27 novembre 2009

La bouffarde de M’sieur Drouot.

                 La_bouffarde_de_M_sieur_Drouot_

Un immense merci à D. Browarski qui nous offre ici la possibilité de  lire un passage du témoignage de Louis Cretin soldat musicien de la C.H.R. du 149e R.I.

Un autre très grand merci à la famille de Jean Archenoul qui me propose d’illustrer ce texte avec une photo de groupe prise le 26 juin 1917 à Ciry-Salsogne venant de sa collection. Toute ma reconnaissance à ces personnes. Une chaleureuse poignée de main à Thierry Cornet sans qui ce qui suit n’aurait jamais été possible.

Verdun…

Le 25 février, nous embarquons à Auxi-le-Château sous une tempête de neige. Nous touchons deux jours de vivres de réserve et le soir à 16 h 00, nous démarrons. Nous traversons Abbeville. Dans la nuit du 26, nous sommes dans la banlieue de Paris. Nous continuons par Verneuil, Coulommiers… On aperçoit tout le long de ce trajet les cimetières des poilus tombés dans la bataille de la Marne en 1914. La Ferté-Gaucher, la Fère-Champenoise… Sommesous et Somme-Py. Le soir, nous débarquons à Saint-Eulien à 8 kilomètres de Saint-Dizier. Trois jours de suite, nous marchons. Mais dès maintenant nous devinons où nous allons. Du 1er au 5 mars, nous demeurons à Seigneulles. Le 5 mars au matin, nous embarquons en camions automobiles. Nous traversons Souilly (siège du G.Q.G.) et à 13 h 00, nous débarquons à Regret tout près de Verdun. La canonnade est terrible. Nous passons à pied par petits paquets près de la citadelle et nous allons nous reformer le long du canal aux abords d’Haudainville. Nous passons la nuit dans des péniches abandonnées, couché sur du minerai de fer. C’était dur !!! Le 6 mars dans l’après-midi nous montons en ligne. Colonel à cheval, musique en tête. Nous longeons le Faubourg Pavé vers 17 h 00, nous atteignons le cabaret de la Cible et touchons à la zone dangereuse. La route que nous suivons est marmitée continuellement. On est obligé de s’arrêter à quelques mètres du barrage d’obus qui tombent sans arrêt. Par paquets de 20 hommes, on attend que la rafale ait éclatée. Nous faisons un bond au pas de gymnastique et l’on se retrouve à plat ventre, trente mètres plus loin, au moment où une nouvelle série d’obus de gros calibre éclatent à nouveau 15 mètres environ derrière nous. C’est ainsi que la montée en ligne s’opère. Au bois des Hospices, la C.H.R. s’arrête pendant que les compagnies continuent dans la direction du fort de Souville, la chapelle Sainte-Fine, le bois de Vaux-Chapitre. Finalement elles prennent position entre l’étang, le village de Vaux et le fort du même nom. Les pertes sont déjà élevées quand les compagnies relèvent l’unité qui occupe ce secteur. La musique, avec la C.H.R. et le bataillon de réserve bivouaque dans le bois des Hospices. C’est effrayant ce qui tombe comme obus, à droite, à gauche, en avant, en arrière, partout ça dégringole sans arrêt.  A tout moment, ils en éclatent dans nos rangs. Sans aucun abri, nous passons la nuit à cet emplacement. A l’aube, on cherche à s’égarer de cette avalanche, avec un camarade, mon meilleur copain, un poilu Vosgien des régions envahies de Saulcy, près de Senones. Je creuse avec lui un trou, quand un gros noir arrive et qui nous enterre sous les débris de la cagna en construction. Je suis  commotionné par l’éclatement. Je descends retrouver nos cuisiniers au cabaret de la Cible, pendant que les autres montent par équipes au poste de secours installé dans le fort de Vaux. Je monte la « croûte » toutes les nuits, et c’est une besogne des plus périlleuses, combien d’arrêts imprévus, de culbutes et d’acrobaties nous faisons chaque fois. Quand nous arrivons à trouver les copains, ce qui reste dans les marmites de campement est souvent immangeable. D’ailleurs on ne se charge que du pain enfilé par boule dans un bâton, les bidons de pinard et la gniole. Pour la nourriture, c’est toujours en salade que nous accommodons les légumes. Les repas chauds sont inconnus dans ce secteur. Heureux, quand après trois heures de marche, dans des conditions impossible à décrire, nous arrivons, saufs, avec moitié de ce que nous avons emporté. Plusieurs fois, nous trouvons bouteillons et bidons troués par des éclats. Au retour, même danger qu’à l’aller…

Le 9 mars des obus atteignent la ferme Bellevue, dans la soirée et mettent le feu au dépôt de grenades et de fusées qui se trouvait à cet endroit. Pendant plusieurs heures, vu d’un peu loin, ce fut un spectacle impressionnant. Des centaines de fusées de toutes sortes et de différentes couleurs firent un vrai feu d’artifice. La corvée de soupe dure jusqu’au 17 mars où le régiment est relevé. Pendant cette période, les Allemands ont attaqué chaque jour les différentes compagnies du régiment. Presque à chaque assaut, ils  sont repoussés avec des pertes énormes. Nos pertes sont grandes également, certaines unités descendent réduites à une vingtaine d’hommes. Et encore, sur ce nombre pas beaucoup sont indemnes. Les habits sont déchiquetés, couverts de sang. Ce sont de vrais fantômes, hébétés, meurtris. Ils n’ont plus souvenir de ce qu’ils ont vu, ont fait, et pourtant ils ont tenu et combattu sans arrêt pendant dix jours et autant de nuits. Ecrasés, asphyxiés, l’enfer de Verdun les a retourner et briser de toutes parts. Les journées les plus dures furent les 8, 9 et 10 mars où, sous un marmitage effroyable nos poilus ne bronchèrent pas et repoussèrent les assauts allemands. Leurs attaques furent brisées par la magnifique résistance des poilus du 1er bataillon dans le village et aux abords du fort de Vaux. Pendant ces trois jours, le village fut pris et repris huit fois de suite, pour finalement rester aux mains des Allemands. Nous tenions quelques maisons et la lisière est. Les Allemands ne purent en sortir. Le régiment descend prendre quelques repos à Dugny et aux environs. Nous recevons des renforts et le 1er avril nous remontons dans le même secteur. Pendant les journées passées à Dugny, presque journellement les avions allemands viennent nous jeter des bombes. Le 30 mars, une torpille tombe au milieu d’un rassemblement sur la route. Plus de cinquante personnes furent tuées par cet engin. Au repos, le spectacle paraissait plus terrible que sur le champ de bataille. Des corps déchiquetés, mêmes des civils, femmes et enfants périrent, victimes de ce bombardement aérien. Le 31 mars nous quittons ce pays et nous venons cantonner aux casernes du quartier d’Anthouard avant de continuer le lendemain sur Vaux.

