02 avril 2013

Une première confrontation avec la réalité de la guerre sanglante.

                 Cimetiere__militaire_du_col_de_Sainte_Marie

Pour affiner mon travail sur les combats du signal de Sainte-Marie menés par le 149e R.I. à la date du 9 août 1914, je me propose maintenant de faire une brève analyse des pertes du régiment. 

                                        Tableau des tués pour la journée du 9 août1914

La liste des tués rassemble les hommes qui ont trouvé la mort dans les zones de combat, ceux qui sont décédés dans les hôpitaux à la suite des blessures reçues et ceux dont l’acte de décès a été officialisé quelques années plus tard par décision des tribunaux. 

                          Liste des blessés et des disparus pour la journée du 9 août 1914

Le tableau suivant nous montre l’état des pertes générales du régiment pour la seule journée du 9 août 1914. Les tués sont représentés en rouge, les blessés en vert et les disparus en orange.  

                 Tableau_general_des_pertes_du_149e_R

La base référentielle pour faire ce travail reste la liste des pertes qui se trouve dans le J.M.O. du 149e R.I.. J’ai dû consulter le fichier des « morts pour la France » qui se trouve sur le site « Mémoire des Hommes » pour construire ma propre liste. Je me suis mis à la recherche d’une éventuelle fiche individuelle pour chacun des noms figurant sur la liste initiale. 

Premières observations :

 L’écart  entre le nombre des tués et celui des blessés reste assez faible. 

65,4 % des personnes enregistrées comme « disparus » dans la liste du J.M.O. sont en fait décédées. 

Il y a une légère différence entre les totaux des deux listes. La première liste donne un résultat de 428 hommes et la seconde celui de 426. Ce résultat est dû tout simplement au fait qu’un soldat tué est inscrit également dans la colonne des blessés ainsi que dans celle des disparus. 

Il y a 8 noms que je n’ai pas retrouvés dans le fichier des « morts pour la France » sur le site « mémoire des hommes ». 

Plus de 55 % des actes de décès ont été enregistrés après le 1er janvier  1920.

La forte proportion de disparus, commune aux autres combats du début de la guerre dans les autres unités, s’explique principalement de la manière suivante : il faut impérativement deux hommes pour témoigner du décès d’un homme,et l’absence de ces deux personnes faisait qu’il était considéré comme disparu jusqu’à un jugement d’un tribunal rendu après la guerre, le plus souvent entre 1919 et 1921. 

Je me propose maintenant de faire quelques observations concernant les pertes par bataillon. 

                 Perte_du_1er_bataillon__le_9_aout_1914

Au début du conflit, les compagnies du régiment sont à effectifs complets. Ce sera la seule et unique fois où je ne parlerai pas d’effectifs théoriques pour le régiment dans une de mes analyses des pertes du 149e R.I.. Les compagnies sont composées d‘environ 250 combattants. Je resterai sur cette base pour effectuer mes calculs, même si je suppose qu’il peut y avoir quelques malades ou bien quelques soldats qui pourraient souffrir de blessures aux pieds,dues aux longues marches ou encore ceux qui auraient pu avoir une insolation. 

Pour le 1er bataillon, nous obtenons les résultats suivants :

1ère compagnie : 20,8 % de l’effectif.

2e compagnie : 18,4 % de l’effectif.

3e compagnie : 11,6 % de l’effectif.

4e compagnie : 32 % de l’effectif.        

En additionnant les pertes des 4 compagnies du 1er bataillon, nous arrivons à un total de 207 hommes, soit 20,7 % de l'effectif. 

                 Perte_du_2e_bataillon_le_9_aout_1914

Pour le 2e bataillon, nous obtenons les résultats suivants :

5e compagnie : 20 % de l’effectif.

6e compagnie : 8 % de l’effectif.

7e compagnie : 12,4 % de l’effectif.

8e compagnie : 20,4 % de l’effectif.

