06 octobre 2009

Avant-guerre... Les cantinières.

Voici quelques photographies de cantinières posant avec  leurs familles et leurs personnels.

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               CANTINIERES

Pour mieux comprendre leurs rôles et leurs fonctions, quelques définitions données par Jean Riotte.

La cantinière, généralement l’épouse d’un sous-officier du régiment, était celle qui en tant de paix s’occupait de la cantine, lieu de distribution de vivres et de boissons pour les hommes de troupe. Elle était la seule femme à vivre à l’intérieur de la caserne, dans un logement séparé qu’elle partageait avec son mari. En campagne, les cantinières suivaient les troupes pour assurer le ravitaillement et les diverses tâches de la vie quotidienne. Ainsi étaient-elles amenées à faire la lessive, à servir de barbier et à donner les premiers soins aux blessés. Même si elles étaient tenues en principe à l’écart des champs de bataille, elles côtoyaient souvent le danger au péril de leur vie.

La suppression des cantinières en 1914 constitua l’aboutissement d’un processus de retrait progressif des femmes dans l’univers guerrier.                                       

 

                  CREVISY

                   Famille Crévisy                                   

 

Vivandière, du latin médiéval « vivenda » qui signifie « vivres ». La vivandière était la femme autorisée à suivre les troupes en campagne pour vendre les vivres et les boissons dont celles-ci avaient besoin. Au cours du XIXe siècle, ce substantif fut remplacé par celui de cantinière qui s’imposa peu à peu ».

Sources : Les mots des soldats, d’Odile Roynette, aux éditions Belin, 2004, ISBN 2-7011-3050-6.



 

                     DUCHENE

                Famille Duchene


Tout le monde ne peut pas exercer ces professions. La sélection est sévère et sujette à un règlement très précis. Même si le passage suivant est bien antérieur à la période 1914, les modalités pour obtenir les autorisations spécifiques devaient être assez identiques dans la première décennie  du 20e siècle. Bon nombre de  « pantalons garance », ceux des classes 1911, 1912 et 1913, les rappelés du début du conflit, qui montèrent en premières lignes en août 1914, ont du croiser ces équipages et ces familles lors de leur passage à la caserne Courcy durant leur service militaire...

Quelques éléments complémentaires…

« La gendarmerie a dans ses attributions spéciales la police relative aux individus non-militaires, aux marchands, aux vivandiers qui suivent l’armée. En conséquence, les personnes qui ont à leur suite ces personnes sont tenus d’en faire connaître les noms, prénoms, lieux de naissance et signalements, soit au grand prévôt, soit au prévôt, soit au commandant de la force publique de la division ou du détachement.

Ces officiers sont chargés de recevoir et d’examiner les demandes des personnes qui désirent exercer une profession quelconque à la suite de l’armée. Ils accordent des permissions et délivrent des patentes à celles qui justifient de leur bonne conduite et qui offrent toutes garanties pour ce genre d’industrie auquel elles veulent se livrer. Le grand prévôt et les prévôts n’accordent de patentes que pour les quartiers généraux auxquels ils sont attachés. Ces patentes sont soumises au visa des chefs d’état-major, qui les font inscrire sur un registre. Les commandants de la force publique des divisions ou détachements délivrent, sous l’approbation du chef d’état-major et aves visa, des patentes aux vivandiers, marchands et industriel des divisions ou des brigades. Ils les font viser par le prévôt du corps d’armée.

Ces permissions et ces patentes doivent être l’objet d’un examen sévère de la part de la gendarmerie. Elle se les fait présenter fréquemment, et s’assure de l’identité des individus qui en sont détenteurs. Cette mesure est de la plus haute importance pour empêcher et réprimer l’espionnage.

Indépendamment de leurs patentes, les marchands autorisés et les vivandiers reçoivent une plaque portant l’exergue : « marchand » ou « vivandier » et le numéro de leur patente.

Ils sont tenus de porter cette plaque d’une manière ostensible, et d’en avoir à leur voiture une autre portant leur nom, le numéro de leur patente et l’indication de la fraction qu’ils sont autorisés à suivre.

