09 mai 2011

Sous-lieutenant Gaston Thiriat (1893-1915).

                Montage_Gaston_Thiriat 

Natif de la Dordogne, Gaston Thiriat est né le 15 octobre 1893 dans la commune de Menesplet. Il est le fils d’Alphonse Thiriat et de Marie Demange. Ce jeune homme exerce la profession de typographe à Épinal avant de commencer sa carrière militaire. Engagé volontaire pour une durée de trois ans, il franchit les portes de la caserne Courcy les derniers jours du mois de septembre 1912. Il ne quittera plus le 149e R.I. jusqu’à la fin de sa courte vie. Parti en campagne le 2 août 1914 comme sergent, il est rapidement nommé adjudant, puis sous-lieutenant à titre temporaire le 30 novembre 1914. Gaston Thiriat ne portera les galons de ce grade que durant quelques mois, puisqu’il trouvera la mort au cours de l’attaque du 9 mai 1915 à la tête d’une section qui appartient à la 1ère compagnie.

 

Cité à l’ordre du régiment le 30 janvier 1915 :

« N’a pas hésité à sauter dans une tête de sape ennemie, occupée par un petit poste allemand et a ensuite travaillé toute la nuit sous le feu des bombes allemandes pour relier cette tête de sape à nos tranchées de 1ère ligne. »

 

Cité à l’ordre de l’armée le 7 février 1915 :

« A fait preuve de courage en enlevant une tête de sape allemande et en se maintenant sur le terrain conquis, malgré le feu très meurtrier de l’ennemi. »

 

Cité à l’ordre de la X e   Armée le 10 juin 1915 :

« Le 9 mai 1915, à entraîné brillamment sa section à l’attaque des pentes de Notre-Dame-de-Lorette, ayant escaladé le parapet d’une tranchée, à un point où se trouvait une mitrailleuse ennemie, a été tué alors qu’il déchargeait son révolver sur les servants de cette mitrailleuse. »

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Gaston Thiriat provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

Posté par amphitrite33 à 09:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 mai 2011

Printemps 1915, du courrier en partance pour le Manitoba.

                  Corinne_et_Lucien_Kern

De nouveau je viens remercier Suzanne Martel et toute sa famille pour leurs autorisations de publier ici de larges passages de deux lettres qui ont été écrites par Lucien Kern juste après les combats du 9 mai 1915 et des jours suivants.

 Extrait d’une lettre de Lucien Kern écrite le 15 mai 1915.

 

Ma chère bonne maman, chère sœur et beau-frère,

Je m’empresse de vous donner de mes nouvelles, sachant que si vous avez reçu ma dernière lettre vous devez être très inquiets. Je suis en bonne santé, mais fatigué et hébété par les terribles assauts livrés par nous depuis dimanche matin 9 mai à 10 h 00. Les  combats furent acharnés, continus et épouvantables… La bataille, vous ne pourrez jamais vous en faire une idée, il faut l’entendre et la voir, pour la comprendre. Après 6 jours de luttes terribles, sans sommeil, avec des attaques à la baïonnette sous un feu d’artillerie et de mitrailleuses intense, nous avons subi beaucoup de pertes, c’est forcé. Pauvres soldats tués, massacrés par les obus. Quelle boucherie et quelle horreur sans nom.

La bataille a commencé dimanche à 10 h 00… Il faut assister à des tueries, foncer sur l’ennemi sous le feu. Il faut se cacher, se terrer comme des taupes dans des trous pratiqués dans la terre. Il faut se protéger contre les gros obus qui ne cessent de tomber avec un fracas assourdissant, tuant et blessant…

 Pendant le bombardement, nous restons terrés. Défense de sortir et malheur à celui qui sort, car les obus ne pardonnent pas. Nous les entendons venir en sifflant, nous nous serrons contre le talus…

Depuis dimanche matin jusqu’à vendredi soir, nous avons fait 4500 prisonniers, pris 12 canons, 50 mitrailleuses et d’autres butins. Les Allemands fichaient le camp à notre approche. Après des bombardements pareils, nous devenions presque fous, toc, toc. Si vous voyiez et entendiez cela, ma bonne maman, c’est horrible…

Avant-hier, j’étais dans une petite cachette en terre, creusée sous un hêtre. Un gros obus vint tomber sur elle avec un bruit terrible, me soulevant et me jetant à terre violemment, par le déplacement d’air. Je fus assourdi, couvert de terre sous des débris de bois. Ah ! J’eus peur, car à ce moment-là, l’on ne rit pas du tout…

Votre fils et votre frère qui pense constamment à vous,

Lucien Kern.

 

Extrait d’une lettre de Lucien Kern écrite le 5 juin 1915.

