05 mars 2013

9 août 1914, le baptême du feu.

                  Renclos_des_Vaches_2

Le colonel Menvielle vient de recevoir le commandement d’un groupement constitué du 149e R.I., du 31e B.C.P. et d’une batterie de R.A.C., à la suite d’un ordre provenant de la 43e D.I..

À 2 h 30, les 1er et 2e bataillons du régiment se mettent en marche. Ils quittent Ban-de- Laveline pour se rendre à Wisembach. La troupe prend la route qui passe par Gemaingoutte.

                 Carte_1A

                                     Legende_carte_1A

Les bataillons quittent Ban-de-Laveline à 2 h 30 dans l’ordre suivant : 

                 Composition_du_9_ao_t_1914

Le point initial se trouve à la sortie nord-est de Ban-de-Laveline sur la route de Gemaingoutte. Les éléments du 149e R.I. arrivent à Wisembach à 3 h 45. 

 I Mouvements et mises en place des unités avant le début du combat du Signal de Sainte-Marie 

a) 1er et 2e bataillons du 149e R.I. 

                 Carte_1B

                                     Legende_carte_1B

La 6e compagnie qui constitue la flanc-garde se détache aussitôt de ce  groupe. Sa mission est de veiller à ce que le gros du régiment ne soit pas pris à revers par l’ennemi. Elle doit se rendre du côté de la Chaume de Lusse. Pour rejoindre ce secteur, la compagnie du capitaine François suit un itinéraire qui passe par Diarupt, la Croix le Prêtre, le bois de Menaupré et le Renclos des Vaches. Une fois arrivée près de la Chaume de Lusse, elle prend position sur la lisière est du bois et se retrouve ainsi face aux retranchements ennemis,qui se sont établis à quelques 600 m au sud-est. 

                 La_Chaume_de_Lusse

Les 1ère, 2e et 4e compagnies du 1er bataillon prennent la direction du Renclos-des-Vaches. Elles passent ensemble les Yraux pour ensuite se séparer. Les 1ère et 4e compagnies suivent la lisière nord du bois devant les Yraux et la 2e compagnie longe la lisière sud du bois de Menaupré.

Les 5e, 7e et 8e compagnies du 2e bataillon du commandant Magagnosc, sous l’autorité du colonel Menvielle, se dirigent sur la Cense du Jardin. Elles s’y établissent en rassemblement articulé et doivent se tenir prêtes à appuyer une attaque sur le Renclos-des-Vaches. Toutes ces troupes sont en place à 5 h 00.

                  Carte_1C

                                       legende_carte_1C

Une section de la 5e compagnie est restée à Wisembach avec le T.C.I.. 

Il n’y a aucune information dans le J.M.O. du régiment concernant le déplacement de la 3e compagnie pour cette journée. La dernière indication donnant sa position  date de la veille. Le 8 août, celle-ci est restée à Saulcy-sur-Meurthe pour effectuer une mission de protection et de surveillance. Après avoir fait leur travail, les hommes du lieutenant de Lurion de l’Egouthail, ont certainement pris directement la direction de Wisembach. Leur bataillon d’appartenance étant dans le secteur du signal de Sainte-Marie avec le colonel du régiment, ils sont allés directement rejoindre le 3e bataillon du 149e R.I., au col de Sainte-Marie pour prendre les ordres du lieutenant-colonel Escallon. Ce déplacement reste une hypothèse. 

b) 3e bataillon du 149e R.I.

Depuis la veille au soir, le 3e bataillon se trouve du côté de la ferme de la Côte en territoire ennemi. Le lieutenant-colonel Escallon est responsable de ce secteur.

                  Carte_1E

                                       Legende_carte_1D

 Les 9e et 10e  compagnies ainsi que trois sections de la 12e compagnie ne participeront pas aux combats du signal de Sainte-Marie. Le gros du 3e bataillon se trouve dans le secteur du bois du Breuil, à 1 kilomètre au sud-ouest de Sainte-Marie-aux-Mines. La 10e compagnie occupe le versant sud-est de la croupe, entre la cote 818 et l’r du Breuil qui figure sur la carte au 80000e

                 Bois_du_Breuil

La 12e compagnie est positionnée sur le versant sud-est, entre la cote 818 et la ferme de la côte. La 9e compagnie a installé une demi-section au petit col au sud de la ferme de la côte. Le reste de la compagnie du capitaine Souchard et la section de mitrailleuses sont en réserve à la cote 818 avec une compagnie du 7e B.C.A.. 

II Le mouvement offensif français 

a) 1er et 2e bataillons du 149e R.I.

 À 7 h 00,  un biplan allemand survole la région à 900 m ou 1000 m d’altitude, il passe au-dessus de la Cense du Jardin. 

Le colonel Menvielle n’a toujours pas reçu de nouvelles du commandant de Sury d’Aspremont concernant les 1ère, 2e et 4e compagnies. 

Les éléments du détachement du commandant du 1er bataillon se dirigent sur une position située à 1 km au sud du Renclos-des-Vaches, le long de la ligne frontière. Elles sont en place à 8 h 45. 

Le colonel du régiment reçoit enfin un compte rendu détaillé du commandant de Sury d’Aspremont. Celui-ci lui fait savoir qu’il cherche à déborder les tranchées ennemies par le sud. Il est 11 h 30.

