02 décembre 2016

Eugène Gallon (1891-1914).

Eug_ne_Gallon

Le 13 janvier 1891, le maire de la petite commune de Thise, Jean Baptiste Alfred Bernard, reçoit la sage-femme, Jeanne Étienne Savourey, qui est accompagnée de l’instituteur Nestor Saillard et du boulanger Jules Saint-Aubin. Ces personnes viennent faire enregistrer la naissance du petit Eugène Voirin sur le registre d’état civil. L’enfant est né la veille dans la maison de son grand-père maternel. La mère est une jeune veuve âgée de 29 ans, qui se prénomme Cécile.

Jean François Marie Joseph Gallon épouse Cécile Voirin le 24 janvier 1895. Eugène est reconnu et légitimé par le couple. À partir de cette date, il portera désormais le nom de famille Gallon.

Eugène laisse l’école derrière lui pour rejoindre le monde du travail, après avoir acquis les bases de la lecture et de l’écriture. Sa fiche signalétique et des services nous apprend qu’il a exercé le métier de papetier.

Eugène Gallon est inscrit sous le n° 24 de la liste du canton de Marchaux.

De bonne constitution physique, il est, en toute logique, classé dans la 1ère partie de la liste de l’année 1912, par les médecins du conseil de révision.

En octobre 1912, Eugène, s’apprête à quitter Thise pour rejoindre une compagnie du 149e R.I., régiment qui est caserné dans la cité spinalienne. Eugène Gallon est incorporé à compter du 9 de ce mois.

Le soldat Gallon porte toujours l’uniforme lorsque les hostilités contre l’Allemagne débutent aux premiers jours du mois d’août 1914. À cette époque de l’année, le jeune homme fait partie d’une escouade de la 3e compagnie du 149e R.I. placée sous l’autorité du capitaine Islert.

Eugène Gallon ne va pas survivre à l’été 1914. En effet, ce soldat est tué au cours de la toute première rencontre avec les Allemands. Le 9 août 1914, il trouve la mort, durant les combats qui se déroulent près de Wisembach dans le secteur de la Chaume de Lusse.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés au cours de cette journée, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

La_Chaume_de_Lusse

Eugène Gallon est longtemps considéré comme disparu sans qu’il puisse être envisageable de dresser un acte de décès avant plusieurs années.

La période confuse des premiers combats d’août 1914, avec ses listes importantes de pertes,  n’a certainement pas facilité la tâche de l’officier de l’état civil du 149e R.I.. Le capitaine Paul Toussaint a été dans l’impossibilité de trouver les deux indispensables témoins qui auraient permis d'authentifier la mort de ce soldat.

Ce n’est que le 28 juillet 1920 que le tribunal de première instance de Besançon officialisera le décès d’Eugène Gallon.

Une fiche, au nom de cet homme, qui se trouve sur le site du Comité International de la Croix Rouge, vient confirmer une recherche demandée par la famille pour tenter d’en savoir plus.

Fiche_Croix_rouge_Eugene_Gallon

Eugène Gallon, qui est resté célibataire, n’a pas eu de descendance.

Il n’y a pas de sépulture individuelle connue pour ce jeune homme décédé à l’âge de 23 ans.

Sources :

La copie de l’acte de naissance et celle de l'acte de décès d’Eugène Gallon ont été envoyées par la mairie de Thise.

Le portrait du soldat Gallon provient de la collection personnelle d’un habitant de la commune de Thise. 

Le site des archives départementales du Doubs ainsi que ceux de « Mémoire des hommes » et du Comité International de la Croix Rouge, ont été consultés pour réaliser cette petite note biographique.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carrobi, à la mairie de Thise et aux archives départementales du Doubs.

 

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09 décembre 2016

6 avril 1916.

6_avril_1916

Les trois bataillons du 149e R.I. occupent toujours les emplacements de la veille. À ce jour, il ne reste plus que les 4 compagnies du 2e bataillon du 149e R.I. qui occupent des positions de première ligne. Les deux autres bataillons du régiment sont en retrait. Le 3e bataillon est installé au tunnel de Tavannes et le 1er bataillon est à Verdun.

Carte_1_journee_du_6_avril_1916

Legende_carte_1_journee_du_6_avril_1916

Des patrouilles nocturnes françaises ont pu constater que l’ennemi était en train d’améliorer ses positions sur la croupe nord de Vaux-devant-Damloup et sur les pentes au nord et au nord-est du fort de Vaux.

Leurs défenses accessoires sont particulièrement renforcées au-devant de leurs tranchées qui font face au fort. Plusieurs patrouilles allemandes sont dispersées au nord du fort de Vaux.

Travaux dans le secteur de la 43e D.I.

Les Français s’organisent également dans le secteur de la 43e D.I.. Un grand nombre d’hommes s'activent à l’amélioration de leurs emplacements à coups de pelles et de pioches.

Dans la zone couverte par le 31e B.C.P. et par le 2e bataillon du 149e R.I., les tranchées de 1ère ligne, qui se trouvent au nord de l’étang de Vaux-devant-Damloup, sont approfondies. Celles-ci varient entre 1 m 30 et 1 m 80. Certaines d’entre elles sont équipées de banquettes de tir. Les défenses accessoires sont consolidées au saillant qui se trouve au nord-est de l’étang de Vaux-devant-Damloup.