En additionnant les pertes des 4 compagnies du 2e bataillon, nous arrivons à un total de 152 hommes, soit  15,2 % de l'effectif. 

                Perte_du_3e_bataillon_le__9_aout_1914

Pour le 3e bataillon, nous obtenons les résultats suivants :

9e compagnie 1,6 % de l’effectif.

10e compagnie : 0 % de l’effectif.

11e compagnie : 20 % de l’effectif.

12e compagnie : 3,6 % de l’effectif. 

En additionnant les pertes des 4 compagnies du 3e bataillon, nous arrivons à un total de 63 hommes, soit   6,3 % de l'effectif. 

La lecture de l’ensemble des résultats précédents nous donne une idée exacte des pertes réelles subies par le régiment.

Plusieurs compagnies sont engagées avec tout leur effectif durant cette journée.

Dans un premier temps, ce sont les 1ère, 2e et 4e compagnies qui attaquent puis les  5e, 7e et 8e compagnies et enfin la 11e compagnie. 

Les 3e, 6e et 12e compagnies engagent une partie de leurs hommes.

Le 1er bataillon du 149e R.I. est le plus éprouvé. À l’exception d’un tué et de quelques blessés à la 9e, les compagnies qui ne sont pas engagées dans les combats ne subissent pas de perte, ceci concerne la 9e, la 10e et les ¾ de la 12e compagnie. 

L’effectif du régiment nous est donné par le J.M.O.. Il suffit d’additionner les chiffres du 1er et du 2e échelon pour obtenir le total des hommes. 

 Au début du mois d’août,le régiment est composé 3389 hommes, les pertes globales du 149e R.I. pour son baptême du feu sont de 182 tués, 215 blessés et 29 disparus soient 426 hommes.

 Le pourcentage des pertes pour le régiment est de 12,57 %. 

En réalité, en additionnant les effectifs qui sont engagés dans les attaques du Signal de Sainte-Marie, nous obtenons un total de 2065 hommes qui participent au combat. En enlevant les pertes de la 9e compagnie qui, elle, n’a pas participé au combat, nous obtenons un pourcentage de perte plus important qui s’élève à 20,43 %. 

Même si  le nombre des tués ne représente qu’un échantillon de l’effectif global du régiment, il est  intéressant de construire le tableau suivant : 

                 Tableau_des_pourcentages_des_tu_s_par_annee_de_classe

Les  classes 1911, 1912 et 1913 (carré de couleur verte) qui se trouvaient sous le drapeau du 149e R.I. avant le début du conflit représentent à elles seules 66 % des pertes.

Les hommes représentés dans les autres classes (carré de couleur orange) sont soit des réservistes, soit des officiers et des sous-officiers engagés ou rengagés. 

Sources :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

Historique du 149e Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Fichier des « morts pour la France » sur le site « mémoire des hommes ». 

Un grand merci à M. Bordes, à L. Adalbert, à A. Carobbi et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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09 avril 2013

Del Bruzon (1890-1914).

                 Del_Bruzon

Del Marie Bruzon est né le 10 septembre 1890 dans la sous-préfecture vosgienne de Remiremont. Il est le fils de Bernard et de Louise Mangeot. À sa naissance, son père exerce la profession de négociant, sa mère ne travaille pas. 

 Au moment où il doit effectuer son service militaire, le soldat Del Bruzon rejoint le 15e B.C.P. qui est en garnison de Brienne et de Remiremont, le 10 octobre 1911. Devenu caporal le 12 février 1912 puis sergent le 26 septembre 1912, il obtient le titre d’élève officier de réserve à la date du 1er octobre 1912. Pour valider ce titre, il doit suivre le cours spécial des E.O.R.. Il effectue cette formation du 1er octobre 1912 à la fin du mois de mars 1913 et réussit pleinement les examens de fin de cours. Devenu sous-lieutenant de réserve, il reste maintenu sous les drapeaux jusqu’au 8 novembre 1913. Il quitte l’uniforme tout en restant rattaché au 109e R.I..  Du 25 mars 1914 à la fin du mois de juin 1914, il est officier réserviste au 158e R.I., puis, à compter du 30 juin 1914, au 149e R.I.. 

