Robert_Petermann

Robert Georges Pierre Petermann est un Monbéliardais qui est né le 24 juillet 1893, au domicile de ses parents, rue de l’Hôtel de Ville. Son père, Charles Adolphe dirige à cette époque « le Quatorze Juillet », un journal local qui est publié deux fois par semaine. Sa mère, Blanche Rosalie Robert-Tissot, est une femme âgée de 28 ans qui n’exerce pas de profession. Un peu moins d’un an plus tard, elle donne naissance au frère cadet de Robert, celui-ci est prénommé Pierre.

Une fois ses études supérieures terminées, le jeune Robert décide de se lancer dans une carrière d’officier. Il vient d’être admis à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr par décision ministérielle du 23 septembre 1913.

Le 7 novembre 1913, Robert Petermann se rend à la mairie de Lons-le-Saulnier pour venir y signer un engagement volontaire d’une durée de 8 ans.

Au cours de cette période, ses parents demeurent à Belfort. Plus tard, ils franchiront la Méditerranée pour venir s’installer à Casablanca.

Robert Petermann intègre la promotion saint-cyrienne dite « la Croix du Drapeau ». Il est loin de s’imaginer que ses études vont devoir s’arrêter bien avant la fin de sa formation ! En effet, neuf mois plus tard, les élèves de cette promotion s’apprêtent à quitter Saint-Cyr pour cause de guerre. À la fin du mois de juillet 1914, les tensions internationales sont à leur maximum, le commandement de l’école vient de recevoir l’ordre de suspendre les cours. Les élèves des promotions Montmirail et de la Croix du drapeau doivent rejoindre leurs nouvelles affectations au plus vite.

Robert Petermann qui est muté au 149e R.I., arrive au corps le 3 août 1914. Celui-ci est nommé sous-lieutenant trois jours plus tard. Le jeune saint-cyrien fraîchement promu arrive sur le front le 16 août pour être affecté à la 5e compagnie. Il doit aussitôt se mettre sous les ordres du capitaine Micard. Robert Petermann a à peine le temps de faire connaissance avec les sous-officiers qui se retrouvent sous son commandement. Le 21 août 1914, celui-ci est tué d’une balle reçue dans la tête, au tout début des combats qui se sont déroulés près de la Valette, un petit hameau situé au nord d’Abreschviller. Il a à peine 21 ans.

Le sous-lieutenant Petermann est inhumé avec plusieurs hommes de son régiment et quelques soldats allemands, dans une tombe commune à l’ombre des arbres de la forêt de Voyer. Tous ces hommes n’ont pu être mis en terre, que le 24 août, par la population civile des environs.

Peu avant le deuxième anniversaire de l’armistice une commission d’exhumation fait rassembler les corps des Français qui ont été enterrés dans le secteur d’Abreschviller. Le 15 septembre 1920, la tombe commune dans laquelle repose le sous-lieutenant Petermann est ouverte par les fossoyeurs sous le regard attentif du sergent Arcabusquey et du secrétaire Manière. Une lettre est trouvée dans l’une des poches de la vareuse de l’officier. L’écriture est encore bien visible sur le papier malgré les six années passées sous terre. Robert Petermann demande à reposer à l’endroit exact où il aura trouvé la mort. Ses dernières volontés vont être respectées. Sa mère, qui est devenue veuve en 1915, vit toujours au Maroc, elle est informée de la situation.

Sepulture Robert Petermann

Il y a de fortes probabilités pour que cet officier ait honoré le serment prononcé le soir du 30 juillet 1914 par tous les camarades saint-cyriens des promotions Montmirail et la Croix du Drapeau. Ce serment engageait chacun d’entre eux à aller au feu, la première fois, en « casoars et gants blancs ». Sur son compte-rendu d’exhumation, il est stipulé que des « boutons de Saint-Cyr » ont été retrouvés sur lui.

Actuellement, Robert Petermann repose toujours sur le même lieu.

Citation à l’ordre n° 44 de la Xe  l’armée en date du 11 janvier 1915 :

« Saint-Cyrien nouvellement promu, a été tué le 21 août à la tête de sa section qu’il entraînait au-devant d’une attaque ennemie débouchant à très courte distance »

Chevalier de la Légion d’honneur (J.O. du 25 janvier 1920).

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

« Commémoration à la tombe du sous-lieutenant Petermann, le 24 août 2008 à Voyer ». Fascicule réalisé par la mairie de Voyer.

La photographie de la sépulture du sous-lieutenant Petermann à été réalisée par Y. Willaume.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à Éric Mansuy, à M. Porcher, à Y. Willaume et au Service Historique de la Défense de Vincennes et à la mairie de Voyer.