Une heure plus tard, un message portant la signature du capitaine Altairac signale que sa compagnie est en contact avec l’ennemi, et qu’elle vient d’engager une vive fusillade. Un renforcement du détachement du commandant de Sury d’Aspremont est demandé au responsable du régiment. Dix minutes après, la 8e compagnie est envoyée sur place. 

À 13 h 00, la 5e compagnie est, à son tour, dirigée sur le signal de Sainte-Marie. La 7e compagnie qui est accompagnée du colonel Menvielle lui emboite le pas, cette dernière restera en réserve.

                  Carte_1D

                                       Legende_carte_1E

Les 1ère, 2e, 4e, 5e, 6e et 8e compagnies garnissent les lisières du bois. Il est 13 h 45. Toutes ces compagnies se trouvent maintenant face à l’ennemi. Par moments, des tirs de fusils sont échangés. 

Les 1ère et 2e sections de mitrailleuses sont également envoyées sur la ligne de front. 

La 7e compagnie et les sapeurs sont toujours à la disposition du colonel Menvielle. Les hommes de la compagnie du capitaine Coussaud de Massignac se tiennent à 500 m  au sud de la lisière. Le drapeau du régiment est sous la protection de cette compagnie. 

À 14 h 15, la 6e compagnie fait parvenir un compte-rendu de situation. Elle fait savoir qu’elle s’est établie sur la lisière du bois à 200 m du Renclos des Vaches. Deux de ses sections sont encore disponibles.

 Les sections de mitrailleuses reviennent en réserve une heure après avoir été envoyées sur la ligne de front. Celles-ci n’ont pas pu être utilisées correctement en raison du peu de visibilité de l’ennemi. 

L’ennemi vient de recevoir des renforts. Par moment, la fusillade est très vive. Le colonel Menvielle fait savoir à son supérieur, le général Lanquetot, que sa situation peut devenir critique à tout moment.

                 Carte_1F

                                      Legende_carte_1F

 b) 3e bataillon du 149e R.I. 

 Dans l’après-midi, le lieutenant-colonel Escallon donne l’ordre au capitaine Erhard de conduire un renfort au colonel Menvielle depuis le col de Sainte-Marie. Ce groupe est constitué principalement des 3e et 11e compagnies. Une section de la 5e compagnie qui était restée à la gare du T.C.I. à Wisembach, une section de la 12e compagnie ainsi qu’une  batterie d’artillerie de montagne en font le complément. 

                                  Carte_1H

                                        Legende_de_carte_1H

À 17 h 00, il rejoint le commandant du régiment avec un renfort d’environ 700 hommes. 

Une batterie allemande complète est signalée à l’est du col de Sainte-Marie. Elle est positionnée sur la croupe de Saint-Philippe à 2 ou 300 m au sud des ouvrages fortifiés. D’autres ouvrages fortifiés sont signalés sur les pentes de la grande plaine 800 m,au nord de Sainte-Marie. De l’infanterie ennemie a été vue montant vers le Renclos-des-Vaches. 

 III Les attaques françaises 

Aux alentours de  midi, les 1ère, 2e et 4e compagnies sont prêtes à engager le combat. Ces compagnies sont fort mal renseignées sur ce qu’elles vont trouver en face. Mises à part quelques patrouilles, il y a eu peu de reconnaissance approfondie et encore moins de préparation d’artillerie. L’ennemi est fortement retranché et attend dans de bonnes positions l’arrivée des Français. La 4e compagnie attaque vers 12 h 30. L’infanterie française lancée sur la position allemande est stoppée net. 

Pour évoquer les évènements, laissons la parole au sergent Paul Monne : 

« Le capitaine Altairac donne des ordres au lieutenant Genevoix, celui-ci commande la première section, rassemble ses hommes et leur dit «  Dans dix minutes, un quart d’heure, nous les aurons, et en avant ! » Dès que les soldats allemands les aperçurent, ils déclenchent une violente fusillade… Quelques instants plus tard, le lieutenant est arrêté dans sa marche en avant et demande du renfort. La 2e section part aussitôt, puis la 3e, puis la 4e. Elles avancent par bonds successifs… … La fusillade devint de plus en plus vive et malgré cela, les sections avançaient toujours par petits bonds…

Les Allemands de leur côté, tiraient sans arrêt, ce fut une terrible fusillade. » 

Les premiers combats, menés par les 1ère, 2e et 4e compagnies du 1er bataillon, sont aussi meurtriers que l’attaque de la veille menée par le 31e B.C.P.. 

Le commandant de Sury d’Aspremont demande du renfort. Les 5e et 8e compagnies viennent se poster à la droite du 1er bataillon pour essayer de prendre l'ennemi de flanc. Elles vont se heurter à une très solide organisation. 

Dans son témoignage le sergent Paul Monne évoque la situation suivante :

« Le capitaine demanda du renfort. Les soldats venus pour dégager la compagnie se trouvèrent en pleine bataille ; ignorant, par manque de liaison que les soldats français se trouvaient en avant, ils ouvrirent le feu.

C’est alors que ceux de la 4e compagnie reçurent des balles de tous côtés,aussi bien de l’avant que de l’arrière, et eurent des tués et des blessés par balles françaises. Les chefs de sections criaient de toutes leurs forces au capitaine qui se trouvait un peu en arrière avec ces agents de liaison : « Mais ne tirez donc pas sur nous ! » Après bien des efforts, la compagnie fut  tout de même remplacée par une autre… Il était peut-être 15 h 00 ou 16 h 00… » 

La 4e compagnie reprendra le combat un peu plus tard. 

