Paul_Julian

Si la biographie de Paul Julian devait être nourrie avec les renseignements fournis par sa fiche signalétique et des services, elle ne se résumerait à pratiquement rien et elle ne figurerait pas dans ce blog.

Sa fiche ne porte même pas la mention de son affectation pendant plusieurs années au 149e R.I. ! Heureusement, la famille a conservé précieusement, de génération en génération, les courriers de cet homme, inestimables documents, pour à la fois conserver son souvenir et reconstruire l'histoire de son parcours.

Que ce texte soit un moyen de faire découvrir ce soldat du 149e R.I. et de participer à la conservation de sa mémoire.

Paul Antoine Julian voit le jour le 23 janvier 1896 dans la maison parentale. Quatrième d’une fratrie de 8 enfants, il est né dans la commune de Valréas, ville de l’enclave des papes, situé dans le département du Vaucluse. Une de ses sœurs aînées est décédée dans des conditions dramatiques. À l’âge d’un an, elle s’est noyée dans une cave après avoir fait une chute en passant par le soupirail.

Une seconde sœur de Paul, Louise, a été victime d’un grave accident, dans la petite enfance. Elle est tombée dans le feu de cheminée. Grièvement brûlée au visage,  elle est restée aveugle et défigurée. Paul l’avait pris sous sa protection. Elle portera toute sa vie un médaillon avec le portrait de son frère.

À la naissance de Paul, sa mère, Pauline Thérèse Fabre, est âgée de 31 ans. Antoine, son père, en a 35. Tout le monde dans le village l’appelle « Toinet ». D’ailleurs, tous les fils d’Antoine et de Pauline porteront le surnom de « Toinet » à l’âge adulte, ceci pour les différencier des autres Julian.

Le père travaille comme cultivateur sur la déclaration, mais derrière le vocable administratif se cache une autre activité professionnelle, liée à l’agriculture. Il était également distillateur de lavande et bouilleur de cru.

Genealogie_Paul_Julian

Paul fréquente l’école communale du village jusqu’à l’obtention de son certificat d’étude primaire le 25 juillet 1909.

En 1914, il travaille chez le tailleur Rey à Valréas.

Le 1er août 1914, le gouvernement français déclare la mobilisation générale. Toutes les jeunes classes de réservistes se préparent à rejoindre leurs dépôts d’affectation. Paul Julian n’est pas directement concerné par tous ces évènements, puisqu’il fait partie de la classe 1916. Mais il ne souhaite vraiment pas attendre l’appel de sa classe qui sera avancée au mois avril 1915. Le jeune homme se rend à la mairie de sa ville natale dès le 29 août 1914, où il signe un engagement volontaire pour la durée de la guerre.

Affecté au 52e R.I., Paul Julian rejoint la caserne Saint-Martin, dépôt du régiment de Montélimar, le 14 septembre 1914, pour être formé au métier de soldat.

Il intègre la 27e compagnie du régiment. Des marches régulières allant de 15 à 30 kilomètres l’attendent. L’exercice est pénible. Paul est déclaré meilleur tireur de sa compagnie. Il se rend ensuite au camp de Chambaran pour participer à des manœuvres avec d’autres régiments.

À la fin du mois d’octobre, il participe à de nouvelles manœuvres près de La Bâtie-Rolland où sa compagnie cantonne.

En tant qu’engagé volontaire, il accède très rapidement à la formation de caporal puisqu’il est nommé à ce grade vers le 13 novembre. C’est à partir de cette période qu’il devient mobilisable.

Un groupe de 100 hommes quitte le dépôt le 22 novembre 1914. Le caporal Julian ne fait pas partie du nombre. Il vient de recevoir l’ordre de rester à la 27e compagnie pour instruire 300 réservistes réformés qui viennent d’arriver. Certains ont 42 ans.

Quelques jours plus tard, Paul cantonne à Dieulefit. Toujours rattaché à la 27e compagnie, il en commande la 14e escouade.

Le 22 janvier 1915, il a sous sa responsabilité les hommes d’une des deux escouades de la 9e section.

Paul JULIAN 52e R

Paul, à droite sur le cliché, se fait photographier avec quelques-uns de ses camarades, quelque temps avant de quitter le dépôt du 52e R.I.. Il envoie à sa sœur Rose cette photo carte non datée.

« Chère sœur,

Avant de partir pour le front, j’ai voulu t’envoyer ma photo, j’ai pensé qu’elle te ferait plaisir. Je t’embrasse bien fort, Paul. »

Le 17 février 1915, le caporal Julian est dans la zone des armées. Il a quitté le dépôt du 52e R.I. les jours précédents. À cette date, il cantonne au  village de Camblais-Chatelain, une petite commune du Pas-de-Calais.

