06 août 2012

Arrivée dans la Somme...

                 Crevecoeur

Du 2 mai au 23 juillet 1916, le 149e R.I. se trouve dans le secteur de Champagne entre les buttes de Tahure et de Mesnil. Début août 1916, il est à l’entraînement du côté de Châlons-sur-Marne. À la fin de la première décade de ce mois, le régiment se prépare pour partir dans la Somme. Il y restera jusqu’à la fin du mois de décembre 1916.

Samedi 12 août 1916

Les troupes prennent le train dans les gares de Châlons-sur-Marne et de Coolus.

Dimanche 13 août 1916 

                 Gare_de_Crevecoeur_le_Grand

L’E.M. de la brigade arrive à la gare de Crèvecœur-le-Grand en début d’après-midi.                 

Lundi 14 août 1916 

Les corps de la brigade achèvent de débarquer dans la matinée du 14. Le 3e B.C.P. va cantonner à Doméliers et le Crocq, le 10e B.C.P à Hardivillers, et le 149e R.I à Viefvillers et le Saulchoy.

Mardi 15 et mercredi 16 août 1916 

Repos dans les cantonnements.

Jeudi 17 août 1916 

Embarquement à 4 h 45, à la sortie de leurs cantonnements les troupes sont transportées par automobiles et débarquent dans la matinée à Harbonnières. Reconnaissance du secteur de la 102e brigade par les chefs de corps, les commandants de bataillons et les responsables des compagnies. Dans la nuit du 17 au 18, la 85e brigade et le 158e R.I. relèvent la 102e brigade. P.C., cote 90 au sud d’Herleville. Le 149e R.I. relève des éléments de la 101e brigade. Deux bataillons du 149e R.I. relèvent deux bataillons du 327e R.I., le 4e bataillon sous les ordres du commandant Salvage et le 6e bataillon sous les ordres du commandant Dath. Ces deux bataillons sont en 1ère ligne aux lisières est du bois Étoilé, face à Vermandovillers. Le dernier des bataillons du 149e R.I. relève le 6e bataillon du 233e R.I. qui est en soutien à la corne nord-ouest du bois Étoilé. Trois compagnies du 10e B.C.P. relèvent à Herleville, en réserve de brigade, un bataillon du 233e R.I.. Deux compagnies du 10e B.C.P. et le 3e B.C.P. sont en réserve de division. Ils cantonnent également à Herleville.

Vendredi 18 et samedi 19  août 1916 

Les journées sont calmes.

Dimanche 20 août 1916 :

Encore une journée calme. Dans la nuit du 20 au 21 août, le 264e R.I. relève des éléments de la 85e brigade qui sont au bois Étoilé. 

Lundi 21 août 1916  

                 Harbonni_res_bois__toil_          

                                    Legende_carte_Harbonnieres__bois_etoile       

Les 3 bataillons du 149e R.I. vont cantonner à Harbonnières avec le 3e B.C.P.. Le 10e B.C.P. est maintenu, 3 compagnies à Herleville, 2 compagnies à Framerville.

Mardi 22 août 1916 

La 85e brigade vient occuper un secteur de nouvelle formation entre la 86e brigade à droite et la 26e brigade à gauche.

Un bataillon du 149e R.I. et le 3e B.C.P. relèvent 2 bataillons du 109e R.I.. Le 10e B.C.P. reste à Herleville et Framerville, en réserve de brigade. Deux bataillons du 149e R.I. cantonnent à Guillaucourt, ainsi que les T.C. et T.R. du corps. Le commandant du 3e B.C.P., prend le commandement du secteur.   

              Guillaucourt                                         

Le P.C. de la division est aux carrières Saint-Martin, dans le ravin de la Baraquette. La  limite du secteur est la suivante : À droite, boyau Wahl, tranchée de liaison, sape 11 prolongée, corne nord-ouest du bois Trink, route ouest de Soyécourt. À gauche, boyau C6b, boyau du Palatinat, intersection du boyau nord-sud reliant le boyau Braum sud  à la route Amiens-Péronne., route Soyécourt-Fay à la division de gauche. Ce secteur est à organiser et à transformer en secteur d’attaque. 

                 La_Baraquette

Mercredi 23 août 1916

Les troupes d’organisation aidées par les compagnies du génie 21/2 et les 3 pelotons de pionniers des corps travaillent à la construction d’abris pour les troupes de 1ère ligne, de soutien et de 2e ligne. Elles améliorent les communications entre les anciennes premières lignes françaises et allemandes, en particulier le prolongement de la sape 11 vers le bois Trink. La journée est calme.

Jeudi 24 août 1916

La journée est calme

Vendredi 25 août 1916 

Dans la nuit du 24 au 25 août, le 3e B.C.P. et le 149e R.I. occupent la tranchée Neumann laissée vide par l’ennemi et la rejoignent aux lignes françaises.

Samedi 26 août 1916 

La journée est calme, le 3e B.C.P. occupe la corne ouest du bois de Soyécourt.

Dimanche 27 août 1916 

La journée est calme. Dans la nuit du 26 au 27 août, le 10e B.C.P. relève le 3e B.C.P.. 

Lundi 28 août 1916 

Commencement des tirs de destruction en vue de l’attaque du jour J. Réaction d’artillerie allemande dans l’après-midi, en particulier sur la 1ère ligne et sur Foucaucourt.

Dimanche 29 août 1916 

L’artillerie française poursuit son tir de destruction qui débute à 10 h 00. Ce tir est gêné par un violent orange en fin de journée. L’artillerie allemande réagit moyennement dans la première partie de l’après-midi. Elle augmente l’intensité de son tir dans la deuxième partie de l’après-midi.

Lundi 30 août 1916

Les échanges d’artilleries continuent. La pluie et le vent viennent contrarier les tirs de préparation.

Mardi 31 août 1916

Des éléments de la 61e D.I. attaquent les lisières nord du bois de Soyécourt.

Mercredi 1er septembre 1916

Continuation des tirs de préparation.

Références bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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14 août 2012

L'A.L.G.P. à Harbonnières.

                   Harbonni_res

Ces trois photographies se trouvaient dans une petite boite en bois appartenant à la famille du capitaine Gabriel Gérard. Simplement légendées « A.L.G.P. Harbonnières septembre 1916 » au dos de l’image, elles ont certainement été réalisées dans les tout premiers jours de l’arrivée du régiment dans la région picarde.

Les pièces d’artillerie qui figurent sur ces clichés sont évoquées dans le livre de Francis Barbe « Et le temps à nous est compté ». Albert Marquand écrit dans une de ses lettres rédigée le 20 août 1916 à sa mère, ceci : « Enfin, nous voici à H…. Il y a un trafic considérable, genre Verdun, mais encore plus grand. Il y a tous les régiments. Je viens de visiter une batterie (4 pièces) de 320 (obus de 400kg). C’est monté sur rail. C’est formidable comme structure. »

La description faite par Albert Marquand dans le courrier qu’il adresse à sa mère correspond à la réalité, les obus les plus répandus en 1916 pèsent 392 kg et 506 kg.

