02 décembre 2009

25 et 26 octobre 1918. L’attaque de la Hunding Stellung.

                  Attaque_de_la_Hunding_Stellung     

                                       Carte_Banogne_

 

Préparatifs d’attaque

La ligne de l’Aisne est débordée et dépassée. Le massif de Saint-Gobain et Laon sont emportés le 13 octobre 1918. L’ennemi avait mis tous ses espoirs dans la position Hunding. La Ve Armée du général Guillaumat est d’abord arrêtée devant elle, puis elle se prépare à l’attaque. Les trois bataillons du 502e Régiment A.S. sont mis à sa disposition le 18 octobre. Le 4e et le 6e bataillon qui arrivent les premiers sont transportés, sur tracteurs de Reims vers Nizy-le-Comte, dans la zone du 21e C.A.. L’attaque est fixée au 25 octobre. Le 6e bataillon est affecté, à gauche, à la 170e D.I., pour opérer dans la région de Saint-Quentin-le-Petit. Le 4e bataillon marche avec la 43e  D.I. à droite, dans la région de Banogne. Les chars doivent appuyer successivement l’attaque de divers objectifs en dépassant l’infanterie. Il s’agit cette fois pour eux d’emporter des positions parfaitement organisées et qui vont être défendues avec opiniâtreté.

25 octobre 1918

Les positions de départ sont gagnées sur la rive nord du ruisseau des Barres dans la nuit du 24 au 25 octobre sous la protection d’avions masquant le bruit des appareils. L’attaque est déclenchée à 6 h 30. Les observatoires ennemis sont aveuglés par des fumigènes ; des groupes d’artillerie ont été désignés pour réduire les pièces antichars et autres résistances actives. Mais la défense contre les chars est aussi méticuleusement organisée. De nombreux minenwerfer légers sont dissimulés dans l’herbe. Des pièces de 77 sont enterrées au ras du sol. Elles sont soigneusement camouflées pour être placées généralement à la tête des ravins. Enfin, des champs de mines sont disposés principalement le long des routes et aux abords immédiats des villages. À la 43e division, les chars du 4e bataillon combattent à deux reprises avec acharnement, et cela malgré les pertes causées par les pièces antichars. Ils détruisent de nombreuses mitrailleuses et permettent ainsi à l’infanterie de progresser jusqu’aux réseaux.

L’action est recommencée le 26, avec des sections de chars reconstituées, sur la tranchée Neptune et les deuxièmes lignes. Favorisés par la brume, les chars amènent l’infanterie jusqu’à la route Saint-Quentin-Banogne. Mais ensuite l’infanterie est arrêtée et se fixe. La progression a été au total de 1 km.

                  Char_Renault_F

26 octobre 1918

Les informations suivantes proviennent du J.M.O. de l’A.S.310. Le 149e R.I. y est évoqué très succinctement. Il est tout de même possible de localiser de manière assez précise la position des deux compagnies qui sont engagées. La 43e division doit reprendre l’attaque à 9 h 00. Il faut tourner Banogne par l’ouest et par le sud. Deux sections de Chars sont reconstituées. La 3e section du lieutenant de Bayenghem et la 1ère section de l’aspirant Laugier. Ce dernier est prévenu très tard et ne  peut rejoindre sa section que durant la marche d’approche entre la position d’attente et la position de départ à 8 h 00. Dans la nuit, ces deux sections sont affectées au groupement de gauche  qui est sous les ordres du lieutenant-colonel Vivier du 149e R.I.. Elles sont mises à la disposition du bataillon Froment du 149e R.I. Ce dernier doit attaquer avec deux de ses compagnies en 1ère ligne, la tranchée de Neptune et la 2e tranchée de la ligne Hunding. La liaison s’établit dans la nuit avec ce bataillon d’attaque. La section  du lieutenant de Bayenghem est affectée à la compagnie de gauche et la section de Laugier à la compagnie de droite.    

Les sections quittent leurs positions de départ à 6 h 45. Elles franchissent à l’heure H, à 9 h 00, la ligne d’infanterie établie à 500 m sud de la route Saint-Quentin-le-Petit–Banogne. L’infanterie attaque derrière les chars. La route est franchie. Les chars parviennent à la tranchée de Neptune. Une forte brume a favorisé leur approche et leur action. L’infanterie qui à des effectifs excessivement réduits, est prise de flanc par des mitrailleuses. Ces dernières tirent à droite de Banogne et à gauche du point 78.55 de la tranchée de Neptune. Les unités françaises ne peuvent progresser au-delà de la carrière. Elles se terrent et s’accrochent au terrain. Les chars se replient derrière les escarpements situés à 100 m au nord de la route. La progression ne peut être reprise dans l’après-midi et, à la nuit, les chars regagnent leur position d’attente au cimetière de le Thour.

Références bibliographiques :

« Les chars d’assaut, leur création et leur rôle pendant la guerre 1915-1918 » du capitaine Dutil, agrégé d’histoire. Aux éditions Berger-Levrault, 1919.

J.M.O. de l’A.S. 310 : S.H.A.T. sous-série 26 N 1244/25.

