06 octobre 2017

Derniers préparatifs avant l’attaque de la Malmaison.

Groupe_de_soldats_du_149e_R

Depuis la mi-septembre 1917, une grande partie des journées des soldats du 149e R.I. sont consacrées à la méticuleuse préparation d’une attaque qui doit se dérouler dans le secteur de la Malmaison. La 43e D.I. fait partie des unités qui vont bientôt être sollicitées pour participer à ce combat. Les 3 bataillons du 149e R.I. s’apprêtent à remonter dans le secteur de la 1ère ligne.

16 octobre 1917

C’est une journée favorable à l’observation aérienne. Une météo clémente permet de terminer, dans de bonnes conditions, les réglages d’artillerie et de vérifier les barrages de 75 au-delà des 1er et 2e objectifs.

L’artillerie ennemie se montre également très active avec ses tirs de destruction sur les premières lignes françaises et ses tirs de harcèlement sur leurs arrières.

Une note informe les chefs de corps que le 16 octobre 1917 est donné comme J-5.

Les premiers transports, qui doivent acheminer les troupes d’infanterie de la zone de repos dans la zone arrière de secteur, commencent à partir de cette date.

 Les hommes du 1er bataillon du 149e R.I. et de la C.M. 3 sont à Chouy. En fin d’après-midi, les 665 hommes de ces deux unités embarquent dans les camions pour prendre la direction de Billy. Quatre véhicules sont également utilisés pour le transport du matériel.

17 octobre 1917

La préparation d’artillerie débute conformément au plan d’emploi. Les  premières destructions sont amorcées dans des conditions d’excellent rendement.

Les 5 compagnies de mitrailleuses de la 170e D.I., chargées des tirs d’interdiction, s’établissent dans la tranchée du Serin au cours de la journée. Elles ouvrent le feu peu après la tombée de la nuit.

Dans la nuit du 17 au 18, des patrouilles d’infanterie sont envoyées pour vérifier les dégâts réalisés dans les réseaux et dans la 1ère ligne allemande. Elles signalent que la tranchée du Blocus a été particulièrement bouleversée. Elle semble même abandonnée.  Les responsables de ces reconnaissances font également savoir à leurs supérieurs que l’ennemi tient toujours le Rumpler et les Lassitudes.

Des ordres sont donnés pour activer les travaux de protection contre les bombardements aériens dans les camps et les cantonnements.

Un système d’écriteaux complet et à jour commence à être posé dans les tranchées et les boyaux. Cet aménagement doit faciliter au maximum le déplacement des troupes pour qu’elles puissent gagner leurs positions le plus rapidement possible.

Le 2e bataillon du 149e R.I. est à Louâtre et le 3e bataillon à Villers-le-Petit.

Lieux_de_cantonnements_des_2_et_3e_bataillons_du_149e_R

18 octobre 1917

L’artillerie et l’aviation française sont très actives durant toute la journée.

Le 2e bataillon du 149e R.I. doit se rendre par voie de terre à Billy.

Le 3e bataillon du 149e R.I. et la 2e C.M. sont transportés par camions pour aller cantonner à Billy. Cinq cents hommes du bataillon Putz et une compagnie de mitrailleuses embarquent à Noroy-sur-Ourq.

Albert Marquand témoigne :

«  18 octobre, 8 h 00,

Ciel gris, nuages bas, un jour morne, triste, éclaire faiblement la campagne. À l’embranchement de la route Soissons à Billy-sur-Aisne, une file interminable d’autos-camions boueux ralentit, puis s’immobilise au bord de la chaussée. Quelques hommes équipés descendent  lourdement, s’étirent et grognent, tout en posant les pieds avec précaution dans la boue liquide de la route. Un cri à l’extrémité du convoi : « En bas ! » se répète aussitôt jusqu’aux derniers camions, là-bas, dans le village. Une foule de soldats « bleu horizon » sautent péniblement des voitures. Les sacs et les fusils passés de mains en mains, les autos démarrent lentement et disparaissent une à une.

Sur le bas-côté de la route, c’est un véritable grouillement. Après des cris de rassemblement, des coups de sifflets etc., l’ordre finit par régner, et on distingue maintenant un bataillon d’infanterie au complet, en tenue de campagne, c’est le 3e bataillon du 149e R.I., qui attaquera, dans quelques jours, le plateau de la Malmaison… »

La 1ère série des C.M. de la 43e D.I. qui a remplacé les C.M. de la 170e D.I. dans la tranchée du Serin, prend le relais pour les tirs d’interdiction.

Les hommes sont informés que l’engagement des troupes est décalé de 24 heures et que le 19 sera donné comme J-3.

Dans la nuit du 18 au 19, les bataillons d’attaque entrent en secteur pour venir stationner dans la zone des réserves. Le 1er bataillon du commandant de Chomereau de Saint-André quitte Billy pour se rendre dans le secteur du bois de Volvreux.

19 octobre 1917

Le mauvais temps et l’augmentation de la durée de la préparation d’artillerie obligent à ralentir la cadence des tirs du côté français, contrairement aux Allemands qui, eux, augmentent la leur, particulièrement sur la région du Toty.