La tâche n’est pas simple ! Les unités de la 43e D.I. subissent des bombardements intensifs tout au long de la journée, ce qui gêne considérablement l’activité des soldats. Les communications sont particulièrement visées et les points où se déroulent les nouveaux travaux se trouvent dans la ligne de mire des artilleurs allemands.

Le 149e R.I. au milieu d'un duel d'artillerie

Des tirs de gros calibres ont lieu sur la croupe nord de l’étang de Vaux-devant-Damloup et sur sa digue. Le tunnel de Tavannes et le fort de Vaux sont également bombardés par des obus de gros calibres à plusieurs reprises.

Le lieutenant-colonel Abbat, qui commande le149e R.I., est blessé en début d’après-midi par un éclat d’obus.

Les artilleurs français ne restent pas inactifs ! En  réponse aux bombardements effectués sur les tranchées françaises, l’artillerie lourde envoie de nombreuses fois ses obus sur les pentes au nord du fort de Vaux.

L’artillerie de tranchée lâche également une trentaine de bombes sur les tranchées des pentes nord et nord-est du fort de Vaux.

Les canons français effectuent un violent tir de barrage sur les tranchées allemandes à 18 h 00.

Pour comprendre ces violents bombardements, il faut à la fois s'intéresser au secteur et aux secteurs voisins. Dans celui de la 86e brigade, les travaux sont visibles de part et d'autre. Il est fort probable que les observateurs les signalent régulièrement, afin de freiner ou de causer des pertes parmi les travailleurs. Dans le secteur voisin, de vilents combats se déroulent depuis trois jours. Ils ont permis au 74e.R.I. de reconquérir une partie du territoire perdu par les unités de la 70e D.I..

Trois soldats du 149e R.I. sont  tués au cours de cette journée, 13 autres sont blessés.

Carte_2_journee_du_6_avril_1916

Premier bilan du séjour à Verdun pour le 1er bataillon

Il est temps pour le 1er bataillon de faire le bilan de son séjour en 1ère ligne. Le commandant Magagnosc prend les renseignements nécessaires qui vont lui permettre d’établir une comptabilité précise de ses effectifs, compagnie par compagnie.

Il rédige le rapport suivant :

Le chef de bataillon Magagnosc, commandant le 1er bataillon du 149e R.I. à Monsieur le général commandant la 43e D.I..

J’ai l’honneur de vous adresser les comptes rendus faisant ressortir nettement l’effectif des compagnies du 1er bataillon à la date du 6 avril.

La 1ère compagnie qui compte dans le rang 58 caporaux et soldats est constituée à 2 sections ; la 2e compagnie comptant 51 caporaux et soldats est formée à 2 sections ; la 3e compagnie comptant 38 caporaux et soldats est formée à 1 seule section et la 4e compagnie dont l’effectif en caporaux et soldats est de 111 reste formée à 4 sections.

Il reste comme officiers au 1er bataillon :

Le chef de bataillon Magagnosc

Le lieutenant Canon

Les sous-lieutenants Bonhomme et Rousin

Le médecin aide major de 2e classe Médecin

Le médecin auxiliaire Deltrieu

Personnellement atteint le 2 avril, devant Vaux-devant-Damloup, de contusion par éclatement d’obus, je suis momentanément indisponible. Il m’est impossible, malgré toute ma bonne volonté, de conduire un bataillon dans le secteur avant quelques jours.

Le lieutenant Canon, atteint de dysenterie depuis une huitaine de jours, est indisponible.

Le lieutenant Rousin, atteint le 2 avril par un éclat d’obus, est momentanément indisponible pour quelques jours encore.

Le médecin auxiliaire Deltrieu, atteint de contusions multiples le 2 avril aux abris du ravin, à la suite d’éclats d’obus, est indisponible.

Il ne reste donc actuellement au 1er bataillon que le sous-lieutenant Bonhomme et le médecin aide-major Médecin de disponibles

Le capitaine de Chomereau commandant la 1ère compagnie est actuellement à la tête du 3e bataillon.

Les 8 tableaux suivants indiquent  les effectifs exacts des 4 compagnies du 149e R.I. à la date du 6 avril 1916.

Tableau_1_effectif__1ere_compagnie_le_6_avril_1916

Tableau_2_effectif_1ere_compagnie_6_avril_1916

Tableau_1_effectif__2e_compagnie_6_avril_1916

Tableau_2_effectif_2e_compagnie_6_avril_1916

Tableau_1_effectif_3e_compagnie_journee_du_6_avril_1916

Tableau_2_effectif_3e_compagnie_6_avril_1916

Tableau_1_effectif_4e_compagnie_6_avril_1916

Tableau_2__effectif_4e_compagnie_6_avril_1916

 Les pertes sont lourdes, aussi bien dans l’encadrement que dans les soldats. Certaines compagnies ont perdu 2/3 de leurs effectifs.

Attention toutefois avec la lecture de ces statistiques ! Dans chaque compagnie, des hommes restent en arrière pour s’occuper des cuisines, les infirmiers, les téléphonistes, les conducteurs... Les effectifs en première ligne ne sont pas l’effectif complet de la compagnie. Il ne faut donc pas en déduire un ratio de pertes par rapport à un effectif initial.

 Si le commandant dresse ce bilan, c’est qu’il sait probablement déjà que la relève approche. Mais chaque jour qui sépare les hommes du retour au repos à l’arrière est marqué dans ce secteur par de nouvelles pertes. La journée du 7 avril 1916 le confirmera.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. de la 86e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/14.

