29 mars 2011

La musique.

                   La_musique_du_149e_R         

Chaque régiment possède en plus de sa « clique » avec clairons et tambours, une musique essentiellement composée de cuivres. La musique se trouve sous l’autorité du chef de la musique. Sa fonction lui donne un rôle un peu atypique dans le régiment. Mais au fait, que s’y passe-t-il ?

 

Le chef de musique a la direction de la musique, du personnel et du matériel. Il est responsable de la discipline, de l’éducation militaire, de la tenue et de l’instruction technique des musiciens et du tambour-major. Il a tous les droits d’un commandant de compagnie. Il relève du colonel, de l’un des lieutenants-colonels et des chefs des détachements dont il fait partie. Il soumet au colonel, par l’intermédiaire du lieutenant-colonel, les consignes relatives au  service et à l’instruction de la musique.

Il a la direction technique de l’instruction des tambours et des clairons. Il doit son concours au médecin du corps chargé de donner aux musiciens, l’instruction des brancardiers. Il est placé, pour l’administration, sous les ordres du capitaine commandant la compagnie hors rang.

 

                   Tambours_et_clairons_ann_e_1908

    

  

La musique est rattachée à la compagnie hors rang, mais pour l’administration seulement. Le personnel de la musique comprend des élèves musiciens et des musiciens titulaires dont le nombre est fixé par les instructions ministérielles. Les uns et les autres peuvent être nommés à la 1ère classe dans les conditions fixées à l’article 135.

 

Article 135 : L’admission des soldats à la 1ère classe est prononcée par le colonel sur la proposition du capitaine et l’avis du chef de bataillon. Leur nombre ne peut dépasser deux par escouade. Les soldats de 1ère classe sont choisis parmi les soldats de 2e classe ayant au moins quatre mois de service et qui méritent cette distinction par leur vigueur, leur conduite et leur instruction militaire. Des nominations peuvent être faites, à titre exceptionnel, avant quatre mois de service, pour récompenser un acte de courage et de dévouement. Les soldats de 1ère classe non punis sont exempts, sauf nécessité, des corvées intérieures de la compagnie.

 

 Le nombre des nominations ainsi faites ne devra pas dépasser huit pour l’ensemble de la musique.

Les élèves musiciens sont désignés par le colonel sur la proposition du chef de musique transmise avec avis de leurs chefs hiérarchiques. Ils sont choisis parmi les soldats possédant l’aptitude voulue, qui ont au moins quatre mois de service et ne sont pas élèves caporaux.

Les élèves musiciens ne peuvent être nommés titulaires que lorsqu’ils ont dix mois de services. Toutefois, des nominations avant ce délai peuvent être autorisées, à titre exceptionnel, par le général de brigade.

 

La musique forme quatre escouades, commandées chacune par le plus ancien musicien de 1ère classe de l’escouade. Chaque chef d’escouade assure, à tour de rôle, l’exécution du service de semaine, y compris les appels. La surveillance de l’ensemble du service intérieur est répartie par le chef de musique entre le sous-chef de musique et le tambour-major.

 

Les musiciens prennent part aux marches et aux manœuvres dans les conditions fixées par le colonel. Ils reçoivent, sous la direction des médecins, l’instruction relative à l’emploi de brancardier. Le chef et le sous-chef de musique secondent les médecins dans cette instruction.

Les élèves musiciens font leurs tirs et assistent aux exercices importants soit avec leur compagnie, soit avec la musique, suivant les ordres donnés par le colonel.

 

                    La_musique_du_149e_R

    

 

Le tambour-major, secondé par les caporaux tambours et clairons, donne, aux heures fixées par le colonel, l’instruction aux tambours et clairons du régiment. Cette instruction est placée sous la surveillance d’un officier désigné par le colonel et sous la direction technique du chef de musique. Il veille au bon entretien des instruments et signale les réparations et remplacements nécessaires. Il est rattaché à la musique pour l’exécution du service intérieur. En cas de détachement, il reste avec le colonel.

 

Sources :

Texte extrait du livre « Service intérieur des corps de troupe d’infanterie » volume arrêté à la date du 25 août 1913. Éditions Henri Charles Lavauzelle 1913.

La photo des tambours et des clairons provient de l’album photo du 149e R.I. de l’année 1908.

 

Pour en savoir plus : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5782482r/f7.pagination

 

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à A. Carobbi et à J. Huret. 

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05 avril 2011

Soldat André Leblanc (1879-1915).

                  Andre_LEBLANC        

André Ernest Leblanc est né le 4 novembre 1879, à Bray-sur-Seine (Seine-et-Marne). Il est le fils de Joseph Leblanc et d’Alice Martinet. Avant la guerre, il exerce la profession d’agent d’affaires à Paris.

Mobilisé au 34e R.I.T., il est versé au 149e R.I., le 1er octobre 1914.

Soldat à la 10e compagnie, il tombe au champ d’honneur, le 4 mars 1915, à Aix-Noulette. Il est inhumé par ses camarades dans le boyau où il était tombé. Il repose définitivement depuis le 15 juin 1922, dans le cimetière communal de Bray-sur-Seine.

