18 mars 2010

N'oubliez pas de fleurir nos tombes.

                 Groupe_149e_R

                                

                                   Tableau des tués pour la journée du 3 mars 1915

                    Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 3 mars 1915 

 La partie d’échecs entre la vie et la mort est très serrée. L’offensive allemande  du 3 mars 1915 est particulièrement virulente pour le 149e R.I..

 Pour en suivre le déroulement lisons le capitaine J. Joubert...

« Le 1er mars, dans un compte rendu au général Maistre, le général Lombard commandant la 43e D.I., résumait ainsi la situation : « L’impression se dégageant des deux dernières journées est que les Allemands se renforcent. Leur activité augmente. Dans le secteur de Lorette en particulier, des mouvements d’infanterie ont été vus. Quelques Allemands ont même tenté de sortir des tranchées. Les bombardements nombreux et intenses montrent l’intention bien arrêtée des Allemands de bouleverser nos tranchées. Si la situation se prolonge, il est possible que les Allemands prennent l’initiative de l’attaque. » 
 

Cette situation se prolonge. Le 2 mars, obus et torpilles écrasent nos travaux… Le bombardement s’étend presque jusqu’à Noulette, sur les bois 4 et 5 où se trouve le 1er bataillon du 149e R.I….

… Le 3 mars, à 6 h 00, la colline tremble toute entière. Du bois 5 à l’éperon des Arabes, de sourdes explosions projettent d’énormes blocs de boue, des pierres, des fils de fer… Des mines… Sur le sol qui frémit, les hommes vacillent.

De larges entonnoirs s’ouvrent, anéantissent les réseaux, bouleversant les ouvrages au sud de la sape VII, entre la parallèle et la tranchée de première ligne, et entre les sapes VIII et IX. Ailleurs, les parois des boyaux s’inclinent l’une vers l’autre lentement et se rejoignent, isolant les escouades et les sentinelles… Les explosions des mines à peine terminées, brusquement les Allemands sortent de leurs tranchées et avancent sur deux lignes. Immédiatement la défense ouvre le feu.

A 8 h 00, les Allemands, qui dans la partie nord du plateau et au centre ont pu pénétrer par endroit jusqu’à 600 m à l’intérieur de nos lignes, tiennent le  boyau de la haie et le boyau 6 qu’ils prolongent à la lisière du bois, le Grand Boyau et la majeure partie du boyau 7 le long de la haie. Au nord, ils ont repoussé, jusqu’aux lisières sud des bois 5 et 7, les 1er et 3e bataillons du 149e R.I..

Pendant que se déroulent ces évènements, les réserves sont alertées… Le 2e bataillon du 149e R.I. est massé dans le bois de Bouvigny avec les 1er et 3e B.C.P..

Vers 13 h 00, le général commandant la 43e D.I. ayant reçu tous ces renforts donna l’ordre de monter une forte attaque pour reprendre le terrain perdu. Du sud au nord, de la Sape X au bois 8, il y a les 1er, 3e, 10e, 31e B.C.P. et le 2e bataillon du 149e R.I.. L’artillerie doit appuyer l’action… Suite à de nombreuses difficultés, l’assaut n’est donné qu’à 16 h 00. La synchronisation artillerie/infanterie pose problème. A peine sorties, les unités sont décimées par un feu violent d’infanterie et des rafales d’obus, et ne peuvent progresser au-delà d’une centaine de mètres… La nuit pluvieuse et froide tombe sur cet échec. Le terrain est organisé, il y a de la boue jusqu’aux genoux, les liaisons sont rétablies. La fatigue est au rendez-vous et les hommes sont trempés de pluie jusqu’à la peau… » 
 

Du côté des Allemands.  

 

Extraits du Reichsarchiv n° 17 « Loretto ». 

  

                           Carte_du_149e_R

 

 

                                    Legende_carte_du_3_mars_1915

  

 

« Le 3 mars 1915, attaque allemande préparée de longue date. Seize mines allemandes creusées jusque sous les tranchées françaises explosent en même temps à 7 h 00 (heure allemande). Notre-Dame-de-Lorette ainsi que toute la hauteur  semble sauter en l’air… Le front allemand avait une largeur de 1 km 500 et s’étendait de la route Souchez-Aix-Noulette jusqu’au chemin de barricades au sud-ouest de la chapelle. L’attaque était dirigée par le commandant de la 28e D.I., général de brigade Von Trotta et comprenait le 142e I.R. à droite et le 40e régiment de fusiliers au centre et à gauche le 111e I.R. (plus 4 bataillons de génie)… Le but de l’attaque était de déloger les Français du versant de Notre-Dame-de-Lorette ; pour cela, il fallait pénétrer au moins de 200 m dans les lignes françaises…

 

Voici maintenant un  rapport du 149e R.I. qui se trouve dans le J.M.O. de la 85e brigade (Réf : 26 N 520/10).