J.M.O. du 31e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 826/26.

Les archives du Service Historique de la Défense ont été consultées.

Pour en savoir plus sur l’engagement du 74e R.I. durant les combats d’avril 1916, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante pour accéder au blog de S. Agosto.

Blog_Stephan_Agosto

Le fond de carte, qui a servi de support à la réalisation de la carte donnant les emplacements approximatifs des 2e et 3e bataillons du 149e R.I., provient du  J.M.O. du 407e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 767/10.

La photographie qui se trouve sur le montage représente les ruines du village de Vaux-devant-Damloup. Elle est non datée.

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à A. Carobbi, à T. de Chomereau, à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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16 décembre 2016

Léon Émile Renard (1887-1914).

Leon_Emile_Renard

Léon Émile Renard voit le jour le 24 avril 1887 au domicile de ses parents, dans la petite ville vosgienne d’Épinal. Son père se prénomme Charles Jean Baptiste. C’est un homme qui est âgé de 27 ans à la naissance de son fils. Il exerce le métier de manœuvre. Sa mère, Marie Rosalie Marotel, est une femme qui travaille comme brodeuse. Elle est âgée de 44 ans.

Léon perd sa mère à l’âge de 8 ans. Il devient orphelin à 14 ans.

Certainement dans l'obligation de travailler très jeune, Léon Renard devient paveur pour gagner son pain. Il habite dans le quartier de la Quarante-Semaine. C’est à cet endroit qu’il va faire la connaissance de sa future épouse, Cécile Augustine Baechler, une ouvrière qui travaille dans une des nombreuses usines de la ville. Ils se marient le 11 juillet 1908. De cette union naîtra un petit garçon qu’ils prénommeront Maurice Léon.

Léon Renard est inscrit, l’année de ses vingt ans, sous le numéro 147 du canton d’Épinal pour la conscription de 1908. Il est classé dans la 1ère partie de la liste après son passage devant le conseil de révision.

Sa fiche signalétique et des services ne donne aucune indication sur son parcours militaire.

Lorsque le conflit contre l’Allemagne commence en été 1914, Léon Renard est rappelé à l’activité militaire.

Soldat à la 9e compagnie du 149e R.I., il sert comme clairon dans cette unité du régiment qui est sous les ordres du capitaine Souchard. Cette fonction laisse supposer qu’il a probablement été à l’école des tambours et des clairons, durant la période de ses obligations militaires.

Sorti indemne des premiers combats du mois d'août, Léon Renard est blessé le 19 septembre 1914, au cours d’une attaque qui se déroule dans le secteur du petit village marnais de Souain. Grièvement atteint, il est rapidement évacué vers l’arrière pour être soigné à l’hôpital temporaire n° 11 d’Orléans. Les médecins ne parviendront pas à le sauver. Il décède le 26 septembre 1914, après avoir reçu l'extrême-onction de l'aumônier Louis Blanluet.

Le soldat Renard est  inhumé dans le carré militaire du cimetière communal de la ville d’Orléans. Sa sépulture porte le numéro 175.

Sepulture_Leon_Emile_Renard

Le nom de ce soldat est gravé sur le monument aux morts de la ville d’Épinal.

Monument_aux_morts_Epinal_Leon_Renard

Sources

La fiche signalétique et des services et l’acte de naissance de Léon Émile Renard ont été consultés sur le site des archives départementales des Vosges.

La copie de l’acte de mariage et celle de l’acte de décès de cet homme ont été envoyées par la mairie d’Épinal.

Le portrait du soldat Renard a été fourni par M. Saleck.

La photographie de la sépulture de Léon Émile Renard a été réalisée par A. Durand.

La photographie du monument aux morts de la ville d’Épinal a été réalisée par J. N. Deprez.

Les sites « mémoire des hommes » et « Généanet » ont été consultés.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J.N. Deprez, à A. Durand, à M. Porcher, à M. Saleck au Service Historique de la Défense de Vincennes, à la mairie d’Épinal et aux archives départementales des Vosges.

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23 décembre 2016

7 avril 1916.

7_avril_1916

Les positions occupées par les unités de la 43e D.I. restent identiques à celles de la veille au soir.

Le 1er B.C.P, qui a relevé la veille trois compagnies du 158e R.I., est installé aux abris du ravin. Les trois bataillons du 149e R.I. occupent toujours les emplacements du 6 avril.

Carte_1_journee_du_7_avril_1916

Les bombardements se poursuivent tout au long de la journée avec des échanges d’artilleries, toujours très intenses, sur le secteur qui nous intéresse.

De ce fait, cette journée montre bien l’absence de journée « calme » dans ce secteur à cette période. Quatre soldats du 149e R.I. sont  tués au cours de cette journée, 12 autres sont blessés.

Dans la soirée, le lieutenant-colonel Abbat est évacué vers l’arrière pour être ensuite transféré sur la ville de Lyon où il sera soigné par les médecins de l’hôpital militaire Desgenettes. Le commandant Magagnosc assure l'intérim du commandement en attendant la nomination d'un nouveau chef de corps.

Carte_2_journee_du_7_avril_1916

Les premiers mouvements de relèves des derniers éléments de la 43e D.I. qui sont encore en 1ère ligne vont commencer dans la nuit du 7 aux 8 avril.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. de la 86e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/14.

J.M.O. du 31e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 826/26.

J.M.O. du 1er  B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 815/2.

