01 octobre 2010

Secteur sud-est d'Ypres, journée du 5 novembre 1914.

             Carte_journ_es_4_et_5_novembre_1914

                                 Legende_journee_du_5_novembre_1914__2e_bataillon_

             Composition_des_unit_s___journ_e_du_5_novembre_1914_PNG

 Avec 2e bataillon du 149e R.I. :

J.M.O. de la 33e brigade d’infanterie.

L’ordre d’opération pour le 16e C.A., pour le 5 novembre, porte sur la continuation de l’offensive dans les mêmes conditions qu’hier. Mais sous le bombardement terrible, il  est impossible de progresser pendant le jour. Le soir, 2 compagnies du 90e R.I. réussissent à occuper un groupe de maisons abandonnées, à 2 ou 300 m en avant du front.

 

J.M.O. du 53e régiment d’infanterie.

Une attaque doit être faite à l’autre bout du secteur. Elle sera donnée par une colonne composée. Les 2 bataillons du 53e R.I. sous les ordres du lieutenant-colonel Michel, bataillon Saisset et Lermigeaux qui ont pour objectif la lisière sud du parc d’Hollebeke.

7 h 30 : Le bataillon Saisset qui est resté à Oosthoek, se porte immédiatement vers Eikhof pour se placer face au château qu’il prendra comme direction de sa gauche. Les 5e et 6e compagnies du bataillon Lermigeaux suivent le bataillon Saisset en renfort, les 2 autres restent en renfort à la disposition du lieutenant-colonel qui installe son poste de commandement à Oosthoek. Le mouvement est bientôt arrêté par le feu d’artillerie, des mitrailleuses et de l’infanterie ennemie. La progression ne se poursuit qu’homme par homme et en construisant des tranchées successives.

15 h 10 : Le commandant de l’armée prescrit pour le soir même, l’enlèvement du château d’Hollebeke.

Le bataillon Saisset sortant des tranchées se portera à l’attaque de la corne ouest, en prenant comme direction de droite le Château. Le bataillon Lermigeaux laissant une compagnie (7e) en réserve à la disposition du lieutenant-colonel, se portera à l’attaque de la même corne en prenant comme direction de droite la corne ouest elle-même.

15 h 30 : Dès les premiers moments, le capitaine Lermigeaux tombe mortellement frappé. Un léger flottement se produit à ce moment.

Le lieutenant Laffiteau prend le commandement du bataillon, mais à la tombée de la nuit une erreur de direction fait passer le 2e bataillon à droite. L’ordre est vite rétabli et les compagnies de 1ère ligne arrivent aux tranchées de 1ère ligne du 10e B.C.P.. Les compagnies de 2e ligne se rapprochent et la charge est donnée. Toutes les compagnies s’élancent. Le bataillon Saisset arrive le premier à la lisière du bois. Il y pénètre rapidement et se trouve en présence d’une tranchée ou les occupants déposent les armes. À ce moment, le sous-lieutenant Raques avec sa section arrive jusqu’au château. Les hommes du bataillon s’arrêtent autour des prisonniers. Un mouvement maladroit d’un prisonnier fait croire à un guet-apens et une fusillade générale s’ensuit, occasionnant un sérieux désordre que les prisonniers mettent à profit pour s’échapper.

Un mouvement de recul du bataillon ramène tous les hommes en dehors du bois.

Un second assaut ne donne pas de meilleurs résultats. Le lieutenant-colonel demande au colonel commandant la brigade de lui donner 2 compagnies du 3e bataillon qui viennent d’arriver en réserve à la disposition du lieutenant-colonel, mais qu’il a arrêtées au passage. Les 2 compagnies ne sont pas accordées et le bataillon est obligé de reculer. Le sous-lieutenant Roques est obligé de revenir en arrière. Le bataillon Laffiteau arrive de son côté, mais il se heurte à des tranchées fortement occupées et ne peut pénétrer.


 

21 h 00 : La prise du bois et du château d’Hollebeke est chose manquée. Le colonel allait donner l’ordre de tenter une nouvelle attaque lorsqu’il reçoit lui-même l’ordre de rompre le combat.

Le 1er bataillon doit se retirer sur Saint-Eloi pour y occuper les emplacements que tenaient les compagnies du bataillon Marullas. Le 2e bataillon devant venir occuper les positions d’Oosthoek, le 3e retourne à Voormezelle.

 

 Du côté des Allemands :   

 

Historique du I.R. n° 171.

Le 5 novembre, toute activité est annulée par un brouillard dense. On attend en vain, la percée du soleil. Cela permet pour le moins de réorganiser les unités et de fortifier la position. Nous ravitaillons la troupe sans être vus de l’ennemi. Nous creusons des boyaux et nous rencontrons l’eau souterraine à faible profondeur. Un fléau qui nous créera encore beaucoup de soucis dans les semaines à venir. À 18 h 00 arrivent les ordres d’attaque. Le 2e bataillon creuse encore rapidement une tranchée spéciale pour y placer la musique régimentaire. Elle doit accompagner l’assaut du lendemain en jouant ses airs.

Historique du I.R. n° 172.

L’attaque prévue pour le 5 novembre est ajournée.

 

Historique du I.R. n° 126.

Jusqu’au soir du 5 novembre, il n’y a rien à signaler sur le front de la division. Tous les régiments ont amélioré les lignes atteintes. Ils poursuivent la reconnaissance des positions ennemies situées en général à la lisière sud des boqueteaux, de part et d’autre de la voie ferrée, à l’ouest de Camp, et se poursuivant dans la direction nord-est, à travers le bois nord de Groenenburg.

Selon l’ordre de la division donné le 5 novembre à 22 h 00, il faut réussir le 6 novembre la percée sur Ypres. Cette dernière est très importante pour la suite des opérations.

La 39e D.I. procède à une nouvelle répartition des secteurs tenus par ses brigades. Le I.R. n° 132 (sans son 1er bataillon) est retiré du secteur du bois au nord de Groenenburg. Ce secteur est occupé maintenant par notre 2e bataillon et le 1er bataillon du I.R. n° 132. Ces bataillons constituent l’aile droite de la 82e brigade. Elle est appuyée sur sa gauche par le I.R. n° 126 placé au nord du château de Hollebeke. Le commandement du secteur de la brigade de gauche comprenant le I.R. n° 126 et le I.R. n° 132 (sans son 1er bataillon) est assuré par le général von Frankenberg commandant la 61e brigade.

À la droite de la 39e D.I., la 30e D.I., poursuit ses attaques entre la chaussée Ypres-Menin et le bois au nord de Groenenburg, comme par le passé. À la gauche de la 39e D.I., la 2e D.C. qui se trouve toujours dans le secteur tenu par le IIe C.A. bavarois, qui s’était approché de Saint-Eloi, doit soutenir l’attaque par son tir. Le 3e bataillon du I.R. n° 172 et le 8e bataillon de chasseurs doivent rester au sud-ouest de Basseville-Cabinet, comme réserve de la division. Le I.R. n° 105, quant à lui est en réserve de corps à Zandvoorde.

Sur ordre du C.A., les musiques régimentaires doivent  jouer derrière la ligne d’attaque. Lorsque la nôtre arrive au château de Hollebeke, elle est renvoyée par le colonel, « pour travailler comme brancardiers auxiliaires ». Et c’est mieux ainsi, car l’assaillant entendait déjà assez de « musique » au front !

 

Historique du I.R. n° 17 bavarois.

Un renouvellement de l’attaque est ordonné. Après la préparation d’artillerie, nous nous sommes élancés à 15 h 00. Le 3e bataillon réussit à gagner 200 m de terrain. Le 2e bataillon, lui a gagné environ 100 m. L’attaque s’est étouffée sous l’effet du tir ennemi. À 18 h 00, elle est renouvelée. Sept  compagnies du I.R. n° 22 viennent s’intercaler dans le secteur de notre régiment. Mais cette attaque se brise un peu devant les tranchées ennemies. En tenant compte des efforts accomplis par la troupe jusqu’à ce jour, nous avons renoncé à attaquer de nouveau le lendemain.

 

Historique du I.R. n° 18 bavarois.

Les 2e et 3e bataillons relèvent le 1er bataillon dans la matinée. À partir de 8 h 00, notre artillerie bombarde assez copieusement les tranchées ennemies. L’assaut de notre infanterie est déclenché. À partir de 10 h 30, des détachements réduits avancent homme après homme jusqu'à Diependarlbeek. Progressivement, ces détachements sont par la suite renforcés. Ils sont soumis à un tir de flanc venant des deux côtés à la fois. Vers 14 h 00, notre 3e bataillon avance à droite, le 2e à gauche vers les tranchées ennemies. Une heure plus tard, après avoir intercalé la 3e compagnie, la position ennemie était conquise. Les assaillants sont soumis à un très violent tir de flanc venant des deux côtés et en particulier de la direction de l’Eikhof. Avec l’arrivée de la nuit, la situation devient de plus en plus précaire. Notre artillerie lourde a dû cesser le tir dès 14 h 30, par pénurie de munitions. Les tirailleurs ennemis peuvent réoccuper les tranchées abandonnées. Ils peuvent même reprendre quelques tronçons de tranchées occupées par nos patrouilles. Le feu venant des tranchées qui flanquent nos lignes s’est fortement réanimé. Environ 200 hommes du I.R. n° 18 sont victimes de ce tir (morts et blessés). Fort heureusement, le 2e bataillon qui est à l’aile gauche a eu plus de chance. L’hauptmann (capitaine) Ritter réunit la 6e compagnie du leutnant (sous-lieutenant) Gain et quelques groupes qui appartiennent à la 5e brigade d’infanterie à notre gauche. Ceux-ci montent alors sur le versant pour approcher la lisière ouest de Saint-Eloi. Ils passent par une succession de tranchées vides. À la nuit tombante, ils atteignent la crête de Saint-Eloi. Ici, les tranchées ennemies sont également désertées sous l’effet des tirs de notre artillerie lourde. Immédiatement, les détachements se tournent vers la droite et progressent jusqu’à la lisière ouest du village. Ils parviennent ainsi à quelques centaines de mètres dans le dos des mitrailleurs ennemis. Là, le détachement s’enterre provisoirement. L’hauptmann (capitaine) Ritter implore alors le régiment à plusieurs reprises. Il demande l’autorisation de reprendre avec le 3e bataillon, l’assaut frontal qui avait échoué dans l’après-midi. Ceci dans le but de prendre Saint-Eloi en collaboration avec son détachement. Mais, la pénurie de munitions de l’artillerie est là et faute de troupe fraiche, cette autorisation n’a pas pu être donnée. Une attaque de nuit, sous de telles conditions, aurait amené le 3e bataillon, déjà trop en pointe et fortement éprouvé, dans une situation extrêmement précaire. L’hauptmann (capitaine) Ritter et le leutnant (sous-lieutenant) Gain décident donc de tenter un coup de main sous leur propre responsabilité. Mais à l’instant même où ils veulent avancer avec leurs détachements contre les mitrailleurs ennemis, des lignes importantes de tirailleurs approchent sur leur flanc gauche. Il y a alors une fusillade généralisée sur de très courtes distances. Finalement, le détachement beaucoup plus faible doit s’estimer heureux de ne pas être coupé de ses arrières. Il faut donc se replier par le même itinéraire suivi pour attaquer, tout en emportant 3 prisonniers.

En attendant, l’aile droite du régiment, donc le 3e bataillon, s’est repliée à son tour, suite aux lourdes pertes subies dans l’après-midi. Seule une ferme reste occupée par les éléments des I.R. n° 17e, 18e et 22e. Ils sont   véritablement coincés. Ils ne peuvent plus ni avancer, ni reculer. Ils s’enterrent, tout en faisant front dans toutes les directions à la fois. Du côté du I.R. n° 18, il y a la section Hofer. Cet officier particulièrement brave réussit à contacter son propre détachement, en faisant des signaux parce qu’il essuyait des tirs venant de celui-ci. Mais sa situation empire constamment. Les Français s’enterrent des deux côtés de sa section et veulent également lui couper la retraite. L’oberleutnant (lieutenant) Hofer prolonge sa position vers la droite comme vers la gauche. Il essaye d’empêcher l’ennemi de venir dans son dos. Mais il ne peut pas empêcher l’ennemi de  flanquer des deux côtés de sa tranchée. Le détachement essuie de lourdes pertes. Le lieutenant Hofer est tué. Au soir seulement, on parvient à libérer le détachement. Une batterie de 150 (obusiers) avait pu démolir les Français rassemblés autour de notre section, de sorte que les survivants peuvent être délivrés d’une captivité imminente. Les hommes qui rentrent ainsi dans la soirée ont alors déclaré qu’ils auraient été contraints de se rendre si les obusiers ne les avaient pas délivrés. Le message de l’oberleutnant (lieutenant) Hofer qu’ils emportent avec eux, confirme la tenue héroïque de ses hommes, mais également leur situation désespérée dans la journée. Après sa grave blessure, il a encore rédigé un deuxième message aux ultimes heures de sa vie, au sujet de l’effet heureux de l’artillerie, tout en demandant à la fin de son texte, que cette batterie soit remerciée pour avoir sauvé ses hommes et pour son aide efficace.

 

Avec le 3e bataillon du 149e R.I. :

 

 

             Journ_e_du_5_novembre_1914__3e_bataillon

      

                                L_gende_3e_bataillon

 

  

             Composition_des_unit_s_journ_e_du_5_novembre_1914__3e_bataillon_

J.M.O. de la 85e brigade d’infanterie.

La fusillade qui a continué toute la nuit reprend de manière très violente au matin et au jour, la canonnade également. Vers 12 h 00, le tir d’artillerie se rapproche des tranchées qui sont petit à petit démolies. Les mitrailleuses du 158e R.I. sont anéanties. Ce qui reste de la 1ère ligne est obligé de se reporter légèrement en arrière et de creuser, sous la canonnade de nouvelles tranchées.

Un peloton du 3e bataillon de chasseurs est envoyé pour soutenir la ligne. À ce moment, le commandant du 3e B.C.P. signale  également qu’au-devant de lui, l’artillerie ennemie a démoli une partie de ses tranchées. L’infanterie s’est renforcée.

