14 mai 2013

10 août 1914.

                 Village_de_Wisembach_1

Les premiers éléments du régiment qui ont été engagés le 9 août dans les combats du Renclos-des-Vaches, commencent à s’installer dans Wisembach peu avant minuit. Au fur et à mesure que la nuit avance, des groupes d’hommes rallient le village. La troupe est exténuée. 

À partir de 6 h 00, les officiers rassemblent les effectifs restés valides pour reconstituer les compagnies.

L’E.M., le 1er bataillon qui est sous les ordres du capitaine Lescure, le 2e bataillon qui est sous l’autorité du capitaine François, la 11e compagnie qui est commandée par le sous-lieutenant de réserve Lefèvre, ainsi qu’une section de la 12e compagnie sont présents dans le village.

Peu avant 7 h 00, le colonel Menvielle passe en revue les restes de ses effectifs engagés la veille. Les hommes se rassemblent à la sortie ouest de Wisembach. Ces unités prennent ensuite une formation de bivouac. La 2e compagnie va occuper les tranchées qui ont été creusées et occupées par le 31e B.C.P., à hauteur du ravin de la maison forestière de la Gravelle. Elle bat le débouché de ce ravin en même temps que la route qui descend du col de Sainte-Marie.

                 Carte_journee_du_10_aout_1914__1_

                                     Legende_journee_du_10_aout_1914__1_ 

7 h 30 : Le général Legrand-Girarde commandant le 21e C.A. vient spécialement à Wisembach pour voir le régiment. À cette occasion, il embrasse le colonel en le félicitant de sa conduite au feu. 

Une batterie du 59e R.A.C. met une de ses sections en surveillance à Trou le Loup qui se trouve à 800 m au nord-ouest de Wisembach, face au col de Sainte-Marie. Celle-ci est soutenue par une section de la 1ere compagnie du 149e R.I.. 

 La 2e section de la batterie s’établit sur le mamelon à 500 m au sud de Wisembach, face au Renclos-des-Vaches. 

 À 10 h 00, un ordre émis par le général Blazer est transmis par téléphone au lieutenant-colonel Escallon. Celui-ci doit rester en réserve à Wisembach. 

En début d’après-midi, la 11e compagnie et la section de la 12e compagnie sont dirigées sur le col de Sainte-Marie pour être remises à la disposition du commandant Didierjean. 

Au même moment, l’E.M. et les 1er et 2e bataillons vont cantonner dans la partie nord-est de Wisembach au nord du ruisseau. 

À 17 h 00, le 2e bataillon doit se rendre sur de nouveaux emplacements. La 3e compagnie se porte à la tête du ravin sud-nord en partant de l’église de Wisembach. Cette compagnie a pour mission la surveillance dans la direction du bois du Chenu et bois de Menaupré. La 2e compagnie reste sur place. Les 1ère et 4e compagnies sont maintenues à Wisembach, elles barricadent fortement les issues du village. Trois compagnies du 31e B.C.P. sont également établies au carrefour de crête à 1500 m nord de l’église de Winsembach. La 3e compagnie établit la liaison.                 

Carte_2_journee_du_10_aout_1914

                                     Legende_carte_du_10_aout_1914__2_

Vers 22 h 15, des coups de fusil se font entendre dans la direction de la crête au nord de Wisembach. C’est un poste du 31e B.C.P. qui échange des tirs avec une patrouille ennemie. 

À 23 h 00, les fractions du 149e R.I. qui sont cantonnées à Wisembach (E.M. ; 1ère et 4e compagnies) sont alertées. Elles vont s’établir au bivouac gardé qui se trouve à la sortie ouest de Wisembach. Il n’y a aucun autre incident durant la nuit. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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28 mai 2013

11 août 1914.

                Bertrimoutier

Le régiment occupe des positions qui sont sensiblement identiques à la journée du 10 août 1914.

À 3 h 30, la 2e compagnie est toujours sur ses emplacements occupés depuis la veille. La 3e compagnie va devoir remplacer une compagnie du 31e B.C.P. qui se trouve du côté du ravin des Yraux. Elle complète l’organisation de la position en creusant de nouvelles tranchées. La 1ère section de mitrailleuses vient de s’installer sur l’éperon sud-est du bois du Chêna. Elle se retranche dans ce secteur, pour se préparer à intervenir soit dans la direction du col de Sainte-Marie, soit dans celle du ravin des Yraux. La 2e section de mitrailleuses s’établit dans les mêmes conditions,à la corne sud du même bois. 

La 4e compagnie est à la gauche de la scierie, en 2e ligne. Elle prépare des tranchées sur les pentes sud-est du Chêna. La 1ère compagnie, qui est également en 2e ligne, est positionnée à droite sur les pentes nord de la croupe Belleque située au sud-est de Wisembach. 

Le lieutenant-colonel Escallon, qui commande  le détachement positionné au col de Sainte-Marie,fait un compte-rendu téléphonique de la situation. Il est  6 h 25. Celui-ci fait savoir que les troupes du 14e C.A. vont bientôt relever celles du 21e C.A. dans le secteur intéressant le col de Sainte-Marie. En effet, trois bataillons de la 27e division sous les ordres du général Baret viennent d’arriver. Le premier se dirige sur Wisembach, les deux autres rejoignent le col. 

                 Carte_journee_du_11_aout_1914

                                     Legende_carte_du_11_aout_1914      

Le 3e bataillon du 75e R.I. reçoit l’ordre de relever les éléments du 149e R.I. qui se trouvent dans le bois du Breuil. Il se rend immédiatement sur les positions désignées. Il passe le col de Sainte-Marie qui est gardé par des chasseurs. La route du col est jonchée d’obstacles et de défenses accessoires. Le 3e bataillon du 75e R.I. arrive sur ces emplacements vers 4 h 00. Les hommes du commandant Biloir vont relever progressivement le 3e bataillon du 149e R.I.. 

À 16 h 30, le général commandant la 43e division fait parvenir un télégramme au colonel Menvielle, qui lui ordonne de se diriger sur Bertrimoutier. Il devra stationner dans cette commune en début de soirée, tout en laissant le lieutenant-colonel Escallon et le 3e bataillon de son régiment dans le secteur du col de Sainte-Marie. 

L’état-major et le 1er bataillon du régiment quittent Wisembach à 17 h 00. Ils prennent la route qui passe par Gemaingoutte et par Bonipaire. Le 2e bataillon doit les rejoindre à Gemaingoutte. Une heure et demie plus tard, les hommes du colonel Menvielle aperçoivent le clocher de l’église de Bertrimoutier. 

 

           Tableau des décédés des suites de leurs blessures pour la journée du 11 août 1914

 

                                  Tableau des blessés pour la journée du 11 août 1914

 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 75e R.I. pendant la guerre de 1914-1918. Imprimerie Berger-Levrault Nancy-Paris-Strasbourg.