J.M.O. du 28e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 603/5.

Les archives du Service Historique de la Défense ont été consultées.

La photographie représentant le fort de Tavannes qui peut se voir sur le montage fait partie de la collection personnelle de N. Bauer.

Le portrait du lieutenant-colonel Émile Abbat est extrait du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l’illustration ».

Le fond utilisé pour la carte provient du J.M.O. du 28e R.I..

Le fond de carte utilisé pour le montage est extrait des ouvrages «  les Armées Françaises dans la Grande Guerre »  Tome IV Verdun et la Somme,  1er Volume, Carte n° 26.

Un grand merci à N. Bauer, à M. Bordes, à A. Carobbi, à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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30 décembre 2016

Gustave Joseph Constant Joachim Juliard (1888-1918).

Gustave__Juliard

Gustave Joseph Constant Joachim Juliard est né le 7 septembre 1888, dans le petit village d’Orve, situé dans le département du Doubs. Il est le fils de Charles Joseph Arsène Juliard et de Marie Josette Mélitine Jacquot, un couple qui s’est marié à Orve le 13 juin 1886. Le père, qui travaille comme cultivateur, aura quatre enfants, deux filles et deux garçons, avec son épouse qui avait déjà eu une fille issue d’un premier mariage.

Gustave est le deuxième de la fratrie. Il quitte l’école après avoir appris à lire, écrire et compter, pour rejoindre le monde rural dans sa commune d’origine.

Gustave Juliard est inscrit, l’année de ses 21 ans, sous le numéro 45 du canton de Clerval pour la conscription de 1909. Il est classé dans la 2e partie de la liste, les médecins lui ayant diagnostiqué un goitre.

Le jeune homme va effectuer son temps de conscription dans l’artillerie. Le 8 octobre 1909, il doit se rendre à Besançon. C’est derrière une pièce de 75 du 4e R.A.C  qu’il va apprendre le métier de 2e canonnier servant.

Un ordre rédigé par le général commandant l’artillerie, datant du 18 novembre 1909, le classe au 9e régiment d’artillerie à pied. Trois jours plus tard, Gustave arrive à son nouveau corps pour y exercer de nouvelles fonctions. C’est comme canonnier ouvrier de 2e classe qu’il va poursuivre ses obligations militaires. Le 24 septembre 1911, le soldat Juliard est envoyé en disponibilité. Il peut retourner vivre et travailler dans son village natal avec son certificat de bonne conduite en main.

Rappelé à l’activité par suite de mobilisation générale, il arrive le 3 août 1914, au détachement de la 7e section de S.C.O.A. (Section de Commis et Ouvriers d'Administration) de Belfort. Le soldat Juliard est classé « service armé » par la commission de réforme de cette ville le 28 octobre 1914.

Le 15 janvier 1917, Gustave Juliard arrive à Chambéry pour intégrer le dépôt du 97e R.I.. L’ancien artilleur devient ainsi fantassin. Ce changement d'arme est peut-être dû à une punition. Mais c’est probablement son retour à un meilleur état de santé, redevenu compatible avec le service armé, qui l'amène à intégrer un régiment d’l'infanterie. Un territorial moins apte que lui, à certainement pris sa place dans la S.C.O.A. (service de l'arrière).  

Il arrive au 149e R.I. "aux Armées" le 20 mars 1917. Ce régiment se trouve, à cette période de l’année, dans un secteur calme au sud-est de Belfort, du côté de Friesen et d’Ueberstrass, deux communes qui se trouvent dans le département du Haut-Rhin.

Le 23 octobre 1917, Gustave Juliard est blessé au cours de la bataille de la Malmaison. La date de son retour dans le régiment n’est pas connue.

Quelques semaines avant l’arrêt des hostilités, il sert dans la 10e compagnie du régiment. Alors que ce dernier est engagé dans la bataille de Somme-Py, Gustave Juliard est très grièvement blessé à la tête. Il décède rapidement le 28 septembre 1918 à environ 4 km au nord de la voie ferrée entre Somme-Py et Maure.

Secteur_occupe_par_le_3e_bataillon_du_149_regiment_le_28_septembre_1918

Le sergent Eugène Nilhelm et le soldat Maurice Roulier seront les témoins de son décès.

Le soldat Juliard repose actuellement dans la nécropole nationale de Sommepy-Tahure. Sa sépulture individuelle porte le numéro 774.

Sepulture_Gustave_Juliard

Le nom de cet homme est inscrit sur le petit monument aux morts de la commune d’Orve. Gustave Juliard est resté célibataire et n’a pas eu de descendance.

Sources :

La fiche signalétique et des services de Gustave Joseph Constant Joachim Juliard a été consultée sur le site des archives départementales du Doubs.

La copie de l’acte de décès de cet homme aété envoyée par la mairie d’Orve.

La carte, qui indique le lieu approximatif où se trouve le 3e bataillon du 149e R.I. le 28 septembre 1918,provient du site « Géoportail ».

Le portrait du soldat Juliard provient de la collection personnelle d’une de ses petites nièces.

La photographie de la sépulture de Gustave Juliard a été réalisée par N. Galichet.

La photographie du monument aux morts de la commune d’Orve a été réalisée par C. Coulet. Elle a été trouvée sur le site « MémorialGenWeb ».

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à C. Coulet à N. Galichet, aux archives départementales du Doubs  et à la mairie d’Orve.

 

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06 janvier 2017

8 avril 1916.

