11 mars 2010

La bistouille.

               La_bistouille

 (De nouveau un très grand merci à D. Browarsky pour son autorisation de reproduire ici de larges extraits du témoignage de Louis Cretin).

"1 h 00, dans le courant du mois de février 1915, nous cantonnions à la fosse 10, sur la commune de Sains-en-Gohelle. 15 hommes, la moitié de la musique (j’étais du nombre), logeaient au coron, habitation n° 69, occupée par un ménage de mineurs. Le mari travaillait à la fosse 10 toute proche de là. C’était de braves gens, mais le maître du logis aimait un peu trop la « bistouille », un mélange d’eau de vie de genièvre avec du café. Il parait que chaque fois qu’il touchait sa quinzaine, il rentrait à la maison complètement ivre. Habituellement, cette « noce » n’avait pas de lendemain. Sa femme profitait du sommeil de son homme pour visiter ses poches et prendre tout l’argent qui s’y trouvait. Les vivres coupées, le bonhomme était sérieux et « jeûnait » forcement jusqu’à la prochaine paye. Pour satisfaire davantage sa passion pour l’alcool, une idée peu banale, je dirais même qu'une ruse diabolique germa dans son esprit. A la quinzaine du mois de février, il rentra à la maison sans aucun mal, mais toute la soirée, il s’ingénia à nous trouver isolement et à chacun de nous faisait accepter une petite somme d’argent (3 ou 4 francs) en nous disant qu’il nous la demanderait quand il en aurait besoin pour acheter son tabac…  Bien entendu, nous confiait-il, il ne faut pas le dire à ma femme. Il savait être si persuasif que pour un peu nous l’eussions plaint  d’avoir un pareil tyran. Le lendemain, commença une « bombe » fantastique. La perquisition habituelle dans ses poches fut stérile et pour cause… Le lendemain, nouvelle « soulographie » accompagnée d’un chambard insupportable une partie de la nuit. Cela se continua tant qu’il y eut des banquiers. Aucun paquet de tabac ne fut acheté, mais il avala un nombre incalculable de « bistouille ». A cette époque et dans ce pays, cette consommation se payait 0,25 franc. La dernière mise de fonds venait d’être récupérée par lui la veille quand le 3 mars au matin on quitta ce cantonnement pour monter aux tranchées. Je suis persuadé que jamais son épouse n’a compris comment son mari, étant sans argent, avait pu trouver le moyen, sans lui faire de dettes, pendant une quinzaine de jours de se payer une cuite chaque soir…"

 

Un grand merci à D. Browarsky et à T. Cornet.

 

Référence bibliographique : « Souvenirs de Louis Cretin »

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18 mars 2010

N'oubliez pas de fleurir nos tombes.

                 Groupe_149e_R

                                

                                   Tableau des tués pour la journée du 3 mars 1915

                    Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 3 mars 1915 

 La partie d’échecs entre la vie et la mort est très serrée. L’offensive allemande  du 3 mars 1915 est particulièrement virulente pour le 149e R.I..

 Pour en suivre le déroulement lisons le capitaine J. Joubert...

« Le 1er mars, dans un compte rendu au général Maistre, le général Lombard commandant la 43e D.I., résumait ainsi la situation : « L’impression se dégageant des deux dernières journées est que les Allemands se renforcent. Leur activité augmente. Dans le secteur de Lorette en particulier, des mouvements d’infanterie ont été vus. Quelques Allemands ont même tenté de sortir des tranchées. Les bombardements nombreux et intenses montrent l’intention bien arrêtée des Allemands de bouleverser nos tranchées. Si la situation se prolonge, il est possible que les Allemands prennent l’initiative de l’attaque. » 
 

Cette situation se prolonge. Le 2 mars, obus et torpilles écrasent nos travaux… Le bombardement s’étend presque jusqu’à Noulette, sur les bois 4 et 5 où se trouve le 1er bataillon du 149e R.I….

… Le 3 mars, à 6 h 00, la colline tremble toute entière. Du bois 5 à l’éperon des Arabes, de sourdes explosions projettent d’énormes blocs de boue, des pierres, des fils de fer… Des mines… Sur le sol qui frémit, les hommes vacillent.

De larges entonnoirs s’ouvrent, anéantissent les réseaux, bouleversant les ouvrages au sud de la sape VII, entre la parallèle et la tranchée de première ligne, et entre les sapes VIII et IX. Ailleurs, les parois des boyaux s’inclinent l’une vers l’autre lentement et se rejoignent, isolant les escouades et les sentinelles… Les explosions des mines à peine terminées, brusquement les Allemands sortent de leurs tranchées et avancent sur deux lignes. Immédiatement la défense ouvre le feu.

A 8 h 00, les Allemands, qui dans la partie nord du plateau et au centre ont pu pénétrer par endroit jusqu’à 600 m à l’intérieur de nos lignes, tiennent le  boyau de la haie et le boyau 6 qu’ils prolongent à la lisière du bois, le Grand Boyau et la majeure partie du boyau 7 le long de la haie. Au nord, ils ont repoussé, jusqu’aux lisières sud des bois 5 et 7, les 1er et 3e bataillons du 149e R.I..

Pendant que se déroulent ces évènements, les réserves sont alertées… Le 2e bataillon du 149e R.I. est massé dans le bois de Bouvigny avec les 1er et 3e B.C.P..

Vers 13 h 00, le général commandant la 43e D.I. ayant reçu tous ces renforts donna l’ordre de monter une forte attaque pour reprendre le terrain perdu. Du sud au nord, de la Sape X au bois 8, il y a les 1er, 3e, 10e, 31e B.C.P. et le 2e bataillon du 149e R.I.. L’artillerie doit appuyer l’action… Suite à de nombreuses difficultés, l’assaut n’est donné qu’à 16 h 00. La synchronisation artillerie/infanterie pose problème. A peine sorties, les unités sont décimées par un feu violent d’infanterie et des rafales d’obus, et ne peuvent progresser au-delà d’une centaine de mètres… La nuit pluvieuse et froide tombe sur cet échec. Le terrain est organisé, il y a de la boue jusqu’aux genoux, les liaisons sont rétablies. La fatigue est au rendez-vous et les hommes sont trempés de pluie jusqu’à la peau… » 
 

Du côté des Allemands.  

 

Extraits du Reichsarchiv n° 17 « Loretto ». 

  

                           Carte_du_149e_R

 

 

                                    Legende_carte_du_3_mars_1915

  

 

« Le 3 mars 1915, attaque allemande préparée de longue date. Seize mines allemandes creusées jusque sous les tranchées françaises explosent en même temps à 7 h 00 (heure allemande). Notre-Dame-de-Lorette ainsi que toute la hauteur  semble sauter en l’air… Le front allemand avait une largeur de 1 km 500 et s’étendait de la route Souchez-Aix-Noulette jusqu’au chemin de barricades au sud-ouest de la chapelle. L’attaque était dirigée par le commandant de la 28e D.I., général de brigade Von Trotta et comprenait le 142e I.R. à droite et le 40e régiment de fusiliers au centre et à gauche le 111e I.R. (plus 4 bataillons de génie)… Le but de l’attaque était de déloger les Français du versant de Notre-Dame-de-Lorette ; pour cela, il fallait pénétrer au moins de 200 m dans les lignes françaises…

 

Voici maintenant un  rapport du 149e R.I. qui se trouve dans le J.M.O. de la 85e brigade (Réf : 26 N 520/10).


