26 mai 2014

Ils n'étaient que des hommes... Un cas de désertion collective en Artois.

Bois_en_Hache_vue_aerienne

Je remercie vivement Daniel Gothié, le petit-fils du lieutenant-colonel Gothié, qui vient de me donner son autorisation, pour que je puisse publier ici de nouveaux  documents issus de sa collection personnelle.

Localisation_du_bois_en_Hache

Premier décembre 1915, le secteur dans lequel se trouve le 149e R.I. n’est plus le théâtre d’attaques coûteuses en vies humaines. Les dernières datent du mois de septembre. Les positions françaises et allemandes se sont stabilisées depuis plusieurs semaines.

À cette date, une partie du bois en Hache est occupée par des éléments du 2e bataillon du 149e R.I..

Position_approximative_occup_e_par_la_8e_compagnie

Même s’il n’y a plus de combats de grande envergure dans cette partie du front, la vie quotidienne en première ligne reste particulièrement éprouvante. Les hommes souffrent des conditions climatiques déplorables. La pluie survenant en même temps que le dégel cause de sérieux dégâts dans les voies de communication. La boue et l’eau sont partout… Dans cette situation, les ravitaillements et les relèves se font avec beaucoup de difficultés.

Pour certains hommes, le cafard est au rendez-vous… Une poignée de soldats de la 8e compagnie du 149e R.I.,  qui est installée dans un petit poste avancé, se prépare à commettre « l’irréparable »…

 Mais revenons tout d’abord sur les évènements qui se sont déroulés quelques jours auparavant.

Sous_secteur_centre_de_la_43e_D

Depuis le 24 novembre, le 158e R.I. et le 149e R.I. alternent par périodes de 4 jours dans le sous-secteur centre occupé par leur division. Deux bataillons sont en première ligne, le dernier est en soutien et en réserve. Pour le 149e R.I., les relèves se font tous les deux jours par demi-bataillon pour le 1er bataillon et tous les quatre jours pour chacun des 2e et 3e bataillons. Chaque compagnie passe un jour en 2e ligne, deux jours en  1ère ligne et un jour en soutien. Le 25 novembre, le capitaine Huet du 149e R.I. fait une reconnaissance approfondie de secteur, à la suite de laquelle il va rédiger un long rapport.

Concernant la zone qui nous intéresse, il écrit ceci :

« Dans le secteur k2-k32-g1, l’eau monte jusqu’à la cheville en de nombreux endroits. Le barrage de la sape k32 vers k33 est à 20 m environ du barrage allemand (sacs de terre verts).

La tranchée qui est située entre g1 et g19, d’une profondeur d’1 m 20 à 1 m 30 est remplie d’eau qui monte jusqu’au genou sur 20 m environ au nord de g1. »

Croquis_du_capitaine_Huet

De manière exceptionnelle, le 2e bataillon entre dans le sous-secteur centre dans la nuit du 28 au 29 novembre, pour y rester 5 jours au lieu de 4.

Une section de la 8e compagnie, qui est sous l’autorité du sous-lieutenant Salin, s’installe dans le secteur de g1 et de k32.

Nous savons, d’après le rapport du capitaine Huet, que cette zone a été particulièrement abîmée par les conditions météorologiques instables des journées précédentes.

Grâce aux documents fournis par le petit-fils du lieutenant-colonel Gothié, nous connaissons la composition exacte du peloton dans lequel se trouve la section évoquée.

Composition_du_premier_peloton

Des hommes de la 1ère escouade et de la 2e escouade de la 1ère section occupent un petit poste en g1 depuis le 30 novembre. Ils sont tous sous l’autorité du sergent Ferry.

Le 1er décembre, le sous-lieutenant Salin envoie la relève à 21 h 00. Vers 22 h 00, le capitaine Jeské, qui commande la 8e compagnie, est informé que le petit poste a été trouvé complètement vide ! Tous les hommes ont disparu, ceux qui étaient dans le petit poste depuis la veille et ceux de la relève ! Au total, 18 hommes manquent à l’appel.

Composition_peloton__2_

Un rapport circonstancié, rédigé par le capitaine Jeské, évoque les évènements qui viennent de se dérouler.

 « Dans la journée du 1er décembre, la 8e compagnie occupait la tranchée de 1ère ligne dans le secteur du bois en Hache entre g1 et k2. La 1ère section occupe la tranchée à droite du point k2. Cette section fournissait un petit poste en g1 distant de la tranchée d’une cinquantaine de mètres.

Dans ce petit poste se trouvaient, depuis la veille, le sergent Ferry, les caporaux Paradis et Dubouis, les soldats Becker, Bigot, Musset, Pierrat, Verlassen. Le poste allemand d’en face se trouvait à environ 25 mètres.