Rappelé à l’activité le 1er août 1914 au moment de la mobilisation générale, il rejoint rapidement la caserne du 149e R.I.. 

Le sous-lieutenant Bruzon commande une section de la 6e compagnie du 149e R.I. lorsqu’il est tué le 9 août 1914 en entrainant ses hommes à l’assaut au cours des combats du signal de Sainte-Marie. 

Citation à l’ordre de l’armée n° 44 du 11 janvier 1915 :

« A été tué le 9 août 1914 à Sainte-Marie aux mines en entraînant sa section à l’assaut sous un feu des plus meurtriers. » 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Bruzon provient du tableau d’honneur de la guerre 14-18 publié par la revue « l’illustration ».

Un grand merci à M. Bordes, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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16 avril 2013

Jean Cholley (1893-1914).

                  Jean_Cholley

Le 19 août 1893, la sage femme Marie Frechin se présente à la maison commune de Lure pour faire enregistrer la naissance de Jean René Cholley né la veille. La mère de Jean, Marie Cholley est une jeune personne célibataire à peine âgée de 18 ans. Cette femme élèvera seule son enfant. 

 À la fin de l’année 1912, elle fait une demande de bourse pour son fils  pour qu’il puisse poursuivre ses études à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Ne possédant rien, elle ne subsiste qu’avec les maigres bénéfices réalisés avec la gérance d’un modeste dépôt de broderie. Cette demande de bourse est acceptée.

Jean sera élève de la promotion de Montmirail (1912-1914). À la déclaration de la guerre, tout juste sorti de sa formation, il arrive au corps le 2 août 1914. Le 4 août au soir, il rejoint le 149e R.I.. Le sous-lieutenant Cholley est affecté à la 3e compagnie le 5 août. 

Ce jeune officier  a été tué à la première rencontre avec l’ennemi. Il trouve la mort le 9 août 1914, durant les combats qui eurent lieu dans le secteur du signal de Sainte-Marie. Quelques mois plus tard, il a été cité à l’ordre de l’armée pour sa belle conduite au feu. 

Cité à l’ordre de la 10e armée n° 44 le 11 janvier 1915 : « Saint-Cyrien nouvellement promu, a été tué au combat du 9 août au moment où, venant de se présenter au colonel, il entraînait sa section à la baïonnette au-devant d’une contre-attaque ennemie débouchant à très courte distance. »                                                                              

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le portrait du sous-lieutenant Jean Cholley provient de la collection personnelle de J. Huret. 

Un grand merci à M. Bordes, à H. Dropsy, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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23 avril 2013

Lucien Bédos (1877-1914).

                  Lucien_Bedos

Lucien Hippolyte est un Pyrénéen né sur la commune de Rivesaltes le 8 janvier 1877.  À cette date, son père, Jean Bédos exerce le métier de tonnelier, sa mère, Marie Salvet, ne travaille pas. 

Avant de commencer une carrière militaire, ce jeune homme était commis de recette. À l’âge de 21 ans, Lucien signe un engagement volontaire de trois ans à la mairie de Perpignan. Le 26 février 1898, il rejoint la caserne du 44e R.I. qui se trouve dans la ville de Lons-le-Saunier. En août 1898, il est nommé caporal, puis sergent en mai 1899. 

Le sergent Bédos séjourne sur la commune de Bruyères du 15 septembre 1900 au 29 août 1902. Durant cette période, il a renouvelé son engagement volontaire en février 1901 pour une durée de deux ans. 

 En février 1903, il signe de nouveau un contrat de trois ans avec l’armée. Au fil de sa carrière et à force de persévérance, ce jeune homme de condition modeste va réussir à gravir les échelons pour devenir officier en travaillant très dur. 