Il s’agit bien de pièces de 32 cm modèle 1870-84 sur affût à glissement Schneider. Elles appartenaient au 1er groupe de 32 cm qui se trouvait en position sur les épis d’Harbonnières (figurant dans les documents des positions A.L.G.P. comme position n° 14). Les épis d’Harbonnières ont été construits suivant le plan des épis en tenaille, constitué de 4 épis de tir à cercle concentrique.

Ces épis de tir sont des tronçons de voies ferrées disposés « en épi » de forme circulaire sur lesquels sera effectué le tir des pièces de l’A.L.V.F.. Ils ont des formes régulières et ils sont en arc de cercle étant donné que le tir s’effectue suivant la tangente à la courbe. Cette forme circulaire donne la capacité de tirer dans tous les azimuts.

Un groupe de 32 cm en 1916 compte 4 pièces qui sont articulées en 2 batteries nommées « A » et « B » ayant chacune 2 pièces.

Durant la bataille de la Somme, le groupe est le plus souvent concentré sur une même position de tir avec une pièce sur chacun des 4 épis. Le tir s’effectue par salves de 4 coups.

Référence bibliographique :

« Et le temps à nous est compté ». Lettres de guerre (1914-1919) d’Albert Marquand. Présenté par Francis Barbe, avec une postface du général André Bach. Éditions C’est-à-dire. 2011.

Un très grand merci à M. Bordes, à F. Barbe pour son autorisation de reproduire ici le passage d’une des lettres d’Albert Marquand publiée dans son livre et à Guy François qui  intervient régulièrement sur le forum « pages 14-18 » et qui a bien voulu m’apporter son aide pour la partie technique concernant les pièces de 32 cm.

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21 août 2012

Préparatifs d'attaque.

                   Carte_journee_du_3_septembre_1916

                                        Legende_carte_journee_du_3_septembre_1916

Jeudi 2 septembre 1916

Les tirs de préparations continuent toute la journée. Depuis quelque temps, des patrouilles sont envoyées en reconnaissance régulièrement dans la nuit en avant des premières lignes françaises. Elles font savoir que l’ennemi semble évacuer ses tranchées au cours du bombardement de la journée. Il revient s’installer la nuit, s’y réorganise, et entreprend, sous la protection de nombreux tirailleurs et grenadiers, les travaux de réfection. Le travail de destruction et de bouleversement de l’artillerie française, si dur à mener à bien,se voit en partie annihilé. Une nouvelle tranchée a remplacé le lendemain au jour celle qui avait été constatée détruite la veille au soir. Il faut tout faire pour interdire aux Allemands ce travail de réfection auquel ils ne renoncentpas, malgré le danger.

L’infanterie doit se montrer active et faire un large emploi de son fusil. Elle doit,si elle est à bonne distance,utiliser les grenades. Le fantassin doit être aux aguets et, au moindre bruit, lancer des salves de mousqueterie et de mitrailleuses. 

Vendredi 3 septembre 1916

                  Soyecourt_le_chemin_creux__1_

Dans la nuit du 2  au 3, le 3e B.C.P. relève 2 compagnies et 1 compagnie de mitrailleuses du 10e B.C.P. en première ligne. Il remplace également par 3 compagnies et 1 compagnie de mitrailleuses les 2 compagnies  et la compagnie de mitrailleuses du 10e B.C.P. qui sont en réserve dans les anciennes tranchées françaises. La limite entre les deux secteurs de chasseurs est formée par la ligne : chemin nord-sud rejoignant la route Amiens-Péronne, du carrefour des cinq chemins et le chemin allant du carrefour précité à l’intersection des tranchées Krenz et des mitrailleuses, cette ligne est au 3e B.C.P.. Le P.C. du commandant du 3e B.C.P. se trouve dans la tranchée du Seigneur. Le  P.C. du commandant du 10e B.C.P. est dans la tranchée du Chariot. Le 10e B.C.P. s’organise de la manière suivante : 1 compagnie en 1ère ligne, une autre compagnie en soutien dans le boyau Braum sud.  

                                        Soyecourt_le_chemin_creux__2_

L’attaque doit être menée conjointement par le 3e B.C.P. qui se trouve au centre,  par 2 bataillons du 149e R.I. qui sont à sa droite et par le 10e B.C.P qui est a sa gauche. Ces unités doivent s’emparer du village de Soyécourt, des organisations ennemies qui se trouvent à l’est du village et de celles qui se trouvent entre Soyécourt et Ablaincourt. Le village d’Ablaincourt doit être pris également. 

 Que ce passe-t-il pour le 149e R.I. ? 

Les 1er et 3e bataillons du régiment qui, sous les ordres de leur lieutenant-colonel Gothié,doivent prendre part à cette attaque. Ils sont accompagnés par une demi-section de la compagnie 21/2 du génie. 

Dispositif préparatoire : 4 compagnies du 149e R.I. sous les ordres d’un des commandants de bataillon doivent fournir quatre vagues d’attaque de deux demi-compagnies chacune. La 2e vague est accompagnée par une section de mitrailleuses. Les 3e et 4e vagues seront fortement composées de mitrailleuses.

Une fraction constituée sera prélevée sur l’effectif de chaque vague d’attaque et aura comme mission le nettoyage des tranchées. Les équipes des 1ère et 2e vagues marcheront derrière la 2e vague, les équipes des 3e et 4e vagues derrière les vagues auxquelles elles appartiennent.

Le lieutenant-colonel commandant le 149e R.I. doit répartir les missions de nettoyage entre les quatre équipes, pour tout le terrain compris entre la parallèle de départ et le 1er objectif à atteindre. Deux compagnies sous les ordres d’un commandant de bataillon, stationnées dans la tranchée du seigneur et l’ancienne tranchée de 1ère ligne allemande seront à la disposition du lieutenant-colonel du régiment. 

 Objectifs successifs à atteindre pour le régiment :             

                   Les_1er_et_2e_objectifs_du_4_septembre_1916

                                       Legende_carte_objectifs_du_4_septembre_1916

 1er objectif : Le village de Soyécourt, le château, de manière à atteindre le front jalonné par la Batterie 3402 (incluse), la Batterie 3403, la Batterie 3504 (au 149e R.I.). 

2e objectif : Front compris entre la maison au nord de 658 incluse et l’intersection du boyau du Valet avec le chemin Bois Ritter - Déniécourt (cette intersection au 3e B.C.P.). 

