09 mars 2011

Sergent Vincent Cabarrouy (1892-1915).

                  Sergent_Vincent_Cabarrouy

 Vincent Cabarrouy est né le 20 décembre 1892 à Bazolles, petite commune de la Nièvre. Il est le fils de Pierre et de Marie Louise Bellevant. L’acte de décès de ce Bazollois, nous fait savoir qu’il avait quitté son village natal pour aller vivre dans le 9e arrondissement de la capitale. Au début du conflit, il est sergent à la 6e compagnie du 149e R.I. qui se trouve sous les ordres du capitaine François. Vincent Cabarrouy est tué le six mars 1915 à 17 h 00 d’un coup de feu au combat dans le secteur d’Aix-Noulette.

Citation à l'ordre de l'armée :
« Le 6 mars 1915, a fait preuve de la plus grande bravoure en marchant résolument à l'attaque d'une tranchée allemande et en entraînant sa section aux cris répétés de « En avant ! ». A été tué sur le parapet de la tranchée qu'il venait d'enlever. »

Sources :

Le portrait du sergent Vincent Cabarrouy provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

La carte utilisée pour le montage photo est extraite du J.M.O. du 25e R.I.T., sous-série 26 N 778/5.

 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi  et au Service Historique de la défense de Vincennes. 

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16 mars 2011

6 mars 1915.

                 Entonnoir_de_mine

La nuit du 5  au 6 mars reste calme dans le secteur du 149e R.I.. À sa droite (86e brigade), une fusillade assez vive éclate à plusieurs reprises. Les 10e et 31e B.C.P. (86e brigade) sont relevés par le 3e bataillon du 21e R.I. qui la gauche appuyée à la lisière sud du bois 8, tient le boyau du Gros Arbre et celui de la Haie. Dans le bois 8, il y a la 6e compagnie du 149e R.I..

 

 

                                     Tableau des tués pour la journée du 6 mars 1915

 

                       Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 6 mars 1915

 

 

 De temps en temps, il y a quelques coups de canons de la part de notre artillerie sur la première ligne ennemie. L’artillerie allemande est calme. Vers 1 h 15, un ordre général arrive pour la journée du 6. Il faut renforcer solidement l’organisation du terrain conquis la veille. La position doit, coute que coute, être maintenue. Il faut également préparer les opérations pour la relève prescrite. Un ordre ultérieur sera donné pour la reprise de l’offensive.

 

 

                 6_mars_1915

 

 Dans l’après-midi, l’attaque de la 86e brigade se déclenche ayant à sa gauche  en 1ère ligne, 2 compagnies du 2e bataillon du 149e R.I. Le 3e bataillon du 21e R.I. franchit le boyau des Mines et parvient, malgré de nombreuses difficultés, à progresser jusqu’au boyau de l’Escalier (80 m environ). Dès cet instant, l’attaque est obligée de parer à une contre-attaque ennemie en préparation. Dans ces conditions, le 149e R.I. ne peut plus pousser son attaque sur la parallèle du pied des haies. Cependant, la 6e compagnie du 149e R.I. avance dans le bois 8 jusqu’à la hauteur de S1 et conquiert le boyau 2 qui se trouve à la lisière est.

 

À 16 h 45  l’ordre de la relève est reçu. Les 17e et 21e B.C.P. relèvent dans la nuit du 6 au 7 mars les éléments du 149e R.I., qui vont cantonner après la relève, à Petit-Sains et Noeux-les-Mines, puis, le 7, à Olhain, Baraffles, Rebreuve-Ranchicourt et Hermin.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

Référence bibliographique :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris. 1939.

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23 mars 2011

Sergent Marie Joseph Husson (1891-1915).

                  Sergent_Marie_Joseph_Husson     

Marie Joseph Husson est né le 7 novembre 1891 dans la commune vosgienne de Plombières. Il fait une partie de ses études au collège de La Malgrange de 1903 à 1908. Marie Joseph Husson était célibataire et  exerçait la profession de marchand de bois.

 Il est sergent à la 2e compagnie du  149e R.I. lorsqu’il disparait le 3 mars 1915, au matin d’un combat à Notre-Dame-de-Lorette. Ce n’est seulement qu’après la guerre, qu’un prisonnier, à son retour de captivité en Allemagne fit savoir à sa famille angoissée, qu’il l’avait reçu dans ces bras, frappé à la tête  par un éclat d’obus instantanément mortel.