Le chef de section, le sous-lieutenant Salin, avait son poste en k32. Vers 18 h 00, il désigna le sergent Raimond, le caporal Joly et les soldats André, Barthoulot, Guiniéri, Jobard, Muller, Galopin et Villette pour relever la garde du petit poste.

Cette relève devait se faire vers 21 h 00, lorsque les hommes auraient mangé. Les cuisiniers  Laudry et Messenterre, de la 1ère section, arrivèrent vers 20 h 30 dans la tranchée, servirent les hommes qui s’y trouvaient et partirent ensuite pour le petit poste. Le sergent Raimond partit alors avec les hommes désignés pour relever le sergent Ferry. Vers 22 h 00, j’ai été prévenu par le sous-lieutenant Salin que les hommes du petit poste et ceux de la relève du même poste avaient disparu. D’après les déclarations du caporal Dubuis, le sergent Raimond aurait dit au sergent Ferry, en arrivant dans le petit poste, qu’il fallait placer les fils de fer en avant de ce petit poste. Ceci était faux, le sous-lieutenant Salin avait en effet dit au sergent Raimond, dans la journée, qu’on poserait des fils de fer pendant la nuit, mais n’avait donné aucune indication sur le point où ce travail devait se faire. Il se réservait de donner ces ordres au sergent Ferry lorsqu’il serait relevé du petit poste, attendu que le point où les défenses accessoires manquaient était à droite de la sape, vers k32. Voyant le sergent Ferry rester pour le travail dans le petit poste, le caporal Dubouis lui demanda l’autorisation de revenir à la tranchée, étant fatigué. Il revint donc à k32 ; quelques instants après, il entendit le sous-lieutenant Salin réclamer le sergent Ferry. Il retourna alors au petit poste. Il le trouva vide. Seuls restaient 5 équipements et 6 fusils. Aussitôt, il se renseigna auprès du sergent Boudène de la 7e compagnie qui occupait un petit poste voisin, à une dizaine de mètres, à gauche de celui de la 8e compagnie.

Ce sergent lui déclara : «  Le caporal Paradis m’a dit qu’il était chargé de poser des fils de fer en avant de son petit poste avec quelques hommes et m’a dit de ne pas tirer. J’ai vu sortir des hommes du petit poste, puis je n’ai plus rien entendu. » Le caporal Dubouis revint alors en hâte à k32 où il prévint le sous-lieutenant Salin. Ce dernier fit immédiatement réoccuper le petit poste par le caporal Pérol et 6 hommes. Les cuisiniers Landry et Messenterre n’ayant pas reparu depuis leur premier passage à k32, ont dû abandonner le petit poste en même temps que les occupants du même poste.

Dans toute cette affaire, il est difficile d’établir les responsabilités et de dire s’il y eut préméditation. Le caporal Dubouis, interrogé, prétend avoir entendu des propos du soldat Musset, disant qu’ils allaient «faire camarade ce soir», mais qu’il ne les a pas pris au sérieux. Le caporal Paradis aurait parlé plusieurs fois au sergent Raimond, dans le courant de la journée. Ce sont deux gradés  qui étaient très liés entre eux, ce fait n’avait pas attiré son attention. Le sergent Ferry était un bon sergent qui avait toujours donné satisfaction à ses chefs. Même s’il s’était plaint dans la journée des conditions excessivement pénibles dans lesquelles il se trouvait, on n’avait vu là que des propos ordinaires, parfaitement admissibles de la part d’un homme déjà âgé ; ceci  ne faisait aucunement préjuger de ce qui allait se passer. Les autres hommes du poste n’étaient que des hommes ordinaires, ni bons, ni mauvais, mais chez qui le moral était atteint à la suite des fatigues ressenties depuis trois jours. Il est incontestable que chez tous, à ce moment, il y avait une forte dépression. La pluie, la boue, l’eau, l’insomnie, la perspective d’autres journées semblables à celles-là, le séjour du bataillon porté à cinq jours au lieu de quatre, tout cela réuni contribua à abaisser le moral.

Il a, sans doute, certainement suffi qu’un meneur se révélât tout à coup, pour décider ceux qui hésitaient à l’exécution d’un projet, sûrement très vague encore à ce moment.

 Quoique le sergent Boudène, qui commandait le petit poste de gauche situé à environ 10 mètres, dut leur avoir affirmé n’avoir rien vu, ni rien entendu – quoique le caporal Dubouis soit aussi affirmatif, on est amené à penser qu’il y a eu entente préalable. On ne peut admettre que le poste ait été surpris par les Allemands au moment de la relève, car le poste voisin de la 7e compagnien’a rien entendu. De plus, sur le nombre, quelques isolés auraient réussi à s’échapper pour prévenir en arrière.

Quoi qu'il en soit, il y a lieu de penser que les 18 hommes, les deux postes et les deux cuisiniers sont passés à l’ennemi. Les Allemands semblent avoir laissé une preuve, le lendemain, en plaçant sur leur parapet 3 casques français. L’un d’eux a même paru coiffé d’un béret qui, paraît-il, appartenait à un des hommes de la 8e, disparus. 