Le 2e bataillon du 409e R.I. met ses compagnies à disposition de la 43e D.I. à raison d’une compagnie par régiment et par groupement de B.C.P.. Ces hommes seront utilisés pour ravitailler les unités de la 43e D.I. le jour J de l’attaque.

Le service de liaison par coureurs est organisé entre les divers P.C. et P.O..

Dans la nuit du 19 au 20, la 2e série de C.M. de la 43e D.I. continue ses tirs d’interdiction. Les Allemands profitent de l’obscurité pour surprendre les postes français avancés en envoyant des patrouilles plus nombreuses dans la matinée du  20.

Les bataillons du 149e R.I. occupent les positions de la veille. Le 1er bataillon occupe le bois de Volvreux, à l’est de Chantereine et les 2e et 3e bataillons du régiment sont installés à Billy.

20 octobre 1917

Le temps s’améliore, mais la visibilité reste mauvaise. Ces conditions météorologiques rendent le contrôle des tirs d’artillerie difficile.

Les artilleurs français effectuent des tirs violents au lever du jour et à la tombée de la nuit. S’ils parviennent à maintenir leurs tirs de harcèlement, leur activité au cours de la journée tourne au ralenti. La réaction allemande est également plus faible. Ils envoient de nombreux obus vésicants sur le secteur occupé par la 43e D.I..

Dans la nuit du 20 au 21, les bataillons d’attaque de la 43e D.I. relèvent en première ligne, les éléments de la 170e D.I.. Les bataillons de soutien et de réserve prennent les emplacements prévus au plan d’engagement pour le jour J-1.

Le 1er bataillon du 149e R.I. gagne les tranchées d’où partira l’attaque. Il  relève le bataillon de 1ère ligne du 170e R.I.,  disposant, en arrière, des tranchées et abris jusqu’au Serin inclus.

Pont_de_Conde_sur_Aisne

Le 3e bataillon du 149e R.I. laisse Billy derrière lui. Sa tête de bataillon passe le pont de Condé à 20 h 00 pour gagner le secteur de la ferme de Colombe.

Le 2e bataillon du 149e R.I. quitte également Billy. La tête de son bataillon franchit le pont de Condé à 21 h 00. Les hommes du commandant Schalck s’installent dans le bois de Volvreux, à l’est de Chantereine.

Carte_1_journee_du_20_octobre_1917

Legende_carte_1_journee_du_20_octobre_1917

Les relèves, conformément au plan d’engagement de la 43e D.I., se déroulent sans incident. Tout doit également être fait pour empêcher au maximum les coups de mains de l’ennemi.

Les troupes en secteur de division reçoivent l’ordre d'entretenir elles-mêmes leurs tranchées et leurs boyaux.

Les C.M. de la 170e D.I. relèvent celles de la 43e D.I. pour l’exécution des tirs d’interdiction.

Plusieurs patrouilles,envoyées dans la nuit, confirment les progrès réalisés dans la destruction des premières lignes allemandes.

21 octobre 1917

Un nouveau décalage d’attaque est notifié dans l’après-midi du 21. Les deux derniers jours de la préparation ne permettent qu’une faible utilisation de l’aviation pour les réglages des tirs, en raison d’un brouillard persistant. Toutefois, quelques photographies ont pu être prises. Celles-ci montrent que le travail d’artillerie a été plutôt bon. Elles localisent également de manière précise les points qui ont été insuffisamment bombardés.

Les mouvements de troupes prévus pour la nuit du 21 au 22 octobre sont reportés à la nuit du 22 au 23 octobre.

Des reconnaissances sont effectuées sur tout le front de la 43e D.I.. L’artillerie française continue ses tirs d’interdiction et de destruction.

22 octobre 1917

Le jour J est de nouveau décalé. Il est fixé au lendemain. L’heure du déclenchement de l’attaque est prévue à 5 h 15.

L’artillerie française accentue ses tirs.

Les derniers ordres préliminaires à l’attaque sont donnés.

Les corps de groupe terminent les distributions concernant l’équipement des hommes pour l’attaque.

Chaque officier est revêtu d’un uniforme et d’un équipement semblables à ceux de leurs hommes, aussi peu apparents que possible, pour ne  pas être identifié par l’ennemi. Il ne doit pas porter le sabre durant l’attaque.

Les soldats ont laissé leurs sacs à dos à l’arrière. Ils ont emporté avec eux deux étuis-musettes qui contiennent une journée de vivres de jour et deux jours de vivres légers. Les hommes sont équipés d’une toile de tente roulée en sautoir, de deux bidons, d’un outil portatif, d’un bengale, d’un panneau de toile, à raison de 64 par compagnie, et de cinq sacs de terre. Ceux qui sont armés d’un fusil ont reçu 88 cartouches.

Les reconnaissances se multiplient dans la nuit du 21 aux 22. Elles constatent les bouleversements et l’inoccupation des premières lignes allemandes, mais l’ennemi tient toujours fortement sa ligne de soutien.