 Vers 6 h 00, malgré le service d’écoute établi depuis les explosions de la veille par la compagnie 21/1 du génie, de nouvelles explosions de fourneaux de mines allemands se produisent sur tout le front du sous-secteur de Noulette ainsi que sur celui de Notre-Dame-de-Lorette, transformant les tranchées de 1ère ligne en un véritable volcan. Tout fut bouleversé, les hommes et le matériel furent ensevelis et les survivants en grande partie blessés par les éclats de l’explosion. Seule la compagnie de gauche près du bois des boches était indemne. D’une violente attaque d’infanterie surgissentaussitôt des têtes de sapes allemandes en face du front des 2 sous-secteurs et les entonnoirs tombèrent en leur pouvoir en même temps qu’une violente canonnade éclatait de toutes parts formant barrage entre les premières et les deuxièmes lignes. La résistance fut organisée aussitôt par les officiers survivants des 2 compagnies atteintes (2e et 3e). Les capitaines Petitjean et  Sous-lieutenant Darracq, avaient disparu, écrasés probablement dans leur poste de commandement, les sous-lieutenants Husson de la 2e compagnie, Antonelli, de la 3e compagnie, établissent des barrages dans la 1ère ligne, le sous-lieutenant Charlois de la 4e compagnie, de garde aux abris G, occupe la parallèle pour arrêter le flot des Allemands qui descendait le long des haies talus 2 et 3. Le dernier peloton de la 4e compagnie accourtpar le boyau de la haie G pour reprendre la partie de la 1ère ligne occupée par les Allemands. Les autres troupes du secteur (bataillon de 2e ligne, commandant Laure) furent alertées et occupèrent aussitôt leurs emplacements de combat. Mais vers 7 h 30, les chasseurs ayant lâché pied, à notre droite, la défense fut débordée de ce côté et nos tranchées, complètement enfilées par les mitrailleuses allemandes mises en batterie dans la tranchée de 1ère ligne des chasseurs. Le capitaine Altairac, les sous-lieutenants Charlois et Husson sont blessés et les derniers défenseurs, obligés d’évacuer la tranche de 1ère ligne et la parallèle en arrière. Les renforts qui arrivent par le boyau central bois 6, bois 7 – haie G sont à leur tour complètement enfilés par les mitrailleuses allemandes qui se sont glissées entre la lisière E du bois de Bouvigny et la haie G, profitant de ce que les chasseurs aient évacué ce terrain. Les boyaux sont bientôt encombrés de blessés et de cadavres et tout renforcement de ce côté est devenu impossible.

La défense du sous-secteur est alors concentrée sur le front, bois des Boches, bois 6 – bois 7 et la liaison est recherchée de nouveau avec les chasseurs par l’arrière. La compagnie de mitrailleuses qui avait eu une section (celle de l’ouvrage en bonnet de prêtre) complètement enterrée, reçoit l’ordre d’installer les 3 sections qui lui restent, une à la lisière Sud Est du bois 6, l’autre au bois 7, la 3e à la lisière Sud Est du parc de Noulette. Les travaux de défense commencèrent aussitôt sur ce front.

Vers 10 h 30, le bataillon de réserve du 149e R.I. (2e bataillon du  commandant Magagnosc) ayant été remis à la disposition du commandant du sous-secteur, à la corne Nord-Ouest du bois de Noulette, reçut l’ordre de gagner du terrain à l’abri de la lisière Nord du bois de Bouvigny (bois 8) et d’exécuter une contre-attaque à travers les bois sur les Allemands qui venaient de déborder la défense de la 1ère ligne. La liaison se trouvait ainsi rétablie avec le bataillon de chasseurs. En même temps, le concours de l’artillerie était demandé au commandant Formet pour arroser les parties occupées et préparer cette contre-attaque qui devait se déclencher vers 12 h 45. Ayant reçu, vers 12 h 30, l’avis qu’une contre-attaque générale devait être exécutée dans l’après-midi par la 43e D.I. toute entière, le colonel commandant le 149e R.I. prescrivit par téléphone au commandant Magagnosc, de retarder son débouché, jusqu’à ce que la contre-attaque générale fût ordonnée. Dans l’intervalle, arrive l’ordre d’opération n° 77 du général commandant la 43e D.I., suivi des ordres d’exécution de la brigade. Les prescriptions données sont les suivantes : Le 149e R.I. (2e et 3e bataillons en 1ère ligne, 1er bataillon en 2e ligne), prescriptions qui concoururent à  l’attaque générale. 2e bataillon à droite, de la lisière Nord du bois de Bouvigny (bois 8) à la haie G, en liaison avec les chasseurs. Le 3e bataillon à gauche, de la haie G au bois des Boches, en liaison avec le 158e R.I.. Le 1er bataillon gardant tout d’abord la lisière des bois 6 et 7 contre tout retour offensif de l’ennemi. L’effort principal devra se produire par la droite (lisière Nord du bois de Bouvigny). Un tir systématique d’artillerie lourde et d’artillerie de campagne devait précéder l’attaque qui ne serait déclenchée qu’à 15 h 45. Cette préparation d’artillerie eut malheureusement son tir trop long d’environ 100 m et la 1ère ligne ennemie où se trouvaient réparties les sections de mitrailleuses, sortit indemne de la canonnade. Cela, malgré la demande pressante et réitérée des chefs de bataillons de 1ère ligne pour faire raccourcir le tir. A 15 h 45, lorsque les 1ères fractions des bataillons sortirent de leurs abris, elles furent accueillies aussitôt par une fusillade très vive, partant des tranchées adverses et par un feu convergent de plusieurs sections de mitrailleuses. En quelques minutes, ces compagnies perdent un quart de leur effectif et sont obligées de stopper. De nouvelles tentatives de marche en avant sont faites à 2 reprises différentes, tant au bataillon de droite qu’au bataillon de gauche. Elles n’ont pas plus de succès. Le bataillon de droite ayant un terrain absolument découvert à franchir, le bataillon de gauche débouchant du boyau inachevé entre bois et haie talus 3. A 17 h 00, les compagnies d’attaque ayant perdu la moitié de leur effectif et les chasseurs ne semblant faire aucun progrès à notre droite, le colonel commandant le 149e R.I. donne l’ordre d’enrayer le mouvement, jusqu’à ce que les Allemands fussent refoulés de ce côté. Vers 18 H 00, le commandant du groupe de chasseurs fit connaître d’ailleurs au colonel du 149e R.I. que ses bataillons n’avaient pu progresser et qu’il reprendrait sa contre-attaque à la nuit tombante. Vers 19 h 00, l’ordre de stationnement de la 43e D.I. prescrivait aux troupes de se retrancher fortement dans leurs positions en prenant toutes les précautions nécessaires pour intervenir en cas d’attaque de l’ennemi.