 

Chers sœurs et beaux-frères,

C’est avec plaisir que j’ai reçu votre lettre, datée du 13 mai. Je suis heureux de constater que tout va bien là-bas. Je suis en bonne santé quoique fatigué par les durs combats que nous avons livrés du 9 au 15 mai…

Nous avons subi des pertes assez élevées, malheureusement. C’est dur et meurtrier, une charge à la baïonnette, contre un ennemi caché sous terre comme des taupes…

 C’est la guerre la plus fatigante et la plus déprimante qui n’ait jamais existé sur terre. C’est trop long et trop sanglant avec des armes pareilles. Les Allemands se servent de gaz asphyxiants…

 Il fait une terrible chaleur, pas de pluie, l’odeur est atroce, les morts sont horribles à regarder et nous voyons ceci à chaque pas, n’importe où, où nous tournons la tête. Ah ! L’appétit est loin. Dieu qu’ils sont vilains et affreux, et dire que l’on dort dessus, comme moi, l’autre jour, ou à côté. Il y a des endroits où les cadavres servent de parapets aux tranchées…

Je vous envoie aujourd’hui avec cette lettre un petit paquet contenant quelques souvenirs de guerre, que j’ai trouvés dans la tranchée conquise par nous le 9 mai. Il y a d’abord deux chapeaux ou parachutes qui servent à maintenir le plus longtemps possible les fusées éclairantes, la nuit. Elles sont en soie blanche. Ce sont des françaises que j’ai trouvées, échouées sur les tranchées. Ensuite, il ya un aigle impérial allemand que j’ai arraché sur un casque à pointe du 111e bataillon d’infanterie badois. Régiment que nous avons battu le 9 mai…

Je vous enverrai bientôt une bague en aluminium provenant d’une fusée percutante d’obus allemand. C’est moi qui l’ai faite avec l’aide d’un camarade.

 Bien le bonjour à toutes les personnes qui s’intéressent à moi. Je vous quitte en vous embrassant bien fort.

Votre frère qui vous aime,

Lucien Kern.

 

Référence bibliographique :

« Lettres de tranchées » correspondance de guerre de Lucien, Eugène et Aimé Kern, trois frères manitobains, soldats de l’armée française durant la Première Guerre. Éditions du blé. Saint-Boniface (Manitoba) Canada.2007.

 

Un très chaleureux  merci à Suzanne et Denise Martel et à Roselyne Duclos.

Posté par amphitrite33 à 19:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
24 mai 2011

Capitaine Pierre Grüneissen (1878-1915).

                  Pierre_Gruneissen

 Pierre Grüneissen est né le 16 septembre 1878 à Mantoche, commune se trouvant dans la Haute-Saône. Il est le fils de François Grüneissen et de Marguerite Blanchot. À sa naissance, son père exerçait la profession de cordonnier.

En octobre 1896, Pierre Grüneissen décide de signer un engagement volontaire pour une durée de 4 ans à la mairie de Besançon. Il  commence sa formation militaire comme simple soldat au 60e R.I. de Besançon. Poursuivant sa carrière, il signe plusieurs contrats d’engagement successifs, tout en restant au 60e R.I.. Nommé sous-lieutenant, en janvier 1911, il est muté au 149e R.I. à Épinal. Au début de la guerre, il est lieutenant à la 1ère compagnie. Pierre Grüneissen est  blessé le 25 août 1914 au combat de Mesnil. Après avoir été soigné, il rejoint son régiment qui est en Belgique au début du mois de novembre. À la fin de ce même mois, il est nommé capitaine à titre temporaire. Il trouvera la mort  à la tête de la 12e compagnie, lors de l’attaque du 9 mai 1915 à Aix-Noulette.

 

Citation à l’ordre de l’armée le 10 juin 1915.

« Dans l’attaque du 9 mai, a entraîné sa compagnie à l’assaut d’une position ennemie avec un courage et une énergie remarquables. Déjà blessé une première fois au cours de la campagne a été frappé mortellement au cours de cet assaut (J.O. du 31 juillet 1915).

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du capitaine  Pierre Grüneissen provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

La photo représentant une ruine sur le montage montre l’ancien « hôtel » des officiers du 3e bataillon du 149e R.I. avant l’attaque du 9 mai 1915. Elle a été réalisée en août 1915.

 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

Posté par amphitrite33 à 12:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 juin 2011

10 mai 1915.

                  Carte journée du 10 mai 1915

                                      Legende carte du 10 mai 1915

Note: « Les survivants »  des compagnies les plus exposées n’occupent qu’une partie du terrain conquis. Le tracé des tranchées sur la carte ne peut refléter qu'approximativement les positions en cours d'organisation dans une zone soumise aux tirs d'artillerie depuis la veille.

