05 janvier 2018

Nettoyeurs de tranchées ou nettoyeurs de creutes pour le 149e R.I. ?

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Le sol calcaire de la région du Soissonnais a  permis aux Allemands de creuser de nombreuses creutes qui peuvent s’avérer extrêmement dangereuses en cas d’offensives françaises. Ce terme de creute désigne des carrières souterraines en Picardie et, plus particulièrement, situées le long du chemin des Dames.

En effet, des bataillons entiers ennemis peuvent y être confinés, attendant simplement l’ordre d’intervenir en cas de besoin. Il faut donc éviter les menaces dues aux éventuelles attaques par l’arrière, qui pourraient être lancées par cet ennemi invisible.  

Ces troupes peuvent, à tout moment, sortir des creutes à l’improviste comme cela s’est déjà produit au cours des combats antérieurs, durant la conquête du Chemin des Dames.

Conscient des risques que constituent ces creutes, l’état-major en conclut qu’il est impératif de former des détachements de nettoyeurs. Ces hommes ont la charge de pénétrer à l’intérieur des creutes durant les combats, pour y neutraliser les troupes allemandes qui s’y trouvent.

Durant la préparation méticuleuse qui doit déboucher sur la bataille de la Malmaison,  sur le chemin des Dames, une étude approfondie est menée par l’état-major de la 38e D.I..

Une instruction est publiée dès la fin du mois d'août 1917. Les éléments des divisions destinées à ces opérations doivent s’entraîner sur des terrains semblables à ceux de leurs futures interventions.

Ces conditions sont essentielles à la bonne marche des opérations à venir. Rien ne doit les entraver sous peine de renouveler les échecs du mois d’avril.

Les détachements sont de deux sortes :

Les premiers sont composés de petites fractions faisant partie intégrante des vagues d’assauts. Ils constituent plus spécifiquement les « nettoyeurs de tranchées ».

Les seconds, plus importants numériquement, sont dotés de moyens puissants. Ils peuvent être composés d’un ou plusieurs bataillons. Ceux-ci sont chargés de faire soit un véritable siège, soit de pénétrer à l’intérieur pour s’emparer des grandes creutes ou des grandes carrières. Ils ont pour mission de contenir les réserves ennemies importantes qui s’y trouvent. Ce sont les bataillons de creutes.

Les premiers, comme les seconds détachements, ont pour mission essentielle d’assurer la sécurité matérielle et la tranquillité morale aux bataillons d’assaut qui marchent vers leur objectif.

Les nettoyeurs de tranchées 

Les nettoyeurs font partie des vagues d’assaut. Celles-ci sont constituées par de petites unités allant de l’escouade à la section.

Ces soldats sont équipés et outillés en fonction de leur mission ; ils nettoient les tranchées et les abris qui peuvent former des nids de résistance ennemie sur le passage des vagues.

Il est nécessaire que ces groupes de nettoyeurs soient prévus dans toutes les vagues, de façon à  pouvoir constituer des réserves successives qui seront appliquées sur les abris rencontrés au fur et à mesure de la progression de ces vagues.

Les nettoyeurs sont équipés de brownings, de couteaux de tranchées, de dix grenades asphyxiantes ou incendiaires et de deux grenades ordinaires. Ils conservent leurs fusils, de manière à pouvoir coopérer à la défense des positions conquises, ou participer à de nouvelles attaques une fois leur mission spéciale terminée.

Les bataillons d’attaque des creutes

Les bataillons chargés d’attaquer les creutes sont constitués à partir d’unités qui dépendent des divisions d’attaques.Ces unités marchent dans le sillage des bataillons d’attaques. Commandées par des chefs énergiques, elles sont investies d’une mission spéciale nettement définie dont elles ne devront être détournées sous aucun prétexte.

Le rôle dévolu à ces bataillons est de bloquer les creutes. Les unités d’attaque disposent de fractions de compagnies Schilt et de compagnies Z. Chaque ouverture, en particulier les cheminées d’aération, est utilisée pour y jeter des liquides enflammés, des explosifs, des engins incendiaires ou asphyxiants.

Les nettoyeurs du 149e R.I. 

Concernant la bataille de la Malmaison, la documentation trouvée jusqu’à maintenant est peu détaillée sur le sujet. Elle ne permet pas, pour l’instant, de se faire une idée exacte de la composition des troupes qui sont chargées d’effectuer ces missions au niveau de l’ I.D. 43.

Tout ce que nous savons de manière sûre c’est que les nettoyeurs nécessaires au 1er bataillon du 149e R.I. pour mener leur attaque sur le 1er objectif sont fournis par le 2e bataillon du régiment.

Un témoignage laissé par le commandant de Chomereau de Saint-André nous apprend que c’est la 5e compagnie du 149e R.I. qui a été désignée pour effectuer cette tâche.

5e_compagnie_du_149e_R

Cette unité, qui est commandée par le lieutenant Auvert, est intercalée entre les compagnies de tête et la compagnie de soutien. Un brassard distinctif est distribué à chacun des nettoyeurs.