8_avril_1916

Les relèves des éléments de la 43e D.I. qui sont encore en 1ère ligne ont débuté dans la nuit du 7 au 8 avril.

C’est le 31e B.C.P. qui inaugure les premiers mouvements. Les déplacements sont particulièrement difficiles. Ils se réalisent dans un silence absolu, peu après minuit. Les chasseurs du commandant Clayeux sont remplacés par les soldats du 1er bataillon du 24e R.I.. Les 5e et 8e compagnies du 149e R.I. qui occupent le même secteur sont également relevées.

Carte_1_journee_du_8_avril_1916

Durant toute la journée, les deux artilleries vont poursuivre leurs tirs respectifs avec la même intensité que la veille. Les patrouilles françaises continuent leurs sorties. Certaines d’entre elles constatent l’ardeur du soldat allemand, qui travaille dur pour consolider ses positions, particulièrement au nord et au nord-est du fort de Vaux. L’ennemi place également plusieurs réseaux Brun devant ses tranchées.

Le jet de grenades à fusil utilisé par le fantassin allemand, à l’ouest du fort de Vaux, augmente d’intensité.

Les deux dernières compagnies du 2e bataillon et le 3e bataillon du 149e R.I. s’apprêtent à passer leurs dernières heures en 1ère ligne et au fort de Vaux.

Pour les 6e et 7e compagnies, elles ne sont pas de tout repos !

On imagine mal la tension qui pouvait être celle de ces minutes qui semblent interminables, cette relève qui n'arrive jamais assez vite. Le pression est là, accentuée par les bombardements. Si on ne dispose que quelques détails pour deux officiers, ils sont déjà parlants.

À la 6e compagnie, le lieutenant Paul Canaux est tué par un éclat obus. À la 7e, c’est le sous-lieutenant Alfred Monnoury qui est violemment commotionné par l’explosion d’une torpille. Malgré ce traumatisme, cet officier ignore le danger en contribuant à découvrir, sous le feu, plusieurs de ses hommes qui viennent d’être ensevelis par les projectiles.

carte_2_journee_du_8_avril_1916

Le 2e bataillon du 24e R.I. se prépare à se rendre à la digue de l’étang de Vaux et aux avancées du village de Vaux-devant-Damloup, pour venir remplacer les 6e et 7e compagnies du 2e bataillon du 149e R.I. dans la nuit du 8 au 9.

Trois hommes du 149e R.I. sont tués au cours de cette journée, 12 autres sont blessés.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 11e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 498/9.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 1er  B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 815/2.

J.M.O. du 31e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N  826/25.

J.M.O. du 24e R.I. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 599/5.

J.M.O. du 28e R.I. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 603/5.

Le portrait du sous-lieutenant Alfred Mounoury qui peut se voir sur le montage provient d’une photographie de groupe qui fait partie du fond Paul Douchez consultable au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le dessin qui peut se voir sur le montage est extrait de l’ouvrage allemand « Die Tragődie von Verdun 1916 1 Teil » Reichsarchiv Band 13.

Les archives du Service Historique de la Défense ont été consultées.

Un grand merci à M. Bordes,  à A. Carobbi, à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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13 janvier 2017

Paul Auguste Joseph Canaux (1881-1916).

Paul_Auguste_Joseph_Canaux

Natif du petit village Haut-Saônois de Broye-lès-Pesnes, Paul Auguste Joseph Canaux voit le jour le 27 novembre 1881. À sa naissance, son père, qui se prénomme Pierre Justin est un cultivateur âgé de 30 ans. Sa mère, Anne Isabelle Faivre, n’exerce pas de profession, elle est âgée de 28 ans.

Le jeune Canaux sait lire écrire et compter lorsqu’il quitte l’école de sa commune natale. Il n’aura pas la possibilité de poursuivre des études. Paul Auguste Joseph n’a donc pas le choix, il lui faut maintenant aller gagner les quelques sous qui vont lui permettre de subsister. Tout comme son père, c’est comme agriculteur qu’il va devoir travailler dans une des fermes locales de la région. Il exerce cette profession jusqu’au départ de la classe 1901 pour le régiment.

Le 15 novembre 1902, il quitte la Franche-Comté pour rejoindre les Vosges. Paul Joseph Canaux est incorporé comme soldat de 2e classe au 149e R.I., un régiment qui se trouve à Épinal. Le jeune homme est nommé caporal le 27 septembre 1903, sergent-fourrier le 22 septembre 1904 puis sergent le 26 septembre 1905. N’ayant nullement l’intention de revenir à la vie civile, il souhaite poursuivre sa carrière sous l’uniforme. Pour cela, il se voit dans l’obligation de souscrire une multitude de contrats de courtes durées.

Le 19 octobre 1905, il signe un premier renouvellement d’une durée d’un an qui prend effet à compter du 1er novembre 1905.

Paul Auguste Joseph Canaux occupe de nouveau le rôle de sergent-fourrier à partir du 26 mars 1906.

Un second contrat est signé le 26 octobre 1906, durant cette période, il exerce les fonctions de sergent à la 3e compagnie du régiment.

Un troisième contrat est entériné le 27 octobre 1908. Il peut coudre ses galons de sergent-major sur les manches de sa vareuse à compter du 21 janvier 1909.

Un quatrième contrat est validé le 19 septembre 1910 et un cinquième le 19 septembre 1912.