3e objectif : Front compris entre la Batterie 4291 incluse, le tronçon nord-sud du boyau du chêne à 150 m au nord-est de 4291 inclus et s’étendant jusqu’à la limite nord du 149e R.I. en s’alignant sur la maison au sud de Déniécourt. 

4e objectif : Front compris entre le carrefour (exclu) à l’est de la Batterie 4487 et le point 95. 

5e objectif : Lisière est du village d’Ablaincourt entre la Batterie 5080 (exclue) et la voie ferrée double d’Ablaincourt-Gomiécourt (incluse). 

Le P.C. du colonel commandant le 149e R.I. se trouve dans l’ancienne tranchée de 1ère ligne allemande, vers le point 608 (P.C. actuel du quartier de Soyécourt). 

Le 2e bataillon du régiment est en réserve de brigade avec des éléments du 10e B.C.P et du Génie. Cette réserve de brigade se trouve sous les ordres du chef de bataillon du 149e R.I.. Le 10e B.C.P. compose le 1er échelon, le 149e R.I. et le Génie le 2e échelon. Chaque compagnie de la réserve de brigade comporte une section de travailleurs et une section de ravitailleurs en grenades. 

Le 2e bataillon du 149e R.I. stationne avant le départ de l’attaque dans la tranchée de Liaison, dans la tranchée de Redan, dans le boyau de la Sapinière, dans la tranchée du Château et dans la tranchée de Jonction. Les sections du génie sont entre le boyau Kléber et le boyau Brière de l’Isle. Le 2e échelon de la réserve de brigade  a pour mission de suivre la progression des corps d’attaque. Il doit occuper solidement les différentes lignes à chaque arrêt et se tenir prêt à renforcer partiellement ou en totalité les unités d’attaque momentanément arrêtées. C’est lui qui, en cas de contre-attaque à la mission, de repousser l’ennemi. 

Références bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées. 

Un grand merci à M. Bordes, à B. Étévé, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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03 septembre 2012

4 septembre 1916, il faut prendre le village de Soyécourt.

                   Photo_aerienne_Soyecourt

Voici une vue aérienne prise par l’aviation française dans le secteur de Soyécourt. Le pilote et son photographe ont survolé les ruines de ce village picard le 31 août 1916, c’est-à-dire quelques jours avant l’attaque du 4 septembre menée par les régiments et les bataillons de chasseurs à pied de la 43e D.I..

Cette photographie provient de la collection personnelle de Sébastien Robit. Je le remercie très chaleureusement de son autorisation pour la publier sur le blog du 149e R.I..

                   Secteur_du_149e_R

 Les deux rues principales du village sont distinctement visibles (couleur jaune) sur cette photographie.

Une de ces rues mène directement sur l’ancien château de Soyécourt dont les ruines ne figurent pas sur ce cliché. Quelques maisons, certes bien détériorées sont encore debout et semble défier les bombardements importants qui ont lieu dans le secteur depuis plusieurs jours. Cette zone nous montre le point de départ de l’offensive du 149e R.I.. 

Que se passe-t-il sur le terrain ? 

Les troupes d’attaque et de réserve sont définitivement en place le jour J à 4 h 00. Les dernières reconnaissances sont achevées depuis la veille au soir. Les chefs d’unités sont munis de croquis au 1/5000e donnant le figuratif du terrain de l’attaque avec les indications bien reconnues des points de direction. 

Les hommes sont sans sacs avec la toile de tente et la couverture roulée en sautoir autour du corps. Ils emportent deux jours de vivres de réserve, les outils portatifs sont accrochés aux ceintures. Les fusiliers emmènent 200 cartouches et 2 grenades. Les grenadiers partent avec 8 grenades. Les travailleurs et les pionniers se chargent de l’outil de parc, de 5 sacs à terre, d’un réseau brun.

Les fanions sont emportés. Ils doivent servir à jalonner les lignes les plus avancées qui seront atteintes. 

Le réglage des montres a été vérifié la veille et le jour J à plusieurs reprises et en tout cas 3 heures au moins avant l’heure du déclenchement de l’offensive. 

À l’heure H, l’attaque débute sur toute la ligne. Il n’y a pas de signal, pas de sonnerie, pas de fusées. Les vagues se succèdent sans interruption pour donner à l’attaque toute la soudaineté et toute la violence nécessaire.

Les différentes vagues formées préalablement en avant du parapet se portent à l’assaut.

La 2e vague est à environ 50 m derrière la 1ère. La 3e vague remplace immédiatement la 2e dans la 2e parallèle, puis marchant à 150 m derrière elle,  la 4e vague 150 m environ derrière la 3e vague. 

Au même moment, les compagnies de soutien doivent se porter dans la tranchée de départ. Elles sont sous les ordres des chefs de corps. Ces compagnies suivent immédiatement et au plus près les vagues d’assauts. Elles occupent et organisent le terrain conquis  tout en se tenant prêtes à exploiter tout fléchissement local de l’ennemi. 

La 1ère vague est sous la protection des tirs de barrage d’artillerie qui la précède à 200 m en avant. Lorsque les troupes d’attaque auront gagné le 1er objectif, elles devront pousser des reconnaissances sur le 2e objectif en vue de vérifier l’état des destructions. 

Les 1er et 3e bataillons du 149e R.I. sont chargés de prendre le village de Soyécourt ainsi que le terrain qui se trouve au sud-est de cette localité. Le lieutenant-colonel Gothié dispose de deux bataillons de son régiment pour mener l’attaque. À 14 h 00, les compagnies du régiment franchissent le parapet. Elles enlèvent les ¾  du village fortifié que les Allemands occupaient encore, ainsi que les crêtes qui s’étendent sur 2 km au sud-est de cette localité. Elles font plus de 200 prisonniers, plusieurs officiers sont capturés. Les bataillons s’emparent d’un nombre important de mitrailleuses.  Malheureusement, les corps voisins n’obtiennent pas les mêmes résultats. Le parc de Déniécourt au nord-est, le village de Vermandovillers au sud restent entre les mains de l’ennemi qui a puissamment fortifié ces deux localités. Les 3e et 10e B.C.P. qui se trouvent au nord-est n’ont pas pu dépasser la route Soyécourt-Déniécourt. Le 31e B.C.P. et le 158e R.I. n’ont pu atteindre leurs premiers objectifs. Livrés à leurs propres forces, les 2 bataillons d’attaque du 149e R.I. se retrouvent en flèche. Ils  doivent s’organiser sur le terrain conquis sous le feu croisé d’infanterie, d’artillerie et de mitrailleuses et  résister pendant toute la nuit suivante à de furieuses contre-attaques plusieurs fois renouvelées. 

En fin de journée la situation est la suivante : 

Pour les bataillons de chasseurs : 

Des éléments du 31e B.C.P. occupent le boyau du Valet et une section de mitrailleuses de ce B.C.P. se trouve vers le moulin détruit. 