 Le capitaine Jeské, commandant la 8e compagnie, a l’honneur de demander à ce que les sergents Ferry et Raimond, les caporaux Paradis et Joly, les soldats André, Barthoulot, Becker, Bigot, Guiniéri, Jobard, Laudry, Musset, Messenterre, Muller, Pierrat, Galopin, Villette, Verlassen, soient traduits devant un conseil de guerre, pour désertion en présence de l’ennemi. »

 Signé Martin Jeské

 Après avoir lu ce rapport, le capitaine Guilleminot qui commande le 2e bataillon du 149e R.I. de manière provisoire écrit la réponse suivante :

 « Les 18 militaires dont il s’agit se sont rendus coupables d’une désertion collective en présence de l’ennemi. Ils sont tous passibles du conseil de guerre. »

Le_lieutenant_colonel_Gothi__et_ses_officiers

Le texte rédigé par le capitaine Jeské arrive entre les mains du lieutenant-colonel Gothié. Celui-ci va mener sa propre enquête, en rédigeant plusieurs notes. Ses conclusions sur les évènements sont sans équivoque. 

 « Acte collectif monstrueux, qui mérite le châtiment suprême pour tous les coupables et que n’excusent, ni la fatigue, ni les circonstances atmosphériques. À traduire devant le conseil de guerre et à juger par contumace. Il ne peut exister aucun doute sur la désertion des coupables. La seule hypothèse qui puisse être admise en leur faveur est la surprise par l’ennemi au moment de la relève et après le départ du caporal Dubouis.

Mais le poste voisin de la 7e compagnie, qui n’est qu’à 10 m, aurait certainement vu ou entendu quelque chose. Sur le nombre, un ou deux auraient pu s’échapper pour prévenir en cas d’attaque par l’arrière. »

La logique voudrait que ces hommes aient tous été condamnés par contumace, comme cela s’est fait dans d’autres cas de désertions collectives. Toutefois, pour l’instant, rien n’a été trouvé sur cette probable condamnation (date, lieu, peines prononcées) ; même chose pour les suites données à ces condamnations à leur retour en 1919. Une directive de janvier 1919 prévoit pourtant que les hommes dans la situation de ces déserteurs aient des comptes à rendre. L’enquête continue.

 Sources :

J.M.O. de la 85e Brigade : 26 N 520/10

J.M.O. du 158e R.I. : 26 N 700/12

Collection personnelle de D. Gothié (le rapport rédigé par le capitaine Jeské provient également cette collection).

La photographie aérienne du bois en Hache fait partie de la collection de l’association « Collectif Artois ».

Les archives du Service de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Pour en savoir plus sur le lieutenant-colonel Gothié et sur le capitaine Jeské, il suffit de cliquer une fois sur les deux images suivantes :

80120261_o

Martin_Jeske

 

Un grand merci à M. Bordes, à. A. Bach, à A. Carobbi, à T. Cornet, à Y. Dufour, à D. Gothié, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois ».

Posté par amphitrite33 à 05:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 avril 2015

Une condamnation à mort au 149e R.I..

Michel_Franssen

Un très grand merci au petit fils du lieutenant-colonel Gothié, qui me donne à nouveau son autorisation de publier ici des documents familiaux.

Dans les archives de son grand-père, il a retrouvé une simple feuille sur laquelle est inscrite la terrible destinée d’un soldat du 149e R.I. nommé Michel Franssen. 

Une_condamnation_a_la_peine_de_mort

Une lettre très émouvante rédigée par la sœur de Michel Franssen est fixée derrière ce document avec une modeste épingle usée par le temps. En voici le contenu :

Vendredi 15 janvier 1915

Monsieur le commandant du 149e Régiment,

Encore toute bouleversée de la lettre qui me revient avec cette inscription : prévention conseil de guerre, lettre que j’avais adressée à mon frère, je viens étant l’ainée de tous, vous demander ce que ce garçon, un si bon fils, et un si bon père, a bien pu faire pour se mettre dans semblable cas, lui qui partait avec tant de courage.

Institutrice à Champigny, je tiens une association, une institution de jeunes filles, voyez d’ici Monsieur le commandant, l’effet produit par cette lettre ! Depuis, je suis nuit et jour en larmes, ne m’expliquant qu’une chose, c’est que ce garçon, grand travailleur, très aimé au « Matin » où il est  chef correcteur, habitué à commander, très surexcité par son métier, a dû se laisser aller à une de ses colères, comme parfois il en a chez lui. Lui qui écrivait de très belles lettres à notre mère, pleine de stoïcisme et d’espoir en leur retour. Pauvre mère, malade depuis trois mois, c’est la mort si une lettre à elle lui revient avec une mention comme celle que j’ai reçue. Aussi, Monsieur le commandant, si au milieu de vos grandes occupations, de vos nombreux soucis, il vous était possible de me faire répondre, je vous en serais infiniment reconnaissante.

