02 septembre 2016

Edmond Lauvernay (1895-1916).

Edmond_Lauvernay

Le 26 juin 1895, Edmond Lauvernay voit le jour dans la demeure de son grand-père maternel, à Nanton, une commune du département de la Saône-et-Loire. À sa naissance, son père Étienne, qui est un homme âgé de 26 ans, exerce la profession d’employé. Sa mère, Marie Louise Barbier, est couturière. Elle a 25 ans. Les parents vivent et travaillent à Lyon.

Edmond se fait embaucher comme dessinateur aux chantiers Schneider de Chalon-sur-Saône, après avoir terminé ses études à l’école professionnelle de cette ville.

Le conflit contre l’’Allemagne débute en août 1914. Edmond Lauvernay n’est pas concerné par la mobilisation. En effet, il fait partie de la classe 1915 qui sera, cependant, obligée de passer la visite médicale du conseil de révision, onze mois avant la date officielle d’incorporation.

Appelé à l’âge de 19 ans et demi, Edmond Lauvernay se retrouve classé dans la 1ère partie de la liste. Il doit quitter la ville de Châlon-sur-Saône pour rejoindre le 158e R.I. à compter du 19 décembre 1914, pour y être formé aux bases du métier de fantassin. Il est ensuite muté au 149e R.I., le régiment frère de brigade. Le 8 juin 1915, le soldat Lauvernay doit rejoindre sa nouvelle affectation pour aller bientôt combattre en Artois.

Le jeune homme est nommé caporal le 25 juin 1915. Il va rester durant six mois dans la région d’Aix-Noulette. Son régiment est ensuite appelé à combattre près de Verdun en mars 1916.

Le 2 avril 1916, sa compagnie, la 2e, se retrouve engagée dans une attaque qui est censée reprendre la partie du village de Vaux-devant-Damloup fraîchement perdue. Le caporal Lauvernay est tué au cours de cette tentative qui était vouée à l’échec.

Il n’y a pas de sépulture connue pour ce caporal. Edmond Lauvernay est resté célibataire.

Le caporal Lauvernay est inscrit au tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume dans le J.O. du 11 août 1920 « Tombé glorieusement, le 2 avril 1916, en entraînant ses hommes à l’assaut du village de Vaux, devant Verdun. A été cité. »

Décoré de la croix de guerre avec étoile de vermeil.

Sources :

La fiche signalétique et des services du caporal Edmond Lauvernay a été consultée sur le site des archives départementales de la Saône-et-Loire.

Livre d’or de l’école professionnelle de Chalon-sur-Sâone. Éditions Imprimerie Générale Administrative de Chalon-sur-Sâone.

Le J.O. du 11 août 1920 a été lu sur le site « Gallica ».

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à C. Fombaron et aux archives départementales de la Saône-et-Loire.

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09 septembre 2016

Ernest Jules Fabre (1894-1983).

Ernest_Jules_Fabre

Ernest Jules Fabre voit le jour le 28 mars 1894, dans le petit village de Saint-Étienne de Tinée situé dans le département des Alpes-Maritimes. Son père se prénomme Augustin Joseph. Cet homme a 35 ans à la naissance de son fils. Sa mère, Catherine Madeleine Fabre, est une femme âgée de 31 ans. Les parents exercent tous deux le métier de cultivateur. C’est accompagné du préposé des douanes Éléazar Fulconis et du garde champêtre Alexis Ferraison que le père s’est rendu à la mairie du village, pour venir y déclarer la naissance du nouveau-né.

Ernest est l’avant-dernier d’une fratrie de cinq enfants, qui est composée de deux filles et de trois garçons. Le premier de ses frères, Albert Joseph Benjamin, décède dans sa première année de vie, le second Théophile Émile à l’âge de 12 ans.

Quittant l’école très tôt, l’adolescent est amené à pratiquer la même profession que ses parents. Il va exercer ce métier jusqu’au tout début du mois de septembre 1914, moment où sa classe d’incorporation est appelée pour cause de guerre.

Ernest Fabre doit se présenter devant le conseil de révision deux mois avant la date prévue. Il se retrouve classé dans la 5e partie de la liste. Les médecins viennent de l’ajourner pour faiblesse.