 La veille au soir, la 43e D.I. à reçu l’ordre de poursuivre son mouvement offensif. Pour le 149e R.I., l’attaque doit être menée par son 3e bataillon commandé par le capitaine Gérardin et son 1er bataillon qui est sous les ordres du commandant Bichat. Ce dernier bataillon doit être appuyé par le 31e B.C.P. qui est mis à sa disposition.

Le 2e bataillon du 149e R.I. (capitaine Prétet) est en réserve sur la ligne haie G, chemin des vaches, bois  5. Il se tient prêt à intervenir en cas de nécessité.

 Vers 4 h 30, les 1er et 3e bataillons sont violemment attaqués par tous les boyaux qui accèdent au plateau. Des bombes asphyxiantes, des grenades à main pleuvent derrière les barrages. Une mitrailleuse allemande se dévoile en face de la sape T1 et ouvre le feu. La première ligne française résiste malgré de nombreux blessés. Cependant, un léger fléchissement se produit devant cette sape, mais il est presque aussitôt rétabli… L’attaque est définitivement repoussée sur les coups de 5 h 00.

Les officiers essayent de mettre de l’ordre dans les unités, mais le terrain est tellement bouleversé et les débris de tranchées si encombrés de cadavres, qu’il est impossible de faire le moindre mouvement.

À 5 h 30, un ordre est donné, il faut à tout prix tenir le point V et la sape T1. Il faut également munir tous les hommes de masques et de tampons protecteurs.

L’occupation du point V est confiée au 31e B.C.P.. Le 1er bataillon doit réoccuper d’une façon complète la sape T1. Des barrages sont établis par le 3e bataillon, entre T1 et T2.

À 10 h 00, un ordre téléphonique est donné. Il faut pousser énergiquement l’attaque sur le plateau de Notre-Dame-de-Lorette et continuer, si possible, l’offensive sur le fond de Buval, le 149e R.I. à gauche, le 31e B.C.P. à droite.

Par suite d’une préparation d’artillerie insuffisante, toute tentative d’attaque en sortant de l’ancienne 1ère  ligne allemande pour descendre dans le vallon de Buval est stoppée immédiatement. Des rafales d’artillerie et le feu des mitrailleuses ennemies partent des tranchées adverses.

Deux compagnies du 1er B.C.P. sont mises à la disposition du 1er bataillon qui est fortement éprouvé.

En début d’après-midi, l’artillerie allemande se déchaîne. Une contre-attaque ennemie se déclenche sur tout le front. La première ligne résiste grâce à l’appui de l’artillerie. De nombreux blessés remplissent les tranchées et les boyaux. L’offensive française est stoppée.

L’ancienne tranchée allemande est tenue sur tout le front qui est compris entre le point V et la sape T3, sauf en face de la sape T1, où l’ennemi réussit à se maintenir. La liaison se fait par la parallèle nord.

À la droite du 149e R.I., la 13e D.I. ne parvient pas à avancer. Le 149e R.I. subit un bombardement très intense jusqu’à 19 h 00. Bombardement qui empêche toutes nouvelles progressions. Les troupes du sous-secteur de Noulette stationnent sur place. Elles profitent de la nuit pour se réorganiser. Les compagnies les plus éprouvées de la 1ère ligne sont relevées par celles du 1er B.C.P.. Le bataillon de 2e ligne stationne aux abris des bois 5, 6, 7 et haie G.

Les tranchées conquises sont améliorées. Le 3e bataillon du 149e R.I. organise la sape T3. Le 1er bataillon profite de la nuit pour refouler l’ennemi de la sape T1.

 

 

                                       Tableau des tués pour la journée du 10 mai 1915

 

                         Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 10 mai 1915

 

 

Les pertes pour cette journée sont de 78 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 151 blessés et de 3 disparus.

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

                  graphique des tues journée du 10 mai 1915

  

Les 3e et 4e compagnies subissent encore des pertes importantes. La 5e compagnie venue en soutien du 1er bataillon est également très éprouvée. Le nombre de tués et de blessés est moins élevé que pour la journée précédente.

 

                  Graphique des blesses journee du 10 mai 1915

  

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. de Vincennes ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série  26 N 520/10.

Historique du régiment « 149e Régiment d’infanterie » Epinal. Imprimerie Klein, 1919.

 

Un très grand merci à  M. Bordes, à A. Carobbi, à V. Le Calvez, à A. Chaupin, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à  l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

Posté par amphitrite33 à 19:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 juin 2011

Louis Germain (1877-1915).

                  Louis Germain

Né à Fontvieille dans les Bouches-du-Rhône le 27 juin 1877, Louis Germain est le fils de Paul Germain et de Claudine Fumat. Caporal à la 1ère compagnie du 149e R.I., il trouve la mort le 10 mai 1915 dans le secteur d’Aix-Noulette.

