01 septembre 2017

Le bois Étoilé, août 1916…

Bois Etoile

Dans son témoignage réalisé après-guerre, Paul Portier évoque son arrivée dans la Somme après avoir séjourné en Champagne, du côté de la butte de Tahure et de Mesnil.

En attendant d’être véritablement engagée dans les combats qui vont se dérouler dans le secteur de Soyécourt, sa compagnie de mitrailleuses prend position dans le bois Étoilé.

« Nous venons de quitter la Champagne, où nous avons eu la chance de passer quelque temps dans le calme.

Après un voyage comme beaucoup d’autres, sans confort et d’une lenteur désespérante, nous débarquons le 13 août à 9 h 00, à Crèvecœur-le-Grand dans l’Oise, pour prendre la route et nous rendre au Saulchoy où nous cantonnons.

Notre séjour ici ne paraît pas devoir durer très longtemps. Nous nous trouvons à l’arrière du front de la Somme ; il est certain que nous allons être bientôt engagés dans la bataille, dans un délai relativement court.

Le 18 août, en effet, nous quittons Le Saulchoy à 2 h 45 pour embarquer en automobiles à 7 h 30, à la sortie ouest de Francastel. Le débarquement s’effectue à 11 h 30 à Harbonnières, où nous restons une partie de la journée.

Le soir, déjà tard dans la nuit, nous relevons, dans les positions du bois Étoilé, les mitrailleurs du 233e R.I.. La relève est faite dans le calme. Le secteur est peu agité, bien qu’à sa gauche, sur Péronne, règne une vive activité des artilleries.

Carte du bois Etoile dessine par Paul Portier

Le 19, la journée est assez calme, mais toujours à notre gauche, l’artillerie demeure active.

Depuis notre arrivée ici, j’assure la liaison. C’est un dur métier, surtout dans un secteur dont nous ignorons encore tout.

Le 21, je descends chercher la relève du 166e R.I. à l’entrée du boyau Collet à Herville. L’artillerie allemande se réveille un peu et arrose nos boyaux de communication. Néanmoins, la relève s’effectue bien et nous descendons à Harbonnières où nous cantonnons la journée du 22.

Le 23 à 5 h 40, nous faisons mouvement sur Guillaucourt.

Dès notre arrivée, les Allemands envoient quelques obus dans les environs de la gare, sans d’ailleurs occasionner de pertes ni dégâts.

Le 24, à 16 h 00, nouveaux bombardements, sans plus de mal que la veille.

Le 26, à 16 h 00, nous nous mettons en route pour monter en ligne près du village de Soyécourt où nous devons relever, à la tranchée du Seigneur, la 3e C.M. du 149e R.I..

Nous passons par Harbonnières, Framerville, le ravin de Rainecourt, le ravin d’Herleville, le boyau C.6 et la tranchée des Abris. Nous parvenons à la tranchée du Seigneur, laquelle est située au nord du village de Soyécourt. Notre artillerie est très active et les Allemands ripostent assez vivement sur nos tranchées.

Carte 1 Paul Porte la Somme

La journée du 27 est relativement calme.

Le 28, de 6 h 00 à 10 h 00, notre artillerie effectue sur les positions adverses un tir assez violent dans tout le secteur. L’artillerie de tranchée s’en mêle aussi et bientôt la riposte arrive dans toute sa brutalité. Nos tranchées sont violemment prises à partie.

Le 29 août, la même activité continue. La 2e compagnie de mitrailleurs du lieutenant Auvert nous relève dans la nuit. Nous descendons cantonner dans les bivouacs, près d’Ignaucourt, où nous arrivons le 30 à 5 h 00. La relève est très pénible, il pleut… »

Sources :

Témoignage de Paul Portier, soldat du 149e R.I., inédit, collection personnelle.

J.M.O. du 3e B.C.P. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N. 816/3.

La carte qui indique les tranchées des Abris et du Seigneur est extraite du J.M.O. du 3e B.C.P..

Paul Portier figure au premier plan sur la photographie qui a été réalisée dans le secteur de la Somme. Ce cliché est non daté.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi et à la mairie de Vienne.

 

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08 septembre 2017

Henri Maxime Joseph Collin (1894-1916).

Album B

Henri Maxime Joseph Collin est né le 29 août 1894 dans le quartier de Chalon à Saint-Bardoux, une petite commune qui se trouve dans le département de la Drôme. À sa naissance, son père, prénommé Pierre, travaille la terre pour nourrir sa famille. Cet homme est âgé de 35 ans. La mère, Marie Antoinette Pipat, est âgée de trente ans quand elle met au monde son deuxième enfant. Elle n’exerce pas de profession. Albert, le frère aîné, a 11 ans.

En 1901, Pierre, le chef de maison, devient patron. Il cultive maintenant des terrains dont il n’est probablement pas propriétaire, partageant le fruit de ses récoltes avec celui qui les possède.