Le jeune homme peut maintenant retourner dans son village natal sans se préoccuper de savoir où il lui faudra se rendre avant d’être envoyé sur le front. Mais dans quel état d’esprit se trouve-t-il lorsqu’il quitte la salle du conseil de révision ? Ce n’est certainement pas très facile de devoir dire aux camarades de classe, qui vont bientôt rejoindre leur régiment d’affectation, qu’il ne peut pas partir pour l’instant, surtout en cette période de début de conflit ! En attendant, quel que soit l'humeur du moment, il va lui falloir reprendre le métier à la ferme. Comme tout le monde, Ernest ne sait pas encore que le sort de son pays est en train de basculer dans un chaos international qui va durer plusieurs années. Certains s’imaginent encore que tout sera probablement terminé avant la fin de l’année 1914.

Ernest se voit de nouveau convoqué devant le conseil de révision un peu moins de quatre mois plus tard. Cette fois-ci, il se retrouve classé dans la 1ère partie de la liste. En raison de la pression sociale réelle qui existait, on peut imaginer qu'il a certainement été soulagé par cette décision. Il est incorporé à compter du 17 décembre 1914. Deux jours plus tard, il rejoint le dépôt du 58e R.I., un régiment du 15e C.A. qui se trouve à Avignon, où il revêt l’uniforme de fantassin.

Ernest Fabre est ensuite envoyé au dépôt du 149e R.I. à Épinal, après avoir reçu les bases élémentaires du métier de soldat. Nous sommes le 24 mai 1915. Le 8 juin, il arrive dans la zone des armées, avec un renfort, pour intégrer une section de la 2e compagnie du régiment spinalien.

Cette compagnie a été malmenée au cours d’une attaque qui s’est déroulée le 29 mai et il faut, maintenant, reconstituer les effectifs avec les nouveaux arrivants.

Le 149e R.I. combat en Artois, près d’Aix-Noulette, depuis la fin du mois de décembre 1914. Il va rester dans ce secteur jusqu’au mois de janvier 1916.

Mars 1916, le régiment doit se rendre à Verdun. Les Allemands sont particulièrement virulents sur cette partie du sol meusien. Ils ont lancé une offensive d’envergure commencée le 21 février. Ernest Fabre est blessé à la cuisse droite par un éclat d’obus le 2 avril 1916. Sa compagnie se trouve, à ce moment-là, engagée dans un combat qui a lieu dans le secteur de Vaux-devant-Damloup. 

Le jour même de l’attaque, il parvient à rejoindre l’arrière avant d’être évacué vers un hôpital situé en dehors de la zone des armées. Cette blessure lui évite la capture qui fut le sort de bon nombre de ses camarades de section partis à l'assaut.

Le 22 mai 1916, il peut réintégrer son régiment qui se trouve maintenant en Champagne du côté des buttes de Tahure.

Il est nommé caporal le 10 octobre 1918. La 1ère guerre mondiale touche presque à sa fin.

Le caporal Fabre a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre du corps d’armée n° 217 du 25 juillet 1918 :

« F.M. Courageux et énergique, le 15 juillet n’a pas hésité, malgré le feu des mitrailleuses, à se mettre debout sur le parapet pour tirer sur les groupes ennemis qui cherchaient à s’infiltrer par un boyau et a réussi à arrêter net la progression, en causant des pertes sérieuses à l’ennemi. »

Citation à l’ordre de la division n° 385 du 26 octobre 1918 :

« Le 28 septembre 1918, sous un violent tir de mitrailleuses ennemies, a tiré jusqu’à la dernière extrémité pour repousser une contre-attaque allemande occasionnant des pertes à l’ennemi. »

Un peu moins d’un an plus tard, c’est le retour à la vie civile. Ernest Fabre est mis en congé illimité de démobilisation le 18 août 1919, par le dépôt du 163e R.I.. Il va pouvoir enfin retourner vivre chez lui à Saint-Étienne de Tinée. Une fois l’uniforme quitté, le Caporal Fabre reste maintenu au service armée. Il essaye d’accéder à une pension d’invalidité qu’il ne parvient pas à obtenir. Les séquelles de son ancienne blessure, reçue à Verdun, sont évaluées à moins de 10 % par la commission de réforme de Nice qui prend cette décision le 29 mai 1920.

Le 14 août 1920, il épouse Rosa Honorine Marie Rivière à Salernes ; de cette union naitront deux filles, Simone et Paulette.