Marie Joseph Husson a été décoré de la Médaille militaire.

 

Référence bibliographique :

« Livre d’or de la Grande Guerre, institution de la Malgrange. » Editions Nancy Ancienne. Imprimerie Vagner. 1923.

 

Un grand merci à Éric Mansuy. 

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29 mars 2011

La musique.

                   La_musique_du_149e_R         

Chaque régiment possède en plus de sa « clique » avec clairons et tambours, une musique essentiellement composée de cuivres. La musique se trouve sous l’autorité du chef de la musique. Sa fonction lui donne un rôle un peu atypique dans le régiment. Mais au fait, que s’y passe-t-il ?

 

Le chef de musique a la direction de la musique, du personnel et du matériel. Il est responsable de la discipline, de l’éducation militaire, de la tenue et de l’instruction technique des musiciens et du tambour-major. Il a tous les droits d’un commandant de compagnie. Il relève du colonel, de l’un des lieutenants-colonels et des chefs des détachements dont il fait partie. Il soumet au colonel, par l’intermédiaire du lieutenant-colonel, les consignes relatives au  service et à l’instruction de la musique.

Il a la direction technique de l’instruction des tambours et des clairons. Il doit son concours au médecin du corps chargé de donner aux musiciens, l’instruction des brancardiers. Il est placé, pour l’administration, sous les ordres du capitaine commandant la compagnie hors rang.

 

                   Tambours_et_clairons_ann_e_1908

    

  

La musique est rattachée à la compagnie hors rang, mais pour l’administration seulement. Le personnel de la musique comprend des élèves musiciens et des musiciens titulaires dont le nombre est fixé par les instructions ministérielles. Les uns et les autres peuvent être nommés à la 1ère classe dans les conditions fixées à l’article 135.

 

Article 135 : L’admission des soldats à la 1ère classe est prononcée par le colonel sur la proposition du capitaine et l’avis du chef de bataillon. Leur nombre ne peut dépasser deux par escouade. Les soldats de 1ère classe sont choisis parmi les soldats de 2e classe ayant au moins quatre mois de service et qui méritent cette distinction par leur vigueur, leur conduite et leur instruction militaire. Des nominations peuvent être faites, à titre exceptionnel, avant quatre mois de service, pour récompenser un acte de courage et de dévouement. Les soldats de 1ère classe non punis sont exempts, sauf nécessité, des corvées intérieures de la compagnie.

 

 Le nombre des nominations ainsi faites ne devra pas dépasser huit pour l’ensemble de la musique.

Les élèves musiciens sont désignés par le colonel sur la proposition du chef de musique transmise avec avis de leurs chefs hiérarchiques. Ils sont choisis parmi les soldats possédant l’aptitude voulue, qui ont au moins quatre mois de service et ne sont pas élèves caporaux.

Les élèves musiciens ne peuvent être nommés titulaires que lorsqu’ils ont dix mois de services. Toutefois, des nominations avant ce délai peuvent être autorisées, à titre exceptionnel, par le général de brigade.

 

La musique forme quatre escouades, commandées chacune par le plus ancien musicien de 1ère classe de l’escouade. Chaque chef d’escouade assure, à tour de rôle, l’exécution du service de semaine, y compris les appels. La surveillance de l’ensemble du service intérieur est répartie par le chef de musique entre le sous-chef de musique et le tambour-major.

 

Les musiciens prennent part aux marches et aux manœuvres dans les conditions fixées par le colonel. Ils reçoivent, sous la direction des médecins, l’instruction relative à l’emploi de brancardier. Le chef et le sous-chef de musique secondent les médecins dans cette instruction.

Les élèves musiciens font leurs tirs et assistent aux exercices importants soit avec leur compagnie, soit avec la musique, suivant les ordres donnés par le colonel.

 

                    La_musique_du_149e_R

    

 

Le tambour-major, secondé par les caporaux tambours et clairons, donne, aux heures fixées par le colonel, l’instruction aux tambours et clairons du régiment. Cette instruction est placée sous la surveillance d’un officier désigné par le colonel et sous la direction technique du chef de musique. Il veille au bon entretien des instruments et signale les réparations et remplacements nécessaires. Il est rattaché à la musique pour l’exécution du service intérieur. En cas de détachement, il reste avec le colonel.

