29 mai 2010

29 mai 1915... 29 mai 2010. Il y a tout juste 95 ans.

                  Carte_29_mai_1915


                                       Legende_carte_29_mai_1915

 

Encore une bien terrible journée pour le 149e R.I…. 
 

La veille au soir, un ordre divisionnaire est donné au 149e R.I.. Le régiment participera à l’attaque générale de la 43e D.I. sur le bois carré et la croupe Sud du fond de Buval. Il attaquera sur le front h2 n2 avec deux bataillons. Chaque bataillon aura 2 compagnies en 1ère ligne. Elles seront suivies de deux vagues successives d’une compagnie. Une section de mitrailleuses avec la première vague et une section du génie avec la seconde. Le 1er bataillon à droite, sur le front n2 T1 est en liaison avec le 109e R.I.. Le 2e à gauche, se trouve sur le front T1 h2 en liaison avec le bataillon marocain et le 158e R.I.. Le 3e bataillon restera chargé de l’occupation du secteur et sera rendu à 2 h 00 sur les lieux suivants : L’E.M. et 2 compagnies aux abris du bois 6. Une compagnie à la haie G. Une compagnie au bois 5. Le signal de l’attaque doit être donné par 3 fusées blanches tirées de la sape T3 à 10 secondes d’intervalle. Des mouvements de troupes allemandes sont signalés toute la nuit ce qui entraîne une canonnade et une fusillade constantes. 

 

                                       Tableau des tués pour la journée du 29 mai 1915 

 

 

                   Graphique_Officiers 

 

 

                      Tableau des blessés et des disparus pour la  journée du 29 mai 1915 


 

               Tableau des sépultures dans le Pas-de-Calais pour la journée du 29 mai 1915

 

 

Groupe_149e_RÀ 2 h 00, toutes les troupes sont en place. À 2 h 30, les trois fusées sont lancées. C’est le signal, l’attaque d’infanterie se déclenche sur toute la ligne. Aussitôt, les Allemands ouvrent un feu d’infanterie et de mitrailleuses très nourri et très violent. L’artillerie ennemie se réveille. L’effet de surprise escomptée n’est pas au rendez-vous. La progression française est arrêtée presque immédiatement au centre, de n1 à T2 en raison des pertes. À ce moment, la 7e compagnie qui se trouve à gauche parvient à la tranchée T3 h2, en raison de l’obscurité. Elle reçoit des coups de feu du 158e R.I. et ne peut s’emparer que d’un élément d’une soixantaine de mètres à partir de T3 sans pouvoir déloger l’ennemi qui est à h2. Celui-ci résiste en lançant des bombes et des grenades à profusion… Les pertes sont lourdes. La 5e compagnie poursuit au-delà de T3 vers le Fond de Buval. Après avoir fait un gain de terrain d’une petite cinquantaine de mètres, elle établit un nouveau barrage en maintenant le terrain conquis. À droite, l’attaque progresse d’environ 100 m. À n2, les soldats s’accrochent au terrain. Vers n1, ils sont bloqués par un feu puissant de l’infanterie et des mitrailleuses allemandes…À l’aube, la partie de tranchée de T3 vers h2 est organisée et reliée à l’arrière, un boyau est creusé, pour réunir la ligne n1, n2 aux éléments de la tranchée que construisent les hommes de la 1ère ligne en utilisant les trous d’obus… La situation reste la même toute la journée. Les Allemands tiennent toujours h2 et h1. Le reste de la journée est consacré à l’organisation du terrain conquis.

 

Livre_d_or_du_clerge_et_des_congregations_1914_1922Une petite notice et une citation concernant Jean Baud ont été trouvées dans l’ouvrage « La preuve du sang : Livre d’or du clergé et des congrégations  (1914-1922) » aux Éditions Paris - Bonne presse. 1925.Jean Baud est  né le 26 décembre 1884 à Morzine dans le département de la Haute-Savoie. Il revient d’Angleterre pour servir au 97e R.I.dans le service auxiliaire en novembre 1914. Il arrive au front en février 1915 au 149e R.I.. Il a pris part aux actions suivantes : 1915 : Artois, Notre-Dame-de-Lorette, Aix-Noulette. Son corps a été identifié le 17 décembre 1915. Il repose dans le Cimetière National Mixte sur la commune d’Aix-Noulette.Citation à l’ordre de l’armée : 22 juin 1915. (J.O. du 15 août 1915).« Au cours du combat de nuit du 29 mai 1915, isolé avec quelques camarades sous un feu violent de mitrailleuses, les a exhortés à continuer le feu. Frappé à mort d’une balle à la tête, a été retrouvé dans la position du tireur couché, l’arme encore épaulée. »Il obtient  également la Médaille Militaire à titre posthume.

 

Je remercie Stéphan Agosto, Arnaud Carobbi, Alain Chaupin, Thierry Cornet, Vincent le Calvez, Michel Porcher, le Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes,  l’association « Collectif Artois 1914-1915 » et la Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Lille. 

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Une lettre écrite le 29 mai 1915 par Lucien Kern.

