23 décembre 2009

Alsace (1917).

                  Alsace_Sergent_Biehler

Nouvel extrait des souvenirs de Louis Cretin soldat musicien au 149e R.I.

En Alsace 1917…

Le 14 janvier 1917, je quitte l’H.O.E. de Bussang et je viens retrouver le régiment et les copains qui sont cantonnés à Arpenans, situé à une douzaine de kilomètres de Lure (Haute-Saône). La fin du mois se passe à cet endroit. Il fait très froid.  Le pain est gelé, le pinard aussi. Les pistons d’instruments également. Il faut constamment souffler dedans pour pouvoir jouer, surtout les matins au réveil en musique. Le 1er février  à 6 h 00, nous partons à pied pour aller cantonner à Ronchamp. Le lendemain matin, nous remettons le sac au dos et de nouveau en route. Il fait un froid de Sibérie,  - 21 degrés, les glaçons pendent à la moustache et la marche est pénible en raison de la route gelée. Les chevaux glissent, les voitures restent en panne, les bidons sont des morceaux de glace intérieurement. Vers midi, nous atteignons un faubourg de Belfort, c’est la grande Halte mais sans manger,  la roulante n’est pas arrivée. Ensuite nous défilons dans la ville. Le soir nous atteignons Chèvremont complètement éreintés (bon accueil des habitants).

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Le 3 février, nouvelle marche. Nous traversons Suarce, et à 16 h 00, nous passons la frontière où nous faisons défiler le régiment à une cadence ralentie en raison du verglas. Le soir nous cantonnons à Friésen, un village de la Haute-Alsace occupé par nos troupes depuis le début de la guerre. Pendant ces trois jours de marche, nous avons fait environ 100 km. Du 4 au 24 février, les compagnies vont faire des travaux de seconde ligne à Largitzen et dans les environs de Seppois. Nous, nous faisons nos répétitions journalières. Le 25 février, un nouveau chef de musique arrive pour remplacer Monsieur Porte l’ancien évacué dans la Somme. Jusqu’au 18 mars, rien de particulier à signaler. Le 19 mars, nous partons à pied de Friésen. Nous passons l’ancienne frontière et le soir nous cantonnons à Jonchery. Le 21 mars, nouveau déplacement, mais de nuit. Nous traversons Delle, puis longeons la frontière Suisse. Garden_PartyLe matin du 22 mars, nous sommes en vue de Montbéliard et couchons à Sainte-Marie, 10 km plus loin. Cette étape fut longue de 40 km, en arrivant, nous étions fatigués, néanmoins nous faisons concert. Le lendemain, nous remettons cela, l’entrainement devient sérieux, nous sommes las de marcher, de plus la route est défoncée, il neige. Après une vingtaine de kilomètres, nous atteignons Villersexel où nous y demeurons jusqu’au 7 avril. Pendant que les compagnies sont à l’entrainement et « bouffent » de l’exercice sans arrêt, nous ne chômons pas non plus. Répétitions, concerts, défilés, théâtres. Les jours passent sans avoir le temps long. Le 7 avril, départ pour aller à Arcey. Le 8, départ d’Arcey pour Exincourt. Le 9, jour de Pâques, nous allons faire concert à Montbéliard (la foule nous fait un magnifique succès). Le 10 nous quittons Exincourt et nous arrivons à Granvillars, où nous restons le 11. Des bruits de départ circulent. Le 12, dans la nuit, des ordres d’embarquement arrivent. Nous prenons le train à Montbéliard. Nous passons à Belfort, Lure, Aillevillers, Epinal (où nous descendons pour exécuter deux pas redoublés sur le quai de la gare. C’était notre ville de garnison). Nous continuons le trajet par Darnieulles, Mirecourt, Neufchâteau, Gondrecourt, Bar-le-Duc, Vitry-le-François, Sézanne, Esternay. Montmirail pour débarquer à Artonges. Nous allons cantonner à Viffort, nous y restons le 15. Le 16, départ pour Chezy-sur-Marne. Le 17, repos.

Th_atre_du_149e_RLe  18 départ pour Viels-Maisons où nous y restons jusqu’au 23. Le 24 nous le quittons, nous traversons Nogent-l’Artaud et Charly (quatre kilomètres au pas cadencé en jouant sans arrêt et le soir nous sommes à Bourèches. Repos jusqu’au 27. Le 28, cantonnement à  Belleau, je vais demander au chef ma permission de détente à laquelle j’ai droit. Il me l’accorde non sans peine. Je veux arriver chez nous avant le départ de mon frère (classe 1918) qui doit quitter le 1er mai pour se rendre à son dépôt.

 J’arrive avant son départ, lui fait quelques recommandations, et les larmes aux yeux, je quitte à mon tour ma mère et ma sœur laissées seules. Le 12 mai pour aller retrouver le régiment demeuré à Belleau. Nous y restons jusqu’au 18 où nous allons à Oulchy-Breny. Le 19 à Murrey. Les 20 et 21, repos. Dans le lointain, le canon gronde sans arrêt. Le 22 on vient cantonner à  Ciry-Salsogne. Les bataillons montent successivement organiser le terrain conquis par notre offensive du mois d’avril.

 

Un grand merci à J. Baptiste, D. Browarsky, T. de Chomereau et T. Cornet.

Références bibliographiques :

Souvenirs de Louis Cretin au 149e R.I..

Historique du 149e R.I. Editions imprimerie Klein 1919.

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09 janvier 2010

Le Chemin des Dames et la Malmaison (1917).

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Extrait des souvenirs de Louis Cretin soldat musicien du 149e R.I..

Le Chemin des Dames et la Malmaison. Juin 1917...

La_Malmaison_1Un bataillon se trouve en ligne, un autre fait des travaux et le troisième est au repos. Relève tous les 8 jours. Jusqu’à la fin juin, la musique demeure à Ciry-Salsogne avec la C.H.R.. Répétitions et concerts. Le 21 juin 1917, nous montons jalonner puis faire une piste partant de l’entrée du village de Vailly-sur-Aisne passant par le bois Vervins et aboutissant à Aizy et à Jouy. Cela nous occupent jusqu’au 26.  Le 27 juin, repos à Ciry-Salsogne. Le 28, nous montons occuper des abris d’artillerie abandonnés au bois Vervins, et tous les jours nous faisons des travaux avec les compagnies, construction du long boyau du Sourd et des tranchées. Cela en plein jour, à 500 m des premières lignes, vu des Allemands qui occupent le fort de la Malmaison. Chaque jour, nous sommes bombardés, parfois même obligés d’abandonner le « boulot ». Le 3 juillet, nous descendons passer 8 jours de repos à Billy-sur-Aisne. Nous lâchons la pelle et reprenons l’instrument. Le 10 nous remontons à nouveau, même travail qu’au précédent séjour, seulement, cette fois le travail se fait de nuit. Cela, à cause de la proximité des lignes, trop visibles pour travailler de jour. De plus, il existe un avion allemand qui ne nous laisse aucun répit. Une fois le jour venu et à la tombée de la nuit, rasant les boyaux, les tranchées, les pistes, il mitraille quiconque se fait voir. On l’appelle Fantômas, du fait qu’il a beau être pourchassé canonné et fusillé et qu’il à l’air de ne pas s’en apercevoir. Il continue toujours ses exploits, paraissant invulnérable…

Le 15 juillet, relève et repos à Billy-sur-Aisne. Le 20, nous remontons, toujours en équipes de terrassiers. Le travail se fait de nuit. Le 22, nous avons beaucoup de blessés étant sérieusement bombardés pendant les travaux. Nous dormons de jours et de 22 h 00 au matin, « au boulot ». Le 28 juillet, repos à Billy-sur-Aisne. Le 29, je pars en permission. Je rentre le 12 août, le même jour, nous allons faire un concert à Soissons. Nous demeurons à Billy-sur-Aisne jusqu’au 20 août. A cette date, 12 musiciens montent comme brancardiers, 2 jours à la ferme le Panthéon, et eux jours en première ligne avec une compagnie qui doit faire un coup de main. Je suis du nombre. Tout se passe bien. Dans la nuit du 27 au 28 des coloniaux nous relèvent et nous allons à l’arrière. Départ en camions, cantonnement à Chouy à 12 km de Villers-Cotterêts. Le service musical reprend pendant les 12 jours que nous passons là. (Vacciné T.A.B., je suis malade pendant 3 jours). Le 11 août, je remonte en ligne. Les camions nous débarquent de nuit à Condé-sur-Aisne et 