Le manque de précisions dans le texte laissé par le commandant du 1er bataillon du 149e R.I., et le sens à donner au terme de « nettoyage » fait qu’il est impossible de savoir si la 5e est une compagnie destinée au nettoyage des tranchées, ou une compagnie qui fait partie intégrante d’un bataillon d’attaque de creutes.

Une fois la besogne accomplie, les hommes de la 5e compagnie sont rendus à leur bataillon. De nouveau sous l’autorité du commandant Schalck, cette compagnie ne semble pas avoir participé à l’attaque sur le 2e objectif.

Une compagnie du 158e R.I. a également été nommée pour assumer le même rôle. Pour les 1er et 31e B.C.P., c’est un petit peu plus compliqué. Il existe un groupement de chasseurs, pour chacun d’entre eux. Deux sections Schilt et deux sections Z ont été mises à la disposition du colonel Guy, commandant l’I.D. 43. Celles-ci sont affectées aux B.C.P. pour le nettoyage des creutes, ce qui ne semble pas être le cas pour les 158e R.I. et 149e R.I..

La photographie suivante représente les hommes affectés à la liaison de la 5e compagnie du 149e R.I..

Liaison_5e_compagnie_du_149e_R

Il n'y a pas d’information détaillée sur le bilan des opérations du 149e R.I. durant l’attaque de la Malmaison. Le rôle effectif de ces missions n’est même pas évoqué.

Le sujet est modestement abordé dans un témoignage laissé par le sous-lieutenant Doucher de la 9e compagnie. Voici ce qu’il écrit concernant les nettoyeurs de tranchées :

« L’artillerie ennemie est nourrie. Ses mitrailleuses non détruites sont en pleine action. Je fais avancer par bonds, sans obtenir que les hommes renoncent à se grouper en tas autour de moi. Nous rejoignons encore la première ligne qui se disloque de plus en plus et qui, cette fois, est accrochée par endroits. Là, je vois un « nettoyeur », accroupi au dessus d’un abri, une grenade à chaque main, bondissant avec une agilité incroyable. On dirait un chat guettant quelque rat... »

Sources :

Les archives du  S.H.D. de Vincennes ont été consultées.

La quasi totalité de ce texte a été réalisée à partir d’une instruction sur les unités de nettoyeurs de tranchées et de creutes rédigée le 30 août 1917 par le général de Salins, officier qui commande la 38e D.I..

Les photographies représentant les soldats de la 5e compagnie ont été réalisées en juin 1917.

Témoignage «  149e R.I., un épisode de la victoire de chemin des Dames, 23 octobre 1917, l’attaque du 1er bataillon » par le commandant de Chomereau de Saint-André. Éditions Bourges Imprimerie Ve Tardy-Pigelet et fils.

Fond Douchez composé de 3 volumes. Déposé au S.H.D. de Vincennes en 1983. Réf : 1 K 338.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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12 janvier 2018

Charles Marcel Auvert (1890-1917).

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Originaire du Loir-et-Cher, Charles Marcel Auvert voit le jour le 17 décembre 1890 à Romorantin, une sous-préfecture placée en plein cœur de la Sologne. À sa naissance, son père,âgé de 44 ans, occupe un poste administratif important. Il est conservateur des hypothèques. Sa mère, Marguerite Pilastre,  qui a trente ans, n’exerce pas de profession.

Après la communale, le collège et le lycée, Marcel entreprend des études supérieures. Une fois devenu bachelier, il se rend à Paris pour commencer des études à la faculté de droit.

Jeune soldat appelé de la classe 1910 de la subdivision de Cholet, il est appelé à l’activité le 7 octobre 1911 pour le service militaire. Le jour même, il doit rejoindre le 114e R.I., un régiment du département des Deux-Sèvres qui a son dépôt à Parthenay, et dont l’histoire est étroitement rattachée à la ville de Saint-Maixent. La formation universitaire de Marcel s’arrête en 2e année.

Le fait d’avoir fait des études lui offre certainement le droit d’entreprendre la formation de caporal en tant qu’appelé sous les drapeaux. Il est nommé dans ce grade le 11 avril 1912. Le 27 septembre, il peut coudre ses galons de sergent sur son uniforme.

Maintenu sous les drapeaux par l’application de l’article 33 de la loi du 31 mars 1905, Marcel Auvert est envoyé dans la réserve, le 8 novembre 1913, avec son certificat de bonne conduite en poche.

Rayé des contrôles, il se retire à Gennes, une petite commune du Maine-et-Loire où ses parents ont élu domicile. L’histoire ne dit pas si Marcel a eu l’intention de reprendre ses études de droit. De retour à la vie civile, il reste affecté au régiment d’infanterie de Parthenay en tant que sergent réserviste.

Lorsque le conflit contre l’Allemagne éclate en août 1914, le jeune Auvert se retrouve mobilisé dès le 2 du mois. Descendu à la gare de Parthenay le lendemain, il traverse une bonne partie de la ville à pied en compagnie de nombreux rappelés, pour rejoindre la caserne Allard. Habillé et équipé, il retrouve ses anciens galons de sous-officier. Les automatismes de la fonction sont vite retrouvés, la formation militaire n’est pas si lointaine que cela.

