Camille_Foignant__1891_1914_

 (Le montage que l’on peut  voir ci-dessus n’est que pure fiction et n’est pas fait à partir de  documents officiels ! il a simplement été réalisé pour rendre hommage à Camille Foignant.)

« Ma plus douce, durable et belle sépulture sera le cœur de ceux qui m’aiment. » Lucien Jacques.

Bien peu d’informations concernant mon grand-oncle ont pu traverser le temps. Après plusieurs années de recherche, je n’ai  pas réussi à retrouver la moindre lettre, un quelconque papier d’époque, un modeste portrait le concernant. J’ai tout juste pu lire sur sa fiche signalétique et  des services quelques maigres renseignements sur son parcours militaire. Malheureusement, elle reste vierge en informations détaillées. Cette dernière a été consultée aux Archives départementales des Vosges.

 

Voici, en quelques lignes, ce que j’ai pu reconstituer de son histoire.

Camille Foignant est né le 20 août 1891 à Pouxeux, petit village vosgien implanté sur le canton de Remiremont. Fils de Célestin, humble livreur de journaux et de Marie Célestine Cune, il est le second d’une fratrie de 7 enfants. Camille a 3 frères, Marcel, Léon et Maurice. Marcel, soldat de la classe 1915 est incorporé au 407e R.I.. Ce dernier décède le 26 mai 1918 à Couvrelle, commune que se trouve dans le département de l’Aisne. Il repose dans la Grande Nécropole Française de Vauxbuin près de Soissons. Son frère ainé, Léon échappe aux horreurs de la guerre suite à une réforme due à un accident de travail. Il meurt pourtant de manière indirecte des conséquences de  la guerre en succombant à la grippe espagnole en octobre 1918. Maigre consolation pour les parents, Maurice qui est  bien trop  jeune pour être mobilisé ne participe pas à ce conflit. Camille Foignant est âgé de 19 ans lorsqu’il se marie à Épinal avec Jeanne Bertrand en 1910. De cette union naîtront trois enfants. Il exerce la profession d’ouvrier d’usine dans cette ville avant de partir effectuer son service militaire comme soldat de la classe 1911 au 149e R.I.. Aguerri par de longs mois de service militaire  effectués dans ce régiment (je n’en connais pas le nombre exact), il  participe aux débuts des hostilités aux terribles combats du col de Sainte-Marie, d’Abreschviller et de Ménil, Thiaville et Saint-Benoît. Inutile de rappeler que ces combats furent particulièrement meurtriers pour le régiment ! Ensuite, ce sont les attaques sur le village de  Souain en septembre, les premières luttes du 149e R.I. dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette en octobre. Dans les tous premiers jours de novembre, la 6e compagnie dans laquelle se trouve Camille Foignant depuis le commencement du conflit, combat  en Belgique dans le secteur d’Ypres. Et puis le 13 novembre 1914, tout s’arrête. Il croise sur son chemin le regard de la « grande faucheuse ». Est-il  tué à l’orée d’un bois ? Au milieu d’un champ ? En bordure du  canal d’Ypres ? Au cours d’un repli ? Est-il touché par une balle ennemie ? Un éclat d’obus ? Nul ne le sait… Seule certitude, cela s’est passé du côté de Verbranden-Molen, minuscule bourgade qui se trouve  sur le territoire flamand de la Belgique. Son acte de décès nous indique simplement qu’il est décédé par suite de coup de feu à l’ennemi vers 17 h 00. Comme pour beaucoup de soldats du 149e R.I. tués sur la terre belge en 1914, il n’existe pas  de sépulture individuelle portant son nom.

 

Camille Foignant est cité à l’ordre du régiment et obtient la Croix de guerre avec étoile de bronze :

« Soldat plein de courage et d’entrain. Mort pour la France le 13 novembre 1914 dans la région d’Ypres, dans l’accomplissement de son devoir. »


Il est également inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire « À titre posthume », par l’extrait d’un arrêté fait à Paris et signé par le ministre de la guerre André Lefèvre datant du 9 septembre 1920. Cet extrait est publié au journal officiel du 20 janvier 1921.

 

Références bibliographiques :

« La Pâque dans la grange » de Lucien Jacques. Bibliothèque du Hérisson. Éditions Amiens, Librairie Edgar Malfère.

 

Un grand merci à M. Bordes, à  A. Carobbi et à J.N. Deprez, sans oublier  la mairie d’Épinal, le bureau central des archives administratives militaires de Pau et les archives départementales des Vosges.