Cette journée du 1er avril, je suis planton au poste de police. A chaque instant, je vais porter les notes de service dans les différentes compagnies du régiment. C’est sous un marmitage presque aussi serré qu’en ligne que mes déplacements se font. Le 1er avril au soir, le régiment est de nouveau engagé. Le 2, nos équipes montent à Vaux et à Souville. Mais moi, je reste comme agent de liaison à Verdun. Les lignes téléphoniques étant toujours coupées, c’est par coureur que se font et se transmettent les ordres. Je suis désigné pour faire le service du tunnel de Tavannes à la citadelle. Les obus à gaz lacrymogènes tombent sans arrêt dans la vallée et le long de la route, ainsi que sur le chemin de fer. On souffre, on pleure, on crache. C’est pénible la marche dans ces conditions. Le 3 avril dans l’après-midi, je suis surpris dans le quartier d’Anthouard où je venais d’aller porter des ordres, sous un bombardement terrible. Je me refugie au poste de police où une marmite éclate dans le caniveau. La fenêtre vole en éclats. A 200 m de là, sur les bords de la Meuse, un bâtiment occupé par des territoriaux a son escalier broyé par un obus. Le feu prend à l’immeuble et les hommes occupant le premier étage périssent asphyxiés ou brulés. Le bombardement est si violent que le quartier est évacué. Les différents services  occupant ce cantonnement viennent s’installer en dehors de la ville. Au café du « Clair de Lune » et ses environs, où je continue le même service avec la place, la division et la citadelle. J’y reste jusqu’au 9 avril, date où le régiment descend des lignes. Que dire de cette nouvelle période ? Ce fût encore plus terrible si on ose dire et surtout plus meurtrier. Les premiers jours d’avril furent aux dires des rescapés quelque chose d’impossible à raconter. Relevé le 9 nous passons deux jours à Dugny. Le 12 nous partons à pied pour aller embarquer à Lempire. Mais en cours de route, un contre-ordre nous fait revenir sur nos pas. Nous revenons  de nouveau à Dugny et Belleray. Les hommes acceptent sans murmurer. Allons-nous encore remettre çà ? Mais non heureusement ! Dans la soirée, nous partons à Lemmes et Lempire, embarquer en camions-automobiles, et vers minuit, nous arrivons à Bar-le-Duc. Nous descendons et allons cantonner 2 km plus loin, dans un faubourg de Bar-le-Duc appelé la Savonnière.

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                 Sous_chef_Drouot


 

Copie__2__de_sous_chef_de_musiqueIci se place une histoire dont fut « le héros », notre sous-chef de musique. C’était un très fort fumeur. En permanence une énorme bouffarde était suspendue à ses lèvres. Il était connu dans le régiment entier, mais surtout à la compagnie hors rang, à laquelle nous appartenions. Les hommes de train de combat, signaleurs, téléphonistes, éclaireurs montés et train régimentaire étaient très familiers avec lui. C’était un brave homme. Mais bien que n’étant pas de Marseille, il eut enfoncé Tartarin et rendu des points à Marius et Olive. Or, il advint que dans le camion qui nous descendait de Verdun pour aller au repos à la Savonnière, il laissa échapper sa pipe qui tomba sur la route. Impossible de s’arrêter pour la ramasser. Arrivé au cantonnement on le vit le lendemain errer à l’aventure, tout marri et l’air ennuyé. Les premiers qui l’aperçurent  sans son ornement habituel, lui demandèrent le motif de l’absente.

- Ma pipe ? leur dit-il, je l’ai laissée là-haut !!! Oui la dernière fois que je suis allé visiter mes hommes au fort de Vaux, une balle me l’a brisée en deux.

Vous pensez si l’histoire fut vite ébruitée. Peu d’instant après un signaleur, un « pince-sans-rire » lui dit :

- Je ne crois pas qu’une balle vous ai attrapé là, car il n’en sifflait pas beaucoup à cet endroit, ça ne serait pas plutôt un obus ?

- Il est bien probable, reprend-il je n’ai pas pu me rendre compte, il faisait nuit. En effet, je crois me rappeler maintenant. C’était un 77 ou un 88 autrichien. Il en tombait tellement !!

C’est le premier pas qui coûte. Il ne devait pas s’arrêter en si bon chemin. Dans la journée, les hommes qui l’entendirent raconter son aventure, s’aperçurent que le calibre de l’obus avait considérablement augmenté. Le soir, on le retrouva dans un café du cantonnement, une pipe encore plus volumineuse que la précédente, avait repris sa place habituelle. Il avait été en acheter une nouvelle à Bar-le-Duc. Il expliquait avec force gestes à la tenancière ébahie, entouré d’un cercle de poilus qui se tordaient, qu’une batterie allemande de 305 avait pris son briquet comme point de repère et pulvériser sa pipe au moment où il s’apprêtait à l’allumer. A un auditoire plus naïf il eut affirmé sans sourcilier que les 420 allemands furent construits pour lui casser ses pipes.

L’histoire devient populaire dans le régiment. Aussi, chaque fois après une halte, quand on reprenait la marche et que notre « clique » sonnait le refrain du régiment suivi de la « Casquette », les poilus fredonnaient la dernière strophe avec une variante : « As-tu vu la pipe à Monsieur Drouot ?»

 

Merci monsieur Cretin, merci monsieur Drouot pour cette belle anecdote.

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02 juillet 2011

Une bien curieuse nomination !

               Nelly Martyl

Titulaire du diplôme de l’Union des femmes de France, Madame Scott de Plagnolles était l’épouse du peintre Georges Scott. Dès le début du conflit, elle se consacra aux soins des blessés. Avant-guerre, elle était cantatrice à l’Opéra-Comique et chantait sous le nom de Nelly Martyl. En octobre 1916, elle croise le chemin du 149e R.I. qui se trouvait dans le secteur de la Somme, comme en atteste cette nomination dans le grade de sergent honoraire. Nomination signée de la main du lieutenant-colonel Pineau.

 

Aux armées le 11 octobre 1916.

Le lieutenant-colonel commandant le régiment nomme au grade de sergent honoraire au 149e R.I. : Le caporal Nelly Martyl.

 

 Le sergent Martyl sera affecté à la C.H.R. (section de liaison). Cette nomination est motivée par les brillants états de service du sergent Martyl :

«  Sur le front depuis le début de la guerre, fondatrice de plusieurs hôpitaux militaires, le sergent Martyl est allé à plusieurs reprises, sous le feu, chercher des blessés graves, qu’elle a soignés elle-même avec une admirable abnégation.

Malgré les veilles, malgré les fatigues, elle se prodigue chaque jour pour apporter à tous, sous-officiers et soldats, séduits par son charme délicieux, et pour leur faire partager la belle flamme patriotique qui anime son cœur. Se dévouant toute entière à l’œuvre splendide qu’elle s’est imposée, elle a su, par ses accents qui nous prennent, faire vibrer nos âmes à l’unisson de la sienne et exalter encore le superbe moral de nos jeunes héros. « Vive le sergent Martyl ! » Le lieutenant-colonel commandant le 149e Régiment d’infanterie. (Signé) Pineau.

 

Source :

Le portrait de Nelly Martyl a été trouvé sur le site « Gallica» :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9028979t.r=Nelly+Martyl.langFR

 

Un grand merci à M. Bordes et à A. Carrobi.

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10 juillet 2011

Après Verdun, la troupe se lâche...