Le 9 septembre, Marcel Auvert est blessé dans le secteur de Connantray durant les combats qui se déroulent dans le secteur de la Fère-Champenoise. Atteint de trois balles de shrapnels aux deux jambes, il est évacué vers l’arrière.

La date de son retour au front n’est pas connue.

Le 12 novembre, son régiment combat en Belgique dans le secteur de Zonnebeke. Le sergent Auvert est de nouveau atteint dans sa chair. Cette fois-ci, il est frappé par un éclat de grenade à la main droite. Malgré cette blessure, certainement qualifiée de légère par le médecin du poste de secours, il reste au régiment.

Le 4 février 1915, il est blessé pour la troisième fois dans le secteur d’Ypres. Le détail des circonstances de sa blessure montre quel type d’officier il est : chargé de diriger l’utilisation d’un mortier de tranchée, c’est en observant le résultat du tir qu’il est touché par une balle à la tête. Cette blessure conduit à une nouvelle évacuation vers l’arrière. Cette fois-ci, c’est beaucoup plus grave, il doit subir une trépanation dont il gardera des séquelles.

De retour au dépôt, il entreprend, peu de temps après, une formation qui doit lui permettre de gravir les échelons de la hiérarchie. Le sergent Auvert obtient le certificat d’aptitude à l’emploi de chef de section le 26 mai 1915.

Le commandant Manjou, responsable du dépôt du 114e R.I., écrit une petite note résumant son parcours au 114e R.I. dans un mémoire de proposition : « Sous-officier intelligent, vigoureux, a commandé au front une section de troupe, une section de mitrailleuses. A été blessé trois fois et cité à l’ordre de l’armée. Médaillé militaire, a obtenu le certificat d’aptitude de chef de section. Apte à faire campagne. Fera un très bon sous-lieutenant de réserve. »

Ce texte contribue certainement à sa nomination au grade de sous-lieutenant de réserve à titre temporaire, suite à une décision ministérielle datant du 27 juin 1915. Il est muté au 149e R.I. aussitôt après cette promotion. Le jeune officier rejoint le front d’Artois, pour y intégrer le régiment qui combat dans cette région depuis la fin de l’année 1914. Il se présente au lieutenant-colonel Gothié, responsable du régiment, qui l’affecte à une compagnie de mitrailleuses. Le 20 septembre 1915, il est confirmé à titre définitif dans son grade de sous-lieutenant.

Cinq jours plus tard, il participe à l’attaque du 25 septembre 1915 avec sa compagnie.

Toujours dans l’idée de se perfectionner, ce jeune officier accomplit un stage à l’école de grenadiers anglais du 19 au 22 décembre 1915.

Le 12 février 1916, il est affecté à la 2e compagnie de mitrailleuses du 149e R.I. quelques semaines avant que son régiment ne se retrouve engagé dans la bataille de Verdun.

Après avoir combattu dans le secteur du village de Vaux-devant-Damloup, avec le bataillon Magagnosc, il est évacué le 2 avril pour commotion cérébrale. Le sous-lieutenant Auvert a été une nouvelle fois touché à la tête, ce qui ravive les séquelles de sa précédente blessure. Son chef de bataillon note d’ailleurs qu’il souffre horriblement.

Le 8 avril 1916, il est promu lieutenant à titre temporaire, par décision du général commandant en chef.

Allant mieux, le lieutenant Auvert rejoint le corps le 3 mai 1916 pour être affecté au commandement de la 2e compagnie de mitrailleuses, son ancienne unité.

Il bénéficie d’une permission du 27 septembre au 7 octobre 1916, après que son régiment ait participé à la bataille de la Somme dans les secteurs de Soyécourt et de Déniécourt.

Son retour au front ne fut pas ce qu’il imaginait. Il n’aura d’ailleurs de cesse de vouloir retourner aux tranchées. En effet, un avis médical est formel, il n’est plus apte pour la 1ère ligne.  Marcel Auvert est promu lieutenant de réserve à titre définitif par décret présidentiel le 24 octobre 1916. De retour dans la zone des armées, il est envoyé au dépôt divisionnaire de la 43e D.I.  à partir du 21 novembre 1916, pour y  prendre le commandement de la 12e compagnie du 149e R.I..

Bénéficiant d’une excellente maitrise de son ancienne arme, il est amené à diriger l’école du centre d’instruction des mitrailleuses de la 43e D.I. entre le 8 et le 31 janvier 1917. Il reste peu de temps à ce poste. Après une permission du 2 au 14 février 1917, le lieutenant Auvert quitte le dépôt pour rejoindre la 5e compagnie de son régiment le 23 mars 1917.

Blessé accidentellement le 17 juillet 1917, il est, pour la 4e fois, évacué vers l’arrière, pour être soigné à l’hôpital temporaire n° 21 de Forges-les-Eaux jusqu’au 19 août. Cet officier bénéficie ensuite d’une permission de 7 jours avant de rejoindre son régiment au 1er septembre.