                 Lucien_Kern

De nouveau un très grand merci à Suzanne Martel, ainsi qu’à ses sœurs Roselyne Duclos et Denise Martel qui me donnent l’autorisation de reproduire ici l’intégralité de la lettre écrite par Lucien Kern le 29 mai 1915 (Cette lettre se trouve en partie dans le livre « Lettres de tranchées »).

 

Samedi 29 mai 1915

 

Ma chère bonne maman,  

Hier au soir, j’ai reçu avec joie et aussi avec mélancolie votre bien-aimée lettre du 9 mai. Comme elle me fait songer davantage à vous tous, à toutes nos affaires. Mon travail que j’ai quitté, vous laissant seule, à la merci des évènements. Oh quelle peine j’ai quand je pense au travail que vous aurez tout l’été et pour l’hiver prochain ! Le bois… Oh ma bonne maman chérie, pardonnez-nous si nous sommes partis à cette affreuse guerre qui est si longue et si cruelle. Le danger que je cours journellement. Les atrocités toujours répétées, le sang, le bruit, nous font beaucoup souffrir. Je songe avec douleur, à l’ouvrage qui vous attend. De toute façon, pourvu que cette guerre horrible finisse bientôt. Tout notre courage  s’en va au fil des jours. C’est très long et trop sanglant. Aujourd’hui encore, la matinée a été dure. Nous avons attaqué à deux heures et demie du matin. Je suis  fatigué et quelque peu dégoûté de cette vie qui n’est qu’un enfer continuel. Je suis toujours en bonne santé, et je souhaite qu’il en soit  ainsi pour vous, pour Marguerite et pour Georges. Ma bonne maman chérie, l’heure de l’épreuve a sonné pour notre famille. Je ne reçois toujours rien de mon pauvre frère Eugène. Il est compté disparu. Mais j’ai la ferme espérance qu’il est prisonnier. Les lettres prennent beaucoup de temps pour venir d’Allemagne. Il faut le croire, espérons. Je n’ose envisager autre chose, car avec tous mes tourments, je serai bientôt malade. Maintenant, autre chose dont je suis sûr et il faut que vous  le sachiez. Mon autre frère que j’aime tant, Aimé, est blessé, d’une balle dans le bas du dos. La blessure, quoique grave n’a heureusement atteint aucun organe essentiel. C’est l’infirmier d’Aimé qui le soigne qui me l’a écrit de la part de mon frère. Étant couché, il ne peut guère écrire. Soyez donc sans inquiétude, ma chère maman. Il reviendra à la vie, l’infirmier me disant qu’Aimé pourrait écrire d’ici huit ou dix jours. Oh quand même, que l’épreuve est dure. Toutes ces nouvelles, coup sur coup, m’ont brisé quelque peu. Que de fois en cachette je pleure. Mais combien je redouble de prières pour mes frères, pour vous, pour moi, pour me donner et à vous tous, le vrai courage. La patience de surmonter toutes les épreuves que Dieu nous envoie. Je souffre, c’est vrai, depuis neuf mois, mais plus que je n’ai souffert dans tout le reste de ma vie… Je suis le seul de nous trois sur le front. J’y suis allé le premier, et pas une égratignure jusqu’à ce jour samedi 29 mai à midi… Alors, le vieux Ovila n’est plus dans ma baraque. Le blé doit être grand partout. Comme j’aimerais être là-bas et travailler. Moi qui aimais tant arracher le reste de mes souches, regarder avec joie mon petit blé. Nos pauvres chevaux, ils doivent être maigres, et la petite Vivousse qui vous donne de la misère. Avez-vous au moins assez de vivres ?... Je vois en pensée votre jardin et vous au milieu. Que la séparation est longue. Quant à la terre de Lacerte, ma foi, il n’est pas nécessaire de se tourmenter, faites comme vous pouvez. Espérons et prions que la guerre ne sera plus longue, surtout après l’intervention de l’Italie. Oh ! Comme j’aimerais être de retour  près de vous, pour vous protéger, vous aimer, à l’hiver prochain. En attendant, il faut se battre, se tuer alors que nous devrions être si heureux ensemble. Si j’avais su ce qu’il en est, j’aurais été moins vif à venir. Mais c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. De loin, je vous aime plus que jamais, je vous embrasse de tout mon cœur. Votre fils cher Lucien Kern.

 

Références bibliographiques :

La carte utilisée pour le montage photo est extraite du J.M.O. du 25e R.I.T., sous-série 26 N 778/5.

« Lettres de tranchées ». Correspondance de guerre de Lucien, Eugène et Aimé Kern, trois frères manitobains, soldats de l’armée française durant la première guerre. Editions du blé. Saint-Boniface (Manitoba) Canada. 2007.

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30 avril 2011

9 mai 1915. Préparatifs...

                Moment_de_detente       

La 2e bataille d’Artois dont le rôle principal incombe à la Xe armée doit être déclenchée simultanément par les 9e, 10e, 17e, 20e, 21e, et 33e C.A..

Le plan de cette bataille a été préparé longtemps à l’avance et à même été plusieurs fois modifié.

Depuis le 5 mai 1915, les préparatifs d’attaque se mettent en place dans le secteur de Lorette, L’offensive débute le 9 mai…

 

Le 21e C.A. a pour objectif de refouler définitivement les Allemands des hauteurs de Lorette. L’idée étant de faire une trouée dans la ligne adverse, en vue d’une offensive générale dans la direction Souchez-Angres.