IV L’attaque allemande 

À 17 h 30, les 3e et 11e compagnies et les sections des 5e et 12e compagnies s’établissent en réserve avec  les deux sections de la 6e compagnie qui ne sont pas encore engagées. Ces deux dernières avaient été rappelées du Renclos-des-Vaches. Au même moment, la 7e compagnie va renforcer les unités de 1ère ligne qui se sont retranchées sous bois. 

La batterie de montagne qui est arrivée avec le renfort du capitaine Erhard prend position sur les crêtes de la frontière, du côté de la borne n° 2574. Elle semble tirer efficacement sur la position ennemie. À cet instant, le feu de l’ennemi est beaucoup moins nourri. 

                 Carte_1I

                                       Legende_carte_1I

Tout à coup, un signal est donné par la musique, tambours et clairons réunis. Un feu très intense est exécuté sur toute la ligne des tranchées allemandes. Leurs troupes se ruent à l’assaut de notre ligne qui les accueille par un feu très vif.

Trente minutes après, l’attaque menée par les soldats allemands approche, elle est soutenue par une charge d’un peloton de dragons. À cet instant, la partie gauche de la ligne française fléchit quelque peu, tandis que sur la droite, quelques hommes reculent un peu vivement. Ils sont aussitôt ramenés sur les lieux des combats. La 1ère ligne creuse des tranchées sous bois pour se protéger davantage des pertes qui sont assez sérieuses. 

De 18 h 00 à 19 h 00, il y a, à deux nouvelles reprises, un  mouvement de fléchissement de la ligne qui est aussitôt réprimé. L’assaut ennemi est définitivement repoussé. 

V Un bien terrible bilan 

Le baptême du feu est chèrement payé par le régiment. Sept officiers trouvent la mort  et 9 autres sont blessés. Le commandant de Sury-d’Aspremont décède le lendemain dans un hôpital de Saint-Dié. Environ 440 hommes de troupe sont tués, blessés ou considérés comme disparus. 

D’après les effets et les coiffures trouvés sur les tués et les blessés allemands, les régiments qui se trouvaient en face du 149e R.I., appartenaient aux I.R. 171, 180 et au 8e bataillon de chasseurs.

Les unités du 149e R.I. se sont reformées après les combats. Vu l’état de dépression morale subie par les hommes, vu l’état physique résultant du manque de sommeil, vue la journée très éprouvante dûe au combat et à une alimentation très sommaire, le colonel prend la décision de faire revenir les unités engagées en arrière. La C.H.R., les 1er et 2e bataillons, la 11e compagnie et la section de la 12e compagnie prennent un itinéraire qui passe par le col de Sainte-Marie, pour rejoindre Wisembach à 23 h 15. 

VI Petit résumé pour mieux se repérer dans les évènements de la journée

Vers 12 h 30, les 1ère, 2e et 4e compagnies engagent le combat dans le secteur  du signal de Sainte-Marie.

Aux alentours de 14 h 00  les 5e et 8e compagnies arrivent en renfort. 

À 17 h 00, le groupe Erhard, provenant du col de Sainte-Marie,vient reconstituer le gros de la réserve. (Cette réserve est composée de la 3e compagnie, de la 11e compagnie, de deux sections de la 6e compagnie, d’une section de la 5e compagnie et d’une section de la 12e compagnie.). 

À 17 h 30 la 7e compagnie part au combat. 

La 11e compagnie et la section de la 12e compagnie sont également engagées. 

La 3e compagnie et la 6e compagnie subissent également quelques pertes durant cette journée. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

 Les cartes détaillées du combat du signal de Sainte-Marie, qui peuvent se voir ici, ont été réalisées simplement à partir des indications données par le J.M.O. du 149 R.I. La marge d’erreur indiquant les mouvements des bataillons et des compagnies risque d’être assez élevée. Ces cartes ne sont donc là que pour se faire une idée approximative des différents parcours qui ont pu être suivis par les éléments du 149e R.I. au cours de cette journée. 

Pour en savoir plus sur Paul Monne, il suffit de cliquer une fois sur les deux images suivantes : 

Paul_Monne_

   Paul_Monne

Pour en savoir plus sur le secteur :

"La guerre 1914-1918 à l'est de Saint-Dié" de Jean Foussereau, Janine Foussereau et Jean-Paul Baradel aux éditions Jérôme Do Bentzinger Editeur. 2007.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J. Horter, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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12 mars 2013

Lucien Pierrat (1882-1914).

              Lucien_Pierrat_

Lucien Pierrat est né dans le département des Vosges le 4 septembre 1882 dans la ville de Saint-Dié. Son père Émile est un fabricant de fécules, sa mère Lucie Serre est mère au foyer. 

Lucien est élève au collège Stanislas de Paris jusqu’à la classe de Rhétorique. L’année suivante, ce jeune étudiant vit toujours à Paris, il suit les cours de l’école Descartes. De 1901 à 1903, il intègre l’école supérieure de commerce de Nancy. Lucien maitrise très bien la langue allemande. 

 Jeune soldat de la classe 1902, il bénéficie d’une dispense qui va reculer d’une année son départ au régiment. Lucien est incorporé comme simple soldat au 149e R.I. à partir du mois novembre 1904. Moins d’un an plus tard, en septembre 1905, il est envoyé dans la disponibilité avec le grade de caporal. 