Durant cette période, le lieutenant-colonel Boigues dit de lui :

« Officier qui, malgré de graves blessures, à voulu à toute force revenir sur le front. Est chef dans une compagnie où il rend d’excellents services, mais il serait bien mieux à sa place dans le commandement d’une compagnie de mitrailleuses où il excelle. On peut absolument compter sur le lieutenant Auvert en toute circonstance. Il a dernièrement secondé avec autant d’activité que d’intelligence le commandement dans l’organisation d’un dispositif de défense. »

Le 26 septembre 1917, il prend le commandement de la 5e compagnie. De retour au front une nouvelle fois, il a réussi, sans que l’on sache comment, à reprendre sa place dans une unité combattante. Le 26 septembre, il prend le commandement de la 5e compagnie.

Cette unité est désignée pour assurer le rôle de compagnie de nettoyeurs de tranchées, durant l’attaque de la Malmaison, le 23 octobre 1917. C’est au cours de cette bataille que le lieutenant Auvert est blessé.

Très sévèrement touché, il décède à l’Ambulance 13/8 le jour même, atteint par plusieurs éclats d’obus à l’abdomen et à la poitrine.

Le lieutenant Auvert est enterré dans le petit cimetière de Sermoise dans une sépulture individuelle qui porte le n° 59. Le 9 mai 1923, un compte-rendu d'exhumation nous apprend que son corps a été transféré au cimetière national d’Ambleny, dans le carré A. Sa nouvelle tombe est enregistrée sous le n° 461.

Sepulture_Charles_Marcel_Auvert

Le lieutenant Auvert a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre de l’armée en date du 4 février 1915 : (Publication dans le J.O. du 6 mars 1915) :

« Chargé spécialement du maniement d’un mortier, a su, grâce à son ingéniosité et à une activité inlassable, tirer de cet engin le parti le plus efficace ; a été grièvement blessé d’une balle à la tête au moment où il observait les effets des projectiles qu’il lançait dans les tranchées ennemies. »

Citation à l’ordre du Xe Armée n° 227  en date du 20 septembre 1916 : (Publication dans le J.O. du 6 mars 1915).

« Commandant de compagnie de mitrailleuses des plus actifs et des plus entreprenants. Constamment sur la brèche en 1ère ligne pour faire la reconnaissance, sous les tirs de barrage les plus violents, des emplacements successifs  à occuper par sa section.

A fait de sa compagnie, une unité de premier ordre où chacun est animé de l’esprit de sacrifice le plus absolu. A fait preuve, en toutes circonstances, des plus solides qualités de commandement, d’énergie et de sang-froid, notamment en mars et avril 1916, où il a été blessé pour la quatrième fois, et, en dernier lieu, pendant les attaques des 4, 5 et 6 septembre 1916. »

Citation à l’ordre de l’armée (publication dans le J.M.O. du 17 janvier 1918) :

« Commandant de compagnie d’un entrain et d’un courage remarquables ; désigné avec sa compagnie pour le nettoyage des tranchées conquises à l’attaque du 23 octobre 1917, l’a brillamment entraînée à l’assaut sous les rafales de tirs de mitrailleuses et est tombé glorieusement dans l’accomplissement de sa mission. »

Cet officier a également été décoré de la Médaille militaire prenant rang à compter du 11 février  1915. (Publication dans le J.O. du 19 février 1917). Croix de guerre ratifiée, même motif que pour la citation du 11 février 1915.

Monument_aux_morts_de_Gennes

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Livre d’or de la faculté de droit de Paris guerre 1914-1918. Paris, 1925.

La photographie du monument aux morts de Gennes a été réalisée par P. Spriet.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à T. Cornet, à M. Porcher, à P. Spriet et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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19 janvier 2018

Maurice Charles Jean Blot (1895-1917).

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Le 25 octobre 1895, Fréderic Isnard, adjoint délégué au maire de la ville d’Antibes, reçoit François Jules Blot, un jardinier âgé de 22 ans qui vient déclarer la naissance de son fils prénommé Maurice Charles Jean, né la veille. La mère du nouveau-né, Constance Clémentine Sainton, est âgée de 21 ans. Elle n’exerce pas de profession.

Le couple, d’origine parisienne, s’est marié le 25 septembre 1894 dans le XIe arrondissement. La raison de leur départ de la capitale pour venir s’installer en bordure de Méditerranée n’est pas connue. Peut-être une opportunité professionnelle ?

Très rapidement, la famille Blot retourne vivre à Paris. Elle s’installe dans le XIIe arrondissement. Georges Charles Alexandre naît le 30 juillet 1898 et Jeanne Eugénie le 19 février 1903 ; le premier au 15 passage du Génie, la seconde au 32 rue Montgallet.

Genealogie_Maurice_Charles_Jean_Blot

Maurice Blot fait des études secondaires au lycée Saint-Jean de Passy. Il obtient son baccalauréat sciences-langues et mathématiques.

