Paul_Vincent_Constantin_Douchez

Originaire de Paris, Paul Vincent Constantin Douchez naît le 10 mars 1879 dans le 4e arrondissement de la capitale. À sa naissance, son père, qui gagne sa vie comme garçon de café, est âgé de 32 ans. Sa mère, Élise Émilienne Collart, a 24 ans et exerce le métier de couturière.

Le chef de famille décède le 13 avril 1896 à Kensington dans le comté de Londres. Paul a 17 ans. L’histoire ne dit pas si les Douchez étaient tous installés en Angleterre à ce moment-là.

La fiche signalétique et des services de Paul Vincent Constantin Douchez mentionne un degré d’instruction de niveau 3. Ses connaissances scolaires lui permettent une bonne aptitude au calcul, à la lecture et l’écriture.

Jeune homme recensé de la classe 1899, il est ajourné l’année de ses 21 ans. En 1901, il en est de même. Paul doit se présenter une troisième fois devant le conseil de révision qui le classe, service auxiliaire en 1902.

Il passe dans la réserve de l’armée active le 1er novembre 1903, probablement sans avoir été incorporé. Cette décision ne lui convient pas. Paul Douchez fait donc appel, car il souhaite être reconnu apte au service armé. Sa requête est entendue en 1903.

Paul Vincent Constantin, qui occupe maintenant un poste de comptable, épouse Marie Anna Lambrecq le 25 mai 1907 à Lille. il a élu domicile dans cette ville en 1896, l’année du décès de son père.

Deux enfants vont naître de cette union, mais le couple ne s’entend pas et finit par se séparer. Le divorce est prononcé le 23 juillet 1910.

Paul Douchez ne va pas rester célibataire très longtemps. Le 6 février 1911, un second mariage le conduit à la mairie de Lille pour épouser Jeanne Julie Joséphine Corbaux, une rentière originaire de Senclin. Son frère Émile est son premier témoin.

Le 1er octobre 1913, il doit rejoindre les effectifs de l’armée territoriale. Paul a fêté ses 34 ans au mois de mars. Il a obligation de se présenter devant la commission de réforme. Celle-ci lui donne un avis favorable. Son nom est enregistré sur la liste des  effectifs du 5e R.I.T. de Lille.

Le 1er août 1914, Paul Douchez est appelé à l’activité par décret de mobilisation générale, comme des centaines de milliers d’hommes qui sont dans l’obligation de rejoindre leurs dépôts d’affectation. Deux jours plus tard, il est à la caserne Levis, pour y être habillé et équipé militairement.

Affecté à une compagnie de mitrailleuses, il fait partie des éléments du 5e R.I.T. qui sont envoyés dans la région de Calais.

Le soldat Douchez évolue assez rapidement dans l’échelle des grades de sous-officier. Nommé caporal le 9 mars 1915, promu sergent le 9 octobre, il devient, à partir de cette promotion, sous-officier, chef de peloton, une fonction qu’il occupe jusqu’au 25 novembre ; puis il devient sergent-major à compter du 10 janvier 1916.

Son ancien métier de comptable lui est sans doute fort utile pour tenir les registres de sa compagnie.

À cette période de la guerre, son régiment est positionné en Belgique du côté de Nieuport. Le sergent-major Douchez participe à la bataille des Dunes du 23 au 25 janvier 1916.

Trois mois plus tard, le 5e R.I.T. est envoyé dans le secteur de Verdun du côté de Fleury-devant-Douaumont. Le 1er mai 1916, Paul Vincent Constantin Douchez fait partie des effectifs de la 1ère compagnie de mitrailleuses qui se trouve sous l’autorité du capitaine Darras.

Le 27 mai 1917, le sergent-major Douchez est cité à l’ordre du régiment. Il apprend la nouvelle au moment où sa compagnie, qui a été mise à la disposition du génie, cantonne à Verdun-Aviation.

Le 10 juin, il est promu au grade supérieur. Trois jours plus tard, L’adjudant Douchez est blessé au genou gauche. La gravité de cette lésion n’est pas connue. Les informations figurant dans les différents documents consultés ne permettent pas de savoir si cette blessure a nécessité une longue évacuation vers l’arrière ou non.