 

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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15 août 2014

12 août 1914.

Colroy_la_Grande_

La veille, les 1er et 2e bataillons du 149e R.I. ont quitté le village de Wisembach pour venir s’installer à Bertrimoutier. Le 3e bataillon, lui, est resté au col de Sainte-Marie en prévision d’une attaque allemande.

Le colonel Menvielle commande un détachement composé des 1er et 2e bataillons du 149e R.I., d’un peloton de cavalerie et d’une batterie de l’A.D. 43. Il reste à la disposition du général de division.

La 85e Brigade est maintenant engagée dans les combats qui ont lieu un peu plus au nord dans le secteur de Voyémont et de Saales. Le gros du 149e R.I. assure la couverture de la Brigade.

Les 1er et 2e bataillons du régiment quittent Bertrimoutier à 3 h 15. Ils traversent les villages de Combrimont et de Lesseux. Les deux bataillons prennent une formation de rassemblement articulée, derrière la partie ouest du parc du château de Lesseux, située près de la commune d’Herbaupaire. Le 2e bataillon commandé par le capitaine François se positionne à droite, le 1er bataillon sous l’autorité du capitaine Lescure prend place à gauche. Les formations sont prises à 4 h 00. Le bruit du canon se fait entendre du côté de Beauchimont-Menabois, l’artillerie française vient d’ouvrir le feu sur les positions ennemies qui se trouvent aux alentours de Voyemont du côté de la cote 803.

À 4 h 30, un ordre provenant de la 43e D.I. fait savoir au 2e bataillon du régiment qu’il doit se mettre en route. Le gros de sa 7e compagnie s’installe dans le petit village de la Pariée. Cette compagnie envoie également une de ses sections à la cote 608, une demi-section à Basse Merlusse, l’autre demi-section à Arpot. Un petit poste composé de 4 hommes est constitué dans le petit village des 3 Maisons. Les 5e, 6e et 8e compagnies du 2e bataillon se mettent en rassemblement articulé sur le versant sud de la croupe est de l’église de Lusse. Tous ces mouvements sont terminés à 5 h 30.

Le 1er bataillon, qui devait initialement s’installer sur les pentes nord de cette même croupe, est finalement maintenu à Lusse. Il reste à la disposition du colonel Menvielle.

Carte_1_journee_du_12_aout_1914

Legende_carte_1_journee_du_12_ao_t_1914

 

Quelque temps plus tard, ce bataillon reçoit l’ordre de se rendre à la scierie de Lubine (il existe toujours une scierie à la sortie nord-est de Lubine, qui mène au hameau de la Bassotte). Au même moment, les 3 compagnies du 2e bataillon, modifient légèrement leurs positions, elles se portent sur le versant nord de la croupe est de l’église de Lusse.

 Le colonel Menvielle est informé de l’arrivée imminente du 3e bataillon de son régiment. Le clocher de l’église de Lusse vient tout juste de marquer les 15 h 00. Le lieutenant-colonel Escallon, le commandant Didierjean et ses hommes sont arrivés à Bertrimoutier. Ce bataillon avait commencé à replier ses avant-postes dans la nuit du 11 au 12 août. Il a définitivement quitté le col de Sainte-Marie, après avoir été remplacé par un bataillon du 75e R.I. à 8 h 00.

Carte_2_journee_du_12_ao_t_1914

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L’état-major du régiment et le 2e bataillon quittent Lusse à 18 h 00 pour prendre la direction de Colroy-la-Grande. Une heure plus tard, ils arrivent dans cette commune. La 7e compagnie du bataillon quitte ses positions occupées depuis le matin pour aller s’installer à Lusse. Le lieutenant-colonel Escallon et le 3e bataillon du commandant Didierjean viennent de faire un long repos à Bertrimoutier. Ils prennent congé de cette localité à 19 h 30 pour prendre la direction de Colroy-la-Grande et rejoindre le gros du 2e bataillon à 21 h 30.

Carte 3 journee du 12 août 1914

Legende_carte_3_journee_du_12_aout_1914

Les hommes du capitaine Lescure qui se trouvent toujours dans le secteur du col d’Urbeis prennent les dispositions suivantes :

Pour la couverture :

Celle-ci doit être assurée par un peloton d’infanterie qui prend position au sud du col, il est épaulé par un second peloton qui est installé au nord du col. Une section reste sur la route du col. Une autre section prend place plus au nord, face à la lisière ouest du village du Climont, à environ 300 m à l’ouest du village.    

Pour la réserve :

Une compagnie et demie ainsi qu’une section de mitrailleuses constituent une partie de la réserve. Celles-ci sont positionnées près de la scierie de Lubine. Des éléments du  bataillon sont également positionnés au col de Lubine (très vraisemblablement le col d’Urbeis).

Une autre compagnie encadre le T.C. et l’artillerie couvrant la direction de Fouillaupré et celle du col de la Hingrie.

Carte_4_journee_du_12_aout_1914

Legende_carte_4_journee_du_12_aout_1914

Le peloton de cavalerie se trouve au col, derrière la section d’infanterie avec vedettes fixées aux cols de la Hingrie et de Raleine.

Des cavaliers ennemis sont signalés à la Hingrie. Une compagnie allemande du 8e bataillon de chasseurs à pied se trouve à la lisière du col d’Urbeis. Le village de Climont est occupé par l’ennemi, mais il est impossible d’en apprécier la quantité.

Les fermes du Climont vont être la cible du groupement mixte du  capitaine Lescure. Une attaque est en préparation pour le lendemain. De nouveaux déplacements attendent les 2e et 3e bataillons du régiment. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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22 août 2014

13 août 1914.

Le_Climont

Le 1er bataillon du 149e R.I. est en mission de couverture dans le secteur de Lubine depuis la veille. Les 2e et 3e bataillons sont à Colroy-la-Grande.

Une action offensive doit être exécutée par les hommes du capitaine Lescure qui se trouvent toujours dans le secteur du col d’Urbeis. Le bataillon doit pousser deux de ses compagnies, une section d’artillerie et un peloton de cavalerie dans la direction des fermes du Climont. Ce groupe exécute un déplacement rapide pour pouvoir canonner le secteur à partir de 15 h 00. Il a reçu l’ordre de prendre sous son feu les fermes du Climont en poussant par le sud, que celles-ci soient occupées ou non par l’ennemi. Quelles que soient les circonstances, le groupement du capitaine Lescure doit impérativement faire taire le canon et le fusil avant 16 h 00. Des troupes françaises se trouvent dans le secteur.

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Un groupe composé de deux compagnies du 158e R.I. et d’un peloton de cavalerie, sous les ordres du commandant du Réau de la Gaignonnière, venu du Han, contourne le Climont par le sud. Ce détachement doit faire sa liaison avec celui du capitaine Lescure. Une fois cette mission achevée, les hommes du 1er bataillon du 149e R.I. qui ont été engagés dans cette action, et les éléments qui lui sont rattachés retournent à Lubine.