Une section du génie (Compagnie 21/1) fut mise à la disposition de chaque bataillon en 1ère ligne pour aider aux travaux.

En fin de journée, la situation du 149e R.I. était la suivante :

2e bataillon à droite en liaison avec les chasseurs de la 86e brigade. (2 compagnies en 1ère ligne se reliant avec le 1er bataillon vers le bois 7, 2 compagnies en seconde ligne à Marqueffles).

1er bataillon au centre de la haie G au bois 6 exclu, bois 7. (2 compagnies en 1ère ligne, 2 en soutien aux abris du bois 7). Le 3e bataillon est à gauche tenant la lisière Sud Ouest du bois 6 et 5 et se reliant au 158e R.I. au bois des Boches. (2 compagnies en 1ère ligne  et 2 compagnies en soutien aux abris du bois 6). Réserve, 1 compagnie du 158e R.I. aux abris du bois 6.

Des travaux sont exécutés toute la nuit avec le concours d’un peloton de génie (Compagnie 21/1), pour renforcer les portions. Construction des tranchées de 1ère ligne, création de traverses dans le boyau. La tranchée de la haie G au bois 6 est complètement enfilée par les mitrailleuses ennemies… La nuit est assez calme, fusillade peu intense sur le front, pas de canonnade. Dans le boyau de la haie G, un barrage avec un petit poste est établi vers le milieu du côté allemand et du côté français.

Tous mes remerciements à Alain Chaupin, Thierry Cornet, Michel Porcher et Yann Thomas ainsi qu’aux associations  « Bretagne 14-18 » et « Collectif Artois 1914-1915 » et au Service Historique de Vincennes.

Une chaleureuse poignée de main à Vincent Le Calvez pour la réalisation de la carte.


Références bibliographiques :

« Journal des marches et opérations de la 85e brigade ». S.H.A.T.. Réf : 26 N 520/10.

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette ». Capitaine J. Joubert, aux éditions Payot- 1939.

« Loretto » Reichsarchiv n°17, aux éditions Didenburg  I.D. / Berlin 1927.

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16 avril 2010

3 mars 1915.

                  Explosion_de_mine

Le matin du 3 mars 1915, à 6 h 00, de violentes explosions de mines se produisaient sur la région de T3, ainsi que sur la parallèle située en face de la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette. Elles sont suivies aussitôt d’une violente canonnade. Canonnade dirigée sur les tranchées des sous-secteurs de Noulette et de Lorette ainsi que sur les villages de Bouvigny et d’Aix-Noulette. Une attaque d’infanterie très virulente suivait immédiatement sur tout le front. Elle était accompagnée d’un tir de barrage d’artillerie entre Noulette et les tranchées de premières lignes qui étaient tenues par le 1er bataillon du 149e R.I., entre le bois des Boches et l’extrémité nord de la parallèle. Les mines allemandes avaient enseveli en partie nos unités de 1ère ligne, notamment la compagnie du centre du 149e R.I.. Par les brèches ainsi pratiquées, l’attaque allemande débordait rapidement les défenseurs de notre première ligne.

Vers 8 h 50, le 149e R.I. faisait savoir qu’il avait perdu ses tranchées dans la région de T1, T2 et T3…

…À 15 h 45, après une préparation d’artillerie, l’infanterie française passe à la contre-attaque. Elle se trouve aussitôt sous les feux très puissants d’infanterie et de mitrailleuses ennemies qui ralentissent sa progression. À la suite de cette attaque, les unités engagées avaient avancé de quelques mètres.

Carte_3_mars_1915__1_Vers 18 h 00, le 2e bataillon du 149e R.I. se trouve  en liaison avec les chasseurs, sa gauche est au pied de la haie talus G. Il ne peut pas progresser davantage, car il est soumis aux tirs d’enfilade des mitrailleuses allemandes. Le 3e bataillon n’a pas pu déboucher des bois 5 et 6 dont il est sorti pour progresser d’une petite vingtaine de mètres. Il est arrêté lui aussi par les feux des mitrailleuses ennemies. À 18 h 30, le 3e bataillon subit un nouvel échec dans un deuxième essai de contre-attaque. Il est arrêté par le feu nourri des mitrailleuses ennemies situées au pied des haies talus 1 et 3. Les pertes sont importantes. Les boyaux sont encombrés de tués et de blessés… Vers 19 h 00, toutes les dispositions sont prises pour que les 1er et 3e bataillons puissent organiser une ligne de feu aux lisières sud-est des bois 5, 6 et 7. Le 2e bataillon est relié à sa droite avec les chasseurs et à sa gauche avec les 1er et 3e  bataillons du 149e R.I.. 

 

Extraits du livre « Lorette, une bataille de douze mois octobre 1914 » d’Henri René.