 Vers 6 h 00, malgré le service d’écoute établi depuis les explosions de la veille par la compagnie 21/1 du génie, de nouvelles explosions de fourneaux de mines allemands se produisent sur tout le front du sous-secteur de Noulette ainsi que sur celui de Notre-Dame-de-Lorette, transformant les tranchées de 1ère ligne en un véritable volcan. Tout fut bouleversé, les hommes et le matériel furent ensevelis et les survivants en grande partie blessés par les éclats de l’explosion. Seule la compagnie de gauche près du bois des boches était indemne. D’une violente attaque d’infanterie surgissentaussitôt des têtes de sapes allemandes en face du front des 2 sous-secteurs et les entonnoirs tombèrent en leur pouvoir en même temps qu’une violente canonnade éclatait de toutes parts formant barrage entre les premières et les deuxièmes lignes. La résistance fut organisée aussitôt par les officiers survivants des 2 compagnies atteintes (2e et 3e). Les capitaines Petitjean et  Sous-lieutenant Darracq, avaient disparu, écrasés probablement dans leur poste de commandement, les sous-lieutenants Husson de la 2e compagnie, Antonelli, de la 3e compagnie, établissent des barrages dans la 1ère ligne, le sous-lieutenant Charlois de la 4e compagnie, de garde aux abris G, occupe la parallèle pour arrêter le flot des Allemands qui descendait le long des haies talus 2 et 3. Le dernier peloton de la 4e compagnie accourtpar le boyau de la haie G pour reprendre la partie de la 1ère ligne occupée par les Allemands. Les autres troupes du secteur (bataillon de 2e ligne, commandant Laure) furent alertées et occupèrent aussitôt leurs emplacements de combat. Mais vers 7 h 30, les chasseurs ayant lâché pied, à notre droite, la défense fut débordée de ce côté et nos tranchées, complètement enfilées par les mitrailleuses allemandes mises en batterie dans la tranchée de 1ère ligne des chasseurs. Le capitaine Altairac, les sous-lieutenants Charlois et Husson sont blessés et les derniers défenseurs, obligés d’évacuer la tranche de 1ère ligne et la parallèle en arrière. Les renforts qui arrivent par le boyau central bois 6, bois 7 – haie G sont à leur tour complètement enfilés par les mitrailleuses allemandes qui se sont glissées entre la lisière E du bois de Bouvigny et la haie G, profitant de ce que les chasseurs aient évacué ce terrain. Les boyaux sont bientôt encombrés de blessés et de cadavres et tout renforcement de ce côté est devenu impossible.

La défense du sous-secteur est alors concentrée sur le front, bois des Boches, bois 6 – bois 7 et la liaison est recherchée de nouveau avec les chasseurs par l’arrière. La compagnie de mitrailleuses qui avait eu une section (celle de l’ouvrage en bonnet de prêtre) complètement enterrée, reçoit l’ordre d’installer les 3 sections qui lui restent, une à la lisière Sud Est du bois 6, l’autre au bois 7, la 3e à la lisière Sud Est du parc de Noulette. Les travaux de défense commencèrent aussitôt sur ce front.

Vers 10 h 30, le bataillon de réserve du 149e R.I. (2e bataillon du  commandant Magagnosc) ayant été remis à la disposition du commandant du sous-secteur, à la corne Nord-Ouest du bois de Noulette, reçut l’ordre de gagner du terrain à l’abri de la lisière Nord du bois de Bouvigny (bois 8) et d’exécuter une contre-attaque à travers les bois sur les Allemands qui venaient de déborder la défense de la 1ère ligne. La liaison se trouvait ainsi rétablie avec le bataillon de chasseurs. En même temps, le concours de l’artillerie était demandé au commandant Formet pour arroser les parties occupées et préparer cette contre-attaque qui devait se déclencher vers 12 h 45. Ayant reçu, vers 12 h 30, l’avis qu’une contre-attaque générale devait être exécutée dans l’après-midi par la 43e D.I. toute entière, le colonel commandant le 149e R.I. prescrivit par téléphone au commandant Magagnosc, de retarder son débouché, jusqu’à ce que la contre-attaque générale fût ordonnée. Dans l’intervalle, arrive l’ordre d’opération n° 77 du général commandant la 43e D.I., suivi des ordres d’exécution de la brigade. Les prescriptions données sont les suivantes : Le 149e R.I. (2e et 3e bataillons en 1ère ligne, 1er bataillon en 2e ligne), prescriptions qui concoururent à  l’attaque générale. 2e bataillon à droite, de la lisière Nord du bois de Bouvigny (bois 8) à la haie G, en liaison avec les chasseurs. Le 3e bataillon à gauche, de la haie G au bois des Boches, en liaison avec le 158e R.I.. Le 1er bataillon gardant tout d’abord la lisière des bois 6 et 7 contre tout retour offensif de l’ennemi. L’effort principal devra se produire par la droite (lisière Nord du bois de Bouvigny). Un tir systématique d’artillerie lourde et d’artillerie de campagne devait précéder l’attaque qui ne serait déclenchée qu’à 15 h 45. Cette préparation d’artillerie eut malheureusement son tir trop long d’environ 100 m et la 1ère ligne ennemie où se trouvaient réparties les sections de mitrailleuses, sortit indemne de la canonnade. Cela, malgré la demande pressante et réitérée des chefs de bataillons de 1ère ligne pour faire raccourcir le tir. A 15 h 45, lorsque les 1ères fractions des bataillons sortirent de leurs abris, elles furent accueillies aussitôt par une fusillade très vive, partant des tranchées adverses et par un feu convergent de plusieurs sections de mitrailleuses. En quelques minutes, ces compagnies perdent un quart de leur effectif et sont obligées de stopper. De nouvelles tentatives de marche en avant sont faites à 2 reprises différentes, tant au bataillon de droite qu’au bataillon de gauche. Elles n’ont pas plus de succès. Le bataillon de droite ayant un terrain absolument découvert à franchir, le bataillon de gauche débouchant du boyau inachevé entre bois et haie talus 3. A 17 h 00, les compagnies d’attaque ayant perdu la moitié de leur effectif et les chasseurs ne semblant faire aucun progrès à notre droite, le colonel commandant le 149e R.I. donne l’ordre d’enrayer le mouvement, jusqu’à ce que les Allemands fussent refoulés de ce côté. Vers 18 H 00, le commandant du groupe de chasseurs fit connaître d’ailleurs au colonel du 149e R.I. que ses bataillons n’avaient pu progresser et qu’il reprendrait sa contre-attaque à la nuit tombante. Vers 19 h 00, l’ordre de stationnement de la 43e D.I. prescrivait aux troupes de se retrancher fortement dans leurs positions en prenant toutes les précautions nécessaires pour intervenir en cas d’attaque de l’ennemi.

Une section du génie (Compagnie 21/1) fut mise à la disposition de chaque bataillon en 1ère ligne pour aider aux travaux.

