29 mars 2011

La musique.

                   La_musique_du_149e_R         

Chaque régiment possède en plus de sa « clique » avec clairons et tambours, une musique essentiellement composée de cuivres. La musique se trouve sous l’autorité du chef de la musique. Sa fonction lui donne un rôle un peu atypique dans le régiment. Mais au fait, que s’y passe-t-il ?

 

Le chef de musique a la direction de la musique, du personnel et du matériel. Il est responsable de la discipline, de l’éducation militaire, de la tenue et de l’instruction technique des musiciens et du tambour-major. Il a tous les droits d’un commandant de compagnie. Il relève du colonel, de l’un des lieutenants-colonels et des chefs des détachements dont il fait partie. Il soumet au colonel, par l’intermédiaire du lieutenant-colonel, les consignes relatives au  service et à l’instruction de la musique.

Il a la direction technique de l’instruction des tambours et des clairons. Il doit son concours au médecin du corps chargé de donner aux musiciens, l’instruction des brancardiers. Il est placé, pour l’administration, sous les ordres du capitaine commandant la compagnie hors rang.

 

                   Tambours_et_clairons_ann_e_1908

    

  

La musique est rattachée à la compagnie hors rang, mais pour l’administration seulement. Le personnel de la musique comprend des élèves musiciens et des musiciens titulaires dont le nombre est fixé par les instructions ministérielles. Les uns et les autres peuvent être nommés à la 1ère classe dans les conditions fixées à l’article 135.

 

Article 135 : L’admission des soldats à la 1ère classe est prononcée par le colonel sur la proposition du capitaine et l’avis du chef de bataillon. Leur nombre ne peut dépasser deux par escouade. Les soldats de 1ère classe sont choisis parmi les soldats de 2e classe ayant au moins quatre mois de service et qui méritent cette distinction par leur vigueur, leur conduite et leur instruction militaire. Des nominations peuvent être faites, à titre exceptionnel, avant quatre mois de service, pour récompenser un acte de courage et de dévouement. Les soldats de 1ère classe non punis sont exempts, sauf nécessité, des corvées intérieures de la compagnie.

 

 Le nombre des nominations ainsi faites ne devra pas dépasser huit pour l’ensemble de la musique.

Les élèves musiciens sont désignés par le colonel sur la proposition du chef de musique transmise avec avis de leurs chefs hiérarchiques. Ils sont choisis parmi les soldats possédant l’aptitude voulue, qui ont au moins quatre mois de service et ne sont pas élèves caporaux.

Les élèves musiciens ne peuvent être nommés titulaires que lorsqu’ils ont dix mois de services. Toutefois, des nominations avant ce délai peuvent être autorisées, à titre exceptionnel, par le général de brigade.

 

La musique forme quatre escouades, commandées chacune par le plus ancien musicien de 1ère classe de l’escouade. Chaque chef d’escouade assure, à tour de rôle, l’exécution du service de semaine, y compris les appels. La surveillance de l’ensemble du service intérieur est répartie par le chef de musique entre le sous-chef de musique et le tambour-major.

 

Les musiciens prennent part aux marches et aux manœuvres dans les conditions fixées par le colonel. Ils reçoivent, sous la direction des médecins, l’instruction relative à l’emploi de brancardier. Le chef et le sous-chef de musique secondent les médecins dans cette instruction.

Les élèves musiciens font leurs tirs et assistent aux exercices importants soit avec leur compagnie, soit avec la musique, suivant les ordres donnés par le colonel.

 

                    La_musique_du_149e_R

    

 

Le tambour-major, secondé par les caporaux tambours et clairons, donne, aux heures fixées par le colonel, l’instruction aux tambours et clairons du régiment. Cette instruction est placée sous la surveillance d’un officier désigné par le colonel et sous la direction technique du chef de musique. Il veille au bon entretien des instruments et signale les réparations et remplacements nécessaires. Il est rattaché à la musique pour l’exécution du service intérieur. En cas de détachement, il reste avec le colonel.

 

Sources :

Texte extrait du livre « Service intérieur des corps de troupe d’infanterie » volume arrêté à la date du 25 août 1913. Éditions Henri Charles Lavauzelle 1913.

La photo des tambours et des clairons provient de l’album photo du 149e R.I. de l’année 1908.

 

Pour en savoir plus : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5782482r/f7.pagination

 

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à A. Carobbi et à J. Huret. 

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04 juin 2013

Paul Porte (1868-1943).

                   Paul_PORTE     

Paul Porte est né aux Pennes le 27 octobre 1868, une petite commune du canton de Gardanne située dans les Bouches-du-Rhône. Il est le fils de Jean Baptiste et d’Antoinette Rosalie Roux.

C’est comme simple soldat qu’il franchit le seuil de la caserne du 116e R.I. de Vannes. À l’âge de 20 ans, Paul a signé un engagement volontaire d’une durée de cinq ans à la mairie de la ville. Cet homme va mener une carrière de militaire d'active, signant des contrats avec l'armée, tantôt pour une période de cinq années, tantôt pour une période de deux années. Cela le conduit de la musique du 116e RI qu'il intègre le 6 avril 1889, à celle du 87e R.I. de Saint-Quentin en août 1895 dont il devient le sous-chef. Trois mois plus tard, il signe son réengagement de 5 ans.