Les chefs d’état-major exigent que les comestibles et les liquides dont les marchands et les vivandiers doivent être pourvus soient toujours de bonne qualité et en quantité suffisante ; ils en fixent les prix.

La gendarmerie s’assure que ces prescriptions sont exécutées. Elle fait souvent des perquisitions dans les voitures des marchands et des vivandiers, et empêchent qu’elles ne servent à transporter d’autres objets que ceux qu’elles doivent contenir.

      

              LEBLANC

               Famille Leblanc


Cantinières des corps de troupe :

Un médecin et un pharmacien sont chargés d’apprécier la qualité des liquides et comestibles débités.

Dans chaque corps d’armée, un médecin et un pharmacien militaires sont chargés de faire inopinément des tournées générales ou partielles pour apprécier la qualité des liquides et des comestibles débités par les marchands, les vivandiers et les cantiniers. Pour ces tournées, ils sont assistés d’un maréchal des logis ou d’un brigadier de gendarmerie avec deux gendarmes.

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Sources : Décret du 26 octobre 1883 portant règlement sur le service des armées en campagne. Librairie militaire de L. Baudoin et Cie 1884.

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Un grand merci à Jean Riotte et à Robert Neff.           

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17 janvier 2010

Avant-guerre... Le Maître d'armes et les prévôts d'escrime.

                Escrime_149e

Ce sport d’élite, pratiqué par tous, n’est plus obligatoire pour l’homme de troupe, depuis la tombée de la circulaire  ministérielle du 15 février 1894. A partir de cette date, l’escrime devient facultative pour le fantassin et perd de son  prestige dans les casernes. Mais il reste l’escrime à la baïonnette. Cette dernière permet au soldat  de se familiariser avec cet objet redoutable. Elle lui donne plus de force physique, plus de confiance et de sang-froid devant la menace terrifiante d’une charge de cavalerie. Il est vrai que la puissance sans cesse croissante des armes à feu et de l’artillerie modifie considérablement la forme du combat et que l’abordage et le corps-à-corps deviennent de plus en plus improbables. L’escrime à la baïonnette n’en conserve pas moins une grande importance. Dans les surprises, dans les combats de nuit, elle reste l’arme par excellence. A ces divers titres elle doit être préconisée et dans son emploi et dans les exercices qui permettent d’en tirer le meilleur parti possible.

Le personnel enseignant l’escrime dans l’armée.

Comment s’opère le recrutement ? Dans la plupart des régiments, le maître d’armes n’intervient que pour la forme dans le choix des moniteurs d’escrime. Il demande par voie hiérarchique les hommes qu’il a distingués et qui lui paraissent remplir les conditions physiques ; Mais il est rare qu’il obtienne satisfaction. L’un a été désigné pour un emploi de tailleur, de cordonnier…, l’autre a été réservé comme sapeur, ordonnance, garçon de cantine, etc., etc., de sorte que le maître d’arme ne peut choisir que parmi les hommes laissés par les compagnies. Admis à l’école normale de Joinville, sur concours, ils devront y apprendre en deux années leur métier d’exécutant et de professeur.

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Extraits du règlement d’escrime (fleuret-épée-sabre) approuvé par le ministre de la guerre du 6 mars 1908.

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Escrime_essai_2Ce règlement diffère sensiblement dans l’esprit et dans la lettre, du manuel d’escrime de 1877. Ces différences résultent de l’évolution même, qui s’est produite dans l’art des armes comme dans toutes les manifestations de l’activité humaine…

Alors que le manuel de 1877, n’indiquait que des procédés d’exécution, le règlement nouveau s’attache à formuler des principes de combat, à indiquer la raison d’être tactique de chacun des coups, à réduire, par contre, au strict nécessaire la démonstration mécanique. Un texte, quelque complet qu’il soit, ne pouvant, à cet égard, remplacer l’enseignement pratique du professeur.

Il est divisé en trois parties : La première consacrée à l’escrime au fleuret, la deuxième à l’escrime à l’épée et la troisième à l’escrime au sabre.


Prescriptions relatives à la pratique de l’escrime dans l’armée.

L’enseignement de l’escrime de pointe est donné aux officiers de toutes armes. Il est obligatoire pour les lieutenants et sous-lieutenants.

