Théodore Charles Dubois (1890-1968)
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Jeunesse
Théodore Charles Dubois est né le 18 avril 1890 à Zainvillers, un hameau de la commune de Vagney, situé dans le département des Vosges. Son père, Charles Louis François Dubois, âgé de 26 ans, est employé aux chemins de fer. Sa mère, Marie Zélie Richard, âgée de 23 ans, est ouvrière dans une filature.
Théodore est le deuxième enfant d'une fratrie de cinq, composée de trois filles et deux garçons. Deux de ses sœurs décéderont en bas âge.
La famille Dubois finit par s'installer à Nomexy. Bien que la date exacte de leur arrivée soit inconnue, leur présence dans le registre de recensement de 1896 atteste de leur résidence à cette date.
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La fiche matricule de Théodore Dubois indique un degré d'instruction de niveau 3. Cela signifie qu'il maîtrise l'écriture, la lecture et l'arithmétique. Après avoir terminé l'école communale, Théodore commence à travailler comme ouvrier dans l'une des filatures de Nomexy, contribuant ainsi au revenu familial.
Période de la conscription
Mobilisable en 1910, Théodore Dubois est déclaré apte aux obligations militaires par le conseil de révision, réuni à la mairie de Chatel. Il est inscrit dans la première partie de la liste de l’année 1910. Le 1er octobre 1911, il est incorporé au 149e R.I. et rejoint l’unité le 9 octobre.
Le 14 juillet 1912, il est promu soldat de première classe, en reconnaissance de ses compétences et de son dévouement. Quelques mois plus tard, le 26 septembre, il devient caporal. Le 21 mars 1913, il se rengage pour deux ans au titre du 149e R.I., à compter du 1er octobre 1913, conformément à la loi du 21 mars 1905.
Le 1er mars 1914, Théodore Dubois commence un stage comme moniteur d’éducation physique à l’école spéciale de Joinville. Le 16 avril, il est nommé sergent ; c’est une reconnaissance de son aptitude au commandement.
Le stage du sous-officier Dubois prend fin le 2 août 1914, veille de la déclaration de guerre avec l’Allemagne. De retour à Épinal, il est transféré au 349e R.I. Une partie du 149e R.I. a déjà quitté le dépôt en direction de la frontière en tant que troupe de réserve de couverture.
Au 349e R.I.
Théodore Dubois quitte la caserne Courcy pour rejoindre la caserne Haxo à Golbey, où son régiment se forme. Une fois le régiment au complet et après avoir été équipé, les réservistes commencent leur instruction le 5 août. Cette formation est brève, car tous les réservistes ont déjà acquis une solide expérience militaire au sein du 149e R.I. durant leur conscription. La discipline et l'endurance qu'ils ont développées pendant leur service militaire se révéleront essentielles pour les jours à venir.
Le 6e bataillon du 349e R.I. quitte le dépôt le 11 août, suivi du 5e bataillon et de la C.H.R. le 13 août. Le régiment se prépare à entrer en action. Les 23 et 24 août marquent son baptême du feu près du col de Sainte-Marie, à proximité de Wisembach ; c’est un lieu stratégique dans les Vosges.
Le 23 août, le régiment progresse, mais est contraint d'abandonner ses positions le lendemain en raison d'une contre-attaque allemande. Les pertes sont significatives au 6e bataillon. Le sergent Dubois, dont le numéro de compagnie n’a pas été identifié, sort indemne de ces premières journées de combat.
Après ces affrontements éprouvants, le 349e R.I. retourne à Épinal pour se réorganiser. Durant les quinze jours suivants, les soldats travaillent activement à l'organisation défensive dans le secteur de la ville. Cette période de répit leur permet également un repos physique et moral avant de retourner sur le front.
