11 décembre 2012

Pierre Marie Étienne Henry (1870-1941).

                 Pierre_Henry

Pierre Henry est né le 14 septembre 1870 dans le petit village du Pailly, situé sur le canton de Longeaud dans le département de la Haute-Marne. Issu d’une famille nombreuse, il est le fils de Joseph et d’Appoline Chaillot. Son père exerçait la profession d’instituteur. Pierre Henry fait son service militaire en novembre 1891 au 21e R.I. de Langres. Après avoir suivi une formation religieuse, cet homme d'église est ordonné prêtre en 1895. Il enseigne comme professeur au grand séminaire de Langres. Lorsque la guerre éclate début août 1914, il rejoint la 24e section territoriale d’infirmiers. Il devient l’aumônier titulaire du groupe de brancardiers de la 43e D.I.. Pierre Henry est fait prisonnier le 20 d’août 1914, pour aller en captivité à Dreibrunnen (Trois-fontaines en Moselle) puis à Strasbourg. Rapatrié le 30 août 1914, il réintègre rapidement son poste. C’est un homme qui participe à la plupart de tous les coups durs de la 43e D.I. : présent au Col de Sainte-Marie, à Saint-Blaize, à Souain, à Lorette et à Ypres en 1914, en Artois en 1915, sur le chemin des Dames en 1917 et durant les combats de l’Aisne et de la Champagne en 1918. À sa demande, l’aumônier rejoint le 149e R.I. le 5 février 1918, en remplacement de Stanislas Galloudec qui a été tué quelques mois plus tôt. Pierre Henry est démobilisé au lendemain de Noël 1918. 

                             Aumonier_Pierre_HENRY    

Citations :

 Citation à l’ordre n° 118 de la 43e division en date du 8 avril 1916 :

« A accompagné le médecin auxiliaire du bataillon dans toutes ses recherches, se prodiguant auprès des blessés en toutes circonstances, avec le plus grand des mépris du danger. »

Citation à l’ordre n° 248 de la 43e division en date du 30 août 1917 :

« Modèle de courage et de fermeté, joignant une grande bonté à une extrême énergie. A été blessé le 27 juin 1917, en se rendant, sous un violent tir d’artillerie, au P.S. du groupe. » 

Citation à l’ordre de l’armée en date du 15 juillet 1918 (J.O. du 12 décembre 1918) :

« D’un courage et d’un dévouement sans bornes, n’a cessé pendant sept jours de combat ininterrompu de parcourir les premières lignes, prodiguant ses soins aux blessés et apportant aux combattants le réconfort de sa présence sous les bombardements les plus violents et jusque sous les balles des mitrailleuses.» 

Cité à l’ordre n° 232 du 21e C.A. en date du 4 novembre 1918 :

« Aumônier d’un dévouement et d’un zèle au-dessus de tout éloge. Exerce les devoirs de son ministère dans les circonstances les plus critiques du combat avec un courage particulier, un calme et un sang-froid admirables. Pendant les rudes combats du 26 septembre au 5 octobre 1918, a forcé l’admiration de tous, chefs et soldats, en se portant jusqu’aux premières lignes, malgré les bombardements les plus violents, pour prodiguer ses soins et réconforter les blessés et les mourants.» 

Cité à l’ordre du régiment le 23 décembre 1918 :

« Aumônier d’une bravoure incomparable et d’un sang-froid superbe, a continué à montrer pendant les durs combats de Banogne, en octobre 1918, les plus beaux sentiments de courage et de dévouement dont il avait fait preuve depuis 1914. » 

Chevalier de la Légion d’honneur le 16 février 1918. (J.O. du 23 avril 1918). 

Pour en savoir plus : 

Voir le site généalogique « Généanet » sur le lien suivant : 

http://www.geneanet.org/ 

Sa fiche signalétique et des services est consultable sur le site des archives départementales de la Haute-Marne sur le lien suivant : 

http://archives.haute-marne.fr/subset.html?name=milit 

Références bibliographiques : 

Livre d’or « La preuve du sang, livre d’or du clergé et des congrégations, 1914-1922 » paru aux Éditions de la Bonne Presse en 1925. 

La photo de l’aumônier Pierre Henry a été réalisée par Raymond Bonnefous en septembre 1915, elle provient de la collection personnelle de Nathalie Bauer. 

À lire également : « Des garçons d’avenir » roman écrit par Nathalie Bauer, aux Éditions Philippe Rey. Août 2011. 

