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149e R.I., un régiment spinalien dans la Grande Guerre.
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9 août 2019

Maurice Joseph Paul Marchand (1880-1915)

Maurice Joseph Paul Marchand

 

Maurice Joseph Paul Marchand voit le jour le 12 décembre 1880 à Thuillières, une petite commune vosgienne qui est située au nord-ouest de Vittel.

 

Son père, Joseph Augustin, alors âgé de 24 ans, est le boulanger du village. Sa mère, Marie Augustine Aline Rollet a 26 ans et n'exerce pas de profession.

 

Le 30 avril 1895, la mère de Maurice décède. L’adolescent n’a pas encore fêté son quinzième anniversaire.

 

L’année suivante, son père se remarie avec sa belle-sœur Marie Émilie Hélène Rollet. De cette seconde union naît une petite fille qui fut prénommée Suzanne.

 

Maurice Marchand poursuit ses études après l’école communale. Celles-ci le mènent jusqu'à l’école normale de Mirecourt. Il débute sa formation d’enseignant en 1897. 

 

Instituteur stagiaire, il fait la connaissance de Berthe Eugénie Émélie Rouselle, une institutrice titulaire âgée de 24 ans, originaire de Grignoncourt, mais qui réside à Épinal. Le couple décide de se marier. Berthe devient l’épouse de Maurice le 24 septembre 1902.

 

 

Jeune appelé de la classe 1900, Maurice Marchand est dispensé par l’article 23 (engagement décennal) qui l’oblige à exercer ses fonctions d’instituteur durant 10 années. Il n’effectue qu’un an de service actif. De ce fait, le résultat du tirage au sort n’a aucune importance pour lui. Il tire la boule qui porte le numéro 59.

 

Le 14 novembre 1901, Maurice intègre les effectifs de la 6e compagnie du  79e R.I.. Le dépôt de ce régiment est à Neufchâteau, mais tous ses bataillons sont stationnés à Nancy.

 

La profession de Maurice lui permet d'accéder à la formation de caporal sans aucune difficulté. Il obtient ce grade le 26 mai 1902. Devenu responsable d’escouade, il fut affecté à la 2e compagnie du 79e R.I. aussitôt après avoir cousu ses deux galons rouges.

 

Maurice est envoyé dans la disponibilité le 20 septembre 1902, en attendant son passage dans la réserve de l’armée active. Il se retire à Épinal tout en restant rattaché au régiment de Neufchâteau. Le jeune homme figurait au tableau d’avancement pour le grade de sergent au renvoi de sa classe. 

 

Il est nommé dans ce grade le 26 juillet 1903.

 

Maurice Marchand accomplit une première période d'exercices au sein du 79e R.I. du 16 août au 12 septembre 1904.

 

Il passe ensuite à la subdivision d’Épinal et se voit rattaché au 149e R.I.. En février 1906, il s'installe au numéro 9 de la rue de l’école normale à Épinal.

 

Le sergent Marchand effectue sa seconde période d’exercices au 149e R.I. du 19 août au 15 septembre 1907.

 

Il est dispensé d’une troisième période d'exercices en mai 1908.

 

Berthe et Maurice ont une fille qui vient au monde le 20 octobre 1910. Le couple Marchand  enseigne maintenant à l'école des  Meix de Rupt-sur-Moselle.

 

Ecole des Meix

 

Lorsque le conflit contre l’Allemagne débute en août 1914, Maurice Marchand rejoint le dépôt du 149e R.I..

 

Promu sous-lieutenant à titre temporaire pour la durée de la guerre le 14 novembre 1914, ce n’est que le 12 décembre 1914 qu’il est envoyé sur le front. À cette période de l’année, le 149e R.I. combat en Belgique dans la région d’Ypres. Maurice est affecté à la 5e compagnie.

 

Fin décembre 1915, le 149e R.I. retourne en France pour aller occuper des tranchées dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette.

 

Le 10 mai 1915, Maurice Marchand est titularisé de manière définitive dans son grade de sous-lieutenant.

 

Cet officier est sérieusement blessé le 29 mai 1915 au cours d’une attaque lancée dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette. Atteint au visage, au bras et à la jambe droite, il est rapidement évacué vers l’arrière. Guéri, ce n’est que le 22 août 1915 qu’il retrouve son ancienne compagnie qui occupe toujours le même secteur.

 

Le 25 septembre 1915, le 149e R.I. est engagé dans une vaste offensive qui doit permettre la prise du bois en Hache. Le sous-lieutenant Marchand est tué au cours d’une contre-attaque en soutien du 1er B.C.P. qui est en grande difficulté.

 

Pour en savoir plus sur les événements qui se sont déroulés au cours de cette journée, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

 

Carte journee du 25 septembre 1915

 

Son décès n’est rendu officiel que le 4 avril 1918, suite à la décision prise par le tribunal civil de Remiremont qui le déclare « mort pour la France » à la date du 21 septembre 1915, ce qui est une erreur.

 

Le 11 juillet 1918, sa fille unique Alice est adoptée par la nation suite à un jugement du même tribunal.

 

Maurice Marchand a toujours été très bien noté par ses supérieurs. Le 14 février 1915, le lieutenant-colonel Gothié écrit ceci : « Officier de réserve arrivé sur le front depuis peu. Ancien instituteur qui se présente très bien, vigoureux, énergique, il a de l’autorité sur ses hommes. Excellent chef de section. »

 

Une deuxième évaluation lui est donnée par le même responsable du 149e R.I. le 10 juin 1915. « Officier de réserve animé d’un excellent esprit. A montré dans les combats de mars et de mai beaucoup de courage et de sang-froid dans la conduite de sa section. Blessé et évacué au combat du 29 mai devant Notre-Dame-de-Lorette. »

 

Quelques semaines après son décès, le lieutenant-colonel Gothié rajoute : « Revenu sur le front à peine guéri, a donné de nouvelles preuves de son énergie et de son courage. A été tué le 25 septembre en entraînant sa section à l'assaut des positions ennemies devant Angres. »

 

Le fait qu’un jugement ait été nécessaire prouve que cet homme a été considéré comme « disparu ». Il n’y eut peut-être qu’un témoin, voire aucun, pour officialiser sa mort. Maurice n’a donc probablement pas de sépulture identifiée.

 

Le sous-lieutenant Marchand a obtenu les citations suivantes :

 

Citation à l’ordre de la 43e division n° 61 en date du 8 juin 1915.

 

« Officier calme et énergique, a secondé son commandant de compagnie de façon parfaite en toutes circonstances. A entraîné vaillamment sa section le 29 mai à l’attaque des tranchées allemandes. Blessé pendant le combat. »

 

Citation à l’ordre de la Xe armée n° 121 en date du 21 octobre 1915.

 

« Le 25 septembre 1915, devant Angres, a été tué en se portant bravement en tête de sa section, au-devant d’une contre-attaque allemande qui fut repoussée. Officier très brave et très énergique. Déjà blessé a été cité à l’ordre de la division. »

 

Le nom de cet homme est inscrit sur les monuments aux morts des communes de Thuillières, de Grignoncourt  et de Rupt-sur-Moselle.

 

Sources :

 

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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