Revenu à la vie civile, il devient industriel et va travailler pour l’entreprise familiale « Pierrat »  qui se trouve à Saint-Dié. 

 Le 10 avril 1906, il est nommé sergent. Une commission du 42e R.I. certifie que le sergent réserviste Lucien Pierrat est tout à fait capable d’assumer les fonctions de chef de section. Un certificat d’aptitude lui est délivré en août 1906. 

Ce dernier accomplit une période d’instruction allant du 1er au 23 décembre 1910, au 149e R.I., puis une seconde, du 14 au 30 mai 1913 au 349e R.I.. En 1911, il épouse Anne Quezenet à la mairie du 7e arrondissement parisien. 

Lucien Pierrat devient sous-lieutenant de réserve le 30 juin 1910. Au début du conflit franco-allemand, en août 1914, il est rappelé à la caserne Courcy pour prendre la tête d’une  section  de la 1ère compagnie qui est sous les ordres du capitaine Lescure. Le 4 août, cet officier rejoint avec le 2e échelon, le 1er échelon du régiment qui se trouve dans le secteur de Vanémont. 

Cinq jours plus tard, il est considéré comme disparu à la suite des combats menés dans le secteur du Renclos-des-Vaches. 

 Le 19 août 1919, un jugement déclaratif de décès est adressé au tribunal civil de Saint-Dié. Le sous- lieutenant Pierrat est déclaré officiellement « mort pour la France » à compté de la date du 3 décembre 1919. Celui-ci a sans doute été l’un des tout premiers officiers du 149e R.I. à être tués puisque sa compagnie est l’une des toutes premières à avoir été engagée durant cette journée du 9 août 1914. 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Les informations concernant sa vie d’étudiant ont été trouvées sur le site « Mémorial GenWeb ».

La fiche individuelle de Lucien Pierrat est extraite du fichier des « morts pour la France » du site « mémoire des hommes ». 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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19 mars 2013

André de Gail (1884-1914).

                  Andre_de_Gail

André de Gail est né le 2 août 1884 de l’union de Joseph et de son épouse Élisabeth Lamort.  Il vit le jour dans le petit village de Semur-en-Auxois situé dans le département de la Côte d'Or. Son père était inspecteur des forêts. 

En 1910, le jeune André entreprend des études supérieures à l’institut électrotechnique et de mécanique appliquée de Nancy. 

Soldat de la classe 1904, il effectue son service militaire à compter du 8 octobre 1906 au 149e R.I. Il a pu bénéficier d’un ajournement d’une année, ce qui lui a permis d’aller jusqu’au bout de sa formation à Nancy. Un an plus tard, il quitte le régiment avec le certificat de bonne conduite en poche. André de Gail est envoyé en disponibilité avec le grade de caporal. Retourné à la vie civile, c’est une carrière d’ingénieur qui lui ouvre les bras. Il travaille pour la société Singrün à Épinal.  Il est nommé sergent le 25 mars 1908. 

Ce jeune homme est promu sous-lieutenant par décret du 12 décembre 1910, au moment où il a l’âge de passer dans le régiment de réserve. Il effectue deux périodes d’instruction au 349e R.I., la première en 1911, la seconde en 1913. 

Lorsque la guerre éclate, les réservistes des classes les plus récentes rejoignent rapidement leurs régiments. Officier au 349e R.I., le sous-lieutenant de Gail va cependant prendre le commandement d’une section de la 2e compagnie du 149e R.I. Cette compagnie est sous l’autorité du capitaine Crepet. Une semaine plus tard, cet officier trouve la mort  au cours des combats qui se déroulent dans le secteur de Sainte-Marie-aux-Mines.

                                       Sepulture_de_Gail

 Son décès est officialisé à la date du 26 février 1919 par un jugement déclaratif provenant du tribunal d’Épinal. 

Le sous-lieutenant de Gail a obtenu la citation suivante :

Citation à l’ordre de la Xe Armée n° 44 en date du 11 janvier 1915.

«  A été tué le 9 août en portant sa section en avant au moment où, debout, à 50 mètres des tranchées ennemies, sous un feu meurtrier, il essayait d’entraîner la chaine de tirailleurs qu’il venait de renforcer. » 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant André de Gail  provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l’illustration ».

La photo de la stèle du sous-lieutenant de Gail a été réalisée par É. Mansuy.

Livre d’or 1914-1918. « Association amicale des ingénieurs, anciens élèves de l’institut  électrotechnique et de mécanique appliquée de Nancy. » Bulletin n° 26. 

Un grand merci à M. Bordes, à H. Dropsy, à  É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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26 mars 2013

René Laval (1888-1914).

                 Rene_Laval

René Laval est né le 11 décembre 1888 dans la commune de Liffol-le-Grand. Il est le fils de Vincent et de Marie Théobalt. À sa naissance, son père exerce la profession de cafetier, sa mère ne travaille pas. René est élève au collège de Neufchâteau de 1901 à 1906. Il obtient le baccalauréat ès lettres (philosophie).

Se destinant à l'éducation, il passe le certificat d’aptitude à l’enseignement de l’anglais à Paris en juillet 1913. Il exerce sa fonction de professeur au collège de Mauriac en novembre 1913.  