Élève de la 24e promotion El Moungar, il commence sa formation à l’école de Saint-Maixent. En avril 1904, ses études se terminent. Lucien Bédos, à peine nommé sous-lieutenant, doit rejoindre le 149e R.I. à la caserne Courcy à Épinal. 

Le 1er octobre 1904, il exerce ses fonctions d’officier au fort de Bambois situé au sud Épinal. Il quittera ce lieu le 24 août 1906. Lucien Bédos porte les galons de lieutenant depuis le mois d’avril 1906. En 1907, il fait l’école de tir de la Valbonne d’où il sortira très bien noté par ses chefs. Cet officier fait également deux longs séjours au fort d’Arches. Le premier du 1er octobre 1906 au 30 septembre 1907, le second du 1er octobre 1909 au 30 septembre 1910. 

Au début de la campagne, Lucien est âgé de 37 ans, il est responsable d’une section de la 11e compagnie commandée par le capitaine Erhard.  Le lieutenant Bédos trouve la mort le 9 août 1914 au cours des combats qui eurent lieu dans le secteur du col de Sainte-Marie, du côté du Renclos des Vaches. 

Le lendemain de son décès, cet officier est inhumé dans le petit cimetière de Wisembach.

Depuis 1922, il repose à côté du sous-lieutenant Dezziter dans le cimetière national français de Bertrimoutier. Sa tombe porte le numéro 470. Une erreur s’est glissée sur la plaque de sa sépulture, il est inscrit « soldat », mais il faudrait lire « lieutenant ». 

Citation à l’ordre de la 10e Armée n° 44 en date du 11 janvier 1915 :

À été tué le 9 août à Sainte-Marie-aux-Mines en entraînant sa section à l’assaut sous un feu des plus meurtriers» 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photo de la sépulture du lieutenant Bédos a été réalisée par É. Mansuy. 

Un grand merci à M. Bordes, à C. Leclair, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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30 avril 2013

Maurice Dezitter (1879-1914).

                  Maurice_Dezziter

Maurice Charles Dezitter est né le 19 septembre 1879 dans la petite ville nordique de Quadypre.  Il est le fils de Charles et de Coralie Deniele. À sa naissance, ses parents exerçaient la profession de cultivateur. Malgré le métier pénible et particulièrement difficile de ses géniteurs, Maurice à pu poursuivre ses études et obtenir le baccalauréat de lettres. Ce jeune homme possède également une très bonne maîtrise de la langue russe. Soldat appelé de la classe 1899 de la subdivision de Dunkerque, il est admis à l’école de Saint-Cyr par décision ministérielle du 19 octobre 1900. Quinze jours après, il intègre la promotion du Tchad pour suivre sa formation qui va durer deux années. 

Promu sous-lieutenant à l’âge de 23 ans, il doit, le 1er octobre 1902, rejoindre le 21e R.I qui est stationné à Langres. Deux ans plus tard, Maurice Dezitter obtient le grade de lieutenant.

En 1906, il est muté au 2erégiment de Zouaves. À partir de cette période cet officier va séjourner sur le continent africain.  De la mi-août 1906 au début décembre 1907, il est à Oran en Algérie.   

Du 3 décembre 1907 au 10 janvier 1908, cet officier fait partie d’une colonne qui a été spécialement formée pour les opérations menées dans  le secteur d’Oujda, contre la tribu rifaine des Ayt-Iznassen. Du 11 janvier au 12 mars 1908, il cantonne de nouveau à Oran.  Du 13 mars au 28 mai 1908, il prend part aux opérations militaires qui eurent lieu sur les confins sud Algéro-Marocains. Le 16 avril 1908, le lieutenant Dezitter participe avec sa section à une attaque meurtrière sur Elmouaba.

De la fin mai à la fin du mois novembre de cette même année, il se retrouve de nouveau dans les lieux de casernement du 2e régiment de Zouaves. 

En 1911, il fait un séjour de trois mois en Russie. 