La_Malmaison_2nous montons aux carrières Chantereine. Le soir, nous recommençons le travail d’aménagement du secteur. Mais cette fois nous travaillons avec le génie, à la construction de sapes et du P.C. « Conflans » au nord de Jouy. Nous allons chercher nos matériaux à Aizy. Nous sommes souvent obligés de nous jeter à terre car à la lueur des fusées, les mitrailleuses allemandes balayent le terrain. Le 23, l’autre moitié de la musique qui est restée à Sept-Monts, nous relève et nous prenons leur place. Le 28 août, le régiment descend et nous partons au repos à Norroy à 30 km. Nous y demeurons tout le mois de septembre. Au début d’octobre, une préparation d’artillerie est commencée en vue d’une attaque prochaine à laquelle le 21e C.A. doit participer. Mais le temps est mauvais, on dirait que c’est une fatalité. Chaque fois que nous montons une attaque, les éléments ont l’air de se liguer contre nous. Il pleut, il pleut ! Chaque jour nous attendons l’ordre de monter. Mais l’artillerie ne s’arrête pas et continue d’arroser le front d’attaque sous un marmitage terrible. Vrai, il ne doit pas faire bon d’être en ligne de l’autre côté. Qu’es-ce que les Allemands prennent comme dragées ! Le 17 octobre, l’ordre arrive enfin de monter. Le régiment doit attendre jusqu’au 23 octobre pour enfin s’élancer à l’attaque.

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La Malmaison.

Le 1er bataillon en première ligne, les deux autres suivent. Les brancardiers en seconde vague. Cette offensive fut un brillant succès et nos pertes légères à côté de Lorette en 1915 ; Encore faut-il dire que plus d’une fois, nos hommes subirent des pertes du fait La_Malmaison_3qu’ils se trouvaient sur le tir de notre propre artillerie. La progression se faisant trop vite d’après le plan établi. Le front allemand fut enlevé sur un front de 12 km sur 6 de profondeur. Nos troupes s’arrêtèrent à l’Ailette parce que tel étaient les ordres. Cette victoire rendit la confiance à nos poilus. Les tanks qui nous accompagnaient pour la première fois, firent du beau travail en réduisant les nids de mitrailleuses allemandes cachées dans les trous d’obus. La route de Maubeuge atteinte, le 1er bataillon passe en réserve et le 3e le remplace en première vague. Le deuxième objectif est atteint. Un des nôtres, un courageux brancardier Charles Fénoglio, reçoit un éclat d’obus en plein cœur. Le 2e bataillon s’occupe du nettoyage du terrain conquis et capture de nombreux prisonniers, du matériel en abondance et plusieurs batteries d’artillerie. Relève le 31 octobre, après avoir consolidé le terrain. Le régiment vient au repos aux environs de Montmirail. En récompense de notre brillante attaque au chemin des Dames, les hommes partent en permission de 12 jours en deux périodes. J’arrive chez moi le 7 novembre et trouve mon frère venu également en permission. Je quitte chez moi le 19 et je viens retrouver les camarades à leur cantonnement de la Celle, près de Montmirail, où nous restons jusqu’au 5 décembre, date à laquelle nous embarquons à Artonges dans la nuit. Nous passons à Château-Thierry, Langres et nous débarquons le 6 au soir à Génevreuille près de Lure dans la Haute-Saône. Nous cantonnons à Mollans pour y rester jusqu’au 10. Le 11,départ à pied, le soir nous sommes à  Abbenans. Le 12, nouvelle marche, dans l’après-midi nous arrivons à Isle-sur-le-Doubs. Le 13, à nouveau sac au dos, nous couchons à Mandeure où on nous fait bon accueil. Le 14 en route, nous arrivons à  Herimoncourt fatigués, mais l’accueil que nous recevons fait oublier notre peine. Tous les hommes logent chez l’habitant et couchent dans des lits. Nous reprenons nos concerts bien écoutés des civils. Nous sommes dans la région des usines Peugeot et Japy où beaucoup d’hommes sont mobilisés en usines. Nous passons une période de repos exceptionnelle, rien ne nous manque. Les compagnies vont faire des travaux de seconde ligne à la frontière Suisse. Le 26, nous changeons de cantonnement et venons à Seloncourt où nous sommes aussi bien et dans les mêmes conditions qu’à Hérimoncourt. A part le service de musique, nous ne faisons rien de pénible. L’entrainement des troupes et les travaux durent jusqu’au 17 janvier 1918, jour où nous quittons à regret notre logement. Nous étions chez de braves gens, soignés, couchés comme jamais nous avions été depuis le début de la guerre. Le 17, dans la soirée, nous embarquons en chemin de fer à Voujeaucourt près de Montbéliard. Le 18, nous passons à Belfort, Lure, Epinal où nous faisons un arrêt et jouons la « Madelon » sur le quai de la gare. Nous débarquons à la Chapelle-devant-Bruyères dans la soirée et nous allons cantonner à Corcieux dans les casernements du 31e B.C.P..

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Notes sur l’année 1917.

L’année écoulée fut pour tout le régiment la période la plus calme de toute la guerre. Les premiers mois occupés à l’instruction des hommes et du repos abondamment. On devait être l’armée de poursuite après la  grande offensive printanière… Mais les La_Malmaison_4évènements ne nous le permirent pas. Néanmoins, nous montons en secteur au chemin des Dames à la fin d’avril. Ce point du front pourtant assez agité ne paraît pas trop dur, habitué que nous étions à trouver plus mauvais. Longtemps nous demeurons dans ces parages, nous travaillons, nous organisons le terrain conquis pendant l’offensive d’avril. Finalement, le 23 octobre, notre attaque du 21e C.A., parfaitement préparée, valu au régiment un brillant succès facilement acquis ! Nous pouvons dire sans exagération que cette offensive fut la première que nous réussissions aussi bien depuis le début de la guerre, avec le minimum de perte. Seulement l’année s’était écoulée et les espoirs que nous possédions au début ne s’étaient pas réalisés. Après la magnifique résistance de l’armée française devant Verdun en 1916 et l’échec allemand, puis l’offensive Franco-britannique sur la Somme qui nous valut des succès appréciables et qui entrainera le repli volontaire des Allemands en Mars 1917 (Les Allemands n’étaient plus à Noyon), nous étions en droit d’espérer que 1917 verrait la fin de la tourmente. Les troupes entrainées pendant la période d’hiver étaient impatientes de rejeter l’ennemi en dehors de notre sol. Tous comptaient sur la G.O.P. pour nous donner la victoire. Cette attaque eut lieu… mais n’aboutit pas. Pourtant la valeur et le courage de nos troupes n’avaient pas faillit. Nous comprîmes que la faute devait venir du haut-lieu… gouvernement où haut-commandement, on ne savait au juste. Mais nous sentions qu’il y avait quelque chose de faussé dans la conduite des opérations. Les attaques partielles qui suivirent n’eurent La_Malmaison_5d’autres résultats que d’augmenter nos pertes. Allions-nous revoir la période des attaques meurtrières et stériles de l’année 1915 en Artois, en Alsace et en Argonne ? Des murmures commencèrent à courir parmi les combattants. On faisait bon marché du sang des poilus. Le moral des troupes s’affaiblit. Les hommes voulaient bien tenir mais ne plus faire d’attaques dans ces conditions. Cet état d’esprit étaient certainement connu des Allemands. On parlait de « paix blanche », sans vainqueurs ni vaincus et les propagateurs de ces nouvelles trouvaient des recrues parmi la population civile autant que parmi nous. Les empires centraux triomphaient, l’effondrement du front russe, la révolution à Petrograd et comme suite, les troupes roumaines obligées de capituler. Vraiment cela allait mal pour nous. Alors que nous espérions la victoire, c’était la défaite entrevue. Les Italiens n’étaient pas plus heureux, et à leur tour, faillirent être écrasés. Heureusement que par des repos fréquents et des permissions largement distribuées, on réussit à rendre confiance aux troupes du front. La campagne défaitiste n’avait pas réussit à prendre chez nous. Le « tigre » Clemenceau inspirait confiance. Aussi notre victoire de la Malmaison vint à point pour remonter le moral des poilus. Ils reprirent courage et l’on se prépara à passer un nouvel hiver de guerre.