En décembre 1913, les parents de René vivent toujours à Liffol-le-Grand, le père est devenu industriel. Leur fils épouse Yvonne Marchal dans le petit village d’Aouze. 

Soldat de la classe 1908, le 7 octobre 1909 René Laval est incorporé au 21e R.I.C. de Paris. Un an plus tard, il quitte la coloniale pour rejoindre le 72e R.I.. 

Le 1er octobre 1910, il est élève officier de réserve. Promu sous-lieutenant de réserve par décret présidentiel le 25 mars 1911, il est affecté le jour même au 149e R.I.. 

 Cet homme retourne à la vie civile en septembre 1911, tout en restant rattaché au 149e R.I jusqu’à la déclaration de la guerre. René Laval est toujours bien noté par ses supérieurs au cours des différentes manœuvres auxquelles il prend part. 

Rappelé à l’activité le 1er août 1914 au moment de la mobilisation générale, il rejoint la caserne du 149e R.I. Il prend le commandement d’une section de la 8e compagnie qui est sous l’autorité du capitaine de Chomereau de Saint-André. 

Le sous-lieutenant Laval commande toujours cette section lorsqu’il est tué durant les combats du 9 août 1914 dans le secteur du signal de Sainte-Marie, près de Wisembach. 

Dans un premier temps, le sous-lieutenant Laval est considéré comme disparu. 

Le 30 juillet 1920, il est procédé à une exhumation d’un officier au lieu dit « le Haut des Héraux » qui se trouve à une trentaine de mètres à l’est de l’ancienne frontière, sur la commune de Sainte-Marie-aux-Mines. La tombe portait les indications suivantes : 

Tombe n° 6. Une croix en bois, ornée d’un crucifix en perles portant l’inscription suivante : «  Hier ruhen, Unterltn Laval, und dreizig, franz, Krieger, Inf Régt 149. (1) » Une autre petite croix en bois portant cette inscription « lieutenant Laval cl 1908 Neufchâteau 269 disparu le 9 août 1914. » 

L’examen du corps a permis de recueillir des indications supplémentaires. René Laval est reconnu comme sous-lieutenant à l’uniforme et aux galons. Il a été trouvé sur lui une bourse contenant 160 francs en pièces d’or de 20 francs, une petite médaille et une montre portant le n° 14778. 

Le sous-lieutenant René Laval a été inhumé, ensuite, dans le carré des officiers du cimetière national français du col de Sainte-Marie-aux-Mines.  Sa tombe portait le n° 5. 

Actuellement, le sous-lieutenant Laval ne repose plus dans ce cimetière. 

Citation à l’ordre de la Xe armée n° 44 du 11 janvier 1915 :

« A été tué, le 9 août 1914, en entraînant sa section à l’assaut sous un feu des plus meurtriers. » 

 (1) : « Ici reposent le sous-lieutenant Laval et trente soldats français du 149e R.I. ». 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Laval provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l’illustration ».

La montre et les pièces d’or qui sont utilisées sur le montage ne sont qu’une illustration, ce ne sont pas les vrais objets.

« Lycées et collèges pendant la guerre (1914-1915) » de Charles Adam. Nancy, Imprimerie J. Coubé. 1915. 

Un grand merci à M. Bordes, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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02 avril 2013

Une première confrontation avec la réalité de la guerre sanglante.

                 Cimetiere__militaire_du_col_de_Sainte_Marie

Pour affiner mon travail sur les combats du signal de Sainte-Marie menés par le 149e R.I. à la date du 9 août 1914, je me propose maintenant de faire une brève analyse des pertes du régiment. 

                                        Tableau des tués pour la journée du 9 août1914

La liste des tués rassemble les hommes qui ont trouvé la mort dans les zones de combat, ceux qui sont décédés dans les hôpitaux à la suite des blessures reçues et ceux dont l’acte de décès a été officialisé quelques années plus tard par décision des tribunaux. 

                          Liste des blessés et des disparus pour la journée du 9 août 1914

Le tableau suivant nous montre l’état des pertes générales du régiment pour la seule journée du 9 août 1914. Les tués sont représentés en rouge, les blessés en vert et les disparus en orange.  

                 Tableau_general_des_pertes_du_149e_R

La base référentielle pour faire ce travail reste la liste des pertes qui se trouve dans le J.M.O. du 149e R.I.. J’ai dû consulter le fichier des « morts pour la France » qui se trouve sur le site « Mémoire des Hommes » pour construire ma propre liste. Je me suis mis à la recherche d’une éventuelle fiche individuelle pour chacun des noms figurant sur la liste initiale. 

Premières observations :

 L’écart  entre le nombre des tués et celui des blessés reste assez faible. 

65,4 % des personnes enregistrées comme « disparus » dans la liste du J.M.O. sont en fait décédées. 

Il y a une légère différence entre les totaux des deux listes. La première liste donne un résultat de 428 hommes et la seconde celui de 426. Ce résultat est dû tout simplement au fait qu’un soldat tué est inscrit également dans la colonne des blessés ainsi que dans celle des disparus. 

Il y a 8 noms que je n’ai pas retrouvés dans le fichier des « morts pour la France » sur le site « mémoire des hommes ». 

Plus de 55 % des actes de décès ont été enregistrés après le 1er janvier  1920.