Du côté de la 32e division, le 3e  bataillon du 149e R.I. est engagé en première ligne pour remplacer des unités du 342e R.I.. Il subit également des pertes sérieuses.

À la nuit, la ligne s’est reportée au sud de la route de Wyschaete environ 1000 m plus en arrière. Le 3e bataillon de chasseurs occupe le ruisseau de ? Des éléments du 158e R.I. sont sur le chemin de terre à 100 m à l’est de ce ruisseau qui longe une ferme en flammes.

La ligne allemande occupe la crête du moulin de Spanbrock et toute la nuit la fusillade bat le plateau jusqu'à Lindenhoëk.

Extraits de l’ouvrage « Jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon » de Henri René aux éditions Perrin et Cie. 1917.

« L’attaque se déclenche le 5 en fin de journée : on la reçoit de son mieux. Les vagues ennemies déferlent devant nous et gagnent sur notre droite, évidemment elles cherchent à nous déborder sans nous aborder. Après être restés deux jours et demi ensevelis vivants, écrasés sous la menace perpétuelle du coup que nous pensions nous être destiné, nous éprouvons, à cette seconde pourtant critique, comme un immense soulagement … Nos hommes  retrouvent une ardeur dont ils ne se  seraient plus crus capables, ils sautent sur leurs armes et garnissent les parapets comme si le ressort de leur énergie se détendait brusquement après une longue compression…

- Mon commandant, on lâche pied sur la droite, nous allons être cernés, ils sont innombrables…

A ce cri d’alerte, le commandant sort de son poste de combat et, par la route, puisque c’est le chemin le plus court, il se rapproche de la compagnie de réserve. Pas une minute à perdre. Je vois son geste, car je suis trop angoissé pour perdre un seul de ses mouvements : il montre au capitaine P…, à la 10e compagnie, la croupe qui nous domine sur le flanc menacé. C’est l’ordre de contre-attaque. La compagnie part. Ses premiers pas nous donnent confiance, elle se déploie sur la contre-pente défilée aux vues, elle avance. Tout à coup, les mitrailleuses et les obus l’attaquent simultanément. Des groupes culbutent et tombent en lourdes masses. Des hommes sont projetés dans le cratère des explosions ; beaucoup reculent, d’autres accentuent leur marche, mettant leur fusil devant leur corps comme pour se protéger des coups.  Je vois le lieutenant Cauvin, dont le bras pend sanguinolent, qui gesticule de sa main valide pour entraîner les siens, puis qui s’affaisse épuisé par ce trop grand effort. Le capitaine P… reste invulnérable, il se multiplie, touche au but, amène des tireurs dans la tranchée qui venait d’être évacuée et sauve, pour un moment du moins, une situation bien compromise.

Bientôt cependant, vers le moulin de Spanbrock, les mauvaises nouvelles s’accentuent. Nous en subissons le contrecoup et des unités d’attaque, cherchant à étendre le bénéfice de leur succès, se glissent dans des vallonnements, échappant à nos feux… La 12e compagnie s’appuyant à gauche de « la ferme tragique »qui tient bon pivote en arrière et à droite pour se souder le mieux possible aux débris de la 10e compagnie. Je me trouve dans cette partie la plus menacée, presque au milieu de groupes d’Allemands qui grossissent à vue d’œil. La nuit tombe. Le commandant et le capitaine P… se regardent avec angoisse et je comprends à leur hésitation, car ils hésitent généralement peu, que notre cas n’est pas brillant. Les coups de feu et les fantassins ennemis nous débordent de plus en plus. De proche en proche, le craquement redouté se produit, la ligne fléchit. Les isolés que nous avions encadrés tant bien que mal nous entraînent et, sans que personne ne l’ait ordonné, le repli s’effectue. Ce sont des choses incompréhensibles, mais irrésistibles… Nous nous multiplions pour ralentir et régler le recul… Des mitrailleuses nous ont vus et nous saisissent sous leur infernal claquement… On dirait qu’elles se rapprochent… Nous passons un mauvais quart d’heure… Grand désarroi. Obscurité complète. Aucune liaison à droite. Pas de nouvelles de la 11e compagnie ; on espère qu’elle a conservé sa position et que, par sa ténacité, elle garantit ainsi le flanc de notre division d’adoption. Si c’était vrai, notre mission de « liaison » serait remplie, malgré tout, puisque nous aurions « tenu » d’une part avec ceux  qui ont « tenu » et « fléchi » d’autre part avec ceux qui ont « fléchi ». C’est la situation la plus difficile que l’on peut imaginer pour un bataillon. Celle où il doit savoir s’étirer à l’extrême pour rejoindre les éléments dissociés, celle où repose sur lui la fortune des grandes unités. En réalité, il nous reste peu d’illusions: l’ennemi a enfoncé le front entre le moulin de Spanbrock et Wytschaete. S’il le veut et s’il a de l’audace, il exploitera son succès sans tarder. Par une bonne fortune inespérée, le courant de repli m’a amené, avec quelques hommes, dans une ligne de tranchées dont j’ignorais l’existence et qui n’est pas mauvaise du tout. La remontant, je pars en exploration vers ma droite et, au bout de trois ou quatre cents mètres, je tombe sur des fractions qui, comme nous, profitent de cette aubaine pour se réorganiser. Avec les officiers qui les commandent, nous échangeons de rapides impressions : ils ne sont pas encore revenus de leur émotion, tant la partie a été chaude. Ils reviennent encore moins de leur surprise en constatant  qu’ils ne sont pas poursuivis. Au total, on n’a perdu jusqu’ici qu’un millier de mètres de terrain et, si l’on parvient à se rétablir, on en aura été quitte pour la peur. Je dépêche un patrouilleur vers le commandant, pour qu’il prenne les dispositions pour faire occuper les quelques centaines de mètres de tranchée nous séparant de ces voisins…

Le lieutenant T… vient de faire savoir qu’il n’a pas lâché un pouce de terrain, et que sa situation est désespérée si on ne rétablit pas la ligne à sa hauteur. Il est à peu près complètement encerclé, ses munitions s’épuisent.»

 

Du côté des Allemands : 

Les combats à la lisière nord-ouest de Wytschaete.

Le 5 novembre le I.R. n° 21 bavarois, occupe des cantonnements à Comines pour passer en réserve de l'armée, tandis que son 3e bataillon subit encore de durs combats défensifs à la lisière ouest de Wytschaete.

Références bibliographiques :

 

Pour les Allemands :

Historique du I.R.  n° 17. Schick. München 1927.

Historique du I.R.  n° 18. Bayer. Kriegsarchiv. München 1926.

Historique du I.R. n° 126. Belser. Stuttgart 1929.

Historique du  I.R. n° 171. Stalling. Oldenburg 1927.

Historique du I.R. n° 172. Sporn. Zeulenroda 1934.

« R.I.R. Bavarois n° 20 ». Écrit en 1964 par l’association des anciens du K.B. R.I.R. n° 20. (306 pages). Ouvrage resté jusqu’à ce jour inédit provenant de la collection Herman Plote.


 

Tous ces historiques proviennent de la collection Herman Plote. Les traductions en français ont été réalisées par Herman Plote.

Pour les Français :

J.M.O. de la 33e brigade : Série 26 N 505/3.

J.M.O. de la 85e brigade : Série 26 N 26 N 520/10.

J.M.O. du 53e R.I. : Sous-série 26 N 644/5.

Tous ces J.M.O. sont consultables sur le site « S.G.A./Mémoire des hommes».

« Jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon » de Henri René aux éditions Perrin et Cie. 1917.

Pour en savoir plus :

« En avant quand même ! Le 53e R.I. de Perpignan dans la tourmente de la 1ère guerre mondiale ». Livre de Renaud Martinez. Publier aux Éditions l’Agence. 2007.

Un très grand merci à M. Bordes, à  A. Carobbi, à P. Casanova, à J. Charraud, à J. Huret, à H. Plote, à M. Porcher ainsi qu’au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes.

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08 octobre 2010

Lieutenant Marie Philippe Marey (1873-1914).

              Lieutenant_Marie_Philippe_Marey

Marie Philippe Marey est né le 26 mai 1873 à Vesoul dans le département de la Haute-Saône.  Fils de Claude Marey et d’Elisabeth Rombrot, il se marie en 1914 avec Marthe Reck. Poussé par son père, il signe en 1891 un engagement volontaire de trois ans à la mairie de Vesoul. Sa carrière militaire commence au 41e Régiment d’Infanterie qui se trouve à Rennes. Il travaille au service géographique de l’armée de 1904 à 1906. Au printemps 1909, Il est nommé sous-lieutenant à son arrivée au 149e R.I., puis sous-lieutenant porte-drapeau en1910. Deux ans plus tard,  il obtient le grade de lieutenant en servant  toujours dans le même régiment. Il est lieutenant porte-drapeau en 1911.

Au début du conflit, le lieutenant Marie Philippe Marey commande une section de la 9e compagnie. Il dirige la 6e compagnie lorsqu’il est tué le 8 novembre 1914 dans le secteur de Verbranden-Molen  en Belgique.

Un avis de décès publié par sa famille est paru  dans le journal « Le nouvelliste » daté du mercredi 16 décembre 1914.

Citation à l’ordre de l’armée :

« Le 8 novembre 1914, a été tué à la tête de sa compagnie qu’il entraînait à l’attaque d’une tranchée ennemie. »

 

Sources :

Archives municipales de Vesoul.

Dossier individuel consulté au Service Historique de l’Armée de terre de Vincennes.

Le portrait du lieutenant Marey provient du tableau d’honneur de la guerre 1914-1918 publié par la revue « l'illustration ».

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher, aux archives municipales de Vesoul et au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes.

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15 octobre 2010

Secteur sud-est d'Ypres, journée du 6 novembre 1914.

              Section_de_mitrailleuses_du_3e_bataillon__1909_

Avec le 2e bataillon du 149e R.I. :

J.M.O. de la 33e brigade d’infanterie.

L’ordre  d’opérations du 16e C.A. pour le 6 novembre porte l’offensive dans les mêmes conditions qu’hier. Le groupement Moussy doit maintenir l’ennemi dans le parc et le château d’Hollebeke pour favoriser la progression du groupement Olleris.

 

J.M.O. du 53e régiment d’infanterie.

À minuit, les bataillons reçoivent un contre-ordre. Ils sont arrêtés sur la route de Saint-Eloi à Ypres où ils restent jusqu’à 4 h 00. À cette heure arrive l’ordre pour la journée du 6 novembre.

Le 53e R.I. a pour mission d’attaquer dans la matinée le parc et le château de Hollebeke avec de petits éléments qui s’efforceront d’y pénétrer. Les 5e et 7e compagnies sont chargées de cette opération : la 7e compagnie sur la moitié nord de la lisière nord-ouest du parc et la 5e compagnie sur la moitié sud de la même lisière.

Le but de l’opération est de reconnaître en détail, les abords de la lisière, les cheminements, les défilés qui y conduisent ; les points faibles de défenses préparées par l’ennemi et les endroits où la pénétration dans le parc semble possible. Le reste du régiment (1er et 3e bataillons) se réorganisera à Voormezelle, le bataillon à Oosthoek, tout en se tenant prêt à marcher au 1er signal.

11 h 30 : L’ordre arrive de se porter immédiatement à l’attaque sur le bois 40 par le nord-ouest. Le Bataillon Dufor et 2 compagnies du bataillon Saisset y prendront part. Les 2 autres resteront en réserve à Voormezelle. Deux compagnies du 2e bataillon, restées à Oosthoek, se porteront : la 5e compagnie dans les tranchées faites par le génie au sud de Voormezelle, sur la rive ouest du ruisseau, et à hauteur de Saint-Eloi ; la 6e compagnie sur la route Ypres-Kemmel, à la bifurcation, 1500 m au nord de Grootvierstrad. Les compagnies en réserve à la disposition du C.A.. 

15 h 15 : Le bataillon Dufor est en liaison avec le 80e R.I., par la compagnie d’Arblade qui a été envoyée dès le matin. Les premiers éléments du bataillon Dufor débouchent sur le bois au nord de la Kapellerie. Feu violent de l’artillerie ennemie.

16 h 20 : La progression continue, mais toujours très lentement, à cause du feu de l’artillerie ennemie, qui exige de minutieuses précautions pour la marche.

18 h 20 : L’attaque a débouché de la Kapellerie, entre les tranchées occupées par le 31e B.C.P. et elle a été arrêtée à environ 400 m des lignes allemandes. Le brouillard est extrêmement épais, il rend les liaisons impossibles et tout le mouvement en avant extrêmement périlleux. Le demi-bataillon Saisset est derrière le bataillon Dufor.

Toute continuation d’attaque dans les conditions atmosphériques présentes semble impossible et le colonel demande des ordres.

19 h 00 : L’ordre est donné de retourner à Voormezelle.

J.M.O. du 90e régiment d’infanterie.

Les 2e et 3e compagnies gardent leurs positions le long du canal. Les 1ère et 4e compagnies passent en seconde ligne.

Vers 7 h 30 la 7e compagnie et un peloton de la 8e compagnie relèvent à la faveur du brouillard les 5e et 6e compagnies qui avaient, la veille, gagné 200 m en avant de la ligne générale.

Vers 15 h 00 ces troupes sont cernées par les Allemands dans les bois situés à 500 m au nord de Klein-Zillebeke.

Le général Moussy appelle tous les éléments disponibles et les réserves de troupes anglaises.

Du côté des Allemands:

 

 

Historique du I.R. n° 105.

Le I.R. n° 105 est à l’ouest de Zandvoorde, à la disposition de la 39e D.I.. Les 2e et 3e bataillons se regroupent à la lisière sud-est du bois au sud-est de Calvaire, le 1er bataillon et la compagnie de mitrailleuses dans les fermes au sud de Basseville-Beek. L’attaque de la 39e D.I. est fixée pour midi. Elle doit être repoussée à cause du brouillard dense, qui empêche un tir précis de l’artillerie. Lorsque le brouillard se dissipe vers midi, la préparation d’artillerie se déclenche et l’assaut débute à 14 h 00, contre la position anglaise, près de Klein-Zillebecke.