En fin de journée, la situation du 149e R.I. était la suivante :

2e bataillon à droite en liaison avec les chasseurs de la 86e brigade. (2 compagnies en 1ère ligne se reliant avec le 1er bataillon vers le bois 7, 2 compagnies en seconde ligne à Marqueffles).

1er bataillon au centre de la haie G au bois 6 exclu, bois 7. (2 compagnies en 1ère ligne, 2 en soutien aux abris du bois 7). Le 3e bataillon est à gauche tenant la lisière Sud Ouest du bois 6 et 5 et se reliant au 158e R.I. au bois des Boches. (2 compagnies en 1ère ligne  et 2 compagnies en soutien aux abris du bois 6). Réserve, 1 compagnie du 158e R.I. aux abris du bois 6.

Des travaux sont exécutés toute la nuit avec le concours d’un peloton de génie (Compagnie 21/1), pour renforcer les portions. Construction des tranchées de 1ère ligne, création de traverses dans le boyau. La tranchée de la haie G au bois 6 est complètement enfilée par les mitrailleuses ennemies… La nuit est assez calme, fusillade peu intense sur le front, pas de canonnade. Dans le boyau de la haie G, un barrage avec un petit poste est établi vers le milieu du côté allemand et du côté français.

Tous mes remerciements à Alain Chaupin, Thierry Cornet, Michel Porcher et Yann Thomas ainsi qu’aux associations  « Bretagne 14-18 » et « Collectif Artois 1914-1915 » et au Service Historique de Vincennes.

Une chaleureuse poignée de main à Vincent Le Calvez pour la réalisation de la carte.


Références bibliographiques :

« Journal des marches et opérations de la 85e brigade ». S.H.A.T.. Réf : 26 N 520/10.

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette ». Capitaine J. Joubert, aux éditions Payot- 1939.

« Loretto » Reichsarchiv n°17, aux éditions Didenburg  I.D. / Berlin 1927.

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08 avril 2010

Deux bien étranges recrues à la C.H.R. du 149e R.I..

                Deux_filles_au_149e_R

 

(Une nouvelle fois tous mes remerciements à D. Browarsky pour son autorisation de reproduire sur ce blog un nouvel extrait du témoignage de Louis Cretin).

 

Voici une petite anecdote assez cocasse qui se situe vers le 6-7 août 1915 à la fosse 10. Elle vient nous rappeler qu’il y avait aussi des moments bien plaisants dans une période chaotique…

« À la fin du mois de juillet et au début du mois d’août, le régiment venait de passer 15 jours en repos à Barlin, un gros village du bassin minier de Bruay, à une dizaine de kilomètres des premières lignes. Dans ce pays, il y avait beaucoup de jeunes filles fort jolies et très provocantes, de plus très amoureuses. Deux des nôtres, un parisien et un jurassien d’Oyonnax avaient fait la conquête de deux superbes brunettes. Ils étaient en pleine lune de miel, si j’ose m’exprimer ainsi quand le 8 août au soir, nous arrivent l’ordre de remonter en secteur. Les attaques étant suspendues, la musique devait aller cantonner à la fosse 10. À 5 ou 6 kilomètres de Barlin, désolés de perdre leurs dulcinées, nos deux « chéris » les décident à venir nous accompagner. La chose était faisable. Nous devions partir vers 22 h 30 par temps couvert et sans lune. Il faisait une nuit noire à souhait, de plus ce jour-là, nous avions justement touché des effets d’habillement. Au moment du départ, nos nouvelles recrues se faufilent dans nos rangs, vêtues d’une capote et coiffées d’un képi. Des bandes molletières, un bidon et une musette complétaient la ressemblance avec nous. Notre sous-chef (M. Drouot) ne s’aperçut pas de ce supplément d’effectif… Nous voilà partis. Nous arrivons à la fosse 10 vers minuit. Il pleuvait, c’était presque impossible pour nos cantinières de retourner à Barlin. Elles pouvaient se faire ramasser par les « pandores » ou des patrouilles. Il ne leur restait qu’une solution, devoir partager  notre cantonnement en attendant le jour. Nous prenons possession de notre cantonnement et l’on se couche. Presque tout de suite commença des assauts passionnés dont le communiqué officiel n’a jamais fait mention. Un arbitre bénévole et tout à fait impartial se révéla en la personne de notre « Zonard » rengagé un autre parisien et à l’insu des intéressés, il comptait et marquait les « touches ». Jusqu’à l’aube, les charges durèrent. Finalement, nos deux champions, fatigués et probablement à court de munitions, s’endormirent, prisonniers dans les bras de leurs conquêtes. Le silence se fit… Mais voici, ou l’histoire se corse… Vers 7 h 00, notre sous-chef vient rendre visite à notre cantonnement, ainsi qu’il en avait l’habitude, afin de juger de notre installation. Tout le monde dormait… ou faisait semblant. Sur le seuil, il resta cloué sur place. Le spectacle et la surprise lui enlevèrent tout d’abord l’usage de la parole. Sa pipe s’échappa de ses lèvres. Puis, il fit quelques pas en se frottant les yeux, il vint frictionner les dormeuses d’un vigoureux coup de pied dans la partie la plus charnue de leur individu. Congestionné, il hurla par trois fois en allant en crescendo. Bande de vaches ! (C’était son juron favori). Salauds ! Cochons… C’est pis qu’un bordel ici… C’en est du propre ! Voulez-vous bien me foutre le camp tout de suite, bougre de garces. Ce qu’elles firent de suite, avec rapidité du reste… S’adressant ensuite aux deux coupables, il les menaça de punitions terribles. Biribi, conseil de guerre… Vous n’y coupez pas. Je vais vous porter le motif. Tirant un crayon et un calepin de sa poche, il se mit en devoir de faire son rapport. Mais cela ne devait pas être facile à rédiger, car son crayon demeurait inerte. Alors, l’arbitre s’approche et lui dit « Monsieur Drouot, voici le résultat du match : Cinq  « rigodons » à D… contre 4 à H…, le pantruchard dit « Pine d’acier ». Nos éclats de rire apaisèrent puis finalement calmèrent son courroux. Il répéta encore 2 ou 3 fois en « décrescendo », «  bande de vaches ». Il leur dit «  Ça va pour cette fois, mais n’y revenez plus ! (Il en était ainsi à chaque fois qu’il voulait punir quelqu’un. C’était toujours remis à la prochaine fois). Si vous recommencez une autre fois, je vous la fous en bas avec mon sabre ! Satisfait de son énergie et certain d’avoir fait consciencieusement tout son devoir, il sortit prendre l’air pendant que nos rires redoublaient. L’affaire ne fut pas ébruitée et n’eut pas d’autre suite pour nous. J’ignore s’il en fut de même des deux « Barlinoises ». J’espère qu’à présent elles sont devenues de braves et honnêtes mères de famille. »

 

Un grand merci à D. Browarsky et à T. Cornet.

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16 avril 2010

3 mars 1915.

