement d’Épinal, la fiche d’Armand André ne nous renseigne que sur son état civil, sur son signalement et sur la décision prise à son égard par le conseil de révision. Aucune autre information ne filtre sur ce document.

Malgré ces blancs, nous pouvons aisément confirmer que ce jeune homme blond aux yeux gris bleu est allé signer un engagement volontaire avec l’armée. Il y a même de fortes chances pour qu’il ait effectué ses mois sous l’uniforme, au sein du 149e R.I.. En effet, ce jeune conscrit de la classe 1913 sert comme sergent dans une des compagnies de cette unité lorsque le conflit contre l’Allemagne débute en août 1914. Seul un engagement volontaire peut lui avoir permis d’accéder à ce grade. Il a pu s’engager dès l’âge de 18 ans, c’est-à-dire en 1911. Contrairement à sa classe, il aurait alors eu plusieurs années de service actif, un temps cohérent avec son grade. Sa classe, celle de 1913, n’étant appelée qu’en novembre 1913, il n’aurait pu devenir sous-officier au cours des quelques mois qui séparent le début de l’instruction et la mobilisation d’août 1914.

Lorsque le régiment quitte Épinal pour se rendre à la frontière, Armand André fait partie des effectifs de la 9e compagnie du 149e R.I. qui est sous les ordres du capitaine Souchard.

Le baptême du feu du 149e R.I. a lieu le 9 août 1914. La compagnie du sergent André ne participe pas à ce combat. Celle-ci est positionnée au sud-est du col de Sainte-Marie, avec la quasi-totalité des éléments du bataillon Didierjean. Elle a pour mission de surveiller la route qui mène à Sainte-Marie-aux-Mines. Sa compagnie reste donc assez éloignée de la zone du premier engagement du régiment, protégée par les arbres du bois du Breuil.

Les sections du capitaine Souchard subissent l’épreuve de leur première attaque le 21 août 1914, au nord d’Abreschviller.

Le nom du sergent André est inscrit dans la liste des blessés du J.M.O. du régiment pour cette date. Dans l’obligation de retraiter rapidement, le régiment est amené à laisser sur place un bon nombre de ses hommes touchés par les balles ennemies. Plusieurs décèderont faute de soins rapides. Armand André fait partie du nombre.

Pour en savoir plus sur ce qui s’est passé durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Carte_3_journee_du_21_aout_1914

N’ayant pas de nouvelles sur ce qui est réellement arrivé à son fils, Émile fait une demande auprès du Comité International de la Croix Rouge pour tenter d’en savoir un peu plus sur les circonstances de sa disparition. Les nouvelles reçues ne sont pas bonnes.

Fiche_croix_rouge__Armand_Andre

Il y a de fortes chances pour que le sergent André repose actuellement dans l’ossuaire n°1 de la nécropole nationale de « la Valette » à Abreschviller.

Un second prénom qui accompagne le nom de famille André inscrit sur la plaque du monument, ainsi que l’absence de numéro du régiment peuvent laisser un léger doute, mais les probabilités sont suffisamment importantes pour penser que ce soit bien lui.

Ossuaire_Abreschvillers

Le sergent André a été décoré de la Médaille militaire à titre posthume (journal officiel du 19 décembre 1919).

« Très bon sous-officier, brave et énergique ; a toujours fait preuve d’ardeur et de sang-froid. Tombé mortellement frappé, le 21 août 1914, à Abreschviller »

Cette décoration lui donne également droit à la croix de guerre avec étoile de bronze.

Dans les années 20, sa sœur fait éditer un mémento avec les portraits de son père et de son frère.

Memento_famille_Andre

Pour en savoir plus sur ce type de document, il suffit de cliquer sur l’image suivante.

Site_Arnaud_Carobbi

Le 15 septembre 1920, le tribunal civil de première instance de Mirecourt officialise le décès d’Armand André à la date du 21 août 1914.

Le nom de cet homme est inscrit sur les monuments aux morts de la commune de Portieux et de la verrerie, ainsi que sur une des deux plaques commémoratives fixées sur un des murs de l’église de Saint-Laurent.

Armand André ne s’est pas marié et n’a pas eu de descendance.

Sources :

Fiche individuelle consultée sur le site « mémoire des hommes ».

L’acte de naissance et la fiche matricule du sergent Armand André ont été consultés sur le site des archives départementales des Vosges.

Une copie de son acte de décès m’a été envoyée par la mairie Portieux.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carrobi, à L. Rico, aux archives départementales des Vosges et la mairie de la commune de Portieux.