Deux compagnies du 3e B.C.P. sont dans le boyau du Dauphin avec des mitrailleuses, une compagnie se trouve dans le Strassenweg – Soyécourt et deux autres autour de 616. 

La situation du 10e B.C.P. reste assez confuse, ses unités sont mélangées. Toutefois, le 10e B.C.P. occupe 606e, la tranchée des mitrailleuses et la tranchée 3510 – 3809.

 Pour le 149e R.I. :     

                   Positions_des_compagnies_du_149e_R     

                                       Legende_carte_du_3_septembre_1916

 La 9e compagnie et une section de mitrailleuses  de la 3e C.M. ont pris pied dans le 2e objectif, elles sont en avant de la ferme sans nom.

La 11e compagnie et une section de mitrailleuses de la 1ère C.M. s’établissent entre 3896 et 651.

Plus au nord, la 10e compagnie s’étend jusqu’au boyau du Dauphin. Elle est appuyée par deux sections de mitrailleuses de la 1ère C.M..

Les 1ère et 2e compagnies qui sont renforcées par 4 sections de mitrailleuses, s’étendent entre le boyau du Dauphin et le Château. La 3e compagnie se trouve entre 3403 et 651a.

En fin de soirée le 3e B.C.P. et le 149e R.I. doivent organiser solidement la position conquise. La compagnie de soutien organise une 2e ligne à 150, 200 m de la 1ère.

Le 10e B.C.P. reconstitue ses unités et construit une ligne de défense qui passe par 606e, le boyau Kreutz, par 3310, 846, 3809 pour se relier à la gauche du 3e B.C.P.. Une compagnie de soutien organise une tranchée de 606e à 3414. Une compagnie de la réserve de brigade organise la lisière est du bois de Soyécourt. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Certaines informations proviennent d’un rapport du lieutenant-colonel Gothié provenant de la collection privée de la famille. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à B. Étévé, à D. Gothié, V. le Calvez, à M. Porcher, à S. et D. Robit et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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11 septembre 2012

Camille Poirot (1889-1916).

                   Camille_Poirot

Camille Poirot vit le jour le 24 juin 1889 dans la maison de sa mère à Basse-sur-le-Rupt, une petite commune qui se trouve dans le département des Vosges. Il est le fil de Jean Poirot et de Marie Antoinette Aubert, son père exerce la profession de tisserand. Le 7 avril 1913, il épouse Marie Fay à Thaon-les-Vosges. 

Camille a travaillé à la blanchisserie et teinturerie de Thaon-les-Vosges pendant presque 6 années. 

Soldat de la classe 1909, il sert comme clairon à la 9e compagnie du 149e R.I. lorsqu’il trouve la mort le 4 septembre 1916.

Mortellement blessé par des éclats de grenade, il décède presque aussitôt du côté de la ferme sans Nom. Les soldats Émile Étienne et Romain Bouquot confirment son décès. 

Référence bibliographique :

« Livre d’or des membres du personnel de la blanchisserie et teinturerie de Thaon morts pour la France au cours de la guerre 1914-1918. »  Imprimerie Berger-Levrault, Nancy-Paris-Strasbourg.

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18 septembre 2012

Une image spectaculaire.

                  Image_1 

Le travail qui suit a été entièrement réalisé par Arnaud Carobbi. La photographie aérienne provient de la collection personnelle de Sébastien Robit. Je les remercie très chaleureusement tous les deux. 

Une image spectaculaire.

Dans le choix du mot « spectaculaire », il y a l'idée d'être devant une image « qui frappe la vue, l'imagination par son caractère remarquable, les émotions, les réflexions suscitées ». Cette définition du site du Trésor de a Langue Française Informatisé [1] est parfaitement adaptée à cette photographie aérienne. 

Les images prises au cours d'un assaut sont rares. Elles sont aussi souvent sujettes à caution : reconstitution ? Légendes truquées ? Légende contradictoire d'un ouvrage à un autre. Finalement, les clichés réellement pris au cours d'une attaque et authentifiés sont rarissimes.

Le cliché en question a été pris par un avion dans le secteur de Soyécourt dans la Somme, le 4 septembre 1916, jour d'attaque. On y voit des soldats français avancer dans des tranchées, des boyaux et le no man's land. Cliché rare, à la fois en raison de son mode de prise de vue et parce que daté et surtout avec la précision de l'heure. Cela permet d'en savoir beaucoup plus et de montrer à quel point le mot « spectaculaire » est adapté, sans pour autant être exceptionnel. On va pouvoir déterminer dans quel contexte cette vue oblique a été prise et répondre à la question : s'agit-il d'hommes du 149e R.I. ? 

Se repérer :

Les lieux visibles sur une photographie aérienne ne sont pas toujours faciles à identifier. Heureusement, des annotations étaient systématiques présentes et nous sont d'une grande aide :

                   Petit_texte

 « Tranchée des Gémeaux, Soyécourt » nous permet de trouver le secteur....

                   Image_2   

 … de nommer les tranchées visibles et de voir leur forme caractéristique ainsi que celle des boyaux de communications allemands...

                   Image_3

 … et de repérer l'espace sur une autre vue aérienne, ce qui facilitera la comparaison d'un même lieu à quelques jours d'intervalle. Tranchées des Gémeaux le 31 août 1916[2].

                    Image_4

 Un secteur dans les combats de la bataille de la Somme :

Le 4 septembre 1916, commence une nouvelle phase d'attaques françaises dans ce secteur qui est à l'extrême sud de la zone où se déroule la bataille de la Somme depuis le 1er juillet. Voici le secteur avant le 21 juillet 1916...

                   Image_5

 et la zone de la tranchée des Gémeaux.  

                    Image_A

Le 21 juillet, le front a progressé vers Soyécourt. La tranchée des Gémeaux avant cette attaque n'était qu'une ligne arrière. Elle se retrouve en première ligne et doublée. De ce fait, son nom devient alors cohérent : les Gémeaux Castor et Pollux de la mythologie grecque sont le symbole de gémellité (à noter qu'on trouve aussi une tranchée de Jupiter non loin au sud)[3].

Les régiments de la 43e D.I. relèvent la 51e D.I. le 19 août afin de lancer une nouvelle attaque le 4 septembre.

                     Image_7

 Chaque unité de la 43e D.I. (149e R.I., 3e et 10e B.C.P. pour la 85e Brigade ; 158e R.I., 1er et 31e B.C.P. pour la 86e Brigade) s'est vue attribuer un secteur et un couloir de progression avec les objectifs à atteindre. 

Ces couloirs de progression ont une importance capitale pour identifier l'unité dont les hommes ont pris le contrôle de la tranchée des Gémeaux.