Ernest Fabre est maintenant classé dans l’affectation spéciale de la 10e section des chemins de fer de campagne, une subdivision complémentaire, en qualité de poseur de la compagnie sud-France, du 24 janvier 1921 au 10 janvier 1926. Il vit maintenant à Montauroux dans le Var.

Il est ensuite reclassé dans l’affectation spéciale à la 2e section des chemins de fer, subdivisions complémentaires, comme cantonnier, à la compagnie des chemins de fer P.L.M. à Goufaron à partir du 5 mai 1926.

Ernest Fabre est maintenu affecté spécial avec la même qualification professionnelle dans cette compagnie au service de la voie, jusqu’au 1er août 1927. Il passe en domicile à Toulon à la fin du mois de novembre 1927.

Le 28 mars 1953, Ernest Fabre épouse en secondes noces Anne Marie Peduzzi à Golfe Juan.

Ernest Fabre est décoré de la Médaille militaire le 12 décembre 1965. (J.O. du 11 mai 1966) puis de la Légion d'honneur le 30 octobre 1979 (J.O. du 4 novembre 1979). Cet évènement a fait l’objet d’un article qui a été publié dans la presse locale en janvier 1980. Celui-ci montre l’ancien poilu du 149e R.I. entouré de sa famille après la remise de sa décoration.

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Le cliché est accompagné du texte suivant :

« Entouré de ses deux filles Simone et Paulette, accompagnées de leurs gendres, de ses six petits-enfants et de ses sept arrière-petits-enfants, M. Ernest Fabre, 86 ans, retraité de la S.N.C.F., à reçu à la Bocca, au club Michel-Jourdan du troisième âge, en présence de ses nombreux amis, la croix de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur qui lui a été récemment décernée à titre militaire.

M. Jacques Susini, adjoint, représentant M. Georges Charles Ladevèze, maire, devait déclarer dans son allocution : « Cette distinction qui vous est décernée vient, bien des années après, récompenser votre action courageuse lors de la 1ère guerre mondiale et en particulier à Verdun. C’est un hommage à votre courage, mais aussi à la mémoire de tous vos camarades tombés dans un combat pour la liberté. »

Sous les applaudissements, M. Gilbert Fort, président de l’U.F.A.C., conseiller municipal, épinglait ensuite sur le revers de la veste de M. Ernest Fabre, la décoration valeureuse.

Puis au nom des membres du club Michel-Jourdan, M. Santini félicitait le récipiendaire dont il retraçait un des faits d’armes : « En 1916, dans les très durs combats qui se sont déroulés près de l’étang de Vaux, notre camarade Ernest Fabre est resté seul vivant de sa compagnie. Son comportement lui valut d’être cité à l’ordre de l’armée. »

Déjà titulaire de la Médaille militaire, de la croix de guerre, de la médaille de Verdun, de la médaille des cheminots et de la valeur militaire, M. Ernest Fabre devait sabler le champagne non sans une réelle émotion avec ses amis et les personnalités parmi lesquelles, outre celles déjà citées, MM. Tournet, Cerri, Buytet, Renaudo, Cerri, adjoints ; Perotto, et Paoli, conseillers municipaux, M. Duranti, vice-président de l’A.C.I.A.C., M. Falleri, représentant l’association des cheminots anciens combattants, Mme Baume, directrice de l’office municipal du troisième âge ; Mme Montariol, responsable du club Michel-Jourdan, les responsables de clubs de troisième âge ; Mme Michel, Norman, Beauquier et Mmes Kahl et Egé, animatrices.

Nous adressons à M. Ernest Fabre nos vives félicitations et nos compliments aux membres de sa famille. »

Ernest Jules Fabre décède le 28 octobre 1983 à Cannes.

Sources :

Le portrait d’Ernest Jules Fabre provient du site « MémorialGenWeb ».

Les informations concernant ce soldat sont extraites de sa fiche signalétique et des services et de son acte de naissance qui ont été consultés sur le site des archives départementales des Alpes-Maritimes. Le site « MémorialGenWeb » a également été regardé.

L’article de presse concernant la remise de la Légion d'honneur d’Ernest Jules Fabre ainsi que la photographie de son poignard personnel utilisé sur le montage ont été fournis par son arrière-petit-fils, T. Goume.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à T. Goume, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales du département des Alpes-Maritimes.

 

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16 septembre 2016

Marcel Henri Léon Vayssière (1890-1916).