 

Intéressons-nous plus particulièrement à ce qui se passe pour le 149e R.I..

 

Le 149e R.I., régiment de droite de la 43e D.I., doitparticiper activement à cette attaque. Il est en liaison avec le régiment de gauche de la 13e D.I. et au nord avec le 158e R.I..

Dans un premier temps, le 149e R.I. doit entreprendre une attaque brusquée et violente. Cette attaque est préparée par une accumulation intense de feux d’artillerie. Il doit s’emparer de l’ensemble des défenses organisées par l’ennemi depuis la sape 1 incluse jusqu’à la sape T3 incluse.

 

À la fin de la 1ère phase de l’attaque, le 149e R.I. devra avoir atteint les objectifs suivants :

1er bataillon : le point Delta.

3e bataillon : la tranchée en Y, la sape T3, la tranchée allant vers l’est pour rejoindre le fond de Buval.

Le 2e bataillon du 149e R.I. devra suivre le mouvement des bataillons d’attaque dès que ceux-ci auront atteint, avec la 1ère ligne, l’ancienne 1ère ligne allemande, avec les soutiens, l’ancienne parallèle allemande. À ce moment, il occupera la ligne haie G, chemin des vaches (boyau en S), lisière est du bois 5.

  

 Dans la 2e phase,  il devra pousser plus en avant, à la corne nord-est du bois 8 – corne sud du bois 9 et du bois en hache. Le 158e R.I. doit flanquer le régiment.

 

L’attaque sera exécutée par les 1er et 3e bataillons du 149e R.I., les sections de mitrailleuses et la compagnie du génie 21/2 sont sous le commandement du lieutenant-colonel dont le P.C. est à la lisière sud-est du bois 6.

Le 2e bataillon assure,avec 3 compagnies et 2 sections de mitrailleuses, la garde du sous-secteur, la 4e compagnie constituant aux abris du bois 6 une réserve à la disposition du chef de corps.

Deux bataillons du 158e R.I. avec la compagnie du génie 21/3 sont en réserve de brigade. Le bataillon Courteilles du 143e R.I.T. a la garde de la ligne de repli.

L’attaque aura lieu par bataillons accolés, chaque bataillon ayant 2 compagnies en 1ère ligne et 2 compagnies accompagnées d’1 section de mitrailleuses qui sont en soutien. Le bataillon de droite (1er bataillon) agit en liaison étroite avec le corps de gauche de la 13e D.I. (21e B.C.P.), le bataillon de gauche (3e bataillon) se soudant avec la droite du 158e R.I..

 

Comment la troupe est-elle disposée ? 

 

Le 1er bataillon de droite place ses compagnies de 1ère ligne à la tranchée 7-5 et à la parallèle 7-5. Ses compagnies de soutien sont sur la place d’armes III et IV et dans le boyau allant en 1ère ligne.

Le 3e bataillon de gauche  place ses compagnies de 1ère ligne dans la parallèle 7-5 et la parallèle est du bois 5. Ses compagnies de soutien sont dans la tranchée à lisière est du bois 5 et sur les places d’armes I et II et dans le boyau allant en première ligne.

 

Toutes les troupes seront en place le 8 mai à 3 h 00.

 

               Mitrailleuse_149e_R

           

 

La troupe s’organise…

 

Chaque bataillon dispose de son équipe de grenadiers. Les compagnies sont à effectif maximum, les hommes sans sacs, la couverture et la toile de tente roulées autour du corps. Deux jours de vivres à l’intérieur, 250 cartouches qui sont réparties entre les cartouchières et la musette. Un outil portatif et un sac à terre vide sont accrochés au ceinturon. Les unités sont réparties par moitié en tireurs et en travailleurs. Les tireurs n’ont que leur fusil et une grenade anglaise dans la poche, appareil Filloux au bout du fusil. Les travailleurs ont le fusil en bandoulière, 2 grenades à main, 1 outil de parc, 2 sacs à terre vides, 1 échelle légère pour 4, 1 piquet pour 5 hommes, des hérissons et 20 kg de fil barbelé ou réseau brun roulé autour du corps. Chaque compagnie dispose de 20 fusées éclairantes, quelques fusées à signaux et les cisailles. Les bidons seront remplis de vin, de café ou d’eau, ceux des sous-officiers d’eau de vie. La calotte d’acier est placée dans le képi. Chaque bataillon d’infanterie a, avec lui, une section du génie qui est munie d’outils de parc et de cisailles, de grenades à main et de sacs à terre. Les grenadiers ont 10 grenades dans la musette, 4 sacs à terre, le pistolet automatique ou le fusil en bandoulière. Tout le matériel nécessaire est préparé à l’avance dans les petits dépôts de tranchées. Les troupes d’attaque les prendront au passage. Le 1er bataillon à ses dépôts aux bois 7 et 8, le 3e bataillon au bois 6 et 5. Les troupes d’attaque ne doivent pas avoir sur elles de documents confidentiels, ni objets étrangers d’aucunesorte.Les havresacs sont rassemblés par compagnie. Ils sont laissés dans un local du cantonnement sous la surveillance des cuisiniers (Aix-Noulette) et de la C.H.R. (Petit-Sains). Chaque homme est muni, soit d’un mouchoir propre et de ouate ou coton, imbibé à  l’avance d’Hyposulfite ou d’eau de chaux, pris dans les postes de secours, soit de masques et de dispositifs spéciaux qui pourront être distribués.