Une lettre adressée à sa famille, datant du 27 février, nous fait savoir qu’il a donné, pour que son courrier lui parvienne, l’adresse du secteur postal du 17e R.I où il a intégré la 13e compagnie du régiment.

Il s'agit probablement d'une affectation au 9e bataillon. Le 17e R.I., comme tous les autres, n'a que 3 bataillons qui sont répartis en 12 compagnies. Le 14 mars il est envoyé en renfort au 149e R.I. pour rejoindre les effectifs de la 8e compagnie.

Ce régiment combat dans le secteur d’Aix-Noulette, en Artois, depuis le mois de janvier.

Le 15 avril, le 149e R.I. est au repos du côté de Barafle. Paul confie à la famille que le régiment va bientôt retourner aux tranchées. Le 20 avril, il leur donne des consignes qui trahissent sa première montée en ligne le jour même.

Paul_Julian_149e_R

Cette photographie est envoyée à la famille le 30 avril 1915. La diversité des uniformes et le port par quelques hommes du « plat à tarte », officiellement porté par toutes les troupes quelques semaines seulement, sont typiques de cette époque. On voit des effets de début de guerre mélangé à des capotes modèle 1877 de couleur bleu horizon et d'autres Poiret du 1er type.

Ce cliché a peut-être été réalisé par Albert Breuvart, photographe à Sains-en-Goyelle, très peu de temps après l’arrivée du caporal Julian au 149e R.I.. Ce mélange des tenues pourrait expliquer que certains de ces soldats aient ajouté « 149 » à la craie sur leurs effets qui sont encore dépourvus des marquages réglementaires.

Une autre possibilité est à envisager, ces hommes auraient tout aussi bien pu être photographiés au cours d’une période de repos de quatre jours en 3e ligne, du côté d’Aix-Noulette. Cette ligne était qualifiée de position de soutien. La présence d’un bataillon du 149e R.I. à cet endroit indique qu’il vient de passer une période de quarante-huit heures en 1ère ligne, puis une seconde en 2e ligne.

Un petit texte rédigé à l’attention d’une de ses sœurs aînées accompagne ce cliché.

« Chère Rose,

Comme je te l’avais promis, je t’écris encore aujourd’hui et je t’envoie ma photo et celles de mes camarades. La photo n’est pas de grande valeur, mais elle nous ressemble beaucoup. J’ai pensé que cela te ferait plaisir. Nous partons encore ce soir pour les tranchées. En attendant de tes nouvelles, je t’embrasse bien fraternellement. Paul »

En mai 1915, Paul participe, avec sa compagnie, commandée par Martin Jeské, un Letton combattant pour l’armée française, à plusieurs attaques très coûteuses en vies humaines du côté du Fond-de-Buval, près de Notre-Dame-de-Lorette. Les conditions de vie du moment expliquent peut-être ce qui lui arriva peu après.

C’est en juin 1915 que le jeune homme est touché par des problèmes de santé. À cette époque, malgré la vaccination, il contracte la fièvre typhoïde.

S’en suit un parcours de soins dans divers hôpitaux de l’arrière.

Du 4 au 20 juin, Paul est évacué à Auchel, un petit village du Pas-de-Calais, pour être soigné à l’hôpital Mines de Marles.

Il est ensuite pris en charge par les médecins de l’hôpital annexe de Vayson, à Abbeville, dans la Somme, entre le 22 juin et le 15 juillet. Pour finir, le caporal Julian est envoyé au dépôt de convalescence n° 88 à Querqueville, une ville qui se trouve  à 2 kilomètres de Cherbourg, où il reste plusieurs semaines.

Le 2 août 1915, il quitte l’hôpital pour retrouver sa famille durant une poignée de journées.

Une fois guéri, il passe d'abord par le dépôt  du 149e R.I., où il intègre une compagnie de convalescents, car il n'est pas encore considéré comme étant apte à retourner au front.

Grâce à sa correspondance, on voit quel fut son parcours :

D'abord mis dans la 28e compagnie, une unité réservée aux inaptes, Paul Julian rejoint rapidement la 27e compagnie du dépôt où sont regroupés les hommes qui peuvent faire campagne. Toutefois, il ne va pas sur le front.

Avec plusieurs caporaux de la classe 14, il devient instructeur des jeunes recrues de la classe 17. Il n'a que 21 ans, mais sa connaissance du front pendant plusieurs mois, dans un de ces secteurs les plus difficiles, a certainement contribué en sa faveur pour que ses chefs fassent ce choix. Étonné de voir que des jeunes recrues sans expérience obtiennent le grade de sergent, il est tenté de rendre ses galons

Il est affecté à la 25e compagnie du dépôt d’Épinal qui accueille les classes 1917.