« … Le 3 mars à sept heures, après une nuit de silence succédant à une véritable débauche de gros projectiles et de torpilles sur toutes nos tranchées de plateau, nous sommes réveillés par une rafale d’explosions retentissantes. Le sol en est ébranlé sur plusieurs kilomètres. Le vacarme se poursuit, assourdissant, pendant une demi-heure. Vers 8 h 00 commencent à arriver à la Forestière des chasseurs affolés, les yeux hagards, quelques-uns ayant conservé leurs armes et équipement, la plupart nu-tête et désarmés, les premiers sains et saufs, les suivants plus ou moins blessés… Grosse émotion dans tout le camp, les officiers vont et viennent, inquiets, mais calmes. À l’est du bois, la fusillade crépite. Nous sommes là quelques vieux guerriers, habitués à ces premiers affolements au Carte_3_mars_1915__2_début d’une affaire un peu chaude. Dès l’abord, ceux qui arrivent à l’arrière sont sujets à caution : ou bien ce sont «les faibles» qui n’ont pas résisté à une lourde émotion et qui dans la mêlée ont échappé à l’action de leurs chefs ; ou bien ceux qui se sont trouvés là où «ça brûle» et qui sont projetés en l’air par une explosion de mine ou de marmite, bousculés, retournés, dépossédés de leurs sens par la violence des événements, puis automatiquement entraînés dans le courant des faibles. Il faut n’avoir jamais été au feu pour nier, dans tous les combats, surtout ceux où l’on est attaqué, l’existence de ces «décalages» individuels, ou pour s’en indigner outre mesure. L’art du commandement consiste justement à ne pas se laisser émouvoir, à réparer au plus vite les brèches de la digue et à remettre en bonne voie les courants divergents qui auraient pu se former. Il doit y avoir quelque chose de sérieux.

Les renseignements deviennent précis à 9 h 00. Les Allemands ont prononcé une très grosse attaque, dont le signal semble avoir été le déclenchement instantané de toutes les bouches à feu, canon ou minenwerfer, disponibles devant notre front. Il est probable que des explosions de mines s’y sont ajoutées. L’effet a été terrifiant, à n’en pas douter. Parmi ce tintamarre, l’infanterie s’est précipitée en masse sur nos tranchées, où elle a pris pied avant que la plupart de nos chasseurs aient eu le temps de sauter sur leurs fusils ou leurs mitrailleuses.

Le flot le plus important, débouchant des organisations avoisinant la Chapelle, s’est précipité vers la partie sud de «la haie», prenant ainsi à revers toutes nos tranchées ou boyaux de la partie nord, en échelon très avancé par rapport à la première. Il est a craindre qu’il y ait eu un sérieux «coup de filet», vers la corne est de ce que nous appelons maintenant « le bois 8 », allongé en languette sur le rebord nord du plateau, et à l’extrémité du «boyau Laprade» : les Allemands, si l’on en croit certains renseignements, occuperaient actuellement le «boyau VI» et le «boyau VII», c’est-à-dire une position très en deçà de la précédente.  Un détachement de sapeurs est envoyé sur les lieux pour aider l’infanterie à se rétablir. Carte_3_mars_1915__3_Toute la traversée des bois est pénible et dangereuse, car l’artillerie ennemie les arrose avec de la « lourde » pour empêcher nos réserves de s’y rassembler et de s’y mouvoir. Nous arrivons à  « la baraque » et «au chemin creux de Noulette», nous sommes stupéfaits de nous trouver en toute première ligne. Nous sommes en plein tumulte de commandements saccadés et émus. Des groupes hétérogènes de chasseurs aux numéros divers se rassemblent autour des gradés et exécutent une fusillade nourrie. Il y a de nombreux blessés gémissants et suppliants qui voudraient bien trouver «la sortie» du boyau, mais que le brouhaha immobilise parmi les combattants. On nous dit que, quelques minutes auparavant, un groupe d’Allemands particulièrement audacieux s’est avancé jusqu’au «P.C. du chemin creux de Noulette», heureusement bien vite repoussé par nos patrouilleurs. La situation est sérieuse. Il est bien exact que l’ennemi tient le bois 8, une grande partie du boyau Laprade, les boyaux VI et VII, et toute la partie nord de «la haie». Mais, circonstance favorable pour la préparation de nos contre-attaques, nous tenons encore tout le «boyau de crête», au rebord sud du plateau. On raconte qu’un capitaine du régiment de réserve voisin s’est placé avec quelques hommes en tête de ce boyau, vers le sud de «la haie», arrêtant de ce côté les tentatives ennemies, les faisant dévier vers le boyau Laprade et restant ainsi, sur leur flanc, une menace redoutable…

Les chasseurs se sont accrochés au sol, à hauteur de la baraque et du chemin creux, pour se rétablir d’abord et arrêter la trombe. Ils ont rameuté, puis massé leurs compagnies se préparant à la contre-attaque, dans ces bois du «chemin creux», dont le couvert protecteur n’est plus qu’illusoire en cette saison et où les obus ennemis leur ont causé pendant deux jours les pertes les plus lourdes. D’un premier élan, s’appuyant à droite sur le régiment de réserve, ils ont repris pied dans le boyau VII et «ramassé» dans le boyau Laprade une centaine d’allemands qui s’y croyant déjà en sécurité, creusaient des niches dans la craie. Ensuite, l’artillerie leur fait une belle ouverture ! Nos «75» ont exécuté, chose que nous n’avions jamais entendue, un feu roulant, à pleine vitesse, pendant près d’une heure. Les «lourds» les ont appuyés et scandés de leurs obus. Le déluge de fer et de fonte s’est abattu sur les tranchées échelonnées du boyau VI jusqu’à «la haie». Les Allemands ont «trinqué ferme», car ils n’avaient pas encore eu le temps de s’y creuser des abris…

… La contre-attaque a pu réoccuper « la haie» et la plus grande partie du bois 8, a l’exclusion de sa corne est… »

.