La carte utilisée sur le montage provient du J.M.O. du 112e R.I.T.. Elle peut se consulter sur le site « Mémoire des Hommes ». Référence du J.M.O. du 112e R.I.T. : 26 N 796/15. 

Un grand merci à N. Bauer, à M. Bordes, à V. Niard, à S. Agosto, à J.C. Auriol, à É. Mansuy, à H. Thevenot, aux différents intervenants du forum « pages 14-18 » qui m’ont apporté leur aide et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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08 juin 2018

Stanislas François Marie Galloudec (1875-1917).

Stanislas_Fran_ois_Marie_Galloudec

Stanislas François Marie Galloudec est né le 13 février 1875, dans la petite commune bretonne de Lanrivain située dans le département des Côtes-d’Armor anciennement appelé Côte-du-Nord.

Stanislas est le fils de Guillaume et de Marie Anne Le Pennec. Le père est propriétaire de ses terres qu’il exploite en tant que cultivateur. La mère Marie Anne travaille comme ménagère. Stanislas est le second d’une fratrie de sept enfants.

Après avoir fait le « petit séminaire », il commence ses études de prêtre. Le jeune Galloudec contracte ensuite un engagement volontaire de trois ans avec libération possible au bout d’un an.

Le 24 octobre 1894, il revêt l’uniforme de fantassin à la caserne de la Tour d’Auvergne de Guingamp. Il interrompt son contrat un an plus tard, en toute légalité,  puis envoyé en congé en attendant un passage dans la réserve avec l’obtention de son certificat de bonne conduire. L’ancien soldat est inscrit dans les effectifs de la réserve de la 10e section d’infirmiers militaires de Rennes.

Stanislas Galloudec poursuit sa formation de séminariste, avant d’accomplir une 1ère période d’exercice à la 10e section d’infirmiers du 24 août au 20 septembre 1896.

Après ses études, il renonce à sa dispense afin de terminer ses années de service.  Nous sommes le 16 octobre 1897. Cette fois-ci, c’est au 41e R.I. de Rennes qu’il va poursuivre sa formation militaire. Le 28 avril 1899, il est nommé caporal. Le 20 septembre 1899, il est, une nouvelle fois, envoyé en congé en attendant son passage dans la réserve de l’armée d’active avec un second certificat de bonne conduite accordé.

Stanislas Galloudec fait une seconde période d’exercices au 62e R.I. de Lorient du 27 août au 23 septembre 1900. En octobre 1899, il vit à Hennebont. Les pères eudistes y possèdent un lieu de formation pour leurs prêtres.

Deux mois plus tard, il laisse derrière lui sa Bretagne natale pour aller enseigner dans l’établissement catholique versaillais de Saint-Jean de Béthune. En septembre 1901, il est de retour au pays. Stanislas s’installe au séminaire de la Roche du Theil à Bain-sur-Oust, à une poignée de kilomètres de Rennes. Il continue d'enseigner en mars 1903 au collège Saint-Martin de Rennes.

Mais en février 1904, notre homme est de retour à Versailles pour y retrouver ses anciennes fonctions de formateur. Il reste résident en Bretagne, ce qui explique que l’ancien caporal rejoint les effectifs de l’armée territoriale le 1er octobre 1907, rattaché au 73e R.I.T. de Guingamp.

Il finit par modifier son domicile, ce qui le fait changer de subdivision. Le 5 octobre 1912, Stanislas Galloudec est intégré à celle de Versailles,inscrit à la liste matricule avec le n° 924.

Lorsque le conflit contre l’Allemagne débute, il est rappelé à l’activité par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Le caporal aumônier Galloudec arrive au corps 5 jours plus tard, affecté au 17e R.I.T., au profit de la 24e section d’infirmiers du 21e C.A. qu’il rejoint à la mobilisation.

En février 1915, il exerce son ministère à l’ambulance 3/21 placée à Sains-en-Goyelle, portant une assistance religieuse aux blessés et donnant l'extrême - onction aux mourants.

C’est à sa demande qu’il passe ensuite au 149e R.I..

Début septembre 1916, le régiment participe à la bataille de la Somme pour tenter de reprendre aux Allemands le village de Soyécourt. L’opération est une véritable réussite. L’aumônier Galloudec y gagne une citation à l’ordre de l’armée.

C’est le général Baucheron de Boissoudy qui lui épingle cette décoration sur sa soutane à Beauvais en octobre 1916.