De la mi-août  à la mi-novembre 1912, il est en Tunisie.  Dans la deuxième quinzaine du mois de novembre, fort de son expérience militaire sur le sol africain, il rejoint le 5e bataillon du 2e régiment de Zouave qui est cantonné à Sathonay, une petite commune française. Le lieutenant Dezitter est en instance de changement d’affectation. Il épouse Marie Caroline Fremy sur la commune Breuey-les-Faverney à la fin du mois de novembre 1912.

Maurice Dezitter est muté au 149e R.I. d’Epinal, nous sommes le 24 octobre 1912. 

Au début de la campagne contre l’Allemagne, il sert à la 12e compagnie qui est  sous les ordres du capitaine Cadeau. Marcel Dezitter  trouve la mort  au tout début du conflit, le 9 août 1914,  au cours des combats qui se déroulent au Renclos des Vaches, près du col de Sainte-Marie aux-Mines.

 Il repose actuellement dans le cimetière national français de Bertrimoutier, une  commune vosgienne, sa tombe porte le numéro 469. 

Citation à l’ordre de l’armée n° 44 de la Xe armée du 11 janvier 1915 :

« A été tué le 9 août à Sainte-Marie-aux-Mines en entraînant sa section à l’assaut sous un feu des plus meurtriers. » 

Autres décorations :

Médaille commémorative du Maroc, d’Oudja et du Haut-Guir.

Maurice Dezitter est nommé officier d’académie le 13 janvier 1913. 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photographie de la sépulture de Maurice Dezitter a été réalisée par Éric Mansuy. 

Un grand merci à M. Bordes, à C. Leclair, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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07 mai 2013

Antoine Beck (1880-1914).

                 Montage_Antoine_Beck

Né de Florent et de Rosalie Richert, Antoine voit le jour le 1er août 1880 dans la petite ville alsacienne de Niederhaslach. Pendant presque trois années consécutives, il est employé comme ouvrier d’usine à la blanchisserie et teinturerie de Thaon, une entreprise localisée dans le département des Vosges. 

En 1914, Antoine est domicilié à Dogneville avec son épouse Lucie Bontemps. Lorsque la guerre contre l’Allemagne est déclarée au début du mois d’août 1914, il rejoint la 4e compagnie du 149e R.I. qui est, durant cette période, sous l’autorité du capitaine Altairac. 

Antoine Beck trouve la mort le 9 août 1914 au cours des combats qui eurent lieu du côté du signal de Sainte-Marie. Son décès ne sera officialisé que le 28 juillet 1920 après une décision prise par le tribunal civil de première instance de la ville d’Épinal. 

Pas de sépulture connue. 

Le portrait d’Antoine Beck est extrait du livre d’or des membres du personnel de la blanchisserie et teinturerie de Thaon, morts pour la France au cours de la guerre 1914-1918. 

Un grand merci à M. Bordes.

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14 mai 2013

10 août 1914.

                 Village_de_Wisembach_1

Les premiers éléments du régiment qui ont été engagés le 9 août dans les combats du Renclos-des-Vaches, commencent à s’installer dans Wisembach peu avant minuit. Au fur et à mesure que la nuit avance, des groupes d’hommes rallient le village. La troupe est exténuée. 

À partir de 6 h 00, les officiers rassemblent les effectifs restés valides pour reconstituer les compagnies.

L’E.M., le 1er bataillon qui est sous les ordres du capitaine Lescure, le 2e bataillon qui est sous l’autorité du capitaine François, la 11e compagnie qui est commandée par le sous-lieutenant de réserve Lefèvre, ainsi qu’une section de la 12e compagnie sont présents dans le village.

Peu avant 7 h 00, le colonel Menvielle passe en revue les restes de ses effectifs engagés la veille. Les hommes se rassemblent à la sortie ouest de Wisembach. Ces unités prennent ensuite une formation de bivouac. La 2e compagnie va occuper les tranchées qui ont été creusées et occupées par le 31e B.C.P., à hauteur du ravin de la maison forestière de la Gravelle. Elle bat le débouché de ce ravin en même temps que la route qui descend du col de Sainte-Marie.