                  Explosion_de_mine

Le matin du 3 mars 1915, à 6 h 00, de violentes explosions de mines se produisaient sur la région de T3, ainsi que sur la parallèle située en face de la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette. Elles sont suivies aussitôt d’une violente canonnade. Canonnade dirigée sur les tranchées des sous-secteurs de Noulette et de Lorette ainsi que sur les villages de Bouvigny et d’Aix-Noulette. Une attaque d’infanterie très virulente suivait immédiatement sur tout le front. Elle était accompagnée d’un tir de barrage d’artillerie entre Noulette et les tranchées de premières lignes qui étaient tenues par le 1er bataillon du 149e R.I., entre le bois des Boches et l’extrémité nord de la parallèle. Les mines allemandes avaient enseveli en partie nos unités de 1ère ligne, notamment la compagnie du centre du 149e R.I.. Par les brèches ainsi pratiquées, l’attaque allemande débordait rapidement les défenseurs de notre première ligne.

Vers 8 h 50, le 149e R.I. faisait savoir qu’il avait perdu ses tranchées dans la région de T1, T2 et T3…

…À 15 h 45, après une préparation d’artillerie, l’infanterie française passe à la contre-attaque. Elle se trouve aussitôt sous les feux très puissants d’infanterie et de mitrailleuses ennemies qui ralentissent sa progression. À la suite de cette attaque, les unités engagées avaient avancé de quelques mètres.

Carte_3_mars_1915__1_Vers 18 h 00, le 2e bataillon du 149e R.I. se trouve  en liaison avec les chasseurs, sa gauche est au pied de la haie talus G. Il ne peut pas progresser davantage, car il est soumis aux tirs d’enfilade des mitrailleuses allemandes. Le 3e bataillon n’a pas pu déboucher des bois 5 et 6 dont il est sorti pour progresser d’une petite vingtaine de mètres. Il est arrêté lui aussi par les feux des mitrailleuses ennemies. À 18 h 30, le 3e bataillon subit un nouvel échec dans un deuxième essai de contre-attaque. Il est arrêté par le feu nourri des mitrailleuses ennemies situées au pied des haies talus 1 et 3. Les pertes sont importantes. Les boyaux sont encombrés de tués et de blessés… Vers 19 h 00, toutes les dispositions sont prises pour que les 1er et 3e bataillons puissent organiser une ligne de feu aux lisières sud-est des bois 5, 6 et 7. Le 2e bataillon est relié à sa droite avec les chasseurs et à sa gauche avec les 1er et 3e  bataillons du 149e R.I.. 

 

Extraits du livre « Lorette, une bataille de douze mois octobre 1914 » d’Henri René.

« … Le 3 mars à sept heures, après une nuit de silence succédant à une véritable débauche de gros projectiles et de torpilles sur toutes nos tranchées de plateau, nous sommes réveillés par une rafale d’explosions retentissantes. Le sol en est ébranlé sur plusieurs kilomètres. Le vacarme se poursuit, assourdissant, pendant une demi-heure. Vers 8 h 00 commencent à arriver à la Forestière des chasseurs affolés, les yeux hagards, quelques-uns ayant conservé leurs armes et équipement, la plupart nu-tête et désarmés, les premiers sains et saufs, les suivants plus ou moins blessés… Grosse émotion dans tout le camp, les officiers vont et viennent, inquiets, mais calmes. À l’est du bois, la fusillade crépite. Nous sommes là quelques vieux guerriers, habitués à ces premiers affolements au Carte_3_mars_1915__2_début d’une affaire un peu chaude. Dès l’abord, ceux qui arrivent à l’arrière sont sujets à caution : ou bien ce sont «les faibles» qui n’ont pas résisté à une lourde émotion et qui dans la mêlée ont échappé à l’action de leurs chefs ; ou bien ceux qui se sont trouvés là où «ça brûle» et qui sont projetés en l’air par une explosion de mine ou de marmite, bousculés, retournés, dépossédés de leurs sens par la violence des événements, puis automatiquement entraînés dans le courant des faibles. Il faut n’avoir jamais été au feu pour nier, dans tous les combats, surtout ceux où l’on est attaqué, l’existence de ces «décalages» individuels, ou pour s’en indigner outre mesure. L’art du commandement consiste justement à ne pas se laisser émouvoir, à réparer au plus vite les brèches de la digue et à remettre en bonne voie les courants divergents qui auraient pu se former. Il doit y avoir quelque chose de sérieux.

Les renseignements deviennent précis à 9 h 00. Les Allemands ont prononcé une très grosse attaque, dont le signal semble avoir été le déclenchement instantané de toutes les bouches à feu, canon ou minenwerfer, disponibles devant notre front. Il est probable que des explosions de mines s’y sont ajoutées. L’effet a été terrifiant, à n’en pas douter. Parmi ce tintamarre, l’infanterie s’est précipitée en masse sur nos tranchées, où elle a pris pied avant que la plupart de nos chasseurs aient eu le temps de sauter sur leurs fusils ou leurs mitrailleuses.

Le flot le plus important, débouchant des organisations avoisinant la Chapelle, s’est précipité vers la partie sud de «la haie», prenant ainsi à revers toutes nos tranchées ou boyaux de la partie nord, en échelon très avancé par rapport à la première. Il est a craindre qu’il y ait eu un sérieux «coup de filet», vers la corne est de ce que nous appelons maintenant « le bois 8 », allongé en languette sur le rebord nord du plateau, et à l’extrémité du «boyau Laprade» : les Allemands, si l’on en croit certains renseignements, occuperaient actuellement le «boyau VI» et le «boyau VII», c’est-à-dire une position très en deçà de la précédente.  Un détachement de sapeurs est envoyé sur les lieux pour aider l’infanterie à se rétablir. Carte_3_mars_1915__3_Toute la traversée des bois est pénible et dangereuse, car l’artillerie ennemie les arrose avec de la « lourde » pour empêcher nos réserves de s’y rassembler et de s’y mouvoir. Nous arrivons à  « la baraque » et «au chemin creux de Noulette», nous sommes stupéfaits de nous trouver en toute première ligne. Nous sommes en plein tumulte de commandements saccadés et émus. Des groupes hétérogènes de chasseurs aux numéros divers se rassemblent autour des gradés et exécutent une fusillade nourrie. Il y a de nombreux blessés gémissants et suppliants qui voudraient bien trouver «la sortie» du boyau, mais que le brouhaha immobilise parmi les combattants. On nous dit que, quelques minutes auparavant, un groupe d’Allemands particulièrement audacieux s’est avancé jusqu’au «P.C. du chemin creux de Noulette», heureusement bien vite repoussé par nos patrouilleurs. La situation est sérieuse. Il est bien exact que l’ennemi tient le bois 8, une grande partie du boyau Laprade, les boyaux VI et VII, et toute la partie nord de «la haie». Mais, circonstance favorable pour la préparation de nos contre-attaques, nous tenons encore tout le «boyau de crête», au rebord sud du plateau. On raconte qu’un capitaine du régiment de réserve voisin s’est placé avec quelques hommes en tête de ce boyau, vers le sud de «la haie», arrêtant de ce côté les tentatives ennemies, les faisant dévier vers le boyau Laprade et restant ainsi, sur leur flanc, une menace redoutable…