 

Un très grand merci à M. Bordes, V. Le Calvez, à M. Porcher, au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

 

Référence bibliographique : « Lorette une bataille de douze mois » d’Henri René. Editions Perrin et Cie. 1929.

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16 février 2011

4 mars 1915.

                 Section_de_mitrailleuses

 

Il faut contre-attaquer pour reprendre les tranchées perdues. Un ordre général d’opérations du 21e C.A. est prescrit à la 43e D.I. qui est renforcée de 4 compagnies venant du 20e B.C.P. et du bataillon Dumoulin du 295e R.I.. Les positions occupées par le 149e R.I. sont sensiblement identiques à celles de la veille au soir.

 

 

                                      Tableau des tués pour la journée du 4 mars 1915

 

                                   Tableau des blessés pour la journée du 4 mars 1915

 

 

 

Le régiment engage ses trois bataillons accolés dans le secteur. Sa gauche (3e bataillon), appuyée au bois des Boches, tient les lisières des bois 5 et 6. Le 1er bataillon au centre, tient depuis le bois 6 et occupe la lisière sud du bois 7, il a sa droite à la haie-talus G, où une section se maintient depuis le 3 mars, dans les abris creusés dans ce talus. Deux mitrailleuses sont placées au bois 6 et trois au bois 7. Au sud-ouest du bois 7, reliant le 1er bataillon du 149e R.I. au 31e B.C.P. au bois 8, le 2e bataillon du 149e R.I. est échelonné en profondeur. Les  5e et 6e compagnies sont en première ligne. La 8e compagnie est en renfort. La 7e compagnie se trouve sur la ligne de repli qui est organisée entre le bois de Noulette et le bois de Bouvigny.

Pendant la nuit, des travaux ont pu être exécutés sur tout le front de la première ligne.

L’artillerie française exécute, sur tout le front et en arrière du front, un tir lent et continu. Ceci, dans le but de gêner tout mouvement des réserves ennemies et pour perturber leurs travaux.

En début d’après-midi, un bombardement extrêmement violent de la part de l’artillerie allemande se produit sur le bois 8 et sur le plateau. Il précède les préparatifs de l’artillerie française pour l’attaque des chasseurs. Vers 16 h 00 l’attaque des chasseurs de la 86e brigade tente en vain de déboucher. L’artillerie allemande l’arrête. Vers 17 h 30, une nouvelle attaque des chasseurs des 3e et 31e B.C.P. se réalise. Vers 17 h 45, un bombardement allemand virulent se déclenche et l’artillerie française riposte violemment.

Dans la soirée, les chasseurs progressent sur  la ligne d’attaque. Le 31e B.C.P. est signalé comme ayant atteint l’ancienne tranchée de 1ère ligne. Le 10e B.C.P. progresse plus lentement. Les 2 autres bataillons de la 86e brigade éprouvent quant à eux, une vive résistance devant la partie sud du boyau 7. À la gauche de la 86e brigade, des unités du 149e R.I. dépassent le talus G, et progressent dans les boyaux. Toutes les précautions sont prises aux Arabes et sur le plateau de Lorette pour arrêter les éventuelles attaques allemandes qui pourraient se produire dans la nuit.

La nuit du 4 au 5 mai fut assez calme, avec quelques fusillades intermittentes sur tout le front. L’artillerie allemande reste silencieuse. De temps en temps, il y a quelques coups de canon provenant de l’artillerie française, sur les points de la 1ère ligne ennemie qui ont été repérés le jour.

Les reconnaissances envoyées par le 149e R.I. ont trouvé la parallèle du bas des haies occupée. Dans ces conditions, étant donné l’arrêt de l’offensive des chasseurs, il n’a pas été possible de pousser plus loin dans le boyau de la haie G.

Le 1er bataillon est retiré du front. Deux de ses compagnies vont passer la nuit à la Fosse 10. Les deux autres avec l’E.M. vont à Aix-Noulette. Ces dernières seront ramenées au matin du 5, aux abris du bois 6. Les 2e et 3e bataillons sont maintenus en 1ère ligne pour reprendre l’offensive au matin, dès que le mouvement des chasseurs le permettra. La liaison est établie par le 2e bataillon avec les chasseurs à hauteur des abris du génie et avec le 3e bataillon du 149e R.I., à hauteur du bois 7. La première ligne a été améliorée pendant la nuit.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, à Y. Thomas, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

 Référence bibliographique :« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Editions Payot. 

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24 février 2011

Sous-lieutenant Emmanuel Larnac (1895-1915).