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De nouveau je viens remercier D. Browarsky, T. de Chomereau et T. Cornet.

Références bibliographiques :

Souvenirs de Louis Cretin.

Historique du 149e R.I. Editions imprimerie Klein 1919. Version Illustrée.

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15 septembre 2017

Les semaines qui précèdent l’attaque de la Malmaison.

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Dès le mois de septembre 1917, les corps d’infanterie de la 43e D.I. commencent à se préparer pour la future attaque de la Malmaison. Cette attaque est programmée pour le 21 octobre 1917.

La quasi-totalité de la division est à l’arrière depuis le 26 septembre. Les troupes se consacrent entièrement à l’entraînement sur des terrains qui ont été spécialement organisés à cet effet.

À cette période de l’année, c’est le colonel Boigues qui est à la tête du 149e R.I.. Le 1er bataillon du régiment se trouve sous les ordres du commandant de Chomereau de Saint-André, le 2e bataillon sous l’autorité du commandant Schalck et le 3e bataillon sous le commandement du commandant Putz.

En attendant, le terrain de la future attaque, qui est assignée à la 43e D.I., est tenu par les troupes de la 167e D.I.. Celles-ci terminent l’aménagement du secteur avec l’aide d’une, puis deux compagnies de génie de la 43e D.I..

Les deux bataillons de chasseurs de la 43e D.I., ainsi qu’un bataillon de chacun de ses régiments, sont désignés pour effectuer des exercices, en liaison avec les chars d’assaut. Pour le 149e R.I., c’est le bataillon du commandant de Chomereau de Saint-André qui est choisi. Le 17 septembre 1916, les 1ère, 2e et 3e compagnies du 149e R.I. se rendent à Béthancourt pour aller se former au camp de Champlieu.

16 septembre 1917

Une grande partie des téléphonistes du 31e B.C.P. et du 149e R.I. sont mis à la disposition du service télégraphique de la 43e D.I.. Ils cantonnent avec les unités de leur corps.

17 septembre 1917

La journée est marquée par une forte activité des deux artilleries.

18 septembre 1917

En raison du beau temps, l’artillerie allemande est bien plus active que les jours précédents.

Le 1er bataillon du 149e R.I. commence son stage avec les chars. Le 2e bataillon du 149e R.I. est à Billy. Le 3e bataillon du 149e R.I. effectue des travaux dans le secteur qui est derrière la 1ère ligne.

19 septembre 1917

La journée reste calme. La nuit est agitée. Il n’y a pas d’action d’infanterie.

L’artillerie française effectue des tirs de harcèlements et de représailles en réponse aux bombardements allemands sur les premières lignes et à leurs tirs de barrage.

20 septembre 1917

Le 2e bataillon du 149e R.I. se prépare à relever le 31e B.C.P. qui occupe un secteur compris entre Condé-sur-Aisne, les Vervins et la ferme Volvreux.

Secteur approximatif occupe par le 2e bataillon du 149e R

21 septembre 1917

La journée est particulièrement agitée par une grande activité réciproque d’artillerie.

Le colonel Boigues s’installe au P.C. Lorette pour prendre le commandement des troupes en réserve de secteur. Il remplace le commandant du 31e B.C.P., qui vient d’être relevé, avec ses chasseurs, par les hommes du commandant Schalck.

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Le 1er bataillon du 149e R.I. termine son stage avec les chars. Il est transporté par camions-autos à Condé-sur-Aisne. Arrivant à destination à 22 h 00, les hommes du commandant de Chomereau de Saint-André sont aussitôt pris en charge par des guides qui les conduisent à la relève du 3e bataillon du régiment.

Le 3e bataillon du 149e R.I. part cantonner à Billy.

22 septembre 1917

Le C.I.D. 43 s’installe à Vaumoise.

23 septembre 1917

La journée est marquée par des bombardements répétés sur les lignes françaises. Des patrouilles sont effectuées dans le but de protéger les hommes qui travaillent. Elles ne remarquent pas d’activité particulière de la part de l’ennemi. Il y a 9 blessés au 149e R.I..

Conde-sur-Aisne octobre 1917

 24 septembre 1917

Le 3e bataillon du 149e R.I. continue son mouvement. Il quitte Chaudun pour venir cantonner à Ancienville. Deux hommes sont blessés au 149e R.I..

25 septembre 1917

Le soldat Joseph Auguste Leclerc est tué près de la ferme Volvreux.

26 septembre 1917

Le plan est élaboré pour organiser le terrain conquis durant l’offensive projetée.

27 septembre 1917

le 1er bataillon du 149e R.I. est relevé par le 3e bataillon du 170e R.I.. Il va s’installer à Septmont.

Cantonnement_du_1er_bataillon_du_149e_R

Le 2e bataillon du 149e R.I. qui est dans le secteur Volvreux, Celles et Condé est relevé par un bataillon du 174e R.I.. Les compagnies du commandant Schalck font mouvement jusqu’à Septmont.

28 septembre 1917

Le 1er bataillon du 149e R.I. quitte Septmont pour venir s’établir à Chouy, son cantonnement définitif.

Chouy

 29 septembre 1917

Le 2e bataillon du 149e R.I., qui cantonne dans les baraques de Septmont, fait mouvement pour se rendre à Troësne. Le 3e bataillon du régiment est, une partie à Noroy-sur-Ourq, une autre à Ancienville.

30 septembre 1917

La 43e D.I. apprend que c’est le 8e groupe d’Artillerie Spéciale qui lui sera officiellement affecté pour effectuer l’attaque de la Malmaison.

Positions_occup_es_par_les_3_bataillons_du_149e_R

1er octobre 1917

Deux sections de la compagnie Z 31/2 sont mises à la disposition de la 43e D.I..

Ces compagnies spécialisées, dépendantes du génie, sont utilisées dans des actions ponctuelles visant à déloger l’ennemi retranché dans les creutes.

2 octobre 1917

Le plan d’engagement avec les chars et celui de l’utilisation des mortiers Stocke sont établis.

Les cadres des bataillons qui n’ont pas été exercés avec les chars d’assaut reçoivent l’ordre d’assister, par tiers, à trois manœuvres avec l’Artillerie Spéciale.

3 octobre 1917

Le plan d’engagement de la 43e D.I. en vue de l’offensive projetée, est établi définitivement ; plusieurs retouches y seront apportées durant les journées à venir. Les ordres d’instruction pour les corps de la division sont donnés en conséquence.

Des exercices de liaison entre les unités sont organisés les 3 et 4 octobre 1917.

Le colonel Boigues connaît maintenant les différents emplacements que ses bataillons occuperont le jour de l’attaque. Son régiment sera encadré à sa droite par le 158e R.I. et à sa gauche par le 109e R.I..

4 octobre 1917

Un accident grave arrive au C.I.D. 43. Le sous-lieutenant Guyot se tue au cours d’un exercice avec un mortier pneumatique Brandt.

5 octobre 1917

Un additif concernant l’instruction pour l’infanterie durant l’opération de la Malmaison est établi. Le plan de ravitaillement et d’évacuation est élaboré.

6 octobre 1917

La 4e compagnie du 149e R.I. qui dépend du C.I.D. 43 participe depuis plusieurs jours à des travaux de l’A.D. 43. Elle reçoit l’ordre de rejoindre le C.I.D. 43 dans la journée.

7 octobre 1917

Un rectificatif est apporté au plan de liaison en vue de l’offensive projetée. Les plans d’emplois des mitrailleuses du détachement Schilt, avec leurs lances-flammes, du détachement Z avec les gaz, et celui des pigeons voyageurs sont distribués.

8 et 9 octobre 1917

R.A.S.

10 octobre 1917

 Le général Michel responsable de la 43e D.I., son état-major et le 1er échelon du Q.G. 43 s’installent au P.C. Lorette.