Fin mars 1916, Paul apprend qu’il va bientôt rejoindre le front. Le 149e R.I. a été sérieusement malmené dans le secteur de Verdun. Le 28 mars, il quitte Épinal, certainement pour aller au dépôt divisionnaire.

Le 18 avril, il est dans le train pour retrouver le 149e R.I. qui est au repos à Sommes-Vesles et à Poix.

Une fois sur place, il est affecté à la 2e compagnie du régiment. Cette compagnie a été sérieusement touchée durant l’attaque du 3 avril. L’offensive devait permettre la reprise du village de Vaux-Devant-Damloup, mais ce fût un véritable échec. Il faut maintenant reconstituer les effectifs.

Mai 1916, le 149e R.I. occupe des positions du côté de Mesnil-les-Hurlus et des buttes de Tahure. Paul Julian parle d’un secteur plutôt tranquille dans les lettres qu’il adresse aux siens.

Le 10 juin 1916, le jeune homme est à Troyes. C’est le chemin du retour au régiment après avoir passé quelques jours de permission à Valréas.

Durant une période de trois mois, le 149e R.I. alterne des périodes de premières lignes et de repos sans subir ou lancer de grosses attaques.

Il n’y a seulement qu’un évènement marquant durant ce trimestre. Un coup de main a  lieu le 9 juillet. Il est effectué par une section de grenadiers de la 3e compagnie et par deux sections de la 10e compagnie.

C’est ensuite une période d'entraînement dans la région de Châlons-sur-Marne qui attend Paul et ses camarades de régiment. Après avoir fait un bref séjour au camp de Crèvecœur, les hommes du 149e R.I. se retrouvent engagés dans la bataille de la Somme près de Soyécourt.

La 2e compagnie du 149e R.I., celle du caporal Julian, est en réserve de brigade avec le reste du 2e bataillon. Elle ne participe pas directement aux combats.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette période, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Le_chemin_creux_de_Soy_court

Après les évènements de Soyécourt, le caporal Julian quitte temporairement sa compagnie pour être affecté à la 4e compagnie du dépôt divisionnaire, non loin du front. Il n’y a aucune explication à cette situation : est-ce à la suite d’une maladie n'ayant pas conduit à son départ de la zone des armées ? A-t-il été nommé formateur ? Autres raisons ?

Impossible de savoir ce qui s’est passé avec les éléments connus de sa vie. Fin octobre 1916, le caporal Julian est de nouveau à la 2e compagnie du 149e R.I. relayant des périodes de repos et d’occupation de tranchées dans le secteur de la sucrerie d’Ablaincourt.

Ce n’est qu’à la fin du mois de novembre que le 149e R.I. quitte le secteur de la Somme.

Le régiment est ensuite mis au repos et à l’instruction intensive au camp de Villersexel. Il prend également possession de tranchées de 2e ligne dans le secteur Seppois-Largitzen.

Le caporal Julian quitte la Haute-Alsace en avril 1917 pour se rendre dans la région de Montmirail.

En mai, le 149e R.I. occupe un secteur au chemin des Dames, à l’ouest du fort de la Malmaison.

En juillet 1917, il bénéficie d’une permission qui lui permet de revenir au pays quelques jours.

Juste après son retour, Paul entame un stage de grenadier qui se termine le 23 août 1917. Pendant cette période de formation, l'explosion d'une grenade manque de le tuer. À ce moment, il espère obtenir une permission fin octobre. Les circonstances vont faire que la fin de ce mois ne fut pas ce qu’il espérait.

En septembre, il participe à des exercices avec les « tanks ».

Le 23 octobre 1917, le jeune homme participe à la bataille de la Malmaison. Sa compagnie, sous les ordres du capitaine Robinet, est aux premières  loges ; elle fait partie de la première vague d’assaut.

À cette occasion, il reçoit sa première citation. Elle dresse de Paul un portrait élogieux : courage exemplaire, calme remarquable, volontaire pour des missions dangereuses.

Le 11 février 1918, Paul Julian commence un stage de mitrailleur qui durera 45 jours au C.I.D. de la 43e D.I.. Durant cette période, il est en subsistance à la 12e  compagnie du 158e R.I.. La division se trouve dans un secteur calme dans le département des Vosges.

Le caporal Julian n’a pas été muté dans une compagnie de mitrailleuses après avoir fait son stage. Les quelques éléments qui figurent sur son acte de décès ne vont pas dans ce sens. Son affectation aurait pu arriver plus tard. Il fait un stage puis retourne à son unité. Si une place de caporal dans une compagnie de mitrailleuse s’était libérée, il aurait pu changer de poste.

La première offensive allemande du 21 mars 1918 oblige le commandement français à puiser des troupes sur les fronts « passifs » pour se constituer des réserves. La 43e D.I. fait partie de ces unités. Elle est retirée du secteur vosgien pour rejoindre le département de l’Oise, prête à être engagée à tout moment.