Louis Germain repose dans le cimetière communal de Fontvieille.

 

Son portrait provient du site « Mémorial GenWeb ». Il a été réalisé par O. Gaget. Un grand merci à lui pour son autorisation de reproduire ici cette photo.

L’inscription « haie G » est écrite sur le panneau qui se trouve sur le montage. Elle a été prise en avril 1915 (collection personnelle).

Posté par amphitrite33 à 13:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

13 juin 2011

En attendant la balle libératrice...

             Joseph Dechanet

De nouveau un très grand merci à Y. Marain et à F. Petrazoller, pour leurs autorisations de reproduire ici, une des lettres écrites par  Joseph Dechanet qui a été publiée dans un ancien numéro des « cahiers Haut-Marnais ».

 Lettre écrite à son frère datant du 12 janvier 1915.

 

L’hiver interrompt d’ailleurs partiellement les opérations. Certes, on se bat toujours. Partout l’on tiraille et partout le canon gronde. De temps en temps des attaques se produisent, dont nous sommes surtout les auteurs. Mais la lutte est moins ardente que jadis, et pour cause. Les Allemands doivent bien  sentir qu’il ne leur est plus possible de percer. Puis la boue, la pluie, le vent, le brouillard empêchent très souvent les mouvements et le tir de l’artillerie sans laquelle on ne peut guère songer à essayer d’avancer. De plus, le 149e, mon brave régiment, a déjà tant et tant souffert, tant combattu qu’il est depuis quelques temps dans un calme relatif. Mon pauvre frère, 350 hommes tués ou blessés, tu me dis que c’est épouvantable. Si tu savais ce que nous avons déjà perdu ! Songe un peu que le 149e a déjà perdu en tués, blessés ou disparus 6000 hommes environ… Que dans ma compagnie, sur 203 hommes de l’active, il en reste 12 sans blessure, et que je suis un des 15 survivants de ceux qui sont partis le jour où tu vins à Jorquenay. Ceux à qui tu serras la main, ils ne sont plus là… Tu comprends qu’après cela, on est quelque peu résigné. Heureusement, si l’on peut dire, cela « leur » coûte encore plus cher qu’à nous ! Ils ont beau crier « camarade ! », un certain soir de novembre, où je commandais un bout de la tranchée qu’ils avaient approchée en vain : pas de pitié. Comment cela finira-t-il ? On ne sait. Mais déjà certains indices laissent entrevoir le commencement de la fin, qui, elle, demeure certainement lointaine. Nous sommes assez forts pour user l’Allemagne, à la longue ; et des appoints nouveaux nous seront fournis sans doute bientôt. L’issue n’est donc pas douteuse. Pour nous qui sommes des « vieux » de la guerre, nous sommes bien certains de ne pas voir pire que ce que nous avons vu. Si tu voyais comme nous sommes équipés, tu rirais. J’ai un pantalon de cavalier anglais que j’ai trouvé en Belgique, dans une ferme, à 500 m de la ligne de feu, un bidon et une musette, ainsi qu’une toile de tente allemande que j’ai enlevée à un Allemand, tué à Souain dans la Marne. Je porte un « bouc » déjà imposant. Chacun se débrouille pour se frusquer et s’équiper le plus commodément possible. Le linge ne nous manque pas. On nous a tant envoyé que nous en avons gaspillé énormément. La nourriture est tout à fait satisfaisante. De plus, comme je suis sergent, je profite souvent de bien petits avantages de confort, et je gagne par-dessus le marché mes 1,72 F par jour, somme très suffisante pour vivre. Quand on peut le dépenser. Enfin, en termes militaires, on se dém…

Nous sommes toujours du côté d’Arras, dans le Pas-de-Calais. Il fait un temps de chien ! Si tu voyais ces tranchées ! il a fallu en évacuer une, les hommes s’enlisant littéralement, jusqu’au ventre. Nous pensons toutefois, aller bientôt ailleurs (mais sait-on jamais ?). Peut-être irons-nous aussi en Alsace, du côté de Thann, où ça chauffe aussi, paraît-il. Et puis, cela dépendra peut-être de l’attitude de l’Italie. Si elle marchait tout de suite, il y aurait du bon.