11 octobre 1917

Le général de la 43e D.I. prend le commandement de son secteur à 10 h 00. Le colonel commandant l’I.D. 43 s’installe au P.C. Caen.

12 octobre 1917

Le colonel du 149e R.I. s’installe aux abris de Vauxelles. L’artillerie allemande effectue de violents tirs de destruction sur les 1eres lignes françaises. Les travaux d’aménagements offensifs du terrain se poursuivent.

13 octobre 1917

Le plan d’emploi des chars d’assaut est légèrement modifié. Les travaux d’organisation offensive et de réfection des dégâts causés par la pluie et les bombardements continuent.

14 octobre 1917

Le colonel Boigues quitte les abris de Vauxelles pour se rendre au P.C. Cable.

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15 octobre 1917

Plusieurs rectifications sont apportées à l’ensemble de l’opération du 21 octobre.

Les premiers transports qui doivent amener les troupes d’infanterie de la zone de repos à celle de l’arrière du secteur vont bientôt commencer. La période de préparation à l’attaque de la Malmaison touche à sa fin.

Sources

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps, à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Les morceaux de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly qui sont utilisés ici sont datés du 26 août 1917.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher, à « Tanker » et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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06 octobre 2017

Derniers préparatifs avant l’attaque de la Malmaison.

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Depuis la mi-septembre 1917, une grande partie des journées des soldats du 149e R.I. sont consacrées à la méticuleuse préparation d’une attaque qui doit se dérouler dans le secteur de la Malmaison. La 43e D.I. fait partie des unités qui vont bientôt être sollicitées pour participer à ce combat. Les 3 bataillons du 149e R.I. s’apprêtent à remonter dans le secteur de la 1ère ligne.

16 octobre 1917

C’est une journée favorable à l’observation aérienne. Une météo clémente permet de terminer, dans de bonnes conditions, les réglages d’artillerie et de vérifier les barrages de 75 au-delà des 1er et 2e objectifs.

L’artillerie ennemie se montre également très active avec ses tirs de destruction sur les premières lignes françaises et ses tirs de harcèlement sur leurs arrières.

Une note informe les chefs de corps que le 16 octobre 1917 est donné comme J-5.

Les premiers transports, qui doivent acheminer les troupes d’infanterie de la zone de repos dans la zone arrière de secteur, commencent à partir de cette date.

 Les hommes du 1er bataillon du 149e R.I. et de la C.M. 3 sont à Chouy. En fin d’après-midi, les 665 hommes de ces deux unités embarquent dans les camions pour prendre la direction de Billy. Quatre véhicules sont également utilisés pour le transport du matériel.

17 octobre 1917

La préparation d’artillerie débute conformément au plan d’emploi. Les  premières destructions sont amorcées dans des conditions d’excellent rendement.

Les 5 compagnies de mitrailleuses de la 170e D.I., chargées des tirs d’interdiction, s’établissent dans la tranchée du Serin au cours de la journée. Elles ouvrent le feu peu après la tombée de la nuit.

Dans la nuit du 17 au 18, des patrouilles d’infanterie sont envoyées pour vérifier les dégâts réalisés dans les réseaux et dans la 1ère ligne allemande. Elles signalent que la tranchée du Blocus a été particulièrement bouleversée. Elle semble même abandonnée.  Les responsables de ces reconnaissances font également savoir à leurs supérieurs que l’ennemi tient toujours le Rumpler et les Lassitudes.

Des ordres sont donnés pour activer les travaux de protection contre les bombardements aériens dans les camps et les cantonnements.

Un système d’écriteaux complet et à jour commence à être posé dans les tranchées et les boyaux. Cet aménagement doit faciliter au maximum le déplacement des troupes pour qu’elles puissent gagner leurs positions le plus rapidement possible.

Le 2e bataillon du 149e R.I. est à Louâtre et le 3e bataillon à Villers-le-Petit.

Lieux_de_cantonnements_des_2_et_3e_bataillons_du_149e_R

18 octobre 1917

L’artillerie et l’aviation française sont très actives durant toute la journée.

Le 2e bataillon du 149e R.I. doit se rendre par voie de terre à Billy.

Le 3e bataillon du 149e R.I. et la 2e C.M. sont transportés par camions pour aller cantonner à Billy. Cinq cents hommes du bataillon Putz et une compagnie de mitrailleuses embarquent à Noroy-sur-Ourq.

Albert Marquand témoigne :

«  18 octobre, 8 h 00,

Ciel gris, nuages bas, un jour morne, triste, éclaire faiblement la campagne. À l’embranchement de la route Soissons à Billy-sur-Aisne, une file interminable d’autos-camions boueux ralentit, puis s’immobilise au bord de la chaussée. Quelques hommes équipés descendent  lourdement, s’étirent et grognent, tout en posant les pieds avec précaution dans la boue liquide de la route. Un cri à l’extrémité du convoi : « En bas ! » se répète aussitôt jusqu’aux derniers camions, là-bas, dans le village. Une foule de soldats « bleu horizon » sautent péniblement des voitures. Les sacs et les fusils passés de mains en mains, les autos démarrent lentement et disparaissent une à une.

Sur le bas-côté de la route, c’est un véritable grouillement. Après des cris de rassemblement, des coups de sifflets etc., l’ordre finit par régner, et on distingue maintenant un bataillon d’infanterie au complet, en tenue de campagne, c’est le 3e bataillon du 149e R.I., qui attaquera, dans quelques jours, le plateau de la Malmaison… »

La 1ère série des C.M. de la 43e D.I. qui a remplacé les C.M. de la 170e D.I. dans la tranchée du Serin, prend le relais pour les tirs d’interdiction.

Les hommes sont informés que l’engagement des troupes est décalé de 24 heures et que le 19 sera donné comme J-3.

Dans la nuit du 18 au 19, les bataillons d’attaque entrent en secteur pour venir stationner dans la zone des réserves. Le 1er bataillon du commandant de Chomereau de Saint-André quitte Billy pour se rendre dans le secteur du bois de Volvreux.

19 octobre 1917

Le mauvais temps et l’augmentation de la durée de la préparation d’artillerie obligent à ralentir la cadence des tirs du côté français, contrairement aux Allemands qui, eux, augmentent la leur, particulièrement sur la région du Toty.

Le 2e bataillon du 409e R.I. met ses compagnies à disposition de la 43e D.I. à raison d’une compagnie par régiment et par groupement de B.C.P.. Ces hommes seront utilisés pour ravitailler les unités de la 43e D.I. le jour J de l’attaque.

Le service de liaison par coureurs est organisé entre les divers P.C. et P.O..

Dans la nuit du 19 au 20, la 2e série de C.M. de la 43e D.I. continue ses tirs d’interdiction. Les Allemands profitent de l’obscurité pour surprendre les postes français avancés en envoyant des patrouilles plus nombreuses dans la matinée du  20.

Les bataillons du 149e R.I. occupent les positions de la veille. Le 1er bataillon occupe le bois de Volvreux, à l’est de Chantereine et les 2e et 3e bataillons du régiment sont installés à Billy.

20 octobre 1917

Le temps s’améliore, mais la visibilité reste mauvaise. Ces conditions météorologiques rendent le contrôle des tirs d’artillerie difficile.

Les artilleurs français effectuent des tirs violents au lever du jour et à la tombée de la nuit. S’ils parviennent à maintenir leurs tirs de harcèlement, leur activité au cours de la journée tourne au ralenti. La réaction allemande est également plus faible. Ils envoient de nombreux obus vésicants sur le secteur occupé par la 43e D.I..

Dans la nuit du 20 au 21, les bataillons d’attaque de la 43e D.I. relèvent en première ligne, les éléments de la 170e D.I.. Les bataillons de soutien et de réserve prennent les emplacements prévus au plan d’engagement pour le jour J-1.

Le 1er bataillon du 149e R.I. gagne les tranchées d’où partira l’attaque. Il  relève le bataillon de 1ère ligne du 170e R.I.,  disposant, en arrière, des tranchées et abris jusqu’au Serin inclus.