                 149e_R

De nouveau tous mes remerciements à D. Browarsky et à T. Cornet.

Suite du témoignage de Louis Cretin intitulé « La bouffarde de M’sieur Drouot ».

Pendant les premiers jours de notre repos à  Savonnières, les hommes étaient comme fous. Ce fut la noce après le carnage. Les officiers eurent de la peine à reprendre de l’autorité et à faire régner de nouveau la discipline. Le jour du Vendredi saint, nos cuisiniers mirent de la viande, de la morue et des patates à cuire dans la même marmite. Au moment de servir, cela faisait une bouillie sans nom qui fut impossible à avaler. Le 15 avril 1916 dans la soirée, nous partons à pied et, après trois heures de marche, nous arrivons à la gare de Nançois où nous embarquons. Le 16, à 8 h 00 nous descendons à Châlons-sur-Marne. Nous faisons une vingtaine de kilomètres pour venir cantonner à Somme-Vesle. Du 17 au 28 avril, nous sommes au repos. Nous reprenons l’instrument. Théâtre, cinéma, concerts, jeux divers occupent les hommes. Les compagnies sont renforcées. Nous sommes vaccinés, après quoi, je tombe malade et je vais à l’infirmerie. Le 1er mai, deux bataillons quittent Somme-Vesle. Le 2, je pars avec l’infirmerie régimentaire, sans sac, en raison de mon épaule endolorie. Nous allons cantonner à Lacroix-en-Champagne. Le 3, je rejoins mes camarades. Le 4 nous arrivons à Saint-Jean-sur-Tourbe où l’on trouve un bon cantonnement en dehors du pays. (À suivre…)

 

Sources :

« Souvenirs de Louis Cretin soldat musicien au 149e R.I. »

 

« La bouffarde de M’sieur Drouot » peut se lire sur le lien suivant : 

La_bouffarde_de_M_sieur_Drouot_

 Les photos utilisées pour le montage représentent une compagnie du 149e R.I. Ces photos proviennent de ma collection personnelle. Elles ont été réalisées sur la commune de Poix en Champagne.

 

Un grand merci à M. Bordes, à D. Browarsky, à A. Carobbi, à A Chaupin et à T. Cornet., ainsi qu’à l’association « Collectif Artois 1914-1915 » et aux camarades du « Forum pages 14-18 ».

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08 août 2011

Rencontre avec les troupes russes.

                    Les russes

 

De nouveau tous mes remerciements à D. Browarsky et à T. Cornet. Suite du témoignage de Louis Cretin intitulé « Le camp de Mailly, repos et permission».

  

 De mon séjour passé avec les Russes, je garde de multiples souvenirs. Ces hommes différaient totalement de nous autres français. Toutes leurs sorties et marches se faisaient en chantant une sorte de mélopée plutôt triste. Je veux parler de l’air, car nous ne comprenions pas les paroles !  Pendant une revue, on eût juré voir des statues tant ils étaient immobiles. Les punitions étaient dures et souvent ils recevaient un « passage à tabac » sérieux, sans broncher. Dans le camp ; leur drapeau était toujours sur deux faisceaux, un garde en permanence à côté. Tout homme qui passait devant devait le saluer en criant quelques mots. S’il oubliait de le faire, immédiatement il était empoigné sans ménagement. Au réveil et au coucher, ils étaient rassemblés par compagnie et tête nue, ils faisaient tous ensemble leurs prières. La journée terminée, ils remplissaient les cafés et buvaient jusqu’à l’ivresse. Chaque soir, une voiture passait et ramassait ceux qui ne pouvaient pas rentrer. Ils possédaient tous beaucoup d’argent. Ayant fait un long voyage depuis Archangel, ils n’avaient rien pu dépenser et leurs poches étaient pleines de billets et de coupures des chambres de commerce. Ignorants de la valeur qu’ils représentaient, ils étaient les bienvenus dans la maison de tolérance du camp qui ne désemplissait pas. Les gaillardes qui s’y trouvaient ont du ramasser gros ! Leurs bas servaient de coffres-forts, ils étaient toujours pleins de papiers. Quand ils avaient bu, ils étaient querelleurs, fanatiques, ils l’étaient autant que nos troupes de couleur. Voilà un tableau imparfait de ce que j’ai vu et connu du peuple slave.  Après être rentré dans le secteur qui est occupé par le régiment, je pars en permission de détente. J’amène avec moi un camarade.  Cette permission dure du 6  au 17 juillet. À notre retour, nous retrouvons les compagnies toujours au même endroit. Le régiment est relevé le 25 juillet. Nous partons en camions automobiles, toujours au repos, à Mairy-sur-Marne qui se trouve à dix kilomètres de Châlons. Les répétitions et les concerts reprennent à Sagny-aux-Moulins et à Mairy-sur-Marne. Le 29, il y a une revue de la division faite par le général Gouraud avec remise de décorations. Trois musiciens reçoivent la croix de guerre pour leur brillante conduite à Verdun. Le soir, elles sont arrosées copieusement. Deux de ces hommes seront tués par la suite. Le dimanche 30, il y a un concert et une représentation théâtrale dans le parc du château de Mairy-sur-Marne. Nous demeurons au repos jusqu’au 10 août. Le 11, nous faisons les préparatifs de départ pour la Somme.

 

Sources : « Souvenirs de Louis Cretin soldat musicien au 149e R.I. ». 

 La traduction de la phrase inscrite sur le drapeau russe  « Съ нами Богъ » signifie  « Dieu avec nous ». Les photos des bouteilles de vodka ont été trouvées par « Poutine » qui intervient régulièrement sur le forum Pages 14-18. Une des cartes postales utilisées sur le montage provient de la collection de « Poutine », l’autre de ma collection personnelle. 

Un grand merci à M. Bordes, à D. Browarsky, à A. Carobbi, à A Chaupin et à T. Cornet., à l’association « Collectif Artois 1914-1915 » et, pour « la partie russe » à « Poutine » du forum Pages 14-18. 

 

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06 août 2012

Arrivée dans la Somme...

                 Crevecoeur

Du 2 mai au 23 juillet 1916, le 149e R.I. se trouve dans le secteur de Champagne entre les buttes de Tahure et de Mesnil. Début août 1916, il est à l’entraînement du côté de Châlons-sur-Marne. À la fin de la première décade de ce mois, le régiment se prépare pour partir dans la Somme. Il y restera jusqu’à la fin du mois de décembre 1916.

Samedi 12 août 1916

Les troupes prennent le train dans les gares de Châlons-sur-Marne et de Coolus.

Dimanche 13 août 1916 

                 Gare_de_Crevecoeur_le_Grand

L’E.M. de la brigade arrive à la gare de Crèvecœur-le-Grand en début d’après-midi.                 

Lundi 14 août 1916 

Les corps de la brigade achèvent de débarquer dans la matinée du 14. Le 3e B.C.P. va cantonner à Doméliers et le Crocq, le 10e B.C.P à Hardivillers, et le 149e R.I à Viefvillers et le Saulchoy.

Mardi 15 et mercredi 16 août 1916 

Repos dans les cantonnements.