… Mon cher Henri, si tu nous avais vus à certains jours ! Combien de fois déjà j’ai attendu la dernière minute, la balle libératrice – car à certains moments on en arrive à la désirer. Que de fois il m’a semblé que la mort ne voulait pas de moi ! Dans la Marne, dans les Vosges, en Belgique surtout. Tiens, le 5 novembre, ou plutôt le 4 au soir, ma compagnie part au feu. C’était vers Ypres. Les Allemands voulaient passer, passer coûte que coûte. Ils avaient amené là leurs plus fameux régiments. La position qu’il fallait garder formait comme un coin qui s’enfonçait au milieu d’eux. Elle était, on le savait, presque intenable. Le sort nous désigna. Toute une journée, sous les balles, sous les obus, nous rampons derrière les haies, dans les sillons, dans les fossés. Enfin, le soir, passant sur les cadavres, nous coulant dans les boyaux pleins d’eau, nous arrivons à une petite ferme à demi détruite. C’est là qu’il va falloir rester, coûte que coûte. Dans la cour, ouverte sur la plaine, à côté du fumier, nous nous plaçons en tirailleurs, dans l’obscurité ; les balles sifflent. On ne voit plus rien. Pas d’abri. Alors, dans une boue infecte, on se fait une espèce de tranchée avec de la terre, des pierres, des tonneaux, des troncs d’arbres. Et nous attendons. À trente mètres de nous, une bicoque flambe, incendiée par les Allemands. À la lueur vacillante de l’incendie, on voit des formes humaines qui se glissent en rampant. Ce sont « eux » qui cherchent à nous tourner. On se fusille dans la nuit. Au loin, les blessés râlent, le clairon allemand sonne la charge. Ils attaquent, baïonnette au canon ; nous tirons dans l’ombre, sans rien voir, au hasard, sur les bois, sur les haies, sur la maison qui brûle. Je m’aperçois que je suis assis sur un cadavre sans tête… Quelle nuit ! Enfin, le jour arrive, jour terrible ! et pourtant désiré. Au loin, la bataille commence. Le canon gronde partout. Brusquement, les obus s’abattent autour de nous. Une, deux, trois, quatre batteries nous prennent comme point de mire. La ferme est une cible magnifique. La terre, la boue, les pierres, les débris humains volent de tous côtés. Vacarme infernal ! Il faut hurler pour se faire comprendre. À droite, à gauche, ce sont des assauts furieux d’un ennemi supérieur en nombre. La terre tremble, la plaine entière, à perte de vue, se couvre de fumée, de cris, du crépitement, des fusils et des mitrailleuses, du grondement des canons. Les obus, des obus de 77, de 120, de 150 qui font des trous où l’ont peut enterrer deux ou trois bœufs, pleuvent par douzaines. Notre pauvre tranchée est bouleversée. Les éclats d’obus nous criblent. Une mitrailleuse balaie la terre au-dessus de nos têtes. Des tireurs embusqués partout nous ajustent. Des cris, des hurlements, des râles, des plaintes. Pauvres blessés. Ils essaient de fuir en arrière. Hélas ! Ils font un mètre, deux mètres, et ils tombent fauchés ! D’officiers, presque plus ; de sergents, presque plus. Eh bien, nous resterons là quand même. Nous vendrons notre peau le plus cher possible. On se compte : 24 ! Les autres, tués, blessés, partis affolés, désemparés… Je retiens mon voisin terrorisé. On attend, tandis que les obus tombent, le dernier moment. Ouf ! Je m’abats, écrasé, abruti, devenu sourd, étouffé… Un gros obus vient d’éclater à 2 mètres de moi dans le tas de fumier !! Je reprends mes sens ! Je suis couvert, entièrement de fumier !! Entre mes bras, je tiens un énorme bloc de pierre qui m’a frisé la tête… Ma tranchée est balayée par l’explosion. Mon voisin et moi, nous nous regardons… « Tu n’as rien ? » « Non, et toi ? » « Moi non plus ! », mais nous sentons que l’assaut approche. Hélas, nous ne sommes guère nombreux. Alors, nous dressons à la hâte les morts déjà raides. Nous les appuyons debout contre la tranchée, leur fusil entre les bras, pour faire nombre et tromper l’ennemi. Nous sommes énervés, fous, résolus à tout. Un cri ! Les voilà ! Ce sont eux ! Ah ! Si je reviens, toujours je me rappellerai cet instant ! Ils étaient vraiment beaux, ces colosses de la garde westphalienne, chargeant sur nous, drapeau en tête, au soleil couchant … Mais nous nous étions dressés, haletants, furieux, résolus à mourir, mais à lutter jusqu’au dernier souffle. Feu ! Feu ! Et nous crions, et nous hurlons ! Vive la France ! À mort ! En avant ! – ils reculent ! Il tomba leur drapeau ! Une fois, deux fois, trois fois ! Ils s’en vont ! Quel massacre !! Dans la plaine, des Allemands, des Français, des chevaux, des vaches, des porcs, gisent, côte à côte, pêle-mêle ! Que de sang ! Tout le jour, on s’est fusillé, à 20 mètres parfois… et les sillons sont jonchés de taches noires immobiles. Enfin, voici la nuit… Le vacarme diminue. À travers les balles, un camarade et moi allons prévenir le commandant que nous tenons toujours, mais que nous sommes écrasés… Les larmes aux yeux, il nous serre la main : «  C’est très bien » ! Il nous croyait tous morts ou prisonniers.