Il ne s'agit pas du 149e R.I. mais du 31e B.C.P. À 14 h 00, les hommes sortent des tranchées françaises qui sont à la limite gauche de la photographie aérienne, mais invisibles. Le bombardement préparatoire commencé le 28 août a fait son effet : la comparaison du nombre de cratères visibles entre le cliché pris le 31 août et celui du 4 septembre est éloquent et permet de se faire une idée concrète de ce qu'était le résultat d'un tel tir. Plusieurs obus sont visiblement tombés sur les tranchées allemandes, donnant des éboulements significatifs. 

                   Image_8

Les tranchées sont conquises les unes après les autres, rapidement (le J.M.O. de la 43e D.I. indique que l'avancée a été au maximum de 1700 mètres en 35 minutes !). Les chasseurs s'enfoncent dans le dispositif allemand tout comme les hommes des unités voisines. À 15h04, le 149e RI signale que Soyécourt est pris, mais dès 14 h 14 le 31e B.C.P. avait atteint les dernières maisons de Soyécourt. La résistance ne se durcira que plus loin. 

Les hommes visibles ne sont pas ceux de la première vague, sortie à 14 h 00, dans la mesure où la photographie a été prise vers 16 h 00. Ces hommes sont dans la partie du front pris dans les premières minutes de l'attaque. S'agit-il de chasseurs du 31e B.C.P., de soldats du 149e R.I. voisin, de soldats du génie ? Il ne s'agit pas en tout cas des chasseurs du 1er B.C.P., réserve de division : la moitié ne prendra place dans les tranchées de départ que vers 18 h 30 et l'autre moitié restera à Herleville.

Le JMO de la 86e Brigade qui a en charge ce secteur indique :

« À 15 h 30, le colonel commandant la brigade donne à son bataillon de réserve de brigade l'ordre suivant... ». Ce bataillon de réserve appartient au 158e R.I. et doit se mettre en relation avec le commandant du 31e BCP. Il est donc fort probable que ces hommes soient une partie des renforts pour le 31e B.C.P., donc des hommes du 2e bataillon du 158e R.I..

Mais les choses ne sont pas si simples. On voit nettement deux groupes et l'un d'entre eux est clairement dans le secteur attribué au 149e RI, dans les 50 mètres longeant la rue ouest de Soyécourt mentionnés par le J.M.O. de la 85e brigade. Il pourrait très bien s'agir donc d'hommes du 158e R.I. en bas de l'image et d'hommes du 149e R.I. le long du village. Hélas, il n'y a pas de sources assez précises pour confirmer cette hypothèse pour les hommes du 149e R.I..

 Proposition d'interprétation de la photographie :

                   Image_9

 Du fait au ressenti :

En l'absence d'identification absolue de l'unité, reste l'identification (dans le sens d'immersion) que peut ressentir l'observateur d'aujourd'hui. Comme il a déjà été dit, il n'est pas courant de pouvoir observer ainsi des hommes un jour d'assaut, fussent-ils de la 3e vague ou de renfort. En observant, on met des images plus précises sur les récits d'assaut que l'on a pu lire sur le secteur, ou sur la période en général. Un village qui n'est pas rasé puisqu'on y voit encore des bâtiments, les haies, les chemins et routes. La guerre n'a pas tout pulvérisé comme certains villages de la Meuse. La préparation d'artillerie a tout de même détruit des bâtiments qui, quelques jours auparavant, avaient encore leurs toits et ne sont plus reconnaissables désormais que par les encadrements de portes et de fenêtres.

                    Image_10

 De même, le no man's land n'est pas qu'une série continue de cratères comme certains secteurs de Verdun. Certes, il est bouleversé, mais les tranchées ne sont pas totalement rasées. 

Ces hommes viennent des premières lignes françaises et se dirigent vers la zone des combats située à plus d'un kilomètre. On remarque qu'ils sont en général par groupes d'une quinzaine d'hommes environ. Hélas, ils ne représentent que quelques pixels et restent des formes fantomatiques difficiles à dénombrer.

                    Image_11

Les hommes sont groupés et suivent des parcours identiques, sans passer par le no man's land le plus souvent. C'est notable dans le groupe qui longe les maisons de Soyécourt en haut de la photographie.

                   Image_12

 Comment faut-il interpréter les quelques isolés visibles ? Les victimes des combats ? Et ces volutes de fumées marquent-elles l'emplacement d'obus qui viennent de tomber ? Si c'est le cas, ils sont arrivés à proximité des groupes d'hommes. Ou alors s'agit-il des fumées de feux allumés une heure plus tôt lors des combats ? 

Et après 16 h 00 ?

Il faut également imaginer qu'en regardant cet instantané, on voit des hommes avancer vers la zone où ils subiront les bombardements allemands et des contre-attaques violentes. Les pertes subies seront sensibles dans la nuit du 4 au 5 septembre 1916.

Et pour la tranchée des Gémeaux ? Si elle apparaît encore dans une carte du 1er décembre 1916, elle est en pointillés : elle n'est plus utilisée et se comble peu à peu.

                      Image_13

 Après guerre, le village fut reconstruit, les traces effacées pour rendre les terres à leur fonction première : l'agriculture.

Sur une photographie aérienne de 1947, on ne perçoit plus rien à part dans le bois Trink voisin. Mais ce dernier n'a pas survécu au remembrement et aux nécessités de mettre en culture plus de terres. Il a été rasé après les années 1960, ainsi que les traces qu'il conservait encore.

                    Image_14

                                             Source : Géoportail, mission id 2408-0041, 31 août 1947.

                         Image_15

                                                                 Source : Géoportail 2012.

 En réalité, il en reste encore les stigmates lorsque les conditions météorologiques sont favorables, et le souvenir, dans cette série d'articles sur ces combats. 

Sources :

- JMO de la 43e DI, 26N344/5.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_344_005/viewer.html

- JMO de la 85e Brigade, 26N520/12.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_520_012/viewer.html

- JMO de la 86e Brigade, 26N520/14.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_520_014/viewer.html

- JMO du 158e régiment d'infanterie, 26N700/13.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_700_013/viewer.html

- JMO du 1er BCP, 26N/815/2.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_815_002/viewer.html

- JMO du 31e BCP, 26N826/27.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_826_027/viewer.html

- JMO des 4e(très peu complet), 5e batteries du 62e RAC, 26N1017/22.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_1017_022/viewer.html 

Remerciements :

Alors qu'habituellement c'est lui qui remercie dans ses articles, à mon tour de le faire ! Un grand merci à Denis pour m'avoir laissé l’opportunité de travailler sur cette photographie. Merci à Sébastien Robit de lui avoir laissé la possibilité de publier des travaux à partir de clichés qu'il possède. (A. Carobbi)


[1]     http://atilf.atilf.fr/

[2]     Voir la remise dans son contexte de cette photographie sur le blog du 149e R..