Jeudi 17 août 1916 

Embarquement à 4 h 45, à la sortie de leurs cantonnements les troupes sont transportées par automobiles et débarquent dans la matinée à Harbonnières. Reconnaissance du secteur de la 102e brigade par les chefs de corps, les commandants de bataillons et les responsables des compagnies. Dans la nuit du 17 au 18, la 85e brigade et le 158e R.I. relèvent la 102e brigade. P.C., cote 90 au sud d’Herleville. Le 149e R.I. relève des éléments de la 101e brigade. Deux bataillons du 149e R.I. relèvent deux bataillons du 327e R.I., le 4e bataillon sous les ordres du commandant Salvage et le 6e bataillon sous les ordres du commandant Dath. Ces deux bataillons sont en 1ère ligne aux lisières est du bois Étoilé, face à Vermandovillers. Le dernier des bataillons du 149e R.I. relève le 6e bataillon du 233e R.I. qui est en soutien à la corne nord-ouest du bois Étoilé. Trois compagnies du 10e B.C.P. relèvent à Herleville, en réserve de brigade, un bataillon du 233e R.I.. Deux compagnies du 10e B.C.P. et le 3e B.C.P. sont en réserve de division. Ils cantonnent également à Herleville.

Vendredi 18 et samedi 19  août 1916 

Les journées sont calmes.

Dimanche 20 août 1916 :

Encore une journée calme. Dans la nuit du 20 au 21 août, le 264e R.I. relève des éléments de la 85e brigade qui sont au bois Étoilé. 

Lundi 21 août 1916  

                 Harbonni_res_bois__toil_          

                                    Legende_carte_Harbonnieres__bois_etoile       

Les 3 bataillons du 149e R.I. vont cantonner à Harbonnières avec le 3e B.C.P.. Le 10e B.C.P. est maintenu, 3 compagnies à Herleville, 2 compagnies à Framerville.

Mardi 22 août 1916 

La 85e brigade vient occuper un secteur de nouvelle formation entre la 86e brigade à droite et la 26e brigade à gauche.

Un bataillon du 149e R.I. et le 3e B.C.P. relèvent 2 bataillons du 109e R.I.. Le 10e B.C.P. reste à Herleville et Framerville, en réserve de brigade. Deux bataillons du 149e R.I. cantonnent à Guillaucourt, ainsi que les T.C. et T.R. du corps. Le commandant du 3e B.C.P., prend le commandement du secteur.   

              Guillaucourt                                         

Le P.C. de la division est aux carrières Saint-Martin, dans le ravin de la Baraquette. La  limite du secteur est la suivante : À droite, boyau Wahl, tranchée de liaison, sape 11 prolongée, corne nord-ouest du bois Trink, route ouest de Soyécourt. À gauche, boyau C6b, boyau du Palatinat, intersection du boyau nord-sud reliant le boyau Braum sud  à la route Amiens-Péronne., route Soyécourt-Fay à la division de gauche. Ce secteur est à organiser et à transformer en secteur d’attaque. 

                 La_Baraquette

Mercredi 23 août 1916

Les troupes d’organisation aidées par les compagnies du génie 21/2 et les 3 pelotons de pionniers des corps travaillent à la construction d’abris pour les troupes de 1ère ligne, de soutien et de 2e ligne. Elles améliorent les communications entre les anciennes premières lignes françaises et allemandes, en particulier le prolongement de la sape 11 vers le bois Trink. La journée est calme.

Jeudi 24 août 1916

La journée est calme

Vendredi 25 août 1916 

Dans la nuit du 24 au 25 août, le 3e B.C.P. et le 149e R.I. occupent la tranchée Neumann laissée vide par l’ennemi et la rejoignent aux lignes françaises.

Samedi 26 août 1916 

La journée est calme, le 3e B.C.P. occupe la corne ouest du bois de Soyécourt.

Dimanche 27 août 1916 

La journée est calme. Dans la nuit du 26 au 27 août, le 10e B.C.P. relève le 3e B.C.P.. 

Lundi 28 août 1916 

Commencement des tirs de destruction en vue de l’attaque du jour J. Réaction d’artillerie allemande dans l’après-midi, en particulier sur la 1ère ligne et sur Foucaucourt.

Dimanche 29 août 1916 

L’artillerie française poursuit son tir de destruction qui débute à 10 h 00. Ce tir est gêné par un violent orange en fin de journée. L’artillerie allemande réagit moyennement dans la première partie de l’après-midi. Elle augmente l’intensité de son tir dans la deuxième partie de l’après-midi.

Lundi 30 août 1916

Les échanges d’artilleries continuent. La pluie et le vent viennent contrarier les tirs de préparation.

Mardi 31 août 1916

Des éléments de la 61e D.I. attaquent les lisières nord du bois de Soyécourt.

Mercredi 1er septembre 1916

Continuation des tirs de préparation.

Références bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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14 août 2012

L'A.L.G.P. à Harbonnières.

                   Harbonni_res

Ces trois photographies se trouvaient dans une petite boite en bois appartenant à la famille du capitaine Gabriel Gérard. Simplement légendées « A.L.G.P. Harbonnières septembre 1916 » au dos de l’image, elles ont certainement été réalisées dans les tout premiers jours de l’arrivée du régiment dans la région picarde.

Les pièces d’artillerie qui figurent sur ces clichés sont évoquées dans le livre de Francis Barbe « Et le temps à nous est compté ». Albert Marquand écrit dans une de ses lettres rédigée le 20 août 1916 à sa mère, ceci : « Enfin, nous voici à H…. Il y a un trafic considérable, genre Verdun, mais encore plus grand. Il y a tous les régiments. Je viens de visiter une batterie (4 pièces) de 320 (obus de 400kg). C’est monté sur rail. C’est formidable comme structure. »

La description faite par Albert Marquand dans le courrier qu’il adresse à sa mère correspond à la réalité, les obus les plus répandus en 1916 pèsent 392 kg et 506 kg.

Il s’agit bien de pièces de 32 cm modèle 1870-84 sur affût à glissement Schneider. Elles appartenaient au 1er groupe de 32 cm qui se trouvait en position sur les épis d’Harbonnières (figurant dans les documents des positions A.L.G.P. comme position n° 14). Les épis d’Harbonnières ont été construits suivant le plan des épis en tenaille, constitué de 4 épis de tir à cercle concentrique.

Ces épis de tir sont des tronçons de voies ferrées disposés « en épi » de forme circulaire sur lesquels sera effectué le tir des pièces de l’A.L.V.F.. Ils ont des formes régulières et ils sont en arc de cercle étant donné que le tir s’effectue suivant la tangente à la courbe. Cette forme circulaire donne la capacité de tirer dans tous les azimuts.

Un groupe de 32 cm en 1916 compte 4 pièces qui sont articulées en 2 batteries nommées « A » et « B » ayant chacune 2 pièces.

Durant la bataille de la Somme, le groupe est le plus souvent concentré sur une même position de tir avec une pièce sur chacun des 4 épis. Le tir s’effectue par salves de 4 coups.