Après son passage à Verdun, le 5e R.I.T. est envoyé en Haute-Alsace.

L’adjudant Douchez est volontaire pour être affecté dans l’armée active comme officier. Il doit pour cela suivre les cours des élèves officiers qui vont être donnés au centre d’instruction de la VIIe armée de Remiremont à partir du 15 octobre.

La photographie suivante a été réalisée au cours de ces courtes études.

Stage_eleves_officiers_Paul_Douchez

À la fin de la formation, il ne reste plus que 72 candidats sur 108. Paul Vincent Constantin termine 10e. Il est noté de la manière suivante par le personnel encadrant : «  Belle attitude, bon moral, bonne instruction de mitrailleur, apte à faire un bon officier d’active. »

 De retour dans son régiment le 28 décembre 1916, il retrouve sa compagnie à Largitzen. Le chef de peloton Douchez reste encore un mois dans cette unité.

Nommé sous-lieutenant à titre temporaire le 29 janvier 1917, ce changement de grade le rattache aussitôt à un régiment d’active. Il doit se rendre à Friesen pour se présenter devant le lieutenant-colonel Pineau, responsable du 149e R.I.. Ce régiment cantonne à moins de 5 km à vol d’oiseau du 5e R.I.T..

Le 8 février 1917, Paul Vincent Constantin Douchez est nommé à la tête d’une section de la 2e compagnie. Cette affectation est de courte durée. Quelques jours plus tard, il quitte la 2e pour la 9e,  placée sous les ordres du lieutenant Paul Claudin.  

Son régiment se retrouve ensuite dans le département de l’Aisne. Il participe à la fixation des positions d’arrêt qui ont stoppé la progression allemande du côté de Jouy et de la ferme le Toty.

Ferme_le_Toty_juillet_1917

Durant les mois suivants, il exerce, tour à tour, les fonctions de chef de section, d’officier F.M. du 3e bataillon et d’officier pour les gaz du 3e bataillon.

Fin septembre 1917 le 149e R.I. poursuit un entraînement intensif en vue de participer à la future bataille de la Malmaison. Les exercices, étalés sur plusieurs semaines, sont exigeants.

Après plusieurs changements de dates, en raison des très mauvaises conditions météorologiques, l’attaque de la Malmaison est déclenchée le 23 octobre 1917.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Carte_2_journee_du_23_octobre_1917__2e_objectif_

Le sous-lieutenant Douchez est grièvement blessé au cours de la deuxième phase de cette opération.

En plus d’une intoxication aux gaz, l’homme est touché par plusieurs éclats de grenades aux membres inférieurs. Une balle s’est également figée dans sa jambe droite.

Un long calvaire dans les hôpitaux va commencer…

Le 24 octobre, le sous-lieutenant Douchez est évacué à l’ambulance 221. Deux mois plus tard, il entre à l’hôpital de Le Mans. Le 3 février 1918, le blessé est envoyé à Paris pour être soigné au Val de Grâce. Le 1er avril, Paul Vincent Constantin Douchez peut enfin partir en convalescence à Beauvais. Mais il n’en a pas pour autant fini avec les prises en charge médicales. Le 1er juin 1918, il est traité pour une pathologie cardiaque, à Labouheyre dans les Landes. Ses blessures, vieilles de quelque mois, sont toujours surveillées de près.

De retour au dépôt du 149e R.I. le 26 juin 1918, il y fait un bref passage. Insuffisamment remis sur pied, cette reprise de service l’oblige à subir une 4e intervention chirurgicale. Cet officier est envoyé à l’hôpital militaire de Golbey dès le 2 juillet.  Après un séjour d’un mois, il part de nouveau en convalescence le 1er août 1918. Il retourne au dépôt le 6 octobre 1918.

Dirigé sur le C.R. de la Fontaine-du-Berger, il entre à l’hôpital auxiliaire n°2  de Chamalières, près de Clermont-Ferrand, pour une période allant du 21 novembre 1918 au 26 janvier 1919.