[3]     http://fr.wikipedia.org/wiki/Castor_et_Pollux

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25 septembre 2012

Lieutenant-colonel Frédéric Gothié (1866-1940).

                   Lieutenant_colonel_Frederic_Gothie

Le lieutenant-colonel Frédéric Gothié est né le 22 janvier 1866, à Pisdorf (Bischtroff), un village situé près de Sarre-Union dans le Bas-Rhin. Son père, militaire de carrière,se prénomme Frédéric, sa mère Christine Bauer. Frédéric Gothié se marie avec Louise Guérin en 1897 à Nîmes. 

 Il est admis à l’école spéciale militaire en 1886 après avoir signé un engagement volontaire. Saint-Cyrien de la promotion de Châlons, le jeune sous-lieutenant Gothié arrive  au 105e R.I. de Rioms à la fin de sa formation. L’année suivante, il entre à l’école de gymnastique de Joinville puis à l’école de tir de Valbonnes. Après avoir réussi le concours d’entrée, il rejoint  l’école supérieure de guerre pour une durée de 2 ans (1894-1896).

Capitaine en 1898, commandant en 1910, Frédéric Gothié aura de nombreuses affectations entre le moment où il quitte l’école supérieure de guerre et le commencement de la guerre. À la déclaration du conflit, il commande le bataillon de Saint-Cyr. Il est rapidement affecté à l’état-major du IV e groupe de division de réserve. 

Obtenant ses galons de lieutenant-colonel le jour de Noël 1914, il prend le commandement du 149e R.I. quelques jours plus tard. 

A la tête du régiment durant toute l’année 1915, il est blessé une première fois au début du mois de janvier 1916, au cours d’une mission de reconnaissance en première ligne dans le secteur du bois en Hache en Artois. Il est, dans un premier temps,rapidement pansé au poste de secours. Il est évacué sur l’ambulance d’Houdain puis c’est le départ pour aller se faire soigner à l’hôpital auxiliaire n° 226 de Paris, puis dans un hôpital de Vichy. 

 Il reprend la tête du 149e R.I. en avril 1916. Le lieutenant-colonel  Gothié est de nouveau blessé quelques mois plus tard dans le secteur de Soyécourt. Nous sommes le 5 septembre 1916. Cette fois-ci, il est considéré comme disparu. Les Allemands le feront prisonnier. 

Dans un premier temps, il fait un séjour dans un hôpital ennemi de Saint-Quentin pour y subir les premiers soins. Huit jours après, c’est le retrait par train sanitaire sur le camp d’Ohrdruf-en-Thuringe. En juin 1917, il obtient l’autorisation de se présenter devant une commission médicale germano-suisse pour se faire évacuer vers la Suisse comme grand blessé. Après un bref passage de quelques semaines sur les terres helvétiques, il regagne la France  pour être soigné a l’hôpital du Val de Grâce à Paris. 

À la fin de cette même année, il occupe les fonctions de chef de cabinet du général Foch.

Il est nommé colonel au mois de décembre 1917. 

Il termine une longue carrière militaire de plus de 40 ans en 1927. 

Frédéric Gothié décède le 31 juillet 1940 à Bourg-la-Reine dans le département des Hauts-de-Seine. 

Décorations obtenues : 

Officier d’académie (arrêté du ministre de l’instruction publique du 7 novembre 1908).

Chevalier de la Légion d’honneur le 31 décembre 1912. 

Citation à l’ordre de la 43e D.I. en date du 16 mars 1915 :

« Chargé avec son régiment de l’occupation du secteur de Noulette du 24 janvier au 8 mars, a fait preuve d’une activité et d’un dévouement au-dessus de tout  éloge, pendant toute cette période. Constamment sous le feu, il a donné le plus bel exemple à ses subordonnés par son mépris du danger. Violemment attaqué le 3 mars, il n’a cédé qu’à la dernière extrémité pour s’établir sur un nouveau front d’où il a, par deux fois,vigoureusement contre-attaqué. » 

Citation à l’ordre du 21e C.A. en date du 13 avril 1915 :

« A déployé une activité inlassable pour l’organisation défensive du plateau de Notre-Dame-de-Lorette dans des conditions très difficiles. A pu mener à bien ces travaux dans une période de temps très limitée, grâce au dévouement qu’il a su obtenir des troupes sous ses ordres et en particulier des grenadiers du 149e. » 

Officier de la Légion d’honneur  le 24 janvier 1916 :

« Chef de corps d’une grande valeur qui, placé depuis plus d’un an à la tête de son régiment, se dépense sans compter. Donnant à tous le plus bel exemple d’énergie, de sang-froid et de ténacité, a su faire de son régiment une unité de guerre aussi ardente dans l’action que solide dans les tranchées. Joint à une exceptionnelle valeur morale les plus belles qualités de commandement. Blessé le 8 janvier 1916 par balle à la hanche gauche. La promotion ci-dessus comporte l’attribution de la croix de guerre avec palme. 

Cité à l’ordre de l’armée n° 14571 du 17 mars 1919 : 

« Monsieur Gothié, colonel anciennement commandant du 149e R.I.. Le 5 septembre 1916, pressentant une contre-attaque ennemie sur le terrain conquis les jours précédents par son régiment, n’a pas hésité à se porter en première ligne pour se rendre compte par lui-même de la situation, prendre les décisions nécessaires et s’assurer des liaisons avec les corps voisins. Pris dans un violent tir de barrage, s’est porté avec sa liaison à la lisière du village et s’y est installé pour enrayer la contre-attaque ennemie. Grièvement blessé au cours de la résistance, n’a pas pu échapper à l’ennemi, tandis qu’il s’efforçait de regagner les lignes par lui même. » 

Commandeur de la légion d’honneur le 16 juin 1920. (J.O. du 10 décembre 1920). 

Officier de l’ordre du sauveur de Grèce du 31 mars 1920. 

Référence bibliographique :

Dossier individuel consulté au Service Historique de Vincennes. Informations communiquées par la famille descendante du colonel Gothié.

Le colonel Gauthié possède un dossier sur le site de la base Léonore. Celui-ci peut se consulter en cliquant une fois sur l'image suivante : 

Site_base_Leonore

Le portrait du colonel Gothié provient de la collection personnelle de son petit-fils D. Gothié.

Un grand merci à M. Bordes, à D. Gothié, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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02 octobre 2012

5 septembre 1916.

                   Carte_journee_du_5_septembre_1916

                                       Legende_carte_du_5_septembre_1916                         

Malgré l’avancée spectaculaire sur une partie du secteur d’attaque, la progression doit continuer. Une seconde attaque va avoir lieu dans l’après-midi. La ligne de front de la brigade se stabilise autour du second objectif qui n’a pas été atteint partout. 