Veuillez agréer, Monsieur le commandant, avec mes respects, mes bien sincères remerciements.

Institutrice, officier d’académie.

55-56 rue des Sapins

Plant Champigny

Mais que s’est-il vraiment passé avec Michel Franssen ?

Le 15 novembre 1915, la 12e compagnie du 149e R.I. qui se trouve sous les ordres du capitaine Gruneïssen est chargée de défendre un terrain situé au sud du canal d’Ypres à environ 100 m à l’ouest du château d’Hollebeke. La 4e section dans laquelle est intégré le soldat Michel Franssen est positionnée à la gauche de la compagnie.

Ce jour-là, vers 16 h 00, au cours d’un violent bombardement sur les tranchées françaises, le soldat Franssen quitte son sac et son fusil pour s’enfuir vers l’arrière, malgré la demande ferme de son caporal d’escouade qui lui ordonne de reprendre sa place. Ce soldat se retrouve rapidement dans le secteur du 31e B.C.P.. Il fait savoir, à bon nombre de chasseurs, que l’ennemi a renversé le 3e bataillon de son régiment et qu’il ne reste personne dans les tranchées, les hommes s’étant enfuis ou ayant été faits prisonniers. Cette information est, bien sûr, totalement inexacte !

Une plainte est déposée par le lieutenant-colonel Jules Escallon qui commande le 149e R.I. depuis le 3 septembre 1914.

Le soldat Franssen est mis aux arrêts. Une enquête est menée avant qu’il ne soit traduit devant le conseil de guerre de la 43e D.I. qui siège à Bouvigny, dans le Pas-de-Calais.

Condamné à mort le 5 janvier 1915, il voit cette peine commuée en dix années d’emprisonnement à la suite d’une ampliation d’un décret datant du 4 février 1915.

Le document accordant sa « grâce » est signé de la main du président de la République Poincaré et de celle du ministre de la Guerre Millerand.  

Après avoir pris connaissance de ce nouveau verdict, Michel Franssen est envoyé au pénitencier militaire de Gaillon, pour y purger sa peine. En septembre 1915, il fait une demande écrite pour réintégrer une unité combattante. Celle-ci est transmise, avec l’avis favorable du commandant du fort, aux autorités compétentes. Il obtient une réponse positive à sa requête. La peine qu’il lui reste à effectuer est aussitôt suspendue jusqu’à la fin des hostilités.

L’homme sait qu’il va devoir retourner au front, l'idée étant qu'il se rachète de sa faute par son action.

En octobre 1915, le soldat Franssen est affecté au 158e R.I., le régiment frère de brigade du 149e R.I.. Il quitte le département de l’Eure certainement « bien encadré » pour éviter tout risque de fuite… Une fois intégré dans sa nouvelle unité, il ne pourra, en aucun cas, faire valoir son statut de territorial pour essayer d’obtenir une autre mutation ailleurs.

Il est tué au combat le 31 mars 1916 à Verdun.

Le nom de ce soldat est gravé dans la pierre du monument aux morts de la ville d’Aulnay-sous-Bois.

Qui était Michel Franssen ?

Né de l’union de Gustave Nicolas Auguste Franssen et de Clémence Jatot, Michel voit le jour le 10 septembre 1878 au Pré Saint-Gervais, une commune située au sud du département de la Seine-Saint-Denis.

Son père exerce, dans un premier temps, la profession de correcteur, avant de devenir libraire. C’est un militant proche des libertaires.

Dictionnaire_des_militants_anarchistes

Durant son jeune âge, Michel Franssen a certainement côtoyé Sébastien Faure, Émile Pouget et Albin Villeval.

Michel Franssen épouse Marie Marguerite Jeanne Mathis. De cette union naîtront deux enfants.

Chef correcteur d’imprimerie à Paris, il est fait officier d’académie en même temps que sa sœur. Publication dans le J.O. du 10 février 1914.

Gallica

Soldat de la classe 1900 de tirage de la subdivision de la Seine avec le numéro 133, il appartient à la classe 1898 par son âge. En vertu d’une convention passée entre la France et la Belgique, pays d’origine de son père, il effectue une année de service militaire dans l’armée française. C’est avec le statut de territorial qu’il est intégré au 149e R.I. au début du conflit. Il arrive à Dickebuch le 9 décembre 1914, sans aucune expérience du front. Dès le lendemain, à la tombée de la nuit, il est envoyé avec sa compagnie, dans une tranchée de première ligne où il va rester jusqu’à l’arrivée des faits qui vont lui être reprochés.

Sources :

Documents et informations communiquées par la famille descendante du lieutenant-colonel Gothié.