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade : série 26 N 520/10.

Pour en savoir plus :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris 1939.

« Lorette. Une bataille de 12 mois » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie. Paris 1919.

«  Les campagnes de 1915 »  du général Malleterre. Éditions librairie Militaire Berger-Levrault.1918.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à J. Huret, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

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03 mai 2011

9 mai 1915 (suite). Le ciel du pauvre biffin n'est jamais bleu...

                 journee_du_9_mai_1915

                                     legende_carte_9_mai_1915

L’offensive se déclenche…

 

Le ciel est clair, peu avant 10 h 00, débute l’attaque que doivent mener les 1ère et 3e compagnies. Franchissant le parapet, elles sortent des tranchées des bois 7 et 8. Cette attaque est soutenue par les 2e et 4e compagnies qui sont en arrière. Les éléments proches du 149e R.I. qui  appartiennent à la 13e D.I. ne parviennent pas à progresser en même temps qu’elles. Ces compagnies ont été prises d’enfilade par un barrage d’artillerie très violent et par le feu d’une section de mitrailleuses allemandes qui sont installées à la borne nord-est du bois. La progression se retrouve enrayée un moment de ce côté.

Vers la gauche, le 3e bataillon sort en même temps de la parallèle 5-7 du bois 5 et se porte à l’attaque du chemin des Vaches, de la haie IV et de la sape en Y. Il l’occupe, d’un seul bond malgré le feu terrible d’artillerie lourde allemande. L’artillerie française  tarde un peu à allonger son tir. Les éléments de la 13e D.I. font une avancée nouvelle…

 

10 H 30 : Le 1er bataillon subit de fortes pertes. Le capitaine Prunier, le sous-lieutenant Letourney, l’adjudant de bataillon Gabarre sont blessés. La compagnie de droite du 2e bataillon (5e compagnie) est poussée jusqu’au chemin des Vaches pour appuyer le 1er bataillon.

10 H 45 : Sous la poussée de cette compagnie et probablement en raison des quelques progrès de la 13e D.I., cette droite parvient à atteindre la sape I et la parallèle nord, pendant que les compagnies du centre remontent la haie II et le boyau partant de la haie G.

Le 3e bataillon quant à lui, progresse dans la haie 3 et les sapes T2 et T3.

11 h 20 : Toute la ligne d’attaque occupe l’ancienne 1ère ligne allemande. Elle va du point V à la sape T3. Le 3e bataillon en arrivant à l’angle formé par la sape T3 et cette ancienne 1ère ligne allemande est pris d’enfilade par un barrage d’artillerie lourde et par une section de mitrailleuses placée vers le point h2. En quelques minutes, le capitaine Panchaud qui commande le 3e bataillon, son adjudant de bataillon et un certain nombre de sous-officiers et d’hommes de troupe de la compagnie de gauche sont fauchés. Un ordre est donné au peloton de réserve du bois 6 de se porter à la lisière est du bois 5 pour renforcer le 3e bataillon. Des renforts allemands importants sont signalés au bois Carré.

12 h 30 : Arrivée du sous-lieutenant Jauffret du 3e bataillon qui rend compte de la mort du capitaine Gruneissen. Il signale également  la blessure du lieutenant Wichard. Il fait savoir l’état des pertes qui sont considérables. Le bataillon est pris d’enfilade à la sape T3 par les Allemands du bois 10 et de la tranchée intermédiaire h1 h2.

12 h 45 : Le capitaine Gérardin de la compagnie de mitrailleuses doit prendre le commandement de ce bataillon. Il doit  remettre de l’ordre dans les unités et organiser solidement les tranchées conquises.

13 h 20 : Un reçu provenant du commandant  du 1er bataillon fait avis que l’ancienne tranchée de 1ère ligne allemande est tenue solidement. Il fait savoir qu’il est en liaison avec des sections du 21e B.C.P. vers la parallèle Bruckert. Mais il n’a aucune autre nouvelle de la 13e D.I. et il n’est pas fixé sur ce qui se passe sur sa droite.

13 h 40 : Le commandant Bichat rend compte par téléphone qu’il est en liaison à sa droite avec 1 ½  du 21e B.C.P. mais que ceux-ci n’ont pas encore retrouvé la liaison avec la 13e D.I.. Il y a donc un trou sérieux à notre droite.

14 h 05 : Le commandant du 1er bataillon rend compte que les fractions qui avaient pu descendre dans le fond de Buval n’ont pu s’y maintenir, qu’il ne peut pour le moment que se fortifier dans les tranchées conquises. Le terrain est complètement bouleversé et les tranchées sont à refaire.

15 H 05 : Les Allemands tiennent encore T1 et T3.

15 h 30 : Le 149e R.I. stoppe son avance et s’organise sur sa position avant de se lancer dans une 2e attaque.