La nuit du 4 au 5 septembre reste relativement calme jusqu’à 1 heure du matin. À ce moment là, un violent bombardement allemand par 77, 105 et 150 se déclenche sur la lisière sud du bois de Soyécourt, sur la tranchée du Chariot et sur le calvaire.

L’ordre d’opération pour la journée du 5 septembre est donné.  À la suite de l’opération de la veille, la 85e brigade occupe en fin de journée le front général qui est délimité par la corne sud-ouest du bois de Soyécourt, la tranchée allant du boyau Kreuz à 3809 Chiffre_1 (sur la route Soyécourt-Estrées), ligne des batteries 3605 Chiffre_2-3504 Chiffre_3 -3403 Chiffre_4 (boyau du Dauphin), le chemin 3403 Chiffre_4-651 Chiffre_5, la maison au nord de 658.

À sa droite, la 86e  brigade a atteint le boyau du Prunier. À sa gauche, la 61e D.I. se relie vers 3414 avec le 10e B.C.P..

Pendant que la 86e brigade organise solidement le terrain conquis (2e objectif), la 85e brigade attaquera à l’heure H. Elle devra atteindre complètement la partie du 2e objectif qui lui a été assignée (3896 Chiffre_9-batterie 4200 Chiffre_8-616c Chiffre_7-90 Chiffre_11). Elle devra progresser le long de la lisière sud-ouest du parc de Deniécourt jusqu’à 90 Chiffre_11. Son attaque sera préparée par l’artillerie. 

                   Ruines_de_l_eglise_de_Soyecourt

Composition des troupes qui participent à l’attaque :

Les 1er et 3e bataillons du 149e R.I.

Le 3e B.C.P.

Le 10e B.C.P.

Deux sections de la compagnie de génie 21/2 

Réserve de  brigade :

Le 2e bataillon du 149e R.I.

Deux sections de la compagnie de génie 21/2                          

L’heure de l’attaque est fixée à 15 h 00. Le lieutenant-colonel Gothié qui était parti faire une reconnaissance à 7 h 30 dans le secteur avec son officier adjoint n’est toujours pas rentré à 12 h 00. Le commandant Schack qui commande jusqu’à ce moment là la réserve de brigade est obligé de prendre de manière provisoire la tête du régiment. Il donne les ordres d’attaque. Cette dernière est gênée par des feux de mitrailleuses et d’artillerie qui proviennent de 4403 Chiffre_10 (au nord du bois Vasset) et de ses environs. À la fin de la journée, elle aboutit à la situation suivante : Le 149e R.I. a pu progresser à droite de la ferme sans Nom dans l’ancien ouvrage 3801. Le 3e B.C.P., après avoir établi sa base de départ dans le boyau du Dauphin par une attaque préparatoire (V.B. et grenadiers) vers 14 h 00, a atteint, lors de l’attaque définitive, une ligne passant au sud du bois Siegfried à 150 m du chemin du bois Déniécourt. Le 10e B.C.P. a pris la tranchée Siegfried et la lisière sud-ouest du parc de Déniécourt jusqu’à 616t Chiffre_6, il se relie au 219e R.I. au point 3514. La réserve de la brigade réduite à 1 compagnie occupe le village de Soyécourt à l’est et au nord-est. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Certaines informations proviennent d’un rapport du lieutenant-colonel Gothié provenant de la collection privée de la famille. 

Un grand merci à M. Bordes, à B. Étévé, à A. Carobbi, à D. Gothié, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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09 octobre 2012

Jacob Vidal (1891-1916).

                   Jacob_Vidal    

Jacob Vidal  est né en Algérie le 9 mars 1891 à Aïn Témouchent qui se trouve à 72 km au sud-ouest d’Oran. Son père, débitant de tabac, se prénommait Eliaou et sa mère Rachel Beddok. Jeune soldat appelé de la classe 1911 de la subdivision de Marseille, Jacob est incorporé au 163e R.I. au mois d’octobre 1912. Poursuivant sa carrière militaire, la guerre le retrouve comme sergent dans ce même régiment. Après quelques semaines de combats, il est très rapidement nommé adjudant. Il rejoint le 170e R.I. en juin 1915, puis le 109e R.I. en avril 1916. Il est promu sous-lieutenant temporaire en avril 1916 et arrive au 21e R.I. dans la deuxième décade de mai 1916. Un mois plus tard, il intègre le 149e R.I. Peu de temps après, il trouve la mort le 5 septembre 1916, à la tête d’une section de la 9e compagnie, dans le secteur de Soyécourt dans la Somme. Il a été inhumé par les soins de l’ambulance 7/21 dans le cimetière militaire d’Harbonnières. Depuis février 1922, il repose dans le cimetière marseillais « Saint- Pierre ».

                                        Sepulture_Jacob_Vidal

Jacob Vidal a été blessé trois fois. La première blessure a été reçue en Alsace devant Mulhouse le 19 août 1914. La seconde dans le secteur de Flirey le 12 janvier 1915 et la dernière près de Souain le 4 octobre 1915. 

Décoré de la Médaille militaire et de la croix de guerre avec deux palmes. 

1ère citation à l’ordre de l’armée : (Parution au journal officiel en date du 25 novembre 1914.)

« S’est fait remarqué par son courage et son énergie, a été blessé. » 

2e citation à l’ordre de la 10e Armée du 25 septembre 1916 :

« Officier d’une bravoure et d’un sang-froid à toute épreuve. Le 6 septembre 1916 a entraîné brillamment sa section dans une progression en terrain découvert, sous un feu violent de mousqueterie ennemi. A été tué au cours de cette action. » 

Médaille militaire obtenue le 21 novembre 1914. 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Jacob Vidal provient de la collection personnelle de J. Huret.

La photo de la sépulture du sous-lieutenant Jacob Vidal a été réalisée par O. Gaget. 

Un grand merci à M. Bordes, à O. Gaget, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.               

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16 octobre 2012

Le lieutenant-colonel Gothié témoigne.

                   Lieutenant_Colonel__Frederic_Gothie 

Un très chaleureux merci au petit-fils du lieutenant-colonel Fréderic Gothié, D. Gothié pour son autorisation de reproduire sur le blog du 149e R.I. ce témoignage inédit écrit par son grand-père.

Après la prise du village de Soyécourt, le 4 septembre 1916, le 149e R.I. est arrivé sur son 1er objectif. Il a même dépassé par sa droite le 2e objectif alors que les corps voisins n’ont atteint que le 1er. Le village de Vermandovillers et le parc de Deniécourt sont encore entre les mains des Allemands.