En début d’après-midi, Les 2e et 3e bataillons du 149e R.I.s’apprêtent à quitter Colroy-la-Grande. Le 3e bataillon se met en route à partir 14 h 30. À 15 h 45, c’est au tour du 2e bataillon de mettre le sac au dos. Ces deux bataillons ont reçu l’ordre de venir s’établir en cantonnement d’alerte dans les communes de Provenchères-sur-Fave et de Frapelle.

La 7e compagnie est partie de Lusse aux alentours de 14 h 15 pour rejoindre son bataillon d’origine.

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En début de soirée, le 1er bataillon du 149e R.I. rentre aux cantonnements. Les 3 bataillons du régiment sont maintenant réunis. La nuit sera très courte, le régiment va se remettre en route dès le lendemain à partir de 3 h 30.

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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29 août 2014

14 août 1914.

Carte_photo_groupe_248

Le 149e R.I. qui stationnait à Colroy-le-Grande, Lubine et Lusse est venu, la veille au soir, s’installer dans les communes de Provenchère-sur-Fave et de Frapelle. Une fois de plus, le repos va être de courte durée.

L’intégralité du régiment doit se tenir prêt à quitter ses cantonnements à partir de 3 h 30. Le 3e bataillon du commandant Didierjean prend la tête de la colonne, il est aussitôt suivi par le 1er bataillon du capitaine Lescure. Le 2e bataillon du capitaine François ferme la marche. Le 149e R.I. prend la direction du  col de Saales.

Les premiers hommes du 3e bataillon passent devant la gare de Saales, qui est donnée comme P.I., à 5 h 15.

Arrivé à Bourg-Bruche, le 3e bataillon se sépare du reste du régiment. Accompagné d’un peloton du 4e Chasseurs, il prend la direction d’Haut-de-Steige. Les hommes du commandant Didierjean ont pour mission de tenir et de barrer le couloir de la Villé aux Allemands, tout en cherchant la liaison avec le 14e C.A.

Carte_1_journee_du_14_ao_t_1914

Legende_carte_1_journee_du_14_aout_1914

Une fois sa mission remplie, il devra rallier Saint-Blaise-la-Roche en passant par Ranrupt et Colroy-la-Roche après l’écoulement de la colonne.

Les 1er et 2e bataillons du régiment poursuivent leur marche en direction de Saulxures. Ils s’arrêtent au niveau du coude de la route à 400 m au sud de la halte de Saulxures.

Les hauteurs environnantes de Saulxures sont prises sous le feu de l’artillerie allemande. Des éléments de la 13e division, venant du 21e et du 109e R.I., apparaissent sur les lisières du bois qui se trouve sur les hauteurs de la rive ouest de la Bruche.

Aux environs de 8 h 30, une compagnie du 21e R.I. se replie sur les pentes est de ce mouvement de terrain à hauteur du 149e R.I.. La tête du gros de la colonne du régiment attire sur ce point quelques coups de canon.

À 12 h 15, le 1er bataillon du 149e R.I. reçoit l’ordre de se porter par les bois sur la croupe 553, qui est située à 1 km à l’est de Saint-Blaise-la-Roche. Les compagnies du capitaine Lescure doivent se tenir prêtes à soutenir le 1er B.C.P. qui vient de lancer une attaque en direction de Saint-Blaise-la-Roche. L’artillerie française est en position au Haut-Charas et à la cote 653 située à 800 m de Colroy-la-Roche.

Vers 13 h 15,  le colonel Menvielle reçoit un compte-rendu du capitaine Lescure ; celui-ci lui fait savoir que son bataillon se trouve maintenant en position sur la croupe 553, en présence d’une compagnie du 1er B.C.P..

Dix minutes plus tard le commandant du 149e R.I. reçoit un second compte rendu. Celui-ci provient du 3e bataillon du commandant Didierjean. Il indique les dispositions prises par ses compagnies dans le secteur du Haut-de-Steige.

 La 11e compagnie vient de prendre position au lacet situé au nord-est de Steige pour battre la vallée vers Meissengott. La 12e compagnie va s’installer à la cote 678, à 1200 m au sud de Haut-de-Steige. Elle doit surveiller les chemins de Lalaye et de Meissengott. La 9e compagnie est près de la cote 796, à 1200 m au nord de Steige. La 10e compagnie reste en réserve sur la route avec la section de mitrailleuses. Les mouvements des 9e et 12e compagnies du bataillon doivent s’exécuter entre 7 h 00 et 9 h 00.

Carte__2_journee_du_14_aout_1914

Legende_carte_2_journee_du_14_ao_t_1914

La 11e compagnie, qui avait reçu l’ordre de ne pas se déplace rtant que les éclaireurs des 9e et 12e compagnies n’avaient pas poussé jusqu’à leurs nouvelles positions, commence à avancer à partir de 10 h 00. Elle parvient à refouler quelques patrouilles allemandes. Mais, très rapidement, elle se heurte à des tirs nourris et bien ajustés provenant d’éléments ennemis qui sont fortement retranchés sur la croupe nord-est de Steige.

Le chef de bataillon Didierjean est tué, une fracture du crâne aura raison de sa vie, son agent de liaison de la 11e compagnie trouve également la mort ainsi qu’un autre soldat de cette compagnie.

Deux sections de la 9e compagnie sont aussitôt poussées vers la cote 796 pour permettre à la 11e compagnie de se dégager. Le corps du commandant Didierjean peut aussi être relevé. Le mouvement est exécuté aux alentours de 11 h 00.

Le 3e bataillon passe sous l’autorité du capitaine Laure. À 12 h 15, il reçoit l’ordre de se maintenir sur les emplacements occupés en raison du retard apporté par le 14e C.A. dans son mouvement défensif. Pour pallier à toute éventualité d’attaque, il doit se retrancher vers le défilé du Haut-de-Steige jusqu’au lendemain 15 août.

La 9e compagnie se porte à la cote 761 avec une avancée à 771. Un peloton de la 12e compagnie  tient la cote 678. Le second peloton de cette compagnie organise et occupe, face à l’est, le carrefour les Bas. La section de mitrailleuses s’établit sur une pente entre la cote 678 et le Haut-de-Steige. Elle flanque la 11e compagnie. Ces compagnies sont soutenues par un bataillon du 158e R.I.. Une batterie du 59e R.A.C, qui est en position vers la Salcée,assure la sécurité.

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Le 1er B.C.P. vient de pénétrer dans le village de Saint-Blaise-la-Roche à 16 h 00. L’état-major et le 2e bataillon du 149e R.I. reçoivent l’ordre de se porter sur ce village. 