Les chasseurs se sont accrochés au sol, à hauteur de la baraque et du chemin creux, pour se rétablir d’abord et arrêter la trombe. Ils ont rameuté, puis massé leurs compagnies se préparant à la contre-attaque, dans ces bois du «chemin creux», dont le couvert protecteur n’est plus qu’illusoire en cette saison et où les obus ennemis leur ont causé pendant deux jours les pertes les plus lourdes. D’un premier élan, s’appuyant à droite sur le régiment de réserve, ils ont repris pied dans le boyau VII et «ramassé» dans le boyau Laprade une centaine d’allemands qui s’y croyant déjà en sécurité, creusaient des niches dans la craie. Ensuite, l’artillerie leur fait une belle ouverture ! Nos «75» ont exécuté, chose que nous n’avions jamais entendue, un feu roulant, à pleine vitesse, pendant près d’une heure. Les «lourds» les ont appuyés et scandés de leurs obus. Le déluge de fer et de fonte s’est abattu sur les tranchées échelonnées du boyau VI jusqu’à «la haie». Les Allemands ont «trinqué ferme», car ils n’avaient pas encore eu le temps de s’y creuser des abris…

… La contre-attaque a pu réoccuper « la haie» et la plus grande partie du bois 8, a l’exclusion de sa corne est… »

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Un très grand merci à M. Bordes, V. Le Calvez, à M. Porcher, au Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

 

Référence bibliographique : « Lorette une bataille de douze mois » d’Henri René. Editions Perrin et Cie. 1929.

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29 mai 2010

29 mai 1915... 29 mai 2010. Il y a tout juste 95 ans.

                  Carte_29_mai_1915


                                       Legende_carte_29_mai_1915

 

Encore une bien terrible journée pour le 149e R.I…. 
 

La veille au soir, un ordre divisionnaire est donné au 149e R.I.. Le régiment participera à l’attaque générale de la 43e D.I. sur le bois carré et la croupe Sud du fond de Buval. Il attaquera sur le front h2 n2 avec deux bataillons. Chaque bataillon aura 2 compagnies en 1ère ligne. Elles seront suivies de deux vagues successives d’une compagnie. Une section de mitrailleuses avec la première vague et une section du génie avec la seconde. Le 1er bataillon à droite, sur le front n2 T1 est en liaison avec le 109e R.I.. Le 2e à gauche, se trouve sur le front T1 h2 en liaison avec le bataillon marocain et le 158e R.I.. Le 3e bataillon restera chargé de l’occupation du secteur et sera rendu à 2 h 00 sur les lieux suivants : L’E.M. et 2 compagnies aux abris du bois 6. Une compagnie à la haie G. Une compagnie au bois 5. Le signal de l’attaque doit être donné par 3 fusées blanches tirées de la sape T3 à 10 secondes d’intervalle. Des mouvements de troupes allemandes sont signalés toute la nuit ce qui entraîne une canonnade et une fusillade constantes. 

 

                                       Tableau des tués pour la journée du 29 mai 1915 

 

 

                   Graphique_Officiers 

 

 

                      Tableau des blessés et des disparus pour la  journée du 29 mai 1915 


 

               Tableau des sépultures dans le Pas-de-Calais pour la journée du 29 mai 1915

 

 

Groupe_149e_RÀ 2 h 00, toutes les troupes sont en place. À 2 h 30, les trois fusées sont lancées. C’est le signal, l’attaque d’infanterie se déclenche sur toute la ligne. Aussitôt, les Allemands ouvrent un feu d’infanterie et de mitrailleuses très nourri et très violent. L’artillerie ennemie se réveille. L’effet de surprise escomptée n’est pas au rendez-vous. La progression française est arrêtée presque immédiatement au centre, de n1 à T2 en raison des pertes. À ce moment, la 7e compagnie qui se trouve à gauche parvient à la tranchée T3 h2, en raison de l’obscurité. Elle reçoit des coups de feu du 158e R.I. et ne peut s’emparer que d’un élément d’une soixantaine de mètres à partir de T3 sans pouvoir déloger l’ennemi qui est à h2. Celui-ci résiste en lançant des bombes et des grenades à profusion… Les pertes sont lourdes. La 5e compagnie poursuit au-delà de T3 vers le Fond de Buval. Après avoir fait un gain de terrain d’une petite cinquantaine de mètres, elle établit un nouveau barrage en maintenant le terrain conquis. À droite, l’attaque progresse d’environ 100 m. À n2, les soldats s’accrochent au terrain. Vers n1, ils sont bloqués par un feu puissant de l’infanterie et des mitrailleuses allemandes…À l’aube, la partie de tranchée de T3 vers h2 est organisée et reliée à l’arrière, un boyau est creusé, pour réunir la ligne n1, n2 aux éléments de la tranchée que construisent les hommes de la 1ère ligne en utilisant les trous d’obus… La situation reste la même toute la journée. Les Allemands tiennent toujours h2 et h1. Le reste de la journée est consacré à l’organisation du terrain conquis.

 

Livre_d_or_du_clerge_et_des_congregations_1914_1922Une petite notice et une citation concernant Jean Baud ont été trouvées dans l’ouvrage « La preuve du sang : Livre d’or du clergé et des congrégations  (1914-1922) » aux Éditions Paris - Bonne presse. 1925.Jean Baud est  né le 26 décembre 1884 à Morzine dans le département de la Haute-Savoie. Il revient d’Angleterre pour servir au 97e R.I.dans le service auxiliaire en novembre 1914. Il arrive au front en février 1915 au 149e R.I.. Il a pris part aux actions suivantes : 1915 : Artois, Notre-Dame-de-Lorette, Aix-Noulette. Son corps a été identifié le 17 décembre 1915. Il repose dans le Cimetière National Mixte sur la commune d’Aix-Noulette.Citation à l’ordre de l’armée : 22 juin 1915. (J.O. du 15 août 1915).« Au cours du combat de nuit du 29 mai 1915, isolé avec quelques camarades sous un feu violent de mitrailleuses, les a exhortés à continuer le feu. Frappé à mort d’une balle à la tête, a été retrouvé dans la position du tireur couché, l’arme encore épaulée. »Il obtient  également la Médaille Militaire à titre posthume.

 

Je remercie Stéphan Agosto, Arnaud Carobbi, Alain Chaupin, Thierry Cornet, Vincent le Calvez, Michel Porcher, le Service Historique de l’Armée de Terre de Vincennes,  l’association « Collectif Artois 1914-1915 » et la Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Lille. 

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16 février 2011

4 mars 1915.

                 Section_de_mitrailleuses

 

Il faut contre-attaquer pour reprendre les tranchées perdues. Un ordre général d’opérations du 21e C.A. est prescrit à la 43e D.I. qui est renforcée de 4 compagnies venant du 20e B.C.P. et du bataillon Dumoulin du 295e R.I.. Les positions occupées par le 149e R.I. sont sensiblement identiques à celles de la veille au soir.