 

Décoré de la Médaille militaire, le 15 novembre 1915 :

« Brave soldat, ayant toujours accompli vaillamment son devoir. Mort pour la France, le 4 mars 1915, à Noulette.» Croix de guerre avec étoile de bronze. 

 

Source :

« Livre d’or des anciens élèves du lycée de Sens » de Paul Schaumann. Éditions : Sens, société générale d’imprimerie et d’édition. 1925.

 

Un grand merci à Thierry Cornet. 

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12 avril 2011

Commune de Saint-Nabord (88).

                  Saint_Nabord_001       

Cinq Navoiriauds du 149e R.I. sont inscrits sur le monument aux morts de la commune de Saint-Nabord.

Sergent Léon Émile Couval (1888-1915).

Léon Couval est né le 29 novembre 1888 à Saint-Nabord (Vosges). Fils de Jules Couval et de Marie Amélie Durupt. Il se marie le 23 novembre 1912 à Saint-Nabord avec Anne Catherine Mergy. Avant la guerre, il est tourneur sur bois. Léon Couval sert dans la 5e compagnie du 149e R.I. lorsqu’il trouve la mort le 29 septembre 1915 dans le secteur d’Aix-Noulette. Pas de sépulture connue.

  

Soldat Émile Creusot (1884-1914).

Émile Creusot est né le 22 juillet 1884 à Ruaux (Vosges). Fils de Charles Creusot et de Joséphine Rouillon. Il est célibataire et exerce la profession d’ouvrier typographe. Soldat servant dans la 7e compagnie, il décède le 25/26 août 1914 dans le secteur de Xaffévillers. Il repose dans la Nécropole Française de Rambervillers, sépulture n° 645.

 

Adjudant Jules Félicien Grandgirard (1875-1914).

Jules Grandgirard est né à La Longine (Haute-Saône). Fils de Jean Baptiste Grandgirard et de Delphine Ducharnois. Il est adjudant à la 3e compagnie du 149e R.I., lorsqu’il  est tué le 1er novembre 1914 dans le secteur de Bouvigny à l’âge de 41 ans.

Il repose dans le carré militaire du cimetière de Bouvigny-Boyeffles, sépulture n° 12.

 

Médaille militaire :

« Sous-officier d’une très grande valeur militaire. A fait preuve, le 8 octobre 1914, des plus brillantes qualités en entraînant sa section et en la maintenant malgré un feu très violent de l’ennemi, permettant ainsi aux fractions voisines de progresser et de s’emparer d’une position importante. »

 

Soldat Joseph Théophile Lemarquis (1892-1914).

Joseph Lemarquis est né le 16 mai 1892 à Dommartin-lès-Remiremont. Fils de Joseph et de Marie Célestine Aubry. Il était célibataire et travaillait comme employé des chemins de fer.  Il servait dans la 7e compagnie du 149e R.I. lorsqu’il est tué dans les combats de Souain (Marne) le 14 septembre 1914.

Il repose dans la Nécropole Nationale de la « Crouée » dans la commune de Souain-Perthe-les-Hurlus, tombe n° 90.

 

Soldat Auguste Joseph Py (1876-1915).

Auguste Py est né le 17 mars 1876 à La Rosière (70). Fils de Cyrille et d’Hortense Py. Soldat venant du 43e R.I.T., il passe à la 11e compagnie du 149e R.I., quelque temps avant de se faire tuer le 20 juillet 1915 dans le secteur d’Aix-Noulette. Il repose dans la Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette, tombe n° 17944.

 

 Source :

« Les soldats Navoiriauds pendant la première guerre mondiale ». Collection Découvrir Saint-Nabord, livre n° 1. Société d’histoire de Saint-Nabord. Novembre 2009.

 

Un grand merci à Gilbert Noël et à la mairie de Saint-Nabord . 

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20 avril 2011

Sergent Joseph Dechanet (1890-1915).

             Joseph_Dechanet        

Je viens ici remercier Y. Marain, petit-neveu de Joseph Dechanet et le directeur de publication des « Cahiers haut-marnais » pour leurs autorisations de reproduire sur le blog du 149e R.I., les lettres écrites par le sergent Joseph Dechanet. Ces lettres furent l’objet d’une première publication dans un ancien numéro des cahiers haut-marnais, cahiers édités par les archives départementales de la Haute-Marne.

Les lettres de Joseph Dechanet qui vont pouvoir être lues ici ont toutes été adressées à son frère. Elles sont malheureusement peu nombreuses. L’ensemble de cette correspondance couvre une courte période allant de novembre 1914 à juin 1915.

