12 mai 2014

Charles Poidlouë (1896-1951).

Charles_Poidloue

Charles Adolphe Louis Poidlouë voit le jour le 25 janvier 1896, à Brest, au n° 35 de la rue Saint-Yves. À sa naissance, son père est un capitaine de frégate âgé de 45 ans, chevalier de la Légion d’honneur. Sa mère, Céline Mottez,  est une femme originaire de Cherbourg qui est âgée de 28 ans. La fratrie est composée de quatre enfants, Louise, Charles, Marthe et Denise. Après l’école primaire, Charles poursuit ses études jusqu’à l’obtention de son baccalauréat es sciences. Il se destine à faire une carrière militaire, puisqu’il demande à suivre les cours préparatoires de l’école de Saint-Cyr.

Le métier de marin ne semble pas l’attirer, il passe son brevet de pilote civil. Il ne suivra donc pas la tradition familiale. Le brevet, qu’il obtient le 17 août 1914, est délivré par l’aéroclub de France, celui-ci porte le numéro 1724.

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Une fois son diplôme d’aviateur en poche, le jeune homme choisit d’interrompre ses études pour venir signer un contrat avec l’armée. Le conflit contre l’Allemagne vient tout juste de débuter… Malgré son jeune âge, il est de la classe 1916, Charles s’engage pour la durée du conflit. Le 10 septembre 1914, il rejoint la Touraine pour intégrer le 2e groupe d’aviation. Charles Poidlouë veut absolument piloter, mais il se trouve dans l’obligation de devoir transformer son diplôme civil en diplôme militaire. Il va suivre une nouvelle formation. Celui-ci se rend à l’école d’aviation de Buc, une école qui se trouve dans les Yvelines,pour parfaire ses connaissances et ses savoir-faire dans le domaine du pilotage. L’aviation militaire n’en est encore qu’à ses balbutiements… Le 29 janvier 1915, il obtient son brevet militaire qui porte le numéro 670. Il est affecté à l’escadrille F 36, une escadrille dans laquelle il servira du 27 février au 19 septembre 1915. Au cours de cette période, il est nommé caporal le 11 mars, puis sergent le 4 mai.

Au début du mois octobre 1915, il est hospitalisé à la maison de santé de Viry-Chatillon.

À la suite de cette hospitalisation, il devient instructeur de l’école d’aviation de Chartres. Le 14 mars 1916, le sergent Poidlouë est victime d’un accident d’avion. Il est promu adjudant le 24 mai 1916, puis sous-lieutenant à titre temporaire le 31 mars 1917. De nouveau, apte au pilotage, Charles Poidlouë doit rejoindre l’escadrille P.S. 126. Il restera dans cette escadrille du 8 avril au 12 juillet 1917.

Blessé une seconde fois, il est, dans un premier temps, hospitalisé à Beauvais du 12 juillet au 5 novembre 1917, puis envoyé en convalescence jusqu’au 6 décembre 1917. Cette nouvelle blessure ne lui permettra pas de reprendre les commandes d’un appareil. Il est rayé du personnel navigant. Pourtant, sa carrière militaire ne va pas s’arrêter là puisqu’il se retrouve affecté à un régiment d’infanterie.

Fin novembre 1917, le sous-lieutenant Poidlouë doit rejoindre le 149e R.I., qui se trouve, à ce moment-là, en cantonnement de repos à l’ouest de Montmirail. Le lieutenant-colonel Vivier l’envoie à la 9e compagnie de son régiment pour prendre le commandement d’une section. Le 6 décembre 1917, Charles Poidlouë se déplace avec le 149e R.I. dans la région d‘Hérimoncourt, près de Montbéliard. Il reste dans cette partie du Doubs jusqu’au 17 janvier 1918 avant d’être envoyé dans les Vosges.