La forte proportion de disparus, commune aux autres combats du début de la guerre dans les autres unités, s’explique principalement de la manière suivante : il faut impérativement deux hommes pour témoigner du décès d’un homme, et l’absence de ces deux personnes faisait qu’il était considéré comme disparu jusqu’à un jugement d’un tribunal rendu après la guerre, le plus souvent entre 1919 et 1921. 

Je me propose maintenant de faire quelques observations concernant les pertes par bataillon. 

                 Perte_du_1er_bataillon__le_9_aout_1914

Au début du conflit, les compagnies du régiment sont à effectifs complets. Ce sera la seule et unique fois où je ne parlerai pas d’effectifs théoriques pour le régiment dans une de mes analyses des pertes du 149e R.I.. Les compagnies sont composées d‘environ 250 combattants. Je resterai sur cette base pour effectuer mes calculs, même si je suppose qu’il peut y avoir quelques malades ou bien quelques soldats qui pourraient souffrir de blessures aux pieds, dues aux longues marches ou encore ceux qui auraient pu avoir une insolation. 

Pour le 1er bataillon, nous obtenons les résultats suivants :

1ère compagnie : 20,8 % de l’effectif.

2e compagnie : 18,4 % de l’effectif.

3e compagnie : 11,6 % de l’effectif.

4e compagnie : 32 % de l’effectif.        

En additionnant les pertes des 4 compagnies du 1er bataillon, nous arrivons à un total de 207 hommes, soit 20,7 % de l'effectif. 

                 Perte_du_2e_bataillon_le_9_aout_1914

Pour le 2e bataillon, nous obtenons les résultats suivants :

5e compagnie : 20 % de l’effectif.

6e compagnie : 8 % de l’effectif.

7e compagnie : 12,4 % de l’effectif.

8e compagnie : 20,4 % de l’effectif.

En additionnant les pertes des 4 compagnies du 2e bataillon, nous arrivons à un total de 152 hommes, soit  15,2 % de l'effectif. 

                Perte_du_3e_bataillon_le__9_aout_1914

Pour le 3e bataillon, nous obtenons les résultats suivants :

9e compagnie 1,6 % de l’effectif.

10e compagnie : 0 % de l’effectif.

11e compagnie : 20 % de l’effectif.

12e compagnie : 3,6 % de l’effectif. 

En additionnant les pertes des 4 compagnies du 3e bataillon, nous arrivons à un total de 63 hommes, soit   6,3 % de l'effectif. 

La lecture de l’ensemble des résultats précédents nous donne une idée exacte des pertes réelles subies par le régiment.

Plusieurs compagnies sont engagées avec tout leur effectif durant cette journée.

Dans un premier temps, ce sont les 1ère, 2e et 4e compagnies qui attaquent puis les  5e, 7e et 8e compagnies et enfin la 11e compagnie. 

Les 3e, 6e et 12e compagnies engagent une partie de leurs hommes.

Le 1er bataillon du 149e R.I. est le plus éprouvé. À l’exception d’un tué et de quelques blessés à la 9e, les compagnies qui ne sont pas engagées dans les combats ne subissent pas de perte, ceci concerne la 9e, la 10e et les ¾ de la 12e compagnie. 

L’effectif du régiment nous est donné par le J.M.O.. Il suffit d’additionner les chiffres du 1er et du 2e échelon pour obtenir le total des hommes. 

 Au début du mois d’août, le régiment est composé 3389 hommes, les pertes globales du 149e R.I. pour son baptême du feu sont de 182 tués, 215 blessés et 29 disparus soient 426 hommes.

 Le pourcentage des pertes pour le régiment est de 12,57 %. 

En réalité, en additionnant les effectifs qui sont engagés dans les attaques du Signal de Sainte-Marie, nous obtenons un total de 2065 hommes qui participent au combat. En enlevant les pertes de la 9e compagnie qui, elle, n’a pas participé au combat, nous obtenons un pourcentage de perte plus important qui s’élève à 20,43 %. 

Même si  le nombre des tués ne représente qu’un échantillon de l’effectif global du régiment, il est  intéressant de construire le tableau suivant : 

                 Tableau_des_pourcentages_des_tu_s_par_annee_de_classe

Les  classes 1911, 1912 et 1913 (carré de couleur verte) qui se trouvaient sous le drapeau du 149e R.I. avant le début du conflit représentent à elles seules 66 % des pertes.

Les hommes représentés dans les autres classes (carré de couleur orange) sont soit des réservistes, soit des officiers et des sous-officiers engagés ou rengagés. 

Sources :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

Historique du 149e Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Fichier des « morts pour la France » sur le site « mémoire des hommes ». 

Un grand merci à M. Bordes, à L. Adalbert, à A. Carobbi et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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09 avril 2013

Del Bruzon (1890-1914).

                 Del_Bruzon

Del Marie Bruzon est né le 10 septembre 1890 dans la sous-préfecture vosgienne de Remiremont. Il est le fils de Bernard et de Louise Mangeot. À sa naissance, son père exerce la profession de négociant, sa mère ne travaille pas. 

 Au moment où il doit effectuer son service militaire, le soldat Del Bruzon rejoint le 15e B.C.P. qui est en garnison de Brienne et de Remiremont, le 10 octobre 1911. Devenu caporal le 12 février 1912 puis sergent le 26 septembre 1912, il obtient le titre d’élève officier de réserve à la date du 1er octobre 1912. Pour valider ce titre, il doit suivre le cours spécial des E.O.R.. Il effectue cette formation du 1er octobre 1912 à la fin du mois de mars 1913 et réussit pleinement les examens de fin de cours. Devenu sous-lieutenant de réserve, il reste maintenu sous les drapeaux jusqu’au 8 novembre 1913. Il quitte l’uniforme tout en restant rattaché au 109e R.I..  Du 25 mars 1914 à la fin du mois de juin 1914, il est officier réserviste au 158e R.I., puis, à compter du 30 juin 1914, au 149e R.I.. 