En 1906, les Collin sont installés dans le quartier Tavasse qui se trouve à l’intérieur de la commune de Marsaz. La date exacte de leur arrivée dans ce village n’est pas connue. Le père gagne sa vie comme fermier sur des terres qui appartiennent à la famille Chanal. 

À cette époque, Henri, qui a maintenant une douzaine d’années, sait lire et écrire ; il fréquente peut-être encore l’école communale du village. Sa fiche signalétique indique un degré d’instruction de niveau 2, ce qui veut dire qu’il n’a pas poussé très loin sa scolarité. Son frère Albert, beaucoup plus âgé, est employé chez le père.

En 1911, Pierre Collin est toujours patron. Ses deux fils, Albert, qui est revenu du service militaire effectué au 13e régiment de chasseurs à cheval en septembre 1909, et Henri, âgé de 17 ans, travaillent avec lui comme ouvriers agricoles.

Trois ans plus tard, c’est la déclaration de guerre contre l’Allemagne. En août 1914, Henri Collin bénéficie encore quelque temps de la vie de civil. Faisant partie de la classe 1914, il ne sera incorporé qu’au mois de septembre. Le 4, il intègre le 22e R.I., un régiment dont les casernes se trouvent à Bourgoin et à Sathonay-Camp, il arrive au corps deux jours plus tard, le temps de faire son instruction.

Fin septembre 1915, il apprend qu’il est versé au 158e R.I..

Le 28, le régiment reçoit deux détachements de renforts : le premier, en provenance du dépôt de Lyon, le second, arrivant du 9e bataillon du 149e R.I.. L’histoire ne dit pas avec lequel des deux il a rejoint le 158e R.I..

Durement éprouvé, ce régiment vient de participer à deux journées d’attaques dans le secteur du bois en H. Il faut reconstituer les effectifs. Le soldat Collin intègre la 7e compagnie.

Le 29 janvier 1916, il est affecté à la 1ère compagnie de mitrailleuses de la 86e brigade. Les hommes de cette brigade s’apprêtent à quitter le front d’Artois. Ils sont en plein préparatif de départ pour rejoindre le camp de Riquier situé dans la Somme.

Début mars 1916, la compagnie de mitrailleuses du soldat Collin est engagée, avec le reste de la brigade, dans la bataille de Verdun entre le 7 mars et le 7 avril 1916.

Le 24 avril 1916, Henri Collin est muté à la 3e compagnie de mitrailleuses du 149e R.I., qui est, à cette période, la compagnie de mitrailleuses de la 85e brigade. Cette unité est commandée par le capitaine Mougel qui a sous ses ordres directs les sous-lieutenants Durupt et Piéfroid.

La 85e brigade quitte la Meuse pour aller s’installer dans un secteur beaucoup plus calme. Elle prend position en Champagne, du côté de la butte de Tahure et de Mesnil.

Ce n’est qu’au mois de septembre que cette bigade participera, de nouveau, à de violents combats du côté de Soyécourt, de Déniécourt et de Foucaucourt, dans la Somme.

Le J.M.O. de la 85e brigade ne permet pas de connaître les déplacements et les positions occupées par la 3e compagnie de mitrailleuses du 149e R.I. durant la période du mois de novembre.

Heureusement, une courte phrase, placée dans le témoignage de Paul Portier, nous donne la possibilité de localiser de manière très précise la tranchée dans laquelle est placée cette compagnie durant les jours qui précèdent la mort du soldat Collin.

«… La 1ère compagnie de mitrailleuses du 149e R.I. qui se trouve à la tranchée Couverte est relevée, le 12 novembre 1916, par la 3e compagnie de mitrailleuses du régiment. »

Tranchee Couverte, sucrerie et village de Genermont

Le 17 novembre 1916, Henri Collin est blessé par plusieurs éclats d’obus. La gravité de ses plaies est telle qu’il décède rapidement sur le lieu même où il a été touché. Il a 22 ans.

Il est inhumé sur place par ses camarades à environ 400 mètres au sud de la sucrerie de Génermont.

Les soldats Victor Martin et Paul Mauroux seront les deux témoins qui permettront au lieutenant  Auguste Fourneret, l’officier d’état civil du régiment, d’enregistrer le décès de cet homme. L’acte sera transcrit à la mairie de Marsaz le 9 août 1917.

Ce soldat ne s’est pas marié de son vivant. Sa future épouse se mariera par procuration, mettant au monde une petite fille qui acquerra le statut de pupille de la nation.

Il n’y a pas  de sépulture connue pour ce soldat.

Son nom est inscrit sur une plaque commémorative fixée dans le cimetière de Marsaz et sur le monument aux morts du village.