Le 27 mai 1918, le 149e R.I. doit quitter le secteur de Compiègne qu’il occupe depuis une dizaine de jours. Le régiment est appelé d’urgence dans le secteur de Braine, une petite commune du département de l’Aisne. Les Allemands viennent de lancer une offensive de grande envergure près du Chemin des Dames. Le 28 mai 1918, la section du sous-lieutenant Poidlouë se trouve en première ligne dans le secteur de Cuiry-House. Celui-ci est blessé une première fois, au bras et au genou par éclat d’obus. Le lendemain, continuant de combattre avec ses hommes, il est à nouveau blessé, cette fois-ci par une balle. Sa section est complètement entourée par l’ennemi. Il doit se rendre. La captivité l’attend…

En mars 1919 une demande de témoignage, en faveur du sous-lieutenant Charles Poidlouë, est requise par l’officier responsable du bureau des décorations du dépôt commun du 149e R.I. et du 43e R.I.T. auprès du soldat Jean-Marie Larue.

« Je certifie que le sous-lieutenant Poidlouë Charles du 149e R.I. a été blessé au combat des 28 et 29 mai 1918. Le 28 mai, le sous-lieutenant Poidlouë reçoit l’ordre avec sa section de se porter sur un petit mamelon en avant de Cuiry-House. Là, nous tenons énergiquement, mais l’ennemi était trop en nombre. Nous nous sommes repliés, après avoir reçu l’ordre du commandant de la compagnie. À ce moment, le sous-lieutenant Poidloüe a été blessé par éclat d’obus au bras gauche et au genou. Une fois arrivé dans la dépression, il nous quitte pour se faire panser. Après, nous sommes établis dans un chemin creux, au nord de Cuiry-House. Il revient nous rejoindre et nous tenons jusqu’au 29 mai 1918. Là, nous sommes entourés de tous côtés par l’ennemi. La section de droite est commandée par un sous-lieutenant qui est tué et notre commandant de compagnie, le lieutenant Perronet, est blessé grièvement. À ce moment, la position devenue intenable, nous nous replions dans un silo de betteraves, sous un feu croisé de mitrailleuses, pour rejoindre le bataillon. Nous rencontrons la 11e compagnie en cours de route. Le sous-lieutenant Poidlouë a été renversé et blessé par une balle au bras gauche. Il revient nous rejoindre et à ce moment,  nous sommes cernés de tous côtés, nous sommes forcés de nous rendre avec la 11e compagnie.

J’ai 46 mois de front, je certifie que le sous-lieutenant Poidlouë a été très brave pendant les journées des 28 et 29 mai 1918. Malgré sa blessure, il a gardé le commandement de sa section. »

Le 30 mars 1919 Jean Marie Larue

Le sous-lieutenant Poidlouë poursuit sa carrière militaire après l’armistice. Il est nommé lieutenant à titre temporaire le 31 mars 1919. Charles Poidlouë assume les fonctions de chef de piste de l’école d’aviation militaire d’Avord. Il se spécialise dans les vols de nuit. Au cours de cette période, il est également chargé de l’instruction des V.D.N. de l’école d’aviation militaire d’Avord. En décembre 1919, il totalise 1200 heures de vol.

Démobilisé le 2 janvier 1920. Il crée en 1920, un cours technique d’aviation à l’usage des élèves-pilotes boursiers. Le lieutenant Poidlouë est confirmé définitivement dans son grade le 4 mars 1922.

Il est fait Chevalier de la Légion d’honneur le 21 février 1926.

Charles Poidlouë épouse Julienne de Gonzalvès, le 28 septembre 1926 dans le 9e arrondissement de Paris.

Le lieutenant Poidloüe quitte l’armée le 18 septembre 1939. De retour dans la vie civile, il va se lancer dans une carrière d’industriel.

Il décède à l’âge de 55 ans, le 8 avril 1951, dans le 8e arrondissement de la capitale.

Citation à l’ordre de l’Armée en date du 21 juillet 1918 :

« Jeune officier, très brave et très audacieux. A fait preuve d’une grande énergie au cours des combats des 28 et 29 mai 1918 dans l’Aisne, où il s’est montré comme un véritable entraineur d’hommes, maintenant sa section dans des circonstances critiques et refusant de quitter son commandement malgré ses blessures. Trois blessures. »

Sources :

L’acte de naissance de Charles Poidlouë est lisible sur le site des Archives départementales du Finistère.

Charles Poidlouë possède un dossier qui peut se voir sur la base Léonore.

La base de données des personnels naviguant ou au sol de l’aéronautique militaire au cours de la Grande Guerre du site « Mémoire des Hommes » a été consultée.