Originaire de Courcelles-sur-Aujon, Joseph Dechanet est né le 16 janvier 1890. Ses parents exercent la profession de cultivateurs. Il effectue ses études au petit séminaire de Langres puis au lycée de Chaumont, en première et classe de baccalauréat. En décembre 1909, il est nommé surnuméraire à l’enregistrement des domaines et du timbre. Après quelques mois de stage, il part effectuer son service militaire. Libéré de ses obligations militaires en octobre 1913, il est nommé receveur de l’Enregistrement dans les Basses-Alpes et doit prendre son service le 16 mai 1914, après avoir quitté son poste provisoire d’Auberive. Mobilisé en août 1914, il est incorporé au 149e R.I., et vite promu dans le grade de sergent. Ainsi, brusquement arraché à sa jeune carrière professionnelle, il est un de ceux qui va être surpris par l’ampleur de la guerre, surtout par les formes nouvelles qu’elle adopte. Comme tous ses camarades, c’est dans un cadre inattendu, imprévisible qu’il  va vivre l’expérience des tranchées.

Un des traits dominants de ces dernières lettres, c’est l’étonnement de survivre, alors que tant d’hommes ont disparu dans les furieux combats de 1914. Blessé le 17 juin 1915, il est évacué à l’ambulance de Sains-en-Gohelle. La mort qu’il appelait parfois, comme pour se délivrer des souffrances endurées, finit par l’emporter dans son giron, le 24 juin 1915 à Sains-en-Gohelle. Le sergent Joseph Dechanet, de la 11e compagnie, repose dans le carré militaire du cimetière de la commune de Sains-en-Gohelle dans le Pas-de-Calais.

 

Premières lettres…

 

20 novembre 1914

Nous sommes dans la froide terre de Belgique. Nous vivons dans les tranchées, immobiles pendant une semaine entière parfois, sous la pluie, la neige, dans la boue, attendant l’attaque prussienne et recevant une grêle d’énormes obus, du matin au soir. Puis, fusillades, assauts, cris… Et l’on fusille comme des lapins et cela tombe. J’en ai descendu pour ma part ! Brutes que nous sommes ! Brutes courageuses, il est vrai. Enfin, il le faut.

Mais voici que l’hiver a commencé par ici. La terre dure ; la neige couvre déjà le sol. Les pieds gèlent. Comment passer l’hiver, dans l’immobilité la plupart du temps ? C’est impossible. Si les balles et les obus ne nous tuent pas bientôt, le froid s’en chargera.

 

4 décembre 1914

Quand cela finira-t-il ? Il n’est pas permis d’entrevoir, même au lointain, l’aurore de la paix, et chaque jour la mort fauche parmi nous… La journée la plus calme coûte à chaque compagnie sept ou huit hommes. Chaque bataille fait une terrible hécatombe : que de vides quand le soir on se compte ! Et la compagnie affaiblie, décimée, est reformée, une fois, deux fois, dix fois. Rares, combien rares sont ceux qui ont vu sans dommage tous les combats ! Et quand nous songeons à ce qui nous reste à faire, que veux-tu que nous disions en manière de conclusion ? Que nous n’avons guère d’espoir de goûter, à nouveau, un jour à la vie.

 

24 décembre 1914

Pour moi, je suis en ce moment commandant d’une section de réserve de 30 hommes. Dès qu’il y aura des vides devant nous, nous irons reprendre notre place. Je n’ai d’ailleurs manqué jusqu’à présent à aucune bataille. Comment peut-on passer ainsi pendant des mois à travers les mailles du filet ? C’est incroyable ! Là-bas, le canon français gronde sourdement. La fusillade crépite de temps en temps, les mitrailleuses crachent à grande vitesse. Un de ces jours, nous allons reprendre notre place là-bas. Il faudra bien en effet que les Allemands se décident à s’en aller. Pour cela nous ferons ce qu’il faudra. Et ce qu’il faut, c’est bondir sur les tranchées, au milieu des balles… Mais il faut en finir. Cela sera sanglant, tant pis. Un jour, nous les tiendrons. En tout cas, jamais nous n’avons reculé, nous autres  du  149e. Si un jour nous rentrons chez eux, malheur à eux. Ils paieront dur ce qu’ils font souffrir à la France et à la Belgique. Puissions-nous voir cela !!

En attendant, c’est demain Noël. Triste Noël ! Comme nous pensons aux nôtres, au foyer, aux parents, aux amis, aux fêtes de famille, aux joies envolées ! Heureusement, nous songeons que là-bas aussi on pense à nous. Nous faisons notre devoir et cela nous soutient. Le danger ne nous fait plus peur, nous en avons déjà tant vu !

 

Source :

« Les cahiers Haut-Marnais ». Cahiers édités par les archives départementales de la Haute-Marne. Cote 7 rev 168.

 

Un grand merci à M. Alzingre, à M. Bordes, à J.N. Deprez, à Y. Marain, à F. Petrazoller et au Conseil départemental de la Haute-Marne. 

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30 avril 2011

9 mai 1915. Préparatifs...

                Moment_de_detente       

La 2e bataille d’Artois dont le rôle principal incombe à la Xe armée doit être déclenchée simultanément par les 9e, 10e, 17e, 20e, 21e, et 33e C.A..

Le plan de cette bataille a été préparé longtemps à l’avance et à même été plusieurs fois modifié.

Depuis le 5 mai 1915, les préparatifs d’attaque se mettent en place dans le secteur de Lorette, L’offensive débute le 9 mai…

 

Le 21e C.A. a pour objectif de refouler définitivement les Allemands des hauteurs de Lorette. L’idée étant de faire une trouée dans la ligne adverse, en vue d’une offensive générale dans la direction Souchez-Angres.