 

Sources :

Texte extrait du livre « Service intérieur des corps de troupe d’infanterie » volume arrêté à la date du 25 août 1913. Éditions Henri Charles Lavauzelle 1913.

La photo des tambours et des clairons provient de l’album photo du 149e R.I. de l’année 1908.

 

Pour en savoir plus : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5782482r/f7.pagination

 

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à A. Carobbi et à J. Huret. 

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05 avril 2011

Soldat André Leblanc (1879-1915).

                  Andre_LEBLANC        

André Ernest Leblanc est né le 4 novembre 1879, à Bray-sur-Seine (Seine-et-Marne). Il est le fils de Joseph Leblanc et d’Alice Martinet. Avant la guerre, il exerce la profession d’agent d’affaires à Paris.

Mobilisé au 34e R.I.T., il est versé au 149e R.I., le 1er octobre 1914.

Soldat à la 10e compagnie, il tombe au champ d’honneur, le 4 mars 1915, à Aix-Noulette. Il est inhumé par ses camarades dans le boyau où il était tombé. Il repose définitivement depuis le 15 juin 1922, dans le cimetière communal de Bray-sur-Seine.

 

Décoré de la Médaille militaire, le 15 novembre 1915 :

« Brave soldat, ayant toujours accompli vaillamment son devoir. Mort pour la France, le 4 mars 1915, à Noulette.» Croix de guerre avec étoile de bronze. 

 

Source :

« Livre d’or des anciens élèves du lycée de Sens » de Paul Schaumann. Éditions : Sens, société générale d’imprimerie et d’édition. 1925.

 

Un grand merci à Thierry Cornet. 

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12 avril 2011

Commune de Saint-Nabord (88).

                  Saint_Nabord_001       

Cinq Navoiriauds du 149e R.I. sont inscrits sur le monument aux morts de la commune de Saint-Nabord.

Sergent Léon Émile Couval (1888-1915).

Léon Couval est né le 29 novembre 1888 à Saint-Nabord (Vosges). Fils de Jules Couval et de Marie Amélie Durupt. Il se marie le 23 novembre 1912 à Saint-Nabord avec Anne Catherine Mergy. Avant la guerre, il est tourneur sur bois. Léon Couval sert dans la 5e compagnie du 149e R.I. lorsqu’il trouve la mort le 29 septembre 1915 dans le secteur d’Aix-Noulette. Pas de sépulture connue.

  

Soldat Émile Creusot (1884-1914).

Émile Creusot est né le 22 juillet 1884 à Ruaux (Vosges). Fils de Charles Creusot et de Joséphine Rouillon. Il est célibataire et exerce la profession d’ouvrier typographe. Soldat servant dans la 7e compagnie, il décède le 25/26 août 1914 dans le secteur de Xaffévillers. Il repose dans la Nécropole Française de Rambervillers, sépulture n° 645.

 

Adjudant Jules Félicien Grandgirard (1875-1914).

Jules Grandgirard est né à La Longine (Haute-Saône). Fils de Jean Baptiste Grandgirard et de Delphine Ducharnois. Il est adjudant à la 3e compagnie du 149e R.I., lorsqu’il  est tué le 1er novembre 1914 dans le secteur de Bouvigny à l’âge de 41 ans.

Il repose dans le carré militaire du cimetière de Bouvigny-Boyeffles, sépulture n° 12.

 

Médaille militaire :

« Sous-officier d’une très grande valeur militaire. A fait preuve, le 8 octobre 1914, des plus brillantes qualités en entraînant sa section et en la maintenant malgré un feu très violent de l’ennemi, permettant ainsi aux fractions voisines de progresser et de s’emparer d’une position importante. »

 

Soldat Joseph Théophile Lemarquis (1892-1914).

Joseph Lemarquis est né le 16 mai 1892 à Dommartin-lès-Remiremont. Fils de Joseph et de Marie Célestine Aubry. Il était célibataire et travaillait comme employé des chemins de fer.  Il servait dans la 7e compagnie du 149e R.I. lorsqu’il est tué dans les combats de Souain (Marne) le 14 septembre 1914.