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Marcel Henri Léon Vayssière est né le 7 novembre 1890, dans le petit appartement de ses parents, situé au numéro 50 rue Lemercier, dans le 17e arrondissement de Paris. À la naissance de l’enfant, le père Louis Henri travaille comme employé au chemin de fer de l’ouest. La mère, qui n’exerce pas de profession, porte les prénoms de Marie Aimée. Son nom de jeune fille est Daburon. Les parents sont, tous deux, âgés de 29 ans.

Marcel Henri Léon Vayssière quitte la capitale pour aller suivre les cours du Prytanée, une école militaire qui se trouve dans le département de la Sarthe. Une fois ses études terminées, il retourne à Paris. Le jeune homme a fait son choix ; il veut devenir soldat, mais il n’a pas encore atteint l’âge de la majorité. Il doit absolument obtenir l’autorisation parentale pour pouvoir aller signer son futur contrat avec l’armée. Ayant obtenu l’accord paternel, Marcel Henri Léon se rend à la mairie du 16e arrondissement le 28 février 1910, pour venir apposer son nom sur le document qui doit acter son engagement volontaire de quatre ans.

Le futur artilleur rejoint la ville de Vannes pour intégrer le 35e R.A.C..

La formation de sous-officier suit son cours. Le canonnier Vaysssière devient brigadier le 30 août 1910 puis maréchal des logis le 18 avril 1911. Versé six jours plus tard à l’intendance, il occupe les fonctions de maréchal des logis fourrier.

Son premier contrat arrive bientôt à échéance. Souhaitant poursuivre sa carrière militaire, il signe à nouveau le 11 novembre 1913 pour une durée d’un an. Ce contrat prend effet au moment où la date butoir du précédent est atteinte.

Pas vraiment le temps de s’installer dans la « routine » de la vie de caserne ! Août 1914… La guerre contre l’Allemagne débute. Les batteries du 35e R.A.C. sont embarquées, en gare de Vannes, sur les wagons qui doivent prendre la direction de la frontière du nord-est.

Ce régiment est beaucoup sollicité au début du conflit. Il y a de fortes probabilités pour que le maréchal des logis Vayssière ait participé à la plupart des combats dans lesquels s’est trouvé engagé le 35e R.A.C. : Maissin, Tourteron, Lenharrée et Semoine, Jonchery-sur-Suippe.

Lassé du 75, il souhaite quitter l’artillerie. L’ancien Fléchois fait une demande écrite pour être versé dans l’infanterie comme sous-lieutenant, à titre temporaire, durant l’automne 1915. Il obtient cette promotion et son changement d’affectation le 7 octobre.

Le sous-lieutenant Vayssière doit maintenant rejoindre le front d’Artois, pour assurer le commandement d’une section de la 11e compagnie du 149e R.I. à partir du 14 octobre.

Il reste dans cette compagnie jusqu’au 29 novembre 1915. Le lendemain, Marcel Henri Léon Vayssière est affecté à la 3e compagnie. N’ayant pas suivi la formation théorique qui incombe au grade de sous-lieutenant, il est amené à suivre les cours dispensés par le centre d’instruction du 21e C.A.. Son stage se déroule du 6 au 13 décembre 1915.

Le 13 décembre, c’est l’évacuation vers l’arrière pour maladie. Une fois guéri, cet officier retourne dans la zone des armées le 10 janvier 1916 ; nous sommes à quelques semaines de l’engagement du régiment dans le secteur de Verdun.

Le nom de cet homme ne reste pas bien longtemps inscrit dans le registre des effectifs du 149e R.I.. En effet, le sous-lieutenant Vayssière trouve la mort le 2 avril 1916, au moment où il mène sa section à l’assaut au cours d’une attaque qui est supposée reprendre la partie perdue du village de Vaux-devant-Damloup.

Pour en savoir plus sur les événements qui se sont déroulés au cours de cette journée, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Commandant_Magagnosc_et_sous_lieutenant_Auvert

La brièveté de son passage au 149e R.I. n’empêche pas ses supérieurs d’évaluer ses compétences à leur juste valeur. Ils diront de lui que c’était un excellent officier, sérieux, intelligent, dévoué et plein d’entrain.

Comme beaucoup d’hommes qui ont participé à l’attaque du 2 avril, il est, dans un premier temps, considéré comme disparu. Les instances officielles vont lancer des recherches auprès des soldats de sa compagnie qui ont été faits prisonniers à cette date.

