19 mai 2017

Souvenirs de la bataille de Verdun de Paul Portier (3e partie).

Paul_Portier_

Prière pour les morts de Verdun

Très marqué par son expérience à Verdun, le soldat Paul Portier de la 4e section de la 1ère compagnie de mitrailleuses du 149e R.I. compose la prière suivante :

« Dans cet enfer, il arrive cependant que tout se tait un instant, comme si la providence, prise de pitié pour les humains qui s’entre-déchirent, voulait leur laisser un moment de répit.

Depuis les quelques jours que nous vivons dans ce fort de Vaux, j’aspire à me libérer de cette vie souterraine pour aller respirer au-dehors, mais en plein jour, il ne faut guère y songer.

Un soir, profitant d’une accalmie, je suis monté par une brèche ouverte par les obus, sur le talus du fort. Les canons sont maintenant presque silencieux et la nuit étoilée est sereine ; mais pour combien de temps, hélas ?

Des fusées jaillissent tout le long du front, de ce front sanglant où tant d’hommes sont déjà tombés. Combien sont-ils qui dorment d’un sommeil que le sort ne leur assure même pas tranquille. Tout est bouleversé et ces hommes déchiquetés hier, les obus sans pitiéles martyriseront encore demain, tragique destin de ceux qui sont là pour mourir.

En pensée, j’évoque cette armée sanglante et mon âme désemparée est anéantie de douleur. Pour ces êtres, je veux lancer vers le cielune prière, la prière la plus naïve, celle qu’ils ont tous récitée,et à genoux, j'implore Dieu.

« Notre père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel… »

Ô seigneur, accueillez ces morts près de vous, ouvrez-leur votre ciel.

S’ils furent peut-être des incroyants, daignez les recevoir cependant dans vos bras. Penchez-vous sur leurs souffrances et leurs sacrifices.

Oui seigneur ! Oubliez s’ils vous ont méconnu, considérez la noblesse de leur mort et pardonnez leurs fautes.

Je vous offre pour eux mes souffrances passées comme celles qui vont venir. J’implore pour eux la clémence.

Pardonnez-leur s’ils ont succombé à la tentation. Donnez-leur la paix. »

Sources :

Témoignage inédit d’un soldat du 149e R.I. qui provient de ma collection personnelle.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi et à la mairie de Vienne, sans qui l’auteur de ce témoignage n’aurait pas pu être identifié.

Posté par amphitrite33 à 07:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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26 mai 2017

Henri Antoine Chatron (1893-1914).

Henri_Antoine_Chatron

Le 5 juillet 1893, Henri Antoine Chatron voit le jour dans le château de Brezeneau, propriété de la famille Ribes, où ses parents travaillent. À sa naissance, son père Augustin Xavier, qui est un homme âgé de 40 ans, exerce la profession de maître domestique. Sa mère, Anastasie Rose Julie Riou, est employée comme ménagère. Elle est âgée de 33 ans.

Le menuisier Louis Treuille et le charron Joseph Augustin Damon accompagnent le père à la mairie de Quintenas pour aller signer l’acte officiel d’état civil.

Inscrit sous le numéro 28 du canton de Satillieu, Henri Antoine est enregistré dans la 1ère partie de la liste en 1913.

Le jeune homme qui exerce le métier de garçon d’hôtel laisse son tablier de travail à la fin du mois de novembre 1913, pour rejoindre la gare la plus proche de son domicile. Il prend un train qui va l’amener à Épinal. Plusieurs changements seront nécessaires avant son arrivée à destination. Incorporé au 149e R.I., il doit se présenter au poste de garde de l’entrée de la caserne Courcy, le 27 novembre 1913.  

Lorsque le conflit contre l’Allemagne débute en août 1914, il porte toujours l’uniforme. Le soldat Chatron fait partie des effectifs de la 3e compagnie du régiment qui se trouve sous les ordres du capitaine Islert,au moment où son régiment doit rejoindre la frontière.

Après les combats du premier mois de guerre, le 149e R.I. est envoyé en Champagne dans le secteur de Souain, un village situé au nord de Suippe où il est très vite engagé. Henri Antoine Chatron ne survivra pas aux combats qui se sont déroulés durant la journée du 19 septembre 1914.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette période, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Carte_postale_Souain__1_

L’acte de décès de ce soldat a été transcrit le 19 septembre 1916 dans sa commune de naissance, deux ans, jour pour jour, après sa mort.

Le nom de cet homme est inscrit sur le monument aux morts de la commune de Quintenas et sur l’une des deux plaques commémoratives qui sont fixées à l’intérieur de l’église du village.

Monument_aux_morts_de_Quintenas

Je n’ai pas réussi à trouver de fiche sur le site du Comité International de la Croix Rouge ni sur celui de Gallica pour les décorations à propos de cet homme.

Il n’y a pas de sépulture individuelle connue pour ce soldat.

Henri Antoine Chatron ne s’est pas marié et n’a pas eu de descendance.

Sources :

L’acte de naissance et la fiche signalétique et des services d’Henri Antoine Chatron ont été consultés sur le site des archives départementales de l’Ardèche.

Le portrait de ce soldat et le cliché du monument aux morts de la commune de Quintenas ont été trouvés sur le site « familles de Quintenas ».

Site_Famille_de_Quintenas

Figaro n° 256 du 13 septembre 1909 vu sur le site « Gallica ».

Le site « Généanet » a également été consulté.

Un grand merci à M. Bordes, à S. David, à B. Guirronnet, à A. Carrobi et aux archives départementales de l’Ardèche.

Posté par amphitrite33 à 08:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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