Référence bibliographique :

« Et le temps à nous est compté ». Lettres de guerre (1914-1919) d’Albert Marquand. Présenté par Francis Barbe, avec une postface du général André Bach. Éditions C’est-à-dire. 2011.

Un très grand merci à M. Bordes, à F. Barbe pour son autorisation de reproduire ici le passage d’une des lettres d’Albert Marquand publiée dans son livre et à Guy François qui  intervient régulièrement sur le forum « pages 14-18 » et qui a bien voulu m’apporter son aide pour la partie technique concernant les pièces de 32 cm.

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21 août 2012

Préparatifs d'attaque.

                   Carte_journee_du_3_septembre_1916

                                        Legende_carte_journee_du_3_septembre_1916

Jeudi 2 septembre 1916

Les tirs de préparations continuent toute la journée. Depuis quelque temps, des patrouilles sont envoyées en reconnaissance régulièrement dans la nuit en avant des premières lignes françaises. Elles font savoir que l’ennemi semble évacuer ses tranchées au cours du bombardement de la journée. Il revient s’installer la nuit, s’y réorganise, et entreprend, sous la protection de nombreux tirailleurs et grenadiers, les travaux de réfection. Le travail de destruction et de bouleversement de l’artillerie française, si dur à mener à bien,se voit en partie annihilé. Une nouvelle tranchée a remplacé le lendemain au jour celle qui avait été constatée détruite la veille au soir. Il faut tout faire pour interdire aux Allemands ce travail de réfection auquel ils ne renoncentpas, malgré le danger.

L’infanterie doit se montrer active et faire un large emploi de son fusil. Elle doit,si elle est à bonne distance,utiliser les grenades. Le fantassin doit être aux aguets et, au moindre bruit, lancer des salves de mousqueterie et de mitrailleuses. 

Vendredi 3 septembre 1916

                  Soyecourt_le_chemin_creux__1_

Dans la nuit du 2  au 3, le 3e B.C.P. relève 2 compagnies et 1 compagnie de mitrailleuses du 10e B.C.P. en première ligne. Il remplace également par 3 compagnies et 1 compagnie de mitrailleuses les 2 compagnies  et la compagnie de mitrailleuses du 10e B.C.P. qui sont en réserve dans les anciennes tranchées françaises. La limite entre les deux secteurs de chasseurs est formée par la ligne : chemin nord-sud rejoignant la route Amiens-Péronne, du carrefour des cinq chemins et le chemin allant du carrefour précité à l’intersection des tranchées Krenz et des mitrailleuses, cette ligne est au 3e B.C.P.. Le P.C. du commandant du 3e B.C.P. se trouve dans la tranchée du Seigneur. Le  P.C. du commandant du 10e B.C.P. est dans la tranchée du Chariot. Le 10e B.C.P. s’organise de la manière suivante : 1 compagnie en 1ère ligne, une autre compagnie en soutien dans le boyau Braum sud.  

                                        Soyecourt_le_chemin_creux__2_

L’attaque doit être menée conjointement par le 3e B.C.P. qui se trouve au centre,  par 2 bataillons du 149e R.I. qui sont à sa droite et par le 10e B.C.P qui est a sa gauche. Ces unités doivent s’emparer du village de Soyécourt, des organisations ennemies qui se trouvent à l’est du village et de celles qui se trouvent entre Soyécourt et Ablaincourt. Le village d’Ablaincourt doit être pris également. 

 Que ce passe-t-il pour le 149e R.I. ? 

Les 1er et 3e bataillons du régiment qui, sous les ordres de leur lieutenant-colonel Gothié,doivent prendre part à cette attaque. Ils sont accompagnés par une demi-section de la compagnie 21/2 du génie. 

Dispositif préparatoire : 4 compagnies du 149e R.I. sous les ordres d’un des commandants de bataillon doivent fournir quatre vagues d’attaque de deux demi-compagnies chacune. La 2e vague est accompagnée par une section de mitrailleuses. Les 3e et 4e vagues seront fortement composées de mitrailleuses.

Une fraction constituée sera prélevée sur l’effectif de chaque vague d’attaque et aura comme mission le nettoyage des tranchées. Les équipes des 1ère et 2e vagues marcheront derrière la 2e vague, les équipes des 3e et 4e vagues derrière les vagues auxquelles elles appartiennent.

Le lieutenant-colonel commandant le 149e R.I. doit répartir les missions de nettoyage entre les quatre équipes, pour tout le terrain compris entre la parallèle de départ et le 1er objectif à atteindre. Deux compagnies sous les ordres d’un commandant de bataillon, stationnées dans la tranchée du seigneur et l’ancienne tranchée de 1ère ligne allemande seront à la disposition du lieutenant-colonel du régiment. 

 Objectifs successifs à atteindre pour le régiment :             

                   Les_1er_et_2e_objectifs_du_4_septembre_1916

                                       Legende_carte_objectifs_du_4_septembre_1916

 1er objectif : Le village de Soyécourt, le château, de manière à atteindre le front jalonné par la Batterie 3402 (incluse), la Batterie 3403, la Batterie 3504 (au 149e R.I.). 

2e objectif : Front compris entre la maison au nord de 658 incluse et l’intersection du boyau du Valet avec le chemin Bois Ritter - Déniécourt (cette intersection au 3e B.C.P.). 

3e objectif : Front compris entre la Batterie 4291 incluse, le tronçon nord-sud du boyau du chêne à 150 m au nord-est de 4291 inclus et s’étendant jusqu’à la limite nord du 149e R.I. en s’alignant sur la maison au sud de Déniécourt. 

4e objectif : Front compris entre le carrefour (exclu) à l’est de la Batterie 4487 et le point 95. 

5e objectif : Lisière est du village d’Ablaincourt entre la Batterie 5080 (exclue) et la voie ferrée double d’Ablaincourt-Gomiécourt (incluse). 

Le P.C. du colonel commandant le 149e R.I. se trouve dans l’ancienne tranchée de 1ère ligne allemande, vers le point 608 (P.C. actuel du quartier de Soyécourt). 

Le 2e bataillon du régiment est en réserve de brigade avec des éléments du 10e B.C.P et du Génie. Cette réserve de brigade se trouve sous les ordres du chef de bataillon du 149e R.I.. Le 10e B.C.P. compose le 1er échelon, le 149e R.I. et le Génie le 2e échelon. Chaque compagnie de la réserve de brigade comporte une section de travailleurs et une section de ravitailleurs en grenades. 

Le 2e bataillon du 149e R.I. stationne avant le départ de l’attaque dans la tranchée de Liaison, dans la tranchée de Redan, dans le boyau de la Sapinière, dans la tranchée du Château et dans la tranchée de Jonction. Les sections du génie sont entre le boyau Kléber et le boyau Brière de l’Isle. Le 2e échelon de la réserve de brigade  a pour mission de suivre la progression des corps d’attaque. Il doit occuper solidement les différentes lignes à chaque arrêt et se tenir prêt à renforcer partiellement ou en totalité les unités d’attaque momentanément arrêtées. C’est lui qui, en cas de contre-attaque à la mission, de repousser l’ennemi. 

Références bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées. 

Un grand merci à M. Bordes, à B. Étévé, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

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03 septembre 2012

4 septembre 1916, il faut prendre le village de Soyécourt.