Il est autorisé à quitter l’Auvergne pour partir au repos chez lui pendant deux mois, au 42 rue du Chafour, à la Madeleine, une commune limitrophe de la préfecture du Nord.

Le sous-lieutenant Douchez est promu lieutenant de manière temporaire. Cette promotion prend effet à partir du 29 janvier 1919 suite à une publication dans le J.O. du 10 mars 1919.

Paul Douchez bénéficie d’un mois de repos supplémentaire. De retour à l’hôpital du 24 au 27 mai 1919, au C.S.R. de Lille, son état général est considéré comme mauvais. Il est, une fois de plus, prolongé d’un mois, ce qui lui permet de poursuivre sa convalescence.

Suite à cette immobilité imposée par les médecins militaires, il est envoyé en congé illimité de démobilisation.

Le lieutenant Douchez est proposé pour une pension d’invalidité de 30 % par la commission de réforme du 19 janvier 1919.

Début 1920, il fait une demande écrite au général commandant la subdivision de Lille pour être reconnu comme sous-lieutenant à titre définitif. Pour motiver cette requête, le colonel Lecoanet qui commande le 149e R.I. rédige la note suivante :

« Chevalier de la Légion d’honneur avec une belle citation. Malheureusement, depuis 1917, il n’a pas quitté les hôpitaux. Pourra faire un excellent officier de complément s’il se remet bien de sa blessure. Épinal, le 3 mars 1920 »

Le titre définitif lui est accordé à partir du 5 janvier 1918, à la suite d’une décision validée dans le J.O. du 20 juillet 1920. Le 13 mars 1921, il est nommé lieutenant de réserve à titre définitif.

Paul Vincent Constantin Douchez travaille ensuite comme chef de la comptabilité générale à la reconstitution des régions libérées du département du nord.

En octobre 1922, cet officier de réserve, qui demeure maintenant à Lille, atteint l’âge de son passage légal dans l’armée territoriale. Il fait une demande écrite pour y être versé.

Le 20 novembre 1922, il est affecté au 43e R.I.. Trois jours plus tard, il obtient la médaille interalliée 1914-1918.

Le 6 janvier 1923, le lieutenant de réserve Douchez passe officiellement dans l’armée territoriale.

En juillet 1923, ses anciennes blessures lui permettent d’obtenir une pension d’invalidité qui a été estimée à 40 %.

Le lieutenant Douchez est rayé des cadres de l’armée en 1925.

Paul Vincent Constantin Douchez décède le 28 avril 1959 à Senclin à l’âge de 80 ans.

Cet officier a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre du régiment n° 36 en date du 27 mars 1916 :

« Sergent-major de la 1ère C.M., sous-officier ayant toujours fait preuve d’un mépris absolu du danger, chargé d’établir une section de mitrailleuses dans un secteur non reconnu et sous un bombardement extrêmement violent, n’a pas hésité à conduire ses hommes, un par un, sur un terrain découvert, sans souci des obus. C’était déjà signalé dans le secteur de Nieuport, où étant, par son grade, dispensé du service de tranchées, avait volontairement et régulièrement assuré ce service avec les autres gradés de son unité. »

Citation à l’ordre de l’armée n° 5912 D en date du 26 octobre 1918.

« Excellent officier d’un dévouement absolu et ayant un haut sentiment du devoir. A été très grièvement blessé le 23 octobre 1917 en entraînant sa section à l’assaut. Déjà cité »

La Légion d’honneur lui est attribuée par ordre n° 5912 « D » le 26 octobre 1917.

« Excellent officier, d’un dévouement absolu et ayant un haut sentiment du devoir. A été très grièvement blessé le 23 octobre 1917, en entraînant sa section à l’attaque.  Déjà cité à l’ordre. »

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Fond Douchez composé de 3 volumes. Déposé au S.H.D. de Vincennes en 1983. Réf : 1 K 338.

La photographie de groupe et le portrait de cet officier provient du fond Douchez déposé au S.H.D..

J.M.O. du 5e R.I.T.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 773/1

La fiche signalétique et des services du lieutenant Douchez a été lue sur le site des archives départementales du Nord.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher  et au Service Historique de la Défense de Vincennes.