                 Carte_journee_du_10_aout_1914__1_

                                     Legende_journee_du_10_aout_1914__1_ 

7 h 30 : Le général Legrand-Girarde commandant le 21e C.A. vient spécialement à Wisembach pour voir le régiment. À cette occasion, il embrasse le colonel en le félicitant de sa conduite au feu. 

Une batterie du 59e R.A.C. met une de ses sections en surveillance à Trou le Loup qui se trouve à 800 m au nord-ouest de Wisembach, face au col de Sainte-Marie. Celle-ci est soutenue par une section de la 1ere compagnie du 149e R.I.. 

 La 2e section de la batterie s’établit sur le mamelon à 500 m au sud de Wisembach, face au Renclos-des-Vaches. 

 À 10 h 00, un ordre émis par le général Blazer est transmis par téléphone au lieutenant-colonel Escallon. Celui-ci doit rester en réserve à Wisembach. 

En début d’après-midi, la 11e compagnie et la section de la 12e compagnie sont dirigées sur le col de Sainte-Marie pour être remises à la disposition du commandant Didierjean. 

Au même moment, l’E.M. et les 1er et 2e bataillons vont cantonner dans la partie nord-est de Wisembach au nord du ruisseau. 

À 17 h 00, le 2e bataillon doit se rendre sur de nouveaux emplacements. La 3e compagnie se porte à la tête du ravin sud-nord en partant de l’église de Wisembach. Cette compagnie a pour mission la surveillance dans la direction du bois du Chenu et bois de Menaupré. La 2e compagnie reste sur place. Les 1ère et 4e compagnies sont maintenues à Wisembach, elles barricadent fortement les issues du village. Trois compagnies du 31e B.C.P. sont également établies au carrefour de crête à 1500 m nord de l’église de Winsembach. La 3e compagnie établit la liaison.                 

Carte_2_journee_du_10_aout_1914

                                     Legende_carte_du_10_aout_1914__2_

Vers 22 h 15, des coups de fusil se font entendre dans la direction de la crête au nord de Wisembach. C’est un poste du 31e B.C.P. qui échange des tirs avec une patrouille ennemie. 

À 23 h 00, les fractions du 149e R.I. qui sont cantonnées à Wisembach (E.M. ; 1ère et 4e compagnies) sont alertées. Elles vont s’établir au bivouac gardé qui se trouve à la sortie ouest de Wisembach. Il n’y a aucun autre incident durant la nuit. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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21 mai 2013

Marie Pierre de Sury d'Aspremont (1867-1914).

                  Commandant_de_Sury_d_Aspremont

Marie Pierre de Sury d’Aspremont naquit le 12 décembre 1867 dans la ville de Strasbourg. Son père se prénommait Édouard et sa mère Émilie. En octobre 1892, il épouse Maire Adélaide Le Coat de Saint-Haouen à la mairie de Laon, ville du département de l’Aisne. Cinq enfants naîtront de cette union. 

Jeune soldat de la classe 1887, Marie Pierre est admis à l’école de Saint-Cyr. Il commence sa formation d’officier à la fin du mois d’octobre 1888. Il fait partie de la promotion du Grand Triomphe.

En octobre 1890, c’est avec le grade de sous-lieutenant que le jeune Sury d’Aspremont  franchit les portes de la caserne du 17e B.C.P.. Deux ans plus tard, il est nommé lieutenant. Cet officier devra attendre encore sept années  avant de pouvoir être élevé au grade supérieur. En octobre 1899, le capitaine de Sury-D’Aspremont est muté au 9e B.C.P.. Un mois plus tard, il se retrouve à la tête de la compagnie de cyclistes du 2e B.C.P..

Obtenant le grade de commandant en septembre 1912, il prend le commandement d’un bataillon du 149e R.I. à Épinal. 