Les troupes s’installent aux emplacements prévus pour le début des combats dans la nuit du 22 au 23. Les compagnies de mitrailleuses de la 170e D.I. continuent les tirs d’interdiction.

Pour les hommes, l’attente reste longue et angoissante. La bataille de la Malmaison a été reportée plusieurs fois.  Nous pouvons aisément nous imaginer que certains d’entre eux aient pu espérer que l’attaque se déclenche au plus vite et que pour d’autres, au contraire, ils aient été soulagés par l’idée de gagner quelques heures de vie supplémentaire avant de se lancer à l’assaut.

Sources

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. du 170e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 707/15.

J.M.O. du 409e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 768/13.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps,à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire, Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Le véhicule figurant sur le montage, et toujours en état de fonctionnement, appartient à D. Bleunven.

Un grand merci à M. Bordes, à F. Barbe, à D. Bleunven, à A. Carobbi, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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13 octobre 2017

Jules Camille Champion (1894-1915).

Jules_Champion

Jules Camille Champion est né le 31 mars 1894, dans la commune de Poulangy dans la Haute-Marne. Il est le second d’une fratrie de 6 enfants.

Lorsqu’il voit le jour, son père, Henri Alexis, âgé de 29 ans, travaille comme coutelier. Sa mère, Émilie Victorine Mathilde Petitot, sans profession, est âgée de 22 ans.

L’instituteur Joseph Nicolas Gillot ainsi que le cultivateur Simon Garnier accompagnent Henri Alexis à la mairie pour cette déclaration de naissance. Ensemble, ils vont signer le registre d’état civil présenté par l’administrateur du village Hippolyte Patard.

Lorsque Jules quitte l’école primaire, il sait lire, écrire et compter. Il travaille ensuite comme employé de commerce.

L’année de ses vingt ans, il doit se rendre à Nogent pour passer devant le conseil de révision. Inscrit sous le n° 18, il est pesé, toisé et ausculté par les médecins de l’armée ; Jules est déclaré « bon pour le service ». Le jeune homme se retrouve donc enregistré dans la 1ère partie de la liste de l’année 1914.

Appelé plus tôt que prévu sous les drapeaux pour cause de guerre, Jules Champion se retrouve incorporé en même temps que les autres jeunes de sa classe en septembre 1914.

Le 4 septembre 1914, il se rend au 149e R.I., un régiment spinalien, pour être initié au métier des armes.

Jules est considéré comme « soutien de famille ». Son père étant décédé, il a en charge, au moins en partie, sa famille. Ce soutien permet à sa mère de recevoir une petite allocation journalière, pendant qu’il est sous les drapeaux, pour compenser son départ.

Envoyé aux armées le 28 mai 1915, il est affecté à la 1ère compagnie du régiment. Jules arrive avec un renfort après les combats sanglants de mai 1915 en Artois. Le régiment, depuis son arrivée à la fin de l’année 1914, n’a pas quitté ce secteur qui est alors un des plus dangereux,

Le soldat Champion est tué le 16 juin 1915 au cours d’une attaque qui a lieu près d’Aix-Noulette.

Le nom de ce soldat figure bien dans la liste des pertes du régiment à la date du 16 juin, mais son décès, qui a été validé par un jugement rendu par le tribunal de Chaumont, est officialisé à la date du 18 juin 1915.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés durant cette période, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

16_juin_1916

Enterré dans un premier temps en Artois, son corps est restitué à la famille dans les années 1920 pour être inhumé dans le cimetière communal du village de Poulangy.

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Le nom de ce soldat est inscrit sur le monument aux morts de sa commune natale.

Jules Camille Champion a été décoré de la Médaille militaire à titre posthume. Cette décoration lui donne également droit à la Croix de guerre avec étoile de bronze. Il  ne s’est pas marié et n’a pas eu de descendance.

Sources :

La fiche signalétique et des services et l’acte de naissance du soldat Champion ont été consultés sur le site des archives départementales de la Haute-Marne.

La photographie de la plaque émaillée figurant sur le montage a été réalisée par P. Baude.

Le cliché de la sépulture du soldat Champion a été réalisée par P. Baude.

L’acte de décès de ce soldat m’a été envoyé par la mairie de Poulangy.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à P. Baude, à V. Le Calvez, aux archives départementales de la Haute-Marne, à la mairie de Poulangy et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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20 octobre 2017

23 octobre 1917… Positions du 149e R.I. avant le déclenchement de l’attaque de la Malmaison.

Les_officiers_du_149e_R

L’attaque de la Malmaison, initialement prévue pour le 20 octobre 1917, a dû être décalée de 72 heures. Les officiers supérieurs n’étaient pas satisfaits des préparatifs d’artillerie et la météorologie n’était pas vraiment favorable pour envoyer les troupes à l'assaut dans de bonnes conditions.

Comme pour toutes les unités de la 43e D.I., l’engagement du 149e R.I. doit se faire en deux phases bien distinctes.