 

 

                                      Tableau des tués pour la journée du 4 mars 1915

 

                                   Tableau des blessés pour la journée du 4 mars 1915

 

 

 

Le régiment engage ses trois bataillons accolés dans le secteur. Sa gauche (3e bataillon), appuyée au bois des Boches, tient les lisières des bois 5 et 6. Le 1er bataillon au centre, tient depuis le bois 6 et occupe la lisière sud du bois 7, il a sa droite à la haie-talus G, où une section se maintient depuis le 3 mars, dans les abris creusés dans ce talus. Deux mitrailleuses sont placées au bois 6 et trois au bois 7. Au sud-ouest du bois 7, reliant le 1er bataillon du 149e R.I. au 31e B.C.P. au bois 8, le 2e bataillon du 149e R.I. est échelonné en profondeur. Les  5e et 6e compagnies sont en première ligne. La 8e compagnie est en renfort. La 7e compagnie se trouve sur la ligne de repli qui est organisée entre le bois de Noulette et le bois de Bouvigny.

Pendant la nuit, des travaux ont pu être exécutés sur tout le front de la première ligne.

L’artillerie française exécute, sur tout le front et en arrière du front, un tir lent et continu. Ceci, dans le but de gêner tout mouvement des réserves ennemies et pour perturber leurs travaux.

En début d’après-midi, un bombardement extrêmement violent de la part de l’artillerie allemande se produit sur le bois 8 et sur le plateau. Il précède les préparatifs de l’artillerie française pour l’attaque des chasseurs. Vers 16 h 00 l’attaque des chasseurs de la 86e brigade tente en vain de déboucher. L’artillerie allemande l’arrête. Vers 17 h 30, une nouvelle attaque des chasseurs des 3e et 31e B.C.P. se réalise. Vers 17 h 45, un bombardement allemand virulent se déclenche et l’artillerie française riposte violemment.

Dans la soirée, les chasseurs progressent sur  la ligne d’attaque. Le 31e B.C.P. est signalé comme ayant atteint l’ancienne tranchée de 1ère ligne. Le 10e B.C.P. progresse plus lentement. Les 2 autres bataillons de la 86e brigade éprouvent quant à eux, une vive résistance devant la partie sud du boyau 7. À la gauche de la 86e brigade, des unités du 149e R.I. dépassent le talus G, et progressent dans les boyaux. Toutes les précautions sont prises aux Arabes et sur le plateau de Lorette pour arrêter les éventuelles attaques allemandes qui pourraient se produire dans la nuit.

La nuit du 4 au 5 mai fut assez calme, avec quelques fusillades intermittentes sur tout le front. L’artillerie allemande reste silencieuse. De temps en temps, il y a quelques coups de canon provenant de l’artillerie française, sur les points de la 1ère ligne ennemie qui ont été repérés le jour.

Les reconnaissances envoyées par le 149e R.I. ont trouvé la parallèle du bas des haies occupée. Dans ces conditions, étant donné l’arrêt de l’offensive des chasseurs, il n’a pas été possible de pousser plus loin dans le boyau de la haie G.

Le 1er bataillon est retiré du front. Deux de ses compagnies vont passer la nuit à la Fosse 10. Les deux autres avec l’E.M. vont à Aix-Noulette. Ces dernières seront ramenées au matin du 5, aux abris du bois 6. Les 2e et 3e bataillons sont maintenus en 1ère ligne pour reprendre l’offensive au matin, dès que le mouvement des chasseurs le permettra. La liaison est établie par le 2e bataillon avec les chasseurs à hauteur des abris du génie et avec le 3e bataillon du 149e R.I., à hauteur du bois 7. La première ligne a été améliorée pendant la nuit.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, à Y. Thomas, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

 Référence bibliographique :« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Editions Payot. 

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02 mars 2011

5 mars 1915.

                    5_mars_1915

La 43e D.I. a reconquis hier soir une partie du terrain qu’elle avait perdu, en infligeant  à l’ennemi de lourdes pertes. La 86e brigade a fait à 150 prisonniers qui appartiennent à 3 régiments différents. Elle a pris, ce matin une compagnie de mitrailleuses. Du côté des Allemands, un bataillon du I.R. n° 40 prussien, décimé, a dû être relevé dans la nuit par un bataillon de chasseurs (13e).

Reçut vers 1 h 30 l’ordre téléphonique pour la journée du 5 mars. La 86e brigade doit continuer son mouvement offensif vers l’est, jusqu’à ce qu’elle ait récupéré ces anciennes tranchées. Le 149e R.I. doit maintenir sa droite à hauteur de la gauche de la 86e brigade et suivre de concert avec elle, la reprise de la corne est du bois de Bouvigny et des anciennes tranchées.

 

 

                                     Tableau des tués pour la journée du 5 mars 1915

 

                       Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 5 mars 1915

 

 

En conséquence, les ordres suivants sont donnés : le 2e bataillon qui est placé à l’aile droite du régiment doit se relier avec la gauche de la 86e brigade pour appuyer le mouvement offensif lorsque les chasseurs se porteront en avant. Il doit maintenir la liaison à gauche avec le reste du régiment, vers la haie G.

Le 3e bataillon est chargé de préparer l’offensive de la haie G incluse jusqu’au bois des Boches exclus, dès que l’offensive de la droite sera suffisamment avancée. Le commandant Bichat assure la garde du secteur avec ses 2 compagnies et les deux compagnies du 158e R.I. qui s’y trouvent déjà. Les troupes doivent être en place à 7 h 00. Durant toute la matinée, les travaux d’organisation continuent de manière très active. Une violente canonnade ennemie se déroule sur le bois de Bouvigny de 7 h 30 à 8 h 30.

À 13 h 00, arrive l’ordre de l’attaque qui doit se dérouler en deux phases : La 1ère sur la lisière est du bois de Bouvigny par la 86e brigade en liaison avec le 2e bataillon du 149e R.I.. La 2e, sur le reste du front, lorsque la 1ère aura suffisamment progressé. Trois compagnies du 20e B.C.P. sont mises à la disposition du 149e R.I. pour appuyer et pousser l’attaque jusqu’à la parallèle allemande. Deux compagnies du 1er bataillon du 149e R.I. et  2 compagnies du 158e R.I. sont en réserve de brigade.

Un tir de préparation d’attaque de quelques minutes, se déclenche à 15 h 00 sur la corne est du bois 8. Il est suivi d’un tir de barrage sur les tranchées allemandes de 1ère ligne. Au cours du tir de préparation quelques coups mal réglés, empêchent les chasseurs d’attaquer, ce qui enraye l’offensive générale. Le front de la 85e brigade n’est pas modifié.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

Référence bibliographique :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris. 1939. 

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16 mars 2011

6 mars 1915.

                 Entonnoir_de_mine

La nuit du 5  au 6 mars reste calme dans le secteur du 149e R.I.. À sa droite (86e brigade), une fusillade assez vive éclate à plusieurs reprises. Les 10e et 31e B.C.P. (86e brigade) sont relevés par le 3e bataillon du 21e R.I. qui la gauche appuyée à la lisière sud du bois 8, tient le boyau du Gros Arbre et celui de la Haie. Dans le bois 8, il y a la 6e compagnie du 149e R.I..