Hélas, le rythme de la vie de caserne de temps de paix ne va pas durer ! Un peu moins de deux ans plus tard, le premier grand conflit du 20e siècle débute.

Le sergent-major Canaux doit se rendre à la frontière avec son régiment, une unité qui fait partie des troupes de couverture. Sa compagnie sera la première à quitter la caserne Courcy.  

Il débute la campagne en étant sous les ordres du capitaine Crépet, l’officier qui commande la 2e compagnie du 149e R.I.. Rapidement nommé adjudant dans cette compagnie, Paul Auguste Joseph Canaux peut changer son képi de sous-officier à partir du 18 août 1914. Il occupe ensuite les fonctions d’adjudant de bataillon. Il n’assumera ce rôle que durant une très courte période, entre le 7 et le 24 septembre 1914 alors que son régiment combat dans le secteur du  village de Souain.

Comme pour beaucoup de régiments, les pertes en hommes et en officiers sont particulièrement élevées durant cette période de la guerre. Certainement très apprécié par ses supérieurs, l'adjudant Canaux est nommé sous-lieutenant à titre temporaire à partir du 25 septembre 1914. Il prend le commandement d’une section de la 4e compagnie. Le 23 octobre il est évacué pour maladie. Des problèmes de rhumatisme le font terriblement souffrir.

Ce n’est que le 13 juillet 1915 qu’il retrouve son régiment. A-t-il suivi un stage de formation d'officier durant cette période ? La réponse n’est pas connue. Cette information ne figure pas dans son dossier individuel au S.H.D. de Vincennes, encore moins sur sa fiche signalétique et des services.

À cette époque de l’année, le 149e R.I. se trouve dans un secteur particulièrement exposé du côté d’Aix-Noulette en Artois. Le sous-lieutenant Canaux est intégré à la 2e compagnie, une unité qu’il connaît bien. Mais combien reste-t-il d’hommes parmi ceux qui se souviennent de lui ? Le 16 août 1915, il prend le commandement de la 3e compagnie du régiment.

La guerre lui offre l’opportunité de progresser dans sa carrière. Il est nommé lieutenant à titre temporaire le 3 septembre 1915. Neuf jours plus tard, il prend la tête de la 10e compagnie, puis celle de la 6e compagnie à partir du 17 octobre 1915.

Le lieutenant-colonel Gothié rédige le texte suivant dans le feuillet de campagne du lieutenant Canaux :

« Revenu sur le front le 13 juillet 1915, a pris le commandement des 3e, 6e et 10e compagnies qu’il a remises sur pied après la disparition de leurs titulaires normaux. Très énergique, quelquefois même un peu dur, s’est montré en toutes circonstances très brillant au feu. »

Le 7 avril 1916, il est, par décision du général commandant en chef, nommé capitaine à titre temporaire. Sa compagnie occupe un secteur de 1ère ligne près de Verdun.

Il ne profitera pas très longtemps de cette nouvelle promotion, puisqu’il sera tué dès le lendemain dans le secteur de l’étang de Vaux-devant-Damloup.

A-t-il su qu'il avait été nommé capitaine à titre temporaire la veille de sa mort ou était-il toujours lieutenant ? Impossible à dire à défaut de témoignage nous donnant l'information.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

8_avril_1916

Le commandant Magagnosc écrit la note dans le feuillet de campagne du capitaine Canaux :

« Tué le 8 avril 1916, en plein combat, à la digue de Vaux-devant-Damloup. C’était un homme de devoir dans toute l'acceptation du mot, d’une bravoure à toute épreuve, d’un sang-froid imperturbable. En un mot, un bon et brave officier. Il avait toute la confiance et l’estime complète de ses chefs. »

Le capitaine Canaux est un soldat qui s’est formé sur « le terrain ». Il n’est pas passé par les grandes écoles militaires. Il faut se souvenir que Paul Auguste Joseph Canaux a débuté sa vie professionnelle comme agriculteur lorsqu’il n’était encore qu’un jeune adolescent. C’est donc une carrière militaire bien remplie, qui se termine sur le front de Verdun.

Paul Auguste Joseph Canaux est, dans un premier temps, inhumé au cimetière militaire de Belleray par le personnel de l’ambulance n° 13 du 3e C.A..

Le sergent Camille Combet et le soldat de 1ère classe Louis Maillard sont les deux témoins qui confirment son décès.

Le corps de Paul Auguste Joseph Canaux a probablement été restitué à la famille, dans les années 20. Le lieu où il repose actuellement est, pour l’instant, inconnu.

Le nom du capitaine Canaux est inscrit sur le monument aux morts de la ville de Gray en Haute-Saône.

Cet officier ne s'est pas marié.

Décoration obtenue :

Croix de guerre avec une palme et  une étoile de vermeil.

Citation à l’ordre de la 85e brigade n° 26 du 13 octobre 1915.

« A fait preuve de qualités solides de commandement en organisant devant Angres les 26, 27, 28 et 29 septembre 1915, dans des conditions difficiles, une position enlevée à l’ennemi et en y maintenant sa compagnie pendant  3 jours et trois nuits, sous des bombardements très violents. Officier très énergique. »

Citation à l’ordre de la IIe armée n° 180 du 25 mai 1916.

« Excellent commandant de compagnie, d’une énergie, d’un sang-froid, d’un courage à toute épreuve. A fait preuve du plus grand mépris du danger en assurant d’une façon parfaite, la conduite de son unité dans des circonstances très difficiles, pendant les opérations du 7 mars au 8 avril. A été tué d’un éclat d’obus le 8 avril 1916 dans les tranchées de 1ère ligne, qu’il tenait depuis six jours sous un bombardement continu des plus violent.»