Pont_de_Conde_sur_Aisne

Le 3e bataillon du 149e R.I. laisse Billy derrière lui. Sa tête de bataillon passe le pont de Condé à 20 h 00 pour gagner le secteur de la ferme de Colombe.

Le 2e bataillon du 149e R.I. quitte également Billy. La tête de son bataillon franchit le pont de Condé à 21 h 00. Les hommes du commandant Schalck s’installent dans le bois de Volvreux, à l’est de Chantereine.

Carte_1_journee_du_20_octobre_1917

Legende_carte_1_journee_du_20_octobre_1917

Les relèves, conformément au plan d’engagement de la 43e D.I., se déroulent sans incident. Tout doit également être fait pour empêcher au maximum les coups de mains de l’ennemi.

Les troupes en secteur de division reçoivent l’ordre d'entretenir elles-mêmes leurs tranchées et leurs boyaux.

Les C.M. de la 170e D.I. relèvent celles de la 43e D.I. pour l’exécution des tirs d’interdiction.

Plusieurs patrouilles,envoyées dans la nuit, confirment les progrès réalisés dans la destruction des premières lignes allemandes.

21 octobre 1917

Un nouveau décalage d’attaque est notifié dans l’après-midi du 21. Les deux derniers jours de la préparation ne permettent qu’une faible utilisation de l’aviation pour les réglages des tirs, en raison d’un brouillard persistant. Toutefois, quelques photographies ont pu être prises. Celles-ci montrent que le travail d’artillerie a été plutôt bon. Elles localisent également de manière précise les points qui ont été insuffisamment bombardés.

Les mouvements de troupes prévus pour la nuit du 21 au 22 octobre sont reportés à la nuit du 22 au 23 octobre.

Des reconnaissances sont effectuées sur tout le front de la 43e D.I.. L’artillerie française continue ses tirs d’interdiction et de destruction.

22 octobre 1917

Le jour J est de nouveau décalé. Il est fixé au lendemain. L’heure du déclenchement de l’attaque est prévue à 5 h 15.

L’artillerie française accentue ses tirs.

Les derniers ordres préliminaires à l’attaque sont donnés.

Les corps de groupe terminent les distributions concernant l’équipement des hommes pour l’attaque.

Chaque officier est revêtu d’un uniforme et d’un équipement semblables à ceux de leurs hommes, aussi peu apparents que possible, pour ne  pas être identifié par l’ennemi. Il ne doit pas porter le sabre durant l’attaque.

Les soldats ont laissé leurs sacs à dos à l’arrière. Ils ont emporté avec eux deux étuis-musettes qui contiennent une journée de vivres de jour et deux jours de vivres légers. Les hommes sont équipés d’une toile de tente roulée en sautoir, de deux bidons, d’un outil portatif, d’un bengale, d’un panneau de toile, à raison de 64 par compagnie, et de cinq sacs de terre. Ceux qui sont armés d’un fusil ont reçu 88 cartouches.

Les reconnaissances se multiplient dans la nuit du 21 aux 22. Elles constatent les bouleversements et l’inoccupation des premières lignes allemandes, mais l’ennemi tient toujours fortement sa ligne de soutien.

Les troupes s’installent aux emplacements prévus pour le début des combats dans la nuit du 22 au 23. Les compagnies de mitrailleuses de la 170e D.I. continuent les tirs d’interdiction.

Pour les hommes, l’attente reste longue et angoissante. La bataille de la Malmaison a été reportée plusieurs fois.  Nous pouvons aisément nous imaginer que certains d’entre eux aient pu espérer que l’attaque se déclenche au plus vite et que pour d’autres, au contraire, ils aient été soulagés par l’idée de gagner quelques heures de vie supplémentaire avant de se lancer à l’assaut.

Sources

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. du 170e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 707/15.

J.M.O. du 409e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 768/13.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps,à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire, Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Le véhicule figurant sur le montage, et toujours en état de fonctionnement, appartient à D. Bleunven.

Un grand merci à M. Bordes, à F. Barbe, à D. Bleunven, à A. Carobbi, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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23 octobre 2017

Une vue d’ensemble avec l’artillerie spéciale numéro 8…

A

Préparations

Un groupement de chars Schneider, composé des groupes 8, 11 et 12, et un groupement de chars Saint-Chamond, comprenant les groupes 31 et 33, sont désignés pour participer à la bataille de la Malmaison. L’ensemble de ces chars est sous le commandement du lieutenant-colonel Wahl.

Les groupes Schneider sont composés de 12 chars de combat, répartis chacun en 4 batteries de 3 chars. Les groupes Saint-Chamond, qui comportent 14 chars, sont constitués de 4 batteries inégales de 3 ou de 4 chars.

Le groupe n° 8 est affecté à la 43e D.I..

L’ A.S. 8 comprend 13 officiers, dont 3 stagiaires et 100 sous-officiers et hommes de troupe. Le capitaine de Blic commande le groupe, il est secondé par le capitaine Courcelle.

Liste des chars identifiés de l’A.S. 8.qui ont participé à la bataille de la Malmaison

1ère batterie  

Char n° 61200 : chef de char et de batterie – lieutenant Daher

Char 61333 : chef de char - adjudant Broussard

2e batterie

Char n° 61336 : chef de char - aspirant Aubry

Char n° 61339 « Corsaire » : chef de char et de batterie - lieutenant Le Poëtvin

Char n° 61341 : chef de char - sous-lieutenant Bugnard 

3e batterie

Char n° 61118 : chef de char et de batterie - lieutenant Bussières

Char n° 61342 : chef de char - adjudant Florimont

4e batterie  

Char n° 61326 : chef de char et de batterie - lieutenant  de Ravel

Char n° 61340 : chef de char - sous-lieutenant Delbeaux

Les numéros de batteries des chars suivants ne sont pas connus.

Char 61205 : chef de char -  sous-lieutenant Chaussat

Char 61115 : chef de char -  sous-lieutenant Tuva

Char 61075 : chef de char -  sous-lieutenant Halay

L’équipe de dépannage est dirigée par le sous-lieutenant de Virel.

Le lieutenant Clermont est en surnombre dans les effectifs.

Les journées qui précèdent l’attaque

Les 4 batteries de l’A.S. 8 commencent l’embarquement de leurs blindés, par voie ferrée,le 17 octobre en gare de Champlieu. Elles prennent la direction de Condé-sur-Aisne.

Le groupe débarque dans la nuit, au moulin Saint-Pierre, situé à 1800 m, à l'ouest de Vailly. C’est une voie d’A.L.G. P. qui est utilisée pour la manœuvre. Les effectifs du groupe rejoignent leurs positions de rassemblement, situées à 200 m au nord-ouest de Vailly, en bordure de la route de Jouy.

Une fois sur place, les chars sont dissimulés sous des arbres fruitiers avant d’être camouflés par des toiles appropriées. Le personnel, exceptée une garde, s’installe dans les caves de Vailly pour cantonner.

Le 19 octobre est une journée d’attente. Les officiers et sous-officiers en profitent pour effectuer des reconnaissances du secteur. Le 11e escadron à pied du 9e cuirassier est affecté à l’A.S. 8, comme troupe de couverture aux chars du capitaine de Blic. Ces troupes seront chargées d’effectuer les travaux de terrassement destinés à l’aménagement des voies d’accès vers les positions de départ et les emplacements de départ. Ces travaux ne pourront  se faire que la nuit, sous les ordres des officiers de groupe.

Le 20 octobre est une nouvelle journée d’attente. Dans la nuit du 19 au 20, un obus de 150, destiné à une batterie d’artillerie lourde voisine, endommage un char, qui est mis hors service pour longtemps. Celui-ci est remplacé par un char de la S.R.R.. L’identité de ces deux chars n’est pas connue.

Le jour J est décalé de 24 heures.

Un engagement dans des conditions défavorables

Char_Scheider_au_camp_de_Champlieu

Dans la nuit du 22 au 23 octobre, sous une pluie battante, les chars de l’A.S. 8 font tourner leurs moteurs Schneider 4 cylindres avant de se mettre en route entre 22 h 00 et 23 h 00.