Quelques jours après la déclaration de la guerre, il est grièvement blessé durant les combats qui eurent lieu du côté de Wisembach le 9 août 1914. Le commandant de Sury d’Aspremont décède le lendemain à l’hôpital de Saint-Dié à 3 h 00. 

Citation à l’ordre de  la 10e Armée n° 44 du 11 janvier 1915 :

« A été mortellement blessé le 9 août après avoir conduit l’attaque de son bataillon contre les tranchées fortement organisées par plusieurs bataillons ennemis ; au cours de l’attaque s’est porté à plusieurs  reprises en avant, malgré un feu très meurtrier, pour encourager par son exemple les tirailleurs arrêtés à moins de cinquante mètres des tranchées ennemies. N’a voulu à aucun prix abandonner le terrain conquis au-delà de la frontière et grâce à son opiniâtreté a permis d’attendre l’arrivée des renforts. » 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

Pour en savoir plus sur le commandant de Sury d’Aspremont :

«  La guerre 14-18 à l’est de Saint-Dié » de Jean et Janine Foussereau et de Jean-Paul Baradel aux éditions Jérôme Do Bentzinger. 2007. 

Un grand merci à M. Bordes, à C. Leclair, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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28 mai 2013

11 août 1914.

                Bertrimoutier

Le régiment occupe des positions qui sont sensiblement identiques à la journée du 10 août 1914.

À 3 h 30, la 2e compagnie est toujours sur ses emplacements occupés depuis la veille. La 3e compagnie va devoir remplacer une compagnie du 31e B.C.P. qui se trouve du côté du ravin des Yraux. Elle complète l’organisation de la position en creusant de nouvelles tranchées. La 1ère section de mitrailleuses vient de s’installer sur l’éperon sud-est du bois du Chêna. Elle se retranche dans ce secteur, pour se préparer à intervenir soit dans la direction du col de Sainte-Marie, soit dans celle du ravin des Yraux. La 2e section de mitrailleuses s’établit dans les mêmes conditions,à la corne sud du même bois. 

La 4e compagnie est à la gauche de la scierie, en 2e ligne. Elle prépare des tranchées sur les pentes sud-est du Chêna. La 1ère compagnie, qui est également en 2e ligne, est positionnée à droite sur les pentes nord de la croupe Belleque située au sud-est de Wisembach. 

Le lieutenant-colonel Escallon, qui commande  le détachement positionné au col de Sainte-Marie,fait un compte-rendu téléphonique de la situation. Il est  6 h 25. Celui-ci fait savoir que les troupes du 14e C.A. vont bientôt relever celles du 21e C.A. dans le secteur intéressant le col de Sainte-Marie. En effet, trois bataillons de la 27e division sous les ordres du général Baret viennent d’arriver. Le premier se dirige sur Wisembach, les deux autres rejoignent le col. 

                 Carte_journee_du_11_aout_1914

                                     Legende_carte_du_11_aout_1914      

Le 3e bataillon du 75e R.I. reçoit l’ordre de relever les éléments du 149e R.I. qui se trouvent dans le bois du Breuil. Il se rend immédiatement sur les positions désignées. Il passe le col de Sainte-Marie qui est gardé par des chasseurs. La route du col est jonchée d’obstacles et de défenses accessoires. Le 3e bataillon du 75e R.I. arrive sur ces emplacements vers 4 h 00. Les hommes du commandant Biloir vont relever progressivement le 3e bataillon du 149e R.I.. 

À 16 h 30, le général commandant la 43e division fait parvenir un télégramme au colonel Menvielle, qui lui ordonne de se diriger sur Bertrimoutier. Il devra stationner dans cette commune en début de soirée, tout en laissant le lieutenant-colonel Escallon et le 3e bataillon de son régiment dans le secteur du col de Sainte-Marie. 

L’état-major et le 1er bataillon du régiment quittent Wisembach à 17 h 00. Ils prennent la route qui passe par Gemaingoutte et par Bonipaire. Le 2e bataillon doit les rejoindre à Gemaingoutte. Une heure et demie plus tard, les hommes du colonel Menvielle aperçoivent le clocher de l’église de Bertrimoutier. 