Souhaitant faire une carrière militaire, Maurice prépare assidûment l’examen d’entrée de l’école de Saint-Cyr, espérant devenir un jour officier. Les évènements internationaux, qui vont précipiter la France dans un épouvantable conflit mondial, mettent fin à cette ambition.

C’est comme simple soldat appelé de la classe 1915, déclaré « bon pour le service », qu’il intègre l’armée le 19 décembre 1914. Le lendemain, il est à Épinal pour prendre place dans une des chambrées de la caserne du170e R.I..

Très rapidement, il gravit les échelons hiérarchiques. Le 15 avril 1915, Maurice Blot est directement nommé aspirant. Cette subite montée en grade est probablement due au fait qu’il a en sa possession un très bon bagage scolaire.

Le 23, il est affecté au 149e R.I., l’Aspirant Blot n’a que la Moselle et quelques rues à traverser pour rejoindre son nouveau dépôt qui se trouve également à Épinal.

Le 1er mai, le jeune sous-officier intègre la 33e compagnie du  9e bataillon du régiment, avant d’être affecté à la 8e compagnie quinze jours plus tard.

À cette période de l’année, le 149e R.I. combat en Artois depuis plusieurs mois, dans un secteur régulièrement exposé à de violentes attaques programmées des deux côtés des belligérants.

Le 18 juillet 1915, Maurice Blot est blessé devant Angres. Le médecin du poste de secours constate plusieurs plaies à la tête. Maurice souffre également de surdité. Ce traumatisme est probablement lié à l’onde de choc produite par un obus explosant à sa proximité.

La remise en condition « combattante » de ce sous-officier demande plusieurs semaines.

Ce n’est que le 8 octobre 1915 qu’il rejoint son ancienne compagnie. Le 12 février 1916, l’aspirant Blot est muté à la 9e compagnie du régiment.

À l’aube de la 2e décade du mois avril 1916, le 149e R.I. est très carencé en officiers. Nous sommes à peine à quelques jours du 2e engagement d’une partie du régiment dans les combats de 1ère ligne, dans le secteur du village de Vaux-devant-Damloup, près de Verdun. Maurice Blot est nommé sous-lieutenant d’active à titre temporaire le 9 avril 1916. Cet officier retrouve la 8e compagnie.

Un peu plus tard, il envoie les lignes suivantes aux siens : « Depuis deux mois que nous sommes dans ce secteur, jamais je n’ai vu pareille chose. L’artillerie ennemie, surtout à Douaumont et à Vaux, arrosait et balayait tout ; jamais les Allemands n’ont mis en œuvre tant de forces et tant de matériel ; mais, devant eux se dressaient, impassibles, les belles figures de nos soldats. Après le recul forcé jusqu’au bord de la Meuse, ils ont attendu l’ennemi, pour lui faire subir des pertes effroyables. Mon régiment a eu l’insigne honneur de reprendre deux fois le village de Vaux. C’était magnifique, mais quelle hécatombe ! »

Mi-avril, le 149e R.I. quitte la Meuse. Après avoir bénéficié d’une brève période de repos à Landrecourt, le régiment doit rejoindre la Champagne pour venir occuper un secteur situé entre les buttes de Tahure et de Mesnil, près des Deux- Mamelles.

Le capitaine adjoint major du 2e bataillon du 149e R.I. rédige la petite note suivante le 13 mai 1916 :

« Le sous-lieutenant Blot est un très bon officier, très intelligent, sérieux, plein de zèle et de bonne volonté. Officier très discipliné, ayant une haute conception de ses devoirs militaires. Très belle tenue devant la troupe. Bonne aptitude au commandement. Excellente instruction générale. Bonne instruction militaire. Très estimé de ses chefs, est susceptible, avec un petit peu de pratique, de produire de très brillants résultats. »

Du 7 au 16 mai 1916, le sous-lieutenant Blot effectue un stage au centre d’instruction des grenadiers à Châlons-sur-Marne, avant d’être détaché à l’école divisionnaire des grenadiers de la 43e D.I. entre le 26 mai et le 2 juin 1916. Il réintègre son régiment en suivant.

Le 9 juillet 1916, Marcel Blot est de nouveau blessé ; il vient de participer à un important coup de main, mené par plusieurs groupes de grenadiers du 149e R.I.. Touché au bras et au visage par des éclats d’obus et de grenades, il est, pour la seconde fois, évacué vers l’arrière pour être hospitalisé durant plusieurs semaines.

Les fonctions occupées par cet officier à son retour au régiment ne sont pas très précises. Des états de service datant du 5 mars 1917 nous indiquent qu’il fut désigné pour assurer la charge de sous-lieutenant porte-drapeau du régiment à partir du 30 septembre 1917, avant de passer à la 5e compagnie le 6 novembre 1917. Sur son feuillet individuel de campagne, il est écrit qu’il rejoint la 5e compagnie du régiment le 19 septembre 1917. Son affectation comme sous-lieutenant porte-drapeau y est bien mentionnée, mais celle-ci est rayée. Son livret matricule d’officier ne fait pas état de cette période.