A présent, c’est la vie des tranchées. Une boue épouvantable ! Au point que plusieurs sont morts enlisés ! Du froid, de la neige : C’est dur ! Ah ! Stratèges de café ! Politiciens de coin du feu, taisez-vous, vous ne savez pas ce que vous dites ! Et dire que les populations nous refusent parfois une botte de paille et nous exploitent honteusement, nous vendant le vin 25, 30, 35 sous le litre ! Le chocolat 2,80 F le litre, les bougies 0,10 F, etc. Il est parfois triste de songer que l’on se fait tuer pour de tels salauds, qui trouvent que nous n’en fichons pas un coup !

Je vois que la vie de caserne – si on peut appeler cela une vie de caserne - ne te plaît guère ! Les « à droite », « à gauche » à droite par quatre évidemment ce n’est pas intéressant. On devine bien que ceux qui vous commandent ne se doutent pas de ce que c’est que la guerre actuelle… Pas besoin de faire de la belle manœuvre, va ! On n’y songe guère. Il faut seulement ceci ; être solide et courageux, savoir tout supporter, ne pas avoir peur. Cela ne s’acquiert pas en faisant demi-tour à droite en décomposant. Pour faire un soldat, pas besoin de cela ! Il suffit d’être brave, mais ce n’est pas toujours commode.

Courage, mon cher frère. On fait son devoir que veux-tu. Ah ! Si nous autres Français nous étions moins « je m’en foutistes », nous n’en serions pas là, et les Allemands auraient repassé la frontière ! Au début, il faut l’avouer, mon cher frère, nous n’avons pas été assez courageux.

 

Source :

« Les cahiers Haut-Marnais », cahiers édités par les archives départementales de la Haute-Marne. Cote 7 rev 168.

La borne de terre sacrée 1914-1918 portant la mention « Belgique » a été fabriquée par l’union des blessés de la face. Elle est dédiée à la mémoire des morts de la Grande Guerre, aux mutilés et aux combattants. Celle-ci date du 26 novembre 1927.

 

Un grand merci à M. Alzingre, à M. Bordes, à J.N. Deprez, à Y. Marain, à F. Petrazoller et au Conseil départemental de la Haute-Marne.

Posté par amphitrite33 à 11:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
20 juin 2011

Louis Viard (1889-1914)

             Montage Louis Viard

 Louis Viard est né à Lœuilley en Haute-Saône, le 21 août 1889, il est le fils d’Honoré Viard et de Marie Louise Trécourt. De constitution peu robuste et d’un caractère doux et enjoué, il fréquente dans un premier temps l’école de son village. À quatorze ans, ses parents le confient à l’école Saint-Joseph de Dijon. En 1905, il quitte le pensionnat. De retour dans sa famille, il se livre aux travaux de l’agriculture. Soldat de la classe 1909, Louis Viard est incorporé au 149e R.I., en garnison à Épinal, où il ne fit qu’une année de service en raison de la faiblesse de sa constitution. Pourtant, il ne veut pas accepter d’être classé dans les services auxiliaires. Aussi, dès la mobilisation du 2 août 1914, il est appelé pour rejoindre son ancien régiment. Après une courte période de préparation à Jorquenay, près de Langres, Louis part pour le front le 14 août. C’est de ce jour qu’il date sa dernière lettre que ses parents devaient recevoir. Engagé immédiatement dans la mêlée qui faisait rage en Lorraine, le bataillon de Louis Viard reçoit l’ordre de couvrir la retraite de Sarrebourg et de « tenir » coûte que coûte. Il faut se sacrifier pour sauver le gros des troupes accablé par le nombre toujours croissant des Allemands. Telle est la mission confiée à son bataillon. Louis et ses camarades n’y faillirent point. Ils surent « tenir ». Mais à quel prix !

Il fut du nombre des victimes, il succomba selon toutes probabilités, dans les combats du 19 ou 20 août 1914, à la lisière de la forêt du Freiwald, territoire de Biberkirch. Ce ne fut que longtemps après que ses parents eurent la confirmation de la nouvelle. Puis en juillet 1919, son père découvrait enfin la fosse commune où Louis repose avec 25 de ses compagnons d’armes et deux Allemands.

 

Source :

« Livre d’or à la mémoire des morts de la Grande Guerre », d’après les documents recueillis de 1914 à 1919 par Louis Lagoutte. Association amicale des anciens élèves des frères et de l’école de Saint-Joseph de Dijon. Éditions Imprimerie Jobard 1921.

 

Un grand merci à P. Baude. 