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EscrimeDans les troupes à pied, il est également obligatoire pour les sous-officiers rengagés et pour les sous-officiers candidats aux Ecoles militaires (Les élèves admis aux grandes écoles, qui accomplissent une année de service dans les corps de troupe, aux conditions ordinaires des art. 23 et 26 de la loi du 21 mars 1905 sur le recrutement de l’armée,  sont autorisés à recevoir l’enseignement de l’escrime). Il est facultatif pour les autres sous-officiers. Dans chaque régiment, le lieutenant-colonel est chargé spécialement, sous la direction du chef de corps de la surveillance de l’enseignement de l’escrime. Dans les bataillons, escadrons et autres unités formant corps, cette surveillance est exercée par un officier désigné par le commandant de l’unité. Les commandants d’armes et les chefs de corps encourageront, par tous les moyens en leur pouvoir, la pratique des armes. Des assauts, ainsi que des poules à l’épée, seront donnés, tous les ans, dans chaque garnison. Les officiers de l’armée d’active, de la réserve et de la territoriale seront conviés à assister et à participer à ces réunions.

livre_escrimeDes récompenses pourront être décernées aux lauréats de ces concours. Un insigne spécial (brodé en or ou en argent sur la manche gauche) sera attribué chaque année aux sous-officiers, à raison de 2 insignes par régiment d’infanterie et de 1 par régiment de cavalerie, artillerie et bataillon ou escadron formant corps.

Les aptitudes aux différentes escrimes seront constatées par mention spéciale au dossier du personnel des officiers et au carnet de notes des sous-officiers rengagés.

Références bibliographiques :

« Fleurets rompus… » du  capitaine E. Coste. Editions Librairie R. Chapelot et cie.

« Règlement d’escrime (fleuret-épée-sabre), approuvé par le ministre de la guerre le 6 mars 1908. Editions Paris Imprimerie Nationale. 1912.

Pour en savoir plus…

« L’escrime et ses obligations nouvelles » du général Lewal. Editions P. Dentu. 1891

« Manuel d’escrime à la baïonnette » du capitaine Gaston. Editions Berger-Levrault. 80 pages. 1910.

« Escrime de combat à la baïonnette » du  capitaine Laur. Editions Paris Lavauzelle. 44 pages. 1912.« Petit traité d’escrime à la baïonnette » d’Adolphe Corthey. 1892.

A voir également sur le blog de Bernard Labarbe « 57e Régiment d’Infanterie en 1914 »,  quelques belles photos sur le sujet. (Elles se trouvent dans « la galerie photos du 57»).

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05 janvier 2011

Une déclaration amoureuse.

               Auguste_Saetler

Essayons ici de redonner un peu de « vie » à une vieille carte postale qui sommeillait dans le tiroir de l’oubli… Deux chasseurs du 21e B.C.P. et un fantassin du 149e R.I. sont représentés sur la photographie.

 

 Au dos de la carte, un certain Auguste Saetler déclare sa « flamme » à une dénommée Jeanne, habitante de la commune de Châtel-sur-Moselle. 

                                     

Châtel le 6 septembre 1907

Ma chère Jeanne,

Je viens vous faire bien sincèrement l’aveu des sentiments que vous m’avez inspirés. Depuis le moment    j’ai eu le bonheur de vous rencontrer, je me suis senti attiré vers vous et j’ai compris que vous seule pouviez faire mon bonheur. À mesure que j’ai eu l’occasion de juger de votre caractère et d’apprécier vos charmantes qualités, mon affection pour vous s’est accrue. Aujourd’hui, ma chère Jeanne, je ne puis plus résister au sentiment impérieux qui me domine. Je vous aime et j’ai compris tout ce que vous pouviez offrir. Félicité à moi si vous daignez partager votre sort au mien. J’ose vous proposer d’être près de moi, je vous aime jusqu’à la mort. Si vous voulez bien agréer l’offre de ma cour, veuillez vous trouver à côté de la gendarmerie samedi soir à 7 heures et demie. Je m’y rendrai de mon côté. Croyez, ma chère Jeanne à mon plus profond respect.

                                                                                                                                     Auguste Saetler.