Ils quittent leurs positions de rassemblement, situées à 200 m au nord-ouest de Vailly, en bordure de la route de Jouy

Les hommes dits « d’élite » sont avec leurs chars. Les sections d’accompagnement qui forment l’avant-garde ont précédé les batteries pour effectuer, sur les itinéraires déjà aménagés, les réparations nécessaires dues aux tirs ennemis.

Malgré toutes les précautions prises, un ensemble de circonstances va complexifier la bonne marche des chars. Le mauvais temps détrempe le terrain ; les tirs de contre-préparation ennemis et le bouleversement des lignes allemandes par l’artillerie française, qui tire de façon intense depuis six jours et six nuits, accentuent les difficultés des déplacements des véhicules à chenilles.

Les blindés suivent la route de Vailly en direction de la ferme Vaurains.

Au nord de Jouy, le groupe se scinde en deux colonnes. Celle de droite, qui est constituée des 1ère et 3e batteries, s’engage sur l’itinéraire « ravin du Toty-ferme le Toty ».

Celle de gauche, avec les 2e et 4e batteries, prend la direction de la carrière des Obus.

Carte_1_A

Legende_carte_1_A

À la 1ère et à la 3e batterie

La 1ère batterie se présente à 0 h 30 à l’embranchement Jouy-Toty, à hauteur de la gabionnade située à 200 m au sud de la ferme le Toty. Elle se trouve vite prise sous un tir violent d’obus de gros calibres allemands.

Le Schneider de tête tombe dans un entonnoir qui vient tout juste de se creuser devant lui. Peu de temps après, il est atteint par un obus qui le met hors service. Les deux autres chars de la batterie qui suivent cherchent à le doubler, mais ils sont vite bloqués sur la route qui se détériore rapidement sous les coups de l’artillerie adverse. Le marais avoisinant, impraticable, empêche toute manœuvre.

La section des cuirassiers et les équipages sont aussitôt mis à contribution, pour effectuer les travaux de terrassement qui vont permettre le dégagement des chars. Les hommes tentent de libérer les appareils rapidement, mais ils se retrouvent vite en difficulté. Les terrassiers improvisés ne peuvent avancer que très lentement.

L’ennemi envoie plusieurs rafales d’obus à gaz. Petit à petit, le ravin se remplit de gaz « moutarde ». Il faut mettre les masques pour se protéger, ce qui ajoute encore aux problèmes rencontrés. Pour couronner le tout, il est impossible d’allumer la moindre lumière. Il faut éviter de se faire repérer. En effet, la colonne est en vue de l’ennemi, à 500 m de la tranchée allemande du Blocus.

La 3e batterie, qui arrive à 0 h 45 à l’embranchement Jouy-Toty, est stoppée à son tour. Elle est immobilisée pour les mêmes raisons.

À la 2e et à la 4e batterie

La 2e batterie se place à 1 h 00 à l’embranchement Jouy-Toty. Elle se rend, par la route Jouy-Vaurains, à la carrière des obus qu’elle atteint à 1 h 30 pour s’installer en position d’attente sur la route.

La 4e batterie se présente à 1 h 15 à l’embranchement Jouy-Toty. Elle arrive à la carrière des Obus à 2 h 00. Ses chars prennent la position d’attente sur la route Jouy-Vaurains.

4 h 00, une heure et quart avant le début des combats.

Le commandant du groupe, le capitaine de Blic, se tient auprès du colonel Guy responsable de l’I.D. 43 au P.C. Caen.

Le travail de dépannage concernant les 1ère et 3e batteries se poursuit.

Le char du commandant de la 2e batterie est atteint par 2 obus qui tuent 4 hommes de l’équipage et mettent l’appareil hors d’usage.

Char_n__61339

Le personnel de la 4e batterie s’installe dans des abris à proximité de ses chars.

La bataille de la Malmaison

Jour J : 23 octobre 1917

 Première phase de l’attaque : Heure H = 5 h 15

Deuxième phase de l’attaque : Heure H’ = 9 h 15

La 43e D.I. effectue son engagement dans la bataille de La Malmaison en deux temps.

La première phase des combats débute à 5 h 15. La 43e D.I. a pour objectif de prendre la ferme de la Malmaison, avec son groupe de B.C.P.. Elle doit également s'emparer de la Bascule avec le 158e R.I. et enlever la cote 195.1 avec le 149e R.I.. Tous ces objectifs sont atteints en deux bonds.

La deuxième phase de l’attaque débute à 9 h 15. Le groupe de B.C.P. se dirige sur le Voyeu et Chavignon ouest. Le cimetière de Chavignon, la route de Chavignon - Pinon jusqu’à hauteur de l’intersection du chemin de terre ouest de 42.67 sont réservés au 158e R.I.. Le 149e R.I. se charge de la zone comprise entre cette route et le point 92.3 et les Vallons.

L’A.S. 8 dans le secteur de la 43e division

Première phase de l’attaque : Heure H = 5 h 15

À la 1ère et à la 3e batterie

Les deux batteries sont toujours immobilisées au moment où l’infanterie de la 43e D.I. quitte les tranchées.

À la 2e batterie

La 2e batterie est la seule à faire mouvement avec ses deux chars restants. Sous les ordres du lieutenant Le Poetvin, elle se met en marche, à 5 h 15. Rappelons que son char de tête a reçu deux obus lorsqu’il était sur la position de départ.

Cette batterie, qui travaille pour le compte du 149e R.I., longe la lisière ouest du bois du Coteau. Son char de tête franchit la ligne allemande à 5 h 40. Le responsable de la batterie est obligé de la guider à pied, à travers toute la 1ère position ennemie.

L’appareil de queue, commandé par le sous-lieutenant Bugnard, qui s’est arrêté momentanément dans un trou d’obus, à 300 m de sa position de départ, a reçu successivement deux obus dans le chariot arrière et le réservoir droit. Le char n’est plus disponible.

Carte_2_A

Legende_carte_2_A

À la 4e batterie

Elle reste en réserve à la carrière des Obus.

Entre 6 h 00 et 9 h 15 durant la 1ère phase de l’attaque

À la 1ère batterie

Elle est toujours inutilisable.

Le char du lieutenant Daher est sorti de sa situation périlleuse vers 9 h 00. Vu l’heure avancée, il sera mis en réserve à la carrière des Obus.

À la 3e batterie

Premier engagement avec le 158e RI

Le char du lieutenant Bussières de la 3e batterie a réussi à se remettre en marche après s’être sorti de son mauvais pas, près de la ferme du Toty, à 6 h 30. Au prix d’un laborieux effort, il regagne le temps perdu.

Le scheider rejoint le 158e R.I. avant le début de la deuxième phase de l’attaque. Un autre char, celui de l’adjudant Florimont, sera dégagé un peu plus tard. Celui-ci fera le tour de la carrière des Obus, avant de suivre la trace des batteries de gauche. Ce char rejoindra son commandant de batterie au cours de la deuxième phase de l’opération.

Le char du lieutenant Bussières atteint vers 8 h 00 le point de stationnement qui lui a été assigné pour s’arrêter avant le déclenchement du deuxième objectif, au sud-ouest de la cote 190,6. À ce moment, il est pris à partie, ainsi que les hommes qui l’accompagnent, par une mitrailleuse en batterie, près des carrières Montparnasse. En quelques coups de canon, tirés à bout de portée par-dessus l’infanterie française, il réussit à la réduire au silence.

À la 2e batterie

Premier engagement avec le 149e RI

La 2e batterie se trouve maintenant réduite à un appareil. Le char Aubry rejoint, vers 7 h 30, le bataillon de tête du 149e R.I. qui est installé sur son objectif. Il s’arrête aux abords de la cote 195,1 pour y attendre l’heure H’.

Au cours de ce stationnement, l’infanterie signale au Schneider Aubry, une mitrailleuse ennemie qui est en action, à la corne sud-est du bois de la Belle-Croix.

Il semblerait que les Allemands préparent une contre-attaque, des allées et venues sont constatées dans la région du boyau de Dennewitz.

Le char s’avance à environ 150 m des objectifs désignés. Il tire une trentaine d’obus. La mitrailleuse est détruite et les fantassins du 149e R.I. peuvent voir de nombreux Allemands s’enfuyant vers le bois de la Belle-Croix. Une fois ces résultats obtenus, le char Aubry rejoint l’abri que lui offre la côte 195,1.