Le I.R. n° 105 suit, en tant que réserve de la division. Dans un premier temps, le régiment est avancé jusqu’au château de Hollebeke (le château est). Puis, il suit l’attaque de progression de la 39e D.I., en direction du grand virage du canal de l’Yser, près de Hollebeke. Au soir, le régiment est engagé à son tour. Le 2e bataillon occupe à la gauche du I.R. n° 132, le talus de la voie ferrée Ypres-Comines. Son aile droite est appuyée au bois au sud de Klein-Zilebeke. Le 3e bataillon à sa gauche, avec son aile gauche poussée jusqu’au-delà du même talus, à hauteur du passage de la route en dessous du grand virage du canal.   

Historique du I.R. n° 126.

La préparation d’artillerie n’a pu débuter qu’à 11 h 00, à cause d’un brouillard dense. Les positions devant nous sont alors bombardées par notre A.C. et par le 2e groupe du 10e R.A.L.. D’autres batteries tirent sur la clairière du bois au nord et au nord-est de Camp. Des obusiers lourds du IIe C.A. bavarois tiennent le grand bois au nord du virage du canal, entre la voie ferrée et la route de Verbranden-Molen, sous un tir très dispersé. Une batterie de 210 tire exclusivement sur Ypres.

Vers 14 h 00, notre infanterie quitte ses tranchées. Le 3e bataillon sort avec 3 compagnies en 1ère ligne, le 2e bataillon avec 2 compagnies. Très rapidement, les positions des Français sont bousculées. Elles sont faiblement occupées au sud de Camp. Celui qui ne veut pas se rendre est achevé à la crosse de fusil ou à la baïonnette. Nous avons fait prisonniers 2 officiers et 15 hommes qui se sont défendus avec acharnement depuis un abri.

Puis l’assaut se ralentit devant les maisons près de Camp. En plus des haies renforcées de fils de fer, des tirailleurs français se succèdent en faible nombre. Le tir de défense principal vient du flanc. Il cause des pertes sévères dans nos rangs. Des fusants explosent dans les airs. Ils forcent nos réserves à se déployer trop tôt. Néanmoins, aux alentours de 16 h 00, les positions françaises de part et d’autre de Camp, sont entre nos mains.

Malgré la mort de notre colonel près de Camp (balle dans la tête), nous poursuivons les fuyants en direction de Klein-Zillebeke. Bientôt nous sommes mélangés avec des éléments de la 82e brigade et du I.R. n° 132. Nous avançons jusqu’à la hauteur de Klein-Zillebeke. Des réserves françaises, dépêchées à la hâte, tentent en vain de nous arrêter. À 17 h 00, les 90e et 268e R.I. français sont bousculés. Ils ont perdu 730 prisonniers ( ?) dont 12 officiers, tombés entre les mains de nos 11e et 12e compagnies. Ces compagnies ont pris également 2 mitrailleuses au talus de la voie ferrée. Nos pertes s’élèvent à 4 officiers tués, 7 blessés. Les pertes de la troupe n’ont pas pu être précisées (très élevées). Malgré la pénurie d’officiers et de sous-officiers, les soldats des 1er et 3e bataillons poursuivent leur progression depuis Klein-Zillebeke, à travers les boqueteaux presque jusqu’à la cote 60 et aux premières maisons de Zwarteleen, où l’attaque s’est définitivement brisée. Quelques groupes du 3e bataillon peuvent encore avancer, presque ensemble avec l’ennemi en fuite, jusqu’aux premières maisons de Zillebeke, 1,5 km plus loin. Là, ils débouchent su un tir de flanc de mitrailleuses anglaises qui les forcent, au terme d’un combat rapproché, à se retirer sur Zwarteleen. Ils sont accueillis par les nôtres, leurs rangs sont fortement éclaircis. Nous n’avons pas réussi à prendre possession le 6 novembre au soir, ni de la cote 60 ni du village de Zwarteleen. L’ennemi qui s’y est fortifié solidement offre une résistance très vive. Les forces de nos troupes trop épuisées n’ont pas été suffisantes pour la briser. En outre, l’artillerie ennemie, avec l’effet dévastateur de ses tirs, a constamment tenu sous son feu, la ligne atteinte par les nôtres. De plus, la 82e brigade est restée très en retard dans le bois nord-est de Klein-Zillebeke.

Le I.R. n° 105 est de nouveau avancé pendant l’assaut de Klein-Zillebeke, depuis Zandvoorde, jusqu’au-delà des lignes de départ d’attaque du I.R. n° 126, dans le bois entre la voie ferrée et la route de Verbranden-Molen. En raison de la nuit tombante, il ne peut obtenir une modification de la situation à l’aile gauche de la division. La ligne de combat la plus avancée qui se trouve alors, près de Zwarteleen, est dans une situation effroyable. L’obscurité, le tir terrible d’artillerie, la pénurie d’officiers rendent impossibles toutes tentatives pour mettre de l’ordre dans les unités. Malgré leur fatigue, les  hommes creusent des abris dans la boue. Leur position de défense creusée au bout de quelques heures est suffisante pour repousser plusieurs contre-attaques anglaises pendant la nuit. Contre-attaques qui partent de Zillebeke et qui sont menées par des réserves acheminées à la hâte. Il est également impossible de ravitailler la troupe, il faut donc se rabattre sur les rations de réserves.

À l’aile droite de la 39e D.I., dans le bois au nord de Groenenburg, les 7e et 8e compagnies n’ont pu gagner que très peu de terrain, le 6 novembre, et il faut les ramener au soir sur leur ligne de départ d’attaque.                           

 Historique du I.R. n° 132.

 

                Carte_6_novembre_1914__IR_n__132_

 

                                L_gende_carte_IR_132__6_novembre_1914_

  

Les secteurs de la division ont été déplacés dans la nuit du 6 novembre. Le IIe C.A. bavarois est dirigé, avec ses derniers

éléments, au sud du canal d’Ypres. Le XVe C.A., se retrouve seul dans la région comprise entre la route de Menin à Ypres et le canal. La 39e D.I. doit attaquer dans le secteur de gauche, de part et d’autre de la route de Zandvoorde à Zillebeke. La 30e D.I. doit soutenir cette attaque  en s’en prenant à l’adversaire placé face à elle. Nous voulons ainsi faire commencer la percée à la droite de la route, face au front tenu par le 2e bataillon du I.R. n° 126, notre voisin direct à notre gauche (début à 10 h 00). Notre 1er bataillon et la compagnie de mitrailleuses restent dans le secteur de droite. Ils occupent le front entier tenu jusqu’alors par le régiment.

Les 2 autres bataillons sont déplacés dans le secteur de gauche. Selon un ordre reçu ; ils doivent arriver  à 7 h 00 à la ferme qui se trouve à 700 m à l’est du château de Hollebeke. La relève et la marche de route se sont déroulées sans incident. Le secteur du 3e bataillon est en partie aussi celui du 2e. Ils sont pris en charge par la 30e D.I. (I.R. n° 99). Au terme d’une marche de nuit très épuisante, les 2e et 3e bataillons du I.R. n° 132, sur des chemins trempés et en mauvais états, atteignent la ferme à 7 h 00. La progression de la brigade doit se borner au secteur compris entre la route Zillebeke et le virage du canal. Elle est orientée contre la position ennemie, le long du chemin qui va de Klein-Zillebeke à Camp et au virage du canal.

L’attaque est confiée aux 1er et 3e bataillons du I.R. n° 126 qui a sous ses ordres notre 2e bataillon et la 1ère compagnie du 15e pionniers, dotée de lance-mines. Notre 3e bataillon reste à la disposition de la brigade à la ferme à 700 m à l’est du château de Hollebeke. La préparation d’artillerie à laquelle participe aussi l’artillerie lourde et celle du IIe C.A. bavarois, depuis la rive sud du canal, ne débute qu’à midi à cause du brouillard dense.

À 14 h 00, le I.R. n° 126 part à l’attaque. Le 3e bataillon est orienté sur Camp. Le 1er bataillon est à sa gauche. Vers 15 h 00, le 1er objectif sur la position ennemie est atteint au terme d’une course rapide. Vers Camp, il se déroule des combats acharnés qui nous sont favorables. Mais l’attaque nous coûte de lourdes pertes.

Notre 2e bataillon qui doit suivre le 1er bataillon du I.R. n° 126, reçoit l’ordre de partir à l’attaque plus en avant. La 6e compagnie avance contre le fossé allant du château de Hollebeke, dans la direction nord-nord-ouest. Elle est suivie par la 8e compagnie. La 5e compagnie est engagée le long du talus de la voie ferrée. Elle est suivie par la 7e compagnie. Le tir de l’artillerie ennemie est très violent. En franchissant le bois entre la voie ferrée et l’angle du virage du canal et la route Klein-Zillebeke-Zwarteleen, les compagnies de notre 2e bataillon, ont perdu la liaison avec le 1er bataillon du I.R. n° 126. Celui-ci a poursuivi l’ennemi qui bat en retraite, jusque dans le bois au nord-est de la route de Klein-Zillebeke à Zwarteleen. La 6e compagnie s’oriente maintenant contre Zwarteleen. La 5e compagnie longe la voie ferrée jusqu’au bois à l’ouest de Zwarteleen. La 8e compagnie suit  jusqu’aux fermes au nord du bois qui vient d’être franchi, et la 7e compagnie passe la voie ferrée à la même hauteur. Mais l’attaque s’enraye près de Zwarteleen où la ligne des tirailleurs se heurte à des troupes anglaises fraîches. La 8e compagnie et une section de la 7e sont donc engagées.

Au même moment, les 9e et 11e compagnies du 3e bataillon arrivent aux fermes qui se trouvent au sud de Zwarteleen. La 11e compagnie est engagée sur cette localité. La 9e compagnie doit soutenir la 5e compagnie. Mais la nuit est au rendez-vous. Des éléments de la 8e et de la 11e compagnie ont pénétré dans Zwarteleen. Ils occupent plusieurs maisons en combattant. Au nord du chemin de Klein-Zillebeke à Zwarteleen, les I.R. n° 126 et n° 172 (ce dernier est le voisin direct du secteur d’engagement de droite de notre division) se sont fortement mélangés dans les bois entre les deux localités. Ils sont parvenus jusqu’aux abords de Zwarteleen et au chemin qui mène à Popotje. À l’ouest de la voie ferrée, on ne voit rien de ce qui se passe pour nos troupes, et ceci jusqu’au canal. Le I.R. n° 105, qui est à la disposition de la 39e D.I., n’est pas visible. Il a été retardé au virage du canal et il se trouve plus à l’est.

Nos 2e et 3e bataillons (sans la 12e compagnie qui est toujours au château de Hollebeke) se trouvent  très en pointe. Il y a un danger d’être enveloppé sur les deux ailes. Un ordre de la division donné à 17 h 35 et qui préconise de tenir la 1ère ligne, à hauteur de la sortie ouest de Zwarteleen, ne leur est toujours pas parvenu. Jusqu’à 23 h 00, les compagnies se sont donc repliées. Le mélange des unités est complet entre les I.R. n° 132,126 et 172. Les bataillons se sont ensuite enterrés. Ils font front à la cote 60. Pour leur sécurité, nous envoyons des patrouilles vers l’avant. Des détachements anglais tentent de leur côté d’avancer sur notre 1ère ligne, mais ils sont aussitôt repoussés. La nuit reste plutôt calme.

Historique du I.R. N° 171. 

De nouveau un brouillard épais empêche toute observation et toute préparation d’artillerie jusqu’à 12 h 00. Puis soudain, tout se déclenche. Le tir d’artillerie se déchaine sur toute la ligne, et l’ennemi réplique vivement. À 14 h 00, il y a un départ d’attaque sur l’aile gauche. La musique joue « la gloire de la Prusse ». Nous attaquons la lisière du bois d’en face, soutenu par le tir des mitrailleuses. Les Anglais se défendent farouchement dans leurs trous individuels et ils doivent être liquidés un par un.

Soulagée par l’avance de l’aile gauche, l’aile droite du 2e bataillon, avec le 1er bataillon qui lui succède, progressent à leur tour. Ils restent toujours en retard puisque que le I.R. n° 126 n’avance guère dans le bois. Nos 1er et 3e bataillons doivent donc constituer un flanc défensif de plus en plus grand face à ce bois. Notre 2e bataillon franchit le 1er objectif à gauche, la route Popotje-Zwarteleen, en liaison étroite avec Le I.R. N° 172.Tout en poursuivant de près les Anglais, il approche à 15 h 15 de la cote 60 au-delà de la route. Pendant ce mouvement en avant, les unités s’entremêlent, et comme les troupes sur les flancs sont en retard, la ligne de tirailleurs devient de plus en plus clairsemée.

À peine a-t-on placé la 11e compagnie, l’ultime réserve, sous les ordres du 2e bataillon que cette dernière doit être aussitôt mise en mouvement. Il se développe depuis la crête 60 une forte et surprenante contre-attaque anglaise sur le 2e bataillon et sur le I.R. N° 172 à Zwarteleen. Les 2 mitrailleuses attribuées au 2e bataillon viennent d’atteindre la 1ère ligne très étirée, lorsque les Anglais débouchent du brouillard. Malgré les lourdes pertes des Anglais qui sont dues aux tirs des mitrailleuses et des tirailleurs du 2e bataillon, les assaillants poursuivent leur avance. Ils sont protégés par les nombreux boqueteaux. Nous devons nous replier jusqu’à la route et nous défendre. Le mouvement est exécuté sous le tir de protection des mitrailleuses. Nous défendons la position de repli qui a été désignée contre plusieurs contre-attaques résolues anglaises. La dernière a lieu à 19 h 15.

Historique du I.R. n° 172. 