Engagé dans la bataille de la Marne, le régiment se positionne dans la région de Rambervillers. Le 24 septembre 1914, le sergent Théodore Dubois est sévèrement blessé à Donjevin. Il reçoit un coup de baïonnette au front et un éclat d’obus au menton. Cependant, son nom n'est pas mentionné dans la liste des blessés du J.M.O. du 349e R.I..
Après avoir été évacué vers l’arrière pour recevoir des soins, le sergent Dubois retourne dans son régiment le 5 décembre 1914. Peu de temps après, le 17 décembre, il est promu adjudant et affecté à la 23e compagnie, où il continue de servir avec distinction.
Le 1er mars 1915, lors d'un intense bombardement à La Chapelotte en Meurthe-et-Moselle, l’adjudant Dubois est blessé une seconde fois. Un éclat d’obus lui cause une plaie sus-malléolaire externe gauche, entraînant une fracture de la cheville. Malgré ses blessures, il maintient sa section sur son emplacement, faisant preuve d’un courage exceptionnel. Pour cet acte de bravoure, il est cité à l’ordre de l’armée.
Le nom de Théodore Dubois figure dans la liste des blessés du J.M.O. du 349e R.I. à la date du 1er mars 1915. Après avoir reçu des soins et bénéficié d’une période de convalescence, il réintègre le dépôt le 12 juillet 1915. Par la suite, il est affecté, successivement, à la 25e puis à la 26e compagnie à partir du 14 juillet. Poussé par un profond esprit de service, il se porte volontaire pour les compagnies de travailleurs, où il sert jusqu'au 28 septembre 1915, en attendant d’être réintégré dans une unité combattante.
Au 149e R.I.
Le 2 octobre 1915, l'adjudant Dubois intègre la 6e compagnie du 149e R.I.. Le régiment est en phase de réorganisation pour compenser les lourdes pertes subies lors des attaques du mois de septembre 1915 dans le secteur d'Aix-Noulette.
Le 149e R.I. participe à la bataille de Verdun du 6 mars au 8 avril 1916. Durant cette période, ce régiment occupe à deux reprises des secteurs de premières lignes autour des forts de Souville et de Vaux. L'adjudant Dubois se distingue par son parfait esprit militaire et par son courage, ce qui lui vaut une citation à l'ordre de la brigade.
Le 149e R.I. quitte le département de la Meuse à la mi-avril 1916. Après une courte période de repos à Landrecourt, Théodore Dubois se dirige vers la Champagne. Son régiment prend position dans un secteur situé entre les buttes de Tahure et celles de Mesnil, près des Deux-Mamelles.
Entre septembre et décembre 1916, le 149e R.I. est engagé dans la bataille de la Somme, participant à de nombreuses attaques. Le 25 septembre 1916, Théodore Dubois est promu au grade d'adjudant-chef en reconnaissance de ses mérites. Le 9 octobre, il est affecté au peloton des pionniers, une unité spécialisée rattachée à la C.H.R. du régiment.
Le 10 octobre, ses actions, lors d'une attaque menée par la 6e compagnie le 17 septembre 1916, lui valent une nouvelle citation à l'ordre de l'armée, témoignant de son courage et de son dévouement exemplaire.
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En 1917, l'adjudant Dubois est décoré de la Médaille militaire. Cette année-là, son régiment ne participe qu'à une seule bataille : celle de la Malmaison, le 23 octobre. Cependant, les actions spécifiques des pionniers de ce régiment durant cette bataille demeurent inconnues.
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L’année suivante, Théodore Dubois, à la tête de son groupe de pionniers, est cité à l’ordre de la division pour avoir maintenu le plus longtemps possible la position qui lui avait été confiée, durant une offensive allemande de grande ampleur le 28 mai 1918.
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Après plusieurs jours de combats acharnés dans le secteur d’Arcy-Sainte-Restitue, l’attaque allemande est finalement contenue.