19 h 00 : La 2e phase de l’opération est reportée.

22 h 00 : La division transmet l’ordre aux unités engagées de s’organiser solidement sur les positions conquises.

 

Les pertes pour cette journée sont de 111 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 277 blessés et de 3 disparus.

 

 

                                        Tableau des tués pour la journée du 9 mai 1915 

 

                        Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 9 mai 1915

 

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

                 Graphique__des_tues_journee_du_9_mai_1915

           

 La compagnie hors rang (C.H.R.), les compagnies de mitrailleuses (C.M.) et le 2e bataillon (symbolisé par la couleur verte) ne sont pas vraiment exposés, il y a peu de tués et de blessés.  Il n’en est pas de même pour le  1er bataillon (couleur rouge) et  le 3e bataillon (couleur bleue) qui  lancent  l’attaque du 9 mai 1915. Les pertes  les plus importantes sont  au 1er bataillon.

 

                 Graphique__des_bless_s_journee_du_9_mai_1915

          

 

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série 26 N 520/10.

Historique du régiment « 149e Régiment d’infanterie » Epinal. Imprimerie Klein, 1919.

Pour en savoir plus :

« Les combats de Lorette » du Capitaine J.Joubert. Éditions Payot. Paris, 1939.

« Lorette. Une bataille de 12 mois » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie. Paris, 1919.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à  A. Carobbi, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

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09 mai 2011

Sous-lieutenant Gaston Thiriat (1893-1915).

                Montage_Gaston_Thiriat 

Natif de la Dordogne, Gaston Thiriat est né le 15 octobre 1893 dans la commune de Menesplet. Il est le fils d’Alphonse Thiriat et de Marie Demange. Il exerce la profession de typographe à Épinal avant de commencer sa carrière militaire. Engagé volontaire pour une durée de trois ans, il franchit les portes de la caserne Courcy les derniers jours du mois de septembre 1912. Il ne quittera plus le 149e R.I. jusqu’à la fin de sa courte vie. Parti en campagne le 2 août 1914 comme sergent, il est rapidement nommé adjudant, puis sous-lieutenant à titre temporaire le 30 novembre 1914. Il ne portera les galons de ce grade que durant quelques mois, puisqu’il trouvera la mort au cours de l’attaque du 9 mai 1915 à la tête d’une section qui appartient à la 1ère compagnie.

 

Cité à l’ordre du régiment le 30 janvier 1915 :

« N’a pas hésité à sauter dans une tête de sape ennemie, occupée par un petit poste allemand et a ensuite travaillé toute la nuit sous le feu des bombes allemandes pour relier cette tête de sape à nos tranchées de 1ère ligne. »

 

Cité à l’ordre de l’armée le 7 février 1915 :

« A fait preuve de courage en enlevant une tête de sape allemande et en se maintenant sur le terrain conquis, malgré le feu très meurtrier de l’ennemi. »

 

Cité à l’ordre de la X e   Armée le 10 juin 1915 :

« Le 9 mai 1915, à entraîné brillamment sa section à l’attaque des pentes de Notre-Dame-de-Lorette, ayant escaladé le parapet d’une tranchée, à un point où se trouvait une mitrailleuse ennemie, a été tué alors qu’il déchargeait son révolver sur les servants de cette mitrailleuse. »

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Gaston Thiriat provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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17 mai 2011

Printemps 1915, du courrier en partance pour le Manitoba.

                  Corinne_et_Lucien_Kern

De nouveau je viens remercier Suzanne Martel et toute sa famille pour leurs autorisations de publier ici de larges passages de deux lettres qui ont été écrites par Lucien Kern juste après les combats du 9 mai 1915 et des jours suivants.

 Extrait d’une lettre de Lucien Kern écrite le 15 mai 1915.

 

Ma chère bonne maman, chère sœur et beau-frère,

Je m’empresse de vous donner de mes nouvelles, sachant que si vous avez reçu ma dernière lettre vous devez être très inquiets. Je suis en bonne santé, mais fatigué et hébété par les terribles assauts livrés par nous depuis dimanche matin 9 mai à 10 h 00. Les  combats furent acharnés, continus et épouvantables… La bataille, vous ne pourrez jamais vous en faire une idée, il faut l’entendre et la voir, pour la comprendre. Après 6 jours de luttes terribles, sans sommeil, avec des attaques à la baïonnette sous un feu d’artillerie et de mitrailleuses intense, nous avons subi beaucoup de pertes, c’est forcé. Pauvres soldats tués, massacrés par les obus. Quelle boucherie et quelle horreur sans nom.