Le site "les as oubliés" de 14-18 a également été consulté.

Pour en savoir plus sur la carrière d’aviateur de Charles Poidlouë il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante :

Site_As_oubli_s_14_18

Ainsi que sur celle-ci :

Les_vieilles_tiges_d_hier_et_de_demain

Un grand merci à M. Bordes et à A. Carobbi.

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21 novembre 2014

André Martenot de Cordoux (1893-1991).

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Jeunesse 

Marie Charlotte Batilde Martenot de Cordoux, est une femme âgée de 34 ans, qui donne naissance à un petit garçon, le 14 mars 1893. Il portera le troisième prénom inscrit sur son acte de naissance : Joseph, Marie, André. Divorcée d’une première union, elle s’était remariée deux ans plus tôt avec Claude Jean, un jeune agriculteur âgé de 24 ans. André voit le jour dans le village de Chalezeule qui se trouve dans le département du Doubs.

Devenu adulte, ce Chalezeulois doit se rendre à Besançon pour effectuer la visite médicale, qui décidera de sa future vie de soldat, au cours de la période du service militaire.

Genealogie_Martenot_de_Cordoux

Après avoir été vu par les médecins, il est ajourné durant une année pour faiblesse. André se retrouve classé « bon absent » par la commission de réforme n° 3 de la Seine, à compter du 26 novembre 1913. Le jeune homme obtient également un sursis d’incorporation, ce qui va lui permettre de terminer ses études d’ingénieur.

Au 149e R.I.

Rattrapé par les évènements qui vont déchirer l’Europe, puis le monde, il est appelé à l’activité militaire le 12 août 1914. Il lui faut gagner son corps d’affectation ; dès le lendemain André Jean doit rejoindre le 149e R.I.. L’apprentissage de la vie de soldat commence.

À l’exception des tout premiers combats du mois d’août, il va prendre part à toutes les batailles dans lesquelles est impliqué le régiment au cours de l’année 1914. : la Marne, la prise du village de Souain, la Belgique, pour ne citer que les plus importantes.

Il passe ensuite les six premiers mois de l’année 1915 en Artois, une région où le 149e R.I. est engagé à plusieurs reprises dans des combats particulièrement violents et meurtriers. Il voit mourir bon nombre de ses camarades au cours des attaques qui eurent lieu en mars, en mai et en juin 1915.

L’aviation pendant la guerre 1914-1918

André Jean souhaite quitter l’infanterie, l’envie de devenir aviateur le travaille depuis un bon bout de temps. Pourquoi ne pas tenter l’aventure ! Pour cela, il lui faut rédiger une lettre qui lui permettra peut-être d’être muté dans cette nouvelle arme. Cette demande est acceptée, il va pouvoir être formé à l’art du pilotage. Le 5 août 1915, il se retrouve détaché au 2e groupe d’aviation. Direction le sud-ouest pour apprendre à maîtriser le manche et le palonnier à l’école de chasse de Pau. Les premières heures de formation, s’effectueront sur un Blériot pingouin. L’ex-soldat du 149e R.I obtient son brevet de pilote le lendemain de Noël 1915. Il est nommé caporal le 28 janvier 1916. En avril 1916, André Jean doit rejoindre l’escadrille C 28.

Cet aviateur va se faire connaître sous le nom d’André Martenot de Cordoux. Est-ce que c’est à partir du moment où il est devenu pilote qu’il a fait le choix de porter le nom de famille de sa mère ? C’est une question qui reste sans réponse pour l’instant.

Le 20 mai 1916, il obtient sa première victoire. Revenant d’une patrouille, avec son mitrailleur Claude Martin qui est installé derrière lui, ils attaquent deux L.V.G.. Le combat ne dure qu'un quart d’heure. Au cours de cet engagement, le pilote du Caudron est gravement blessé de trois balles à la jambe et au pied droit. Continuant la lutte, il descend l’un des Allemands dans la région de Beine. Grâce à son habileté, à son énergie et son sang-froid, l’aviateur parvient à poser son appareil sur le terrain où se trouve son escadrille.