Archives et dossier de condamnation consultés aux Services Historique de la Défense de Vincennes.

Le journal officiel du 10 février 1914 a été consulté sur le site de la bibliothèque numérique « Gallica ».

Dossier des recours en grâce de condamnés à mort 1900-1916 :

Dossiers_de_recours_en_gr_ce

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à T. Cornet, à D. Gothié, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Posté par amphitrite33 à 16:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 septembre 2018

Noël Bazola, "le tatoué" du 149e R.I. (1893-1936).

Noel Bazola (1893-1936)

Les biographies relatent, la plupart du temps, des parcours assez semblables : naissance, scolarité souvent courte, apprentissage d’un métier, incorporation. Et puis, il y a, parfois, des rencontres avec des itinéraires de vie complètement atypiques, tel que celui de Noël Bazola, dont le passage au 149e R.I. a certainement dû marquer les esprits. Voici l’histoire de cet homme.

Enfance 

Le 26 décembre 1893, Arthur Bazola, accompagné de Paul Bellegarde employé de banque et de Louis Carrère soldat au 34e R.I., se présente devant Armand Grandeur, adjoint au maire de Mont-de-Marsan, pour faire enregistrer le nom de Noël Bazola, né la veille, dans le registre d’état civil.

Arthur a 21 ans. Il est soldat au 34e R.I.. Tout comme son camarade Louis Carrère, il est en train d’effectuer son service militaire à la caserne Bosquet.

Sa compagne, Thérèse Michel, qui vient de donner naissance à son fils aîné, est chanteuse lyrique.

Cette jeune femme est tout juste âgée de 19 ans. Son père travaillait comme dentiste ambulant. Le couple vit maritalement route de Bordeaux à Mont-de-Marsan.

Une fois ses obligations militaires terminées, Arthur prend la route avec les siens.

Les parents de Noël quittent leur domicile fixe pour aller vivre dans un véhicule tiré par des chevaux.

Durant plusieurs années, la famille Bazola sillonne la France, s’arrêtant dans les villes et villages, les jours de foire, de marché ou de fête locale pour y exercer leurs métiers ou leurs talents. Arthur est artiste, il pratique également la profession de vannier. La mère tresse aussi l’osier et chante à l’occasion.

La lecture des différents actes de naissance de la fratrie de Noël nous offre la possibilité de suivre la famille, durant ses nombreuses pérégrinations sur les routes de l’Hexagone. En juillet 1896, elle est à Le Boulou dans les Pyrénées-Orientales. En avril 1899, elle campe à Florac en Lozère. En août 1901, elle est installée à Chambéry.

Les parents de l'adolescent officialisent leur union en se mariant le 23 novembre 1901 à la mairie d’Annecy.

Les Bazola poursuivent leur route en remontant vers le nord. En 1906, ils sont à Béthume, puis à Arras en 1908. Ils prennent ensuite la direction du sud pour s’installer quelque temps à Charenton-du-Cher en 1910.

Villes ou a sejourne la famille Bazola entre 1893 et 1912

Cette vie de bohème ne permet pas à Noël de fréquenter l’école communale. Son éducation reste rudimentaire. Sa fiche signalétique et des services nous confirme un degré d’instruction de niveau 0, ce qui veut dire qu’il ne sait ni lire, ni écrire et ni compter.

Par contre, son agilité et son adresse lui offrent de solides bases pour devenir un bon acrobate.

Une jeunesse qui s'installe dans la délinquante

Habitué à vivre en marge de la société, Noël ne parvient pas à s'intégrer. Très vite, il s’installe dans la délinquance. Les problèmes avec la justice commencent tôt. Même s’il est acquitté par le tribunal de Neufchâteau le 8 décembre 1905, pour une affaire de vol commise le 22 décembre 1904, il récidive quelques années plus tard. Cette fois-ci, le tribunal correctionnel de Tonnerre le condamne à un mois de prison pour vol le 2 décembre 1911. Il n’a pas encore fêté ses dix-huit ans. La majorité est encore loin.

Son comportement violent l’amène devant le tribunal de Salon-sur-Saône qui le condamne à un an de prison pour coups et blessures le 31 octobre 1912. À cette époque de sa vie, Noël ne vit certainement plus avec ses parents.

Le reste de la famille Bazola s’est sédentarisée. En 1912, elle est installée à Nanterre. Ce changement radical de vie a-t-il un lien avec la loi de juillet 1912 qui impose aux ambulants, forains et nomades, les contraintes du carnet d’identité pour les premiers et du carnet anthropométrique pour les autres ?  Documents qui doivent systématiquement être présentés aux autorités locales à chaque arrivée dans un village ou dans une ville.

L’année de ses 21ans, Noël est classé dans la 1ère partie de la liste par le conseil de révision de Puteau où il ne s’est probablement pas présenté.