Le brouillard est si dense que toute observation d’artillerie est impossible. Dans la matinée tout est encore enveloppé par ce brouillard impénétrable qui se lève enfin vers midi. Immédiatement après, le tir d’artillerie se déclenche. À 14 h 00 débute l’attaque. Dans une course folle, le 3e bataillon rejette les Français (sans doute du 90e R.I.) du chemin creux situé devant la lisière du bois. Il fait plus de 100 prisonniers et prend 3 mitrailleuses. Nous traversons les parcelles de bois très dense à l’est de Zwarteleen. Nous sommes toujours retardés par de petits détachements ennemis qui arrosent les lignes des tirailleurs de leur feu. La cohésion des lignes se construit dans un terrain difficile à surveiller. Des brèches se forment et il faut engager les réserves qui suivent de près.

Au bout de 1 h ½, les détachements les plus avancés ont atteint la lisière du bois à 200 m au nord-est de Zwarteleen. Près d’un pré dégagé, de petits détachements de Français fuient et disparaissent dans le bois suivant. Brusquement, une ligne de tirailleurs très serrée d’anglais avance sur notre flanc droit. Elle est vite refoulée par notre tir qui est bien ajusté. La résistance ennemie se durcit et les nôtres n’avancent plus. Les petits détachements qui sont trop en pointe doivent être ramenés en arrière. Au soir, le régiment s’enterre sur une position qui suit approximativement le chemin qui conduit obliquement  à travers le bois en direction nord-est. Son l’aile gauche est appuyée sur la route Zandvoord -Zwarteleen, et son aile droite au coin nord-est du bois. La liaison est établie à gauche avec le I.R. n° 132 et à droite avec le I.R. n° 171. Il y a un fort mélange des unités avec de nombreux éléments égarés qui proviennent des régiments voisins parmi les nôtres. Un regroupement est impossible. Pour la nuit, il est ordonné un maximum de vigilance, tant dans les tranchées françaises qui ont été prises que dans le fossé humide du chemin forestier. Les cuisines sont avancées dans la mesure du possible. Mais un ravitaillement dans les règles de l’art est impossible à cause des nombreux tirs de surprise ennemis. À chaque instant, des balles traversent le bois en sifflant. Les Français sont très nerveux et tirent au moindre bruit. À 1 h 00, les Anglais déclenchent une forte attaque sur la position du I.R. n° 172. Elle échoue avec de lourdes pertes pour l’ennemi.

Historique du I.R. n° 17.

Après avoir mis de l’ordre dans les unités, les 1er et 2e bataillons restent en première ligne. Le 3e bataillon est  placé derrière eux en 2e ligne.

Historique du I.R.  n° 18.

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1914, le régiment se déplace vers la droite. Sa première ligne occupe maintenant la digue (chemin du parc), allant de la « villa blanche » (Weisse Villa) jusqu’à 300 m vers la droite. Les 2e et 3e bataillons se trouvent en réserve à quelques centaines de mètres en arrière.

Avec le 3e bataillon du 149e R.I.:

 

             Carte_journ_e_du_6_novembre_1914__3e_bataillon_

   

                                L_gende_carte_IR_132__6_novembre_1914_

 

Dans la nuit, la 77e brigade arrive à Kemmel. Elle est dirigée, au matin à cheval sur la ligne Lindenhoëk-Kruisstraat-l’enfer. Elle a pour mission de reprendre les positions perdues et d’attaquer sur la direction de l’enfer. À 9 h 40 l’attaque débouche sur la route de Polka-Lindenhoëk. Elle progresse assez facilement jusqu'à la 1ère crête, puis il s’engage une vive fusillade. Vers 10 h 15, l’artillerie ennemie bombarde le village de Kemmel. Le poste de commandement de la brigade est porté à Lindenhoëk. La progression de la 70e brigade se fait lentement. À la nuit, les tranchées du 80e R.I.qui sont établies à 150 m à l’ouest de la halte de ?, ne sont dépassées que de 50 m. Au centre le 158e R.I. a avancé d’environ 600 m. À droite, la ligne s’est portée d’environ 3 à 400 m en avant.

 

Par suite de pertes sérieuses des éléments du 158e R.I. et du 3e B.C.P. engagés le 5 novembre (la moitié de l’effectif) les 2 compagnies du 158e R.I. sont rappelées pendant la nuit du 4 au 5 de Wulverghem. Elles sont portées sur la 1ère ligne en remplacement des débris du 2e bataillon du 158e R.I. qui se reforme à Lindenhoëk.

Extraits de l’ouvrage « Jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon » de Henri René aux éditions Perrin et Cie. 1917.

« Le commandant réunit les officiers et les gradés, et nous explique la façon dont il comprend notre rôle : à l’ouest de la route Kemmel-Wytschaete, le front n’a pas bougé, la 11e compagnie en marque l’extrémité. À l’est, il a été rompu, il a fléchi de mille mètres. Il est en train, grâce à l’inertie des Allemands, de se rétablir tant bien que mal. Si l’ennemi, profitant de cette dernière avance, fait un «  à droite en marchant », il se trouvera aussitôt derrière la 11e compagnie. La panique ne sera pas longue à se mettre dans les troupes de la division ouest, lorsqu’elles se verront ainsi tournées. La meilleure solution serait, en l’occurrence, de reporter toute la droite en avant, par une rigoureuse contre-attaque, mais le commandement n’a pas l’air d’avoir les ressources nécessaires. Il nous appartient donc à  nous, « bataillon de liaison », bien que cette mission ne nous ait pas été notifiée officiellement,  de créer des uns aux autres un « pan coupé » qui rétablisse la continuité du front.

Alors, pendant que le commandant va personnellement chercher la 11e compagnie pour diriger la délicate opération de « décrochage », le capitaine P… prend la direction de nos travaux ou reconnaissances de reconstruction. Nous patrouillons dans tous les sens, recherchant le contact des éléments d’ailes des divisions que nous devons relier. Nous essayons, malgré l’obscurité, de tirer parti d’un terrain complètement inconnu et d’y établir des éléments de tranchées répondant à notre mission. Mais nous sommes cent, là où il faudrait être mille ! La 9e compagnie dont nous étions séparés depuis quelques jours vient cependant nous rejoindre. Ses cadres poussent un soupir de soulagement en retrouvant leur grande famille. On leur a fait, à eux aussi et en d’autres points du champ de bataille «  le coup de l’invité ». Ils espèrent, en nous ralliant obtenir un repos mérité. Amère désillusion…

J…, l’ami personnel du commandant, et que tout le monde au bataillon appelle du même nom d’affection familière « notre Alfred » m’exprime son mécontentement. Il vient d’être roulé brutalement par une explosion de gros obus, quelques minutes avant de nous rejoindre…

Pendant trois jours et trois nuits, nous avons résisté sur la nouvelle ligne sans faiblir. Les Allemands se sont vengés de notre rétablissement inattendu par une recrudescence de feux : pensaient-ils donc que nous allions nous enfuir ? S’ils le croyaient, pourquoi se sont-ils arrêtés ?

Bien mieux, il s’en est fallu de peu que nous reprenions nos positions du 5 novembre. »

Du côté des Allemands : 

Historique du R.I.R. n° 20 .

Repos à Comines (du 6 au 7 novembre 1914).

Jusque tard dans la matinée du 6 novembre, les combattants de notre R.I.R. n° 20 ont pu récupérer un sommeil bien mérité, après les terribles combats de ces derniers jours et nuits. Les piètres restes du régiment se mettent à retrouver un aspect humain leur permettant de se sentir nettement mieux dans leur peau. Nous avons mis de l'ordre dans les compagnies. Les pertes subies ont été relevées. Les égarés et les dispersés sont rentrés pour rejoindre leur corps d'origine. Durant ces cinq journées de combats successifs, le 20e a perdu presque la moitié de ses sous-officiers et hommes de troupe, et presque les trois quarts de son corps d'officiers (morts et blessés). La 4e compagnie qui est entrée dans la bataille avec un effectif de 246 hommes, n'en compte plus que 88 qui sont restés indemnes. Son chef ainsi qu'un Offizierstellvertreter sont blessés, un chef de section est tué. C'est à ce moment-là qu'est arrivé le premier renfort du dépôt. Il est immédiatement  reparti sur les trois bataillons. Nous n’avons plus jamais atteint un effectif de combat aussi complet qu'avant l'assaut de Wytschaete qui était de 250 hommes.

Durant ces jours, il a été procédé à l'attribution des premières croix de fer de 2e classe au régiment. Pour leur conduite et leur énergie, le Hauptmann Friedrich Rentsch ainsi que le Leutnant Rudolph avaient fait preuve à Wytschaete le 3 novembre (tous deux appartenaient à la 2e compagnie), le premier a été décoré par notre général de division, Excellence von Speidel en personne, le second par le Generalmajor Schieler commandant notre brigade. Tous deux ont eu droit à des éloges de la part de leurs supérieurs.

Références bibliographiques :

 

Pour les Allemands :

Historique du I.R.  n° 17. Schick. München 1927.

Historique du I.R.  n° 18. Bayer. Kriegsarchiv. München 1926.

Historique du I.R. n° 105. Baensch-Stiftung. Dresden 1929.

Historique du I.R. n° 132. Berlin 1932.

Historique du I.R. n° 126. Belser. Stuttgart 1929.

Historique du  I.R. n° 171. Stalling. Oldenburg 1927.

Historique du I.R. n° 172. Sporn. Zeulenroda 1934.

« R.I.R. Bavarois n° 20 ». Écrit en 1964 par l’association des anciens du K.B. R.I.R. n° 20. (306 pages). Ouvrage resté jusqu’à ce jour inédit provenant de la collection Herman Plote.

Tous ces historiques proviennent de la collection Herman Plote. Les traductions en français ont été réalisées par Herman Plote.

Pour les Français :

J.M.O. de la 33e brigade : Série 26 N 505/3.

J.M.O. du 53e R.I. : Sous-série 26 N 644/5.

J.M.O. du 90e R.I. : Sous- série 26 N 668/14.

Tous ces J.M.O. sont consultables sur le site « S.G.A./Mémoire des hommes».

« Jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon », d’Henri René aux éditions Perrin (1917).

Pour en savoir plus :

« En avant quand même ! Le 53e R.I. de Perpignan dans la tourmente de la 1ère guerre mondiale ». Livre de Renaud Martinez. Publier aux Éditions l’Agence. 2007. 

Un très grand merci à M. Bordes, à P. Casanova, à  A. Carobbi, à J. Charraud, à J. Huret, à H. Plote, à M. Porcher ainsi qu’au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes. 

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22 octobre 2010

Secteur sud-est d'Ypres, journée du 7 novembre 1914.

             Carte_journ_e_du_7_novembre_1914

 

                              L_gende_carte_7_novembre_1914

 

 

Avec le 2e bataillon du 149e R.I. :

J.M.O. de la 33e brigade d’infanterie.

Pendant la nuit, les Anglais gardent le secteur de Zwarteleen jusqu’à la voie ferrée. Le  90e R.I. et le 2e bataillon du 149e R.I. sont dans  le secteur ouest de la voie ferrée.

Dans la nuit, la 6e division de cavalerie et 10 compagnies du 53e R.I. sont mises à la disposition du général Moussy.

Sur les ordres du 16e C.A., le 53e R.I. qui devait rester à droite, relève les Anglais dans leur secteur.

Le 90e R.I., le 2e bataillon du 149e R.I. et les derniers éléments du 68e R.I. restent dans le secteur de droite. Le général Moussy reçoit l’ordre de reprendre l’offensive le plus tôt possible dans la direction de Hollebeke-Klein Zillebeke. Le général Vidal qui était disponible vient prendre le commandement de l’ensemble de tous les éléments.

J.M.O. du 53e régiment d’infanterie.

Le régiment tout entier est à la disposition du général Moussy. Il doit appuyer l’attaque de la brigade Moussy vers  l’est dans le secteur nord du canal. Il est envoyé en position d’attente  à l’écluse n° 8.

8 h 25 : Le bataillon (Saisset) se porte immédiatement à Verbranden-Molen en réserve à la disposition du général Moussy. Il doit se placer sur le chemin qui, de Verbranden-Molen, se dirige vers le sud-ouest et il s’arrêtera près du village et à l’ouest du bois.

Le bataillon Dufor viendra immédiatement par l’écluse n° 8, le long du canal et au nord de celui-ci, se placer en réserve par l’est, et les compagnies de tête à hauteur du coude que fait le canal à l’est de l’écluse n° 7, ses derniers éléments vers l’écluse n° 7.

Le bataillon Laffiteau laissant en place les compagnies établies le long du canal se place derrière le bataillon Dufor, entre les écluses n° 7 et n° 8. Le lieutenant-colonel se porte à l’est de l’écluse n° 7, le long du canal.

12 h 30 : La brigade Moussy a atteint, au nord du canal, les bois qui sont dans l’angle, entre le canal et la voie ferrée. Le régiment doit attaquer. Les 5e et 7e compagnies sont chargées de cette opération : la 7e compagnie sur la moitié nord de la lisière nord-ouest du parc, la 5e compagnie sur la moitié sud de la même lisière.

 

Le but de l’opération est de reconnaître en détail les abords de la lisière, les cheminements, les défilés qui y conduisent, les points faibles des défenses préparées par l’ennemi, les endroits où la pénétration dans le parc est possible.

Le reste du régiment se réorganisera à Voormezelle : les 1er et 3e bataillons et le 2e bataillon à Oostoek tout en se tenant prêt à la marche au 1er signal.

11 h 30 : L’ordre arrive. Il faut se porter immédiatement à l’attaque sur le bois 40 par le nord-ouest. Le bataillon Dufor et 2 compagnies du bataillon Saisset y prendront part. Les 2 autres resteront en réserve à Voormezelle. Les 2 autres compagnies restées à Oostoek se porteront (la 5e) dans les tranchées faites par le génie au sud de Voormezelle, sur la rive ouest du ruisseau et à hauteur de Saint-Eloi (la 6e), sur la route Ypres-Kemmel à la bifurcation 1500 m nord de Groote-Vierstrad. Les compagnies resteront en réserve à la disposition du C.A..

15 h 15 : Le bataillon Dufor est en liaison avec le 80e R.I.. Le chemin du pont de la cote 60 dans la direction de Klein-Zillebeke est sous le feu ennemi. L’ordre est envoyé au bataillon Dufor de se porter sur Zillekeke, au lieu de marcher sur Verbranden-Molen, qu’il n’est possible de déboucher que sous le feu.