Arcy_Sainte_Restitue

Le 27 mai 1918, Paul monte dans un des camions qui s’acheminent vers Braine, une commune qui se situe dans le département de l’Aisne. Les Allemands sont en train de renouveler leur opération du 21 mars 1918.  Ils viennent de lancer une attaque d’envergure sur le chemin des Dames. Les anciens du 149e R.I. reviennent dans un secteur qu’ils connaissent bien puisqu’ils l’ont occupé durant l’été 1917. Les véhicules déposent les hommes du régiment du lieutenant-colonel Vivier à Arcy-Sainte-Restitue. Aussitôt engagé dans la bataille, le 149e R.I., après une bonne résistance, finit par céder du terrain.

Le caporal Julian est noté comme disparu dès le 28 mai 1918.

La veille de sa disparition, il a eu le temps d’écrire cette lettre à ses parents : 

Derniere_lettre_ectite_par_Paul_Julian

« Chers parents, je suis fort étonné de ne pas recevoir de vos nouvelles, car depuis mon retour je vous ai déjà écrit. Nous quittons le cantonnement ce soir et nous embarquons en auto pour une destination inconnue. J'ai vu Autrand il y a trois jours. Il n'est pas encore allé en permission. En attendant de vos nouvelles, je vous embrasse de tout cœur. P. Julian »

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Secteur_de_la_cote_140_pres_d_Arcy_Sainte_Restitue

Au début du mois d’août, la famille tente auprès de la Croix Rouge une recherche qui aurait pu lui permettre de savoir si le caporal Julian est détenu en Allemagne (la demande est réceptionnée le 13). Quelques jours plus tard, les parents de Paul obtiennent une réponse qui met fin à l’atroce attente, mais elle ne vient pas de la Croix-Rouge.

Le 17 août 1918, le chef de bureau de comptabilité du 149e R.I. adresse une lettre manuscrite au maire de Valréas.

« J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien, avec tous les ménagements nécessaires dans la circonstance, prévenir la famille Jullian, distillateur domicilié à Valréas, que le caporal Julian Paul Antoine n° matricule 13059 de la 2e compagnie, n° 1335 au recrutement d’Avignon, classe 1916, est signalé disparu le 28 mai 1918 à Arcy-Sainte-Restitue (Aisne).

Je vous serais très obligé de présenter à la famille les condoléances de Monsieur le Ministre de la guerre et de me faire connaître la date à laquelle votre mission aura été accomplie. N° 1115 dans l’accusé de réception. »

La réponse de la Croix rouge arrive le 18 septembre suivant, sans surprise. Aucune trace de présence de Paul dans un des camps de prisonniers en Allemagne.

Fiche_Croix_Rouge__Paul_Julian

Le décès de Paul Julian est officialisé le 6 janvier 1922 par le tribunal civil de 1ère instance d’Orange qui valide la date de sa mort au 28 mai 1918.

Le caporal Julian a obtenu la citation suivante :

Citation à l’ordre de la division n° 267  du 20 février 1918.

« Très bon caporal, d’un courage exemplaire et d’un calme remarquable.Toujours aux endroits les plus exposés. Pendant l’attaque du 23 octobre 1917, s’est offert, à plusieurs reprises, pour aller aux renseignements dans des circonstances extrêmement difficiles »

Paul Julian a été inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire à titre posthume publié dans le journal officiel du 4 janvier 1923.

« Caporal d’une bravoure réputée, tombé glorieusement, le 28 mai 1918 à Arcy-Sainte-Restitue »

Cette inscription lui donne également droit à une seconde étoile d’argent sur sa croix de guerre.

Le nom du caporal Julian figure parmi ceux qui sont inscrits sur le monument aux morts de la ville de Valréas. Il n’a pas de sépulture connue. Sa famille conserve toujours précieusement les souvenirs de cet homme qui ne s'est pas marié et n'a pas eu de descendance. Cette disparition fut un traumatisme considérable pour la famille, pendant des décennies. Le fait qu'il soit disparu, qu'aucune information n’ait pu permettre d'avoir des certitudes, fit longtemps espérer un retour.

Paul_Julian_hommage_de_la_nation

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

La fiche signalétique et des services de Paul Julian a été consultée sur internet.

Les photographies de Paul Julian qui peuvent se voir ici proviennent de la collection familiale.

Les informations concernant le parcours militaire et l’histoire de la famille du caporal Julian ont été fournies par F. Thomas.

Un grand merci à M. Bordes, à F. Thomas et sa famille, A. Carrobi, à A. Vigne, aux archives départementales du Vaucluse et au Service Historique de la Défense de Vincennes.