 

 

                                     Tableau des tués pour la journée du 6 mars 1915

 

                       Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 6 mars 1915

 

 

 De temps en temps, il y a quelques coups de canons de la part de notre artillerie sur la première ligne ennemie. L’artillerie allemande est calme. Vers 1 h 15, un ordre général arrive pour la journée du 6. Il faut renforcer solidement l’organisation du terrain conquis la veille. La position doit, coute que coute, être maintenue. Il faut également préparer les opérations pour la relève prescrite. Un ordre ultérieur sera donné pour la reprise de l’offensive.

 

 

                 6_mars_1915

 

 Dans l’après-midi, l’attaque de la 86e brigade se déclenche ayant à sa gauche  en 1ère ligne, 2 compagnies du 2e bataillon du 149e R.I. Le 3e bataillon du 21e R.I. franchit le boyau des Mines et parvient, malgré de nombreuses difficultés, à progresser jusqu’au boyau de l’Escalier (80 m environ). Dès cet instant, l’attaque est obligée de parer à une contre-attaque ennemie en préparation. Dans ces conditions, le 149e R.I. ne peut plus pousser son attaque sur la parallèle du pied des haies. Cependant, la 6e compagnie du 149e R.I. avance dans le bois 8 jusqu’à la hauteur de S1 et conquiert le boyau 2 qui se trouve à la lisière est.

 

À 16 h 45  l’ordre de la relève est reçu. Les 17e et 21e B.C.P. relèvent dans la nuit du 6 au 7 mars les éléments du 149e R.I., qui vont cantonner après la relève, à Petit-Sains et Noeux-les-Mines, puis, le 7, à Olhain, Baraffles, Rebreuve-Ranchicourt et Hermin.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

Référence bibliographique :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du Capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris. 1939.

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30 avril 2011

9 mai 1915. Préparatifs...

                Moment_de_detente       

La 2e bataille d’Artois dont le rôle principal incombe à la Xe armée doit être déclenchée simultanément par les 9e, 10e, 17e, 20e, 21e, et 33e C.A..

Le plan de cette bataille a été préparé longtemps à l’avance et à même été plusieurs fois modifié.

Depuis le 5 mai 1915, les préparatifs d’attaque se mettent en place dans le secteur de Lorette, L’offensive débute le 9 mai…

 

Le 21e C.A. a pour objectif de refouler définitivement les Allemands des hauteurs de Lorette. L’idée étant de faire une trouée dans la ligne adverse, en vue d’une offensive générale dans la direction Souchez-Angres.

 

Intéressons-nous plus particulièrement à ce qui se passe pour le 149e R.I..

 

Le 149e R.I., régiment de droite de la 43e D.I., doitparticiper activement à cette attaque. Il est en liaison avec le régiment de gauche de la 13e D.I. et au nord avec le 158e R.I..

Dans un premier temps, le 149e R.I. doit entreprendre une attaque brusquée et violente. Cette attaque est préparée par une accumulation intense de feux d’artillerie. Il doit s’emparer de l’ensemble des défenses organisées par l’ennemi depuis la sape 1 incluse jusqu’à la sape T3 incluse.

 

À la fin de la 1ère phase de l’attaque, le 149e R.I. devra avoir atteint les objectifs suivants :

1er bataillon : le point Delta.

3e bataillon : la tranchée en Y, la sape T3, la tranchée allant vers l’est pour rejoindre le fond de Buval.

Le 2e bataillon du 149e R.I. devra suivre le mouvement des bataillons d’attaque dès que ceux-ci auront atteint, avec la 1ère ligne, l’ancienne 1ère ligne allemande, avec les soutiens, l’ancienne parallèle allemande. À ce moment, il occupera la ligne haie G, chemin des vaches (boyau en S), lisière est du bois 5.

  

 Dans la 2e phase,  il devra pousser plus en avant, à la corne nord-est du bois 8 – corne sud du bois 9 et du bois en hache. Le 158e R.I. doit flanquer le régiment.

 

L’attaque sera exécutée par les 1er et 3e bataillons du 149e R.I., les sections de mitrailleuses et la compagnie du génie 21/2 sont sous le commandement du lieutenant-colonel dont le P.C. est à la lisière sud-est du bois 6.

Le 2e bataillon assure,avec 3 compagnies et 2 sections de mitrailleuses, la garde du sous-secteur, la 4e compagnie constituant aux abris du bois 6 une réserve à la disposition du chef de corps.

Deux bataillons du 158e R.I. avec la compagnie du génie 21/3 sont en réserve de brigade. Le bataillon Courteilles du 143e R.I.T. a la garde de la ligne de repli.

L’attaque aura lieu par bataillons accolés, chaque bataillon ayant 2 compagnies en 1ère ligne et 2 compagnies accompagnées d’1 section de mitrailleuses qui sont en soutien. Le bataillon de droite (1er bataillon) agit en liaison étroite avec le corps de gauche de la 13e D.I. (21e B.C.P.), le bataillon de gauche (3e bataillon) se soudant avec la droite du 158e R.I..

 

Comment la troupe est-elle disposée ? 

 

Le 1er bataillon de droite place ses compagnies de 1ère ligne à la tranchée 7-5 et à la parallèle 7-5. Ses compagnies de soutien sont sur la place d’armes III et IV et dans le boyau allant en 1ère ligne.

Le 3e bataillon de gauche  place ses compagnies de 1ère ligne dans la parallèle 7-5 et la parallèle est du bois 5. Ses compagnies de soutien sont dans la tranchée à lisière est du bois 5 et sur les places d’armes I et II et dans le boyau allant en première ligne.

 

Toutes les troupes seront en place le 8 mai à 3 h 00.

 

               Mitrailleuse_149e_R

           

 

La troupe s’organise…

 

Chaque bataillon dispose de son équipe de grenadiers. Les compagnies sont à effectif maximum, les hommes sans sacs, la couverture et la toile de tente roulées autour du corps. Deux jours de vivres à l’intérieur, 250 cartouches qui sont réparties entre les cartouchières et la musette. Un outil portatif et un sac à terre vide sont accrochés au ceinturon. Les unités sont réparties par moitié en tireurs et en travailleurs. Les tireurs n’ont que leur fusil et une grenade anglaise dans la poche, appareil Filloux au bout du fusil. Les travailleurs ont le fusil en bandoulière, 2 grenades à main, 1 outil de parc, 2 sacs à terre vides, 1 échelle légère pour 4, 1 piquet pour 5 hommes, des hérissons et 20 kg de fil barbelé ou réseau brun roulé autour du corps. Chaque compagnie dispose de 20 fusées éclairantes, quelques fusées à signaux et les cisailles. Les bidons seront remplis de vin, de café ou d’eau, ceux des sous-officiers d’eau de vie. La calotte d’acier est placée dans le képi. Chaque bataillon d’infanterie a, avec lui, une section du génie qui est munie d’outils de parc et de cisailles, de grenades à main et de sacs à terre. Les grenadiers ont 10 grenades dans la musette, 4 sacs à terre, le pistolet automatique ou le fusil en bandoulière. Tout le matériel nécessaire est préparé à l’avance dans les petits dépôts de tranchées. Les troupes d’attaque les prendront au passage. Le 1er bataillon à ses dépôts aux bois 7 et 8, le 3e bataillon au bois 6 et 5. Les troupes d’attaque ne doivent pas avoir sur elles de documents confidentiels, ni objets étrangers d’aucunesorte.Les havresacs sont rassemblés par compagnie. Ils sont laissés dans un local du cantonnement sous la surveillance des cuisiniers (Aix-Noulette) et de la C.H.R. (Petit-Sains). Chaque homme est muni, soit d’un mouchoir propre et de ouate ou coton, imbibé à  l’avance d’Hyposulfite ou d’eau de chaux, pris dans les postes de secours, soit de masques et de dispositifs spéciaux qui pourront être distribués.