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Lors de l’offensive allemande du 25 juillet 1918, l'artillerie ennemie envoie de nombreux obus à gaz sur les positions françaises. L’adjudant-chef Dubois, gravement brûlé au scrotum par l’ypérite, refuse de se faire évacuer et reste en première ligne. Pour sa détermination exceptionnelle, il sera cité à l’ordre du régiment.
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Accident de vélo et fin de la guerre
Le 18 septembre 1918, Théodore Charles Dubois est victime d’un grave accident de vélo à Pogny qui lui abîme sévèrement un bras. Cette fois-ci, la blessure est suffisamment grave pour qu'il soit évacué vers l’arrière, mettant ainsi un terme à sa participation directe à la guerre. Il ne retourne dans la zone des armées que le 20 novembre 1918, marquant la fin de son engagement actif dans le conflit.
L’après-guerre
Après la guerre, Théodore Charles Dubois poursuit sa formation militaire avec détermination. Du 2 mars au 17 avril 1919, il effectue un nouveau stage intensif à l’école de Joinville, renforçant ses compétences et ses connaissances. Le 18 avril 1919, il rejoint sa compagnie et, le 30 avril 1919, il est détaché à l’école de Saint-Cyr en tant qu’instructeur d’éducation sportive, spécialisé dans la boxe française. Ce poste lui permet de transmettre son savoir et ses techniques aux nouvelles recrues jusqu’au 30 août 1919.
L’adjudant-chef Dubois est mis en congé illimité de démobilisation le 19 août 1919, marquant la fin officielle de ses activités militaires. Il est renvoyé dans ses foyers le jour même. Peu de temps après, le 30 août 1919, il se marie avec Gabrielle Eugénie Bonnot à Nevers, dans le département de la Nièvre. Ensemble, ils auront une fille.
Le 23 décembre 1926, la commission spéciale de Bourges se réunit et accorde à Théodore Dubois une invalidité inférieure à 10 %, ce qui lui permet de rester dans le service armé. Cependant, le 10 mai 1929, il est classé sans affectation, ce qui signifie qu’il n’a plus de responsabilités militaires précises. Cette période marque un tournant dans sa vie, l'amenant à se réinventer en dehors des contraintes et des devoirs de soldat. Il exercera les métiers de cafetier et de buraliste et sera professeur de boxe.
Nouvelle mobilisation
Avec la montée des tensions en Europe, Théodore Dubois est rappelé à l’activité militaire le 27 août 1939. Il arrive au 54e régiment régional de Nevers le jour même. Le 1er avril 1940, il est affecté à la 5e compagnie de ce régiment. L’adjudant-chef Dubois est démobilisé par le centre démobilisateur de Nevers le 24 août 1940 et renvoyé dans ses foyers. À partir de cette date, il est libéré de toute obligation militaire.
De retour à la vie civile
En avril 1958, l’ancien sous-officier du 149e R.I. vit à Nevers, au 23 avenue de la Gare. En juillet 1963, il déménage à Boulogne-sur-Seine, au 71 rue de Sèvres, avant de retourner à Nevers en 1963, cette fois au 90 rue du 13e de ligne.
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Théodore Charles Dubois s’éteint le 11 mai 1968 à Nevers, à l'âge de 78 ans. Il repose actuellement dans une sépulture familiale au cimetière Jean Gautherin de cette ville.
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Décorations obtenues :
Croix de guerre avec 3 palmes, une étoile d’argent et deux étoiles de bronze.
Citation à l’ordre de l’armée n° 135 en date du 1er mars 1915 :
« Blessé le 1er mars 1915 pendant un bombardement qui lui avait tué ou blessé le tiers de l’effectif de sa section, a maintenu le reste de sa troupe sur son emplacement, n’a quitté son poste pour se faire soigner qu’après avoir reçu l’ordre écrit d’un officier et après que son remplacement de chef de section ait été assuré. »
Citation à l’ordre de la 85e brigade n° 45 en date du 10 mai 1916 :
« A déployé durant les combats du 2 au 9 avril 1916 une énergie au-dessus de tout éloge. Sous-officier remarquable par son parfait esprit militaire et son excellente tenue, et qui sait être en tout temps et en toutes circonstances, un auxiliaire précieux pour son commandant de compagnie.»
