Adjudant Girard à la ferme de Colombe le 28 octobre 1917

La bataille de la Malmaison, commencée le 23 octobre, a pris fin dans la soirée du 26. Des patrouilles touchent la rive sud du canal de l’Ailette.

Les hommes du colonel Boigues poursuivent la consolidation du terrain conquis. Ils doivent se tenir prêts à reprendre l’offensive ou à contenir une éventuelle contre-attaque même si la défaite ennemie est considérée comme complète.

27 octobre 1917

Le 149e R.I. exécute une nouvelle reconnaissance dans le bois Dherly. Plusieurs drachen ennemis gagnent les airs. Un avion français tombe en flamme dans le secteur.

28 octobre 1917

L’aviation allemande envoie plusieurs avions survoler à grande altitude le bois Dherly vers 15 h 30.

Le 3e bataillon est en 1ère ligne, ayant une section aux avant-postes au point 4180. Sa ligne de résistance est aux Vallons, sa ligne de soutien est sur la pente est au ravin des Vallons.

Point 4180

Le 2e bataillon occupe le bois de la tête d’enfer et le bois de la Belle Croix.

Bois de la Belle Croix et de la tete d'enfer

Ces deux bataillons sont installés sur des positions qui sont sans abris, mais le terrain occupé est bon. La terre est argileuse avec une forte proportion de sable. Les pentes permettent l’écoulement des eaux. Le colonel Boigues décide de laisser ces bataillons sur place. Une compagnie du 2e bataillon reste à sa disposition en cas de nécessité.

Le boyau de communication allant de 3653 à la corne sud du bois de la Belle Croix est achevé sur une distance de 120 m.

Les hommes posent de nouveaux réseaux de barbelés devant les tranchées. Les abris et emplacements pour les mitrailleuses sont consolidés.

Les repas sont réchauffés à l’alcool solidifié.

Le 1er bataillon, qui est l’élément le plus éreinté du régiment, se porte dans la nuit du 28 au 29, aux abris de Chantereine et des Volvreux.

Secteur approximatif occupe par le 1er bataillon du 149e R

L’artillerie allemande effectue des tirs d’interdiction pendant la nuit sur les allées du bois Dherly et au nord de la ferme des Vallons. Les tirs intermittents sont plus serrés que les jours précédents.

Les attelages venus pour enlever les canons pris à l’ennemi n’ont pas pu exécuter leur travail. Les timons et les traits ont lâché.

29 octobre 1917

Vers 5 h 00, l’artillerie allemande dirige un tir assez nourri sur les abords de la passerelle 4285. Profitant de ce tir, un groupe d’Allemands traverse le canal pour venir se cacher dans le bois, aux environs du petit poste, placé sur la ligne Decauville au croisement du méridien 194. Le caporal et les deux hommes qui occupent ce petit poste furent surpris. Les Allemands, probablement revêtus de capotes françaises, repassèrent la passerelle vers 7 h 15. Ceux-ci furent aperçus de loin par le 158e R.I., qui les ayant pris pour de véritables français, les laissent ainsi passer.

Petit poste au croisement de la ligne Decauville et du méridien 194

L’activité des deux aviations est très dense tout au long de la journée.

Les hommes posent à nouveau du fil de fer devant les différentes tranchées. Ils placent et camouflent les positions des mitrailleuses pour les rendre invisibles au passage des avions. Un dépôt de matériel est construit vers le P.C. Monnoury. Le boyau creusé à l’est du bois Pointu est approfondi. Le boyau de communication allant de 3653 à la corne sud du bois de la Belle Croix est achevé sur 100 m. Une piste pour l’évacuation des canons de 105 est établie. Des éléments de défenses accessoires sont placés et l’obstruction de l’entrée de la passerelle 4285 est finalisée.

30 octobre 1917

Le 1er bataillon du 149e R.I. est retiré de son secteur dans la soirée. Il se rend à Billy-sur-Aisne où il est mis au repos.

Relevé par une compagnie du 410e R.I., le 2e bataillon part cantonner à Condé-sur-Aisne.

Le 3e bataillon s’installe aux abris de Chantereine, après avoir été remplacé par une autre compagnie du 410e R.I..

Positions occupées par les 3 bataillons du 149e R

31 octobre 1917

Le 1er bataillon du 149e R.I. est embarqué en autos dans la matinée pour rejoindre ses cantonnements de repos.

Le colonel Boigues quitte son poste à 6 h 00 pour se rendre à Condé-sur-Aisne.

1er novembre 1917

Les 2e et 3e bataillons sont embarqués en autos le matin pour leurs cantonnements de repos. L'effort demandé au 149e R.I. a certes donné les résultats espérés. Mais le régiment a aussi souffert. Il a besoin d'être recomplété et de se reposer. Les trois bataillons quittent le chemin des Dames pour un secteur plus calme, aux environs de Montmirail, dans la Marne.

10 novembre 1917

Une revue a lieu à Soissons. Le général commandant en chef remet aux drapeaux du 12e R.A.C, du 158e R.I. et du 149e R.I. la fourragère qui leur avait été conférée le 9 novembre.

15 novembre 1917

Le général commandant en chef passe en revue les officiers disponibles de la 43e D.I. et les délégations d’hommes de troupes de tous les corps de la division à Viels-Maisons.

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Le morceau de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly est daté du 26 août 1917. Ce morceau de carte localise le point 4180.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.