Il repose dans la Nécropole Nationale de la « Crouée » dans la commune de Souain-Perthe-les-Hurlus, tombe n° 90.

 

Soldat Auguste Joseph Py (1876-1915).

Auguste Py est né le 17 mars 1876 à La Rosière (70). Fils de Cyrille et d’Hortense Py. Soldat venant du 43e R.I.T., il passe à la 11e compagnie du 149e R.I., quelque temps avant de se faire tuer le 20 juillet 1915 dans le secteur d’Aix-Noulette. Il repose dans la Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette, tombe n° 17944.

 

 Source :

« Les soldats Navoiriauds pendant la première guerre mondiale ». Collection Découvrir Saint-Nabord, livre n° 1. Société d’histoire de Saint-Nabord. Novembre 2009.

 

Un grand merci à Gilbert Noël et à la mairie de Saint-Nabord . 

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20 avril 2011

Sergent Joseph Dechanet (1890-1915).

             Joseph_Dechanet        

Je viens ici remercier Y. Marain, petit-neveu de Joseph Dechanet et le directeur de publication des « Cahiers haut-marnais » pour leurs autorisations de reproduire sur le blog du 149e R.I., les lettres écrites par le sergent Joseph Dechanet. Ces lettres furent l’objet d’une première publication dans un ancien numéro des cahiers haut-marnais, cahiers édités par les archives départementales de la Haute-Marne.

Les lettres de Joseph Dechanet qui vont pouvoir être lues ici ont toutes été adressées à son frère. Elles sont malheureusement peu nombreuses. L’ensemble de cette correspondance couvre une courte période allant de novembre 1914 à juin 1915.

Originaire de Courcelles-sur-Aujon, Joseph Dechanet est né le 16 janvier 1890. Ses parents exercent la profession de cultivateurs. Il effectue ses études au petit séminaire de Langres puis au lycée de Chaumont, en première et classe de baccalauréat. En décembre 1909, il est nommé surnuméraire à l’enregistrement des domaines et du timbre. Après quelques mois de stage, il part effectuer son service militaire. Libéré de ses obligations militaires en octobre 1913, il est nommé receveur de l’Enregistrement dans les Basses-Alpes et doit prendre son service le 16 mai 1914, après avoir quitté son poste provisoire d’Auberive. Mobilisé en août 1914, il est incorporé au 149e R.I., et vite promu dans le grade de sergent. Ainsi, brusquement arraché à sa jeune carrière professionnelle, il est un de ceux qui va être surpris par l’ampleur de la guerre, surtout par les formes nouvelles qu’elle adopte. Comme tous ses camarades, c’est dans un cadre inattendu, imprévisible qu’il  va vivre l’expérience des tranchées.

Un des traits dominants de ces dernières lettres, c’est l’étonnement de survivre, alors que tant d’hommes ont disparu dans les furieux combats de 1914. Blessé le 17 juin 1915, il est évacué à l’ambulance de Sains-en-Gohelle. La mort qu’il appelait parfois, comme pour se délivrer des souffrances endurées, finit par l’emporter dans son giron, le 24 juin 1915 à Sains-en-Gohelle. Le sergent Joseph Dechanet, de la 11e compagnie, repose dans le carré militaire du cimetière de la commune de Sains-en-Gohelle dans le Pas-de-Calais.

 

Premières lettres…

 

20 novembre 1914

Nous sommes dans la froide terre de Belgique. Nous vivons dans les tranchées, immobiles pendant une semaine entière parfois, sous la pluie, la neige, dans la boue, attendant l’attaque prussienne et recevant une grêle d’énormes obus, du matin au soir. Puis, fusillades, assauts, cris… Et l’on fusille comme des lapins et cela tombe. J’en ai descendu pour ma part ! Brutes que nous sommes ! Brutes courageuses, il est vrai. Enfin, il le faut.

Mais voici que l’hiver a commencé par ici. La terre dure ; la neige couvre déjà le sol. Les pieds gèlent. Comment passer l’hiver, dans l’immobilité la plupart du temps ? C’est impossible. Si les balles et les obus ne nous tuent pas bientôt, le froid s’en chargera.