Deux heures plus tard, les hommes du capitaine François atteignent Saint-Blaise-la-Roche. Le 1er B.C.P. est déployé sur les pentes au nord-ouest de Poutay. Le 1er bataillon du 149e R.I. occupe les hauteurs au nord-est de Saint-Blaise-la-Roche.

Des signaux blancs sont agités depuis certaines tranchées ennemies. À 18 h 30, les Allemands qui s’y trouvent sortent sans armes pour venir au-devant de nos lignes.

En début de soirée, 4 convois de prisonniers allemands d’environ 500 hommes partent en direction de Saales. Presque tous sont Alsaciens, ils appartiennent au 99e et au 15e Bavarois. Outre le fait qu’ils aient été abandonnés par leurs chefs, ces hommes déclarent n’avoir rien mangé depuis la veille.

Vers 20 h 30, deux bataillons du 109e R.I., qui ont été fortement éprouvés durant la journée dans l’attaque de Saint-Blaise-la-Roche, viennent également cantonner dans cette commune.

 

                                 Tableau des tués pour la journée du 14 aout 1914

   

                               Tableau des blessés pour la journée du 14 août 1914

 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

La photographie de groupe a été réalisée avant le début du conflit.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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05 septembre 2014

Marie Charles François Didierjean (1868-1914).

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Marie Charles François Didierjean est né le 18 janvier 1868 dans la petite ville de Baccarat. À sa naissance, son père,Marie Eugène, est un ingénieur âgé de 32 ans. Celui-ci est administrateur des cristalleries de Saint-Louis. Sa mère, Marie Joséphine Mangin, originaire de Nancy, est une femme âgée de 22 ans.

Le jeune Didierjean effectue sa scolarité chez les jésuites au collège Saint-Joseph de Reims, puis au lycée Sainte-Geneviève de Versailles durant les années scolaires 1885, 1886 et 1887.

Une fois ses études secondaires terminées, il se rend à la mairie du 8e arrondissement de Paris pour signer un engagement volontaire de 5 ans avec l’armée. Marie Charles François Didierjean a réussi le concours d’entrée de l’école spéciale militaire. À la fin du mois d’octobre 1887, il entre à l’école de Saint-Cyr pour prendre sa place dans la promotion de Tombouctou.

Nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1889, juste après l’obtention de son diplôme de Saint-Cyrien, il doit rejoindre la ville de Gérardmer pour incorporer le 152e R.I..

En avril 1895, il devient lieutenant instructeur à l’école militaire d’infanterie. Ce rôle de pédagogue ne semble pas lui convenir puisqu’il fait rapidement une demande écrite pour quitter ce poste. Un an après, il est réintégré dans son ancien régiment.

En octobre 1897, Marie Charles François Didierjean épouse Marguerite Maguin, une Nancéienne âgée de 25 ans.

Le 12 juillet 1900, c’est la promotion ; aussitôt nommé capitaine, cet homme est immédiatement muté au 30e R.I. et il doit gagner la ville d’Annecy. Dans un premier temps, le capitaine Didierjean travaille au bureau de la mobilisation, une fonction qu’il occupe durant trois années consécutives. En 1903, il prend le commandement d’une compagnie du régiment.

Le 25 mars 1906, il est de nouveau sur le départ, quittant la région de la Haute-Savoie. Cet officier doit intégrer le 113e R.I.. Le 24 septembre 1911, il devient capitaine adjoint major du régiment.

Peu de temps avant d’accéder au grade de chef de bataillon, Marie Charles François Didierjean doit suivre les cours de tir pratique au camp de Châlons durant une période qui s’échelonne entre le 20 et le  31 mai 1913.

Trois semaines plus tard, il obtient ses galons de commandant. Ce nouveau chef de bataillon quitte la ville de Blois et prend la direction de l’est pour rejoindre la ville d’Épinal. Il est maintenant responsable du 3e bataillon du 149e R.I..

Le commandant Didierjean est très bien noté par ses supérieurs. Il est considéré comme étant un officier de grande qualité. Qualifié de très intelligent, il possède une grande érudition et maitrise parfaitement l’allemand, l’anglais et l’italien. C‘est également un excellent cavalier et un très bon escrimeur.

Il est toujours à la tête de son bataillon lorsque la déclaration de guerre contre l’Allemagne est officialisée le 2 août 1914.

Le commandant Didierjean trouve la mort le 14 août 1914 au Haut-de-Steige dans la vallée de la Bruche. La guerre n’est commencée que depuis 12 jours. Cet homme âgé de 46 ans, veuf depuis 1913, laisse 5 orphelins, Antoinette, Hélène, Marie-Louise, Antoine et Madeleine.

Sepulture_commandant_Didierjean

Il repose dans le caveau familial du cimetière de Préville de Nancy.

Décorations obtenues :

Chevalier de la Légion d’honneur le 11 juillet 1914.

Citation à l’ordre de la 10e armée n° 53 du 4 mars 1915 : 

«  A été tué le 14 août 1914 à Haut de Steige (Alsace) à la tête de son bataillon au moment où il se portait avec les premiers éléments de la compagnie d’avant-garde pour reconnaitre la situation et le terrain avant de donner son ordre d’engagement. A donné les ordres jusqu’au dernier souffle de sa vie avec un courage de tout éloge. »

Henri René évoque le commandant Didierjean dans son ouvrage "jours de gloire et de misère".  Voici ce qu’il écrit à son sujet :

 6 août 1914. En Alsace, le baptême du feu.

… Le commandant Didierjean éteint sa pipe, son inséparable.  Il en secoue les cendres d’un geste machinal sur le croc de sa canne, son autre inséparable. Il incline un peu sur l’oreille son grand képi haut formé et, très ému sans vouloir le paraître, il assigne les objectifs à ses capitaines… …Le commandant Didierjean, avec l’excessive bravoure qui lui était coutumière, a été frappé le 13 août, à Haut-de-Steige sur la ligne d’éclaireurs au « champ d’honneur » de cette Alsace où il avait si ardemment rêvé de reconquérir lui-même ses parchemins de famille. Nous avions pour lui un véritable culte et il n’est pas de mots pour traduire les regrets qu’il laisse parmi nous.

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de Vincennes.

 « Jour de gloire, jour de misère… » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie, 1917.

La photographie de la sépulture du commandant Didierjean à été réalisée par E. Mansuy.

Un grand merci à M. Bordes, à C. Didierjean, à E. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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12 septembre 2014

15 août 1914.

Groupe_149e_R

Après une courte nuit de sommeil, le 15 août 1914 va être relativement calme pour le 149e R.I.. Calme, mais pas sans activité et déplacements.

L’état-major et le 2e bataillon du 149e R.I. quittent les cantonnements de Saint-Blaise-la-Roche à 6 h 45. Ils viennent prendre une formation de rassemblement articulée sur les pentes boisées situées à l’est de la station de Saulxures.