 

           Tableau des décédés des suites de leurs blessures pour la journée du 11 août 1914

 

                                  Tableau des blessés pour la journée du 11 août 1914

 

Sources bibliographiques :

J.M.O. du 149e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 696/8.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/9.

Historique du 75e R.I. pendant la guerre de 1914-1918. Imprimerie Berger-Levrault Nancy-Paris-Strasbourg.

 

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à É. Mansuy, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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04 juin 2013

Paul Porte (1868-1943).

                   Paul_PORTE     

Paul Porte est né aux Pennes le 27 octobre 1868, une petite commune du canton de Gardanne située dans les Bouches-du-Rhône. Il est le fils de Jean Baptiste et d’Antoinette Rosalie Roux.

C’est comme simple soldat qu’il franchit le seuil de la caserne du 116e R.I. de Vannes. À l’âge de 20 ans, Paul a signé un engagement volontaire d’une durée de cinq ans à la mairie de la ville. Cet homme va mener une carrière de militaire d'active, signant des contrats avec l'armée, tantôt pour une période de cinq années, tantôt pour une période de deux années. Cela le conduit de la musique du 116e RI qu'il intègre le 6 avril 1889, à celle du 87e R.I. de Saint-Quentin en août 1895 dont il devient le sous-chef. Trois mois plus tard, il signe son réengagement de 5 ans.

Après son mariage en décembre 1897 avec Francine Le Chevalier dans sa ville de garnison (qui verra la naissance de Joséphine, Paul et Marcel), il quitte le 87e R.I. pour rejoindre le 17e Régiment d’Artillerie en mai 1899. Il n’y reste qu’un peu plus d’un an, car après son réengagement pour 2 ans, le 12 octobre 1900, il est muté à la musique du 38e Régiment d’Artillerie de Nîmes à la fin du mois de novembre 1900.

Sa carrière se poursuit par un retour dans l’infanterie et sa nomination comme chef de musique de 3e classe, le 19 octobre 1903, en intégrant le 130e R.I. de Mayenne, puis, deux ans plus tard, jour pour jour, désormais sous-lieutenant, il est nommé chef de musique du 149e R.I.. Il ne quitte pas le régiment jusqu’à la mobilisation, devenant chef de musique de 1ère classe sur place, le 21 mai 1914.

                   Photo_groupe_musiciens_149e_R

                                            Paul Porte se trouve au 1er rang (6e à partir de la gauche)

 Au début du conflit contre l’Allemagne en août 1914, le capitaine Porte part avec le régiment. Les cuivres et les bois du régiment spinalien sont sous son autorité. 

Il est évacué une 1ère fois le 2  septembre 1914, quelques jours avant l’attaque sur le village de Souain. Cet officier retrouve le 149e R.I. à la fin du mois d’octobre 1914. 

Le capitaine Porte est à la disposition de la brigade russe du camp de Mailly du 6 au 27 juin 1916. 

Complètement épuisé, il est évacué une 2e fois de la zone du front, le 12 octobre 1916. Il fait un séjour qui va durer un peu plus d’un mois à l’hôpital Saint-Maurice d’Épinal. Il est mis en disponibilité le 1er janvier 1917, puis à la retraite d’office à titre d’ancienneté de services le 20 avril 1919. Le capitaine

est rayé des contrôles de l’active le 15 mai 1919. 

Paul Porte à longtemps vécu dans la cité phocéenne avant de décéder le 18 mars 1943 à Nice. Il allait avoir 76 ans. 

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photo de groupe provient de l’album photo du régiment de l’année 1909. 

Pour en savoir plus sur la brigade russe et le 149e R.I. il suffit de cliquer une fois sur les deux images suivantes : 

La_musique___Mairy_sur_Marne   Les_Russes

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J. Huret, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.            

Posté par amphitrite33 à 10:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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