Sources :

 Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La fiche signalétique et des services du capitaine Canaux à été vue sur le site des archives départementales de la Haute-Marne.

L’acte de naissance de cet officier à été lu sur le site des archives départementales de la Haute-Saône.

Une copie de l’acte de décès de Paul Auguste Joseph Canaux à été envoyé par la mairie de  Broye-Aubigney- Montseugny.

La photographie de groupe qui représente les sous-officiers du 149e R.I. qui se trouve sur le montage provient de l’album régimentaire de l’année 1911.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à  M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes, aux archives départementales des départements de la Haute-Marne et de la Haute-Saône et à la mairie de Broye-Aubigney- Montseugny.

 

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20 janvier 2017

Firmin Doulcier (1895-1916).

Firmin_Doulcier

Aimé Doulcier et Ernestine Agnel demeurent à Laval, une petite commune située dans le département du Gard, lorsque leur fils Firmin voit le jour le 29 juin 1895. Nous ne savons rien de son enfance, si ce n’est qu’il sait lire et écrire lorsqu’il quitte l’école pour aller travailler à la compagnie des mines de la Grand’Combe.

Ce jeune homme est dans l’obligation d’abandonner sa tenue de mineur avant ses 21 ans, pour des raisons de guerre. En effet, sa classe se voit mobilisée bien plus tôt que prévu. Soldat de la classe 1915, Firmin Doulcier est incorporé en décembre 1914 par anticipation de 10 mois.

Le 19 décembre, il gagne la ville de Nice pour intégrer une des compagnies du 163e R.I., où il va pouvoir entreprendre une formation militaire accélérée.

Le 11 mars 1915, il est muté au 415e R.I., l’un des régiments n° 400 fraîchement créés dans chacune des régions militaires françaises ; ils sont composés principalement de soldats de la classe 1915. Il reste dans cette unité jusqu’au moment où il est blessé à la main, du côté de Perthe-les-Hurlus, le 25 septembre 1915.

Sa blessure est jugée suffisamment sérieuse pour qu’il soit envoyé vers l’arrière durant plusieurs mois.

De retour au dépôt, il fait  partie d’un renfort qui doit rejoindre le 149e R.I.. Le 18 mars 1916, il arrive à Verdun où le régiment est au repos à la caserne Bevaux, après avoir fait un premier passage en 1ère ligne quelques jours auparavant.

L’ancien soldat du 415e R.I. est affecté à la 7e compagnie du régiment. Cette compagnie doit bientôt remonter en 1ère ligne. Le 3 avril, elle est en réserve aux abris du ravin. Le lendemain, elle remplace, avec la 6e compagnie, les débris du 1er bataillon du régiment qui se trouvent près de l’étang de Vaux-devant-Damloup.

Le 8 avril 1916, Firmin Doulcier est tué par un éclat d’obus seulement quelques heures avant que sa compagnie ne soit relevée.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

8_avril_1916

Son corps a pu bénéficier d'une vraie sépulture. Le soldat Doulcier repose actuellement dans la nécropole nationale de Fleury-devant-Douaumont. Sa sépulture porte le n° 8984.

Sepulture_Firmin_Doulcier

Louis Doulcier vivait, avant son incorporation, à Le Pradel. Il est resté célibataire.

Le nom de cet homme est inscrit sur le monument aux morts de la commune gardoise de Laval, qui est devenue, depuis 1937, Laval-Pradel.

Le 11 mai 1920, le soldat Doulcier a été décoré à titre posthume de la Médaille militaire avec la citation suivante :

« Soldat dévoué, très brave au feu. Tombé glorieusement le 8 avril 1916, près du village de Vaux ».

Cette citation lui donne également droit à la croix de guerre avec étoile de bronze.

Sources :

Le portrait de Firmin Doulcier provient du livre d’or « Compagnie des mines de la Grand’Combe. Livre d’or guerre 1914-1918. Morts et survivants 1924. Imprimerie parisienne, 111 rue du Mont Cenis, 18 »

Les informations concernant ce soldat sont extraites de sa fiche signalétique et des services consultée sur le site des archives départementales du Gard, de sa fiche individuelle vue sur le site « Mémoire des Hommes » et du livre d’or « Compagnie des mines de la Grand’Combe.

La photographie de la sépulture de Firmin Doulcier a été réalisée par A. Cesarini.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à A. Cesarini, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales du département du Gard.

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23 janvier 2017

Ils sont allés mourir en terre meusienne.

                  Portraits_Verdun

Pour bon nombre des hommes disparus au cours de la Première Guerre mondiale, la tâche devient de plus en plus ardue pour essayer de reconstruire quelques bribes de leurs histoires à mesure que les années passent. Presque 100 ans après, la plupart du temps il ne subsiste plus qu’un nom, une date de naissance, une date de décès. Dans le meilleur des cas, quelques lignes inscrites sur une fiche signalétique et des services, viennent nous raconter une partie de leurs parcours militaires et nous donner quelques traits de leurs visages et puis c’est tout.

Feuilleter un livre d’or contenant des portraits reste toujours un moment émouvant.  