Il est aussitôt pris en charge par l’ambulance 2/60 avant d’être évacué vers l’arrière. Ce premier succès lui permet d’obtenir sa première citation à l’ordre de l’armée.

« Le 20 mai, a attaqué à courte distance, un avion ennemi le forçant à atterrir à proximité des lignes, le pilote hors de combat ; atteint dans la lutte d’une balle qui lui a enlevé deux doigts au pied et fait une blessure grave au mollet, n’a dû de ramener son appareil au terrain d’atterrissage qu’à son habileté et son énergie ».

Après une longue convalescence, c’est le retour dans la zone de combats. Muté au groupe de protection N 513 au début du mois de février 1917, il pilote l’un des quatre appareils de cette unité rattachée à la C 56.

 Une seconde citation à l’ordre de l’armée lui est attribuée.

« Pilote adroit et plein d’ardeur. S’est toujours acquitté avec succès des missions de chasse et de protection qui lui ont été confiées. Grièvement blessé au cours d’un combat aérien, a repris sa place à l’escadrille, bien qu’incomplètement guéri, donnant ainsi un bel exemple de devoir. »

 En juin 1917, les groupes 512, 513 et 514 fusionnent pour donner naissance à l’escadrille N 94. André Martenot de Cordoux est nommé sergent le 22 juin 1916, puis adjudant le 1er juillet 1917 dans cette unité. Avec son Nieuport 24, ce dernier abat un second avion ennemi le 25 juillet 1917.

Cette deuxième victoire lui permet de mettre une troisième palme à sa croix de guerre.

« Pilote de chasse expérimenté, habile et courageux, s’est toujours montré à la hauteur de sa tâche dans les missions périlleuses qu’il réclame comme une faveur. Déjà cité à l’ordre de l’armée pour un combat où blessé grièvement, il descendait son adversaire ; est revenu, quoique incomplètement guéri, reprendre sa place au front. Le 25 juillet 1917, par une audacieuse manœuvre, a descendu un avion ennemi qui s’est écrasé au sol (2e avion abattu par ce pilote). »

Le 5 novembre 1917, il est décoré de la Médaille militaire.

Une décision du général commandant en chef du 25 janvier 1918 lui permet d’être nommé sous-lieutenant à titre temporaire. Cette promotion prend rang le 10 février 1918.

En mars 1918, les Nieuport 24 et 27 qui équipent son escadrille sont remisés dans une formation aérienne de réserve ; les Nieuport sont remplacés par des Spad VII flambant neufs. La N 94 devient alors la Spa 94.

Le 22 mars 1918, le sous-lieutenant Martenot de Cordoux reçoit la croix de guerre belge.

Le 1er avril 1918, la Spa 94 « mort qui fauche » se trouve en région picarde. Au cours d’une mission, André Martenot de Cordoux  doit assurer la défense d’une formation de Bréguet. Pour mener à bien ce travail, il est accompagné d’un second Spad piloté par le lieutenant Bechon. Au cours de la sortie, le groupe est attaqué par sept ou huit allemands. Les deux « gardiens » parviennent à dégager les appareils qui étaient sous leur protection. Ils réussissent même à abattre un adversaire. Cette victoire est homologuée le 8 avril.

Quelques mois plus tard, son appareil évolue dans le ciel soissonnais ; nous sommes le 1er juin 1918. Le pilote Martenot de Cordoux, en binôme avec l’adjudant Malinovitch, attaque une patrouille de six Fokker D. VII ; un autre groupe, composé de neuf appareils ennemis se trouve au dessus, prêt a fondre sur tout adversaire qui livrera le combat. Il engage la lutte. Son moteur lui fait défaut juste après qu’il ait abattu un adversaire.  Il se retrouve coincé entre les deux patrouilles qui l’accompagnent de 3500 à 500 m. Pour compliquer la situation, sa mitrailleuse s’enraye. André Martenot de Cordoux doit faire appel à toute sa science de pilote pour essayer de se tirer d’affaire. Une longue série d’acrobaties commence... Heureusement pour lui, son moteur finit par redémarrer. Il peut ainsi se dégager d’une situation plus que périlleuse, sans aucune égratignure.

 Une quatrième citation à l’ordre de l’armée vient rendre hommage à sa bravoure.