Ses condamnations civiles auraient dû l’envoyer dans un bataillon d’infanterie légère d’Afrique, mais une décision ministérielle datant du 21 novembre 1913 lui offre l’opportunité d’échapper à cette sanction.

Il est considéré comme soutien indispensable de famille le 30 janvier 1914, quelques mois avant le décès de son père.

Les débuts sous les drapeaux

À peine sorti de prison, il sait qu’il doit répondre à ses obligations militaires. Le 4 décembre 1913, il intègre les effectifs du 152e R.I., un régiment qui possède une grande partie de ses compagnies à Gérardmer, une commune située dans le département des Vosges.

Le 13 janvier 1914, il est sanctionné de 20 jours de prison pour être rentré 4 jours après le délai fixé pour son retour de  permission.

Le port de l’uniforme, la rudesse des ordres donnés par les sous-officiers et la dure discipline militaire lui rendent certainement cette nouvelle vie insupportable. Lui qui a passé toute son enfance dans la nature à ne jamais se fixer nulle part, il doit, à sa manière, souffrir terriblement de ces nouvelles conditions. Toutes ces contraintes finissent par le faire craquer.

Noël Bazola manque à l’appel du 25 juin 1914, ce qui fait de lui un déserteur à la date du 10 juillet.

La guerre contre l’Allemagne approche. Notre homme, nullement touché par un sursaut patriotique, ne se présente pas à la caserne le jour de la mobilisation générale.

Sans aucune culpabilité, Noël Bazola a changé de nom. Il s’imagine probablement qu’il ne va plus être inquiété par les autorités militaires. Le jeune homme n’essaye même pas de revenir dans le droit chemin comme lui proposait la loi du 5 août 1914.

Cette loi amnistiait les insoumis et les déserteurs qui revenaient volontairement à la caserne dans un délai fixé par celle-ci. Force est de constater qu’il ne fit pas la démarche.

Poursuivant sa vie de mauvais garçon, il finit par se faire rattraper par les forces de l’ordre.

De nouveau entre les mains de la justice, le tribunal de Melun le condamne à six mois de prison pour port d’arme prohibé et pour usurpation d’identité, le 23 octobre 1914.

Après avoir passé plusieurs semaines en cellule, les gendarmes viennent le récupérer à la maison d’arrêt pour le ramener au régiment. Rejoignant le dépôt du 152e R.I.. Il est rayé des contrôles de la désertion le 28 janvier 1915.

Mais Noël Bazola n’en a toujours pas fini avec les ennuis. Cette fois-ci, c’est à la justice militaire qu’il doit rendre des comptes. Il fait toujours l’objet d’une plainte, car il n’a toujours pas « payé » sa dette pour sa désertion.

Le 5 mars 1915, le jeune homme est condamné à Chaumont, par le conseil de guerre du 21e C.A. qui lui inflige une peine de cinq ans de prison, pour désertion à l’intérieur, en temps de guerre.

Il est envoyé au pénitencier d’Aïn Beïda, un établissement militaire situé en Algérie.

Penitencier Ain Beida

Sa peine n’est pas purgée jusqu’à son terme ; elle est suspendue par une décision ministérielle datant du 7 décembre 1916.

Au 149e R.I.

Le 1er janvier 1917, il est affecté au 149e R.I.. Trente jours plus tard, Noël est inscrit dans les effectifs de la 6e compagnie de ce régiment.

Durant toute l’année 1917, le 149e R.I. occupe plusieurs secteurs à proximité du chemin des Dames. Pendant plus de dix mois, ce régiment ne sera jamais sollicité pour participer à une grande offensive.

La photographie suivante, qui a permis l’identification de Noël Bazola, le représente dans une position plutôt périlleuse. Digne d’une prouesse d'acrobate accompli, il se retrouve en équilibre sur une chaise en paille, faisant un poirier, chaque pied de la chaise reposant sur une bouteille en verre. Nous pouvons aisément imaginer qu’il a dû passer de nombreuses années à s'entraîner pour réaliser ce type de figure.

Noel Bazola en equilibre

Noël Bazola se donne également en spectacle dans une série de clichés réalisés à Ciry-Salsogne en juin 1917. Ces photographies font bien évidemment penser au monde des forains.

Pour les consulter, il suffit de cliquer une fois sur l'image suivante.

Une_fete_a_Ciry_Salsogne_en_juillet_1917

Adresse et force sont les deux constantes des clichés qui ont été pris ce jour-là. Noël se donne beaucoup de mal pour montrer ses talents.

La liste de ses tatouages, inscrits sur sa fiche signalétique et des services lorsqu’il passe devant le conseil de révision, est très courte comparée à tous ceux qui se trouvent sur les photographies réalisées à Ciry-Salsogne. Deux hypothèses se posent alors à nous : seuls les tatouages parfaitement  visibles ont été rapidement notés sur le registre matricule, soit il s'est fait graver tous les autres durant son séjour au pénitencier d’Aïn Beïda.