Posté par amphitrite33 à 10:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
26 juin 2011

11 mai 1915.

                  Photo du bois 5

De 6 h 00 à 10 h 00 une canonnade irrégulière se déroule sur les premières lignes,  les bois 5, 6, 7 et la haie G. À midi, l’artillerie française débute son tir de préparation d’attaque et l’ennemi répond presque aussitôt par des rafales d’artillerie lourde. Ces tirs  forment barrages sur la corne nord-est du bois 5, sur la haie G, sur les boyaux de communication, et sur les bois 6 et 7.

 

La 43e D.I. doit toujours poursuivre le combat dans la direction de Souchez. Dans le secteur du 149e R.I., l’attaque est effectuée par le 31e B.C.P, par deux compagnies du 1er B.C.P. et par le 3e bataillon du 158e R.I.  Tous ces éléments se retrouvent sous l’autorité du lieutenant-colonel Gothié qui commande le 149e R.I..

 

  

 

                  Carte journée du 11 mai 1915

 

                                       Legende carte du 11 mai 1915

 

Les observations de la note qui accompagne la carte de la journée du 10 mai 1915 sont toujours applicables pour celle-ci. La position des abris du bois 5 reste à confirmer.

 

A 14 h 00, l’attaque d’infanterie se déclenche avec le 31e B.C.P. et les 2 compagnies du 1er B.C.P.. La progression reste très difficile. Sur la gauche, une compagnie du 1er B.C.P. se porte en avant par les sapes T3 et T2 pour atteindre la tranchée ennemie du fond de Buval. Le 3e bataillon du 158e R.I. qui devait participer à l’attaque est resté bloqué en arrière tellement le terrain est battu par les obus. Ce bataillon doit soutenir l’attaque du 31e B.C.P.. À 16 h 00, un  ordre est donné pour qu’il puisse se retirer dans une zone plus abritée, car il est vraiment trop exposé aux tirs de l’artillerie ennemie qui sont d’une extrême violence.

 

Les 2 bataillons restants du 158e R.I. et le 149e R.I. doivent maintenir leurs positions actuelles.

Dans la soirée, vers 20 h 00 arrive l’ordre de stationnement. Le 2e bataillon du 149e R.I. va relever immédiatement le 31e B.C.P., dans la partie droite du sous-secteur. Deux compagnies en 1ère ligne, 2 en soutient (à la parallèle Nord et au chemin des Vaches) en liaison avec la 13e D.I. Les 2 compagnies du 1er B.C.P. resteront en 1ère ligne dans la partie nord depuis la sape T1 incluse jusqu’au boyau en Y, en liaison avec le 158e R.I..

Le 3e bataillon du 149e R.I. laisse deux compagnies en soutien du 1er B.C.P. au boyau en S et à la haie 4. Il retire ses compagnies qui sont les plus éprouvées pour les mettre aux abris du bois 5. Les 2 compagnies de soutien seront sous les ordres du capitaine Moreau qui commande les 2 compagnies du 1er B.C.P. qui sont  en 1ère ligne. Il en disposera en cas d’attaque ennemie.

Le 1er bataillon du 149e R.I. reste aux abris du bois 6. Il est en réserve, à la disposition du lieutenant-colonel commandant le secteur. Il doit également occuper la haie G avec un peloton, et un autre aux abris Métro.

 

                                    Tableau des tués pour la journée du 11 mai 1915

 

                      Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 11 mai 1915

 

 

Les pertes pour cette journée sont de 37 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 51 blessés et de 11 disparus.

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

 

                  Tableau des tués pour la journee du 11 mai 1915 

  

 Une fois de plus, le 1er bataillon subit les pertes les plus importantes. Plus de la moitié des tués pour cette journée ont eu leurs actes de décès enregistrés dans les années 1920. Un bon nombre d’entre eux ne figurent pas dans la liste nominative des officiers et hommes de troupe du 149e R.I. « Morts pour la France » qui se trouve dans l’historique du régiment. Pour ces hommes, des erreurs ont pu se glisser dans les dates réelles de leurs décès. Quelques-uns sont certainement décédés le 9 où le 10 mai. Il est vrai qu’il devait être très difficile de comptabiliser les pertes en plein cœur des combats lorsque ceux-ci duraient plusieurs jours.

.

 

                  Tableau des blessés journée du 11 mai 1915

       

 

 Références bibliographiques :

Historique du régiment « 149e Régiment d’Infanterie » Épinal. Imprimerie Klein.

Fichier des « Morts pour la France » du site S.G.A./Mémoire des hommes.

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série  26 N 520/10.  

Legende photoLa légende qui peut se lire au dos de la photo nous fait savoir qu’elle a été prise le 11 mai 1915 dans le secteur du bois 5. L’homme photographié, selon toute vraisemblance (nom au dos de l'image, contexte)  est le sous-lieutenant Léon Hugon qui a été tué le 2 juin 1915.
  