Durant le premier 1er semestre de l’année 1917,  le sous-lieutenant Blot accomplit plusieurs stages. Le premier qui se déroule entre le 10 et 18 janvier lui permet de faire connaissance avec le fusil mitrailleur. Le second, qui a lieu entre le 12 et le 26 mars, il le passe à comprendre le fonctionnement du canon de 37 mm. Le troisième stage, qui est effectué du 19 au 26 avril 1917, lui apprend à maîtriser le fusil R.S.C..

Marcel Blot bénéficie d’une permission du 10 au 17 juillet 1917. Il retrouve la 5e compagnie lorsqu’il revient au régiment.

Peu de temps avant la bataille de la Malmaison, le lieutenant Auvert prend le commandement de cette unité qui vient d’être désignée compagnie de nettoyeurs de tranchées. C’est au cours de cette attaque qui se déclenche le 23 octobre 1917 que le sous-lieutenant Blot est grièvement blessé. Sa hanche droite est perforée par plusieurs éclats d’obus.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés le 23 octobre 1917, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Carte_1_journee_du_23_octobre_1917_1er_objectif

Les tentatives réalisées par les chirurgiens de l’hôpital d’évacuation n° 18 de Couvrelles, pour le sauver, échouent. Il décède tard dans la nuit du 23 octobre 1917, seulement quelques heures avant de fêter son 22e anniversaire.

Le sous-lieutenant Blot est enterré dans un premier temps dans le cimetière militaire attenant à l’hôpital.

Le 22 octobre 1923, son corps est exhumé pour être placé dans le carré C du  cimetière militaire de Vauxbuin, sous une nouvelle croix qui porte le n° 436.

Sepulture_Maurice_Blot

Le sous-lieutenant Blot a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre du régiment n° 48 en date du 25 mars 1916 :

« A fait preuve, dans tous les combats, d’une belle insouciance, donnant à tous l’exemple du calme et du sang-froid. Une blessure. »

Citation à l’ordre de la IVe Armée n° 609 en date du 24 juillet 1916 : (Publication dans le J.O. du 6 mars 1915).

« Brave officier de grenadiers. Le 9 juillet 1916, a entraîné avec beaucoup de courage le groupe de grenadiers qui lui était confié. S’est jeté sur un petit poste ennemi pour le faire prisonnier. Blessé de nombreux éclats par une grenade, tue un de ses adversaires d’un coup de révolver et saute dans le poste.»

Citation à l’ordre de l’armée n° 543 en date du 11 décembre 1917. (publication dans le J.O. du 17 janvier 1918) :

« Jeune officier, d’une bravoure, d’une énergie et d’un entrain remarquables. Commandant une section de nettoyeurs de tranchées à l’attaque de la Malmaison, a brillamment entraîné ses hommes, réduisant plusieurs nids de mitrailleuses. A été mortellement blessé dans l’exécution de sa mission.  Plusieurs fois blessé et cité déjà. »

Une famille de récipiendaires :

Cet officier a également été décoré de la Légion d’honneur à titre posthume. (Publication dans le J.O. du 26 décembre 1919).

En marge de la recherche :

À l'occasion de la recherche sur Maurice Blot, j'ai découvert que son père et son frère étaient également récipiendaires de la Légion d'honneur.

Le père, François Jules Blot, qui a commencé sa carrière comme simple jardinier est devenu producteur de graines de semences, dirigeant la maison Vilmorin-Andrieux.

Il est membre honoraire ou membre actif de plusieurs associations importantes dans le domaine agricole et il travaille comme rédacteur dans divers journaux horticoles et agricoles. Il est décoré de la Légion d’honneur.

Pour en savoir plus sur François Jules Blot, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Site_base_Leonore

Devançant l’appel de sa classe, son frère, Georges Charles Alexandre Blot, signe un contrat d’engagé volontaire avec l’armée, le 25 juillet 1916.

Il termine la guerre comme sous-lieutenant au 12e régiment d’artillerie. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur par arrêté du 16 mars 1921 rendu sur le rapport du ministre de la guerre. Georges Blot est ensuite promu au grade d’officier de la Légion d’honneur par décret du 5 septembre 1949 rendu sous le rapport du ministre des finances et des affaires économiques.

Pour en savoir plus sur Georges Charles Alexandre Blot, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Site_base_Leonore

La famille Blot repose dans un caveau familial qui se trouve dans le cimetière de Bercy.

Sepulture_famille_Blot

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Base Léonore.

Les recherches effectuées sur le site des archives de Paris ont permis de retrouver une grande partie des actes d’état civil des parents et de la fratrie de Maurice Charles Jean Blot. Cette fratrie est peut-être incomplète.

« Livre d’or de Passy, à la mémoire des professeurs et des anciens élèves du pensionnat de Passy morts pour la patrie ». Typographie Firmin-Didot et Cie. Mesnil-sur-l’Estrée (Eure). 1922.

La photographie de la sépulture de Maurice Blot a été réalisée par J. Baptiste.

Le cliché de la tombe de la famille Blot a été trouvé sur le site de Généanet.

Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à A. Carobbi, à J. Baptiste, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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26 janvier 2018

Pierre Victor Romain Édouard Illhé (1881-1917).

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Pierre Victor Romain Édouard Illhé est né le 12 octobre 1881. Le lendemain, Pierre, le père, Jean Baptiste Bouchet et Pierre Lapuyade, les témoins, se rendent à la mairie d’Izeste. Les trois hommes se présentent devant l’officier d’état civil, Léon Daran, pour signer l’extrait du registre des actes de naissance qui va officialiser l’existence du nouveau-né. Le père a 36 ans, il est propriétaire. La mère, Marie Léonie Lapuyade, travaille comme ménagère. Elle est âgée de 29 ans. Le couple Illhé s’est marié le 17 septembre 1878 à Izeste. Quatre enfants sont nés de cette union. La position sociale de la famille est assez aisée, avec un père qui change régulièrement de statut professionnel. Le grand-père paternel est propriétaire-rentier.

Genealogie_famille_Illhe

Le niveau d’études de Pierre Victor Romain Édouard Illhé est très élevé. La lecture de sa fiche signalétique et des services nous apprend qu’il possède un degré d’instruction de niveau 5. Il obtient son baccalauréat après avoir suivi les cours donnés par les professeurs du lycée Louis Barthou de Pau.

Le 20 mai 1901, ce jeune béarnais, âgé de 20 ans, se rend à la mairie de Pau pour y signer un engagement volontaire d’une durée de 4 ans. Incorporé comme simple soldat, il rejoint le dépôt du 88e R.I. qui possède ses casernes à Auch et à Mirande, deux jours plus tard.

Pierre Victor Romain Édouard Ihllé est nommé caporal le 2 décembre 1901.

Une décision ministérielle, prononcée le 7 juillet 1902, l’affecte comme instructeur, à l’école militaire préparatoire de Saint-Hippolyte-du-fort. Cet établissement accueille des enfants de troupe depuis 1886. Il y exerce ses fonctions de formateur entre le 15 juillet 1902 et le 19 septembre 1904. Faut-il voir un lien avec son niveau d’études ? Il devient sergent le 26 septembre 1903.

Le sous-officier Illhé réintègre le 88e R.I. après son départ de Saint-Hippolyte-du-fort. Il occupe les fonctions de sergent-fourrier entre le 6 janvier et le 7 juin 1905.

Le 30 janvier 1905, le sergent fourrier Illhé doit penser à renouveler son contrat. Cette fois-ci, c’est pour une durée de deux ans. Cette période débute le 20 mai 1905. Elle le fait passer dans la catégorie des rengagements avec prime.

Il reconduit son engagement le 27 mai 1907. Celui-ci prend effet à compter du 20 mai 1908. L’année suivante, Pierre Victor Romain Édouard Illhé signe une nouvelle fois le 27 mai 1908.

Un an plus tard, son dernier contrat arrive à échéance. Il décide de quitter l’armée. Le sergent Illhé passe ainsi dans la disponibilité et dans la réserve avec, en main, son certificat de bonne conduite. Il aura vécu huit années sous l’uniforme.

Il existe une zone d’ombre importante sur sa vie après l’armée. Tout ce que nous savons de manière sûre c’est qu’il a traversé l’Atlantique pour aller s’installer à Rio de Janeiro.

Lorsque le conflit contre l’Allemagne éclate, Pierre Victor Romain Édouard Ihllé est rappelé par décret de mobilisation le 1er août 1914. Ce n’est que le 6 septembre qu’il retrouve sa tenue de sergent.

Il y a de fortes probabilités pour que ce soit la distance comprise entre Rio de Janeiro et le dépôt du 218e R.I. qui soit entièrement responsable du délai aussi important entre la date de sa mobilisation et son arrivée à Pau.

Le 16 octobre 1914, il est à la 31e compagnie du 18e R.I. au camp de Ger.

Le 1er novembre 1914, il est nommé adjudant, grade dans lequel il ne reste que très peu de temps. Le 16 décembre 1914, il est promu sous-lieutenant de réserve. Ce changement prend rang à compter du 17 novembre 1914.

Le 9 mars 1915, il est affecté à un régiment nouvellement créé, le 418e R.I.. Les régiments 400 viennent tout juste d’être mis en place. Le sous-lieutenant Illhé rejoint la VIe armée sans être immatriculé à ce corps.

En fait, le nom de cet officier ne sera jamais inscrit sur les listes adressées au 418e R.I. par l’administration centrale ; celle-ci a pris la décision de l’envoyer au 202e R.I.. Il intègre ce régiment le 22 mars 1915.

Le 28 mai 1915, il passe lieutenant à titre temporaire.

Une note, laissée par son supérieur dans son carnet individuel de campagne, nous apprend qu’il ne maîtrise pas tout à fait l’art du commandement de compagnie. « 1915 : Très vigoureux, énergique, a donné, à plusieurs reprises, l’exemple de la bravoure et du sang-froid. Commande bien sa compagnie, mais a encore un peu d’expérience à acquérir à ce sujet. Lieutenant-colonel du 202e R.I.16/01/1916. »

Le lieutenant Illhé est cité une première fois pendant ce passage dans ce régiment.