Le 1er bataillon du régiment vient de recevoir l’ordre de maintenir ses positions occupées depuis la veille. Celles-ci sont situées au nord de Saint-Blaise-la-Roche, à hauteur de Poutay. Une compagnie est en place à l’ouest de la route Saales-Schirmeck, les 3 autres sont postées à l’est de cette route. Ces quatre compagnies doivent conserver ce secteur jusqu’à ce qu’elles soient relevées par des unités de la 13e division.

Carte_journee_du_15_aout_1914

Legende carte 3 journee du 12 aout 1914

En début d’après-midi, le 1er bataillon peut enfin quitter ses emplacements. Il vient prendre sa formation de rassemblement à l’arrière et à la droite du 2e bataillon.

 Vers 17 h 00, tous ces éléments sont envoyés en cantonnement dans le village de Saint-Blaise-la-Roche. Un groupe d’A.D. les accompagne. L’installation dans les lieux de repos est terminée à 19 h 00.

Le 3e bataillon du commandant Laure est obligé de se maintenir au Haut-de-Steige en raison du retard apporté dans son mouvement offensif par le 14e C.A., avec lequelil n’a toujours pas pu entrer en liaison.

Le ravitaillement en viande fraîche se fait à Bourg-Bruche à partir de 8 h 30. L’alimentation par train régimentaire a lieu à Senones à partir de 15 h 00.

 

                                Tableau des blessés pour la journée du 15 août 1914

 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

La photographie de groupe représentant des soldats du 149e R.I. est antérieure à 1914.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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19 septembre 2014

16 août 1914.

Saint_Blaise_la_Roche

La journée du 16 août va conduire quelques éléments du régiment sur le champ de bataille du 14 août, tandis que les premiers renforts arrivent pour combler les pertes.

Les 1er et 2e bataillons du 149e R.I. se préparent à quitter Saint-Blaise-la-Roche.

À 5 h 40, ces bataillons viennent prendre une formation de rassemblement sur les pentes nord-ouest de l’éperon 553. Cet éperon se trouve au sud de Saint-Blaise-la-Roche. Une fois positionnés, les hommes se placent face au nord.

Le 2e bataillon du capitaine François occupe la droite de la position. Le 1er bataillon du capitaine Lescure s’installe à sa gauche. Le 158e R.I. vient se former en arrière et à droite du 149e R.I..

Le 3e bataillon du capitaine Laure reçoit un nouvel l’ordre,lui stipulant son maintien sur ses positions occupées, en raison d’un ralentissement dans les mouvements du 14e C.A..

Peu avant 11 h 00, le régiment obtient un premier renfort envoyé par le dépôt de Langres. Ce groupe est constitué d’environ 260 hommes qui sont sous l’autorité des sous-lieutenants de Parseval et Joannès.

Le médecin aide-major Mégnin fait partie du nombre. Tous ces hommes sont immédiatement répartis dans les compagnies qui sont carencées en effectif, depuis les combats du Renclos-des-Vaches.

À 13 h 30, un détachement du 149e R.I. est envoyé sur le champ de bataille du 14 août, sur les hauteurs 593 au sud-ouest de Diespach. Ce détachement a pour mission de rassembler tout le matériel, l’armement, l’équipement et le harnachement qui ont été abandonnés par l’ennemi. Il en profite également pour compléter les déficits et les pertes en sacs, musettes et bidons…

Au cours de l’après-midi, l’état-major du régiment reçoit l’ordre de cantonnement. Le 1er bataillon doit retourner à Saint-Blaise-la-Roche. L’état-major, le 2e bataillon du régiment ainsi que deux groupes d’artillerie de C.A., viennent s’installer à Diespach.

Un deuxième détachement venu de Langres arrive à 16 h 30. Ce groupe est composé d’environ 260 hommes qui sont accompagnés par les sous-lieutenants Fèvre et Petermann.

Les quatre sous-lieutenants, qui sont arrivés en renfort dans la journée, proviennent tous de l’école de Saint-Cyr.

Le 149e R.I. doit se diriger vers ses nouveaux cantonnements à partir de 17 h 00. Il doit laisser passer l’artillerie du 21e C.A. avant de se mettre en route.

L’état-major et le 2e bataillon du régiment arrivent à Diespach vers 18 h 00.

Carte_journee_du_16_aout_1914

Legende_carte_journee_du_16_aout_1914

Le ravitaillement en viande fraiche se déroule à Bourg-Bruche à partir de 8 h 30. L’alimentation par la section 1 du C.V.A.D. se fait au col du Las vers 6 h 00.

 

                                  Tableau des tués pour la journée du 16 août 1914

 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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26 septembre 2014

17 août 1914.

Waldersbach

Le 149e R.I. reste sur ses positions défensives. Le 1er bataillon du 149e R.I. est installé à Saint-Blaise-la-Roche depuis la veille au soir, le 2e bataillon loge à Diespach et le 3e bataillon occupe toujours ses positions du côté du Haut-de-Steige. 

Le 1er bataillon est prêt à quitter son cantonnement à partir de 4 h 00, mais celui-ci va devoir patienter encore plusieurs heures, avant de pouvoir se mettre en mouvement. 

Les hommes du capitaine Lescure quittent Saint-Blaise-la Roche vers 14 h 00. Ils viennent s’installer dans leurs nouveaux quartiers à Waldersbach, après deux heures de marche. 

À 17 h 00, le 3e bataillon reçoit un ordre téléphonique qui est donné par l’état-major de la 85e brigade. Il lui est demandé de venir s’établir à Ranrupt. Le bataillon exécute cet ordre à compter de 19 h 00. Il arrive à 20 h 00.   

Le 2e bataillon reste à Diespach. 

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Legende_carte_3_journee_du_12_aout_1914

Le ravitaillement en viande fraiche se fait à partir de 9 h 00 à Fonday. L’alimentation par la section n° 2 du C.V.A.D. est distribuée à la même heure à Vert-Pré. 

Sources bibliographiques : 

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9. 

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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03 octobre 2014

Auguste Laure (1881-1957).

Auguste_Laure_1

 Avant-guerre 

Auguste Marie Émile Laure voit le jour le 3 juin 1881, à Apt, une petite ville située dans le département du Vaucluse. À sa naissance, son père Joseph est un homme âgé de 36 ans,qui exerce la profession d’ingénieur. Sa mère, Marguerite Duval, est une femme originaire de Draguignan, qui est âgée de 28 ans. La fratrie d’Auguste est composée de 4 enfants.

Après l’école primaire, Auguste poursuit sa scolarité. C’est un élève brillant ; à la fin de ses études secondaires, il est bachelier es lettres et es sciences. Engagé volontaire, le jeune homme signe un contrat de trois ans à la mairie de Versailles. Le 30 octobre 1899, il est compris sur la liste de recrutement de la classe de 1901 de la subdivision de Toulon, n° 47 de tirage dans le canton d’Hyères. Il porte le n° 2216 au registre matricule de recrutement.