17 h 15 : Les Anglais ont leur gauche malmenée par les Allemands et demandent du renfort. Le bataillon Dufor est  envoyé aussitôt.

Le bataillon Saisset reste vers la cote 60. Les compagnies du bataillon Laffiteau reçoivent l’ordre de se tenir en réserve, au passage à niveau de Zillebeke.

17 h 25 : L’ordre arrive d’attaquer immédiatement pour dégager les troupes qui sont à droite de la voie ferrée. Le 53e R.I. se portera en avant en dépassant la ligne anglaise et en prenant pour objectif les bois de Klein-Zillebeke, la droite appuyée à la voie ferrée.

L’attaque sera exécutée de la façon suivante : le bataillon Saisset en première ligne franchira les lignes anglaises, et se portera sur l’objectif le plus rapidement possible.

 

Le bataillon Dufor, suivant en soutien, se tiendra prêt à organiser le terrain conquis. Le bataillon Laffiteau en réserve au nord de la cote 60, près de la voie ferrée, restera à la disposition du colonel.

Le lieutenant-colonel se tiendra au début de la cote 60.

19 h 00 : Les dispositions pour l’attaque sont prises, le colonel donne l’ordre d’attaquer.

23 h 15 : L’attaque a été déclenchée et faite avec vigueur. Les compagnies de 1ère ligne ont franchi les tranchées anglaises et progressent vers les bois. Elles sont à environ 200 m en avant des tranchées anglaises et continuent le mouvement en avant.

J.M.O. du 90e régiment d’infanterie.

Les nouvelles positions ayant laissé dans nos lignes une brèche, le groupe de Vaugelas en liaison avec le 53e R.I. à gauche assure l’inviolabilité de la ligne, à  hauteur du pont de chemin de fer.

Entre ce pont et le canal de Hollebeke au sud, la compagnie Nivet (4e) reçoit l’ordre d’occuper , dès l’aube, le bois de la Faisanderie où elle s’installe face à la voie ferrée.
Le 2e bataillon du 149e R.I. défend la lisière sud au K 28. Nos sections remarquent, à partir de 10 h 00, le glissement d’unités allemandes qui sautent la voie ferrée et s’infiltrent par un ravin entre le 2e bataillon du 149e R.I. et la 4e compagnie du 90e R.I. Un peloton de la 1ère compagnie vient renforcer notre ligne, mais le mouvement tournant de l’ennemi, bien que très meurtrier pour lui, ne s’en poursuit pas moins. Une compagnie du 149e R.I. (capitaine Jeske) est appelée à son tour pour s’opposer à cet enveloppement. Nous tenons les positions jusqu'à la nuit, mais l’ennemi est en force si considérable qu’un bataillon du 122e R.I. doit participer aussi à la défense.

Les compagnies de notre régiment brûlent 400 cartouches par homme sans parvenir à bloquer l’ennemi qui charge par 3 fois nos tranchées entre 18 h 00 et 24 h 00.

La 4e compagnie contre-attaque à la baïonnette et parvient à garder nos positions à la suite de cette offensive.

Du côté des Allemands :

Historique du I.R. n° 105.

Le 1er bataillon et la compagnie de mitrailleuses sont avancés jusqu’au bois de Camp, à 500 m au sud-est de Klein-Zillebeke, ou ils s’enterrent. Ils tirent profit des couverts locaux. Le tir violent de l’artillerie et de l’infanterie ennemie vise toute la position du I.R. n° 105.


 

Historique du I.R. n° 126.

Les éléments de la 82e brigade qui sont engagés à la gauche de notre 2e bataillon peuvent gagner du terrain. Les compagnies  occupent une position qui est tenue jusqu’au 16 novembre. (Relève).


 

Historique du I.R. n° 132.

L’ordre de la division préconise à la 61e brigade d’occuper fermement le bois à l’ouest de la voie ferrée, au nord du grand virage du canal. A 7 h 00, le brouillard est si dense que nous ne voyons rien à dix pas. La tranchée de la moitié gauche du 2e bataillon n’a pas été creusée pendant la nuit à la même hauteur que celle de la moitié droite.  Elle est vingt à trente pas plus loin. Il  faut donc relier les deux. Vers 12 h 00, le brouillard se lève brusquement. Dans le champ de betteraves, devant la section de droite de la tranchée, qui se trouve à peu près à la hauteur de la section de gauche, nous découvrons une patrouille anglaise qui s’est approchée sous couvert du brouillard. Les anglais sont pris sous notre feu. Deux hommes seulement peuvent s’échapper jusqu’à la première ferme de Zwarteleen. Ils ont été trouvés 2 jours plus tard grièvement blessés.

Pendant toute la matinée, en dépit du brouillard, l’artillerie ennemie maintient un tir très violent. Nous pouvons tout de même réorganiser les unités et  faire face à l’ouest, contre le bois toujours menaçant sur le flanc gauche. Il n’est pas occupé par l’ennemi, mais seulement visité par des patrouilles. Sur la lisière ouest, les maisons sont fortement occupées.

Vers 11 h 00, nous faisons savoir qu’une attaque de la 61e brigade,  aux unités très mélangées, venant de l’est et orientée contre le bois, est impossible. Il est proposé d’engager le I.R. n°105 qui vient du sud. A 12 h 00, il est signalé l’apparition de tirailleurs français sur le talus de la voie ferrée. Il faut orienter les compagnies qui sont à l’ouest  contre celles-ci.

La brigade donne ces propositions à la division avec les difficultés qui peuvent se rencontrer. Celle-ci ordonne alors à 16 h 15, que le I.R. N°105 doit prendre la partie Sud du bois. La 61e brigade son tiers nord. La division se réserve encore  le droit de fixer l’heure de l’attaque. Finalement, elle renonce à son exécution. Les journées du 6 et du 7 novembre ont permis à la division de capturer 12 officiers et 730 hommes (anglais et français) e de prendre 3 mitrailleuses.

Historique du I.R. n ° 171.

Au cours de la nuit du 7 novembre, un transport de nombreux volontaires de guerre arrive. Ils renforcent la 12e compagnie pour ensuite rester à la disposition de l’E.M. du régiment. Pendant la nuit, nous regroupons les unités. Des munitions et du ravitaillement sont apportés. Ces mesures sont fréquemment perturbées par des tirs de surprise ennemis.

Le brouillard dense qui est encore présent le 7 au matin est mis à profit par l’ennemi pour effectuer une attaque-surprise à 7 h 00. Elle est dirigée sur l’aile gauche du I.R. n° 171. Elle échoue et les Anglais retournent sur leur ligne de départ après avoir essuyé des pertes. La 12e compagnie cède alors 2 sections au 1er bataillon et la 3e compagnie au 2e bataillon. Il faut parer aux nouvelles surprises. Vers 12 h 00, arrive l’ordre de la division de poursuivre l’attaque. Le I.R. n° 171 reçoit 2 compagnies du 8e B.C.P.et la 7e compagnie du I.R. n° 172. Le 1er bataillon doit poursuivre ses assauts contre les positions ennemies qui se trouvent dans la forêt.

 

À 14 h 00, lorsque le brouillard s’est enfin levé, et que la préparation d’artillerie a pu être effectuée, le 1er bataillon s’élance. Il parvient à pénétrer dans le bois et gagne 200 à 300 m de terrain. Mais bientôt, son attaque s’enraye.  Le 1er bataillon reste alors totalement isolé en pointe dans le bois avec son aile droite qui est fortement repliée. En effet, ni le I.R. n° 126, ni les compagnies de chasseurs engagées entre ce régiment et l’aile droite de notre 1er bataillon, ne sont parvenus à progresser. À la gauche de ce 1er bataillon, le 3e bataillon  qui a pu gagner du terrain ne peut pas résister à une contre-attaque ennemie qui se déclenche à 17 h 00. Après des tentatives de résistance très coûteuses en vies humaines, les 1er et 3e bataillons doivent se replier sur leurs positions de départ. Pour la nuit, les restes du 8e B.C.P. sont également placés sous les ordres du I.R. n° 171, tandis que ses  2 compagnies engagées restent en 1ère ligne. Les 2 autres compagnies sont placées dans le petit bois près de Groenenburg pour protéger le flanc droit. Pendant la nuit, les Anglais renouvellent leurs tentatives d’attaque sur les 1er et 3e bataillons. Ils tentent d’enfoncer ainsi notre flanc droit, mais sans résultat. Notre ravitaillement en vivres et en munitions s’en est trouvé perturbé et souvent on a dû entamer les rations de réserve.

Historique du I.R. n° 172.

Au  matin, de nombreux cadavres anglais gisent à quelques pas seulement devant notre position. Pendant les premières heures de la journée, il se déclenche un vif tir d’artillerie et d’infanterie qui doit se poursuivre toute la journée. L’attaque attendue ne vient pas.

Avec le 3e bataillon du 149e R.I. :

 

             Journ_e_du_7_novembre_1914__3e_bataillon_

 

J.M.O. de la 85e brigade d’infanterie.

Pendant la nuit du 6 au 7, les compagnies du 158e R.I. engagées avec le 3e B.C.P. et la 77e brigade progressent jusqu’à la hauteur d’une ligne nord-sud passant par la côte 74 (500 m à l’ouest du moulin de Spanbrock ) où les Allemands s’installaient.

Dans la journée la fusillade recommence des 2 côtés sans qu’on puisse avancer ni d’un côté ni de l’autre.

Le 3e  bataillon du 149e R.I. engagé en face de Wyschaete est retiré de la ligne et porté à la Clytte.

Extraits de l’ouvrage « Jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon » de Henri René aux éditions Perrin et Cie. 1917.

« Le 7 au soir, on nous a lancés à l’attaque, et en dépit de notre prodigieux éreintement, nous sommes allés jusqu’aux abords de la « ferme tragique ». Des mitrailleuses postées sur la hauteur de Spanbrock nous ont pris de flanc : il a fallu se coucher et attendre l’obscurité pour rallier nos tranchées. Après ce dernier effort, le commandant a osé ce qu’il n’avait jamais osé : il a demandé notre relève ! Nous laisser un jour de plus eût été une imprudence, car la limite des forces humaines était franchie. »

Du côté des Allemands :

Historique de l’I.R. 17e bavarois.

Deux tentatives d’attaques contre l’Eikhof ont échoué dans la journée. Des éléments du 1er et du 2e bataillon avaient progressé sur 100 m et s’y sont enterrés.

 

Références bibliographiques :

Pour les Allemands :  

Historique du I.R.  n° 17. Schick. München 1927.

Historique du I.R. n° 105. Baensch-Stiftung. Dresden 1929.

Historique du I.R. n° 126. Belser. Stuttgart 1929.

Historique du I.R. n° 132. Berlin 1932.

Historique du  I.R. n° 171. Stalling. Oldenburg 1927.

Historique du I.R. n° 172. Sporn. Zeulenroda 1934.

Tous ces historiques proviennent de la collection Herman Plote. Les traductions en français ont été réalisées par Herman Plote.

Pour les Français :

J.M.O. de la 33e brigade : Série 26 N 505/3.

J.M.O. de la 85e brigade : Série 26 N 26 N 520/10.

J.M.O. du 53e R.I. : Sous-série 26 N 644/5.

J.M.O. du 90e R.I. : Sous- série 26 N 668/1.

 

Tous ces J.M.O. sont consultables sur le site « S.G.A./Mémoire des hommes».

« Jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon. », d’Henri René aux éditions Perrin (1917).

Pour en savoir plus : 

«En avant quand même ! Le 53e R.I. de Perpignan dans la tourmente de la 1ère guerre mondiale ». Livre de Renaud Martinez. Publier aux Éditions l’Agence. 2007.

Un très grand merci à M. Bordes, à P. Casanova, à  A. Carobbi, à  J. Charraud, à J. Huret, à H. Plote, à M. Porcher, à A. Sauvaget ainsi qu’au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes.

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23 octobre 2010

"Et le temps, à nous, est compté."

                Montage_Alfred_Marquand

Il y a parfois des évènements heureux… Un livre qui évoque le 149e R.I. pendant les combats de Verdun, de la Somme, de la Champagne et de l’Aisne pour la période de mars 1916 à février 1918 va bientôt être publié C’est du très rare.  Que dis-je ! C’est de l’inédit…

« Et le temps, à nous, est compté. » Lettres de guerre d’Albert Marquand (1914-1919), est présenté et annoté par Francis Barbe, avec une postface du général André Bach, ancien chef du service historique de l’armée de terre.

 

Quelques éléments biographiques:

Albert Marquand est né à Troyes, le 13 décembre 1895. Sa famille s'installe dans l'Ardèche à Aubenas, lorsqu'il a 3 ans, pour exploiter une librairie. Il fait ses études à l'E.P.S. d'Aubenas. Appelé à 19 ans à Digne (3e R.I.), il monte au front au printemps 1915 pour le terrible combat de la Gruerie, incorporé dans le régiment de sa région le 55e R.I.. 

Blessé, il repart au front puis est évacué pour maladie. Après une convalescence, il est incorporé au 149e R.I. avec qui il fait campagne pendant 2 ans. Par la suite, sa culture et son savoir lui permettent de passer au 8e Génie, puis au service des interprètes à l'Armistice.

Libéré des obligations militaires, Albert Marquand reprend son activité de libraire avant de s'expatrier à Sedan toujours dans la même profession. Il mourra jeune, peut-être à cause de son exposition aux gaz de combat.

