Auguste_Colliex

Auguste Eugène Colliex voit le jour le 4 juillet 1891 dans la maison familiale de sa grand-mère maternelle. Né de père inconnu, c’est la sage-femme, Esther Anselmos, qui se rend à la mairie de Collonges pour venir y déclarer la naissance de l’enfant. La mère, Louise Courtot, alors âgée de 25 ans, travaille comme blanchisseuse.

Auguste Eugène  va porter le nom de famille maternel jusqu’à la date de mariage de Louise. Le 25 avril 1893, elle épouse Eugène Antoine Joseph Colliex, un  veuf qui exerce le métier de  journalier et qui a 35 ans. Le couple reconnaît et légitime Auguste Eugène sur l’acte de mariage.

La jeunesse d’Auguste Eugène Colliex est sans doute tumultueuse. Sa fiche signalétique et des services nous apprend qu’il a eu quelques démêlés avec la justice. Le 25 mars 1908, un premier passage devant le tribunal de Gex le condamne à un mois de prison avec sursis pour vol. Il n’a pas encore 17 ans. Cette sanction, qui lui donne un premier avertissement, ne semble pas avoir été  bien comprise ! Quelques mois plus tard, il récidive. Cette fois-ci, la peine infligée va être plus lourde. Le 6 janvier 1909, il est condamné par défaut à 3 mois et un jour d’emprisonnement, toujours pour le même motif.

Classé dans la 1ère partie de la liste en 1912, Auguste Eugène Colliex est déclaré « appelé bon absent service armé ». Incorporé à compter du 1er octobre 1912, il arrive au 149e R.I. le lendemain.

Le 3 juillet 1913, le soldat Colliex manque à l’appel. Six jours plus tard, le jeune homme est déclaré déserteur. Cette situation va durer plus d’un an. Ce n’est que le 10 août 1914 qu’il est rayé des contrôles de la désertion après s’être rendu volontairement au corps. Dans quelles circonstances est-il revenu ? Qu'est-ce qui lui a fait faire changer d’avis ? Les réponses à ces questions restent pour l’instant inconnues ! De retour au 149e R.I., il intègre la 5e compagnie qui se trouve sous l’autorité du capitaine Micard.

Malheureusement pour lui, il n’aura pas vraiment le temps de s’habituer à cette nouvelle vie. Celle-ci va être de très courte durée. Onze jours plus tard, nous pouvons lire le nom de ce soldat dans la liste des pertes qui se trouve dans le J.M.O. du régiment. Dans un premier temps, son patronyme est inscrit dans une des colonnes consacrées aux hommes blessés durant les combats qui se sont déroulés au nord d’Abreschviller. Par la suite, il est considéré comme disparu.

Suite à un jugement rendu par le tribunal de Gex le 17 novembre 1920, le décès de cet homme est fixé au 21 août 1914.

Bénéficiant d’une loi d’amnistie mise en application en octobre 1919, il « voit » ses deux condamnations annulées. Celles-ci sont automatiquement rayées sur sa fiche signalétique et des services.

Auguste Eugène Colliex est inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire à titre posthume, tableau qui est publié dans le J.O. du 16 mai 1922.

« Soldat dévoué et courageux. Tombé aux champs d’honneur, le 21 août 1914, à Abreschviller. Croix de guerre avec étoile de bronze. »

Il n’y a pas de sépulture connue pour ce soldat qui est resté célibataire.

Sources :

La citation à titre posthume du soldat Colliex a été trouvée sur le site Gallica.

L’acte de naissance, la fiche signalétique et des services d’Auguste Eugène Colliex et l’acte de mariage de sa mère ont été consultés sur le site des archives départementales de l’Ain.

Le portrait d’Auguste Eugène Colliex est extrait du livre d’or de Gex qui peut se voir en cliquant une fois sur l’image suivante :

Memoire_gessienne

Un grand merci à M. Bordes, à P. Baude, à A. Carobbi, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales de Bourg-en-Bresse.