Citation à l’ordre de la Xe armée n° 232 en date du 10 octobre 1916 :
« Nombreuses années de service au front depuis le début de la campagne ; chef de section d’un entrain et d’un courage remarquables, s’est distingué dans tous les combats auxquels a pris part le régiment particulièrement dans la journée du 17 septembre 1916 (Soyécourt, Déniécourt, Ablaincourt dans la Somme) où il a brillamment entraîné ses hommes à l’assaut d’une tranchée ennemie. Blessé une fois, trois citations) »
Citation à l’ordre de la 43e division n° 333 en date du 27 juin 1918 :
« Sous-officier remarquable chargé du commandement du peloton de pionniers, a constamment payé de sa personne, particulièrement pendant le combat du 28 mai 1918 où il réussit à maintenir sa troupe, malgré les pertes éprouvées, en luttant avec la dernière énergie pour le maintien d’une position qui lui avait été confiée. »
Citation à l’ordre du régiment n° 51 en date du 7 septembre 1918 :
«Sous-officier d’élite, très éprouvé par des brûlures produites par l’ypérite, a refusé de se faire évacuer et a continué à assurer le service du ravitaillement avec son courage et son dévouement habituels. »
Médaille militaire pour prendre rang du 10 juillet 1917 (J.O. du 14 juillet 1917) avec attribution de la croix de guerre avec palme.
« Excellent sous-officier, a toujours fait preuve de la plus grande bravoure dans toutes les actions auxquelles il a pris part avec le régiment (3 blessures et 3 citations).
Chevalier de la Légion d’honneur décret du 27 décembre 1923 (J.O. du 1er janvier 1924).
Officier de la Légion d’honneur par décret du 3 mai 1963 (J.O. du 3 mai 1963).
Autres décorations :
Croix du combattant
Croix des vétérans Albert II
Médaille de la valeur militaire italienne en bronze
Médaille de la conduite distinguée (D.C.M.) anglaise
Médaille interalliée de la victoire
Médaille commémorative française de la Grande Guerre
Médaille des blessés
Médaille d’honneur de l’éducation physique en argent (J.O. du 5 août 1932)
Médaille pour acte de courage et dévouement avec agrafe (Type Roty)
Médaille d’honneur en argent 3e république
Médaille de la Société des Vétérans des Armées de Terre, de Mer et les Soldats de la Grande Guerre
Médaille de la Marne
Médaille belge des trois cités 1914-194 belge agrafe Ieper (Ypres)
Médaille commémorative de la bataille de la Somme
Médaille commémorative d’Arras
Médaille commémorative de Verdun
La généalogie de la famille Dubois est consultable sur le site « Généanet ». Pour y accéder, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.
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Sources :
La fiche matricule de l’adjudant-chef Dubois, ainsi que les actes d’état civil concernant sa famille et les registres de recensement de la commune de Vagney ont été consultés sur le site des archives départementales des Vosges.
La première photographie représentant l'adjudant-chef Dubois provient du fonds Archenoul, appartenant à J. Breugniot. La seconde et la troisième du fonds Dubois appartenant aux familles Taminau et Muller.
Le cliché des pionniers bombardiers du 149e R.I. fait partie du fonds Lobjoy, propriété de M. Muller.
J.M.O. du 349e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 758/9
Historique du 349e R.I.. Épinal, P. Kahn, 1920, in- 8°, 16 pages.
Un grand merci à M. Bordes, à J. Breugnot, à M. Muller, à A. Carobbi, à O. Martiaux, à M. Porcher, à J. Taminau, à T. Vallé, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales des Vosges et du Nord. J’adresse également mes remerciements à « Michelstl », « Franz » et « Diable noir », intervenants sur le forum Pages 14-18."