Emplacement du 149e R.I. et objectifs d’attaque

Le régiment est encadré à sa droite par le 109e R.I., une unité dépendante de la 13e D.I., et, à sa gauche, par le 158e R.I., régiment frère de l’I.D. 43.

Les objectifs qui ont été fixés pour le régiment sont les suivants :

1er objectif

Cote 191,1 qui doit être atteinte en deux bonds.

1er bond :

Route de Maubeuge jusqu’à la limite ouest du régiment.

Le 1er bond, qui débutera à l’heure H, doit être effectué à la vitesse de 100 mètres en deux minutes durant les 200 premiers mètres, puis à la vitesse de 100 mètres en trois minutes.

2e bond :

Observatoire 195.1, carrefour du boyau d’Erfurt et de la piste allant du talus 3448 à 2746, tranchée de la Loutre, cette piste allant jusqu’à la limite ouest de la zone d’action du régiment.

1er_objectif_2e_bond_du_149e_R

Legende_1er_objectif_2e_bond_du_149e_R

Le 2e bond qui commence à l’heure H + 1 heure doit être effectué à la vitesse de 100 mètres en trois minutes.

2e objectif

Route de Chavignon – Pinon jusqu’à 92.3, les Vallons.

Positions des bataillons du régiment

Le 149e R.I. qui se trouve sous la responsabilité du colonel Boigues est réparti en deux lignes.

La 1ère ligne est couverte par le 1er bataillon qui est sous le commandement du commandant de Chomereau de Saint-André.

Le 3e bataillon du commandant Putz est placé juste derrière, en position de soutien.

Ces deux bataillons permuteront au moment de se lancer sur le 2e objectif.

Le 2e bataillon du régiment, sous les ordres du commandant Schalck, se trouve en réserve d’infanterie divisionnaire.

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Legende_carte_emplacements_des_3_bataillons_du_149e_R

Les régiments qui encadrent le 149e R.I. adoptent une formation de combat similaire avec deux de leurs bataillons de tête.

Moyens donnés au régiment pour mener à bien son attaque

Pour accomplir son attaque, Le 149e R.I. dispose de trois groupes de 75 qui formeront un groupement sous l’autorité du commandant Audibert du 222e R.I. et d’un groupe de 155 C.

Le régiment possède également un groupe de deux mortiers Stocke servi par des bombardiers du corps. Ils sont destinés à suivre l’infanterie dans sa progression.

Une batterie de 3 chars est affectée au régiment. Cette batterie est placée, dans la nuit de J-1 à J, à la carrière des Obus.

Les mitrailleuses du 149e R.I. qui font partie des cent vingt pièces, relevées par tiers, assurent, pendant la période de préparation, des tirs interdictions spéciaux.

Des dispositions ont été prises pour que les mitrailleuses qui appartiennent au régiment soient remises le matin du J-2 à la disposition de ses bataillons.

Emplacements des P.C., P.S., des dépôts de vivres et de matériels du 149e R.I..

Le P.C. du régiment est installé au P.C. Armure. Les dépôts de munitions sont aux abris de l’Armure, le dépôt de vivres à la Crête Colombe. Le P.S. est installé au boyau 2, entre les tranchées de l’Armure et du Serin.

Le P.C. du 1er bataillon du commandant de Chomereau de Saint-André se trouve à la tranchée des Territoriaux, dans l’abri 64 bis, nommé P.C. d’Épinal. Le dépôt de munitions est dans l’abri 63 bis qui se trouve également dans la tranchée des Territoriaux. Le dépôt de vivres est à la Crête Colombe. Le P.S. est installé au boyau 2, entre les tranchées de l’Armure et du Serin.

Le P.C. Pigeon occupé par le bataillon de soutien du commandant Putz est placé à l’abri neuf n° 66 au sud-ouest du P.C. Colombe.

Exécution de l’attaque menée par le 149e R.I..

Elle doit avoir lieu au jour J et à l’heure H, en se réglant uniquement sur la montre, sans signaux d’aucune sorte.

Sources

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. du 170e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 707/15.

J.M.O. du 409e R.I... S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 768/13.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps,à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Les morceaux de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly qui sont utilisés ici sont datés du 26 août 1917.

Un grand merci à M. Bordes, à F. Barbe, à A. Carobbi, à M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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23 octobre 2017

Une vue d’ensemble avec l’artillerie spéciale numéro 8…

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Préparations

Un groupement de chars Schneider, composé des groupes 8, 11 et 12, et un groupement de chars Saint-Chamond, comprenant les groupes 31 et 33, sont désignés pour participer à la bataille de la Malmaison. L’ensemble de ces chars est sous le commandement du lieutenant-colonel Wahl.

Les groupes Schneider sont composés de 12 chars de combat, répartis chacun en 4 batteries de 3 chars. Les groupes Saint-Chamond, qui comportent 14 chars, sont constitués de 4 batteries inégales de 3 ou de 4 chars.

Le groupe n° 8 est affecté à la 43e D.I..