 Un très grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à V. le Calvez, à A. Chaupin, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

Posté par amphitrite33 à 11:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 juillet 2011

Une bien curieuse nomination !

               Nelly Martyl

Titulaire du diplôme de l’Union des femmes de France, Madame Scott de Plagnolles était l’épouse du peintre Georges Scott. Dès le début du conflit, elle se consacra aux soins des blessés. Avant-guerre, elle était cantatrice à l’Opéra-Comique et chantait sous le nom de Nelly Martyl. En octobre 1916, elle croise le chemin du 149e R.I. qui se trouvait dans le secteur de la Somme, comme en atteste cette nomination dans le grade de sergent honoraire. Nomination signée de la main du lieutenant-colonel Pineau.

 

Aux armées le 11 octobre 1916.

Le lieutenant-colonel commandant le régiment nomme au grade de sergent honoraire au 149e R.I. : Le caporal Nelly Martyl.

 

 Le sergent Martyl sera affecté à la C.H.R. (section de liaison). Cette nomination est motivée par les brillants états de service du sergent Martyl :

«  Sur le front depuis le début de la guerre, fondatrice de plusieurs hôpitaux militaires, le sergent Martyl est allé à plusieurs reprises, sous le feu, chercher des blessés graves, qu’elle a soignés elle-même avec une admirable abnégation.

Malgré les veilles, malgré les fatigues, elle se prodigue chaque jour pour apporter à tous, sous-officiers et soldats, séduits par son charme délicieux, et pour leur faire partager la belle flamme patriotique qui anime son cœur. Se dévouant toute entière à l’œuvre splendide qu’elle s’est imposée, elle a su, par ses accents qui nous prennent, faire vibrer nos âmes à l’unisson de la sienne et exalter encore le superbe moral de nos jeunes héros. « Vive le sergent Martyl ! » Le lieutenant-colonel commandant le 149e Régiment d’infanterie. (Signé) Pineau.

 

Source :

Le portrait de Nelly Martyl a été trouvé sur le site « Gallica» :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9028979t.r=Nelly+Martyl.langFR

 

Un grand merci à M. Bordes et à A. Carrobi.

Posté par amphitrite33 à 20:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
10 juillet 2011

Après Verdun, la troupe se lâche...

                 149e_R

De nouveau tous mes remerciements à D. Browarsky et à T. Cornet.

Suite du témoignage de Louis Cretin intitulé « La bouffarde de M’sieur Drouot ».

Pendant les premiers jours de notre repos à  Savonnières, les hommes étaient comme fous. Ce fut la noce après le carnage. Les officiers eurent de la peine à reprendre de l’autorité et à faire régner de nouveau la discipline. Le jour du Vendredi saint, nos cuisiniers mirent de la viande, de la morue et des patates à cuire dans la même marmite. Au moment de servir, cela faisait une bouillie sans nom qui fut impossible à avaler. Le 15 avril 1916 dans la soirée, nous partons à pied et, après trois heures de marche, nous arrivons à la gare de Nançois où nous embarquons. Le 16, à 8 h 00 nous descendons à Châlons-sur-Marne. Nous faisons une vingtaine de kilomètres pour venir cantonner à Somme-Vesle. Du 17 au 28 avril, nous sommes au repos. Nous reprenons l’instrument. Théâtre, cinéma, concerts, jeux divers occupent les hommes. Les compagnies sont renforcées. Nous sommes vaccinés, après quoi, je tombe malade et je vais à l’infirmerie. Le 1er mai, deux bataillons quittent Somme-Vesle. Le 2, je pars avec l’infirmerie régimentaire, sans sac, en raison de mon épaule endolorie. Nous allons cantonner à Lacroix-en-Champagne. Le 3, je rejoins mes camarades. Le 4 nous arrivons à Saint-Jean-sur-Tourbe où l’on trouve un bon cantonnement en dehors du pays. (À suivre…)

 

Sources :

« Souvenirs de Louis Cretin soldat musicien au 149e R.I. »

 

« La bouffarde de M’sieur Drouot » peut se lire sur le lien suivant : 

La_bouffarde_de_M_sieur_Drouot_

 Les photos utilisées pour le montage représentent une compagnie du 149e R.I. Ces photos proviennent de ma collection personnelle. Elles ont été réalisées sur la commune de Poix en Champagne.

 

Un grand merci à M. Bordes, à D. Browarsky, à A. Carobbi, à A Chaupin et à T. Cornet., ainsi qu’à l’association « Collectif Artois 1914-1915 » et aux camarades du « Forum pages 14-18 ».

Posté par amphitrite33 à 10:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]