Le Comité International de la Croix Rouge fait parvenir plusieurs rapports de soldats du 149e R.I. qui vont malheureusement certifier le décès de cet homme.

Le lieutenant Stehlin fait savoir :

« Atteint d’une balle à la poitrine le 2 avril 1916 à 4 h 30, attaque du village de Vaux. N’a plus donné signe de vie. »

Le 22 octobre 1916, l’aspirant Bouteille écrit :

« Décédé le 2 avril 1916 au matin, à la lisière sud du village de Vaux, en entraînant sa section à l’attaque. »

Le sergent Arthur Laurentz, le caporal Durand, l’infirmier Paul Viala et le soldat Ernest Chauvet confirment également la mort du sous-lieutenant Vayssière.

Deux procès-verbaux d’auditions de témoins en captivité viennent compléter ces rapports. Ils sont envoyés au service général des pensions du ministère de la guerre.

Le premier concerne le sergent fourrier Henri Lazarus.

« Le sous-lieutenant Vayssière a été tué d’une balle le 2 avril 1916 aux environs de Verdun. »

Le second rapport intéresse les caporaux Ernest Launay et Ernest Michaud. Celui-ci décrit de manière beaucoup plus précise les circonstances de la mort du sous-lieutenant Vayssière.

«  En partant à l’assaut, Monsieur Vayssière reçut plusieurs balles dont une à la tête et tomba. Il resta inanimé. Michaud était à un mètre et Launay à trois mètres de lui. Ils restèrent dans les trous d’obus toute la journée, près du lieutenant qui était étendu à la renverse sans donner signe de vie. Les Allemands étaient à six mètres d’eux. Les déclarants furent pris le soir. »

Cette déclaration a été faite à Messieurs Alfred Ferrand, docteur en droit, notaire à Caudry, adjudant au 4e R.I.T. et Léon Petitfils, docteur en droit, notaire à Commines, caporal au 1er R.I.T., prisonniers à Friedrischfeld.

Tous les hommes interrogés sont  donc catégoriques, le sous-lieutenant Vayssière a bien été tué le jour de l’attaque.

Le 4 octobre 1918, le tribunal de la Seine déclare constant le décès du sous-lieutenant Vayssière à la date du 3 avril 1916. La transcription de ce jugement est effectuée sur les registres de l’état civil de la mairie de Courbevoie le 31 décembre 1918.

Jusqu’à ce jour, il est impossible de dire si le corps de cet officier a été retrouvé après la guerre.

Les restes mortuaires de cet officier reposent-ils anonymement dans la crypte assignée au secteur de son décès, dans l’ossuaire de Douaumont ? Ont-ils été transférés dans une sépulture d’un cimetière communal après avoir été restitués à la famille ? La réponse à ces questions reste pour l’instant inconnue.

Le sous-lieutenant Vayssière a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre de la 85e brigade n° 36 du 24 mars 1916.

« A fait preuve du plus grand sang-froid pendant le bombardement que dut subir sa compagnie les 8 et 9 mars 1916. Le 8 mars, un obus de gros calibre ayant fait de nombreuses victimes parmi lesquelles le chef d’une section voisine, le sous-lieutenant Vayssière rétablit l’ordre dans sa section. Il ne rentra dans son abri que lorsque tous les blessés furent pansés et mis en sécurité. »

Citation à l’ordre de la IIe armée n° 180 du 25 mai 1916.

« Officier très brave, animé des sentiments les plus élevés. Est tombé mortellement frappé le 2 avril 1916, en entraînant sa section à l’attaque d’un village fortement occupé par les Allemands. Déjà cité à l’ordre de la brigade. »

Marcel Henri Léon Vayssière est resté célibataire.

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Historique du 35e R.A.C.. Imprimerie du commerce. Vannes.

Le portrait du sous-lieutenant Marcel Henri Léon Vayssière provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue illustration.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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23 septembre 2016

3 avril 1916.

3_avril_1916

Du côté du 1er bataillon du 149e R.I..

Les éléments de la 86e brigade qui ont participé à l’attaque du 2 avril viennent d’essuyer un échec massif. La partie du village de Vaux-devant-Damloup, qu’ils avaient pour mission de reconquérir, est demeurée entre les mains de l’ennemi.