L’ A.S. 8 comprend 13 officiers, dont 3 stagiaires et 100 sous-officiers et hommes de troupe. Le capitaine de Blic commande le groupe, il est secondé par le capitaine Courcelle.

Liste des chars identifiés de l’A.S. 8.qui ont participé à la bataille de la Malmaison

1ère batterie  

Char n° 61200 : chef de char et de batterie – lieutenant Daher

Char 61333 : chef de char - adjudant Broussard

2e batterie

Char n° 61336 : chef de char - aspirant Aubry

Char n° 61339 « Corsaire » : chef de char et de batterie - lieutenant Le Poëtvin

Char n° 61341 : chef de char - sous-lieutenant Bugnard 

3e batterie

Char n° 61118 : chef de char et de batterie - lieutenant Bussières

Char n° 61342 : chef de char - adjudant Florimont

4e batterie  

Char n° 61326 : chef de char et de batterie - lieutenant  de Ravel

Char n° 61340 : chef de char - sous-lieutenant Delbeaux

Les numéros de batteries des chars suivants ne sont pas connus.

Char 61205 : chef de char -  sous-lieutenant Chaussat

Char 61115 : chef de char -  sous-lieutenant Tuva

Char 61075 : chef de char -  sous-lieutenant Halay

L’équipe de dépannage est dirigée par le sous-lieutenant de Virel.

Le lieutenant Clermont est en surnombre dans les effectifs.

Les journées qui précèdent l’attaque

Les 4 batteries de l’A.S. 8 commencent l’embarquement de leurs blindés, par voie ferrée,le 17 octobre en gare de Champlieu. Elles prennent la direction de Condé-sur-Aisne.

Le groupe débarque dans la nuit, au moulin Saint-Pierre, situé à 1800 m, à l'ouest de Vailly. C’est une voie d’A.L.G. P. qui est utilisée pour la manœuvre. Les effectifs du groupe rejoignent leurs positions de rassemblement, situées à 200 m au nord-ouest de Vailly, en bordure de la route de Jouy.

Une fois sur place, les chars sont dissimulés sous des arbres fruitiers avant d’être camouflés par des toiles appropriées. Le personnel, exceptée une garde, s’installe dans les caves de Vailly pour cantonner.

Le 19 octobre est une journée d’attente. Les officiers et sous-officiers en profitent pour effectuer des reconnaissances du secteur. Le 11e escadron à pied du 9e cuirassier est affecté à l’A.S. 8, comme troupe de couverture aux chars du capitaine de Blic. Ces troupes seront chargées d’effectuer les travaux de terrassement destinés à l’aménagement des voies d’accès vers les positions de départ et les emplacements de départ. Ces travaux ne pourront  se faire que la nuit, sous les ordres des officiers de groupe.

Le 20 octobre est une nouvelle journée d’attente. Dans la nuit du 19 au 20, un obus de 150, destiné à une batterie d’artillerie lourde voisine, endommage un char, qui est mis hors service pour longtemps. Celui-ci est remplacé par un char de la S.R.R.. L’identité de ces deux chars n’est pas connue.

Le jour J est décalé de 24 heures.

Un engagement dans des conditions défavorables

Char_Scheider_au_camp_de_Champlieu

Dans la nuit du 22 au 23 octobre, sous une pluie battante, les chars de l’A.S. 8 font tourner leurs moteurs Schneider 4 cylindres avant de se mettre en route entre 22 h 00 et 23 h 00.

Ils quittent leurs positions de rassemblement, situées à 200 m au nord-ouest de Vailly, en bordure de la route de Jouy

Les hommes dits « d’élite » sont avec leurs chars. Les sections d’accompagnement qui forment l’avant-garde ont précédé les batteries pour effectuer, sur les itinéraires déjà aménagés, les réparations nécessaires dues aux tirs ennemis.

Malgré toutes les précautions prises, un ensemble de circonstances va complexifier la bonne marche des chars. Le mauvais temps détrempe le terrain ; les tirs de contre-préparation ennemis et le bouleversement des lignes allemandes par l’artillerie française, qui tire de façon intense depuis six jours et six nuits, accentuent les difficultés des déplacements des véhicules à chenilles.

Les blindés suivent la route de Vailly en direction de la ferme Vaurains.

Au nord de Jouy, le groupe se scinde en deux colonnes. Celle de droite, qui est constituée des 1ère et 3e batteries, s’engage sur l’itinéraire « ravin du Toty-ferme le Toty ».

Celle de gauche, avec les 2e et 4e batteries, prend la direction de la carrière des Obus.

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À la 1ère et à la 3e batterie

La 1ère batterie se présente à 0 h 30 à l’embranchement Jouy-Toty, à hauteur de la gabionnade située à 200 m au sud de la ferme le Toty. Elle se trouve vite prise sous un tir violent d’obus de gros calibres allemands.

Le Schneider de tête tombe dans un entonnoir qui vient tout juste de se creuser devant lui. Peu de temps après, il est atteint par un obus qui le met hors service. Les deux autres chars de la batterie qui suivent cherchent à le doubler, mais ils sont vite bloqués sur la route qui se détériore rapidement sous les coups de l’artillerie adverse. Le marais avoisinant, impraticable, empêche toute manœuvre.