 

Intéressons-nous plus particulièrement à ce qui se passe pour le 149e R.I..

 

Le 149e R.I., régiment de droite de la 43e D.I., doitparticiper activement à cette attaque. Il est en liaison avec le régiment de gauche de la 13e D.I. et au nord avec le 158e R.I..

Dans un premier temps, le 149e R.I. doit entreprendre une attaque brusquée et violente. Cette attaque est préparée par une accumulation intense de feux d’artillerie. Il doit s’emparer de l’ensemble des défenses organisées par l’ennemi depuis la sape 1 incluse jusqu’à la sape T3 incluse.

 

À la fin de la 1ère phase de l’attaque, le 149e R.I. devra avoir atteint les objectifs suivants :

1er bataillon : le point Delta.

3e bataillon : la tranchée en Y, la sape T3, la tranchée allant vers l’est pour rejoindre le fond de Buval.

Le 2e bataillon du 149e R.I. devra suivre le mouvement des bataillons d’attaque dès que ceux-ci auront atteint, avec la 1ère ligne, l’ancienne 1ère ligne allemande, avec les soutiens, l’ancienne parallèle allemande. À ce moment, il occupera la ligne haie G, chemin des vaches (boyau en S), lisière est du bois 5.

  

 Dans la 2e phase,  il devra pousser plus en avant, à la corne nord-est du bois 8 – corne sud du bois 9 et du bois en hache. Le 158e R.I. doit flanquer le régiment.

 

L’attaque sera exécutée par les 1er et 3e bataillons du 149e R.I., les sections de mitrailleuses et la compagnie du génie 21/2 sont sous le commandement du lieutenant-colonel dont le P.C. est à la lisière sud-est du bois 6.

Le 2e bataillon assure,avec 3 compagnies et 2 sections de mitrailleuses, la garde du sous-secteur, la 4e compagnie constituant aux abris du bois 6 une réserve à la disposition du chef de corps.

Deux bataillons du 158e R.I. avec la compagnie du génie 21/3 sont en réserve de brigade. Le bataillon Courteilles du 143e R.I.T. a la garde de la ligne de repli.

L’attaque aura lieu par bataillons accolés, chaque bataillon ayant 2 compagnies en 1ère ligne et 2 compagnies accompagnées d’1 section de mitrailleuses qui sont en soutien. Le bataillon de droite (1er bataillon) agit en liaison étroite avec le corps de gauche de la 13e D.I. (21e B.C.P.), le bataillon de gauche (3e bataillon) se soudant avec la droite du 158e R.I..

 

Comment la troupe est-elle disposée ? 

 

Le 1er bataillon de droite place ses compagnies de 1ère ligne à la tranchée 7-5 et à la parallèle 7-5. Ses compagnies de soutien sont sur la place d’armes III et IV et dans le boyau allant en 1ère ligne.

Le 3e bataillon de gauche  place ses compagnies de 1ère ligne dans la parallèle 7-5 et la parallèle est du bois 5. Ses compagnies de soutien sont dans la tranchée à lisière est du bois 5 et sur les places d’armes I et II et dans le boyau allant en première ligne.

 

Toutes les troupes seront en place le 8 mai à 3 h 00.

 

               Mitrailleuse_149e_R

           

 

La troupe s’organise…

 

Chaque bataillon dispose de son équipe de grenadiers. Les compagnies sont à effectif maximum, les hommes sans sacs, la couverture et la toile de tente roulées autour du corps. Deux jours de vivres à l’intérieur, 250 cartouches qui sont réparties entre les cartouchières et la musette. Un outil portatif et un sac à terre vide sont accrochés au ceinturon. Les unités sont réparties par moitié en tireurs et en travailleurs. Les tireurs n’ont que leur fusil et une grenade anglaise dans la poche, appareil Filloux au bout du fusil. Les travailleurs ont le fusil en bandoulière, 2 grenades à main, 1 outil de parc, 2 sacs à terre vides, 1 échelle légère pour 4, 1 piquet pour 5 hommes, des hérissons et 20 kg de fil barbelé ou réseau brun roulé autour du corps. Chaque compagnie dispose de 20 fusées éclairantes, quelques fusées à signaux et les cisailles. Les bidons seront remplis de vin, de café ou d’eau, ceux des sous-officiers d’eau de vie. La calotte d’acier est placée dans le képi. Chaque bataillon d’infanterie a, avec lui, une section du génie qui est munie d’outils de parc et de cisailles, de grenades à main et de sacs à terre. Les grenadiers ont 10 grenades dans la musette, 4 sacs à terre, le pistolet automatique ou le fusil en bandoulière. Tout le matériel nécessaire est préparé à l’avance dans les petits dépôts de tranchées. Les troupes d’attaque les prendront au passage. Le 1er bataillon à ses dépôts aux bois 7 et 8, le 3e bataillon au bois 6 et 5. Les troupes d’attaque ne doivent pas avoir sur elles de documents confidentiels, ni objets étrangers d’aucunesorte.Les havresacs sont rassemblés par compagnie. Ils sont laissés dans un local du cantonnement sous la surveillance des cuisiniers (Aix-Noulette) et de la C.H.R. (Petit-Sains). Chaque homme est muni, soit d’un mouchoir propre et de ouate ou coton, imbibé à  l’avance d’Hyposulfite ou d’eau de chaux, pris dans les postes de secours, soit de masques et de dispositifs spéciaux qui pourront être distribués.