Le 3 août 1917, notre acrobate bénéficie d’une permission de huit jours. Il ne retourne pas au régiment à la date voulue.

Noël Bazola ne se présente à sa compagnie que le 20 août 1917. Il fut dans l’obligation de se justifier.

Un interrogatoire datant du 26 août permet d’en savoir un peu plus sur les circonstances qui ont, selon lui, provoqué son retard.

Demande - Quand êtes-vous parti en permission ?

Réponse - Le 3 août 1917

Demande - Vous êtes-vous arrêté en route ?

Réponse - Oui, à Villers-Cotterêts

Demande - Combien de temps ?

Réponse - Deux jours

Demande - Pour quelles raisons ?

Réponse - Il n’y avait pas de trains pour les permissionnaires ces jours-là. J’ai couché, avec d’autres permissionnaires, dans les baraquements près de la gare.

Demande - Quand êtes-vous arrivé à Nanterre ?

Réponse - Le 5 août

Demande - Vous avez fait timbrer votre permission à quelle date ?

Réponse - Le 16 août

Demande - Vous êtes-vous arrêté  en route ?

Réponse - Oui, à Villers-Cotterêts, 2 jours.

Demande - Pourquoi ?

Réponse – J’ai manqué le train 2 fois. Je suis encore resté aux baraquements.

Demande – Quand êtes-vous rentré à la compagnie ?

Réponse – le 20 août 1917 ; on m’avait dit, à Villers-Cotterêts, que mon régiment était à Château-Thierry et j’ai encore perdu un jour en allant dans cette localité. Je n’ai pas fait timbrer ma permission à cette gare.

Quelle était son image auprès des autres hommes de sa compagnie ? S’est-il révélé rapidement violent, peu fréquentable ? A-t-il réussi à s’intégrer à la fois au groupe et à la discipline nécessaire au front ?

Pour la dernière question, il semble que oui. Le lieutenant Benoit, responsable de la 6e compagnie, a rédigé une petite note concernant la manière de servir de son subordonné :

« Le soldat Bazola vient du pénitencier d’Aïn Beïda. Il a été condamné à 5 ans de prison pour désertion à l’intérieur. Arrivé à la compagnie le 30 janvier 1917, il n’avait pas encore eu de punition depuis son arrivée à la compagnie et paraissait vouloir  bien se conduire. »

Le 5 septembre, la 6e compagnie est à Noroy-sur-Ourq. Le Soldat Bazola échappe à la vigilance de ses surveillants. L’évadé aggrave ainsi sa situation.

Deux jours plus tard, pour la seconde fois de sa vie, il est inscrit dans le contrôle des désertions.

Au fur et à mesure des jours passés dans l’errance, à se cacher, ayant probablement de grandes difficultés à survivre, Noël Bazola prend, petit à petit, conscience des risques pris et des conséquences de son acte. Avant que la prévôté ne mette fin à sa « cavale », il se rend de lui-même au bureau de la place de Courbevoie le 26 septembre 1917. Le capitaine Forcade, commandant d’armes, le fait aussitôt arrêter.

Noël Bazola est rapidement transféré à la place de Paris avant d’être renvoyé dans la zone des armées occupées par la 43e D.I., encadré par les gendarmes. Il est placé en détention préventive à la prison du quartier général. S’étant, une fois de plus, rendu coupable de désertion à l'intérieur en temps de guerre, il est l’objet d’un dépôt de plainte en conseil de guerre par le chef de corps de sa division. Le jeune homme est jugé le 10 octobre 1917.

Puni par les articles 231, 232 et 234 du code de justice militaire, il est condamné à une peine de cinq ans de travaux publics. Ce jugement exécutoire est lu à la parade cinq jours plus tard, devant tous les hommes de son unité.

Après la parade d'exécution, alors que Noël Bozola prend la direction du sud de la France pour traverser une nouvelle fois, la Méditerranée en direction de l’Algérie, les hommes du 149e R.I., eux, s’apprêtent à suivre le chemin qui va les conduire à l'offensive de la Malmaison.

Le 17 novembre 1917, le détenu Bazola arrive à destination. ll  est écroué à l’atelier des travaux publics de Bougie, un endroit sinistre où les conditions de détention sont extrêmement dures.

Carte Alger-Bougie

L’après-guerre

Noël Bazola ne fait pas sa condamnation entièrement. Il a probablement bénéficié d’une remise de peine quelque temps après l’armistice.

Démobilisé par le 119e R.I. il est mis en congé le 1er septembre 1920.

En toute logique, ses états de services ne lui permettent pas d’obtenir son certificat de bonne conduite.

Le 2 septembre 1920, il se retire à Nanterre au 2 rue Marguerite. Noël est affecté dans la réserve du 4e R.I. puis dans celle du 90e R.I. avant être mis, le 18 septembre 1926, dans la réserve du groupe spécial du 1er Régiment d’Infanterie Coloniale.