                  Sous_lieutenant_Emmanuel_Larnac 

Emmanuel Larnac est né le 26 juillet 1895 dans la ville de Nîmes. Il est le fils d’Ernest Larnac et de Lydie Duprat. Ses parents vivent sur la commune de Fourchambault dans la Nièvre. Il quitte cette commune dès l’âge de 19 ans pour signer un engagement volontaire d’une durée de 8 ans à la mairie de Nevers. Lorsqu’il signe son engagement le 12 août 1914, il emporte avec lui un extrait du journal officiel qui prouve son admission à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Une formation qu’il ne pourra pas suivre puisque la guerre vient juste de commencer. Il débute sa carrière militaire le 14 août 1914 comme simple soldat au 13e R.I.. Sa progression dans l’échelle des grades est très rapide. Le 5 décembre 1914, il est nommé sous-lieutenant à titre temporaire pour la durée de la guerre. Emmanuel Larnac arrive le 15 janvier 1915 au 149e R.I., après un très bref passage au 95e R.I.. Moins de deux mois plus tard, il rencontre la mort sur son chemin, à la tête d’une section de la 9e compagnie, lors d’une contre-attaque le 3 mars 1915, dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette. Le sous-lieutenant Emmanuel Larnac est inhumé dans le carré militaire du cimetière communal de Sains-en-Gohelle.

 

Citation à l’ordre n° 55  de l’armée la Xe armée en date du 20 mars 1915 : (parue dans le J.O. du 8 avril 1915).

« Le 3 mars, lors d’une attaque allemande sur les tranchées de 1ère ligne devant Noulette a été tué à la tête de sa section en l’entraînant à la contre-attaque en avant des tranchées avec une grande bravoure. »

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Emmanuel Larnac provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

 

Un grand merci à M. Bordes, à T. Cornet, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la défense de Vincennes. 

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02 mars 2011

5 mars 1915.

                    5_mars_1915

La 43e D.I. a reconquis hier soir une partie du terrain qu’elle avait perdu, en infligeant  à l’ennemi de lourdes pertes. La 86e brigade a fait à 150 prisonniers qui appartiennent à 3 régiments différents. Elle a pris, ce matin une compagnie de mitrailleuses. Du côté des Allemands, un bataillon du I.R. n° 40 prussien, décimé, a dû être relevé dans la nuit par un bataillon de chasseurs (13e).

Reçut vers 1 h 30 l’ordre téléphonique pour la journée du 5 mars. La 86e brigade doit continuer son mouvement offensif vers l’est, jusqu’à ce qu’elle ait récupéré ces anciennes tranchées. Le 149e R.I. doit maintenir sa droite à hauteur de la gauche de la 86e brigade et suivre de concert avec elle, la reprise de la corne est du bois de Bouvigny et des anciennes tranchées.

 

 

                                     Tableau des tués pour la journée du 5 mars 1915

 

                       Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 5 mars 1915

 

 

En conséquence, les ordres suivants sont donnés : le 2e bataillon qui est placé à l’aile droite du régiment doit se relier avec la gauche de la 86e brigade pour appuyer le mouvement offensif lorsque les chasseurs se porteront en avant. Il doit maintenir la liaison à gauche avec le reste du régiment, vers la haie G.

Le 3e bataillon est chargé de préparer l’offensive de la haie G incluse jusqu’au bois des Boches exclus, dès que l’offensive de la droite sera suffisamment avancée. Le commandant Bichat assure la garde du secteur avec ses 2 compagnies et les deux compagnies du 158e R.I. qui s’y trouvent déjà. Les troupes doivent être en place à 7 h 00. Durant toute la matinée, les travaux d’organisation continuent de manière très active. Une violente canonnade ennemie se déroule sur le bois de Bouvigny de 7 h 30 à 8 h 30.

À 13 h 00, arrive l’ordre de l’attaque qui doit se dérouler en deux phases : La 1ère sur la lisière est du bois de Bouvigny par la 86e brigade en liaison avec le 2e bataillon du 149e R.I.. La 2e, sur le reste du front, lorsque la 1ère aura suffisamment progressé. Trois compagnies du 20e B.C.P. sont mises à la disposition du 149e R.I. pour appuyer et pousser l’attaque jusqu’à la parallèle allemande. Deux compagnies du 1er bataillon du 149e R.I. et  2 compagnies du 158e R.I. sont en réserve de brigade.

Un tir de préparation d’attaque de quelques minutes, se déclenche à 15 h 00 sur la corne est du bois 8. Il est suivi d’un tir de barrage sur les tranchées allemandes de 1ère ligne. Au cours du tir de préparation quelques coups mal réglés, empêchent les chasseurs d’attaquer, ce qui enraye l’offensive générale. Le front de la 85e brigade n’est pas modifié.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

Référence bibliographique :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris. 1939. 

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09 mars 2011

Sergent Vincent Cabarrouy (1892-1915).

                  Sergent_Vincent_Cabarrouy

 Vincent Cabarrouy est né le 20 décembre 1892 à Bazolles, petite commune de la Nièvre. Il est le fils de Pierre et de Marie Louise Bellevant. L’acte de décès de ce Bazollois, nous fait savoir qu’il avait quitté son village natal pour aller vivre dans le 9e arrondissement de la capitale. Au début du conflit, il est sergent à la 6e compagnie du 149e R.I. qui se trouve sous les ordres du capitaine François. Vincent Cabarrouy est tué le six mars 1915 à 17 h 00 d’un coup de feu au combat dans le secteur d’Aix-Noulette.

Citation à l'ordre de l'armée :
« Le 6 mars 1915, a fait preuve de la plus grande bravoure en marchant résolument à l'attaque d'une tranchée allemande et en entraînant sa section aux cris répétés de « En avant ! ». A été tué sur le parapet de la tranchée qu'il venait d'enlever. »

Sources :

Le portrait du sergent Vincent Cabarrouy provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

La carte utilisée pour le montage photo est extraite du J.M.O. du 25e R.I.T., sous-série 26 N 778/5.

 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi  et au Service Historique de la défense de Vincennes. 

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16 mars 2011

6 mars 1915.