 

4 décembre 1914

Quand cela finira-t-il ? Il n’est pas permis d’entrevoir, même au lointain, l’aurore de la paix, et chaque jour la mort fauche parmi nous… La journée la plus calme coûte à chaque compagnie sept ou huit hommes. Chaque bataille fait une terrible hécatombe : que de vides quand le soir on se compte ! Et la compagnie affaiblie, décimée, est reformée, une fois, deux fois, dix fois. Rares, combien rares sont ceux qui ont vu sans dommage tous les combats ! Et quand nous songeons à ce qui nous reste à faire, que veux-tu que nous disions en manière de conclusion ? Que nous n’avons guère d’espoir de goûter, à nouveau, un jour à la vie.

 

24 décembre 1914

Pour moi, je suis en ce moment commandant d’une section de réserve de 30 hommes. Dès qu’il y aura des vides devant nous, nous irons reprendre notre place. Je n’ai d’ailleurs manqué jusqu’à présent à aucune bataille. Comment peut-on passer ainsi pendant des mois à travers les mailles du filet ? C’est incroyable ! Là-bas, le canon français gronde sourdement. La fusillade crépite de temps en temps, les mitrailleuses crachent à grande vitesse. Un de ces jours, nous allons reprendre notre place là-bas. Il faudra bien en effet que les Allemands se décident à s’en aller. Pour cela nous ferons ce qu’il faudra. Et ce qu’il faut, c’est bondir sur les tranchées, au milieu des balles… Mais il faut en finir. Cela sera sanglant, tant pis. Un jour, nous les tiendrons. En tout cas, jamais nous n’avons reculé, nous autres  du  149e. Si un jour nous rentrons chez eux, malheur à eux. Ils paieront dur ce qu’ils font souffrir à la France et à la Belgique. Puissions-nous voir cela !!

En attendant, c’est demain Noël. Triste Noël ! Comme nous pensons aux nôtres, au foyer, aux parents, aux amis, aux fêtes de famille, aux joies envolées ! Heureusement, nous songeons que là-bas aussi on pense à nous. Nous faisons notre devoir et cela nous soutient. Le danger ne nous fait plus peur, nous en avons déjà tant vu !

 

Source :

« Les cahiers Haut-Marnais ». Cahiers édités par les archives départementales de la Haute-Marne. Cote 7 rev 168.

 

Un grand merci à M. Alzingre, à M. Bordes, à J.N. Deprez, à Y. Marain, à F. Petrazoller et au Conseil départemental de la Haute-Marne. 

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30 avril 2011

9 mai 1915. Préparatifs...

                Moment_de_detente       

La 2e bataille d’Artois dont le rôle principal incombe à la Xe armée doit être déclenchée simultanément par les 9e, 10e, 17e, 20e, 21e, et 33e C.A..

Le plan de cette bataille a été préparé longtemps à l’avance et à même été plusieurs fois modifié.

Depuis le 5 mai 1915, les préparatifs d’attaque se mettent en place dans le secteur de Lorette, L’offensive débute le 9 mai…

 

Le 21e C.A. a pour objectif de refouler définitivement les Allemands des hauteurs de Lorette. L’idée étant de faire une trouée dans la ligne adverse, en vue d’une offensive générale dans la direction Souchez-Angres.

 

Intéressons-nous plus particulièrement à ce qui se passe pour le 149e R.I..

 

Le 149e R.I., régiment de droite de la 43e D.I., doitparticiper activement à cette attaque. Il est en liaison avec le régiment de gauche de la 13e D.I. et au nord avec le 158e R.I..

Dans un premier temps, le 149e R.I. doit entreprendre une attaque brusquée et violente. Cette attaque est préparée par une accumulation intense de feux d’artillerie. Il doit s’emparer de l’ensemble des défenses organisées par l’ennemi depuis la sape 1 incluse jusqu’à la sape T3 incluse.

 

À la fin de la 1ère phase de l’attaque, le 149e R.I. devra avoir atteint les objectifs suivants :

1er bataillon : le point Delta.

3e bataillon : la tranchée en Y, la sape T3, la tranchée allant vers l’est pour rejoindre le fond de Buval.