Le 25 avril 1916, il est affecté au 149e R.I.. Trois jours plus tard, cet officier rejoint le régiment qui vient de terminer un passage à Verdun particulièrement éprouvant. L’équipe des cadres, qui a perdu beaucoup d’hommes, est en pleine reconstruction. Il est désigné pour prendre le commandement de la 8e compagnie.

Pierre Victor Romain Édouard Ihllé est ensuite détaché au centre d’instruction des commandants de compagnies pour y faire un stage du 22 mai au 11 juin 1916. Il y est noté de la manière suivante : « Officier très sérieux, très assidu. A toujours suivi les conférences et les exercices avec le plus grand désir d’apprendre. Assez bien en équitation. »

Maintenu au dépôt, il obtient trois permissions durant la deuxième moitié de l’année 1916. La première a lieu du 10 au 20 juillet inclus, la seconde se déroule du 17 au 23 octobre inclus et, la troisième, est donnée seulement quelques jours plus tard du  28 octobre au 3 novembre inclus.

Faisant plusieurs demandes écrites pour quitter le dépôt divisionnaire, il finit par obtenir satisfaction. Le lieutenant Illhé retourne au 149e R.I..

Fin 1916, le lieutenant-colonel Pineau écrit cette appréciation dans son carnet individuel de campagne :

« Vient d’arriver au corps actif. Inconnu du colonel. Est venu au régiment après 3 demandes successives, pour quitter le D.D., donne bonne impression. »  Lieutenant-colonel Pineau 23/12/1916. »

Le 1er janvier 1917, le lieutenant Illhé prend le commandement de la 1ère compagnie du 149e R.I..

Il obtient trois nouvelles permissions durant l’année 1917. La première commence le 10 juillet, elle se termine le 20. La seconde débute le 17 octobre, elle prend fin le 23.  La troisième démarre le 30 août et s’achève le 11 septembre.

C’est au tour du colonel Boigues de le noter, voici ce qu’il écrit le 29 septembre 1917 :

« Bon officier, exact, consciencieux et désireux de bien faire. Très discipliné, veut commander une compagnie. » Le colonel commandant le 149e R.I..»

Le régiment est en plein préparatif pour la bataille de la Malmaison. L’entrainement est intensif et méticuleux. Celui-ci va durer plusieurs semaines. Le lieutenant Illhé retrouve son commandement à la 1ère compagnie du régiment.

La photographie suivante le représente en compagnie des sous-lieutenants Boudène et Loubignac, trois jours avant sa mort.

Les_officiers_de_la_1ere_compagnie_du_149e_R

Le 23 octobre 1917, le lieutenant Illhé est mortellement blessé, touché dans la région carotidienne, au cours d’une attaque menée dans le secteur de la Malmaison. Il dirigeait sa compagnie, debout, à découvert, les jumelles à la main, avant d’être atteint par deux balles.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Carte_1_journee_du_23_octobre_1917_1er_objectif

Le sergent-major Maurice Sylvestre et le caporal Maurice Leclère, tous deux sous-officiers du 149e R.I., apportent le témoignage nécessaire qui va permettre au sous-lieutenant Auguste Fourneret, l’officier de l’État civil, de valider le décès de Pierre Victor Romain Édouard Ihllé.

Le lieutenant Illhé, est, dans un premier temps, inhumé par les soins du groupe des brancardiers de la 43e D.I., dans le petit cimetière militaire de Condé-sur-Aisne dans une sépulture qui porte le n° 276.

Exhumé dans les années 1920, le corps de cet homme ne repose pas dans une des nécropoles nationales érigées dans le département de l’Aisne. Il y a de fortes probabilités pour que les restes mortuaires de Pierre Victor Romain Édouard Illhé aient été restitués à sa famille.

Cet homme âgé de 36 ans ne s’est jamais marié et n’a pas eu de descendance. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune d’Izeste.

Monument_aux_morts_Izeste

Le lieutenant Illhé a obtenu les citations suivantes :

Citation à l’ordre de la IVe armée n° 276 du 10 juin 1915.

« Sous un très violent bombardement, a maintenu sa section dans la tranchée de 1ère ligne et par son esprit de décision et son sang-froid, a sauvé deux hommes de sa section, ensevelis par une bombe »

Citation à l’ordre de l’armée (J.O du 17 janvier 1918).

« Officier modèle, dont le courage, la bravoure et le sang-froid étaient légendaires au régiment. Tué glorieusement le 23 octobre 1917, en marchant à la tête de sa compagnie à l’assaut.»

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le mémento du lieutenant Illhé provient de la collection de P. Lamberti.

La construction de la généalogie du lieutenant Illhé a été rendue possible grâce aux recherches effectuées sur le site des archives départementales des Pyrénées-Atlantiques.

La photographie du monument aux morts d’Izeste provient du site « Wikimedia Commons ».

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J. Huret, à P. Lamberti, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et à la mairie d’Izeste.

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