Albert_Abel_Honiat

Louis Honiat, polisseur de profession, est âgé de 28 ans lorsqu’il se rend à la mairie de Nogent-en-Bassigny le dimanche 7 février 1892, pour venir y déclarer la naissance de son fils Albert Abel, né la veille, dans son domicile. La mère, Anne Félicie Sauvage est une femme âgée de 24 ans qui n’exerce pas de profession.

Comme l’indique sa fiche signalétique et des services avec son degré d'instruction de niveau 3, Albert Honiat a certainement obtenu son certificat d'étude. Après sa scolarité, il se fait embaucher à la coutellerie de Nogent-en-Bassigny.

Plusieurs années d’apprentissage lui seront probablement nécessaires avant de pouvoir prétendre au titre de coutelier, profession inscrite dans l’état civil de sa fiche matricule.

L’année de ses vingt ans, il doit se présenter devant le conseil de révision de Nogent-en-Bassigny, comme tous les jeunes gens de sa commune qui sont à un an de leur majorité.

Albert est inscrit sous le n° 34. Fragilisé par des problèmes pulmonaires, à tel point qu'il doit être examiné chez lui, ne pouvant se rendre au conseil de révision. il est classé dans la 5e partie de la liste en 1913.

Un an plus tard, il passe de nouveau devant le conseil de révision qui, cette fois-ci, l’inscrit dans la 2e partie de la liste.

Albert Honiat se retrouve classé dans le service auxiliaire avec le diagnostic médical suivant : développement musculaire insuffisant avec palpitations.

Le 30 octobre 1914, la commission spéciale de réforme de Langres le déclare « bon pour le service armé ».

Le soldat Honiat doit rejoindre, à compter du 8 novembre 1914, une unité combattante. Il se présente à l’entrée de la caserne du 149e R.I. quatre jours plus tard. Après une brève formation qui l’initie au maniement des armes et à la rude discipline militaire, il rejoint le front le 9 mars 1915. Son régiment combat depuis plusieurs semaines dans un secteur particulièrement exposé, du côté d’Aix-Noulette, un petit village situé dans le Pas-de-Calais. Albert Honiat intègre la 2e compagnie.

Il n’aura pas la « chance » de devenir un soldat aguerri, d’être un « ancien » aux multiples brisques cousues sur sa vareuse. Le 11 mai 1915, sa compagnie perd beaucoup d’hommes. Albert Honiat fait partie des soldats qui seront tués à cette date.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés au cours de cette journée, il suffit de cliquer une fois sur l'image suivante.

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Les soldats Louis Vittel et Émile Michel sont les deux témoins qui confirment son décès. Le corps de cet homme n’a pas été retrouvé. Il y a de fortes probabilités pour qu’il repose actuellement dans un des ossuaires de la plus grande nécropole de France, à Notre-Dame-de-Lorette.

Albert Honiat a été décoré de la Médaille militaire et de la croix de guerre avec étoile de bronze à titre posthume.

Son nom est gravé sur le monument aux morts de la ville de Poulangy.

Ce jeune homme ne s’est pas marié et n’a pas eu de descendance.

Sources :

 La fiche signalétique et des services et l’acte de naissance de ce soldat ont été consultés sur le site des archives départementales de la Haute-Marne.

L’acte de décès d’Albert Abel Hoinat m’a été envoyé par la mairie de Poulangy.

Le site « GénéaNetWeb » a également été consulté.

La photographie de la plaque émaillée figurant sur le montage a été réalisée par P. Baude.

Un grand merci à M. Bordes, à P. Baude, à A. Carobbi, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes, aux archives départementales de la Haute-Marne et la mairie de Poulangy.