                 Entonnoir_de_mine

La nuit du 5  au 6 mars reste calme dans le secteur du 149e R.I.. À sa droite (86e brigade), une fusillade assez vive éclate à plusieurs reprises. Les 10e et 31e B.C.P. (86e brigade) sont relevés par le 3e bataillon du 21e R.I. qui la gauche appuyée à la lisière sud du bois 8, tient le boyau du Gros Arbre et celui de la Haie. Dans le bois 8, il y a la 6e compagnie du 149e R.I..

 

 

                                     Tableau des tués pour la journée du 6 mars 1915

 

                       Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 6 mars 1915

 

 

 De temps en temps, il y a quelques coups de canons de la part de notre artillerie sur la première ligne ennemie. L’artillerie allemande est calme. Vers 1 h 15, un ordre général arrive pour la journée du 6. Il faut renforcer solidement l’organisation du terrain conquis la veille. La position doit, coute que coute, être maintenue. Il faut également préparer les opérations pour la relève prescrite. Un ordre ultérieur sera donné pour la reprise de l’offensive.

 

 

                 6_mars_1915

 

 Dans l’après-midi, l’attaque de la 86e brigade se déclenche ayant à sa gauche  en 1ère ligne, 2 compagnies du 2e bataillon du 149e R.I. Le 3e bataillon du 21e R.I. franchit le boyau des Mines et parvient, malgré de nombreuses difficultés, à progresser jusqu’au boyau de l’Escalier (80 m environ). Dès cet instant, l’attaque est obligée de parer à une contre-attaque ennemie en préparation. Dans ces conditions, le 149e R.I. ne peut plus pousser son attaque sur la parallèle du pied des haies. Cependant, la 6e compagnie du 149e R.I. avance dans le bois 8 jusqu’à la hauteur de S1 et conquiert le boyau 2 qui se trouve à la lisière est.

 

À 16 h 45  l’ordre de la relève est reçu. Les 17e et 21e B.C.P. relèvent dans la nuit du 6 au 7 mars les éléments du 149e R.I., qui vont cantonner après la relève, à Petit-Sains et Noeux-les-Mines, puis, le 7, à Olhain, Baraffles, Rebreuve-Ranchicourt et Hermin.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

Référence bibliographique :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris. 1939.

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23 mars 2011

Sergent Marie Joseph Husson (1891-1915).

                  Sergent_Marie_Joseph_Husson     

Marie Joseph Husson est né le 7 novembre 1891 dans la commune vosgienne de Plombières. Il fait une partie de ses études au collège de La Malgrange de 1903 à 1908. Marie Joseph Husson était célibataire et  exerçait la profession de marchand de bois.

 Il est sergent à la 2e compagnie du  149e R.I. lorsqu’il disparait le 3 mars 1915, au matin d’un combat à Notre-Dame-de-Lorette. Ce n’est seulement qu’après la guerre, qu’un prisonnier, à son retour de captivité en Allemagne fit savoir à sa famille angoissée, qu’il l’avait reçu dans ces bras, frappé à la tête  par un éclat d’obus instantanément mortel.

Marie Joseph Husson a été décoré de la Médaille militaire.

 

Référence bibliographique :

« Livre d’or de la Grande Guerre, institution de la Malgrange. » Editions Nancy Ancienne. Imprimerie Vagner. 1923.

 

Un grand merci à Éric Mansuy. 

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05 avril 2011

Soldat André Leblanc (1879-1915).

                  Andre_LEBLANC        

André Ernest Leblanc est né le 4 novembre 1879, à Bray-sur-Seine (Seine-et-Marne). Il est le fils de Joseph Leblanc et d’Alice Martinet. Avant la guerre, il exerce la profession d’agent d’affaires à Paris.

Mobilisé au 34e R.I.T., il est versé au 149e R.I., le 1er octobre 1914.

Soldat à la 10e compagnie, il tombe au champ d’honneur, le 4 mars 1915, à Aix-Noulette. Il est inhumé par ses camarades dans le boyau où il était tombé. Il repose définitivement depuis le 15 juin 1922, dans le cimetière communal de Bray-sur-Seine.

 

Décoré de la Médaille militaire, le 15 novembre 1915 :

« Brave soldat, ayant toujours accompli vaillamment son devoir. Mort pour la France, le 4 mars 1915, à Noulette.» Croix de guerre avec étoile de bronze. 

 

Source :

« Livre d’or des anciens élèves du lycée de Sens » de Paul Schaumann. Éditions : Sens, société générale d’imprimerie et d’édition. 1925.

 

Un grand merci à Thierry Cornet. 

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01 mai 2015

1er mars 1915.

Groupe_de_soldats_149e_R

 

Tableau des tués pour la journée du 1er mars 1915

Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 1er mars 1915

 

Depuis plusieurs semaines, le 149e R.I. occupe un secteur autour de Noulette, un petit village qui se trouve dans le Pas-de-Calais. Un bataillon est en première ligne, à l’ouest de la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette, entre le bois des Boches et le bois 8. Un second bataillon, qui se tient prêt à intervenir en cas de besoin, est placé dans les tranchées dans le secteur de Noulette. Un troisième bataillon est au repos, à la fosse 10 près de Sains-en-Gohelle. Les bataillons se remplacent mutuellement en alternant sur ces trois secteurs.

Le 2e bataillon est en 1ère ligne depuis la relève qui a eu lieu dans la nuit du 26 au 27 février. À l’aube du 1er mars, ce sont donc trois compagnies de ce bataillon qui se trouvent en face des Allemands.