Après son mariage en décembre 1897 avec Francine Le Chevalier dans sa ville de garnison (qui verra la naissance de Joséphine, Paul et Marcel), il quitte le 87e R.I. pour rejoindre le 17e Régiment d’Artillerie en mai 1899. Il n’y reste qu’un peu plus d’un an, car après son réengagement pour 2 ans, le 12 octobre 1900, il est muté à la musique du 38e Régiment d’Artillerie de Nîmes à la fin du mois de novembre 1900.

Sa carrière se poursuit par un retour dans l’infanterie et sa nomination comme chef de musique de 3e classe, le 19 octobre 1903, en intégrant le 130e R.I. de Mayenne, puis, deux ans plus tard, jour pour jour, désormais sous-lieutenant, il est nommé chef de musique du 149e R.I.. Il ne quitte pas le régiment jusqu’à la mobilisation, devenant chef de musique de 1ère classe sur place, le 21 mai 1914.

                   Photo_groupe_musiciens_149e_R

                                            Paul Porte se trouve au 1er rang (6e à partir de la gauche)

 Au début du conflit contre l’Allemagne en août 1914, le capitaine Porte part avec le régiment. Les cuivres et les bois du régiment spinalien sont sous son autorité. 

Il est évacué une 1ère fois le 2  septembre 1914, quelques jours avant l’attaque sur le village de Souain. Cet officier retrouve le 149e R.I. à la fin du mois d’octobre 1914. 

Le capitaine Porte est à la disposition de la brigade russe du camp de Mailly du 6 au 27 juin 1916. 

Complètement épuisé, il est évacué une 2e fois de la zone du front, le 12 octobre 1916. Il fait un séjour qui va durer un peu plus d’un mois à l’hôpital Saint-Maurice d’Épinal. Il est mis en disponibilité le 1er janvier 1917, puis à la retraite d’office à titre d’ancienneté de services le 20 avril 1919. Le capitaine

est rayé des contrôles de l’active le 15 mai 1919. 

Paul Porte à longtemps vécu dans la cité phocéenne avant de décéder le 18 mars 1943 à Nice. Il allait avoir 76 ans. 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photo de groupe provient de l’album photo du régiment de l’année 1909. 

Pour en savoir plus sur la brigade russe et le 149e R.I. il suffit de cliquer une fois sur les deux images suivantes : 

La_musique___Mairy_sur_Marne   Les_Russes

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.            

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11 juin 2013

Émile Drouot (1866-1932).

                  Emile_Drouot

Émile Ferdinand Drouot est né le 25 septembre 1866 à Clans, une petite bourgade de la Haute-Saône située près de Vesoul. Il est le fils de François Drouot et de Virginie Jacquinot. 

 Soldat de la classe 1886, il entre en service au cours de l’année 1887. Émile a une formation de musicien, il pratique le saxhorn baryton. 

Le 2 août 1901, il est nommé sous-chef de musique, il peut coudre ses galons d’adjudant sur son uniforme. L’année 1902 le retrouve au 149e R.I., le régiment dans lequel il va faire pratiquement toute sa carrière de soldat. 

Le 20 juillet 1903, il épouse une Nogentaise dénommée Eugénie Beuzeville. Eugénie exerce la profession de couturière. Deux petites filles, Cécile et Suzanne naîtront de cette union. Hélas, Suzanne ne survivra pas à sa deuxième journée de vie. 

                  Photo_Emile_Drouot

                                             Émile Drouot se trouve juste derrière la grosse caisse. 

À la fin de sa carrière militaire Émile, Drouot se retire à Nogent-sur-Marne, la commune qui a vu naitre son épouse. Cet homme prend la direction de l’harmonie municipale de cette ville. Fonction qu’il occupera pendant plusieurs années. 

 Émile Drouot décède dans cette ville le 22 septembre 1932, il allait avoir 66 ans. Ce sous-chef de musique a été décoré de la Médaille militaire. 

Émile Drouot était très populaire au 149e R.I.. Il suffit de lire les quelques anecdotes suivantes pour se rendre compte que ce sous-officier devait être très apprécié par ses hommes (pour avoir accès aux anecdotes, il suffit de cliquer une fois sur chacune des deux images suivantes). 

 Deux_bien__tranges_recrues___la_C   La_bouffarde_de_M_sieur_Drouot__mars_avril_1916_

Sources : 

Annuaire spécial des chefs de musique et des sous-chefs de musique de Jules Rousson. Année 1908.

Site généalogique Généanet. 

Sa fiche signalétique et des services n’a pas été trouvée aux archives départementales de Vesoul. 

La photographie de groupe du 149e R.I. est antérieure à août 1914.

Un grand merci à M. Bordes, à N. Fenoy Bernard,  à A. Carobbi et à J.F. Durand.

 

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