Alexandre Filippi

Alexandre Filippi naît le 16 juillet 1896 dans l’appartement de ses parents situé au 18 rue des Canettes, dans le 6e arrondissement de la Ville Lumière.

Le lendemain, les témoins, Auguste Rubantel et Louis Ermange, accompagnent le père à la mairie Saint-Sulpice, rue Bonaparte. Le premier est épicier, le second coiffeur. Les trois hommes se présentent devant l'adjoint au maire, Théodore Beaugé, pour signer le registre d’état civil.

Le père d’Alexandre porte le même prénom que son fils. Il travaille à l’institut catholique.

C’est un ancien militaire qui fut engagé durant 12 ans à la 19e section d’infirmiers d’Alger avant de devenir soldat du feu au régiment de sapeur-pompier de Paris. La mère, Marie Joséphine Benedetti, n’exerce pas de profession. Alexandre et Marie Joséphine sont respectivement âgés de 37 et 35 ans lorsque leur enfant voit le jour.

La fiche signalétique et des services d’Alexandre nous fait savoir qu’il possède un degré d’instruction de niveau 5. Ses études l’ont amené à fréquenter le lycée Buffon dont il a suivi les cours pour obtenir son baccalauréat.

Lorsque le conflit contre l’Allemagne débute en août 1914, Alexandre Filippi n’est pas suffisamment âgé pour revêtir l’uniforme. Il fait partie des futurs soldats qui doivent constituer la classe 1916.

Cette classe est appelée en avril 1915, c'est-à-dire bien avant l’heure normale du temps de paix. Quelle en fut la raison ? La guerre qui, soi-disant, ne devait durer que quelques semaines s’est enlisée dans une guerre de tranchées interminable. Elle risque d'être plus longue que prévu. De plus, les pertes en vies humaines ont été particulièrement élevées depuis le début du conflit. Il faut régulièrement alimenter les régiments en hommes pour maintenir l’effectif.

Inscrit sous le numéro 197, le jeune Filippi est classé dans la 1ère partie de la liste du canton du 6e arrondissement parisien. Les médecins du conseil de révision ne trouvent rien de particulier qui pourrait empêcher son incorporation.

Alexandre quitte Paris aux alentours du 10 avril. À la gare de l’Est, il s’installe dans un train qui prend la direction d’Épinal.

Arrivé à destination, il intègre une compagnie du dépôt du 170e R.I. à partir du 12 avril 1915.

Caserne Contades 1

Sa formation est accélérée. Le soldat Filippi va tout de même passer une année à la caserne Contades pour apprendre les rudiments du métier de soldat.

Le 28 mars 1916, Alexandre est envoyé dans la zone des armées.

Il est affecté dans une compagnie non combattante du 149e R.I. ce qui lui permet de poursuivre son instruction. Durant cette période, Alexandre Filippi perd sa mère qui décède le 3 août 1916 ; il lui faut porter le brassard de deuil sur le bras gauche.

 Le 30 octobre 1916, il intègre la 9e compagnie du 149e R.I. qui  est engagée sur le front de la Somme avec le reste du régiment.

 Le 9 avril 1917, Alexandre est nommé caporal.

Le jeune homme  est au P.C. Constantine, au nord-ouest d’Aizy, à proximité du chemin des Dames, lorsqu’il trouve la mort le 21 juin 1917. Il fait partie des nombreuses victimes d’un obus allemand qui a explosé à l'intérieur du poste de commandement du 3e bataillon. 

Alexandre allait fêter ses 21 ans quelques semaines plus tard.

Pour en savoir plus sur ce qui s’est passé durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante. 

PC Constantine

L’acte de décès de ce jeune homme a été transcrit à la mairie du 6e arrondissement de Paris le 15 octobre 1917.

Le Caporal Filippi repose actuellement dans le carré B de la nécropole nationale mixte de Vauxbuin. Sa sépulture porte le n° 554.

Sepulture Alexandre Filippi

Alexandre est resté célibataire et n’a pas eu de descendance.

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative du lycée Buffon et sur le monument aux morts de la ville de Paris.

Le 30 juin 1917, Alexandre Filippi est cité à l’ordre du régiment par le lieutenant-colonel Boigues avec le texte suivant :

« Caporal de liaison, courageux et dévoué. A rendu les services les plus grands dans des conditions souvent périlleuses. Tombé glorieusement à son poste de combat le 21 juin 1917.»

Il a été décoré de la Médaille militaire à titre posthume (publication dans le J.O. du 5 octobre 1920).

Sources :

Les informations concernant ce soldat sont extraites de ses actes de naissance et de décès ainsi que de sa fiche signalétique et des services consultés sur le site des archives de la ville de Paris.

La photographie de la sépulture d’Alexandre Filippi a été réalisée par J. Baptiste.

Un grand merci à M. Bordes, à J. Baptiste,  à A. Carobbi, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives de la ville de Paris.