Beauvais_octobre_1916

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette période, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Secteur_du_149e_R

Le 149e R.I. occupe ensuite plusieurs secteurs à proximité du chemin des Dames. Pendant plus de dix mois, il ne sera jamais sollicité pour mener à terme une grande offensive et encore moins attaqué par les Allemands. Ce n’est que le 23 octobre que ses bataillons seront amenés à participer à la bataille de la Malmaison.

C’est au cours de cette journée d’attaque que l’aumônier Galloudec trouve la mort. Plusieurs éclats d’obus ont eu raison de sa vie.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés au cours de cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Carte_2_journee_du_23_octobre_1917__2e_objectif_

L’adjudant-chef Théodore Dubois et le caporal Adrien Claudel confirment le décès de l’aumônier Galloudec. Il est enterré dans un premier temps dans le cimetière militaire de Condé-sur-Aisne dans une tombe qui porte le numéro 274.

Il repose actuellement dans le carré C de la Nécropole Nationale Française de Vauxbuin dans une sépulture individuelle numérotée 344.

Sepulture_Stanislas_Galloudec

Le nom de cet homme est inscrit sur la plaque commémorative de l’école Saint-Jean de Béthume et sur le mémorial breton 1914-1918 de Sainte-Anne-d’Auray

Stanislas Galloudec a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre de l’armée du 29 septembre 1916 (J.O. du 27 février 1917) :

« A l’attaque du 4 septembre 1916, est parti avec les premiers éléments d’assaut, malgré la fusillade et le bombardement, pour donner les secours nécessaires aux mourants et aux blessés, et s’est porté ainsi jusqu’aux lignes les plus avancées avec un courage et un dévouement au-dessus de tout éloge. »

Citation à l’ordre de l’armée du 11 décembre 1917 (J.O. du 17 janvier 1918) :

« Aumônier titulaire d’un héroïsme légendaire au régiment. S’est bravement porté avec les vagues d’assaut, se dépensant sans compter auprès des blessés et des mourants. A été tué à 15 mètres d’un fortin ennemi, dans l’exercice de ses fonctions auprès d’un officier grièvement blessé. Déjà cité à l’ordre de l’armée. »

Il n'a pas été possible d'identifier de manière formelle le nom de l'officier aux côtés duquel il se trouvait lorsqu'il fut touché. Cependant, quelques lignes extraites du témoignage consacré à la bataille de la Malmaison laissé par Albert Marquand, dans le livre « Et le temps, à nous, est compté » permettent d’en savoir un peu plus. Voici ce qu’il écrit : « … Morand me rend compte de l’odyssée de la compagnie depuis mon départ, à la route de Maubeuge. Tout a bien marché jusqu’au bois. Les vides étaient peu nombreux. La marche en avant dans les fourrés, s’effectuait régulièrement lorsque nos 155 ont brusquement raccourci leurs tirs, malgré les fusées à six feux. Et l’inévitable catastrophe est arrivée… Les deux lieutenants, l’aumônier divisionnaire, Feruit, le caporal fourrier Roux y ont laissé la vie… »

Les 2 officiers de la 10e compagnie qui ont été tués ce moment-là sont le lieutenant Monnoury et le sous-lieutenant Dupuy-Gardel.

Les différents textes des citations à l’ordre de l’armée que ces trois hommes ont obtenu à titre posthume évoquent tous les trois un fortin. Il est donc impossible de départager entre l’un ou l’autre des deux officiers.

Il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume le 27 avril 1920 (J.O. du 22 juin 1920).

La généalogie de la famille Galloudec peut se consulter en cliquant une fois sur l’image suivante.

Geneanet

Sources :

La fiche signalétique et des services de Stanislas Galloudec a été consultée sur le site des archives départementales des Côtes-d'Armor.

« La preuve du sang, livre d’or du clergé et des congrégations, 1914-1922 » paru aux Éditions de la Bonne Presse en 1925.

Acte de décès de Stanislas Galloudec, copie envoyée par la mairie de Versailles.

La photographie de la sépulture de l’aumônier Galloudec a été réalisée par  J. Baptiste.

Le cliché représentant Stanislas Galloudec sur le montage et celle de la remise de décorations proviennent de ma collection personnelle.

Un grand merci à M. Bordes, à C. Coton, à S. Agosto, à A. Carobbi, à J.Baptiste, à J. Huret, aux archives départementales des Côtes d’Armor et à la mairie de Versailles.

 

Posté par amphitrite33 à 06:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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