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade : série 26 N 520/10.

Pour en savoir plus :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris 1939.

« Lorette. Une bataille de 12 mois » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie. Paris 1919.

«  Les campagnes de 1915 »  du général Malleterre. Éditions librairie Militaire Berger-Levrault.1918.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à J. Huret, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

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03 mai 2011

9 mai 1915 (suite). Le ciel du pauvre biffin n'est jamais bleu...

                 journee_du_9_mai_1915

                                     legende_carte_9_mai_1915

L’offensive se déclenche…

 

Le ciel est clair, peu avant 10 h 00, débute l’attaque que doivent mener les 1ère et 3e compagnies. Franchissant le parapet, elles sortent des tranchées des bois 7 et 8. Cette attaque est soutenue par les 2e et 4e compagnies qui sont en arrière. Les éléments proches du 149e R.I. qui  appartiennent à la 13e D.I. ne parviennent pas à progresser en même temps qu’elles. Ces compagnies ont été prises d’enfilade par un barrage d’artillerie très violent et par le feu d’une section de mitrailleuses allemandes qui sont installées à la borne nord-est du bois. La progression se retrouve enrayée un moment de ce côté.

Vers la gauche, le 3e bataillon sort en même temps de la parallèle 5-7 du bois 5 et se porte à l’attaque du chemin des Vaches, de la haie IV et de la sape en Y. Il l’occupe, d’un seul bond malgré le feu terrible d’artillerie lourde allemande. L’artillerie française  tarde un peu à allonger son tir. Les éléments de la 13e D.I. font une avancée nouvelle…

 

10 H 30 : Le 1er bataillon subit de fortes pertes. Le capitaine Prunier, le sous-lieutenant Letourney, l’adjudant de bataillon Gabarre sont blessés. La compagnie de droite du 2e bataillon (5e compagnie) est poussée jusqu’au chemin des Vaches pour appuyer le 1er bataillon.

10 H 45 : Sous la poussée de cette compagnie et probablement en raison des quelques progrès de la 13e D.I., cette droite parvient à atteindre la sape I et la parallèle nord, pendant que les compagnies du centre remontent la haie II et le boyau partant de la haie G.

Le 3e bataillon quant à lui, progresse dans la haie 3 et les sapes T2 et T3.

11 h 20 : Toute la ligne d’attaque occupe l’ancienne 1ère ligne allemande. Elle va du point V à la sape T3. Le 3e bataillon en arrivant à l’angle formé par la sape T3 et cette ancienne 1ère ligne allemande est pris d’enfilade par un barrage d’artillerie lourde et par une section de mitrailleuses placée vers le point h2. En quelques minutes, le capitaine Panchaud qui commande le 3e bataillon, son adjudant de bataillon et un certain nombre de sous-officiers et d’hommes de troupe de la compagnie de gauche sont fauchés. Un ordre est donné au peloton de réserve du bois 6 de se porter à la lisière est du bois 5 pour renforcer le 3e bataillon. Des renforts allemands importants sont signalés au bois Carré.

12 h 30 : Arrivée du sous-lieutenant Jauffret du 3e bataillon qui rend compte de la mort du capitaine Gruneissen. Il signale également  la blessure du lieutenant Wichard. Il fait savoir l’état des pertes qui sont considérables. Le bataillon est pris d’enfilade à la sape T3 par les Allemands du bois 10 et de la tranchée intermédiaire h1 h2.

12 h 45 : Le capitaine Gérardin de la compagnie de mitrailleuses doit prendre le commandement de ce bataillon. Il doit  remettre de l’ordre dans les unités et organiser solidement les tranchées conquises.

13 h 20 : Un reçu provenant du commandant  du 1er bataillon fait avis que l’ancienne tranchée de 1ère ligne allemande est tenue solidement. Il fait savoir qu’il est en liaison avec des sections du 21e B.C.P. vers la parallèle Bruckert. Mais il n’a aucune autre nouvelle de la 13e D.I. et il n’est pas fixé sur ce qui se passe sur sa droite.

13 h 40 : Le commandant Bichat rend compte par téléphone qu’il est en liaison à sa droite avec 1 ½  du 21e B.C.P. mais que ceux-ci n’ont pas encore retrouvé la liaison avec la 13e D.I.. Il y a donc un trou sérieux à notre droite.

14 h 05 : Le commandant du 1er bataillon rend compte que les fractions qui avaient pu descendre dans le fond de Buval n’ont pu s’y maintenir, qu’il ne peut pour le moment que se fortifier dans les tranchées conquises. Le terrain est complètement bouleversé et les tranchées sont à refaire.