Présentation du livre par l’auteur :

Couverture_livre_d_Albert_Marquand«  Et le temps, en ce moment, à nous est compté. » C’est ce qu’écrit le sergent du 55e R.I. Marius Guilhon à sa famille à Saint-Jean-le-Centenier, le 28 juin 1915. Deux jours après, il trouve la mort dans le bois de la Gruerie. À ces côtés, Albert Marquand, originaire d’Aubenas en Ardèche et caporal dans le même régiment, est blessé. Au front depuis une dizaine de jours, le jeune homme de 19 ans comprend au cours de ce baptême du feu toute l’horreur de cette guerre, et la fragilité de la vie humaine dans cet enfer de feu et de fer. Depuis la mobilisation, en août 1914 jusqu’à son retour à la vie civile en 1919, Albert Marquand va entretenir avec sa famille une importante correspondance. Parti comme beaucoup confiant et patriote, il va peu à peu déchanter en découvrant la réalité de la vie au front. Comptant deux années et demie au front, il ne va pas manier la langue de bois pour dire son quotidien à ses proches qui, à l’arrière, n’en soupçonne pas les difficultés. Comme il l’écrit, «  une fois dans l’engrenage, on est bien pris. » Dans la tranchée, la mort, imprévisible, guette… Avec des mots pleins de force, il dit sa peur, sa volonté d’échapper à la tourmente, et apporte ainsi un témoignage sincère et de premier ordre sur la Grande Guerre et pour tenter de comprendre comment des millions de soldats ont-ils pu tenir ?

 Pour tous ceux qui sont intéressés par les témoignages, souvenirs ou correspondances d’anciens combattants de la Grande Guerre et qui souhaitent commander cet ouvrage, voici le bulletin de souscription.

 

Bon_de_souscription_1_149e_RI

 

Un grand merci à Francis Barbe et à Tristan de Chomereau.

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01 novembre 2010

Secteur sud-est d'Ypres. Journée du 8 novembre 1914.

             Carte_journ_e_du_8_novembre_1914__2e_bat

                              L_gende_carte_journ_e_du_8_novembre_1914

 Avec le 2e bataillon du 149e R.I. : 

J.M.O. de la 33e brigade d’infanterie.

Dans le secteur de droite, le commandant de la Bastide et le capitaine Pretet (2e bataillon du 149e R.I.) viennent rendre compte vers 21 h 00 du fait que les Allemands se sont infiltrés dans le bois au sud du canal et que la ligne de défense a du être reportée en arrière.

Une attaque de nuit ne réussit pas.

J.M.O. du 53e régiment d’infanterie.

0 h 25 : L’attaque a continué sa progression et la 1ère ligne arrive à 100 m environ de la lisière nord-ouest du bois de Klein-Zillebeke.

Le groupe de maisons de Zwarteleen est occupé par des fantassins ennemis qui prennent d’écharpe les troupes d’attaques. Une compagnie de renfort est chargée d’enlever ce groupe de maisons.

9 h 30 : Les premières lignes sont arrêtées à 100 m environ, par des tranchées ennemies depuis deux heures environ, sans pouvoir arriver à progresser davantage, par suite de la violence du feu ennemi. Ordre leur est donné de s’installer et de s’organiser, avant de pousser plus loin.

4 h 10 : La situation est la suivante : Le bataillon Saisset tout entier est déployé et est arrivé à 100 m de la lisière nord-ouest du bois de Klein-Zillebeke et il y creuse des tranchées à sa gauche, le reliant aux Anglais. Les deux compagnies du bataillon Dufor (la 9e compagnie est toujours restée à Voormezelle) renforcent la 1ère ligne des tranchées anglaises derrière le bataillon Saisset. Les 2 compagnies du bataillon Laffiteau sont en réserve et creusent des tranchées.

7 h 40 : L’ordre arrive de reprendre à 8 h 30 le mouvement offensif. Le 53e R.I. progresse dans la direction du château d’Hollebeke. Ce mouvement sera soutenu par des fractions du 90e R.I. et du 149e R.I. qui sont placées le long de la voie ferrée.

 

Malgré son extrême fatigue, le régiment, qui n’a pas eu une minute de repos depuis le 30 octobre, reprend le mouvement en avant. La progression est bientôt arrêtée de front par des feux de l’infanterie et des mitrailleuses, et en enfilade par des feux venant du nord-est de Klein-Zillebeke.

Les Anglais ont évacué toutes les tranchées entre le chemin de fer et la route.

10 h 00 : L’attaque n’a pu progresser, les tranchées anglaises ont été améliorées et réunies les unes aux autres. La progression est fortement renforcée par des travaux, mais malgré tous les efforts, il est impossible de pousser plus en avant.

12 h 00 : Les tranchées sont soumises depuis le matin à un violent bombardement, il est impossible de se montrer hors des tranchées.

12 h 00 : Le bombardement devient de plus en plus violent sur les tranchées de 1ère ligne qui sont démolies et les hommes ont les plus grandes peines à s’y maintenir.

Étant donné l’état d’épuisement des hommes, il ne peut plus être question d’attaque, si ce n’est avec des troupes fraîches ;

13 h 00 : Néanmoins, le régiment qui vient de recevoir un nouvel ordre d’attaque essaie encore une fois de se jeter en avant. Les Anglais inquiets font demander si nous tenons alors que le régiment va attaquer. Le colonel leur demande leur appui, mais ils répondent qu’ils ne peuvent attaquer et nous souhaitent « un heureux événement ».

14 h 00 : Un bombardement plus violenta complètement détruit les tranchées de 1ère ligne. Quelques hommes de ces tranchées ont reflué en arrière, par la voie ferrée, mais ils sont bientôt ramenés à leur place et la situation un instant compromise est rétablie. L’attaque est reprise.

15 h 15 : Le bataillon Dufor débouche lentement sur la gauche, en liaison avec les Anglais qui ne bougent toujours pas.

18 h 30 : Le bataillon Dufor gagne du terrain, il progresse dans le bois. Il arrive à une cinquantaine de mètres de mitrailleuses allemandes qu’il se dispose à enlever à la baïonnette, lorsque les Anglais, voyant un mouvement dans le bois, ouvrent sur lui un violent feu de mitrailleuses. Sous ce double feu, le bataillon Dufor est obligé de refluer et perd ainsi la partie du bois qu’il avait conquise.

Il se cramponne au village de Zwarteleen dont il tient les lisières, ayant à sa gauche une fraction, en liaison directe avec la droite anglaise. Sur le reste du front, la situation n’a pas changé, mais les hommes sont de plus en plus fatigués, tant par le bombardement ininterrompu, que par le manque total de sommeil depuis 4 jours.

22 h 30 : Malgré cela, un nouvel ordre d’attaque est reçu pour 23 h 30.

Le 1er bataillon devra se maintenir dans ses tranchées, et soutenir par un feu violent les 3 compagnies du bataillon Dufor, qui reçoivent l’ordre de déboucher de Zwarteleen. À la même heure, une contre-attaque sera tentée sur notre droite, entre la voie ferrée et le canal, pour repousser des infiltrations ennemies qui se sont produites dans les bois.

23 h 30 : L’attaque est tentée, mais elle ne peut pas débouchée.

J.M.O. du 81e régiment d’infanterie.

En exécution d’un ordre du général commandant l’armée, le 3e bataillon dans les tranchées de Strombeck, est mis à la disposition du général Moussy. Il se rend par Wielje, Saint-Jean, Potyze dans la direction nord de Zillebeke. Le 2e bataillon tient seul les tranchées de Stombeck.

Au matin, le 1er bataillon en réserve de division à Saint-Jean se porte également dans la région nord de Zillebeke.

Ces deux bataillons sont au bivouac, en attendant de nouveaux ordres. Le 3e bataillon est remis à la disposition du colonel commandant le 81e R.I. qui reçoit l’ordre de se porter dans la direction de la ferme Blawe-Poort, avec mission d’organiser une ligne de défense entre la voie ferrée et le canal.


Du côté des Allemands :

 

Historique du I.R. n° 105. 

À cette date le groupe d’assaut von Linsingen est constitué. Il est sous les ordres du général commandant le IIe C.A.. Ce groupe est composé du XVe C.A. et du corps combiné Plettenberg ( ?) (Garde prussienne). Le I.R. n° 105 reçoit l’ordre d’attaquer les positions ennemies dans le bois nord du grand virage du canal, à l’ouest de la voie ferrée. Pour cela, 3 compagnies du I.R. n° 132 et 2 compagnies du 15e bataillon de génie sont placées sous ses ordres.

À 13 h 15 arrive l’ordre de  déclencher l’attaque à 14 h 00. Les unités trop mélangées ne peuvent pas être réorganisées si vite. L’attaque est donc ajournée jusqu’à 15 h 00. Le régiment dépasse le talus de la voie ferrée aux roulements de tambours, tandis que sa musique placée derrière la clique joue la « marche d’attaque ». Simultanément, les mitrailleuses, qui sont engagées en position surélevée d’un talus, tirent par-dessus les troupes d’assaut, sur les positions ennemies dans le bois.

Les attaquants essuient déjà de lourdes pertes en franchissant le talus. Celui-ci est sous le feu des mitrailleuses ennemies qui tirent de flanc depuis les cotes 59 et 60. Les compagnies des 2e et 3e bataillons réussissent à pénétrer dans le bois et gagnent 200 m de terrain. Elles prennent plusieurs bouts de tranchées et font quelques prisonniers. L’attaque s’enraye en raison des pertes élevées, notamment à la suite des tirs de flanc depuis les cotes 59 et 60. Au 3e bataillon, ce tir a eu des effets les plus meurtriers. Sa 12e compagnie a réussi  à franchir le talus de la voie ferrée. Les compagnies qui sont à sa droite sont clouées sur place sur les positions de départ, par le tir de flanc ennemi. Elles ne sont pas parvenues à franchir le terrain dégagé devant leur secteur, dominé par le feu des mitrailleuses ennemies.

Pour protéger le flanc ouvert du 2e bataillon, la 2e compagnie avance et nous nous replions un peu sur cette aile. Une section de la 1ère compagnie relance l’attaque enrayée du 2e bataillon. Nous parvenons ainsi à prendre la tranchée la plus avancée de la nouvelle ligne de défense ennemie. Nous faisons des prisonniers. Puis l’attaque prend définitivement fin, suite aux pertes importantes.

Dans l’après-midi, nous engageons encore toutes les mitrailleuses du régiment en 1ère ligne ainsi qu’un canon de 77 du F.A.R. 66 à hauteur du virage du canal, sur la route reliant le château de Hollebeke à Verbranden-Molen. Il faut porter l’attaque plus loin. Mais cela reste irréalisable pour l’instant, à cause du tir ennemi très violent.

Historique du I.R. n° 126. 

Le I.R. n° 105 a pris d’assaut plusieurs tranchées françaises dans le bois entre la voie ferrée et la route de Verbranden-Molen. La 30e D.I. qui est à la droite de la 39e D.I., repousse une attaque anglaise avec de lourdes pertes pour l’assaillant.


Historique du I.R. n° 132. 

Il faut tenir la position, mettre de l’ordre dans les unités et retirer les réserves. Dans la nuit du 8 novembre, les Anglais et les Français fortifient leurs positions, surtout  sur la cote 60 à l’ouest de Zwarteleen, dans le quartier nord du village et sur son glacis. À 11 h 40, la division ordonne au I.R. n° 105 de prendre le bois à l’ouest de la voie ferrée. Elle place pour cela sous ses ordres, 3 compagnies de notre 3e bataillon (10e, 11e et 12e compagnies) près de son aile droite.

Au terme d’une préparation d’artillerie de 2 heures, l’attaque débute à 15 h 15. Elle n’a que quelques succès à l’aile gauche du I.R. n° 105. À l’aile opposée, le 3e bataillon essuie un tir frontal et de flanc. Ce tir venant du nord-ouest est si violent, qu’en dépit des réclamations permanentes du I.R. n° 105, et des instances de commandement supérieures, l’attaque s’enraye. Notre bataillon a de lourdes pertes. Le chef de bataillon est tué, les compagnies n’ont plus d’officiers. Il avait déjà été très difficile de faire sortir les hommes de la tranchée pour les faire attaquer.

Historique du I.R. n° 171.

Pour le 8 novembre, il est ordonné de tenir la ligne atteinte et d’effectuer des reconnaissances des positions ennemies. En plusieurs endroits, il tente aussi des attaques, mais sans succès. Une patrouille de reconnaissance de la 9e compagnie est capturée en totalité par les Anglais.

Historique du  I.R. n° 172.

Dans la nuit du 8 novembre, vers 1 h 00, les Anglais essayent à nouveau une attaque par surprise. Elle est repoussée aisément.

Les 8 et 9 novembre, le tir d’artillerie se poursuit.


Avec le 3e bataillon du 149e R.I. :

 

Extraits de l’ouvrage « Jours de gloire, jours de misère Histoire d’un bataillon » de Henri René aux éditions Perrin et Cie. 1917.

«  Le 8 au matin, nous arrivons au repos à la Clytte. Voici des toits, peut-être de la paille… Hélas ! Il faut rester dehors, au bivouac dans la boue, tout est bondé. Malgré ce désenchantement, on apprécie à sa juste valeur, à défaut de confortable, le calme de l’atmosphère, la pensée que le bruit du canon restera distant de quelques kilomètres. »

Extraits de l’ouvrage « Souvenirs d’un médecin major 1914-1917.», d’Édouard Laval aux éditions Payot ((1932). 

 Souvenirs_d_un_m_decin_major« … Le 149e R.I. est au repos dans le village (La Clytte). Il l’a bien mérité, après cinq jours de tranchées.Beaucoup d’hommes ont les mains qui tremblent. Effet physique dû à l’ébranlement prolongé des centres nerveux par l’explosion des obus de fort calibre. Ces pauvres diables sont des héros. Ils circulent tranquillement, la capote toute jaune de terre, les mains gonflant les poches, la pipe au coin de la bouche. Or, en les regardant de près, on s’aperçoit que chez beaucoup d’entre eux, la capote est trouée comme des drapeaux glorieux des Invalides, que chez d’autres, c’est le képi qui est traversé, ou encore le soulier. Vestiges émouvants de la bataille dont ils ne songent guère à tirer vanité, sans doute parce qu’ils sont tous ainsi… » 

Références bibliographiques :

Pour les Allemands :

Historique du I.R. n° 105. Baensch-Stiftung. Dresden 1929.

Historique du I.R. n° 126. Belser. Stuttgart 1929.

Historique du I.R. n° 132. Berlin 1932.

Historique du  I.R. n° 171. Stalling. Oldenburg 1927.