                   Photo_aerienne_Soyecourt

Voici une vue aérienne prise par l’aviation française dans le secteur de Soyécourt. Le pilote et son photographe ont survolé les ruines de ce village picard le 31 août 1916, c’est-à-dire quelques jours avant l’attaque du 4 septembre menée par les régiments et les bataillons de chasseurs à pied de la 43e D.I..

Cette photographie provient de la collection personnelle de Sébastien Robit. Je le remercie très chaleureusement de son autorisation pour la publier sur le blog du 149e R.I..

                   Secteur_du_149e_R

 Les deux rues principales du village sont distinctement visibles (couleur jaune) sur cette photographie.

Une de ces rues mène directement sur l’ancien château de Soyécourt dont les ruines ne figurent pas sur ce cliché. Quelques maisons, certes bien détériorées sont encore debout et semble défier les bombardements importants qui ont lieu dans le secteur depuis plusieurs jours. Cette zone nous montre le point de départ de l’offensive du 149e R.I.. 

Que se passe-t-il sur le terrain ? 

Les troupes d’attaque et de réserve sont définitivement en place le jour J à 4 h 00. Les dernières reconnaissances sont achevées depuis la veille au soir. Les chefs d’unités sont munis de croquis au 1/5000e donnant le figuratif du terrain de l’attaque avec les indications bien reconnues des points de direction. 

Les hommes sont sans sacs avec la toile de tente et la couverture roulée en sautoir autour du corps. Ils emportent deux jours de vivres de réserve, les outils portatifs sont accrochés aux ceintures. Les fusiliers emmènent 200 cartouches et 2 grenades. Les grenadiers partent avec 8 grenades. Les travailleurs et les pionniers se chargent de l’outil de parc, de 5 sacs à terre, d’un réseau brun.

Les fanions sont emportés. Ils doivent servir à jalonner les lignes les plus avancées qui seront atteintes. 

Le réglage des montres a été vérifié la veille et le jour J à plusieurs reprises et en tout cas 3 heures au moins avant l’heure du déclenchement de l’offensive. 

À l’heure H, l’attaque débute sur toute la ligne. Il n’y a pas de signal, pas de sonnerie, pas de fusées. Les vagues se succèdent sans interruption pour donner à l’attaque toute la soudaineté et toute la violence nécessaire.

Les différentes vagues formées préalablement en avant du parapet se portent à l’assaut.

La 2e vague est à environ 50 m derrière la 1ère. La 3e vague remplace immédiatement la 2e dans la 2e parallèle, puis marchant à 150 m derrière elle,  la 4e vague 150 m environ derrière la 3e vague. 

Au même moment, les compagnies de soutien doivent se porter dans la tranchée de départ. Elles sont sous les ordres des chefs de corps. Ces compagnies suivent immédiatement et au plus près les vagues d’assauts. Elles occupent et organisent le terrain conquis  tout en se tenant prêtes à exploiter tout fléchissement local de l’ennemi. 

La 1ère vague est sous la protection des tirs de barrage d’artillerie qui la précède à 200 m en avant. Lorsque les troupes d’attaque auront gagné le 1er objectif, elles devront pousser des reconnaissances sur le 2e objectif en vue de vérifier l’état des destructions. 

Les 1er et 3e bataillons du 149e R.I. sont chargés de prendre le village de Soyécourt ainsi que le terrain qui se trouve au sud-est de cette localité. Le lieutenant-colonel Gothié dispose de deux bataillons de son régiment pour mener l’attaque. À 14 h 00, les compagnies du régiment franchissent le parapet. Elles enlèvent les ¾  du village fortifié que les Allemands occupaient encore, ainsi que les crêtes qui s’étendent sur 2 km au sud-est de cette localité. Elles font plus de 200 prisonniers, plusieurs officiers sont capturés. Les bataillons s’emparent d’un nombre important de mitrailleuses.  Malheureusement, les corps voisins n’obtiennent pas les mêmes résultats. Le parc de Déniécourt au nord-est, le village de Vermandovillers au sud restent entre les mains de l’ennemi qui a puissamment fortifié ces deux localités. Les 3e et 10e B.C.P. qui se trouvent au nord-est n’ont pas pu dépasser la route Soyécourt-Déniécourt. Le 31e B.C.P. et le 158e R.I. n’ont pu atteindre leurs premiers objectifs. Livrés à leurs propres forces, les 2 bataillons d’attaque du 149e R.I. se retrouvent en flèche. Ils  doivent s’organiser sur le terrain conquis sous le feu croisé d’infanterie, d’artillerie et de mitrailleuses et  résister pendant toute la nuit suivante à de furieuses contre-attaques plusieurs fois renouvelées. 

En fin de journée la situation est la suivante : 

Pour les bataillons de chasseurs : 

Des éléments du 31e B.C.P. occupent le boyau du Valet et une section de mitrailleuses de ce B.C.P. se trouve vers le moulin détruit. 

Deux compagnies du 3e B.C.P. sont dans le boyau du Dauphin avec des mitrailleuses, une compagnie se trouve dans le Strassenweg – Soyécourt et deux autres autour de 616. 

La situation du 10e B.C.P. reste assez confuse, ses unités sont mélangées. Toutefois, le 10e B.C.P. occupe 606e, la tranchée des mitrailleuses et la tranchée 3510 – 3809.

 Pour le 149e R.I. :     

                   Positions_des_compagnies_du_149e_R     

                                       Legende_carte_du_3_septembre_1916

 La 9e compagnie et une section de mitrailleuses  de la 3e C.M. ont pris pied dans le 2e objectif, elles sont en avant de la ferme sans nom.

La 11e compagnie et une section de mitrailleuses de la 1ère C.M. s’établissent entre 3896 et 651.

Plus au nord, la 10e compagnie s’étend jusqu’au boyau du Dauphin. Elle est appuyée par deux sections de mitrailleuses de la 1ère C.M..

Les 1ère et 2e compagnies qui sont renforcées par 4 sections de mitrailleuses, s’étendent entre le boyau du Dauphin et le Château. La 3e compagnie se trouve entre 3403 et 651a.

En fin de soirée le 3e B.C.P. et le 149e R.I. doivent organiser solidement la position conquise. La compagnie de soutien organise une 2e ligne à 150, 200 m de la 1ère.

Le 10e B.C.P. reconstitue ses unités et construit une ligne de défense qui passe par 606e, le boyau Kreutz, par 3310, 846, 3809 pour se relier à la gauche du 3e B.C.P.. Une compagnie de soutien organise une tranchée de 606e à 3414. Une compagnie de la réserve de brigade organise la lisière est du bois de Soyécourt. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Certaines informations proviennent d’un rapport du lieutenant-colonel Gothié provenant de la collection privée de la famille. 

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à B. Étévé, à D. Gothié, V. le Calvez, à M. Porcher, à S. et D. Robit et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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18 septembre 2012

Une image spectaculaire.

                  Image_1 

Le travail qui suit a été entièrement réalisé par Arnaud Carobbi. La photographie aérienne provient de la collection personnelle de Sébastien Robit. Je les remercie très chaleureusement tous les deux. 