La bataille a commencé dimanche à 10 h 00… Il faut assister à des tueries, foncer sur l’ennemi sous le feu. Il faut se cacher, se terrer comme des taupes dans des trous pratiqués dans la terre. Il faut se protéger contre les gros obus qui ne cessent de tomber avec un fracas assourdissant, tuant et blessant…

 Pendant le bombardement, nous restons terrés. Défense de sortir et malheur à celui qui sort, car les obus ne pardonnent pas. Nous les entendons venir en sifflant, nous nous serrons contre le talus…

Depuis dimanche matin jusqu’à vendredi soir, nous avons fait 4500 prisonniers, pris 12 canons, 50 mitrailleuses et d’autres butins. Les Allemands fichaient le camp à notre approche. Après des bombardements pareils, nous devenions presque fous, toc, toc. Si vous voyiez et entendiez cela, ma bonne maman, c’est horrible…

Avant-hier, j’étais dans une petite cachette en terre, creusée sous un hêtre. Un gros obus vint tomber sur elle avec un bruit terrible, me soulevant et me jetant à terre violemment, par le déplacement d’air. Je fus assourdi, couvert de terre sous des débris de bois. Ah ! J’eus peur, car à ce moment-là, l’on ne rit pas du tout…

Votre fils et votre frère qui pense constamment à vous,

Lucien Kern.

 

Extrait d’une lettre de Lucien Kern écrite le 5 juin 1915.

 

Chers sœurs et beaux-frères,

C’est avec plaisir que j’ai reçu votre lettre, datée du 13 mai. Je suis heureux de constater que tout va bien là-bas. Je suis en bonne santé quoique fatigué par les durs combats que nous avons livrés du 9 au 15 mai…

Nous avons subi des pertes assez élevées, malheureusement. C’est dur et meurtrier, une charge à la baïonnette, contre un ennemi caché sous terre comme des taupes…

 C’est la guerre la plus fatigante et la plus déprimante qui n’ait jamais existé sur terre. C’est trop long et trop sanglant avec des armes pareilles. Les Allemands se servent de gaz asphyxiants…

 Il fait une terrible chaleur, pas de pluie, l’odeur est atroce, les morts sont horribles à regarder et nous voyons ceci à chaque pas, n’importe où, où nous tournons la tête. Ah ! L’appétit est loin. Dieu qu’ils sont vilains et affreux, et dire que l’on dort dessus, comme moi, l’autre jour, ou à côté. Il y a des endroits où les cadavres servent de parapets aux tranchées…

Je vous envoie aujourd’hui avec cette lettre un petit paquet contenant quelques souvenirs de guerre, que j’ai trouvés dans la tranchée conquise par nous le 9 mai. Il y a d’abord deux chapeaux ou parachutes qui servent à maintenir le plus longtemps possible les fusées éclairantes, la nuit. Elles sont en soie blanche. Ce sont des françaises que j’ai trouvées, échouées sur les tranchées. Ensuite, il ya un aigle impérial allemand que j’ai arraché sur un casque à pointe du 111e bataillon d’infanterie badois. Régiment que nous avons battu le 9 mai…

Je vous enverrai bientôt une bague en aluminium provenant d’une fusée percutante d’obus allemand. C’est moi qui l’ai faite avec l’aide d’un camarade.

 Bien le bonjour à toutes les personnes qui s’intéressent à moi. Je vous quitte en vous embrassant bien fort.

Votre frère qui vous aime,

Lucien Kern.

 

Référence bibliographique :

« Lettres de tranchées » correspondance de guerre de Lucien, Eugène et Aimé Kern, trois frères manitobains, soldats de l’armée française durant la Première Guerre. Éditions du blé. Saint-Boniface (Manitoba) Canada.2007.

 

Un très chaleureux  merci à Suzanne et Denise Martel et à Roselyne Duclos.

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24 mai 2011

Capitaine Pierre Grüneissen (1878-1915).

                  Pierre_Gruneissen

 Pierre Grüneissen est né le 16 septembre 1878 à Mantoche, commune se trouvant dans la Haute-Saône. Il est le fils de François Grüneissen et de Marguerite Blanchot. À sa naissance, son père exerçait la profession de cordonnier.

En octobre 1896, Pierre Grüneissen décide de signer un engagement volontaire pour une durée de 4 ans à la mairie de Besançon. Il  commence sa formation militaire comme simple soldat au 60e R.I. de Besançon. Poursuivant sa carrière, il signe plusieurs contrats d’engagement successifs, tout en restant au 60e R.I.. Nommé sous-lieutenant, en janvier 1911, il est muté au 149e R.I. à Épinal. Au début de la guerre, il est lieutenant à la 1ère compagnie. Pierre Grüneissen est  blessé le 25 août 1914 au combat de Mesnil. Après avoir été soigné, il rejoint son régiment qui est en Belgique au début du mois de novembre. À la fin de ce même mois, il est nommé capitaine à titre temporaire. Il trouvera la mort  à la tête de la 12e compagnie, lors de l’attaque du 9 mai 1915 à Aix-Noulette.

 

Citation à l’ordre de l’armée le 10 juin 1915.

« Dans l’attaque du 9 mai, a entraîné sa compagnie à l’assaut d’une position ennemie avec un courage et une énergie remarquables. Déjà blessé une première fois au cours de la campagne a été frappé mortellement au cours de cet assaut (J.O. du 31 juillet 1915).

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du capitaine  Pierre Grüneissen provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

La photo représentant une ruine sur le montage montre l’ancien « hôtel » des officiers du 3e bataillon du 149e R.I. avant l’attaque du 9 mai 1915. Elle a été réalisée en août 1915.

 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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01 juin 2011

10 mai 1915.