Les pertes sont colossales. La 5e compagnie du 158e R.I. a englouti la quasi-totalité de son effectif sur la terre meusienne. Il manque à l’appel près de 340 hommes au 31e B.C.P.. Le 1er bataillon du 149e R.I. a perdu presque tous les hommes. La plupart d’entre eux ont été faits prisonniers à la suite d’une contre-attaque allemande.

Un bilan approximatif donne les chiffres suivants pour le 1er bataillon du 149e R.I..

Effectifs_du_1er_bataillon_du_149e_R

En dehors d’un bombardement violent et continu, il n’y a pas d’incident majeur dans le secteur du 31e B.C.P. et du reste du 1er bataillon du 149e R.I. durant la journée du 3 avril. Les troupes françaises peuvent, dans la mesure du possible, améliorer les positions occupées.

À l’ouest du 1er bataillon du 149e R.I..

L’état-major de la 43e D.I. doit maintenant réorganiser les positions qui restent fragilisées avec les troupes de réserve. En effet, les Français sont loin d’être à l’abri d’une nouvelle attaque ennemie. Mais les Allemands ne lanceront pas d’autre offensive dans la zone de la 86e brigade. L’ennemi reste particulièrement occupé dans le secteur de la 70e D.I.. Il poursuit son attaque commencée la veille. Ici aussi, il gagne du terrain.

Deux bataillons du 74e R.I., arrivés en renfort à 6 h 00, sont aussitôt lancés dans la mêlée pour tenter de reprendre la partie laissée aux Allemands dans le secteur de cette division.

Carte_1_journee_du_3_avril_1916

Legende_carte_journee_du_3_avril_1916

Du côté des 2e et 3e bataillons du 149e R.I..

Le 3e bataillon, commandé par le capitaine de Chomereau de Saint-André, occupe toujours le secteur du fort de Vaux.

Plan_dessine_par_le_capitaine_Gaston_de_Chomereau_de_Saint_Andre

Le commandant du 3e B.C.P. s’apprête à relever le 10e B.C.P. avec ses hommes. Il doit passer par le fort de Vaux en remontant en  1ère ligne. Le temps de rencontrer le capitaine de Chomereau de Saint-André, il apprend que de ce côté de la ligne de front, l’artillerie lourde française de 155 tire régulièrement trop court. Les coups proviennent de la direction du bois des Hospices. Il fait parvenir une petite note et un croquis, donnant les points d’impacts de ces obus, au général de Baucheron de Boissoudy responsable de la 43e D.I..

Points_d_impacts_des_obus_de_155_fran_ais

Sous les ordres du commandant Schalk, le 2e bataillon quitte le fort de Tavannes pour venir s’installer aux abris du ravin.

Carte_2_journee_du_3_avril_1916

Un peu en arrière de la 1ère ligne.

Le lieutenant-colonel Abbat, chef du 149e R.I., rédige son compte rendu de fin de journée depuis son P.C..

« Journée plus calme que les précédentes. Quelque obus à intervalles très espacés. Le travail consiste à réduire la largeur des cabanes, ce qui rend la circulation plus facile. Deux hommes peuvent se croiser plus facilement sur le côté laissé libre. Renouvelle encore demande instante d’appareils d’éclairages.»

Cette demande d'appareils d'éclairage peut paraître anecdotique. Elle ne l'était pourtant pas : les mouvements de troupes se faisaient le plus souvent la nuit, dans un noir plus ou moins complet. L'absence d'éclairage digne de ce nom dans les ouvrages et dans les lieux à forte concentration en hommes n'étaient pas sans poser de gros problèmes comme le montre cet extrait d'un rapport du génie de la 43e D.I..

« Le manque de lumière dans les forts de Vaux et de Tavannes et dans le tunnel de Tavannes  gêne considérablement la circulation des nombreuses unités qui y stationnent. Les relèves partielles, les corvées de ravitaillement en vivres, les tâches des différentes équipes de travailleurs sont considérablement ralenties par ce problème, qui entraîne des arrêts fréquents à l’entrée des forts et du tunnel. Ces endroits sont régulièrement bombardés, ce qui occasionne régulièrement des cris, parfois des chutes qui peuvent être graves… En un mot, cette situation rend particulièrement difficile le maintien de l’ordre et la discipline, sans parler de la lenteur des mouvements de troupes qui pourraient être beaucoup plus rapides. »

Dans la nuit du 3 au 4 avril 1916.