Une image spectaculaire.

Dans le choix du mot « spectaculaire », il y a l'idée d'être devant une image « qui frappe la vue, l'imagination par son caractère remarquable, les émotions, les réflexions suscitées ». Cette définition du site du Trésor de a Langue Française Informatisé [1] est parfaitement adaptée à cette photographie aérienne. 

Les images prises au cours d'un assaut sont rares. Elles sont aussi souvent sujettes à caution : reconstitution ? Légendes truquées ? Légende contradictoire d'un ouvrage à un autre. Finalement, les clichés réellement pris au cours d'une attaque et authentifiés sont rarissimes.

Le cliché en question a été pris par un avion dans le secteur de Soyécourt dans la Somme, le 4 septembre 1916, jour d'attaque. On y voit des soldats français avancer dans des tranchées, des boyaux et le no man's land. Cliché rare, à la fois en raison de son mode de prise de vue et parce que daté et surtout avec la précision de l'heure. Cela permet d'en savoir beaucoup plus et de montrer à quel point le mot « spectaculaire » est adapté, sans pour autant être exceptionnel. On va pouvoir déterminer dans quel contexte cette vue oblique a été prise et répondre à la question : s'agit-il d'hommes du 149e R.I. ? 

Se repérer :

Les lieux visibles sur une photographie aérienne ne sont pas toujours faciles à identifier. Heureusement, des annotations étaient systématiques présentes et nous sont d'une grande aide :

                   Petit_texte

 « Tranchée des Gémeaux, Soyécourt » nous permet de trouver le secteur....

                   Image_2   

 … de nommer les tranchées visibles et de voir leur forme caractéristique ainsi que celle des boyaux de communications allemands...

                   Image_3

 … et de repérer l'espace sur une autre vue aérienne, ce qui facilitera la comparaison d'un même lieu à quelques jours d'intervalle. Tranchées des Gémeaux le 31 août 1916[2].

                    Image_4

 Un secteur dans les combats de la bataille de la Somme :

Le 4 septembre 1916, commence une nouvelle phase d'attaques françaises dans ce secteur qui est à l'extrême sud de la zone où se déroule la bataille de la Somme depuis le 1er juillet. Voici le secteur avant le 21 juillet 1916...

                   Image_5

 et la zone de la tranchée des Gémeaux.  

                    Image_A

Le 21 juillet, le front a progressé vers Soyécourt. La tranchée des Gémeaux avant cette attaque n'était qu'une ligne arrière. Elle se retrouve en première ligne et doublée. De ce fait, son nom devient alors cohérent : les Gémeaux Castor et Pollux de la mythologie grecque sont le symbole de gémellité (à noter qu'on trouve aussi une tranchée de Jupiter non loin au sud)[3].

Les régiments de la 43e D.I. relèvent la 51e D.I. le 19 août afin de lancer une nouvelle attaque le 4 septembre.

                     Image_7

 Chaque unité de la 43e D.I. (149e R.I., 3e et 10e B.C.P. pour la 85e Brigade ; 158e R.I., 1er et 31e B.C.P. pour la 86e Brigade) s'est vue attribuer un secteur et un couloir de progression avec les objectifs à atteindre. 

Ces couloirs de progression ont une importance capitale pour identifier l'unité dont les hommes ont pris le contrôle de la tranchée des Gémeaux.

Il ne s'agit pas du 149e R.I. mais du 31e B.C.P. À 14 h 00, les hommes sortent des tranchées françaises qui sont à la limite gauche de la photographie aérienne, mais invisibles. Le bombardement préparatoire commencé le 28 août a fait son effet : la comparaison du nombre de cratères visibles entre le cliché pris le 31 août et celui du 4 septembre est éloquent et permet de se faire une idée concrète de ce qu'était le résultat d'un tel tir. Plusieurs obus sont visiblement tombés sur les tranchées allemandes, donnant des éboulements significatifs. 

                   Image_8

Les tranchées sont conquises les unes après les autres, rapidement (le J.M.O. de la 43e D.I. indique que l'avancée a été au maximum de 1700 mètres en 35 minutes !). Les chasseurs s'enfoncent dans le dispositif allemand tout comme les hommes des unités voisines. À 15h04, le 149e RI signale que Soyécourt est pris, mais dès 14 h 14 le 31e B.C.P. avait atteint les dernières maisons de Soyécourt. La résistance ne se durcira que plus loin. 

Les hommes visibles ne sont pas ceux de la première vague, sortie à 14 h 00, dans la mesure où la photographie a été prise vers 16 h 00. Ces hommes sont dans la partie du front pris dans les premières minutes de l'attaque. S'agit-il de chasseurs du 31e B.C.P., de soldats du 149e R.I. voisin, de soldats du génie ? Il ne s'agit pas en tout cas des chasseurs du 1er B.C.P., réserve de division : la moitié ne prendra place dans les tranchées de départ que vers 18 h 30 et l'autre moitié restera à Herleville.

Le JMO de la 86e Brigade qui a en charge ce secteur indique :

« À 15 h 30, le colonel commandant la brigade donne à son bataillon de réserve de brigade l'ordre suivant... ». Ce bataillon de réserve appartient au 158e R.I. et doit se mettre en relation avec le commandant du 31e BCP. Il est donc fort probable que ces hommes soient une partie des renforts pour le 31e B.C.P., donc des hommes du 2e bataillon du 158e R.I..

Mais les choses ne sont pas si simples. On voit nettement deux groupes et l'un d'entre eux est clairement dans le secteur attribué au 149e RI, dans les 50 mètres longeant la rue ouest de Soyécourt mentionnés par le J.M.O. de la 85e brigade. Il pourrait très bien s'agir donc d'hommes du 158e R.I. en bas de l'image et d'hommes du 149e R.I. le long du village. Hélas, il n'y a pas de sources assez précises pour confirmer cette hypothèse pour les hommes du 149e R.I..

 Proposition d'interprétation de la photographie :

                   Image_9

 Du fait au ressenti :

En l'absence d'identification absolue de l'unité, reste l'identification (dans le sens d'immersion) que peut ressentir l'observateur d'aujourd'hui. Comme il a déjà été dit, il n'est pas courant de pouvoir observer ainsi des hommes un jour d'assaut, fussent-ils de la 3e vague ou de renfort. En observant, on met des images plus précises sur les récits d'assaut que l'on a pu lire sur le secteur, ou sur la période en général. Un village qui n'est pas rasé puisqu'on y voit encore des bâtiments, les haies, les chemins et routes. La guerre n'a pas tout pulvérisé comme certains villages de la Meuse. La préparation d'artillerie a tout de même détruit des bâtiments qui, quelques jours auparavant, avaient encore leurs toits et ne sont plus reconnaissables désormais que par les encadrements de portes et de fenêtres.

                    Image_10

 De même, le no man's land n'est pas qu'une série continue de cratères comme certains secteurs de Verdun. Certes, il est bouleversé, mais les tranchées ne sont pas totalement rasées. 