Le 2e bataillon du 149e R.I. devra suivre le mouvement des bataillons d’attaque dès que ceux-ci auront atteint, avec la 1ère ligne, l’ancienne 1ère ligne allemande, avec les soutiens, l’ancienne parallèle allemande. À ce moment, il occupera la ligne haie G, chemin des vaches (boyau en S), lisière est du bois 5.

  

 Dans la 2e phase,  il devra pousser plus en avant, à la corne nord-est du bois 8 – corne sud du bois 9 et du bois en hache. Le 158e R.I. doit flanquer le régiment.

 

L’attaque sera exécutée par les 1er et 3e bataillons du 149e R.I., les sections de mitrailleuses et la compagnie du génie 21/2 sont sous le commandement du lieutenant-colonel dont le P.C. est à la lisière sud-est du bois 6.

Le 2e bataillon assure,avec 3 compagnies et 2 sections de mitrailleuses, la garde du sous-secteur, la 4e compagnie constituant aux abris du bois 6 une réserve à la disposition du chef de corps.

Deux bataillons du 158e R.I. avec la compagnie du génie 21/3 sont en réserve de brigade. Le bataillon Courteilles du 143e R.I.T. a la garde de la ligne de repli.

L’attaque aura lieu par bataillons accolés, chaque bataillon ayant 2 compagnies en 1ère ligne et 2 compagnies accompagnées d’1 section de mitrailleuses qui sont en soutien. Le bataillon de droite (1er bataillon) agit en liaison étroite avec le corps de gauche de la 13e D.I. (21e B.C.P.), le bataillon de gauche (3e bataillon) se soudant avec la droite du 158e R.I..

 

Comment la troupe est-elle disposée ? 

 

Le 1er bataillon de droite place ses compagnies de 1ère ligne à la tranchée 7-5 et à la parallèle 7-5. Ses compagnies de soutien sont sur la place d’armes III et IV et dans le boyau allant en 1ère ligne.

Le 3e bataillon de gauche  place ses compagnies de 1ère ligne dans la parallèle 7-5 et la parallèle est du bois 5. Ses compagnies de soutien sont dans la tranchée à lisière est du bois 5 et sur les places d’armes I et II et dans le boyau allant en première ligne.

 

Toutes les troupes seront en place le 8 mai à 3 h 00.

 

               Mitrailleuse_149e_R

           

 

La troupe s’organise…

 

Chaque bataillon dispose de son équipe de grenadiers. Les compagnies sont à effectif maximum, les hommes sans sacs, la couverture et la toile de tente roulées autour du corps. Deux jours de vivres à l’intérieur, 250 cartouches qui sont réparties entre les cartouchières et la musette. Un outil portatif et un sac à terre vide sont accrochés au ceinturon. Les unités sont réparties par moitié en tireurs et en travailleurs. Les tireurs n’ont que leur fusil et une grenade anglaise dans la poche, appareil Filloux au bout du fusil. Les travailleurs ont le fusil en bandoulière, 2 grenades à main, 1 outil de parc, 2 sacs à terre vides, 1 échelle légère pour 4, 1 piquet pour 5 hommes, des hérissons et 20 kg de fil barbelé ou réseau brun roulé autour du corps. Chaque compagnie dispose de 20 fusées éclairantes, quelques fusées à signaux et les cisailles. Les bidons seront remplis de vin, de café ou d’eau, ceux des sous-officiers d’eau de vie. La calotte d’acier est placée dans le képi. Chaque bataillon d’infanterie a, avec lui, une section du génie qui est munie d’outils de parc et de cisailles, de grenades à main et de sacs à terre. Les grenadiers ont 10 grenades dans la musette, 4 sacs à terre, le pistolet automatique ou le fusil en bandoulière. Tout le matériel nécessaire est préparé à l’avance dans les petits dépôts de tranchées. Les troupes d’attaque les prendront au passage. Le 1er bataillon à ses dépôts aux bois 7 et 8, le 3e bataillon au bois 6 et 5. Les troupes d’attaque ne doivent pas avoir sur elles de documents confidentiels, ni objets étrangers d’aucunesorte.Les havresacs sont rassemblés par compagnie. Ils sont laissés dans un local du cantonnement sous la surveillance des cuisiniers (Aix-Noulette) et de la C.H.R. (Petit-Sains). Chaque homme est muni, soit d’un mouchoir propre et de ouate ou coton, imbibé à  l’avance d’Hyposulfite ou d’eau de chaux, pris dans les postes de secours, soit de masques et de dispositifs spéciaux qui pourront être distribués.