La section des cuirassiers et les équipages sont aussitôt mis à contribution, pour effectuer les travaux de terrassement qui vont permettre le dégagement des chars. Les hommes tentent de libérer les appareils rapidement, mais ils se retrouvent vite en difficulté. Les terrassiers improvisés ne peuvent avancer que très lentement.

L’ennemi envoie plusieurs rafales d’obus à gaz. Petit à petit, le ravin se remplit de gaz « moutarde ». Il faut mettre les masques pour se protéger, ce qui ajoute encore aux problèmes rencontrés. Pour couronner le tout, il est impossible d’allumer la moindre lumière. Il faut éviter de se faire repérer. En effet, la colonne est en vue de l’ennemi, à 500 m de la tranchée allemande du Blocus.

La 3e batterie, qui arrive à 0 h 45 à l’embranchement Jouy-Toty, est stoppée à son tour. Elle est immobilisée pour les mêmes raisons.

À la 2e et à la 4e batterie

La 2e batterie se place à 1 h 00 à l’embranchement Jouy-Toty. Elle se rend, par la route Jouy-Vaurains, à la carrière des obus qu’elle atteint à 1 h 30 pour s’installer en position d’attente sur la route.

La 4e batterie se présente à 1 h 15 à l’embranchement Jouy-Toty. Elle arrive à la carrière des Obus à 2 h 00. Ses chars prennent la position d’attente sur la route Jouy-Vaurains.

4 h 00, une heure et quart avant le début des combats.

Le commandant du groupe, le capitaine de Blic, se tient auprès du colonel Guy responsable de l’I.D. 43 au P.C. Caen.

Le travail de dépannage concernant les 1ère et 3e batteries se poursuit.

Le char du commandant de la 2e batterie est atteint par 2 obus qui tuent 4 hommes de l’équipage et mettent l’appareil hors d’usage.

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Le personnel de la 4e batterie s’installe dans des abris à proximité de ses chars.

La bataille de la Malmaison

Jour J : 23 octobre 1917

 Première phase de l’attaque : Heure H = 5 h 15

Deuxième phase de l’attaque : Heure H’ = 9 h 15

La 43e D.I. effectue son engagement dans la bataille de La Malmaison en deux temps.

La première phase des combats débute à 5 h 15. La 43e D.I. a pour objectif de prendre la ferme de la Malmaison, avec son groupe de B.C.P.. Elle doit également s'emparer de la Bascule avec le 158e R.I. et enlever la cote 195.1 avec le 149e R.I.. Tous ces objectifs sont atteints en deux bonds.

La deuxième phase de l’attaque débute à 9 h 15. Le groupe de B.C.P. se dirige sur le Voyeu et Chavignon ouest. Le cimetière de Chavignon, la route de Chavignon - Pinon jusqu’à hauteur de l’intersection du chemin de terre ouest de 42.67 sont réservés au 158e R.I.. Le 149e R.I. se charge de la zone comprise entre cette route et le point 92.3 et les Vallons.

L’A.S. 8 dans le secteur de la 43e division

Première phase de l’attaque : Heure H = 5 h 15

À la 1ère et à la 3e batterie

Les deux batteries sont toujours immobilisées au moment où l’infanterie de la 43e D.I. quitte les tranchées.

À la 2e batterie

La 2e batterie est la seule à faire mouvement avec ses deux chars restants. Sous les ordres du lieutenant Le Poetvin, elle se met en marche, à 5 h 15. Rappelons que son char de tête a reçu deux obus lorsqu’il était sur la position de départ.

Cette batterie, qui travaille pour le compte du 149e R.I., longe la lisière ouest du bois du Coteau. Son char de tête franchit la ligne allemande à 5 h 40. Le responsable de la batterie est obligé de la guider à pied, à travers toute la 1ère position ennemie.

L’appareil de queue, commandé par le sous-lieutenant Bugnard, qui s’est arrêté momentanément dans un trou d’obus, à 300 m de sa position de départ, a reçu successivement deux obus dans le chariot arrière et le réservoir droit. Le char n’est plus disponible.

Carte_2_A

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À la 4e batterie

Elle reste en réserve à la carrière des Obus.

Entre 6 h 00 et 9 h 15 durant la 1ère phase de l’attaque

À la 1ère batterie

Elle est toujours inutilisable.

Le char du lieutenant Daher est sorti de sa situation périlleuse vers 9 h 00. Vu l’heure avancée, il sera mis en réserve à la carrière des Obus.

À la 3e batterie

Premier engagement avec le 158e RI

Le char du lieutenant Bussières de la 3e batterie a réussi à se remettre en marche après s’être sorti de son mauvais pas, près de la ferme du Toty, à 6 h 30. Au prix d’un laborieux effort, il regagne le temps perdu.