Les 5e et 8e compagnies du 149e R.I. viennent relever les 1ère et 4e compagnies du 158e R.I. placées dans le sous-secteur nord à la disposition du  31e B.C.P. vers 22 h 00.

D’autres mouvements de relèves vont avoir lieu dans le secteur de la 43e D.I. durant la nuit.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 70e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 394/1.

J.M.O. de la 5e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 268/9.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. de la 86e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/14.

J.M.O. du 1er B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 815/2.

J.M.O. du 10e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 819/4.

J.M.O. du 31e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 826/26.

J.M.O. du 44e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 827/14.

J.M.O. du 74e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 660/13.

J.M.O. du 158e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 700/11.

J.M.O. du 226e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 721/2.

J.M.O. du 237e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 725/2.

J.M.O. du 269e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 733/9.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Le fond de carte,qui aservi de support à la réalisation de la carte donnant les emplacements approximatifs des 43e et 70e D.I., provient du J.M.O. du groupement D.E. de la place de Verdun. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 70/7.

La carte dessinée du secteur de Verdun, qui peut se voir ici, a été réalisée simplement à partir des indications données dans les différents J.M.O. cités dans les sources. La marge d’erreur indiquant les positions des régiments des 43e et 70e D.I. risque d’être assez importante. Cette carte n’est donc là que pour se faire une idée approximative des lieux occupés par ces unités durant la journée du 3 avril 1916.

Le plan dessiné par le capitaine Gaston de Chomereau de Saint-André provient de la collection personnelle de son petit fils.

Les portraits des commandants Magagnosc, Schalck et du capitaine de Chomereau de Saint-André proviennent du tableau d’honneur de la guerre 1914-1918 publié par la revue « l’illustration ».

Le plan qui figure sur le montage est extrait de l’ouvrage « La bataille de Verdun expliquée sur le terrain et par les cartes » du colonel Marchal et du capitaine Forestier. Éditions H. Frémont  et fils.

La photographie du fort de Vaux  datée du 31 mars 1916 provient du livre allemand « Die tragődie von Verdun 1916. II Teil. Dibenburg I.D.. Berlin 1928.

Le tableau suivant donne une indication sur les effectifs du 149e R.I. à la date du le 1er mars 1916.

Effectifs_du_149e_R

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à A. Carobbi, à T. de Chomereau,  à A. Orrière, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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30 septembre 2016

Livre d’or du lycée Condorcet.

Un officier et un futur officier du 149e R.I. sont inscrits dans le livre d’or de ce lycée parisien. Seuls le grade, l’année de naissance, l'appartenance régimentaire et les citations sont nommés.

Lycee_Condorcet
Joseph François Duhail est né en 1897. Il est aspirant au 149e R.I..

Citation à l’ordre du corps d’armée, le 4 novembre 1918 :

« Jeune aspirant énergique et dévoué. Dans les journées du 25 au 28 septembre 1918, a conduit parfaitement le peloton de mitrailleuses dont il avait le commandement, suivant la progression des premières vagues d’assaut et assurant l’occupation du terrain conquis. A eu de nouveau une conduite admirable à l’attaque du 3 octobre 1918 où, à la tête d’une section d’assaut, il a été glorieusement blessé,»

Maurice Crepet est né en 1878. Élève de l’école de Saint-Cyr, 1897. Capitaine au 149e R.I.. Tué à Notre-Dame-de-Lorette, 1915.

Citation à l’ordre de l’armée, septembre 1914 :« Le 19 septembre 1914 à conduit avec vigueur une attaque à la baïonnette ayant pour but de dégager le front sud d’un village, presque entièrement entouré par l’ennemi, l’a refoulé et a fait 80 prisonniers. »

Citation à l’ordre de l’armée, 15 août 1915 :

« Le 29 mai 1915, a fait preuve d’un grand courage en entraînant sa compagnie dans une attaque au petit jour contre les tranchées allemandes ; tué au cours du combat. »

Pour en savoir plus sur le capitaine Maurice Crépet, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante :

Capitaine_CREPET

Référence bibliographique :

Livre d’or du Lycée Condorcet. Cahors, imprimerie typographique A. Coueslant. Personnel intéressé. 1919.

Un grand merci à P. Baude.

 

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