Ce jeune homme ne le sait pas encore, mais une longue et féconde carrière d’officier l’attend…

Une fois son engagement signé, Auguste Laure entre aussitôt à l’école spéciale militaire. Sa promotion porte le nom d’In-Salah. Cette 84e promotion a choisi ce nom pour commémorer la prise de l’oasis d’In-Salah sur les touaregs en 1899.

3e_compagnie_de_la_promotion_d__In_Shalah

Nommé caporal le 15 août 1900, puis sergent le 1er décembre 1900, il quitte l’école de Saint-Cyr avec le grade de sous-lieutenant le 1er octobre 1901. Bien noté, il porte le n° 19 d’une promotion qui compte, à la fin des cours, 546 élèves. Deux ans plus tard, il est nommé lieutenant. Cet officier sert au 7e B.C.P. depuis sa sortie de l’école de Saint-Cyr, une unité qu’il ne va pas quitter jusqu’à son entrée à l’école supérieure de guerre.

Le 23 octobre 1906, le lieutenant Laure est admis à suivre les cours de l’école supérieure de guerre. Pour cela, il doit se rendre à Paris pour intégrer la promotion n° 32. Moins de cinq années se sont écoulées entre ses deux formations.

Classé 45e avec la mention « bien », Auguste Laure obtient son brevet d’état-major le 21 octobre 1908.

Le lieutenant Laure se marie le 27 octobre 1908 à Draguignan. Il épouse Eugénie de Gasquet, une jeune femme âgée de 24 ans. De cette union naîtront deux garçons et deux filles.

Sa formation d’officier d’état-major est loin d’être achevée ; il doit maintenant effectuer un stage pratique à l’état-major de la 30e D.I. à Avignon, d’une durée de 2 ans.

Au cours de cette période, il effectue deux stages d’un mois. Le premier, en 1909, au 38e R.A.C., le second, en 1910, au 9e régiment de hussards. Au cours de ce second stage, il prend part aux manœuvres d’automne avec le 1er escadron du régiment.

Le chef d’état-major de la 30e D.I. fait savoir que c’est un officier de grande valeur qui est remarquablement doué sous le rapport de l’intelligence et des qualités militaires et professionnelles. Le lieutenant Laure s’oriente très bien sur le terrain avec un sens tactique très prononcé. C’est un homme qui beaucoup de méthode dans l’organisation des tâches à effectuer. Toujours à la hauteur, il sait travailler vite, bien et consciencieusement.

La titularisation dans sa fonction d’officier d’état-major a lieu le 28 septembre 1910.

En 1911, le lieutenant Laure participe aux manœuvres alpines, aux manœuvres de cadres, au voyage d’état-major et aux manœuvres d’automne de la 30e D.I.. À la suite de cela, il présente un volumineux travail écrit sur la tactique offensive française. Il participe également, de manière prépondérante, à l’organisation de l’école d’instruction d’Avignon, où il donne régulièrement des conférences aux officiers de complément.

Au 149e R.I.

Le 23 septembre 1913, Auguste Laure est promu capitaine. Ce changement de grade va le conduire dans la cité spinalienne. Il quitte la ville d’Avignon pour venir prendre le commandement d’une compagnie du 149e R.I..

Cet officier se trouve à la tête de la 10e compagnie lorsque le conflit contre Allemagne débute aux tout premiers jours du mois d’août 1914. Le 9 août 1914, c’est le baptême du feu pour le 149e R.I., mais la compagnie du capitaine Laure ne participe pas aux combats qui se déroulent dans le secteur du Renclos-des-Vaches.

Quelques jours plus tard,  Auguste Laure est amené à prendre le commandement du 3e bataillon, à la suite de la mort au combat du commandant Didierjean qui est survenue le 14 août 1914.

Le 25 août 1914, il est blessé à Bazien, une petite bourgade qui se trouve près de Ménil-sur-Belvitte où le régiment est engagé.

Suite à cette blessure, il est évacué le jour même sur l’hôpital d’Autrey, une petite commune vosgienne. Le lendemain, il quitte ce département pour être hospitalisé à l’hospice de Paray-le-Monial qui se trouve en Saône-et-Loire. Il obtient une convalescence de 8 jours en date du 29 août, qu’il passe à Avignon.  Il rejoint le dépôt de son régiment avant l’expiration de celle-ci, le 2 septembre 1914.

Ce n’est seulement que le 8 février 1915 que l’adjudant de bataillon Henri Ganière, les soldats Léon Leduc de la 12e compagnie et Camille Saunier de la 10e compagnie signeront le certificat d’origine de sa blessure.

« A été blessé par une balle ennemie sur le dessus de l’épaule droite, alors qu’il se trouvait derrière le centre de la ligne de combat du bataillon et qu’il donnait des ordres à la 12e compagnie, réserve de bataillon. »

Le lieutenant-colonel Gothié, qui commande le régiment et le médecin aide-major de 1ère classe Hubert Cleu valident ce document.

Le capitaine Laure revient dans son régiment le 5 septembre 1914. À peine arrivé, il conduit son bataillon dans les combats qui se déroulent dans le petit village marnais de Souain (pour en savoir plus, il suffit de cliquer une fois sur l'image suivante).

Section_du_149e_R

Considéré comme un officier de tout premier ordre, il est promu chef de bataillon à titre temporaire le 13 octobre 1914. Cinq jours plus tôt, son bataillon avait reçu la mission d’enlever les hauteurs de Notre-Dame-de-Lorette (pour en savoir plus, il suffit de cliquer une fois sur l'image suivante).

Chapelle_de_Notre_Dame_de_Lorette

De novembre à décembre 1914, le 149e R.I. quitte la France pour aller combattre en Belgique. Le commandant Laure participe avec son bataillon à plusieurs attaques dans ce pays. Fin décembre 1914, c’est le retour dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette. Cet officier assure toujours le commandement du 3e bataillon. Avec ses hommes, il se fait tout particulièrement remarquer dans les combats du mois de  mars 1915 qui se déroulent dans le secteur de Noulette (pour en savoir plus, il suffit de cliquer une fois sur l'image suivante).

Groupe_149e_R

Le 27 avril 1915, Auguste Laure est blessé au moment où il rebrousse chemin, à la suite d’une reconnaissance effectuée en première ligne. Le commandant Laure est immédiatement pansé sur place pour une plaie en séton reçue à la cuisse droite. Il est ensuite évacué sur l’hôpital de Bruay. Après son rétablissement, il est nommé à l’état-major de la 13e D.I., juste au moment où il devait reprendre son commandement au 149e R.I..

À l’état-major de la 13e D.I. et au 3e bureau du G.Q.G. 

