Ils ont porté l’uniforme du 149e R.I..
Un très grand merci à Gilles Vauclair qui vient de me donner son aval pour que je puisse reproduire ici quelques passages de son livre « 1914-1918 Ruffey-les-Echirey, un village bourguignon dans la tourmente de la Grande Guerre ». Ces passages évoquent les parcours de trois rufféens qui portèrent le n° 149 sur leur uniforme durant une bonne partie du conflit.
Auguste Caumont (1897-1918).
Auguste Caumont vit le jour le 11 janvier 1897 à Brognon, une petite commune se situant dans le département de la Côte-d’Or.
Fils d’Auguste et de Jeanne Model, il passe toute son enfance dans ce petit village. Quelques années plus tard, il devient ouvrier agricole. Ses parents viennent s’installer à Ruffey-les-Echirey au cours de l’année 1919.
Soldat de la classe 1917, Auguste Caumont est incorporé en janvier 1916. C’est la période des classes, il quitte la région natale pour rejoindre le dépôt du 170e R.I. qui se trouve à Épinal.
Après quelques mois de formation, le jeune Auguste arrive au 149e R.I.. Nous sommes le 11 octobre 1916, pour lui, ce sont les premières expériences du front qui vont commencer. En effet, son nouveau régiment d’affectation est engagé depuis plus d’un mois dans le département de la Somme.
Le 4 mars 1917, Auguste écrit la lettre suivante à ses parents :
« Chers parents,
Je vous écris ces deux mots pour vous dire que je suis au repos voilà quatre jours. Je n’ai pas reçu de lettre voilà plusieurs jours. Je commence à avoir le cafard. Il y a Bussière qui n’est pas encore rentré. Il paraît qu’ils sont au 4e mixte, j’ai eu de la veine de ne pas être parti. Avant-hier, nous avons été au cinéma. Ce matin, nous sommes passés à la chambre à gaz, ils ont trouvé qu’on n’en avait pas assez avalé en ligne. On n’en est pas encore remis. Je ne vois plus rien à vous dire. Je vous embrasse tous. »
Le 25 mars 1917, il intègre la 5e compagnie de mitrailleuses du 265e R.I..
Début octobre 1918 ce régiment est engagé dans les Ardennes, il doit attaquer dans le secteur nord-ouest de Saint-Pierre-à-Arnes. Le 6 octobre 1918, il faut protéger l’avance de l’infanterie, les mitrailleuses ouvrent le feu sur les lignes ennemies. Vers 13 h 00, Auguste Caumont est mortellement blessé, il n’a pas encore atteint l’âge de 21 ans.
Son nom est gravé dans le marbre sur deux monuments aux morts, celui de Ruffey-les-Echirey et celui de Brognon.
Isidore Legrand (1896-1916).
Isidore Legrand est né dans la maison de ses parents le 10 février 1896 à Ruffey-les-Echirey, une petite commune se situant dans le département de la Côte d'Or. Il est le fils unique du vigneron Victor et de son épouse Julie Lemoine.
Incorporé à compté du 12 avril 1915, il rejoint après ses classes, le 149e R.I. qui se trouve à ce moment-là dans le Pas-de-Calais. Le 25 mars 1916, il quitte ce régiment pour rejoindre le 109e R.I.
En septembre 1916, le 109e R.I. est engagé dans la Somme. Ce jeune homme de 20 ans trouve la mort le 12 septembre dans le secteur d’Estrée-Déniécourt.
Le soldat Legrand repose actuellement dans le cimetière national français de Dompierre-Becquincourt qui se trouve au sud-ouest de Péronne.
Louis Durand (1897-1918).
Louis Durand naquit également sur la commune de Ruffey-les-Echirey le 21 octobre 1897. Il est le fils de Paul Durand et de Marie Verlot. Louis exerce la profession de cultivateur avant d’être incorporé le 11 janvier 1916 au 170e R.I.. Il fera ses classes dans ce régiment en même temps qu’Auguste Caumont. Il intègre le 149e R.I. à la date du 5 septembre 1916. Le régiment est dans le secteur de la Somme, à la veille de lancer son attaque sur Soyécourt.
Louis Durand est muté au 297e R.I. le 25 juillet 1917. Louis est tué le 19 août 1918 au cours d’une attaque dans le secteur de Fresnières dans l’Oise.
Référence bibliographique :
« 1914-1918 Ruffey-les-Echirey, un village bourguignon dans la tourmente de la Grande Guerre » de Gilles Vauclair. Éditions 4e trimestre 2000.
Les registres matricules des archives départementales de la Côte d'Or ont été consultés. Cote série R : registre des matricules militaires.
Un grand merci à G. Bardin, à M. Bordes, à M. Grapin à A. Durand et à G. Vauclair.