Rappelé à l’activité le 1er août 1914 au moment de la mobilisation générale, il rejoint rapidement la caserne du 149e R.I.. 

Le sous-lieutenant Bruzon commande une section de la 6e compagnie du 149e R.I. lorsqu’il est tué le 9 août 1914 en entrainant ses hommes à l’assaut au cours des combats du signal de Sainte-Marie. 

Citation à l’ordre de l’armée n° 44 du 11 janvier 1915 :

« A été tué le 9 août 1914 à Sainte-Marie aux mines en entraînant sa section à l’assaut sous un feu des plus meurtriers. » 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Bruzon provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l’illustration ».

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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16 avril 2013

Jean Cholley (1893-1914).

                  Jean_Cholley

Le 19 août 1893, la sage femme Marie Frechin se présente à la maison commune de Lure pour faire enregistrer la naissance de Jean René Cholley né la veille. La mère de Jean, Marie Cholley est une jeune personne célibataire à peine âgée de 18 ans. Cette femme élèvera seule son enfant. 

 À la fin de l’année 1912, elle fait une demande de bourse pour son fils  pour qu’il puisse poursuivre ses études à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Ne possédant rien, elle ne subsiste qu’avec les maigres bénéfices réalisés avec la gérance d’un modeste dépôt de broderie. Cette demande de bourse est acceptée.

Jean sera élève de la promotion de Montmirail (1912-1914). À la déclaration de la guerre, tout juste sorti de sa formation, il arrive au corps le 2 août 1914. Le 4 août au soir, il rejoint le 149e R.I.. Le sous-lieutenant Cholley est affecté à la 3e compagnie le 5 août. 

Ce jeune officier  a été tué à la première rencontre avec l’ennemi. Il trouve la mort le 9 août 1914, durant les combats qui eurent lieu dans le secteur du signal de Sainte-Marie. Quelques mois plus tard, il a été cité à l’ordre de l’armée pour sa belle conduite au feu. 

Cité à l’ordre de la 10e armée n° 44 le 11 janvier 1915 : « Saint-Cyrien nouvellement promu, a été tué au combat du 9 août au moment où, venant de se présenter au colonel, il entraînait sa section à la baïonnette au-devant d’une contre-attaque ennemie débouchant à très courte distance. »                                                                              

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Jean Cholley provient de la collection personnelle de J. Huret. 

Un grand merci à M. Bordes, à H. Dropsy, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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23 avril 2013

Lucien Bédos (1877-1914).

                  Lucien_Bedos

Lucien Hippolyte est un Pyrénéen né sur la commune de Rivesaltes le 8 janvier 1877.  À cette date, son père, Jean Bédos exerce le métier de tonnelier, sa mère, Marie Salvet, ne travaille pas. 

Avant de commencer une carrière militaire, ce jeune homme était commis de recette. À l’âge de 21 ans, Lucien signe un engagement volontaire de trois ans à la mairie de Perpignan. Le 26 février 1898, il rejoint la caserne du 44e R.I. qui se trouve dans la ville de Lons-le-Saunier. En août 1898, il est nommé caporal, puis sergent en mai 1899. 

Le sergent Bédos séjourne sur la commune de Bruyères du 15 septembre 1900 au 29 août 1902. Durant cette période, il a renouvelé son engagement volontaire en février 1901 pour une durée de deux ans. 

 En février 1903, il signe de nouveau un contrat de trois ans avec l’armée. Au fil de sa carrière et à force de persévérance, ce jeune homme de condition modeste va réussir à gravir les échelons pour devenir officier en travaillant très dur. 

Élève de la 24e promotion El Moungar, il commence sa formation à l’école de Saint-Maixent. En avril 1904, ses études se terminent. Lucien Bédos, à peine nommé sous-lieutenant, doit rejoindre le 149e R.I. à la caserne Courcy à Épinal. 

Le 1er octobre 1904, il exerce ses fonctions d’officier au fort de Bambois situé au sud Épinal. Il quittera ce lieu le 24 août 1906. Lucien Bédos porte les galons de lieutenant depuis le mois d’avril 1906. En 1907, il fait l’école de tir de la Valbonne d’où il sortira très bien noté par ses chefs. Cet officier fait également deux longs séjours au fort d’Arches. Le premier du 1er octobre 1906 au 30 septembre 1907, le second du 1er octobre 1909 au 30 septembre 1910. 

Au début de la campagne, Lucien est âgé de 37 ans, il est responsable d’une section de la 11e compagnie commandée par le capitaine Erhard.  Le lieutenant Bédos trouve la mort le 9 août 1914 au cours des combats qui eurent lieu dans le secteur du col de Sainte-Marie, du côté du Renclos des Vaches. 

Le lendemain de son décès, cet officier est inhumé dans le petit cimetière de Wisembach.

Depuis 1922, il repose à côté du sous-lieutenant Dezziter dans le cimetière national français de Bertrimoutier. Sa tombe porte le numéro 470. Une erreur s’est glissée sur la plaque de sa sépulture, il est inscrit « soldat », mais il faudrait lire « lieutenant ». 