De juin 1915 à mai 1917, Auguste Laure occupe les fonctions de chef d’état-major dans cette division. Il se retrouve directement sous les ordres du général Albert Martin de Bouillon. Pendant ces deux années, il va devoir produire une somme de travail intellectuel considérable, particulièrement au cours des combats qui eurent lieu à Notre-Dame-de-Lorette, à Verdun et dans la Somme. Ce travail le force parfois à passer plusieurs nuits d'affilée sans prendre aucun repos.

À de nombreuses reprises, il est très fatigué, notamment à Verdun en mars 1916 et dans la Somme en septembre 1916. Engagéà prendre du repos par son supérieur direct, il refuse catégoriquement de quitter son poste. Surmené, épuisé, malmené par les efforts fournis, ce n’est qu’en mai 1917, et après de sérieux problèmes de santé, qu’il est contraint, sur ordre du médecin divisionnaire, de prendre du repos et d’aller se faire soigner à l’hôpital de Château-Thierry.

Le 24 juin 1917, il est affecté au bureau des opérations du grand quartier général. Le 6 juillet 1917, le commandant Laure est titularisé dans sa fonction de chef de bataillon.

Le commandant Laure est considéré par le lieutenant-colonel Duffour, le commandant du 3e bureau du G.Q.G., comme l’une des « chevilles ouvrières » de la bataille décisive de l’année 1918, soit comme officier de liaison auprès d’une armée, soit comme rédacteur des directives du commandant en chef.

L’après-guerre 

Au cours du premier semestre de l’année 1919, Auguste Laure fournit une somme de travail considérable, soit sous forme d’études concernant les enseignements à tirer du conflit (conduite des opérations, tactique, organisation du haut commandement, des grandes unités, des différentes armes), soit sous forme de rédactions historiques

Le 26 août 1919, cet officier est muté au service historique de l’état-major de l’armée. Il participe à l’élaboration des ouvrages intitulés « les Armées Françaises dans la Grande Guerre.

Il intègre l’état-major particulier du ministre de la guerre Flaminius Raiberti à la fin de l’année 1920.

Le 21 janvier 1922, Auguste Laure est devenu sous-chef du cabinet militaire. Il est nommé lieutenant-colonel le jour de Noël de cette année.

Le 23 juin 1924, il est rattaché au 5e R.I., puis titularisé dans la fonction de chef de cabinet du maréchal Pétain, qui est, à cette époque, vice-président du conseil supérieur de la guerre.

Au cours de cette période, Auguste Laure est chargé par le maréchal Pétain de réaliser de nombreux travaux autour de la conduite des affaires marocaines. Il fera plusieurs séjours en Afrique.

Nommé colonel le 25 mars 1928, Auguste Laure commande la 6e demi-brigade de chasseurs à Nice. Les mois de juillet, d’août et de septembre sont consacrés aux  grandes manœuvres. Profondément convaincu de l’importance des écoles de perfectionnement des officiers de réserve, il réorganise complètement l’école d’officiers de Nice et il va obtenir d’excellents résultats.

En 1929, le colonel Laure fournit de nombreux travaux personnels. L’un d’entre eux lui vaut les félicitations du ministre de la guerre P. Painlevé, le 17 juin 1929.

En 1931, il suit les cours du centre des hautes études militaires. Une fois de plus, il est très bien noté. À la suite de cette nouvelle formation, il est promu général de brigade, cette nomination est publiée au journal officiel du 2 août 1932. Il a 51 ans.

Le 11 février 1934, le général de brigade Laure est promu chef de cabinet du ministre de la guerre Philippe Pétain.

En août 1934, il dirige l’exercice des cadres de la 65e D.I.. Le général Laure connaît parfaitement bien tous les rouages du fonctionnement d’une telle unité. Considéré comme un grand spécialiste des Alpes, il maîtrise parfaitement les particularités de la manœuvre et du combat en montagne.

Une décision ministérielle du 8 mai 1935, le nomme à la tête de la division d’Alger. Cet officier doit prendre le commandement de cette unité dans le courant du mois de juin 1935. Pour cela, il doit rejoindre le port de Marseille pour s’embarquer sur le paquebot « Lamoricière », un navire de la compagnie générale transatlantique, qui va le mener tout droit en Afrique.

Auguste Laure est nommé général de division le 16 décembre 1935, il reste maintenu à la tête de la division d’Alger.

Décembre 1937, c’est le retour en France. Le 24 janvier 1938, il prend le commandement de la 9e région à Tours.

1939-1940

Le 2 septembre 1939, il se retrouve, à nouveau, dans l’obligation de combattre les Allemands. C’est à la tête du  9e C.A. qu’il va retrouver l’ennemi d’antan. Son corps d’armée doit quitter la Touraine pour se rendre dans la région de Forbach. Des combats sporadiques se déroulent sur ce front de la Sarre à partir du 10 mai 1940. Le 21 mai, Auguste Laure prend le commandement de la 8e Armée, une armée qui tient le Rhin dans un secteur allant de Sélestat au Jura. Le 12 juin, celle-ci est menacée d’encerclement par les troupes allemandes. Pour éviter cette catastrophe, il reçoit un ordre de retraite. Ses effectifs se mettent rapidement en marche pour se replier sur la ligne Dijon, Dôle, Genève. Malgré ce déplacement, son armée se retrouve prise au piège le 17 juin. Il décide alors de former « un dernier carré » de résistance autour de la Bresse et il donne l’ordre à ses troupes de tenir jusqu’à la dernière cartouche. Après 24 heures de combat, il est fait prisonnier avec ses hommes. Le général Laure est dirigé vers l’Allemagne pour être interné à Königstein.

L’armistice est signé le 22 juin 1940, le gouvernement de Vichy se met en place. Celui-ci demande la libération du général Laure. Cette requête est acceptée par les autorités allemandes. Auguste Laure va pouvoir quitter Königstein dès la fin du mois d’octobre 1940. Le 17 novembre 1940, il est nommé secrétaire général du maréchal Pétain. Deux mois plus tard, il est promu général d’armée.

Après 1940 

Il est limogé le 19 avril 1942, suite à la demande de Pierre Laval, qui vient tout juste de revenir au pouvoir. Auguste Laure, qui est resté très proche du maréchal Pétain, est tout de même maintenu chargé de mission aux services historiques jusqu’au début du mois de juin 1943.

Toujours inscrit sur une liste de personnalités suspectes, il est arrêté par les autorités d’occupation le 24 décembre 1943. Le général Laure est emprisonné, puis déporté en Autriche. Libéré le 4 mai 1945 par les troupes américaines, il est de retour en France, quatre jours plus tard. Ayant occupé un poste de haut fonctionnaire dans le gouvernement de Vichy, il est rapidement arrêté. Puis mis en permission de captivité le 8 août 1945. L’heure de la retraite a sonné.

En août 1945, il est domicilié au 67 rue de Monceau à Paris (8e).

Le 3 juillet 1957, il décède à l’âge de 76 ans, dans la petite ville d’Hyères.