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade : série 26 N 520/10.

Pour en savoir plus :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris 1939.

« Lorette. Une bataille de 12 mois » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie. Paris 1919.

«  Les campagnes de 1915 »  du général Malleterre. Éditions librairie Militaire Berger-Levrault.1918.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à J. Huret, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

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03 mai 2011

9 mai 1915 (suite). Le ciel du pauvre biffin n'est jamais bleu...

                 journee_du_9_mai_1915

                                     legende_carte_9_mai_1915

L’offensive se déclenche…

 

Le ciel est clair, peu avant 10 h 00, débute l’attaque que doivent mener les 1ère et 3e compagnies. Franchissant le parapet, elles sortent des tranchées des bois 7 et 8. Cette attaque est soutenue par les 2e et 4e compagnies qui sont en arrière. Les éléments proches du 149e R.I. qui  appartiennent à la 13e D.I. ne parviennent pas à progresser en même temps qu’elles. Ces compagnies ont été prises d’enfilade par un barrage d’artillerie très violent et par le feu d’une section de mitrailleuses allemandes qui sont installées à la borne nord-est du bois. La progression se retrouve enrayée un moment de ce côté.

Vers la gauche, le 3e bataillon sort en même temps de la parallèle 5-7 du bois 5 et se porte à l’attaque du chemin des Vaches, de la haie IV et de la sape en Y. Il l’occupe, d’un seul bond malgré le feu terrible d’artillerie lourde allemande. L’artillerie française  tarde un peu à allonger son tir. Les éléments de la 13e D.I. font une avancée nouvelle…

 

10 H 30 : Le 1er bataillon subit de fortes pertes. Le capitaine Prunier, le sous-lieutenant Letourney, l’adjudant de bataillon Gabarre sont blessés. La compagnie de droite du 2e bataillon (5e compagnie) est poussée jusqu’au chemin des Vaches pour appuyer le 1er bataillon.

10 H 45 : Sous la poussée de cette compagnie et probablement en raison des quelques progrès de la 13e D.I., cette droite parvient à atteindre la sape I et la parallèle nord, pendant que les compagnies du centre remontent la haie II et le boyau partant de la haie G.

Le 3e bataillon quant à lui, progresse dans la haie 3 et les sapes T2 et T3.

11 h 20 : Toute la ligne d’attaque occupe l’ancienne 1ère ligne allemande. Elle va du point V à la sape T3. Le 3e bataillon en arrivant à l’angle formé par la sape T3 et cette ancienne 1ère ligne allemande est pris d’enfilade par un barrage d’artillerie lourde et par une section de mitrailleuses placée vers le point h2. En quelques minutes, le capitaine Panchaud qui commande le 3e bataillon, son adjudant de bataillon et un certain nombre de sous-officiers et d’hommes de troupe de la compagnie de gauche sont fauchés. Un ordre est donné au peloton de réserve du bois 6 de se porter à la lisière est du bois 5 pour renforcer le 3e bataillon. Des renforts allemands importants sont signalés au bois Carré.

12 h 30 : Arrivée du sous-lieutenant Jauffret du 3e bataillon qui rend compte de la mort du capitaine Gruneissen. Il signale également  la blessure du lieutenant Wichard. Il fait savoir l’état des pertes qui sont considérables. Le bataillon est pris d’enfilade à la sape T3 par les Allemands du bois 10 et de la tranchée intermédiaire h1 h2.

12 h 45 : Le capitaine Gérardin de la compagnie de mitrailleuses doit prendre le commandement de ce bataillon. Il doit  remettre de l’ordre dans les unités et organiser solidement les tranchées conquises.

13 h 20 : Un reçu provenant du commandant  du 1er bataillon fait avis que l’ancienne tranchée de 1ère ligne allemande est tenue solidement. Il fait savoir qu’il est en liaison avec des sections du 21e B.C.P. vers la parallèle Bruckert. Mais il n’a aucune autre nouvelle de la 13e D.I. et il n’est pas fixé sur ce qui se passe sur sa droite.