Plusieurs questions se posent… Des trois soldats représentés sur la photo, lequel est Auguste Saetler ? Hélas, je ne connais pas la réponse. Est-ce que Jeanne est venue au rendez-vous fixé ?

Après de nombreuses recherches, voici quelques informations complémentaires qui pourraient bien confirmer la présence de Jeanne à ce rendez-vous…

Le 21 avril 1908, un certain Auguste Saetler épouse une dénommée Jeanne Renaud dans la commune de Châtel-sur-Moselle… Les signatures d’Auguste apposées sur l’acte de mariage et sur la carte postale sont vraiment très ressemblantes.

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               Auguste_Saetler

 

Auguste Saetler est né le 29 janvier 1883 à Kogenheim, petite ville du Bas-Rhin. Fils de Georges et de Catherine Zuber, il se retrouve orphelin de mère dès l’âge de 13 mois.

Engagé volontaire de la classe 1914, il est immatriculé sous le n° 2673 au recrutement d’Épinal. En 1918, Auguste est soldat sapeur pionnier au 149e R.I. dans la compagnie hors rang.Il décède des suites de ses blessures le 22 juillet 1918 à l’hôpital d’évacuation d’Auves, commune qui se trouve dans le département de la Marne.

Il a été décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec palme. 

Alsacien, Auguste Saetler utilise un nom d’emprunt durant tout son parcours de guerre. Optant pour le nom de famille de son épouse, il combattra sous le nom d’Auguste Renaud. Le nom d’emprunt était parfois utilisé comme mesure de protection en cas de capture par l’armée allemande. Voici quelques éléments d’informations concernant les Alsaciens-Lorrains qui proviennent du livre écrit par le lieutenant-colonel Albert Carré « Les engagés volontaires Alsaciens-Lorrains pendant la guerre » :

Les_engag_s_volontaires001« Une loi relative à l’admission des Alsaciens-Lorrains dans l’armée française est votée le 5 août 1914. En voici l’énoncé :

Article premier : Les Alsaciens-Lorrains qui contractent pendant le cours de la guerre un engagement volontaire au titre d’un régiment étranger recouvrent sur leur demande et après la signature de leur acte d’engagement, la nationalité française. Ils peuvent en conséquence, être incorporés, après l’accomplissement de cette formalité, dans un corps quelconque de l’armée, s’ils remplissent les conditions d’aptitude exigées pour l’arme dont ce corps fait partie.

Article deux : Le bénéfice des dispositions de l’article précédent est également applicable aux Alsaciens-Lorrains servant dans les régiments étrangers, au moment de la déclaration de guerre, qui en feront la demande.

Dix-sept mille six cent cinquante Alsaciens-Lorrains se sont engagés volontairement pour porter l’uniforme français. Les uns (environ 16000), rejoignirent avant d’être mobilisés, les autres se rendirent sous l’uniforme allemand. Sur un nombre de 25580 prisonniers de guerre, 1650 demandèrent à combattre sous le drapeau français. »

 

Pour appuyer la thèse de la dangerosité pour les Alsaciens-Lorrains de combattre sous l’uniforme français en cas de capture par les Allemands, voici deux documents provenant du Service Historique de la Défense de Vincennes. Ils sont enregistrés sous les cotes 19 N 1157 et 19 N 15 (un grand merci à Éric Mansuy).

 

 

                                                                                                                                    

MINISTERE DE LA GUERRE

Direction de l’infanterie

2e bureau

RECRUTEMENT

Nº 6677 2/1

 

Confidentiel

Paris, le 23 mars 1915

LE MINISTRE DE LA GUERRE

À Monsieur le Général Commandant en chef

Grand Quartier Général

 

Il m’a été rendu compte que certains commandants de recrutement croient devoir faire marquer A.L., les livrets militaires destinés aux Alsaciens-Lorrains engagés volontaires servant aux armées.

Cette façon de procéder,  qui aurait pour effet de désigner les intéressés à l’attention des Allemands au cas où ils seraient faits prisonniers, va à l’encontre du but poursuivi par la dépêche du 24 février 1915 n° 4375 2/1. Or, il importe au plus haut point que l’Alsacien-Lorrain titulaire d’un livret, comportant un état civil d’emprunt, ne puisse d’aucune façon être signalé ou reconnu.