Le scheider rejoint le 158e R.I. avant le début de la deuxième phase de l’attaque. Un autre char, celui de l’adjudant Florimont, sera dégagé un peu plus tard. Celui-ci fera le tour de la carrière des Obus, avant de suivre la trace des batteries de gauche. Ce char rejoindra son commandant de batterie au cours de la deuxième phase de l’opération.

Le char du lieutenant Bussières atteint vers 8 h 00 le point de stationnement qui lui a été assigné pour s’arrêter avant le déclenchement du deuxième objectif, au sud-ouest de la cote 190,6. À ce moment, il est pris à partie, ainsi que les hommes qui l’accompagnent, par une mitrailleuse en batterie, près des carrières Montparnasse. En quelques coups de canon, tirés à bout de portée par-dessus l’infanterie française, il réussit à la réduire au silence.

À la 2e batterie

Premier engagement avec le 149e RI

La 2e batterie se trouve maintenant réduite à un appareil. Le char Aubry rejoint, vers 7 h 30, le bataillon de tête du 149e R.I. qui est installé sur son objectif. Il s’arrête aux abords de la cote 195,1 pour y attendre l’heure H’.

Au cours de ce stationnement, l’infanterie signale au Schneider Aubry, une mitrailleuse ennemie qui est en action, à la corne sud-est du bois de la Belle-Croix.

Il semblerait que les Allemands préparent une contre-attaque, des allées et venues sont constatées dans la région du boyau de Dennewitz.

Le char s’avance à environ 150 m des objectifs désignés. Il tire une trentaine d’obus. La mitrailleuse est détruite et les fantassins du 149e R.I. peuvent voir de nombreux Allemands s’enfuyant vers le bois de la Belle-Croix. Une fois ces résultats obtenus, le char Aubry rejoint l’abri que lui offre la côte 195,1.

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Utilisation de la batterie de réserve

La 4e batterie, initialement réservée, quitte, conformément au plan d’engagement, la carrière des Obus à 6 h 15. Elle atteint, à 8 h 00, le point 29-39 qui lui a été désigné comme terme de son premier bond. À ce moment, elle reçoit, du capitaine de Blic qui commande le groupe, l’ordre de s’engager à H’ au combat en prenant à son compteles missions des 2e et 3e batteries que l’on sait réduites, chacune, à un char.

Carte_4_A

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La 4e batterie relèvera le char Bussières d’une partie des multiples missions qu’il assume.

Premières remarques

En raison de la rapidité de la progression de l’infanterie et des difficultés du terrain, les chars n’ont pu rendre aucun service.

Ce n’est que durant le stationnement sur le premier objectif que leur action a commencé à se faire ressentir. Deux mitrailleuses ont été réduites au silence et une contre-attaque ennemie est étouffée dans l’œuf.

Les chars sont maintenant dégagés de la zone chaotique où ils étaient presque paralysés, leur rôle va commencer à  grandir durant la suite des opérations.

Deuxième phase de l’attaque : Heure H’ = 9 h 15

De 9 h 15 à 11 h 30

Les chars disponibles se mettent en mouvement sur le front de la 43e D.I.. Ils dépassent bientôt le premier échelon d’infanterie.

De la droite à la gauche :

A la 3e batterie

Second engagement avec le 158e R.I.

Le char du lieutenant Bussières atteint la 1ère vague du 158e R.I., à hauteur du boyau de l’Incendie, où il dépasse les fantassins. Le blindé progresse, en serrant à bloc dans le barrage roulant. Il circule sur la droite du front du régiment en adressant fréquemment aux soldats le signal « passage libre ».

Les réactions ennemies sont très faibles jusqu’au moment où l’infanterie, arrivée à trois ou quatre cents mètres de la tranchée des Oubliettes, se retrouve plaquée au sol par de nombreux coups de feu.

Les Allemands tirent à la fois depuis cette tranchée et depuis les lisières de bois qui affleurent au rebord sud du plateau. Le char Bussières neutralise, en premier, la partie ouest de la tranchée en quelques coups de canon. Il se porte ensuite en direction de la batterie 39-60 qu’il trouve inoccupée avant de gagner la lisière sud du bois des Hoinets, vers 40-63. Il commence le nettoyage de cette lisière en la longeant vers l’est.

À 10 h 45, il est rejoint par le char de l’adjudant Florimont qui a enfin réussi à se dégager de l'embranchement Jouy-Toty.

Le lieutenant Bussières est prévenu, par l’officier de liaison de son groupe auprès du 158e R.I., que les chasseurs qui forment la droite de la 43e D.I. son démuni en chars, la 1ère batterie n’étant toujours pas à disposition. Il aperçoit, en outre, derrière lui, des groupes d’infanterie qui recommencent à progresser avec les chars de la 4e batterie sur le front du  158e R.I..

Les « as de carreau » de la 3e batterie se portent sur la lisière sud du bois de Bousseux pour ouvrir le feu sur des abris allemands qui se trouvent en 42.61 et 42.62. De nombreux prisonniers sont faits.

Les deux chars prennent ensuite position pour agir en cas de contre-attaque.