Historique du I.R. n° 172. Sporn. Zeulenroda 1934.

 

Tous ces historiques proviennent de la collection Herman. Plote. Les traductions en français ont été réalisées par Herman Plote.

Pour les Français :

J.M.O. de la 33e brigade : Série 26 N 505/3.

J.M.O. du 53e R.I. : Sous-série 26 N 644/5.

J.M.O. du 81e R.I. : Sous- série 26 N 664/10.

Tous ces J.M.O. sont consultables sur le site « S.G.A./Mémoire des hommes».

« Jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon », d’Henri René aux éditions Perrin (1917).

« Souvenirs d’un médecin-major 1914-1917. », d’Édouard Laval aux éditions Payot ((1932). 

Un très grand merci à M. Bordes, à  A. Carobbi, à J. Huret, à H. Plote, et à M. Porcher. De nouveau je viens remercier le Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes. 

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05 novembre 2010

Secteur sud-est d'Ypres, journée du 9 novembre 1914.

             Carte_journ_e_du_9_novembre_1914

                                 L_gende_carte_de_la_journ_e_du_9_novembre_1914

 Avec le 2e bataillon du 149e R.I. :

 Le groupement Vidal se trouve dans le secteur depuis la veille. Il est composé pour l’infanterie des unités suivantes :

 

2 bataillons du 32e R.I..

2 bataillons du 160e R.I..

2 bataillons du 81e R.I..

1 bataillon du 122e R.I..

J.M.O. de la 33e brigade d’infanterie.

L’ordre pour le 9 novembre prescrit de prendre l’offensive dans la direction de Klein-Zillebeke. Mais l’offensive du secteur de droite ne peut repérer les Allemands au-delà du canal. Elle ne réussit pas à rétablir notre liaison face au front d’Hollebeke et dans le bois triangulaire, dans l’angle, entre le canal et la voie ferrée.

La répartition des troupes dans le secteur est faite de la façon suivante.

Secteur de droite :

Commandant du secteur : colonel Aubert du 81e R.I..

Il dispose de :

2 bataillons du 90e R.I. : 850 hommes.

1 bataillon du 149e R.I. : 700 hommes  (2e bataillon).

1 bataillon du 122e R.I. : 800 hommes.

1 bataillon du 81e R.I. : 800 hommes.

Ce secteur s’étend, depuis le long du canal de l’écluse n° 7 bis inclus jusqu’à la voie ferrée incluse en liaison à droite avec le groupement Alexis.

Secteur de gauche :

Commandant du secteur : lieutenant-colonel Michel du 53e R.I.. Il dispose de :

12 compagnies du 53e R.I..

2 bataillons du 68e R.I. : 500 hommes.

1 bataillon du 268e R.I. : 230 hommes.

Ce secteur s’étend de la voie ferrée exclue à la droite anglaise.

Réserve générale : 1 bataillon du 81e R.I..

J.M.O. du 53e régiment d’infanterie.

5 h 30 : L’attaque ne progresse pas, mais toutes les positions sont maintenues.

J.M.O. du 81e régiment d’infanterie.

1er et 3e bataillons du 81e R.I. :

 

Le secteur de défense affecté au 81e R.I. qui va du canal sur l’Yser à la voie ferrée, est tenu par les 1er et 3e bataillons du 81e R.I., par le 2e bataillon du 122e R.I., par deux bataillons du 90e R.I. et un bataillon du 149e R.I.. Le groupement doit profiter de toutes les occasions pour chercher à  progresser dans la direction de Klein-Zillebeke. Il ne doit pas nuire à la relève de 1ère ligne. Les bataillons doivent travailler à rendre le front inviolable et à améliorer la 2e ligne. Le front est divisé en trois secteurs. Le P.C. du colonel est à la ferme Blauwe-Poort.

Du côté des Allemands :

 

Historique de l’I.R. 105.

Une section de la 3e compagnie est engagée pour couvrir le flanc du 3e bataillon qui est lui-même engagé à l’aile gauche, tandis que le reste de la 1ère compagnie occupe une brèche entre les 2e et 3e bataillons. Les 2/3 restant de la 3e  compagnie s’enterrent comme réserve du régiment au versant est du talus de la voie ferrée, à peu près à hauteur du grand virage du canal. Au soir arrive l’ordre de restituer l’I.R. 105 à la 30e D.I..  Il occupe un secteur dont l’aile droite s’appuie au coin sud du bois au sud de Verbranden-Molen. Son aile gauche au virage du canal. Au début de la nuit, la 2e compagnie, le 2e bataillon et 1/3 de la 1ère compagnie sont relevés par l’I.R.99. L’effectif de combat de l’I.R.105 est encore de 15 officiers, de 15 aspirants et de 1200 hommes de troupe.

Historique de l’I.R. 126.

Après avoir reçu de nouveaux renforts, le corps combiné Plettenberg (XVe C.A., 2e D.I. de la garde et 4e D.I.) constitue le groupe von Linsingen. Le groupe von Fabeck (avec les bavarois)  reçoit l’ordre de poursuivre l’attaque à l’ouest du canal de l’Yser à la Lys. La 30e D.I. est remplacée, à la droite du C.A., par la 4e D.I.. Elle est placée à l’aile gauche du corps où elle doit progresser entre la voie ferrée et le canal, pour soutenir l’attaque de la 39e D.I. contre Zillebeke.

Jusqu’au 12 novembre 1914, la 61e brigade réussit à prendre les ruines du petit village de Zwarteleen. Partout les unités sont fortement mélangées. Au sous-secteur de droite, environ 200 soldats de nos 1er et 3e bataillons sont mélangés avec des hommes de l’I.R.171 et de l’I.R.172. Le nombre de soldats de l’I.R.126 dans le sous-secteur de gauche, maintenant stabilisé ne peut même pas être déterminé. La météo reste mauvaise. La boue monte jusqu’aux genoux sur les chemins et dans les champs. La route de Zandvoorde est parsemée d’entonnoirs d’obus remplis d’eau. Partout, il y a des cadavres d’hommes et de chevaux. Le ravitaillement de la 1ère ligne reste précaire en permanence. Les cuisines roulantes ne peuvent avancer que dans la nuit et seulement jusqu’à Basseville-Cabinet. La route par Calvaire-Zillebeke où toute la circulation derrière le front de 5 régiments doit se dérouler est constamment sous le feu de l’ennemi (infanterie et artillerie). Les pertes y sont nombreuses. La corvée marche alors de 3 à 4 heures dans la boue, à travers champs. La soupe arrive souvent froide.

Historique de l’I.R. 132.

 

L’ordre de la division préconise à la 61e brigade d’occuper fermement le bois à l’ouest de la voie ferrée, au nord du grand virage du canal. À 7 h 00, le brouillard est si dense que nous ne voyons rien à 10 pas. La tranchée de la moitié gauche du 2e bataillon n’a pas été creusée pendant la nuit à la même hauteur que celle de la moitié droite. Elle est à 20 à 30 pas plus loin. Il  faut donc relier les deux. Vers 12 h 00, le brouillard se lève brusquement. Dans le champ de betteraves, devant la section de droite de la tranchée, à peu près à la hauteur de la section de gauche, nous découvrons une patrouille anglaise qui s’est approchée sous couvert du brouillard. Les Anglais sont pris sous notre feu. Deux hommes seulement peuvent s’échapper jusqu’à la première ferme de Zwarteleen. Ils sont retrouvés 2 jours plus tard, grièvement blessés.

Pendant toute la matinée, l’artillerie ennemie maintient un tir très violent, en dépit du brouillard. Nous pouvons réorganiser les unités et leur faire face à l’ouest, contre le bois toujours menaçant dans le flanc gauche. Il n’est pas occupé par l’ennemi, mais seulement visité par des patrouilles. Les maisons sur la lisière ouest sont fortement occupées.

Vers 11 h 00, nous communiquons qu’une attaque de la 61e brigade qui est toujours trop mélangée, venant de l’est et orientée contre le bois, n’est pas possible. Il est proposé d’engager l’I.R.105 qui vient du sud. À 12 h 00,  a été signalée l’apparition de tirailleurs français sur le talus de la voie ferrée. Il faut orienter les compagnies de l’ouest contre celles-ci.

La brigade donne ces propositions à la division ainsi que les difficultés qui peuvent se rencontrer. Celle-ci ordonne alors à 16 h 15, que l’I.R.105 prenne la partie sud du bois, la 61e brigade son tiers nord. La division se réserve encore pour fixer l’heure de l’attaque, mais elle a finalement renoncé à son exécution. Les journées du 6 et du 7 novembre ont apporté à la division 12 officiers et 730 hommes capturés (anglais et français) et la prise de 3 mitrailleuses.

Historique de l’I.R. 171.

 

L’ennemi tente à nouveau d’ébranler notre front par des tirs-surprises de son artillerie. Il essaye ensuite de le percer avec son infanterie. Malgré nos désavantages (mélange des unités, pertes élevées, épuisement total de la troupe), cela ne réussit pas. Le front tient. L’ordre de division distribué dans la soirée préconise la reprise de l’offensive pour le lendemain.

Historique de l’I.R. 172.

L’ennemi s’est tellement renforcé que la poursuite de l’attaque pose de plus en plus de problèmes. Le temps est froid et brumeux. Durant des jours, les soldats n’ont pas pu quitter leurs uniformes mouillés. 11 jours d’attaques, un ravitaillement et un repos insuffisants ont épuisé les forces des fantassins. Il faut toute l’énergie de ses officiers encore présents pour garder les sentinelles éveillées. Le regroupement est achevé le 9 novembre. Une nouvelle attaque est ordonnée pour le 10 novembre.

Avec le 3e bataillon du 149e R.I. :

J.M.O. de la 85e brigade d’infanterie.

Le 3e bataillon du 149e R.I. et les 2 bataillons du 158e R.I. partent à 10 h 00 pour se rendre à l’ouest de Dickebuch. Ils cantonnent le 9 au soir dans les fermes de Mille-kapelle et de  Millekapelleken. L’E.M. de la brigade cantonne à Millekapelleken. Les unités du 149e R.I. et celles du 158e R.I. se renforcent d’un détachement composé en grande partie de territoriaux.

À 18 h 30 le général Dumezil reçoit avis de sa nomination au commandement de l’artillerie de la 10e armée. Le colonel Trouchand du 162e R.I. est nommé commandant de la brigade. Le commandement provisoire est donné au lieutenant-colonel Escallon du 149e R.I..

Extraits de l’ouvrage « jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon » de Henri René aux éditions Perrin et Cie. 1917.

« Le 9, arrivée de renforts : des territoriaux de Seine-et-Marne. Ils sont cinq cents, destinés à l’ensemble du régiment. Ils sont à peine suffisants pour nous, après les pertes que nous venons de subir. Le colonel décide de nous les affecter momentanément. Nous les rendrons dans quelques jours aux autres bataillons, s’il en est encore temps. Amalgame. Refonte des effectifs et des cadres. Les capitaines I… et G… sont de retour du dépôt. Ils sont à peine guéris de leurs blessures d’août. Ils se mettent à la tête des 9e et 12e compagnies. » 

 
Du côté des Allemands:

 

Historique de l’I.R. 17e bavarois.

La poursuite de l’attaque est ordonnée. Il faut essayer d’occuper la ligne des collines qui va du canal jusqu’à Saint-Eloi. Il y a quelques succès partiels. Le 3e bataillon a ainsi pu prendre deux tranchées ennemies et faire 72 prisonniers. Le soir, les Français font une contre-attaque. Les deux tranchées sont de nouveau perdues.

Historique de l’I.R. 18e bavarois.

L’attaque est renouvelée. Nous sommes enfin parvenus à prendre la position ennemie dont le tir de flanquement nous a infligé tant de pertes. De nouveau 30 Français sont capturés. Le 3e bataillon est également engagé. Dans la soirée, nous avons pris d’assaut « la tuilerie » (Ziegelei), qui est située à environ 400 m au nord de la digue (Dammstrasse). Nous faisons 40 prisonniers. À cette occasion, le caporal Dreyer de la 10e compagnie s’est particulièrement distingué. Il a pénétré latéralement avec 3 hommes, dans la tuilerie. Dès l’instant où ces quelques hommes sont arrivés dans le coin par le devant, ils se sont trouvés brusquement confrontés à une tranchée qui est occupée par une trentaine de Français. Grâce à la décision spontanée du caporal, les occupants français se sont rendus, car ils sont très impressionnés. Le caporal Dreyer a été décoré de la médaille de bravoure en argent. La position de l’I.R.18 est maintenant très en pointe et la troupe n’a pas de liaison. Néanmoins, elle tient, et la ferme est fortifiée de tous les côtés.

L’état de la troupe, sa situation physique et sa valeur au combat s’amenuisent de jour en jour davantage. La discipline se relâche   également par manque de chefs, mais aussi parce que la troupe est épuisée par les éternelles attaques lourdes en pertes. De nombreuses maladies font leur apparition, même parmi les officiers. Le temps est particulièrement défavorable. Les épais brouillards des plaines des Flandres alternent avec les tempêtes de novembre et des journées entières de pluie. Les tranchées mal construites se remplissent d’eau. Les quelques chefs encore indemnes ont bien du mal à tenir en main les unités mélangées qui se désagrègent de plus en plus. Ces dernières  doivent faire preuve de toute leur dernière énergie. Dans ces conditions, il est compréhensible que la disponibilité de la troupe pour continuer à attaquer diminue. Les progrès deviennent de plus en plus minimes, les jours suivants.

Références bibliographiques :

Pour les Allemands :

Historique du I.R.  n° 17. Schick. München 1927.

Historique du I.R.  n° 18. Bayer. Kriegsarchiv. München 1926.

Historique du I.R. n° 105. Baensch-Stiftung. Dresden 1929.

Historique du I.R. n° 126. Belser. Stuttgart 1929.

Historique du I.R. n° 132. Berlin 1932.

Historique du  I.R. n° 171. Stalling. Oldenburg 1927.

Historique du I.R. n° 172. Sporn. Zeulenroda 1934.