En 1922, Noël Bazola s’installe avec Louise Bordreuil. Il reconnaît ses deux enfants nés d’une première union avec un Maghrébin.

Noël et Louise se marient en 1923. Cette nouvelle situation ne va rien changer dans le comportement de l’époux qui travaille maintenant comme terrassier.

Le 12 octobre 1923 il est de nouveau condamné. Cette fois-ci, c’est le tribunal correctionnel de Corbeil qui lui inflige une peine de trois mois de prison pour vol d’osier.

Marginalisation et drame familial

Le couple donne naissance à trois enfants, ce qui fait maintenant cinq « bouches » à nourrir.

La vie reste dure, Noël Bazola est de plus en plus violent, son addiction à l’alcool le rend de plus en plus incontrôlable et imprévisible. Les maigres rentrées d’argent sont vite dilapidées dans les débits de boissons. Les querelles injurieuses sont fréquentes dans le couple. Il frappe régulièrement sa femme. Le drame est proche…

Profitant du sommeil aviné de son mari, Louise finit par prendre une hachette assenant plusieurs coups de cette arme improvisée sur la tête de Noël. Elle envoie un de ses fils prévenir la police.

Un article de presse datant du 20 juillet 1936, publié dans le journal « le Matin » relate le drame de manière très détaillée.

Domicile de la famille Bazola en 1936

« Un drame s’est déroulé, samedi soir à Nanterre. Pour se débarrasser de son mari, intempérant et brutal, une mère de famille l’a tué à coups de hachette. S’acharnant dans une sorte de folie sanguinaire, elle le frappa de plus de cinquante coups tandis que, sans intervenir, un de ses fils assistait à la tragédie.

Monsieur et Madame Bazola occupaient, avec leurs cinq enfants, un petit pavillon d’un étage, 29 rue Charles Lorilleux à Nanterre.  Ouvrier d’usine, le mari, Noël, 42 ans menait la vie dure à sa femme, Louise Bordreuil, 37 ans, qu’il battait, chaque fois qu’il était ivre, c'est-à-dire souvent. Ces querelles, dégénérant la plupart du temps en batailles, éclataient fréquemment.

Samedi, toute la famille se rendit à la distribution des prix de l’école primaire fréquentée par  les deux plus jeunes garçons, Albert 15 ans et Émile 14 ans.

Comme à l'accoutumée, Noël Bazola avait bu, aussi, au repas du soir ; parfaitement ivre, il se mit à accabler sa femme de reproches. La querelle ne tarda pas à s’envenimer. Pourtant, un des fils parvint à persuader son père d'aller se coucher.

Quelques instants plus tard, l’ivrogne dormait à poings fermés. C’est alors que Madame Bazola pénétra dans la pièce armée d’une hachette.

 - On le fait ? demanda-t-elle à son fil 

- Oui ! Tant pis !... acquiesça le garçonnet.

Avec son arme, la femme frappa un premier coup de toutes ses forces. Réveillé par la douleur, Bazola essaya de se défendre. Mais possédée soudain d’une véritable folie meurtrière, devant son fils qui n’avait pas bougé, elle continua de frapper sans arrêt

Un des deux garçons alerta les voisins, l’autre alla chercher la police.

Arrêtée, l'épouse meurtrière raconta sans émoi apparent, la scène du drame, affirmant qu’elle avait été obligée d’en venir là pour mettre fin à la vie infernale que son mari lui faisait mener. »

Le procès de Louise Bordreuil débute aux assises de la Seine en mai 1937. Elle bénéficie probablement de larges circonstances atténuantes. Après le réquisitoire de l’avocat général Demangeot et la plaidoirie de son avocat Alec Mellor, les jurés la condamnent à cinq ans de réclusion criminelle en septembre 1937

Sources :

La fiche signalétique et des services du soldat Bazola a été consultée sur le site des archives de Paris.

Dossier du conseil de guerre concernant Noël Bazola lu au S.H.D. de Vincennes. Réf : GR 11 J 1521

Le site « Généanet » a permis de retrouver les membres de la famille de Noël Bazola.

Les registres d’état civil des archives départementales du Cher, des Landes, des Pyrénées Orientales, de la Haute-Savoie, de la Lozère, des Hauts-de-Seine et du Pas-de-Calais ont été consultés.

L’article de presse, datant du 20 juillet 1936, qui est publié dans le journal, a été trouvé sur le site « Gallica ». Les portraits de Louise Bordreuil et de Noël Bazola proviennent de cet article.

Carte de Ténès à Bougie. Atlas des ports de France. Imprimerie Sarazin provenant du site Gallica.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carrobi, à Y. Dufour, aux archives de Paris et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Posté par amphitrite33 à 06:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]