                  Carte journée du 10 mai 1915

                                      Legende carte du 10 mai 1915

Note: « Les survivants »  des compagnies les plus exposées n’occupent qu’une partie du terrain conquis. Le tracé des tranchées sur la carte ne peut refléter qu'approximativement les positions en cours d'organisation dans une zone soumise aux tirs d'artillerie depuis la veille.

 La veille au soir, la 43e D.I. à reçu l’ordre de poursuivre son mouvement offensif. Pour le 149e R.I., l’attaque doit être menée par son 3e bataillon commandé par le capitaine Gérardin et son 1er bataillon qui est sous les ordres du commandant Bichat. Ce dernier bataillon doit être appuyé par le 31e B.C.P. qui est mis à sa disposition.

Le 2e bataillon du 149e R.I. (capitaine Prétet) est en réserve sur la ligne haie G, chemin des vaches, bois  5. Il se tient prêt à intervenir en cas de nécessité.

 Vers 4 h 30, les 1er et 3e bataillons sont violemment attaqués par tous les boyaux qui accèdent au plateau. Des bombes asphyxiantes, des grenades à main pleuvent derrière les barrages. Une mitrailleuse allemande se dévoile en face de la sape T1 et ouvre le feu. La première ligne française résiste malgré de nombreux blessés. Cependant, un léger fléchissement se produit devant cette sape, mais il est presque aussitôt rétabli… L’attaque est définitivement repoussée sur les coups de 5 h 00.

Les officiers essayent de mettre de l’ordre dans les unités, mais le terrain est tellement bouleversé et les débris de tranchées si encombrés de cadavres, qu’il est impossible de faire le moindre mouvement.

À 5 h 30, un ordre est donné, il faut à tout prix tenir le point V et la sape T1. Il faut également munir tous les hommes de masques et de tampons protecteurs.

L’occupation du point V est confiée au 31e B.C.P.. Le 1er bataillon doit réoccuper d’une façon complète la sape T1. Des barrages sont établis par le 3e bataillon, entre T1 et T2.

À 10 h 00, un ordre téléphonique est donné. Il faut pousser énergiquement l’attaque sur le plateau de Notre-Dame-de-Lorette et continuer, si possible, l’offensive sur le fond de Buval, le 149e R.I. à gauche, le 31e B.C.P. à droite.

Par suite d’une préparation d’artillerie insuffisante, toute tentative d’attaque en sortant de l’ancienne 1ère  ligne allemande pour descendre dans le vallon de Buval est stoppée immédiatement. Des rafales d’artillerie et le feu des mitrailleuses ennemies partent des tranchées adverses.

Deux compagnies du 1er B.C.P. sont mises à la disposition du 1er bataillon qui est fortement éprouvé.

En début d’après-midi, l’artillerie allemande se déchaîne. Une contre-attaque ennemie se déclenche sur tout le front. La première ligne résiste grâce à l’appui de l’artillerie. De nombreux blessés remplissent les tranchées et les boyaux. L’offensive française est stoppée.

L’ancienne tranchée allemande est tenue sur tout le front qui est compris entre le point V et la sape T3, sauf en face de la sape T1, où l’ennemi réussit à se maintenir. La liaison se fait par la parallèle nord.

À la droite du 149e R.I., la 13e D.I. ne parvient pas à avancer. Le 149e R.I. subit un bombardement très intense jusqu’à 19 h 00. Bombardement qui empêche toutes nouvelles progressions. Les troupes du sous-secteur de Noulette stationnent sur place. Elles profitent de la nuit pour se réorganiser. Les compagnies les plus éprouvées de la 1ère ligne sont relevées par celles du 1er B.C.P.. Le bataillon de 2e ligne stationne aux abris des bois 5, 6, 7 et haie G.

Les tranchées conquises sont améliorées. Le 3e bataillon du 149e R.I. organise la sape T3. Le 1er bataillon profite de la nuit pour refouler l’ennemi de la sape T1.

 

 

                                       Tableau des tués pour la journée du 10 mai 1915

 

                         Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 10 mai 1915

 

 

Les pertes pour cette journée sont de 78 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 151 blessés et de 3 disparus.

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

                  graphique des tues journée du 10 mai 1915

  

Les 3e et 4e compagnies subissent encore des pertes importantes. La 5e compagnie venue en soutien du 1er bataillon est également très éprouvée. Le nombre de tués et de blessés est moins élevé que pour la journée précédente.

 

                  Graphique des blesses journee du 10 mai 1915

  

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. de Vincennes ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série  26 N 520/10.

Historique du régiment « 149e Régiment d’infanterie » Epinal. Imprimerie Klein, 1919.

 

Un très grand merci à  M. Bordes, à A. Carobbi, à V. Le Calvez, à A. Chaupin, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à  l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

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07 juin 2011

Louis Germain (1877-1915).

                  Louis Germain

Né à Fontvieille dans les Bouches-du-Rhône le 27 juin 1877, Louis Germain est le fils de Paul Germain et de Claudine Fumat. Caporal à la 1ère compagnie du 149e R.I., il trouve la mort le 10 mai 1915 dans le secteur d’Aix-Noulette.

Louis Germain repose dans le cimetière communal de Fontvieille.

