Roger_Georges_Berteville

Roger Georges Berteville voit le jour le 26 juillet 1892 dans la maison de son grand-père maternel, située au 11 rue Saint-Nicolas dans la commune de Gonesse.

Son père, prénommé Auguste Maurice, est un rentier âgé de 36 ans. Sa mère, Berthe Eugénie Simon, est une femme âgée de 31 ans.

C’est tout ce qui nous connaîtrons sur l’enfance et l’adolescence de Roger Georges et sur sa famille.

Jeune adulte, il vit à Paris avec sa mère dans le 8e arrondissement, au 44 rue François 1er. Le père est décédé. Roger Georges Berteville travaille comme brodeur dans la capitale.

L’année de ses vingt ans, il est déclaré « bon pour le service armé » de la classe 1912 par le personnel militaire du conseil de révision du 6e bureau de la subdivision de la Seine.

Lorsqu’il reçoit sa convocation accompagnée d’un titre de transport ferroviaire, il apprend que son incorporation va avoir lieu dans un régiment d’infanterie vosgien.

Affecté au 149e R.I., il se rend à la gare de l’est le 8 octobre 1913, pour rejoindre la ville d’Épinal. Le jeune homme arrive au corps le lendemain. Il intègre les effectifs de la 11e compagnie du régiment spinalien. Les apprentissages sous l’uniforme peuvent commencer, marches, séance de tir, exercices physiques en tous genres, tout cela va accompagner son quotidien durant les mois à venir.

Il est repéré par ses supérieurs qui lui offrent la possibilité de faire la formation de caporal. Il est nommé dans ce grade le 11 avril 1914.

Fin juin… attentat de Sarajevo... les relations avec l’Allemagne s’enveniment très rapidement, l’embrasement est proche…

Faisant partie des troupes de couverture, le 149e R.I. quitte la caserne Courcy le 1er août 1914. Il doit au plus vite gagner la frontière avant même que la déclaration de guerre ne soit officialisée. Le caporal Berteville fait toujours partie des effectifs de la 11e compagnie, sous les ordres du capitaine Erhard.

L’homme est blessé le 9 août 1914, au cours du baptême du feu du régiment. Sa compagnie, un peu à l’écart des premiers engagements, a été envoyée en renfort dans la zone des combats dans l’après-midi.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante :

Renfort_capitaine_Ehrard_9_aout_1914

Le caporal Berteville a-t-il quitté le front pour être soigné vers l’arrière ? Est-il revenu quelques heures plus tard, après avoir été pansé à l’ambulance à la 11e ? Il n’y a, hélas, pas de réponses claires à ces questions. En effet, aucune information détaillée n’a pu être retrouvée dans les différents documents consultés. Celles-ci auraient permis un éclairage beaucoup plus précis sur cette période de sa vie.

Tout ce dont nous sommes sûrs, comme l’atteste sa première citation, c’est qu’il a participé à un engagement majeur du 149e R.I. à la date du 9 mai 1915. Le 24 mai, il passe dans le grade supérieur.

Le régiment poursuit la guerre en Artois. Le sergent Berteville participe aux attaques du mois de septembre du côté du bois en Hache près d’Aix-Noulette.

En mars 1916, son régiment est engagé dans la bataille de Verdun. Il combat dans le secteur du fort de Vaux et du village de Vaux-devant-Damloup.

Roger Georges Berteville est nommé sous-lieutenant de réserve à titre temporaire pour la durée de la guerre, à partir du 5 mai 1916. Cette décision a été prise par le général en chef seulement quelques jours après le départ du 149e R.I. de la zone des combats meusiens.

Il réintègre l’armée active, le jour même de sa nomination, conservant ainsi sa place au sein du 149e R.I..

Sans doute proposé par ses supérieurs directs, son nom est venu remplir un des blancs laissés sur la liste des cadres touchés par les derniers affrontements.

Cinq jours plus tard, une seconde blessure le retire du front pour plusieurs semaines. Les circonstances qui ont entraîné une plaie à sa cuisse gauche ne sont pas connues. Tout ce que nous savons de manière sûre, c’est que le 149e R.I. est  positionné en Champagne, dans un secteur plutôt calme, du côté des buttes de Tahure et que le jeune officier est allé à Pau pour y être soigné.

De retour de convalescence, il est envoyé au centre des bombardiers-grenadiers de Langres pour y suivre une formation qui débute le 3 septembre 1916. Il retrouve le dépôt le 13 septembre.