C’est pourquoi, outre les mesures déjà prescrites à ce sujet par la dépêche du 1er mars n° 4708 2/1, il est nécessaire dans ce sens de compléter toutes les pages du livret par des indications correspondant à l’âge des intéressés et à la situation au point de vue du recrutement qu’ils pourraient avoir s’ils avaient été soumis, avant leur engagement aux lois françaises, soit comme engagés, exemptés ou réformés.

En résumé, toutes les indications se rapportant à la situation militaire fictive des intéressés doivent être inscrites sur le livret afin de donner à ce document un aspect d’authenticité indéniable.

D’un autre côté, je suis informé que certains commandants de recrutement laissent entendre que l’Alsacien- Lorrain qui s’engage dans la Légion étrangère doit attendre, pour être versé dans un régiment français, le résultat de la procédure de naturalisation suivie au Ministère de la Justice. Cette manière de voir est une interprétation erronée de la loi du 5 août 1914. En effet, l’article 1er de cette loi spécifie que, du fait de son engagement, l’Alsacien-Lorrain réintègre la qualité de français et peut être versé dans un corps français. Dès lors, l’engagé doit être immédiatement versé dans un corps du service ordinaire s’il en fait la demande aussitôt après la signature de son engagement. Comme conséquence de ces dispositions, les Alsaciens-Lorrains qui auraient été maintenus à la Légion étrangère, bien qu’ayant manifesté le désir d’être admis à servir dans des corps français lors de la signature de leur engagement, devront être versés sur leur demande dans ces corps conformément aux prescriptions du 4e alinéa de la dépêche du 24 février 1915 précitée.

J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien donner des instructions en ce sens.

Pour le ministre, et par son ordre,

Le Colonel  directeur de l’Infanterie,

E. MARGOT.

…….

Le Président du Conseil, Ministre de la Guerre,

Monsieur le Général commandant la … ème  Région.

La dépêche confidentielle n° 4375 2/1 du 24 février 1915 (8e alinéa), spécifie que le bureau de recrutement qui a immatriculé les engagés Alsaciens-Lorrains doit seul posséder leur véritable état civil.

D’un autre côté, la dépêche confidentielle n° 7870 2/1 du 8 avril suivant, rappelle cette disposition et indique que les unités, auxquelles les Alsaciens-Lorrains sont affectés, ne doivent connaître ni le vrai nom de ces derniers, ni leur véritable lieu d’origine, ni l’adresse de leurs parents restés en Alsace-Lorraine.

Or, il est rendu compte que, dans maintes circonstances, l’application de ces dispositions a donné lieu à des erreurs.

Pour remédier aux inconvénients signalés je décide que les livrets matricules véritables des Alsaciens-Lorrains servant dans l’armée française seront désormais confiés aux chefs de corps. Cette opération s’effectuera de la façon suivante :

Les commandants  des dépôts et les commandants des corps en campagne feront rechercher discrètement, dans les unités sous leurs ordres, les  Alsaciens-Lorrains qui servent sous un état civil d’emprunt.

Chaque chef de corps en campagne adressera la liste des Alsaciens-Lorrains au commandant du dépôt. Ce dernier établira une liste complète de tous les Alsaciens-Lorrains qui servent au régiment, soit au dépôt, soit aux armée, et au moyen de cette liste réclamera les livrets matricules des militaires dont il s’agit aux commandants des bureaux de recrutement intéressés qui leur fera parvenir.

Le commandant de dépôt enverra ensuite au chef de corps en campagne les livrets matricules qui devront être conservés par l’officier payeur du régiment, lequel ne devra en aucun cas s’en dessaisir.

Je vous prie de donner des instructions pour assurer l’exécution de cette décision.

Pour le président du Conseil, Ministre de la Guerre, et par son ordre,

Le Général directeur d’infanterie.

Signé : COTTEZ


Le 29 janvier 1918, le général Cottez précisait que dans le cas des régiments d’artillerie en campagne, lesquels n’avaient pas d’officier payeur, les régiments d’artillerie lourde, dont les diverses composantes étaient disséminées sur le front, et en général toutes les unités en campagne n’ayant pas d’officier payeur, les livrets matricules véritables des Alsaciens-Lorrains seraient conservés par les commandants des dépôts.