Le général d’armée Auguste Laure a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre n° 3 de la 85e brigade  du 30 avril 1915 :

« Brillant officier, d’une activité et d’une bravoure au-dessus de tout éloge, d’esprit clairvoyant et d’un jugement sûr, d’une grande autorité sur sa troupe. Blessé le 25 août 1914, a été fait Chevalier de la Légion d’honneur lors de la prise de la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette. Blessé une 2e fois, le 27 avril au cours d’une reconnaissance de nuit. »

Citation à l’ordre n° 125 de la  Xe Armée  du 25 octobre 1915 :

« Aussi bon chef d’état-major qu’il a été brave officier de troupe, d’un dévouement à toute épreuve, d’un zèle inlassable. Pendant 20 jours de combats successifs a de jour et de nuit été sur la brèche prévoyant, organisant de façon à ce que les troupes soient dans de meilleures conditions à produire leur effort. A été blessé deux fois. Cité déjà à l’ordre de la brigade comme officier de troupe. »

Citation à l’ordre n° 13.823 du C.A. du 24 février 1919 :

«  Après s’être distingué comme chef de bataillon et chef d’état-major d’une D.I., a tenu une place éminente au 3e bureau de l’état-major général, par l’étendue de ses connaissances professionnelles, sa puissance de travail, l’ardeur de son tempérament militaire. Officier de liaison intrépide, plein de tact et d’une expérience consommée, a pris une part considérable dans l’établissement des instructions par lesquelles le commandant en chef a fixé les procédés de combat répondant aux conditions successives de la guerre. »

Autre citation :

Ordre n° 449/D du 31 octobre 1925 des troupes d’occupation du Maroc :

« A servi à l’état-major du maréchal de France, vice-président du conseil supérieur de la guerre, commandant en chef du Maroc, pour les opérations militaires sur le front nord-marocain d’août à novembre 1925.

A pris une part active à la préparation du plan général d’action puis à sa mise en œuvre, en exécutant les liaisons fréquentes auprès des grandes unités et des reconnaissances à régler le développement de leurs actions combinées.

Au cours de délicates missions auprès du haut commandement espagnol, a contribué à maintenir une étroite collaboration des forces des deux pays vers l’objectif commun. A poursuivi sa tâche en participant à l’établissement du programme d’ensemble des actions décisives.

Officier d’état-major de premier ordre dont la haute valeur intellectuelle et morale s’est constamment affirmée au cours de ces évènements (Croix de guerre des T.O.E.) »

Chevalier de la Légion d’honneur (Ordre n° 884-D du 8 mai 1915) :

« Le 8 octobre 1914, ayant reçu la mission de chasser l’ennemi d’un bois et de s’emparer d’une position ennemie fortement organisée, s’est acquitté de sa mission avec un coup d’œil remarquable, a occupé la position ennemie, s’y est maintenu et à montré dans cette opération de sérieuses qualités de commandement. »

Officier de la Légion d’honneur : 16 juin 1920.

Grand Officier de la Légion d’honneur : (Ordre n° 612/D le 14 août 1941.

« Commandant d’un corps d’armée en Lorraine depuis le début de la campagne, a déployé une ardeur passionnée à l’organisation de son secteur et au développement de l’esprit combatif de ses troupes.

Recevant le 22 mai 1940, le commandement de l’armée chargée de la défense de la Haute-Alsace, a, tant dans la préparation que dans la conduite de la bataille de juin 1940, fait preuve d’un jugement et d’une activité remarquables.

Attaqué en même temps de front et à revers, a fait face à la situation critique dans laquelle s’est rapidement trouvée son armée avec une ténacité et une énergie qu’aucune difficulté n’a réussie à abattre, tentant de rompre l’encerclement ennemi par une contre-action, animant de sa volonté de résistance les éléments de son quartier général avec lesquels il avait fait organiser la défense de la Bresse.

A été fait prisonnier le 22 juin, résistant jusqu’au bout, les armes à la main, comme il l’avait prescrit à toute son armée

Le présent ordre comporte l’attribution de la croix de guerre avec palme.

Commandeur de la Légion d’honneur.

Autres décorations :

Officier de la Couronne d’Italie.

Croix de guerre belge. Arrêté royal du 17 avril 1920

Officier de l’ordre de la Couronne (Belgique). D.M. du 26 avril 1920.

Croix de 2e classe du mérite militaire rouge d’Espagne. (Diplôme du 5 février 1926).

Médaille coloniale, agrafe Maroc  1925 (décret officiel janvier 1926).

Médaille de la Victoire (autorisation du 8 juin 1921)

Officier de l’Instruction Publique (21 janvier 1931)

Commandeur de l’ordre du Ouissam-Alaouite chérifien (Dahir du 31 décembre 1934).

Grand-Officier Nichan-Iftikar de Tunisie (diplôme obtenu le 22 août 1934).

Grand officier de l’ordre de l’étoile de la Roumanie.

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Auguste Laure est l’auteur de plusieurs ouvrages. Sous le pseudonyme d’Henri René il a rédigé les livres suivants :

Lorette une bataille de 12 mois (octobre 1914-octobre 1915). Editions Perrin et Cie. 264 pages.1916.

Jours de gloire, jours de misère (histoire d’un bataillon, Alsace, Lorraine, Marne, Ypres, Artois, Verdun, 1914-1916.Editions Perrin et Cie. 1917.

Sous son véritable nom :

Au 3e bureau du troisième G.Q.G. (1917-1919) Editions Plon, 279 pages, 1921.

Les étapes d’une division d’infanterie (13e D.I.) Editions Berger-Levrault Paris. 414 pages. 1928.

La victoire franco-espagnole dans le Rif par le lieutenant-colonel Laure. Editions Plon. 272 pages. 1927.

Pétain. En collaboration avec le général Audet, le lieutenant-colonel Montjean et le lieutenant-colonel Buot de l’Épine. Editions Berger-Levrault. 442 pages. 1941.

Autres publications :

La défense aérienne du territoire. Conférence de M. le général Laure, du 22 janvier 1934.

Le commandement en chef des armées française du 15 mai 1917 à l’armistice. Revue militaire française n° 182.

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Les deux premiers  portraits du commandant Laure  proviennent de la collection personnelle de F. Amélineau.

La photographie de la 3e compagnie  d’In-Salah (1899-1901) de l’école spéciale militaire provient d’un livre d’or appartenant à P. Baude.

La majeure partie des informations concernant le parcours du général Laure, au cours  de la seconde guerre mondiale, ont été fournies par F. Amélineau.

Les éléments concernant la composition familiale du général Laure ont été trouvés sur le site « Généanet ».

 François de Lannoy et Max Schiavon lui ont consacré un chapitre dans leur livre « les généraux français de 1940 » (2013).

 Un grand merci à M. Bordes, à F. Amélineau, à A. Carobbi, à P. Baude, à M. Porcher, à Y. Thomas et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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