Le commandant Magagnosc est installé dans son P.C. dans le bois 7. Une de ses compagnies est en réserve non loin de là. Le 3e bataillon du commandant Laure est établi à Noulette et le 1er bataillon du commandant Bichat est à la fosse 10.

De 7 h 00 à 15 h 00, les hommes du commandant Magagnosc subissent un violent bombardement de la part de l’artillerie ennemie. Au total, ce sont plus de 350 projectiles qui vont être tirés sur le secteur. Des obus de 77, de 105 et de 150 arrosent la haie G, le boyau situé sur le versant de Notre-Dame-de-Lorette, le P.C. du chef de bataillon et les bois 4 et 5.

Les bombes ennemies causent de sérieux dégâts sur la 1ère ligne. Les tranchées et les boyaux sont bouleversés dans les secteurs des compagnies de droite et du centre. Des abris se sont éboulés, des hommes se retrouvent ensevelis et quelques mitrailleuses sont mises hors d’état. Des pionniers et des fractions de la compagnie de réserve sont envoyés pour faire du déblaiement et pour remettre en état les tranchées qui ont été endommagées. La compagnie de gauche a dû évacuer sa tranchée de 3e ligne qui a été complètement culbutée par l’artillerie ennemie. Elle se tient momentanément dans un boyau situé à quelques mètres en arrière en attendant de pouvoir retrouver sa position initiale.

 

Carte_1_journee_du_1er_mars_1915

Legende_carte_1_journee_du_1er_mars_1915

 

Le chef du 3e bataillon du 149e R.I., le commandant Auguste Laure, rédige un rapport sur les événements qui se sont déroulés au cours de cette journée. Son compte-rendu est rapidement envoyé au général Guillemot, l’officier supérieur qui se tient à la tête de la 85e brigade.

Le lendemain, ce dernier adresse un courrier à l’intention de son supérieur direct, le général Lombard qui commande la 43e D.I.. Voici ce qu’il écrit : 

« J’ai l’honneur de vous rendre compte des faits suivants qui font l’objet d’un rapport du chef de bataillon Laure, commandant le sous-secteur du 149e R.I., dont je cite des extraits ci-après :

 

Sous_secteur_du_149e_R

 

Trois fourneaux de mines ont explosé le 1er mars en 1, 2 et 3.

Le 2e bataillon qui est relevé par le 3e bataillon à 20 h 00 ne s’en est pas aperçu.

  1. Parce que le bruit de l’explosion à dû se confondre avec celui du bombardement.

  2. Parce que la tranchée de droite aété démolie par des minenwerfer en A et en B (ancien emplacement de mitrailleuses) et en D et C  (nouveau boyau de jonction)

Personne n’a pu s’approcher le jour du chaos qui se trouve en A et C. L’adjudant-chef Peltier lui-même (chef des grenadiers),qui était allé en B à la fin de la journée pour reconnaitre son travail de la nuit, ne s’était rendu compte de rien. Ce n’est que vers 21 h 00, après avoir avancé le déblaiement entre A et B, qu’il est arrivé au bord de l’entonnoir 1, et, de là, il a pu reconnaître les entonnoirs 2  et 3.

Le chef de bataillon Laure, prévenu, est allé reconnaître lui-même et continue comme suit :

« Je rentre de la reconnaissance et, bien qu’étant parti sceptique, je n’ai plus aucun doute. Les entonnoirs, par la régularité de leur disposition, par leurs dimensions formidables, par le fractionnement de la terre en énormes blocs, par le fissurage profond des flancs, sont très certainement dus à l’explosion de trois fourneaux de mine. Ils ont été, selon toute vraisemblance, établis au bout d’une galerie venant de T0.»

Le commandant Laure estime que cette explosion est un accident dans le travail de l’ennemi. Il est convaincu que de semblables travaux ont pour points d’origine T1, T2 et T3 et que dans le plan de l’ennemi, toutes les explosions doivent être simultanées au moment d’une attaque. »

Des ordres sont donnés :

  1. Pour que le commandant de compagnie du génie 21/1 reconnaisse, si possible, le bien-fondé des précisions du commandant Laure et qu’il prenne des disposions en conséquence.

  2. Pour que la parallèle, place de rassemblement au pied des haies-talus, soit aménagée de suite par les territoriaux en tranchée de 2e ligne.

  3. Pour qu’aux abris du bois 6, il y ait, à partir de ce soir, 2 compagnies au lieu d’une.

Je demanderai, de plus, qu’une reconnaissance de sapeurs-mineurs soit faite d’urgence, pour étudier les travaux destinés à contre-battre par la mine les travaux de l’ennemi. »

Tard dans la nuit, les 3 bataillons du régiment occupent les positions suivantes après les mouvements de relève :

Le 1er bataillon est à  Noulette.

Le 2e bataillon est à la fosse 10.

Le 3e bataillon est en 1ère ligne.

Sources :

J.M.O. du 31e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 626/25.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/10.

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette ». Capitaine J. Joubert, aux éditions Payot- 1939.

Les archives du S.H.D. de Vincennes ont été consultées.

Le plan qui a servi de trame à la construction de la carte visible dans cet article est antérieur de quelques jours à la date du 1er mars 1915. Les tracés des tranchées et des boyaux ont pu être légèrement modifiés par les bombardements et par les travaux effectués par les hommes du régiment entre les deux périodes.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carrobi, à A. Chaupin, à T. Cornet à M. Porcher, à l’association « Collectif Artois 1914-1915 » et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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