Sur la transcription de l’acte de décès d’Auguste Renaud datant du 17 décembre 1919, qui a été envoyée à la commune de Châtel-sur-Moselle, peut être lue la mention rectificative suivante :

Loi du 18 avril 1918 : L’acte ci-contre concernant un alsacien-lorrain a été établi sous un état civil d’emprunt. Le soldat Saetler, prénommé Auguste, né à Kogenheim (Bas-Rhin) le vingt-neuf janvier mille huit cent quatre-vingt-trois, domicilié en dernier lieu à Châtel-sur-Moselle, fils de Georges et de Catherine Zuber, était époux de Jeanne Félicité Paule Renaud domiciliée à Châtel. Paris, le trois novembre mille neuf cent dix-neuf.

 

Auguste Saetler n’est pas enterré dans le petit carré militaire du cimetière communal d’Auves, lieu de son décès. À ce jour, je ne suis pas parvenu à retrouver l’endroit où il repose.

Source : « Les engagés volontaires Alsaciens-Lorrains pendant la guerre », du lieutenant-colonel Albert Carré, aux éditions E. Flammarion.

Les lettres du colonel E. Margot et du général  Cottez proviennent du S.H.D.. Elles sont enregistrées sous les cotes 19 N 1157 et 19 N 15.

Un grand merci à M. Bordes, à J.M. Bolmont, à Éric Mansuy et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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21 juillet 2014

Une motorette Terrot n° 2.

Motorette_Terrot_n_2__1_

Cette carte photo représente un caporal du 149e R.I. tenant le guidon d’une Terrot n° 2.

Il s’agit probablement d’un bien personnel. Il ne faut surtout pas s’imaginer qu’il  y avait un tel véhicule dans le régiment à cette époque !

Une observation attentive de la motorette permet de dire que celle-ci a été construite en 1910. Quels sont les indices techniques qui nous autorisent à faire une datation aussi précise ?  Cette Terrot n° 2 est équipée d’une fourche dite pendulaire, à ressorts antagonistes. Ce style de fourche n’est apparu qu’à partir de l’année 1910 et il est resté utilisé jusqu’en 1913. C’est le modèle de guidon qui va venir valider définitivement l’année de construction. À partir de 1911, celui-ci est beaucoup plus long.

Le fait qu’il n’y ait pas de texte inscrit au dos de ce cliché rend impossible l’identification de l’homme photographié.

Les estafettes motocyclistes françaises de la 1ère guerre mondiale sont équipées avec du matériel qui reste très hétéroclite. En effet, la plupart des machines utilisées proviennent essentiellement de la réquisition. Cette manière de fonctionner fait entrevoir la problématique liée au stockage des pièces pour les réparations. Heureusement, pour ce qui concerne les Terrot, celles-ci étaient réputées pour être très fiables !

 Voici maintenant quelques données techniques concernant la Terrot n° 2 :

 Le moteur est un Zedel à soupapes automatiques. Il est incliné dans le cadre et présente un cylindre aux ailettes très carrées. L’allumage s’opère grâce à une magnéto Bosch  qui est placée à droite, celle-ci est entraînée par un train de pignons. Le carburateur est un Zedel et la transmission s’effectue directement par courroie. Sa vitesse maximum est de 45 km/h.

Une motorette Terrot n° 3 voit le jour en 1913, elle est rapidement suivie d’un modèle n° 4  et d’un modèle n° 5 qui viendront compléter la gamme.

Pour écouter le bruit du moteur Zedel de la Terrot n° 2, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante :

Motorette_Terrot_n_2__2_

Sources :

La plupart des informations concernant la motorette Terrot n° 2 m’ont été fournies par un membre du Terrot club de Ballancourt.

Pour en savoir plus sur l’utilisation des motos durant la 1ère guerre mondiale il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante :                                    

Motos

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à Dany 17 (intervenant sur le forum du site « pages 14-18 »),  à D. Loiseau, à E. Schaffner et au Terrot Club de Ballancourt.

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