Carte_3_A

Legende_carte_3_A

Utilisation de la batterie de réserve

La 4e batterie, initialement réservée, quitte, conformément au plan d’engagement, la carrière des Obus à 6 h 15. Elle atteint, à 8 h 00, le point 29-39 qui lui a été désigné comme terme de son premier bond. À ce moment, elle reçoit, du capitaine de Blic qui commande le groupe, l’ordre de s’engager à H’ au combat en prenant à son compteles missions des 2e et 3e batteries que l’on sait réduites, chacune, à un char.

Carte_4_A

Legende_carte_4_A

La 4e batterie relèvera le char Bussières d’une partie des multiples missions qu’il assume.

Premières remarques

En raison de la rapidité de la progression de l’infanterie et des difficultés du terrain, les chars n’ont pu rendre aucun service.

Ce n’est que durant le stationnement sur le premier objectif que leur action a commencé à se faire ressentir. Deux mitrailleuses ont été réduites au silence et une contre-attaque ennemie est étouffée dans l’œuf.

Les chars sont maintenant dégagés de la zone chaotique où ils étaient presque paralysés, leur rôle va commencer à  grandir durant la suite des opérations.

Deuxième phase de l’attaque : Heure H’ = 9 h 15

De 9 h 15 à 11 h 30

Les chars disponibles se mettent en mouvement sur le front de la 43e D.I.. Ils dépassent bientôt le premier échelon d’infanterie.

De la droite à la gauche :

A la 3e batterie

Second engagement avec le 158e R.I.

Le char du lieutenant Bussières atteint la 1ère vague du 158e R.I., à hauteur du boyau de l’Incendie, où il dépasse les fantassins. Le blindé progresse, en serrant à bloc dans le barrage roulant. Il circule sur la droite du front du régiment en adressant fréquemment aux soldats le signal « passage libre ».

Les réactions ennemies sont très faibles jusqu’au moment où l’infanterie, arrivée à trois ou quatre cents mètres de la tranchée des Oubliettes, se retrouve plaquée au sol par de nombreux coups de feu.

Les Allemands tirent à la fois depuis cette tranchée et depuis les lisières de bois qui affleurent au rebord sud du plateau. Le char Bussières neutralise, en premier, la partie ouest de la tranchée en quelques coups de canon. Il se porte ensuite en direction de la batterie 39-60 qu’il trouve inoccupée avant de gagner la lisière sud du bois des Hoinets, vers 40-63. Il commence le nettoyage de cette lisière en la longeant vers l’est.

À 10 h 45, il est rejoint par le char de l’adjudant Florimont qui a enfin réussi à se dégager de l'embranchement Jouy-Toty.

Le lieutenant Bussières est prévenu, par l’officier de liaison de son groupe auprès du 158e R.I., que les chasseurs qui forment la droite de la 43e D.I. son démuni en chars, la 1ère batterie n’étant toujours pas à disposition. Il aperçoit, en outre, derrière lui, des groupes d’infanterie qui recommencent à progresser avec les chars de la 4e batterie sur le front du  158e R.I..

Les « as de carreau » de la 3e batterie se portent sur la lisière sud du bois de Bousseux pour ouvrir le feu sur des abris allemands qui se trouvent en 42.61 et 42.62. De nombreux prisonniers sont faits.

Les deux chars prennent ensuite position pour agir en cas de contre-attaque.

À la 4e batterie

Cette batterie de réserve est engagée dans la 2e partie de l’attaque. Elle quitte le point 29-39 à 9 h 15.

Son char de droite, qui précède le 158e R.I., pousse sans difficulté jusqu’à l’extrémité nord-est de l’éperon des Hoinets, vers 41.63.

Il prend à revers, sous le feu de son canon, les Allemands qui se replient dans le bois de Bousseux.

Le char du centre, également devant le 158e R.I., gagne facilement l’extrémité nord du plateau de Chavignon où il s’établit, en surveillance sur la vallée, vers le point 40.62.

Le char de gauche marche avec la droite du 149e R.I.. Il a une panne de moteur lorsqu’il arrive à hauteur du chemin qui descend aux Vallons. Il prend toutes les dispositions nécessaires pour parer une éventuelle contre-attaque.

À la 2e batterie

Second engagement avec le 149e RI

Le char Aubry, seule unité restante de cette batterie, précède les vagues d’attaques de 50 à 100 m environ, canonnant la lisière est du bois de la Belle Croix. Il attaque une petite carrière à la lisière du plateau.

Il fait une douzaine de prisonniers et prend une mitrailleuse qui est rapidement emportée dans le Schneider.

Pour éviter de rentrer dans le tir de barrage français, le char doit effectuer un nouvel arrêt à 9 h 40 sur le plateau de Chavignon.

Vers 11 h 00, il atteint le rebord nord du plateau de Chavignon. Il se place en observation, prêt à intervenir, au point 39.63.

Un dernier arrêt se fait sur le chemin du retour à 13 h 50, sur la route de Maubeuge, pour dépanner un char qui a déraillé.

Carte_5_A

Legende_carte_5_A

11 h 30, l'attaque du 23 octobre 1917 se termine

La situation parait se stabiliser. Les avantages de l’infanterie sont définitivement acquis. Les commandants de batteries donnent le signal de repli. Le retour se fait sans incident. Tous les chars regagnent la carrière des obus, excepté un char de la 3e batterie qui s’enlise dans une poche de terrain mou.

Durant cette période, un des chars de la 1ère batterie, qui avait réussi à se dégager de l'embranchement Jouy-Toty à 10 h 00, attendait, en réserve, à la carrière des obus.

A

14 h 00

Tous les Schneider engagés sont de retour à la carrière des Obus, à l'exception du char Bussières qui est resté en panne, dans un trou d’obus, près de la lisière sud du bois de Bousseux.

Quelques leçons de cette journée 

Les Schneider du capitaine de Blic ont rencontré plusieurs difficultés durant le franchissement des 1ères positions allemandes. Les conditions météorologiques, les tirs incessants de l’artillerie durant les jours qui précèdent l’attaque, ont rendu difficile la progression des chars. L’immobilisation due aux pannes ou au terrain difficilement praticable, la destruction de plusieurs blindés par les canons ennemis ont, en partie, modifié le plan initial.

Seulement deux chars ont pu intervenir utilement pendant la conquête et le nettoyage du 1er objectif.

Durant la progression sur le 2e objectif, 5 puis 6 chars ont pu participer de manière très efficace durant les opérations.

En fin de combat, le 8e groupe offre la situation suivante :

♥♦♦♣♣ Cinq chars couronnent le rebord septentrional du plateau de Chavignon.

Un char se trouve face au ravin des Valllons. 

Un char est disponible à la carrière des Obus.

♥♥ Trois chars ont été détruits par l’artillerie allemande

  Deux chars sont enlisés dans le ravin du Toty.

Sources :

Toutes les cartes qui peuvent se voir ici ont été réalisées à partir du texte. Elles ne sont donc là que pour se faire une idée approximative des différents mouvements réalisés et des multiples emplacements occupés par les chars de l’A.S. 8.

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Pour en savoir plus sur le char du lieutenant le Poëtvin il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante pour avoir accès à l’analyse de « Tanker ».

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La partie du J.M.O. de l’A.S. 8, consacrée à la bataille de La Malmaison, est retranscrite sur le site suivant :

Chars_fran_ais

« Batailles et combats des chars français, l’année d’apprentissage (1917). » Lieutenant-colonel breveté J. Perré. Aux Éditions Charles Lavauzelle et cie 1937.

« Les chars d’assaut, leur création et leur rôle pendant la guerre 1915-1918 » Capitaine Dutil agrégé d’histoire. Aux éditions Berger-Levrault, éditeurs 1919.

Les deux photographies qui se trouvent sur le montage sont extraites d’une vidéo appartenant à lÉtablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense.

Le cliché du char n° 61339 provient de la collection Louis Lecarme. Album vert foncé épais 1914 puis 1916-1925, 3e partie.