 « Brillant pilote de chasse. Provoque chaque jour l’admiration de ses camarades par son allant et son entrain. À plusieurs reprises, a attaqué des patrouilles de dix à quinze appareils ennemis et, grâce à son sang-froid et à son audace, a pu sortir indemne de combats très durs. Vient d’abattre son quatrième avion ennemi. Une blessure. Deux citations, Médaillé militaire pour fait de guerre. »

Le 1er juin 1918, le sous-lieutenant André Martenot de Cordoux abat un triplace dans la région de Longpont-Parcy.

Le 3 juin 1918, en compagnie de l’adjudant Marinovitch, ils attaquent à plusieurs reprises un biplace qui est probablement obligé d’atterrir dans la région de la Ferté-Milon- Mosloy.

Le 5 juin 1918, André Martenot de Cordoux descend encore un appareil ennemi. Toujours en présence de l’adjudant Marinovitch, ils abattent un biplace à l’est de la forêt de Villers-Cotterêts. C’est sa cinquième victoire homologuée. Il est cité à l’ordre de la division.

Le 22 juillet, vers 10 h 25,  le sous-lieutenant attaque, sans succès, un biplace ennemi dans la région de Champillon. Une nouvelle citation à l’ordre de l’armée lui permet d’accrocher une cinquième palme à sa croix de guerre.

 « Pilote de chasse incomparable, animé du plus bel esprit offensif. Véritable exemple de bravoure et adresse pour ses camarades. A remporté récemment ses 4e et 5e victoires. Une blessure. Trois citations, Médaillé militaire pour fait de guerre. »

La sixième victoire est obtenue le 21 août 1918. Avec l’aide de l’adjudant Ondet, il libère un Bréguet en grande difficulté qui est attaqué par 5 Fokker D VII. Le pilote allemand,blessé, est fait prisonnier. Il partage ce succès avec son camarade Ondet.

En récompense de ses multiples exploits, la Légion d’honneur est accordée au sous-lieutenant Martenot de Cordoux :

« Pilote de chasse incomparable, véritable exemple de bravoure et d’adresse pour ses camarades. »

Elle lui est remise officiellement par l’aide-major général Duval le 2 septembre 1918.

Il abat son septième et dernier avion ennemi le 13 septembre 1918. C’est une victoire commune qui se partage avec les lieutenants Laganne et Carbonnel.

Une cinquième citation à l’ordre de l’armée vient à nouveau le récompenser.

« Pilote d’un entrain et d’une bravoure au-dessus de tout éloge, véritable homme du devoir qui ne cesse de s’imposer à tous par son audace et son courage. Poursuivant toujours avec la même ardeur le combat contre les avions ennemis ; a abattu les 21 août et 13 septembre 1918, ses sixième et septième avions ennemis. Une blessure médaille militaire et chevalier de la Légion d’honneur pour fait de guerre. Quatre citations) » (J.O. du 8 janvier 1919)

André Martenot de Cordoux obtient sa septième citation, au cours des dernières opérations qui précédent l’armistice ; elle consacre, une fois de plus, la valeur de cet officier.

« Citation à l’ordre de l’armée : J.O. n° 25 du 26 janvier 1919

« Officier d’élite, ayant la plus haute conception du devoir, animé d’un courage au-dessus de tout éloge, et joignant aux qualités de pilote de chasse de grande valeur, celle d’observateur des plus minutieux. Les 6 et 12 octobre a opéré un jalonnement précis de notre infanterie malgré des circonstances atmosphériques les plus défavorables, et lui a donné des renseignements très importants, sur la situation de l’ennemi. Une blessure, Médaillé militaire et décoré de la Légion d’honneur pour fait de guerre. Cinq citations. »

 Une huitième victoire homologuée non retrouvée est attribuée à André Martenot de Cordoux.

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L’après-guerre

Les combats terminés, il est envoyé en mission spéciale avec une équipe de mécaniciens, en territoire occupé. Il doit récupérer les avions que devait abandonner l’ennemi, suivant les clauses du traité de paix. Jean Martenot de Cordoux intervient sur les terrains d’aviation de Metz, Strasbourg, Sarrebourg,  Bitche et Sarreguemine.  Il fait ramener par des pilotes convoyeurs, environ 350 appareils de tous types sur le Bourget.