Six jours plus tard, le sous-lieutenant est dirigé sur le dépôt divisionnaire de la 43e D.I.. Il ne tarde pas à retrouver son ancien régiment.

Le 1er octobre 1916, il est affecté à la 9e compagnie du 149e R.I. qui est engagé dans la Somme.

Le lieutenant-colonel Pineau laisse une note peu flatteuse dans le feuillet de campagne de cet officier. Le 2 janvier 1917, il écrit ceci : « Nouvellement promu, était un excellent sous-officier. Paraît vouloir se relâcher un peu depuis qu’il est officier, un peu mou, a besoin d’être poussé, peut bien faire. »

Commander une section cela n’est pas donné à tout le monde, il faut être bien formé et avoir de l'expérience, ce qui est loin d'être le cas du sous-lieutenant Berteville.

Lorsqu’elle est comparée aux autres années du conflit, l’année 1917 est plutôt clémente pour le 149e R.I., c’est une  période qui va sans doute permettre au sous-lieutenant Berteville de prendre en main sa section, de s’aguerrir en faisant autorité sur ses hommes.

Le régiment occupe durant de nombreux mois des positions situées à l’ouest du fort de la Malmaison, du côté d’Aizy, de Jouy, de Billy-sur-Aisne et des fermes du Toty et de Hameret.

Fin septembre, le régiment se prépare pour une future attaque qui doit se dérouler dans le secteur du fort de la Malmaison.

Le cliché suivant a été pris quelque temps avant le déclenchement de la bataille de la Malmaison. Le sous-lieutenant Berteville figure parmi tous ces officiers.

Photographie_des_officiers_du_3e_bataillon_du_149e_R

Après avoir été reportée plusieurs fois pour des raisons de mauvais temps, l’attaque de la Malmaison est déclenchée le 23 octobre 1917.

Roger Georges Berteville commande une des sections de la 9e compagnie qui fait partie des troupes de soutien, derrière le 1er bataillon, au cours de la première phase de l’opération.

Le sous-lieutenant Berteville trouve la mort durant la 2e phase du combat, quelque temps après que son bataillon ait reçu l’ordre de passer en tête d’attaque, laissant le 1er bataillon derrière lui.

Touché à la poitrine par plusieurs éclats d’obus, le sous-lieutenant Berteville décède à 8 h 00 sur le champ de bataille.

Le sergent Émile Pierron et le caporal Adrien Claudel confirmeront son décès au moment de la rédaction de son acte de décès, rédigé par l’officier d’état civil du 149e R.I., le sous-lieutenant Auguste Fourneret.

Roger Georges Berteville a été inhumé dans le cimetière militaire de Condé-sur-Aisne, lieu où a été enterrée une partie des officiers et des soldats du régiment qui ont été tués ce jour-là. Sa sépulture porte le numéro 275.

Son corps est restitué à la famille dans les années 1920.

Le sous-lieutenant Berteville repose actuellement dans la division 6 du cimetière Montparnasse à Paris.

Sepulture_Roger_Georges_Berteville

Cet homme est resté célibataire et n’a pas eu de descendance.

Son nom est gravé sur le monument aux morts de la commune de Gonesse.

Citations obtenues :

Citation à l’ordre de la 85e brigade n° 7 en date 21 mai 1915 :

« Le caporal Berteville Roger Georges, n° matricule 7076, 11e compagnie, a organisé et défendu brillamment pendant 48 heures, une tête de sape prise à l’ennemi au cours du combat de Notre-Dame-de-Lorette, le 9 mai, a enrayé un retour offensif des Allemands

Citation à l’ordre de la 85e brigade n° 23 en date du 8 octobre 1915 :

« Le 26 septembre 1915, devant Angres, est parti à l’assaut des lignes ennemies en entraînant brillamment sa ½ section. Déjà cité et blessé au début de la campagne. »

Citation à l’ordre de l’armée n° 543 en date du 28 décembre 1917 publiée dans le J. O. du 17 janvier 1918 :

« Officier d’une bravoure, d’un allant et d’un entrain remarquables, a entraîné sa section à l’assaut d’une position ennemie fortement organisée, blessée mortellement au cours de l’attaque, a donné à ses hommes le plus bel exemple de bravoure et de sang-froid. »

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Berteville est extrait d’une photographie qui figure dans le Fonds Douchez. Ce fonds, composé de trois volumes, a été déposé au S.H.D. de Vincennes en 1983. Réf : 1 K 338.

La photographie de la sépulture de cet homme a été trouvée sur le site "héros de Gonesse"

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.