15 H 05 : Les Allemands tiennent encore T1 et T3.

15 h 30 : Le 149e R.I. stoppe son avance et s’organise sur sa position avant de se lancer dans une 2e attaque.

19 h 00 : La 2e phase de l’opération est reportée.

22 h 00 : La division transmet l’ordre aux unités engagées de s’organiser solidement sur les positions conquises.

 

Les pertes pour cette journée sont de 111 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 277 blessés et de 3 disparus.

 

 

                                        Tableau des tués pour la journée du 9 mai 1915 

 

                        Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 9 mai 1915

 

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

                 Graphique__des_tues_journee_du_9_mai_1915

           

 La compagnie hors rang (C.H.R.), les compagnies de mitrailleuses (C.M.) et le 2e bataillon (symbolisé par la couleur verte) ne sont pas vraiment exposés, il y a peu de tués et de blessés.  Il n’en est pas de même pour le  1er bataillon (couleur rouge) et  le 3e bataillon (couleur bleue) qui  lancent  l’attaque du 9 mai 1915. Les pertes  les plus importantes sont  au 1er bataillon.

 

                 Graphique__des_bless_s_journee_du_9_mai_1915

          

 

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série 26 N 520/10.

Historique du régiment « 149e Régiment d’infanterie » Epinal. Imprimerie Klein, 1919.

Pour en savoir plus :

« Les combats de Lorette » du Capitaine J.Joubert. Éditions Payot. Paris, 1939.

« Lorette. Une bataille de 12 mois » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie. Paris, 1919.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à  A. Carobbi, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

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09 mai 2011

Sous-lieutenant Gaston Thiriat (1893-1915).

                Montage_Gaston_Thiriat 

Natif de la Dordogne, Gaston Thiriat est né le 15 octobre 1893 dans la commune de Menesplet. Il est le fils d’Alphonse Thiriat et de Marie Demange. Ce jeune homme exerce la profession de typographe à Épinal avant de commencer sa carrière militaire. Engagé volontaire pour une durée de trois ans, il franchit les portes de la caserne Courcy les derniers jours du mois de septembre 1912. Il ne quittera plus le 149e R.I. jusqu’à la fin de sa courte vie. Parti en campagne le 2 août 1914 comme sergent, il est rapidement nommé adjudant, puis sous-lieutenant à titre temporaire le 30 novembre 1914. Gaston Thiriat ne portera les galons de ce grade que durant quelques mois, puisqu’il trouvera la mort au cours de l’attaque du 9 mai 1915 à la tête d’une section qui appartient à la 1ère compagnie.

 

Cité à l’ordre du régiment le 30 janvier 1915 :

« N’a pas hésité à sauter dans une tête de sape ennemie, occupée par un petit poste allemand et a ensuite travaillé toute la nuit sous le feu des bombes allemandes pour relier cette tête de sape à nos tranchées de 1ère ligne. »

 

Cité à l’ordre de l’armée le 7 février 1915 :

« A fait preuve de courage en enlevant une tête de sape allemande et en se maintenant sur le terrain conquis, malgré le feu très meurtrier de l’ennemi. »

 

Cité à l’ordre de la X e   Armée le 10 juin 1915 :

« Le 9 mai 1915, à entraîné brillamment sa section à l’attaque des pentes de Notre-Dame-de-Lorette, ayant escaladé le parapet d’une tranchée, à un point où se trouvait une mitrailleuse ennemie, a été tué alors qu’il déchargeait son révolver sur les servants de cette mitrailleuse. »

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Gaston Thiriat provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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17 mai 2011

Printemps 1915, du courrier en partance pour le Manitoba.

                  Corinne_et_Lucien_Kern

De nouveau je viens remercier Suzanne Martel et toute sa famille pour leurs autorisations de publier ici de larges passages de deux lettres qui ont été écrites par Lucien Kern juste après les combats du 9 mai 1915 et des jours suivants.

 Extrait d’une lettre de Lucien Kern écrite le 15 mai 1915.

 

Ma chère bonne maman, chère sœur et beau-frère,

Je m’empresse de vous donner de mes nouvelles, sachant que si vous avez reçu ma dernière lettre vous devez être très inquiets. Je suis en bonne santé, mais fatigué et hébété par les terribles assauts livrés par nous depuis dimanche matin 9 mai à 10 h 00. Les  combats furent acharnés, continus et épouvantables… La bataille, vous ne pourrez jamais vous en faire une idée, il faut l’entendre et la voir, pour la comprendre. Après 6 jours de luttes terribles, sans sommeil, avec des attaques à la baïonnette sous un feu d’artillerie et de mitrailleuses intense, nous avons subi beaucoup de pertes, c’est forcé. Pauvres soldats tués, massacrés par les obus. Quelle boucherie et quelle horreur sans nom.