À la 4e batterie

Cette batterie de réserve est engagée dans la 2e partie de l’attaque. Elle quitte le point 29-39 à 9 h 15.

Son char de droite, qui précède le 158e R.I., pousse sans difficulté jusqu’à l’extrémité nord-est de l’éperon des Hoinets, vers 41.63.

Il prend à revers, sous le feu de son canon, les Allemands qui se replient dans le bois de Bousseux.

Le char du centre, également devant le 158e R.I., gagne facilement l’extrémité nord du plateau de Chavignon où il s’établit, en surveillance sur la vallée, vers le point 40.62.

Le char de gauche marche avec la droite du 149e R.I.. Il a une panne de moteur lorsqu’il arrive à hauteur du chemin qui descend aux Vallons. Il prend toutes les dispositions nécessaires pour parer une éventuelle contre-attaque.

À la 2e batterie

Second engagement avec le 149e RI

Le char Aubry, seule unité restante de cette batterie, précède les vagues d’attaques de 50 à 100 m environ, canonnant la lisière est du bois de la Belle Croix. Il attaque une petite carrière à la lisière du plateau.

Il fait une douzaine de prisonniers et prend une mitrailleuse qui est rapidement emportée dans le Schneider.

Pour éviter de rentrer dans le tir de barrage français, le char doit effectuer un nouvel arrêt à 9 h 40 sur le plateau de Chavignon.

Vers 11 h 00, il atteint le rebord nord du plateau de Chavignon. Il se place en observation, prêt à intervenir, au point 39.63.

Un dernier arrêt se fait sur le chemin du retour à 13 h 50, sur la route de Maubeuge, pour dépanner un char qui a déraillé.

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11 h 30, l'attaque du 23 octobre 1917 se termine

La situation parait se stabiliser. Les avantages de l’infanterie sont définitivement acquis. Les commandants de batteries donnent le signal de repli. Le retour se fait sans incident. Tous les chars regagnent la carrière des obus, excepté un char de la 3e batterie qui s’enlise dans une poche de terrain mou.

Durant cette période, un des chars de la 1ère batterie, qui avait réussi à se dégager de l'embranchement Jouy-Toty à 10 h 00, attendait, en réserve, à la carrière des obus.

A

14 h 00

Tous les Schneider engagés sont de retour à la carrière des Obus, à l'exception du char Bussières qui est resté en panne, dans un trou d’obus, près de la lisière sud du bois de Bousseux.

Quelques leçons de cette journée 

Les Schneider du capitaine de Blic ont rencontré plusieurs difficultés durant le franchissement des 1ères positions allemandes. Les conditions météorologiques, les tirs incessants de l’artillerie durant les jours qui précèdent l’attaque, ont rendu difficile la progression des chars. L’immobilisation due aux pannes ou au terrain difficilement praticable, la destruction de plusieurs blindés par les canons ennemis ont, en partie, modifié le plan initial.

Seulement deux chars ont pu intervenir utilement pendant la conquête et le nettoyage du 1er objectif.

Durant la progression sur le 2e objectif, 5 puis 6 chars ont pu participer de manière très efficace durant les opérations.

En fin de combat, le 8e groupe offre la situation suivante :

♥♦♦♣♣ Cinq chars couronnent le rebord septentrional du plateau de Chavignon.

Un char se trouve face au ravin des Valllons. 

Un char est disponible à la carrière des Obus.

♥♥ Trois chars ont été détruits par l’artillerie allemande

  Deux chars sont enlisés dans le ravin du Toty.

Sources :

Toutes les cartes qui peuvent se voir ici ont été réalisées à partir du texte. Elles ne sont donc là que pour se faire une idée approximative des différents mouvements réalisés et des multiples emplacements occupés par les chars de l’A.S. 8.

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Pour en savoir plus sur le char du lieutenant le Poëtvin il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante pour avoir accès à l’analyse de « Tanker ».

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La partie du J.M.O. de l’A.S. 8, consacrée à la bataille de La Malmaison, est retranscrite sur le site suivant :

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« Batailles et combats des chars français, l’année d’apprentissage (1917). » Lieutenant-colonel breveté J. Perré. Aux Éditions Charles Lavauzelle et cie 1937.

« Les chars d’assaut, leur création et leur rôle pendant la guerre 1915-1918 » Capitaine Dutil agrégé d’histoire. Aux éditions Berger-Levrault, éditeurs 1919.

Les deux photographies qui se trouvent sur le montage sont extraites d’une vidéo appartenant à lÉtablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense.

Le cliché du char n° 61339 provient de la collection Louis Lecarme. Album vert foncé épais 1914 puis 1916-1925, 3e partie.

Site_Louis_Lecarme_et_Genevieve_Colomb

La photographie représentant le tank Scheider franchissant une tranchée au camp de Champlieu vient du site de la B.D.I.C..  Cliché fonds Valois. Val 518/110 1917.

B

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher, à « Tanker », au Service Historique de la Défense de Vincennes et à l’ E.C.P.A.D..

 

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