Citation à l’ordre de la 10e Armée n° 44 en date du 11 janvier 1915 :

À été tué le 9 août à Sainte-Marie-aux-Mines en entraînant sa section à l’assaut sous un feu des plus meurtriers» 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photo de la sépulture du lieutenant Bédos a été réalisée par É. Mansuy. 

Un grand merci à M. Bordes, à C. Leclair, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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30 avril 2013

Maurice Dezitter (1879-1914).

                  Maurice_Dezziter

Maurice Charles Dezitter est né le 19 septembre 1879 dans la petite ville nordique de Quadypre.  Il est le fils de Charles et de Coralie Deniele. À sa naissance, ses parents exerçaient la profession de cultivateur. Malgré le métier pénible et particulièrement difficile de ses géniteurs, Maurice à pu poursuivre ses études et obtenir le baccalauréat de lettres. Ce jeune homme possède également une très bonne maîtrise de la langue russe. Soldat appelé de la classe 1899 de la subdivision de Dunkerque, il est admis à l’école de Saint-Cyr par décision ministérielle du 19 octobre 1900. Quinze jours après, il intègre la promotion du Tchad pour suivre sa formation qui va durer deux années. 

Promu sous-lieutenant à l’âge de 23 ans, il doit, le 1er octobre 1902, rejoindre le 21e R.I qui est stationné à Langres. Deux ans plus tard, Maurice Dezitter obtient le grade de lieutenant.

En 1906, il est muté au 2erégiment de Zouaves. À partir de cette période cet officier va séjourner sur le continent africain.  De la mi-août 1906 au début décembre 1907, il est à Oran en Algérie.   

Du 3 décembre 1907 au 10 janvier 1908, cet officier fait partie d’une colonne qui a été spécialement formée pour les opérations menées dans  le secteur d’Oujda, contre la tribu rifaine des Ayt-Iznassen. Du 11 janvier au 12 mars 1908, il cantonne de nouveau à Oran.  Du 13 mars au 28 mai 1908, il prend part aux opérations militaires qui eurent lieu sur les confins sud Algéro-Marocains. Le 16 avril 1908, le lieutenant Dezitter participe avec sa section à une attaque meurtrière sur Elmouaba.

De la fin mai à la fin du mois novembre de cette même année, il se retrouve de nouveau dans les lieux de casernement du 2e régiment de Zouaves. 

En 1911, il fait un séjour de trois mois en Russie. 

De la mi-août  à la mi-novembre 1912, il est en Tunisie.  Dans la deuxième quinzaine du mois de novembre, fort de son expérience militaire sur le sol africain, il rejoint le 5e bataillon du 2e régiment de Zouave qui est cantonné à Sathonay, une petite commune française. Le lieutenant Dezitter est en instance de changement d’affectation. Il épouse Marie Caroline Fremy sur la commune Breuey-les-Faverney à la fin du mois de novembre 1912.

Maurice Dezitter est muté au 149e R.I. d’Epinal, nous sommes le 24 octobre 1912. 

Au début de la campagne contre l’Allemagne, il sert à la 12e compagnie qui est  sous les ordres du capitaine Cadeau. Marcel Dezitter  trouve la mort  au tout début du conflit, le 9 août 1914,  au cours des combats qui se déroulent au Renclos des Vaches, près du col de Sainte-Marie aux-Mines.

 Il repose actuellement dans le cimetière national français de Bertrimoutier, une  commune vosgienne, sa tombe porte le numéro 469. 

Citation à l’ordre de l’armée n° 44 de la Xe armée du 11 janvier 1915 :

« A été tué le 9 août à Sainte-Marie-aux-Mines en entraînant sa section à l’assaut sous un feu des plus meurtriers. » 

Autres décorations :

Médaille commémorative du Maroc, d’Oudja et du Haut-Guir.

Maurice Dezitter est nommé officier d’académie le 13 janvier 1913. 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photographie de la sépulture de Maurice Dezitter a été réalisée par Éric Mansuy. 

Un grand merci à M. Bordes, à C. Leclair, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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07 mai 2013

Antoine Beck (1880-1914).

                 Montage_Antoine_Beck

Né de Florent et de Rosalie Richert, Antoine voit le jour le 1er août 1880 dans la petite ville alsacienne de Niederhaslach. Pendant presque trois années consécutives, il est employé comme ouvrier d’usine à la blanchisserie et teinturerie de Thaon, une entreprise localisée dans le département des Vosges. 

En 1914, Antoine est domicilié à Dogneville avec son épouse Lucie Bontemps. Lorsque la guerre contre l’Allemagne est déclarée au début du mois d’août 1914, il rejoint la 4e compagnie du 149e R.I. qui est, durant cette période, sous l’autorité du capitaine Altairac. 

Antoine Beck trouve la mort le 9 août 1914 au cours des combats qui eurent lieu du côté du signal de Sainte-Marie. Son décès ne sera officialisé que le 28 juillet 1920 après une décision prise par le tribunal civil de première instance de la ville d’Épinal. 

Pas de sépulture connue. 

Le portrait d’Antoine Beck est extrait du livre d’or des membres du personnel de la blanchisserie et teinturerie de Thaon, morts pour la France au cours de la guerre 1914-1918. 

Un grand merci à M. Bordes.

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