Pour en savoir plus il faut aller faire un tour du côté des J.M.O. de  l’A.S. 311 : S.H.A.T. sous-série 26 N 1244/26 et de l’A.S 312 : S.H.A.T. sous-série 26 N 1244/27.

Un très grand merci à M. Bordes, au Service Historique de Vincennes, à  l’E.C.P.A.D., à Google-Earth et pour tout ce qui concerne les chars à « Tanker » du site « pages 14-18 ».

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03 janvier 2012

Alexandre de Parseval (1896-1918).

  Alexandre_de_Parseval

Fils de Paul et de Marie Virginie Escallier, Alexandre de Parseval est né le 29 janvier 1896 à  Senlis dans le département de l’Oise. Il fait une partie de ses études au collège Stanislas à Paris. Jeune homme de la classe 1917, il est reçu à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion 1914 de la Grande Revanche. Nommé aspirant en août 1915, puis sous-lieutenant à titre temporaire en octobre 1915, il gagne ses galons de lieutenant en avril 1917, puis devient capitaine à titre temporaire en mai 1918. 

Alexandre de Parseval arrive sur le front le 11 novembre 1915 pour être affecté à la 5e compagnie du 149e R.I.. 

Une première blessure reçue le 31 décembre 1915 le fait évacuer sur l’hôpital mixte de Lorient. Il y reste 4 mois. Après une convalescence et plusieurs mois de formations diverses, il rejoint de nouveau le 149e R.I. au début du mois de janvier de l’année 1917. Il prend le commandement de la compagnie de mitrailleuses du 1er bataillon du régiment.

Il est de nouveau blessé le 29 mai 1918 durant le combat de Cuiry-Housse dans l’Aisne. 

Ce jeune capitaine qui allait avoir 23 ans est le dernier des  officiers du 149e R.I. à être tué durant le conflit. Il est à la tête de la 3e compagnie du régiment lorsqu’il trouve la mort, le 26 octobre 1918, aux alentours de 10 h 00 durant l’attaque de la Hunding Stellung. Alexandre de Parseval décède près d’une carrière située à environ 400 m à l’ouest de Banogne, à la suite de sa blessure par balle. 

Son corps a été relevé et inhumé par les soins du G.B.D. de la 43e D.I. dans le cimetière militaire de la ferme du Tremblot. Sa sépulture portait le numéro 46.

Lieu de sépulture actuelle inconnu. 

Citations :

Cité à l’ordre de la 43e Division d’Infanterie n° 103 du 15 janvier 1916.

« Jeune officier, brave, énergique, plein d’allant, exemple de courage et d’abnégation pour ses hommes. Blessé le 31 décembre 1915 devant Angres en maintenant sa section sous un bombardement des plus violents. » 

Cité à l’ordre de la VIe Armée n° 27 en date du 30 novembre 1917.

« Jeune officier commandant la compagnie de mitrailleuses, d’une bravoure, d’un calme et d’un jugement remarquables. À l’attaque du 23 octobre 1917 est parti avec la première vague. Arrêté par un feu intense de mitrailleuses, a donné l’exemple de la plus belle bravoure, en commençant lui-même la progression, l’outil à la main pour la réduction de ses mitrailleuses. » 

Cité à l’ordre de la VIe Armée n° 604 en date du 15 juillet 1918.

« N’a pas hésité sous un feu violent de mitrailleuses à se porter en avant de la ligne pour reconnaitre des emplacements de mitrailleuses. A été blessé au cours de cette mission en faisant preuve de la plus grande bravoure. » 

Cité à l’ordre de la Ve Armée en date du 7 décembre 1918.

« Officier d’élite. Les 25 et 26 octobre 1918 a entrainé sa compagnie à l’assaut de positions puissamment défendues, exécutant une importante progression sous un feu de mitrailleuses et d’artillerie d’une violence inouïe. A été mortellement blessé, au moment où, parmi les éléments les plus avancés de sa compagnie, il observait le mouvement  de l’ennemi. » 

Chevalier de la Légion d’honneur. 

Références bibliographiques :

Dossier personnel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

« Livre d’or de la promotion de la Grande Revanche, Saint-Cyr 1914. »

Certaines informations concernant le capitaine Alexandre de Parseval ont été trouvées sur le site internet « Les Parseval et leurs alliances. Généalogie et souvenirs de famille ». 

http://www.parseval.fr/ 

La photographie qui se trouve sur le montage provient de la collection personnelle de Nathalie Bauer.

Des_gar_ons_d_avenirPour en savoir plus :

Dernier combat auquel a participé le capitaine Alexandre de Parseval : L’attaque de la Hunding Stellung. 

http://amphitrite33.canalblog.com/tag/Banogne%201918 

 Le capitaine de Parseval est évoqué dans le très beau roman de Nathalie Bauer « Des garçons d’avenir » aux éditions Philippe Rey.2011. 

 

Un très grand merci à N. Bauer, à M. Bordes, à A. Carobbi, à V. le Calvez, à M. Porcher, à E. Rodrigues, à la famille descendante du capitaine de Parseval et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Posté par amphitrite33 à 09:51 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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