Ces hommes viennent des premières lignes françaises et se dirigent vers la zone des combats située à plus d'un kilomètre. On remarque qu'ils sont en général par groupes d'une quinzaine d'hommes environ. Hélas, ils ne représentent que quelques pixels et restent des formes fantomatiques difficiles à dénombrer.

                    Image_11

Les hommes sont groupés et suivent des parcours identiques, sans passer par le no man's land le plus souvent. C'est notable dans le groupe qui longe les maisons de Soyécourt en haut de la photographie.

                   Image_12

 Comment faut-il interpréter les quelques isolés visibles ? Les victimes des combats ? Et ces volutes de fumées marquent-elles l'emplacement d'obus qui viennent de tomber ? Si c'est le cas, ils sont arrivés à proximité des groupes d'hommes. Ou alors s'agit-il des fumées de feux allumés une heure plus tôt lors des combats ? 

Et après 16 h 00 ?

Il faut également imaginer qu'en regardant cet instantané, on voit des hommes avancer vers la zone où ils subiront les bombardements allemands et des contre-attaques violentes. Les pertes subies seront sensibles dans la nuit du 4 au 5 septembre 1916.

Et pour la tranchée des Gémeaux ? Si elle apparaît encore dans une carte du 1er décembre 1916, elle est en pointillés : elle n'est plus utilisée et se comble peu à peu.

                      Image_13

 Après guerre, le village fut reconstruit, les traces effacées pour rendre les terres à leur fonction première : l'agriculture.

Sur une photographie aérienne de 1947, on ne perçoit plus rien à part dans le bois Trink voisin. Mais ce dernier n'a pas survécu au remembrement et aux nécessités de mettre en culture plus de terres. Il a été rasé après les années 1960, ainsi que les traces qu'il conservait encore.

                    Image_14

                                             Source : Géoportail, mission id 2408-0041, 31 août 1947.

                         Image_15

                                                                 Source : Géoportail 2012.

 En réalité, il en reste encore les stigmates lorsque les conditions météorologiques sont favorables, et le souvenir, dans cette série d'articles sur ces combats. 

Sources :

- JMO de la 43e DI, 26N344/5.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_344_005/viewer.html

- JMO de la 85e Brigade, 26N520/12.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_520_012/viewer.html

- JMO de la 86e Brigade, 26N520/14.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_520_014/viewer.html

- JMO du 158e régiment d'infanterie, 26N700/13.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_700_013/viewer.html

- JMO du 1er BCP, 26N/815/2.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_815_002/viewer.html

- JMO du 31e BCP, 26N826/27.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_826_027/viewer.html

- JMO des 4e(très peu complet), 5e batteries du 62e RAC, 26N1017/22.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_1017_022/viewer.html 

Remerciements :

Alors qu'habituellement c'est lui qui remercie dans ses articles, à mon tour de le faire ! Un grand merci à Denis pour m'avoir laissé l’opportunité de travailler sur cette photographie. Merci à Sébastien Robit de lui avoir laissé la possibilité de publier des travaux à partir de clichés qu'il possède. (A. Carobbi)


[1]     http://atilf.atilf.fr/

[2]     Voir la remise dans son contexte de cette photographie sur le blog du 149e R..

[3]     http://fr.wikipedia.org/wiki/Castor_et_Pollux

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02 octobre 2012

5 septembre 1916.

                   Carte_journee_du_5_septembre_1916

                                       Legende_carte_du_5_septembre_1916                         

Malgré l’avancée spectaculaire sur une partie du secteur d’attaque, la progression doit continuer. Une seconde attaque va avoir lieu dans l’après-midi. La ligne de front de la brigade se stabilise autour du second objectif qui n’a pas été atteint partout. 

La nuit du 4 au 5 septembre reste relativement calme jusqu’à 1 heure du matin. À ce moment là, un violent bombardement allemand par 77, 105 et 150 se déclenche sur la lisière sud du bois de Soyécourt, sur la tranchée du Chariot et sur le calvaire.

L’ordre d’opération pour la journée du 5 septembre est donné.  À la suite de l’opération de la veille, la 85e brigade occupe en fin de journée le front général qui est délimité par la corne sud-ouest du bois de Soyécourt, la tranchée allant du boyau Kreuz à 3809 Chiffre_1 (sur la route Soyécourt-Estrées), ligne des batteries 3605 Chiffre_2-3504 Chiffre_3 -3403 Chiffre_4 (boyau du Dauphin), le chemin 3403 Chiffre_4-651 Chiffre_5, la maison au nord de 658.

À sa droite, la 86e  brigade a atteint le boyau du Prunier. À sa gauche, la 61e D.I. se relie vers 3414 avec le 10e B.C.P..

Pendant que la 86e brigade organise solidement le terrain conquis (2e objectif), la 85e brigade attaquera à l’heure H. Elle devra atteindre complètement la partie du 2e objectif qui lui a été assignée (3896 Chiffre_9-batterie 4200 Chiffre_8-616c Chiffre_7-90 Chiffre_11). Elle devra progresser le long de la lisière sud-ouest du parc de Deniécourt jusqu’à 90 Chiffre_11. Son attaque sera préparée par l’artillerie. 

                   Ruines_de_l_eglise_de_Soyecourt

Composition des troupes qui participent à l’attaque :

Les 1er et 3e bataillons du 149e R.I.

Le 3e B.C.P.

Le 10e B.C.P.

Deux sections de la compagnie de génie 21/2 

Réserve de  brigade :

Le 2e bataillon du 149e R.I.

Deux sections de la compagnie de génie 21/2                          

L’heure de l’attaque est fixée à 15 h 00. Le lieutenant-colonel Gothié qui était parti faire une reconnaissance à 7 h 30 dans le secteur avec son officier adjoint n’est toujours pas rentré à 12 h 00. Le commandant Schack qui commande jusqu’à ce moment là la réserve de brigade est obligé de prendre de manière provisoire la tête du régiment. Il donne les ordres d’attaque. Cette dernière est gênée par des feux de mitrailleuses et d’artillerie qui proviennent de 4403 Chiffre_10 (au nord du bois Vasset) et de ses environs. À la fin de la journée, elle aboutit à la situation suivante : Le 149e R.I. a pu progresser à droite de la ferme sans Nom dans l’ancien ouvrage 3801. Le 3e B.C.P., après avoir établi sa base de départ dans le boyau du Dauphin par une attaque préparatoire (V.B. et grenadiers) vers 14 h 00, a atteint, lors de l’attaque définitive, une ligne passant au sud du bois Siegfried à 150 m du chemin du bois Déniécourt. Le 10e B.C.P. a pris la tranchée Siegfried et la lisière sud-ouest du parc de Déniécourt jusqu’à 616t Chiffre_6, il se relie au 219e R.I. au point 3514. La réserve de la brigade réduite à 1 compagnie occupe le village de Soyécourt à l’est et au nord-est. 

Sources bibliographiques :

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

Historique du 149e  Régiment d’Infanterie. Épinal. Imprimerie Klein, 1919.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Certaines informations proviennent d’un rapport du lieutenant-colonel Gothié provenant de la collection privée de la famille. 

Un grand merci à M. Bordes, à B. Étévé, à A. Carobbi, à D. Gothié, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes. 

Posté par amphitrite33 à 09:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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