 

Son portrait provient du site « Mémorial GenWeb ». Il a été réalisé par O. Gaget. Un grand merci à lui pour son autorisation de reproduire ici cette photo.

L’inscription « haie G » est écrite sur le panneau qui se trouve sur le montage. Elle a été prise en avril 1915 (collection personnelle).

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26 juin 2011

11 mai 1915.

                  Photo du bois 5

De 6 h 00 à 10 h 00 une canonnade irrégulière se déroule sur les premières lignes,  les bois 5, 6, 7 et la haie G. À midi, l’artillerie française débute son tir de préparation d’attaque et l’ennemi répond presque aussitôt par des rafales d’artillerie lourde. Ces tirs  forment barrages sur la corne nord-est du bois 5, sur la haie G, sur les boyaux de communication, et sur les bois 6 et 7.

 

La 43e D.I. doit toujours poursuivre le combat dans la direction de Souchez. Dans le secteur du 149e R.I., l’attaque est effectuée par le 31e B.C.P, par deux compagnies du 1er B.C.P. et par le 3e bataillon du 158e R.I.  Tous ces éléments se retrouvent sous l’autorité du lieutenant-colonel Gothié qui commande le 149e R.I..

 

  

 

                  Carte journée du 11 mai 1915

 

                                       Legende carte du 11 mai 1915

 

Les observations de la note qui accompagne la carte de la journée du 10 mai 1915 sont toujours applicables pour celle-ci. La position des abris du bois 5 reste à confirmer.

 

A 14 h 00, l’attaque d’infanterie se déclenche avec le 31e B.C.P. et les 2 compagnies du 1er B.C.P.. La progression reste très difficile. Sur la gauche, une compagnie du 1er B.C.P. se porte en avant par les sapes T3 et T2 pour atteindre la tranchée ennemie du fond de Buval. Le 3e bataillon du 158e R.I. qui devait participer à l’attaque est resté bloqué en arrière tellement le terrain est battu par les obus. Ce bataillon doit soutenir l’attaque du 31e B.C.P.. À 16 h 00, un  ordre est donné pour qu’il puisse se retirer dans une zone plus abritée, car il est vraiment trop exposé aux tirs de l’artillerie ennemie qui sont d’une extrême violence.

 

Les 2 bataillons restants du 158e R.I. et le 149e R.I. doivent maintenir leurs positions actuelles.

Dans la soirée, vers 20 h 00 arrive l’ordre de stationnement. Le 2e bataillon du 149e R.I. va relever immédiatement le 31e B.C.P., dans la partie droite du sous-secteur. Deux compagnies en 1ère ligne, 2 en soutient (à la parallèle Nord et au chemin des Vaches) en liaison avec la 13e D.I. Les 2 compagnies du 1er B.C.P. resteront en 1ère ligne dans la partie nord depuis la sape T1 incluse jusqu’au boyau en Y, en liaison avec le 158e R.I..

Le 3e bataillon du 149e R.I. laisse deux compagnies en soutien du 1er B.C.P. au boyau en S et à la haie 4. Il retire ses compagnies qui sont les plus éprouvées pour les mettre aux abris du bois 5. Les 2 compagnies de soutien seront sous les ordres du capitaine Moreau qui commande les 2 compagnies du 1er B.C.P. qui sont  en 1ère ligne. Il en disposera en cas d’attaque ennemie.

Le 1er bataillon du 149e R.I. reste aux abris du bois 6. Il est en réserve, à la disposition du lieutenant-colonel commandant le secteur. Il doit également occuper la haie G avec un peloton, et un autre aux abris Métro.

 

                                    Tableau des tués pour la journée du 11 mai 1915

 

                      Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 11 mai 1915

 

 

Les pertes pour cette journée sont de 37 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 51 blessés et de 11 disparus.

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

 

                  Tableau des tués pour la journee du 11 mai 1915 

  

 Une fois de plus, le 1er bataillon subit les pertes les plus importantes. Plus de la moitié des tués pour cette journée ont eu leurs actes de décès enregistrés dans les années 1920. Un bon nombre d’entre eux ne figurent pas dans la liste nominative des officiers et hommes de troupe du 149e R.I. « Morts pour la France » qui se trouve dans l’historique du régiment. Pour ces hommes, des erreurs ont pu se glisser dans les dates réelles de leurs décès. Quelques-uns sont certainement décédés le 9 où le 10 mai. Il est vrai qu’il devait être très difficile de comptabiliser les pertes en plein cœur des combats lorsque ceux-ci duraient plusieurs jours.

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                  Tableau des blessés journée du 11 mai 1915

       

 

 Références bibliographiques :

Historique du régiment « 149e Régiment d’Infanterie » Épinal. Imprimerie Klein.

Fichier des « Morts pour la France » du site S.G.A./Mémoire des hommes.

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série  26 N 520/10.  

Legende photoLa légende qui peut se lire au dos de la photo nous fait savoir qu’elle a été prise le 11 mai 1915 dans le secteur du bois 5. L’homme photographié, selon toute vraisemblance (nom au dos de l'image, contexte)  est le sous-lieutenant Léon Hugon qui a été tué le 2 juin 1915.
  

 Un très grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à V. le Calvez, à A. Chaupin, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

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