Tous ces historiques proviennent de la collection Herman Plote. Les traductions en français ont été réalisées par Herman Plote.

Pour les Français :

J.M.O. de la 33e brigade : Série 26 N 505/3.

J.M.O. de la 85e brigade : Série 26 N 26 N 520/10.

J.M.O. du 53e R.I. : Sous-série 26 N 644/5.

J.M.O. du 81e R.I. : Sous- série 26 N 664/10.

Tous ces J.M.O. sont consultables sur le site « S.G.A./Mémoire des hommes».

« Jours de gloire, jours de misère. Histoire d’un bataillon », d’Henri René aux éditions Perrin (1917).

Un très grand merci à M. Bordes, à P. Casanova, à  A. Carobbi, à  J. Charraud, à J. Huret, à H. Plote, à M. Porcher ainsi qu’au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes.

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11 novembre 2010

Une rage de dents au 149e R.I..

Dentiste_4Je remercie le docteur Sylvie Augier qui m’autorise à utiliser de larges extraits de sa thèse consacrée aux chirurgiens-dentistes français pendant la 1ère guerre mondiale. Les passages de son travail qui pourront être lus ici accompagnent trois clichés représentant des dentistes en situation d’exercice professionnel. Une chaleureuse poignée de main à Stéphan Agosto pour la réalisation du dessin qui accompagne ce thème. Dessin qui permet de faire la transition entre le 149e R.I.et le sujet abordé.

Les dures épreuves de la guerre font du soldat, un homme qui peut être très rapidement exténué. Il est souvent sujet à de nombreuses infections. Au début de la guerre, l’équipement en matière d’hygiène est plus que rudimentaire. Par contre, il va de soi que tout deuxième classe, digne de ce nom, ne se débarrasse pas de sa brosse à habits, de sa brosse à chaussures et de son cirage ! L’hygiène dentaire des hommes de troupe est quasi inexistante. De ce fait, les maux de dents se font rapidement sentir.  De plus, ils sont régulièrement victimes, surtout au début de la guerre (avant le port du casque), de blessures de la face et des maxillaires. Au début du conflit, le service dentaire n’existe pas. La demande de soins est telle que seuls les chirurgiens-dentistes appelés comme simples soldats ou comme infirmiers peuvent soulager leurs camarades avec le matériel dont ils disposent. Il faudra attendre 1916 pour que le corps des dentistes militaires soit créé et pour, que s’organisent les services dentaires et stomatologiques…

Avant la déclaration de guerre, l’utilisation des chirurgiens-dentistes n’avait pas été prévue du point de vue militaire. Il n’existait que quelques cliniques régimentaires et hospitalières, créées à la suite des circulaires de Charon datant du 10 octobre 1907. Ces circulaires « préconisent l’inspection dentaire des militaires, l’établissement de fiches dentaires et le traitement de la bouche et des dents du régiment. » Le rôle et les attributions du dentiste à l’armée ne sont d’ailleurs pas définis. Aucune hiérarchie n’est établie pour diriger et coordonner les services que l’on tente de créer.

L’hygiène buccale est médiocre, voire inconnue. Un dentiste se plaint en 1916 de la proportion effrayante d’hommes qui ne prennent aucun soin de leurs dents. En province, on peut affirmer qu’environ 90 % de la population ignore l’usage de la brosse à dents. Pourtant,  quelques années plus tôt, un médecin inspecteur général, un précurseur presque révolutionnaire, avait émis l’idée audacieuse pour l’époque que chaque soldat pût toucher une brosse à dents à son arrivée au corps. Sa demande ne fut pas inutile puisqu’une poche de son havresac fut prévue pour recevoir le précieux objet… qui ne fut jamais distribué !

L’hygiène lamentable ajoutée aux nombreux séjours prolongés dans les tranchées réveille de nombreuses douleurs dentaires. Beaucoup de causes sont à l’origine de troubles sérieux du tube digestif, de lésions dentaires et buccales. Parmi elles, il faut retenir, l’alimentation trop carnée, la sédentarité qui empêche les soins d’hygiène et de manière plus générale, la mauvaise assimilation qui constitue une moindre résistance aux agents infectieux qui se localisent dans la bouche.

Dentiste_1Le besoin de soins est tel que, dans certaines formations dépourvues de dentiste, un simple infirmier extrait les dents, à l’aide d’un davier démodé, pour soulager ses camarades. L’installation est précaire. Un fauteuil et quelques sièges, une brouette renversée recouverte d’une serviette, deux fascines et une haie comme paravents… Le cabinet dentaire est installé ! Cependant, l’organisation commence à apparaître. Les dentistes eux-mêmes participent financièrement à la mise en place d’une structure. L’État ne possède en effet que de la boite de stomatologie n° 6 qui se trouve dans chaque ambulance. Les actions individuelles démontrent la volonté, le dévouement ainsi que l’ingéniosité des dentistes qui ont de la chance d’être affectés logiquement dans leur spécialité, même s’ils demeurent simples soldats ou sous-officiers. Le matériel souvent fort restreint de ces praticiens du front avancé ne leur permet de donner, au début, que les soins urgents. Ils ne possèdent que quelques instruments personnels, faciles à transporter rapidement. Peu à peu, la nécessité et l’expérience aidant, ils arrivent à appliquer dans de nombreux cas le traitement conservateur.

Pour faire face aux demandes stomatologistes et dentaires, les dentistes devancèrent très souvent les lois et les décrets, heureusement pour les soldats.

Naissance du dentiste militaire :

La guerre des tranchées démontre chaque jour l’incontestable utilité des dentistes. Dans chaque formation, ils apportent un concours bénévole avec le plus grand dévouement et la plus grande émulation. Mais n’est-il pas surprenant qu’il ait fallu cette terrible guerre pour que l’armée se décide enfin à accorder aux chirurgiens-dentistes la place légitime qui leur est due dans le personnel du service de santé ? Une importante réforme en 1916 a pu être accomplie. Quand le décret du 26 février 1916 crée le corps des dentistes militaires, il apparaît les postes dentaires des groupes de brancardiers de corps d’armée et de division.

Rôle du dentiste militaire :

Son rôle est double : il est militaire et technique. Les dentistes militaires doivent toujours faciliter l’œuvre du commandement. Ils sont Dentiste_2destinés à traiter les mâchoires des blessés et à maintenir le taux d’effectifs. Ils soignent les dents ou les remplacent s’il y a lieu afin de permettre aux combattants d’assimiler leur ration. Ils doivent récupérer, pour les effectifs du front, un grand nombre d’édentés rendus inaptes. Ils doivent soulager la souffrance par tous les moyens qui sont à leur disposition. Leur action en ce sens, est facilitée par l’organisation du service dentaire et, de ce fait, peut s’élargir et s’améliorer. De nombreux officiers et soldats, grâce aux soins des dentistes, peuvent trouver un soulagement immédiat pour des douleurs qui les auraient tenus éloignés plus ou moins longtemps de leur poste.

Évolution du statut de dentiste militaire :

Tout soldat peut accéder au grade de sous-officier et d’officier par sa bravoure, sa conduite ou son dévouement. Cette règle générale n’est cependant pas valable pour le chirurgien dentiste, quelle que soit sa valeur professionnelle. Pourtant, il court exactement les mêmes dangers que les médecins auxiliaires et les aides-majors. Il est à la peine sans être à l’honneur. Aussi, de nombreuses propositions sont faites pour essayer de mettre en place une hiérarchie dans le service dentaire qui serait comparable à celle du reste du service médical. Le 8 octobre 1918, un projet de loi est voté. Le grade d’officier dentiste est validé. Après un court débat, les parlementaires auront reconnu unanimement les indéniables services rendus à la défense nationale par cette profession. Après les difficultés qu’il a fallu vaincre, le dentiste, simple soldat en 1914, dentiste militaire adjudant en 1916, acquiert enfin la possibilité de devenir officier à la fin du conflit.

Dentiste_3Sources bibliographiques :

« Les chirurgiens-dentistes français aux armées pendant la première guerre mondiale (1914-1918) Organisation d’un service dentaire et stomatologie. Thèse pour le doctorat d’État de docteur en chirurgie dentaire réalisée par Sylvie Augier. Année 1986.

Pour en savoir plus :

«Larousse médical illustré de guerre» par  Galtier-Boissière. Librairie Larousse, Paris 1917. Pages 71-72.

«La direction du service de santé en campagne» de Toussaint. 1915.

«Chirurgie réparatrice maxillo-faciale, autoplasties, prothèse, restauration» par M. Virenque. Librairie Maloine. Paris 1940.

«Les centres d’édentés durant la guerre 1914-1918» de J. Chambenoit. Thèse pour le doctorat d’État de chirurgien-dentiste. Paris 1973.

Un grand merci à Sylvie Augier et à Stéphan Agosto.

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17 novembre 2010

En route pour Souain avec la 4e compagnie...

                 Montage_Paul_Monne__Souain_


De nouveau un très grand merci au docteur Gilbert Monne pour son autorisation de publier sur le blog du 149eR.I. ce texte inédit qui a été écrit par son père, le sergent Paul Monne.

À la fin du mois d’août 1914 (je ne me rappelle plus la date exacte) après la victorieuse bataille au col de la Chipotte, la 4ecompagnie du 149e R.I. se regroupera à Saint-Benoît (Vosges).

Nous y sommes restés un jour et une nuit. Le lendemain, nous partions vers Rambervillers. Tout le long du parcours, nous avons rencontré beaucoup d’autres soldats du 21e C.A. qui allaient, eux aussi, dans la même direction. Ils étaient également très nombreux dans la campagne et marchaient à travers champs et prairies.

Dès notre arrivée à Rambervillers, nous avons occupé, le parc du château Sainte-Lucie qui se trouve sur la route de Roville-aux-Chênes. Nous avions l’ordre de surveiller dans la direction de Baccarat et de creuser des tranchées le long du pourtour du parc. Après un séjour de plusieurs jours assez calme d’ailleurs puisqu’il est seulement tombé quelques obus allemands sur la ville, nous étions relevés.

.

                 Carte_Saint_Beno_t_Saint_Gorgon

 

Nous avons changé de cantonnement, mais en restant à Rambervillers. Dès notre arrivée, nous accueillions un important renfort de soldats. Ils venaient combler les vides causés par les lourdes pertes subies depuis le violent combat d’Abreschviller. Dans le même temps, nous avons reçu un très important ravitaillement alimentaire, car les réserves étaient épuisées.Le capitaine Altairac m’a remis un bon pour réquisitionner du vin chez un grossiste. Si mes souvenirs sont exacts, ce commerçant se trouvait sur la rue de la gare et se nommait Grandcolas. Tout ce ravitaillement fut très bien accueilli et le quart de vin très apprécié par tous les soldats.

Après un repos de quelques jours, nous sommes partis à Saint-Gorgon où nous sommes restés seulement un jour et une nuit. 

Le lendemain matin, de très bonne heure, nous reprenions la direction d’Épinal. Nous nous sommes arrêtés à Girecourt-sur-Durbion où nous avons cantonné. La compagnie a couché sur de la paille, dans une grange d’agriculteur, le capitaine Altairac avec ses soldats. Par crainte d’alerte, il était expressément défendu d’enlever ses chaussures. Nous ignorions ce qui se passait et nous nous demandions où on nous conduisait.

Le lendemain, dès l’aube, nous nous dirigions vers Aydoilles, puis Deyvillers, Jeuxey, Saut-le-Cerf, Golbey et enfin la gare de Darnieulles, terme de notre voyage à pied. Que de souvenirs nous rappelaient ces villages traversés. Les ponts du canal et de la Moselle où nous étions venus si souvent faire la corvée de lavage en temps de paix. Aussitôt, les soldats occupèrent le terrain qui se trouvait à proximité et y restèrent toute la journée se reposant sous le soleil bienfaisant. (A suivre…)

 

Un grand merci  à M. Bordes, à G. Monne et à M. Masson. 

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23 novembre 2010

Capitaine Philippe Altairac (1879-1961).

                 Capitaine_Philippe_Altairac

Philippe Altairac est né le 13 avril 1879 à Paris. Fils de Jean Marie Altairac et de Julie Chatelet. Élève au lycée Buffon puis au lycée Janson de Sailly. Il se marie en 1909 avec Anna Parent. Engagé volontaire, il signe à la mairie de Versailles un contrat de trois ans avec l’armée en 1897. Élève à l’école militaire de Saint-Cyr, il fait partie de la promotion de Bourbaki (1897-1899). Très bon escrimeur, il maitrise parfaitement la langue de Shakespeare. 

Sous-lieutenant à la fin de l’année  1899. À sa sortie d’école, il rejoint le 103e R.I. qui se trouve dans la ville d’Alençon. Philippe Altairac est promu lieutenant en 1901. Après avoir passé plusieurs années au 103e R.I., il est muté au 13e R.I. à Nevers en 1911. Il arrive, fin septembre 1913 au 149e R.I. fraichement émoulu dans ses fonctions de capitaine. 

La 4e compagnie est sous ses ordres au début du conflit. Cette compagnie est commandée par le commandant Pierre de Sury d’Aspremont, responsable du 1er bataillon.

Philippe Altairac est grièvement blessé à la tête de sa compagnie, le 3 mars 1915 pendant une contre-attaque devant Noulette. Suite à sa blessure, ne pouvant plus retourner au front, il devient instructeur pour les jeunes soldats de la classe 1917. Après la guerre, il poursuit sa carrière militaire pour la terminer en 1937 avec le grade de lieutenant-colonel. Philippe Altairac décède en 1961 à Saint-Mandé.  

 

Le 25 mars 1915, il est fait chevalier de la Légion d’honneur et obtient quelques jours plus tard, une citation à l’ordre de l’armée.

Ordre n° 727 du général commandant en chef du 31 mars 1915.

« Le 3 mars 1915, lors d’une attaque allemande sur les tranchées de première ligne, a été blessé en entraînant sa compagnie dans l’exécution d’une contre-attaque, sous un feu de mitrailleuses très violent et ajusté. »

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de l’Armée de terre de Vincennes.

Un grand merci à M. Bordes, à C. Leclair, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes.  

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