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade : série 26 N 520/10.

Pour en savoir plus :

« Les combats de Notre-Dame-de-Lorette » du capitaine J. Joubert. Éditions Payot, Paris 1939.

« Lorette. Une bataille de 12 mois » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie. Paris 1919.

«  Les campagnes de 1915 »  du général Malleterre. Éditions librairie Militaire Berger-Levrault.1918.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à J. Huret, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ». 

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03 mai 2011

9 mai 1915 (suite). Le ciel du pauvre biffin n'est jamais bleu...

                 journee_du_9_mai_1915

                                     legende_carte_9_mai_1915

L’offensive se déclenche…

 

Le ciel est clair, peu avant 10 h 00, débute l’attaque que doivent mener les 1ère et 3e compagnies. Franchissant le parapet, elles sortent des tranchées des bois 7 et 8. Cette attaque est soutenue par les 2e et 4e compagnies qui sont en arrière. Les éléments proches du 149e R.I. qui  appartiennent à la 13e D.I. ne parviennent pas à progresser en même temps qu’elles. Ces compagnies ont été prises d’enfilade par un barrage d’artillerie très violent et par le feu d’une section de mitrailleuses allemandes qui sont installées à la borne nord-est du bois. La progression se retrouve enrayée un moment de ce côté.

Vers la gauche, le 3e bataillon sort en même temps de la parallèle 5-7 du bois 5 et se porte à l’attaque du chemin des Vaches, de la haie IV et de la sape en Y. Il l’occupe, d’un seul bond malgré le feu terrible d’artillerie lourde allemande. L’artillerie française  tarde un peu à allonger son tir. Les éléments de la 13e D.I. font une avancée nouvelle…

 

10 H 30 : Le 1er bataillon subit de fortes pertes. Le capitaine Prunier, le sous-lieutenant Letourney, l’adjudant de bataillon Gabarre sont blessés. La compagnie de droite du 2e bataillon (5e compagnie) est poussée jusqu’au chemin des Vaches pour appuyer le 1er bataillon.

10 H 45 : Sous la poussée de cette compagnie et probablement en raison des quelques progrès de la 13e D.I., cette droite parvient à atteindre la sape I et la parallèle nord, pendant que les compagnies du centre remontent la haie II et le boyau partant de la haie G.

Le 3e bataillon quant à lui, progresse dans la haie 3 et les sapes T2 et T3.

11 h 20 : Toute la ligne d’attaque occupe l’ancienne 1ère ligne allemande. Elle va du point V à la sape T3. Le 3e bataillon en arrivant à l’angle formé par la sape T3 et cette ancienne 1ère ligne allemande est pris d’enfilade par un barrage d’artillerie lourde et par une section de mitrailleuses placée vers le point h2. En quelques minutes, le capitaine Panchaud qui commande le 3e bataillon, son adjudant de bataillon et un certain nombre de sous-officiers et d’hommes de troupe de la compagnie de gauche sont fauchés. Un ordre est donné au peloton de réserve du bois 6 de se porter à la lisière est du bois 5 pour renforcer le 3e bataillon. Des renforts allemands importants sont signalés au bois Carré.

12 h 30 : Arrivée du sous-lieutenant Jauffret du 3e bataillon qui rend compte de la mort du capitaine Gruneissen. Il signale également  la blessure du lieutenant Wichard. Il fait savoir l’état des pertes qui sont considérables. Le bataillon est pris d’enfilade à la sape T3 par les Allemands du bois 10 et de la tranchée intermédiaire h1 h2.

12 h 45 : Le capitaine Gérardin de la compagnie de mitrailleuses doit prendre le commandement de ce bataillon. Il doit  remettre de l’ordre dans les unités et organiser solidement les tranchées conquises.

13 h 20 : Un reçu provenant du commandant  du 1er bataillon fait avis que l’ancienne tranchée de 1ère ligne allemande est tenue solidement. Il fait savoir qu’il est en liaison avec des sections du 21e B.C.P. vers la parallèle Bruckert. Mais il n’a aucune autre nouvelle de la 13e D.I. et il n’est pas fixé sur ce qui se passe sur sa droite.

13 h 40 : Le commandant Bichat rend compte par téléphone qu’il est en liaison à sa droite avec 1 ½  du 21e B.C.P. mais que ceux-ci n’ont pas encore retrouvé la liaison avec la 13e D.I.. Il y a donc un trou sérieux à notre droite.

14 h 05 : Le commandant du 1er bataillon rend compte que les fractions qui avaient pu descendre dans le fond de Buval n’ont pu s’y maintenir, qu’il ne peut pour le moment que se fortifier dans les tranchées conquises. Le terrain est complètement bouleversé et les tranchées sont à refaire.

15 H 05 : Les Allemands tiennent encore T1 et T3.

15 h 30 : Le 149e R.I. stoppe son avance et s’organise sur sa position avant de se lancer dans une 2e attaque.

19 h 00 : La 2e phase de l’opération est reportée.

22 h 00 : La division transmet l’ordre aux unités engagées de s’organiser solidement sur les positions conquises.

 

Les pertes pour cette journée sont de 111 tués au combat et de décédés des suites de leurs blessures, de 277 blessés et de 3 disparus.

 

 

                                        Tableau des tués pour la journée du 9 mai 1915 

 

                        Tableau des blessés et des disparus pour la journée du 9 mai 1915

 

 

Graphiques et brefs commentaires.

 

                 Graphique__des_tues_journee_du_9_mai_1915

           

 La compagnie hors rang (C.H.R.), les compagnies de mitrailleuses (C.M.) et le 2e bataillon (symbolisé par la couleur verte) ne sont pas vraiment exposés, il y a peu de tués et de blessés.  Il n’en est pas de même pour le  1er bataillon (couleur rouge) et  le 3e bataillon (couleur bleue) qui  lancent  l’attaque du 9 mai 1915. Les pertes  les plus importantes sont  au 1er bataillon.

 

                 Graphique__des_bless_s_journee_du_9_mai_1915

          

 

Références bibliographiques :

Les archives du S.H.D. ont été consultées, ainsi que le J.M.O. de la 85e brigade, série 26 N 520/10.

Historique du régiment « 149e Régiment d’infanterie » Epinal. Imprimerie Klein, 1919.

Pour en savoir plus :

« Les combats de Lorette » du Capitaine J.Joubert. Éditions Payot. Paris, 1939.

« Lorette. Une bataille de 12 mois » d’Henri René. Éditions Perrin et Cie. Paris, 1919.

 

Un très grand merci à M. Bordes, à  A. Carobbi, à V. Le Calvez, à T. Cornet, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’association « Collectif Artois 1914-1915 ».

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