La bataille a commencé dimanche à 10 h 00… Il faut assister à des tueries, foncer sur l’ennemi sous le feu. Il faut se cacher, se terrer comme des taupes dans des trous pratiqués dans la terre. Il faut se protéger contre les gros obus qui ne cessent de tomber avec un fracas assourdissant, tuant et blessant…

 Pendant le bombardement, nous restons terrés. Défense de sortir et malheur à celui qui sort, car les obus ne pardonnent pas. Nous les entendons venir en sifflant, nous nous serrons contre le talus…

Depuis dimanche matin jusqu’à vendredi soir, nous avons fait 4500 prisonniers, pris 12 canons, 50 mitrailleuses et d’autres butins. Les Allemands fichaient le camp à notre approche. Après des bombardements pareils, nous devenions presque fous, toc, toc. Si vous voyiez et entendiez cela, ma bonne maman, c’est horrible…

Avant-hier, j’étais dans une petite cachette en terre, creusée sous un hêtre. Un gros obus vint tomber sur elle avec un bruit terrible, me soulevant et me jetant à terre violemment, par le déplacement d’air. Je fus assourdi, couvert de terre sous des débris de bois. Ah ! J’eus peur, car à ce moment-là, l’on ne rit pas du tout…

Votre fils et votre frère qui pense constamment à vous,

Lucien Kern.

 

Extrait d’une lettre de Lucien Kern écrite le 5 juin 1915.

 

Chers sœurs et beaux-frères,

C’est avec plaisir que j’ai reçu votre lettre, datée du 13 mai. Je suis heureux de constater que tout va bien là-bas. Je suis en bonne santé quoique fatigué par les durs combats que nous avons livrés du 9 au 15 mai…

Nous avons subi des pertes assez élevées, malheureusement. C’est dur et meurtrier, une charge à la baïonnette, contre un ennemi caché sous terre comme des taupes…

 C’est la guerre la plus fatigante et la plus déprimante qui n’ait jamais existé sur terre. C’est trop long et trop sanglant avec des armes pareilles. Les Allemands se servent de gaz asphyxiants…

 Il fait une terrible chaleur, pas de pluie, l’odeur est atroce, les morts sont horribles à regarder et nous voyons ceci à chaque pas, n’importe où, où nous tournons la tête. Ah ! L’appétit est loin. Dieu qu’ils sont vilains et affreux, et dire que l’on dort dessus, comme moi, l’autre jour, ou à côté. Il y a des endroits où les cadavres servent de parapets aux tranchées…

Je vous envoie aujourd’hui avec cette lettre un petit paquet contenant quelques souvenirs de guerre, que j’ai trouvés dans la tranchée conquise par nous le 9 mai. Il y a d’abord deux chapeaux ou parachutes qui servent à maintenir le plus longtemps possible les fusées éclairantes, la nuit. Elles sont en soie blanche. Ce sont des françaises que j’ai trouvées, échouées sur les tranchées. Ensuite, il ya un aigle impérial allemand que j’ai arraché sur un casque à pointe du 111e bataillon d’infanterie badois. Régiment que nous avons battu le 9 mai…

Je vous enverrai bientôt une bague en aluminium provenant d’une fusée percutante d’obus allemand. C’est moi qui l’ai faite avec l’aide d’un camarade.

 Bien le bonjour à toutes les personnes qui s’intéressent à moi. Je vous quitte en vous embrassant bien fort.

Votre frère qui vous aime,

Lucien Kern.

 

Référence bibliographique :

« Lettres de tranchées » correspondance de guerre de Lucien, Eugène et Aimé Kern, trois frères manitobains, soldats de l’armée française durant la Première Guerre. Éditions du blé. Saint-Boniface (Manitoba) Canada.2007.

 

Un très chaleureux  merci à Suzanne et Denise Martel et à Roselyne Duclos.

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24 mai 2011

Capitaine Pierre Grüneissen (1878-1915).

                  Pierre_Gruneissen

 Pierre Grüneissen est né le 16 septembre 1878 à Mantoche, commune se trouvant dans la Haute-Saône. Il est le fils de François Grüneissen et de Marguerite Blanchot. À sa naissance, son père exerçait la profession de cordonnier.

En octobre 1896, Pierre Grüneissen décide de signer un engagement volontaire pour une durée de 4 ans à la mairie de Besançon. Il  commence sa formation militaire comme simple soldat au 60e R.I. de Besançon. Poursuivant sa carrière, il signe plusieurs contrats d’engagement successifs, tout en restant au 60e R.I.. Nommé sous-lieutenant, en janvier 1911, il est muté au 149e R.I. à Épinal. Au début de la guerre, il est lieutenant à la 1ère compagnie. Pierre Grüneissen est  blessé le 25 août 1914 au combat de Mesnil. Après avoir été soigné, il rejoint son régiment qui est en Belgique au début du mois de novembre. À la fin de ce même mois, il est nommé capitaine à titre temporaire. Il trouvera la mort  à la tête de la 12e compagnie, lors de l’attaque du 9 mai 1915 à Aix-Noulette.

 

Citation à l’ordre de l’armée le 10 juin 1915.

« Dans l’attaque du 9 mai, a entraîné sa compagnie à l’assaut d’une position ennemie avec un courage et une énergie remarquables. Déjà blessé une première fois au cours de la campagne a été frappé mortellement au cours de cet assaut (J.O. du 31 juillet 1915).