Par décret du président de la République en date du 5 mai 1919, qui est rendu sur la proposition du président du conseil, André Martenot de Cordoux est promu au  grade de lieutenant dans l’infanterie de réserve pour prendre rang le 26 mars 1919 (J.O. du 5 août 1919).

Une décision ministérielle du 22 juin 1920 l’affecte au 2e régiment d’aviation (J.O. du 6 juillet 1920). Il est mis en congé illimité de démobilisation le 25 octobre 1919. L’homme aux sept victoires se retire dans la petite ville de Billancourt. Ce n’est pas pour autant que sa carrière de pilote militaire s’achève.

Pour ne pas perdre la main, il doit accomplir plusieurs périodes d’entraînement. La première a lieu au 3e régiment d’aviation du 16 au 30 août 1920, la seconde, au 2e régiment d’aviation du 15 au 30 juin 1922, et la troisième du 11 juin au 26 juin 1923.

En juillet 1921 André Martenot de Cordoux réorganise l’aérodrome de Beauval. Il fait l’acquisition de 5 avions des surplus, Nieuport et Caudron, et propose des baptêmes de l’air.

À l’âge de trente ans, il passe dans l’aéronautique par décret du 20 juin 1923 en application de la loi du 8 décembre 1922. (J.O. du 7 juillet 1923).

Suite à une décision ministérielle du 1er décembre 1928  (J.O. du 04/12/1928), il se retrouve rattaché au centre mobilisateur d’aviation n° 2. Une nouvelle affectation le conduit au centre mobilisateur d’aviation n° 52 par décision ministérielle du 1er juin 1929. (J.O. du 6 juin 1929).

Il doit se rendre au C.M. d’aviation n° 3, un changement qui est la conséquence de la décision ministérielle du 20 mars 1933 (J.O. du 23 mars 1933).

Une réorganisation territoriale du 1er décembre 1936 l’amène à la base aérienne de Châteauroux.

André Martenot de Cordoux est classé dans le cadre navigant en application de l’article 9 de la loi du 1er août 1936, à compter du 2 février 1937. Le 6 août 1937, il est muté à la base aérienne de Paris-Issy-les-Moulineaux. Affecté au bataillon de l’air n° 122 par décision ministérielle du 21 juin 1938 à compter du 1er juillet 1938.  Il est alors âgé de 47 ans.

En 1939, il fait une demande d’affectation en escadrille qui lui est refusée.

 La fin de carrière se profile…

Le 29 décembre 1991, Henri Marie André Jean, veuf de Germaine Berthe Louise Henrion, décède en son domicile, situé au 61 rue du Chemin Vert dans le XIe arrondissement de Paris. Il est enterré dans le cimetière de Saint-Ouen. Il était âgé de 98 ans.

Sources :

J.M.O. de la  Spa 94. Ref : 1 A 289/6.

Article publié dans la revue « La vie aérienne » du 15 mai 1919.

La fiche signalétique et des services d’André Jean a été consultée sur le site des archives départementales du Doubs.

Cinq des citations à l’ordre de l’armée qui peuvent se lire dans ce texte ont été retrouvées sur le site de la bibliothèque virtuelle de Gallica.

Les deux citations manquantes proviennent  du centre des archives du personnel militaire qui se trouve à la caserne Bernadotte de Pau.

La carte postale représentant André Martenot de Cordoux sur le deuxième montage provient de ma collection personnelle.

Le dessin de l’avion qui se trouve sur le premier montage se trouve sur le forum suivant :

Rise_of_flight

Pour en savoir plus sur la carrière de pilote d’André Martenot de Cordoux, il faut se rendre sur les sites suivants :

Ciel_de_gloire

Site_As_oubli_s_14_18

Ouvrage_de_Jon_Guttman

André Martenot de Cordoux apparaît dans le début de l'émission « Horizon », diffusée le 1er novembre 1986 sur FR3. Pour la visualiser, il suffit de cliquer une fois sur le lien suivant :

Video

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes, au centre des archives du personnel militaire de Pau et à L’E.C.P.A.D..

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