Le lieutenant-colonel Gothié décide de se rendre compte par lui-même de la situation, il raconte :

« Nous sommes le 5 septembre 1916, je suis inquiet sur la situation des 1er et 3e bataillons qui se trouvent en flèche et qui peuvent à tout moment se faire attaquer à la fois de front comme de flanc. Je fais venir à mon P.C. un agent de liaison du capitaine Houel, l’officier qui commande le 3e bataillon. Ce dernier doit me conduire en 1ère ligne pour que je puisse me rendre compte par moi-même de la situation. Il faut que je prenne les mesures nécessaires concernant l’organisation du terrain conquis et je dois également assurer la liaison avec les corps voisins.

À 6 h 30, je quitte mon P.C.. Je suis accompagné du sous-lieutenant Claudel, du cycliste Bauvillet et de l’agent de liaison du 3e bataillon. Nous suivons, dans un premier temps, le boyau amorcé au cours de la nuit par le génie à travers le village de Soyécourt. Nous atteignons le boyau de la Reine et nous dépassons la compagnie Coste du 158e R.I. qui forme l’aile extrême de la 86e brigade de ce côté. Je fais remarquer au capitaine Coste qu’il n’était pas à la limite Est de son secteur. Je lui fais savoir également qu’il existe entre lui et le 149e R.I. qui occupe le boyau Dauphin, un trou d’environ 500 m. Je l’engage à détacher un poste de liaison à l’embranchement de ce boyau et du boyau de la Reine.

À peine avons-nous dépassé cet embranchement et avancé de 200 m dans le boyau Dauphin que l’agent de liaison qui nous précède revient en courant pour nous annoncer l’arrivée des Allemands. Nous faisons demi-tour et nous essayons de rejoindre le 158e R.I.. Hélas, nous trouvons l’embranchement occupé par les Allemands. Nous sortons du boyau en escaladant le parados pour regagner le château de Soyécourt à travers champ. Nous faisons à peine 50 m qu’une fusillade très nourrie retentit derrière nous. En même temps, un barrage se déclenche en avant. Deux hommes sont tués à nos côtés, l’agent de liaison du 3e bataillon et un homme du 366e R.I.. Nous essayons alors de rejoindre rapidement la tranchée de la rue sud-ouest qui passe par le château de Soyécourt, mais je suis blessé par une balle qui me fracasse la mâchoire inférieure.

Le sous-lieutenant Claudel me prodigue aussitôt ses soins et me fait un pansement qui réussit à arrêter le sang qui coulait en abondance de ma blessure. Pendant ce temps, nous sommes dépassés par deux vagues ennemies sans être faits prisonniers. Nous nous réfugions dans une casemate abandonnée. Nous espérons voir se produire une contre-attaque française et pouvoir regagner nos lignes plus tard à la faveur de l’obscurité.

À 16 h 00, un violent tir de barrage français éclate autour de nous, mais la contre-attaque tant espérée ne se produit pas.

Dans l’intervalle, nous envoyons le cycliste Bauvillet qui doit essayer de rejoindre nos lignes et ramener du secours. Mais rien n’arrive.

La nuit venue, nous sortons de notre abri pour nous diriger vers le bois Trink que nous apercevons à 400 ou 500 m devant nous. Nous traversons sans encombre la 2e ligne. Mais arrivés à la première nous sommes entourés par une section allemande qui nous fait prisonniers.

À bout de forces et perdant toujours du sang de ma blessure, je suis amené péniblement à un P.C. allemand. Le capitaine Legler qui commande le 2e bataillon du 100e Grenadier me fait coucher jusqu’à l’arrivée des brancardiers qu’il a demandés.

   Reconstitution_du_trajet_du_lieutenant_colonel_Gothi_

   legende_trajet_du_lieutenant_colonel_Gothi_

Dans la nuit du 6 septembre la fièvre augmente, les brancardiers ne sont toujours pas là. Mon brave Claudel m’offre de me porter s’il le faut, jusqu’au poste de secours d’Ablaincourt. Nous partons avec un sous-officier saxon, à travers un chemin creux rempli de cadavres et battu par notre artillerie.

Après de nombreux arrêts, nous arrivons vers 8 h 30 au poste de secours d’Ablaincourt. De nombreux soldats allemands attendent, bien entendu, ils passent avant moi. Une heure plus tard, je suis étendu sur la table d’opération et pansé très sommairement, sans que la plaie énorme de la face ait été lavée. On me fait tout de même une piqure antitétanique.

À 10 h 00, je suis embarqué sur une voiture tirée par des chevaux. Je suis cahoté pendant 12 km à travers des chemins défoncés par les trous d’obus, jusqu’à l’hôpital d’évacuation de Douilly.

 Là, complètement exténué, je suis étendu sur de la paille souillée, au milieu de blessés allemands dans une écurie. Sur la déclaration de mon petit Claudel qui n’a pas voulu me quitter, on me transporte pourtant dans un estaminet de la localité où sont étendus sur des matelas à terre quelques officiers et sous-officiers allemands.

La population française nous manifeste au passage sa commisération et nous offre des friandises. Mais je ne peux plus ouvrir la bouche. Le trismus de la mâchoire est complet et l’enflure gagne ma gorge. On arrive cependant à me faire passer un peu de bouillon par l’ouverture des dents emportées. Le maire de Douilly m’offre un billet de 100 francs et me dit : « Vous me rendrez cela à la fin de la guerre, si vous en réchappez ! » 

Le 7 septembre, nous sommes évacués sur Ham. Là, on nous conduit à l’hôpital militaire dans un pavillon réservé aux officiers.

J’attends toute la journée sans aucun soin avec une seule soupe pour nourriture. Une auto vient nous chercher à 22 h 00 pour nous conduire cette fois à Saint-Quentin. Nous arrivons à minuit. Mon brave Claudel me quitte.

À l’hôpital, il n’y a plus de lit de disponible. On me fait mettre une paillasse à terre sur laquelle je m’étends jusqu’au lendemain. J’ai de la fièvre toute la nuit. 

Le 8 septembre, à 7 h 00, une infirmière allemande, sœur Clara, m’apporte le déjeuner. Elle a recours à un tube de caoutchouc pour m’introduire un peu de lait et d’ersatz de café. Enfin, vers 10 h 00, je suis étendu sur une table d’opération. Une infirmière me défait mon pansement et pour la première fois, ma blessure est lavée et sondée, mais pas de radiographie ! J’ai beaucoup de difficultés à m’alimenter. Sœur Clara essaye de me faire prendre un lait de poule au vin qui me rend un peu de force. 

Deux jours plus tard, j’embarque dans un train sanitaire et débarque 48 heures plus tard au fond de la Thuringe, à Ohrdruf. » 

Sources :

Témoignage inédit du lieutenant-colonel Gothié.

Le portrait du lieutenant-colonel Gothié provient de la collection privée de D. Gothié. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi et à D. Gothié.

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