Frederic_Alexis_Bielher

Frédéric Alexis Biehler est né le 10 juillet 1893, dans le petit village de Saint-Laurent situé au sud-est d’Épinal. Le père, Frédéric, est âgé de 34 ans. Il travaille comme boucher. La mère, Marie Célestine Michel, qui a 35 ans, exerce le métier de tisserande dans une usine locale. Elle élève déjà une fille. Les parents se séparent après la naissance de leur troisième enfant. Le père se remarie avec Marie Angélina Colin, avec qui il aura 7 autres enfants.

Une fois sorti de l’école communale avec un degré d’instruction de niveau 2, Frédéric Alexis choisit de pratiquer la profession paternelle. Il reste sur son billot à découper la viande et à désosser les carcasses jusqu’au jour où il doit honorer ses obligations militaires.

Dans sa jeunesse, il pratique le tir, à titre civil, dans le club sportif « l’avant-garde » dans son village natal. Il y obtient d'excellents résultats au niveau régional en 1912 et 1913.  

Déclaré « bon pour le service armé », le jeune homme est classé dans la première partie de la liste du canton d’Épinal pour l’année 1913.

Malheureusement pour nous, sa fiche matricule, visible sur le site des archives départementales des Vosges, ne fournit pas d’explication sur son parcours militaire.

Tout ce que nous pouvons confirmer, c’est que Frédéric Alexis Biehler porte toujours l’uniforme, lorsque les hostilités contre l’Allemagne débutent en août 1914, probablement au 149e R.I..

Pour tenter à minima une reconstruction de son parcours de soldat, nous disposons des informations trouvées sur sa fiche du site « Mémoire des Hommes » et sur son acte de décès fourni par la mairie d’Épinal.  Ce qui est vraiment peu.

Comme pour son service militaire, nous ne saurons rien sur ce qu’il a fait durant les 3 premières années du conflit si ce n’est cette petite anecdote racontée par J. Baptiste, petit-neveu de ce sous-officier.

« Lors d'une permission obtenue pour Noël 1916, il a rapporté un fusil pris aux Allemands. Lorsqu’il est arrivé à la gare d'Épinal, un chef de police militaire a voulu lui confisquer. Le sergent Biehler a attrapé cet homme par le col de sa veste pour lui dire que s'il voulait obtenir un fusil comme celui-ci, il devrait faire comme lui, monter aux tranchées de premières lignes, pour le prendre aux Allemands.

Dans les années 1950-1955, l'un de ses derniers frères s'en servait encore à la chasse pour tirer le gros gibier. »

Le sergent Biehler faisait partie des effectifs de la 11e compagnie du 149e R.I., le jour où il a trouvé la mort, au cours de la bataille de la Malmaison, près du bois de la Belle Croix, le 23 octobre 1917 ; il a été touché par une balle en pleine tête.

Les sergents Ernest Verbe et Roger Richard confirment sa mort quelque temps plus tard lorsque son acte de décès est enregistré par l’officier d’état civil du régiment.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés au cours de cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Bois_de_la_Belle_Croix

Après les combats, il est inhumé par le groupe de brancardiers de la 43e D.I. à Condé-sur-Aisne, dans une sépulture individuelle numérotée 171.

Il repose actuellement à Vauxbuin avec 30 de ses camarades tués le même jour dans ce secteur. Sa tombe, qui porte le numéro 63, est placée dans le carré C de la nécropole nationale française de cette commune.

Sepulture_Frederic_Alexis_Bielher

Le nom de cet homme est inscrit sur le monument aux morts de la commune de Saint-Laurent rattachée à Épinal en 1964.

Monument_aux_morts_de_Saint_Laurent

Frédéric Alexis Biehler a obtenu la 1ère citation de sa croix de guerre en Artois en 1915. La seconde est gagnée dans le secteur du fort de Vaux en 1916 et la troisième près du trou Bricot.

Le sergent Biehler est décoré de la Médaille militaire le 14 octobre 1916.

« Sous-officier d'une bravoure et d'un sang-froid exemplaires. Le 4 septembre 1916, après avoir brillamment enlevé une section de grenadiers à l'assaut d'un village fortement occupé, s'est rendu maître de deux forts groupes ennemis qui offraient une résistance acharnée et a tué de sa main six Allemands. Violemment contre-attaqué, a résisté seul et a maintenu la position en attendant bravement l'arrivée d'une section de renfort. Blessé au cours de l'action, a refusé de se laisser évacuer et a conservé le commandement de son groupe après un pansement sommaire. Déjà cité trois fois à l'ordre. »

Cette concession prend rang le 18 septembre 1916, elle comporte également l’attribution d’une palme à sa croix de guerre.

La généalogie de la famille Biehler peut se consulter en cliquant une fois sur l’image suivante.

Geneanet

Sources :

La fiche signalétique et des services et l’acte de naissance de Frédéric Alexis Biehler ont été consultés sur le site des archives départementales des Vosges.

Les registres de recensement des années 1901 et 1911 de la commune de Saint-Laurent qui ont permis de retrouver la composition de la famille Biehler ont été consultés sur le site des archives départementales des Vosges.

Les portraits de ce sous-officier proviennent de la collection personnelle de J. Baptiste, petit neveu du sergent Biehler.

Le cliché du monument aux morts de la commune de Saint-Laurent a été réalisé par É. Mansuy.

La photographie de la sépulture a été faite par J. Baptiste.

Un grand merci à M. Bordes, à J. Baptiste, à A. Carobbi, à É. Mansuy,  aux archives départementales des Vosges et à la mairie d’Épinal.