Site_Louis_Lecarme_et_Genevieve_Colomb

La photographie représentant le tank Scheider franchissant une tranchée au camp de Champlieu vient du site de la B.D.I.C..  Cliché fonds Valois. Val 518/110 1917.

B

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher, à « Tanker », au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’ E.C.P.A.D..

 

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10 novembre 2017

Exécution de l’attaque de la Malmaison… 1er objectif.

Albert_Marquand_groupe_149e_R

Vingt-trois octobre 1917, le jour n’est pas encore levé… 4 h 00, tous les hommes de la 43e D.I. qui vont participer à l’attaque sont en place. Les trois compagnies du 1er bataillon du 149e R.I., sous les ordres du commandant de Chomereau de Saint-André, s’apprêtent à sortir des tranchées, suivis de près par le 3e bataillon du régiment.

Emplacement des troupes

Les dernières reconnaissances viennent tout juste de se terminer.

Les chars de l’A.S. 8, rattachés à la 43e D.I., ont commencés leurs mouvements. Certaines batteries vont se retrouver très vite en difficultés.

Les éléments du génie, deux compagnies du génie de la 167e D.I. et 5 sections de la 43e D.I., quittent leurs abris du Vervins, de Volvreux et de Vauxelles pour se porter en direction de la première ligne. Elles ont pour rôle de rétablir les communications aussitôt après le départ de l’offensive.

L’ennemi, qui semble avoir prévu l’évènement, déclenche un violent tir de contre-préparation, peu après 4 h 00. Ce tir cause des pertes, notamment au 149e R.I. et au 31e B.C.P..

Conquête du 1er objectif

L’attaque commence à 5 h 15. L’obscurité est totale, la marche et l’orientation sur un terrain complètement bouleversé par les tirs d’artillerie sont particulièrement pénibles. Néanmoins, la progression entamée avec une extrême vigueur, s’effectue aussi rapidement que le permette le barrage sur lequel l’infanterie serre à bloc.

Le barrage allemand se déclenche assez tard et n’atteint que les bataillons de soutien. Il ne cause des pertes sérieuses qu’au 149e R.I..

À la droite de la division :

Le 31e B.C.P. parvient sans grandes difficultés au Hérisson et à la ferme de la Malmaison, qu’il nettoie et dépasse. Il encercle, dans la carrière de la Malmaison, un bataillon allemand, qui se défend obstinément, et dont la résistance se prolonge, appuyée par l’action des mitrailleuses placées sur les pentes est et ouest du ravin de Chavignon et aux environs de la carrière Montparnasse.

1er_objectif_secteur_d_attaque_du_31e_B

Le 1er B.C.P. a suivi le mouvement et arrive à 5 h 45 au chemin des Dames.

Au centre de la Division :

Le 2e bataillon du 158e R.I., après avoir traversé le bois et la tranchée de Rumpler, est retardé dans sa progression, par des mitrailleuses échelonnées le long du boyau du Lévrier. Il les attaque et les enlève successivement. Il atteint l’objectif intermédiaire, le talus de La Bascule, à 6 h 10, ayant subi seulement un retard d’une quinzaine de minutes.

Le bataillon de soutien à suivi, traversant le barrage, il atteint, vers 6 h 20, la tranchée du Hérisson où il s’installe.

1er_objectif_secteur_d_attaque_du_158e_R

À la gauche de la division :

Par vagues successives, le 1er bataillon du 149e R.I. traverse rapidement le Blocus, les Lassitudes, le Carlin et les Épreuves. La 1ère vague est à 150 m du barrage roulant. Les hommes avancent à la vitesse de 100 mètres en 2 minutes durant les 200 premiers mètres puis à la vitesse de 100 mètres en 3 minutes pour les suivants.

Une compagnie de nettoyeurs fournie par le 2e bataillon du régiment accompagne le bataillon de tête.

En arrivant sur la crête, les soldats subissent le feu de mitrailleuses placées dans la partie ouest du Hérisson, le long de la route de Maubeuge et dans les trous d’obus de l’avant.

1er_objectif_secteur_d_attaque_du_149e_R

Après un dur combat, et malgré des pertes sensibles, le bataillon du commandant de Chomereau de Saint-André, appuyé par le bataillon de soutien, réduit les résistances.

À 7 h 15, il traverse, sans arrêt, la route de Maubeuge qui est son objectif intermédiaire, et atteint le premier objectif, enlevant de nouvelles mitrailleuses, placées en 195.

Laissons maintenant la parole à Albert Marquand, sergent au 3e bataillon du 149e R.I. :

Le grand jour

« 23 octobre, 4 h 00. Dans la nuit opaque nous cheminons en file indienne, en route vers les emplacements de départ. La lueur des coups de canon éclaire vaguement nos pas. Un long sifflement… Un pan de mur s’écroule avec fracas devant la ferme Colombe. Au pas de course, la route est traversée et nos hommes, blottis contre le talus, allongent la ligne de leurs formes sombres et muettes. Au dernier moment, le boyau de la Ferme est reconnu intenable et nous restons là, aplatis, attendant anxieusement l’heure fatidique 5 H 15.

Un formidable coup de massue ébranle le sol et nous fait sursauter, tandis qu’une grêle de pierre s’abat sur nos casques en pluie métallique. Une légère fumée sort d’un trou creusé sur la route devant nous. Un blessé. Deux camarades le déséquipent et le voilà parti en rampant…

… Je ne connais pas de moments plus poignants que cette attente prolongée sous la mitraille, au milieu des éclats qui stridulent aux oreilles ; où chacun, replié sur soi-même doit maîtriser ses nerfs, le cœur prêt à se « décrocher »… Les minutes sont des siècles…

La ruée

Ma montre indique 5 H 10. De bouche en bouche un ordre suit : « Baïonnette au canon ! » Péniblement, les hommes se redressent à demi. Quelques cliquetis, et, accroupis au sommet du talus, nous sommes prêts à partir dans l’inconnu.

À ce moment, le roulement de tonnerre de nos canons s’accentue et semble s’exaspérer…

… La terre projetée en maints endroits, finement pulvérisée, gêne la respiration. L’air peuplé de sifflements, de mugissements, d’éclatement paraît vibrer sous l’effort d’un archet gigantesque. C’est l’enfer déchaîné…

Une ligne d’ombres mouvantes se détache du parapet à notre droite. C’est le moment. Tous debout ; sans un mot nous nous ébranlons vers la ligne noire de la petite crête que nous devons dépasser là-bas…

… J’avance dans la cohue silencieuse des hommes, semblable à une horde de barbares déchaînés. Plus de chefs, plus d’ordres ; c’est la ruée…

À ma droite, un homme s’abat lourdement, sans un cri, la face contre terre. Un autre ploie les genoux et s’affaisse en hurlant. On avance, on avance, la tête vide, le cœur pantelant. Dans la nuit pâlissante, on marche, on glisse, on bute aux monticules, on culbute dans les trous d’obus…

J’ai dépassé les éléments de mon bataillon et me voilà presque seul. Devant moi, une silhouette élancée agite les bras, fait quelques gestes… Je reconnais le commandant de Chomereau de Saint-André, en tête du 1er bataillon…

De sourdes détonations indiquent un court combat de grenades. Quelques cris déchirants, puis, plus rien. Des balles sifflent, et l’aube naissance, chassant les dernières ombres de la nuit, voit notre arrivée à la route de Maubeuge : point limite de notre premier objectif. »

Arrêt sur le 1er objectif :

Les bataillons de première ligne commencent à s’organiser sur leurs positions respectives dès leur arrivée sur le 1er objectif. Les bataillons de soutien se préparent à passer en 1ère ligne.

Carte_1_journee_du_23_octobre_1917_1er_objectif

Legende_carte_1_journee_du_23_octobre_1917_1er_objectif

La première phase de l’attaque est pleinement réussie pour les bataillons des 158e et 149e R.I.. C’est un petit peu plus compliqué pour les chasseurs.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. du 170e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 707/15.

J.M.O. du 409e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 768/13.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps,à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Les morceaux de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly qui sont utilisés ici sont datés du 26 août 1917.

Un grand merci à M. Bordes, à R. Mioque, à F. Barbe, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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