 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du capitaine  Pierre Grüneissen provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l'illustration ».

La photo représentant une ruine sur le montage montre l’ancien « hôtel » des officiers du 3e bataillon du 149e R.I. avant l’attaque du 9 mai 1915. Elle a été réalisée en août 1915.

 

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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01 juin 2011

10 mai 1915.

                  Carte journée du 10 mai 1915

                                      Legende carte du 10 mai 1915

Note: « Les survivants »  des compagnies les plus exposées n’occupent qu’une partie du terrain conquis. Le tracé des tranchées sur la carte ne peut refléter qu'approximativement les positions en cours d'organisation dans une zone soumise aux tirs d'artillerie depuis la veille.

 La veille au soir, la 43e D.I. à reçu l’ordre de poursuivre son mouvement offensif. Pour le 149e R.I., l’attaque doit être menée par son 3e bataillon commandé par le capitaine Gérardin et son 1er bataillon qui est sous les ordres du commandant Bichat. Ce dernier bataillon doit être appuyé par le 31e B.C.P. qui est mis à sa disposition.

Le 2e bataillon du 149e R.I. (capitaine Prétet) est en réserve sur la ligne haie G, chemin des vaches, bois  5. Il se tient prêt à intervenir en cas de nécessité.

 Vers 4 h 30, les 1er et 3e bataillons sont violemment attaqués par tous les boyaux qui accèdent au plateau. Des bombes asphyxiantes, des grenades à main pleuvent derrière les barrages. Une mitrailleuse allemande se dévoile en face de la sape T1 et ouvre le feu. La première ligne française résiste malgré de nombreux blessés. Cependant, un léger fléchissement se produit devant cette sape, mais il est presque aussitôt rétabli… L’attaque est définitivement repoussée sur les coups de 5 h 00.

Les officiers essayent de mettre de l’ordre dans les unités, mais le terrain est tellement bouleversé et les débris de tranchées si encombrés de cadavres, qu’il est impossible de faire le moindre mouvement.

À 5 h 30, un ordre est donné, il faut à tout prix tenir le point V et la sape T1. Il faut également munir tous les hommes de masques et de tampons protecteurs.

L’occupation du point V est confiée au 31e B.C.P.. Le 1er bataillon doit réoccuper d’une façon complète la sape T1. Des barrages sont établis par le 3e bataillon, entre T1 et T2.

À 10 h 00, un ordre téléphonique est donné. Il faut pousser énergiquement l’attaque sur le plateau de Notre-Dame-de-Lorette et continuer, si possible, l’offensive sur le fond de Buval, le 149e R.I. à gauche, le 31e B.C.P. à droite.

Par suite d’une préparation d’artillerie insuffisante, toute tentative d’attaque en sortant de l’ancienne 1ère  ligne allemande pour descendre dans le vallon de Buval est stoppée immédiatement. Des rafales d’artillerie et le feu des mitrailleuses ennemies partent des tranchées adverses.

Deux compagnies du 1er B.C.P. sont mises à la disposition du 1er bataillon qui est fortement éprouvé.

En début d’après-midi, l’artillerie allemande se déchaîne. Une contre-attaque ennemie se déclenche sur tout le front. La première ligne résiste grâce à l’appui de l’artillerie. De nombreux blessés remplissent les tranchées et les boyaux. L’offensive française est stoppée.

L’ancienne tranchée allemande est tenue sur tout le front qui est compris entre le point V et la sape T3, sauf en face de la sape T1, où l’ennemi réussit à se maintenir. La liaison se fait par la parallèle nord.

À la droite du 149e R.I., la 13e D.I. ne parvient pas à avancer. Le 149e R.I. subit un bombardement très intense jusqu’à 19 h 00. Bombardement qui empêche toutes nouvelles progressions. Les troupes du sous-secteur de Noulette stationnent sur place. Elles profitent de la nuit pour se réorganiser. Les compagnies les plus éprouvées de la 1ère ligne sont relevées par celles du 1er B.C.P.. Le bataillon de 2e ligne stationne aux abris des bois 5, 6, 7 et haie G.

Les tranchées conquises sont améliorées. Le 3e bataillon du 149e R.I. organise la sape T3. Le 1er bataillon profite de la nuit pour refouler l’ennemi de la sape T1.

 

 

                                       Tableau des tués pour la journée du 10 mai 1915

 

                         Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 10 mai 1915

 

 

Les pertes pour cette journée sont de 78 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 151 blessés et de 3 disparus.

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

                  graphique des tues journée du 10 mai 1915

  

Les 3e et 4e compagnies subissent encore des pertes importantes. La 5e compagnie venue en soutien du 1er bataillon est également très éprouvée. Le nombre de tués et de blessés est moins élevé que pour la journée précédente.

 

                  Graphique des blesses journee du 10 mai 1915

  

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. de Vincennes ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série  26 N 520/10.

Historique du régiment « 149e Régiment d’infanterie » Epinal. Imprimerie Klein, 1919.

 

Un très grand merci à  M. Bordes, à A. Carobbi, à V. Le Calvez, à A. Chaupin, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à  l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

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