Les parcours individuels des trois hommes qui sont évoqués ici sont unis par quatre points communs. Outre le fait qu’ils furent tués tous les trois dans le secteur de Verdun, ils furent  également membres du personnel de la Blanchisserie et teinturerie de Thaon, aucun d’entre eux n’eut de sépulture individuelle et ils étaient tous au 149e R.I... 

Fernand Eugène Beuchot (1888-1916). 

Fernand Eugène Beuchot est né le 20 avril 1888 sur la commune du Val d’Ajol dans les Vosges. Il est le fils de Louis et de Marie Clotilde Valburgs Pillard. Il épouse une dénommée Marie Vagner.

Il est soldat au 149e R.I. lorsqu’il décède le 15 mars 1916 dans le secteur Vaux. 

Son acte de décès est enregistré le 28 août 1918 par décision du tribunal civil de première instance d’Épinal. 

Pas de sépulture connue. 

Henri Léon Ernst (1887-1916). 

Henri Léon Ernst est né le 20 mai 1887 sur la commune de Thaon dans les Vosges. Il est le fils d’Ignace et de Célestine Oberquefeld et l’époux de Marie Henriette Dubois.

Avant la mobilisation, il est domicilié sur la commune de Chavelot, et a travaillé comme ouvrier à la blanchisserie et Teinturerie de Thaon pendant 6 ans.

Il est sergent au 149e R.I. lorsqu’il décède le 2 avril 1916 dans le secteur Vaux. 

Son acte de décès est enregistré le 16 octobre 1918 par décision du tribunal civil de première instance d’Épinal.

Pas de sépulture connue.  

Marie Joseph Henri Dumont (1884-1916). 

Pour en savoir plus sur Marie Joseph Henri Dumont, il suffit de cliquer une fois sur l'image suivante.

Henri_Dumont

Source :

Livre d’or des membres du personnel de la blanchisserie et teinturerie de Thaon, morts pour la France au cours de la guerre 1914-1918. Imprimerie Berger-Levrault, Nancy-Paris, Strasbourg.

Un grand merci à M. Bordes, A. Carobbi et à O. Gérardin.

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27 janvier 2017

9 avril 1916.

9_avril_1916

Les relèves prévues ont pris beaucoup de retard. Les tranchées sont encombrées, les bombardements intensifs. Il faut être le plus discret possible pour ne pas attirer l’attention de l’ennemi.

Dans la nuit du 8 au 9 avril, des éléments du 2e bataillon du 24e R.I. relèvent les 6e et 7e compagnies du 149e R.I. qui sont encore en 1ère ligne dans le secteur de l’étang de Vaux-devant-Damloup.

Le 1er B.C.P. est remplacé aux abris du ravin par une compagnie du 1er bataillon et par deux compagnies du 2e bataillon du 28e R.I.. Les chasseurs du commandant Devincet se dirigent sur Lempire pour y cantonner.

Carte_1_journee_du_9_avril_1916

Le 3e bataillon du 28e R.I. prend la suite du 3e bataillon du 149e R.I. dans le secteur du tunnel de Tavannes. Le responsable du bataillon du régiment spinalien, reçoit les ordres suivants :

« Au reçu du présent ordre le 3e bataillon du 149e R.I. quittera le tunnel et se rendra à Landrecourt, en vue de dégager la partie sud du tunnel de Tavannes qu’il occupe. Il est possible que certaines fractions de ce bataillon actuellement au travail rentrent trop tard pour pouvoir effectuer ce déplacement en plein jour.

Quoi qu'il en soit, il importe que ce mouvement soit tout au moins commencé et que le plus grand nombre de compagnies possible partent ce matin. Rendre compte de l’exécution. Dans tous les cas, le déplacement est à organiser au plus tôt, en ayant soin, dès que le jour viendra, de se fractionner en petits détachements, à grande distance.

Dans ces conditions, ce mouvement peut s’opérer avec des chances de sécurité. »

Le 3e bataillon du 149e R.I. arrive vers 16 h 00 à Dugny ; il ne semble pas aller cantonner à Landrecourt. Paul Portier évoque ce mouvement dans son témoignage :

« Les 6, 7 et 8 avril, nous restons en réserve dans le tunnel et le 9 à 16 h 00, nous revenons après relève par le 28e R.I., à Dugny où nous cantonnons. »

Les archives consultées ne permettent pas de connaître la répartition exacte des trois bataillons du 149e R.I. entre Landrecourt et Dugny.

Le 5e bataillon du 332e R.I. prend la suite du 5e bataillon du 323e R.I. dans la soirée du 9 avril.

Les mitrailleurs du 149e R.I.,qui sont encore en position du côté de l’étang de Vaux-devant-Damloup, sont relevés vers 21 h 00. Ils sont les derniers du régiment à quitter la 1ère ligne.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 11e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 498/9.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 1er  B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 815/2.

J.M.O. du 31e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N  826/25.

J.M.O. du 24e R.I. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 599/5.

J.M.O. du 28e R.I. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 603/5.

J.M.O. du 332e R.I. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 753/15.

J.M.O. du 323e R.I. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 750/2.

Les archives du Service Historique de la Défense ont été consultées.

La vue panoramique représentant l’étang de Vaux-devant-Damloup a été réalisée en 2012.

Le plan qui figure sur le montage est extrait de l’ouvrage « La bataille de Verdun expliquée sur le terrain et par les cartes » du colonel Marchal et du capitaine Forestier. Éditions H. Frémont  et fils.

Un grand merci à M. Bordes,  à A. Carobbi, à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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