13 h 40 : Le commandant Bichat rend compte par téléphone qu’il est en liaison à sa droite avec 1 ½  du 21e B.C.P. mais que ceux-ci n’ont pas encore retrouvé la liaison avec la 13e D.I.. Il y a donc un trou sérieux à notre droite.

14 h 05 : Le commandant du 1er bataillon rend compte que les fractions qui avaient pu descendre dans le fond de Buval n’ont pu s’y maintenir, qu’il ne peut pour le moment que se fortifier dans les tranchées conquises. Le terrain est complètement bouleversé et les tranchées sont à refaire.

15 H 05 : Les Allemands tiennent encore T1 et T3.

15 h 30 : Le 149e R.I. stoppe son avance et s’organise sur sa position avant de se lancer dans une 2e attaque.

19 h 00 : La 2e phase de l’opération est reportée.

22 h 00 : La division transmet l’ordre aux unités engagées de s’organiser solidement sur les positions conquises.

 

Les pertes pour cette journée sont de 111 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 277 blessés et de 3 disparus.

 

 

                                        Tableau des tués pour la journée du 9 mai 1915 

 

                        Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 9 mai 1915

 

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

                 Graphique__des_tues_journee_du_9_mai_1915

           

 La compagnie hors rang (C.H.R.), les compagnies de mitrailleuses (C.M.) et le 2e bataillon (symbolisé par la couleur verte) ne sont pas vraiment exposés, il y a peu de tués et de blessés.  Il n’en est pas de même pour le  1er bataillon (couleur rouge) et  le 3e bataillon (couleur bleue) qui  lancent  l’attaque du 9 mai 1915. Les pertes  les plus importantes sont  au 1er bataillon.

 

                 Graphique__des_bless_s_journee_du_9_mai_1915

          

 

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série 26 N 520/10.

Historique du régiment « 149e Régiment d’infanterie » Epinal. Imprimerie Klein, 1919.

Pour en savoir plus :

« Les combats de Lorette » du Capitaine J.Joubert. Éditions Payot. Paris, 1939.

« Lorette. Une bataille de 12 mois » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie. Paris, 1919.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à  A. Carobbi, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

Posté par amphitrite33 à 17:38 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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09 mai 2011

Sous-lieutenant Gaston Thiriat (1893-1915).

                Montage_Gaston_Thiriat 

Natif de la Dordogne, Gaston Thiriat est né le 15 octobre 1893 dans la commune de Menesplet. Il est le fils d’Alphonse Thiriat et de Marie Demange. Ce jeune homme exerce la profession de typographe à Épinal avant de commencer sa carrière militaire. Engagé volontaire pour une durée de trois ans, il franchit les portes de la caserne Courcy les derniers jours du mois de septembre 1912. Il ne quittera plus le 149e R.I. jusqu’à la fin de sa courte vie. Parti en campagne le 2 août 1914 comme sergent, il est rapidement nommé adjudant, puis sous-lieutenant à titre temporaire le 30 novembre 1914. Gaston Thiriat ne portera les galons de ce grade que durant quelques mois, puisqu’il trouvera la mort au cours de l’attaque du 9 mai 1915 à la tête d’une section qui appartient à la 1ère compagnie.

 

Cité à l’ordre du régiment le 30 janvier 1915 :

« N’a pas hésité à sauter dans une tête de sape ennemie, occupée par un petit poste allemand et a ensuite travaillé toute la nuit sous le feu des bombes allemandes pour relier cette tête de sape à nos tranchées de 1ère ligne. »

 

Cité à l’ordre de l’armée le 7 février 1915 :

« A fait preuve de courage en enlevant une tête de sape allemande et en se maintenant sur le terrain conquis, malgré le feu très meurtrier de l’ennemi. »

 

Cité à l’ordre de la X e   Armée le 10 juin 1915 :

« Le 9 mai 1915, à entraîné brillamment sa section à l’attaque des pentes de Notre-Dame-de-Lorette, ayant escaladé le parapet d’une tranchée, à un point où se trouvait une mitrailleuse ennemie, a été tué alors qu’il déchargeait son révolver sur les servants de cette mitrailleuse. »

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Gaston Thiriat provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

Posté par amphitrite33 à 09:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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