Sources :

J.M.O. du 158e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 700/11

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N /816/3

J.M.O. de la 85e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12

J.M.O. de la 86e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/15

Les archives départementales de la Drôme ont été consultées pour trouver l’acte de naissance et la fiche signalétique et des services du soldat Collin. Les registres de recensements des années 1896, 1901, 1906 et 1911 ont également été lus.

Site « GénéaNetWeb »

Site « Mémoire des Hommes »

Acte de décès envoyé par la mairie de Marsaz.

Les dessins de Jacques Tardi sont extraits des ouvrages « Putain de guerre ! 1914-1915-1916 » et « Putain de guerre ! 1917-1918 ». Ces deux albums ont été réalisés en collaboration avec Verney. Éditions Casterman. 2008.

Témoignage de Paul Portier, soldat du 149e R.I., inédit, collection personnelle.

La photographie aérienne du village de Génermont  provient  du site de la bibliothèque municipale de Dijon.

L’extrait du plan localisant la tranchée Couverte vient du J.M.O. du 3e B.C.P..S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N /816/3 page 165.

Notons que le nom de famille d’Henri Collin s’écrit avec un seul l sur son acte de naissance et sur les registres de recensements.

Une erreur figure sur la fiche M.D.H. du soldat Collin. Celle-ci localise la sucrerie de Génermont  dans l’Aisne alors qu’elle se trouve dans le département de la Somme.

L’extrait du plan, qui indique le secteur dans lequel se trouve la 3e compagnie de mitrailleuses du 149e R.I.  au moment du décès du soldat Collin, provient du J.M.O. du 3e B.C.P.. Il reste à confirmer si le boyau Couvert et la tranchée Couverte sont bien le même lieu.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J. Tardi, au Service Historique de la Défense de Vincennes, aux archives départementales de la Drôme et la mairie de Marsaz. 

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15 septembre 2017

Les semaines qui précèdent l’attaque de la Malmaison.

Groupe_de_soldat_149e_R

Dès le mois de septembre 1917, les corps d’infanterie de la 43e D.I. commencent à se préparer pour la future attaque de la Malmaison. Cette attaque est programmée pour le 21 octobre 1917.

La quasi-totalité de la division est à l’arrière depuis le 26 septembre. Les troupes se consacrent entièrement à l’entraînement sur des terrains qui ont été spécialement organisés à cet effet.

À cette période de l’année, c’est le colonel Boigues qui est à la tête du 149e R.I.. Le 1er bataillon du régiment se trouve sous les ordres du commandant de Chomereau de Saint-André, le 2e bataillon sous l’autorité du commandant Schalck et le 3e bataillon sous le commandement du commandant Putz.

En attendant, le terrain de la future attaque, qui est assignée à la 43e D.I., est tenu par les troupes de la 167e D.I.. Celles-ci terminent l’aménagement du secteur avec l’aide d’une, puis deux compagnies de génie de la 43e D.I..

Les deux bataillons de chasseurs de la 43e D.I., ainsi qu’un bataillon de chacun de ses régiments, sont désignés pour effectuer des exercices, en liaison avec les chars d’assaut. Pour le 149e R.I., c’est le bataillon du commandant de Chomereau de Saint-André qui est choisi. Le 17 septembre 1916, les 1ère, 2e et 3e compagnies du 149e R.I. se rendent à Béthancourt pour aller se former au camp de Champlieu.

16 septembre 1917

Une grande partie des téléphonistes du 31e B.C.P. et du 149e R.I. sont mis à la disposition du service télégraphique de la 43e D.I.. Ils cantonnent avec les unités de leur corps.

17 septembre 1917

La journée est marquée par une forte activité des deux artilleries.

18 septembre 1917

En raison du beau temps, l’artillerie allemande est bien plus active que les jours précédents.

Le 1er bataillon du 149e R.I. commence son stage avec les chars. Le 2e bataillon du 149e R.I. est à Billy. Le 3e bataillon du 149e R.I. effectue des travaux dans le secteur qui est derrière la 1ère ligne.

19 septembre 1917

La journée reste calme. La nuit est agitée. Il n’y a pas d’action d’infanterie.

L’artillerie française effectue des tirs de harcèlements et de représailles en réponse aux bombardements allemands sur les premières lignes et à leurs tirs de barrage.

20 septembre 1917

Le 2e bataillon du 149e R.I. se prépare à relever le 31e B.C.P. qui occupe un secteur compris entre Condé-sur-Aisne, les Vervins et la ferme Volvreux.

Secteur approximatif occupe par le 2e bataillon du 149e R

21 septembre 1917

La journée est particulièrement agitée par une grande activité réciproque d’artillerie.

Le colonel Boigues s’installe au P.C. Lorette pour prendre le commandement des troupes en réserve de secteur. Il remplace le commandant du 31e B.C.P., qui vient d’être relevé, avec ses chasseurs, par les hommes du commandant Schalck.

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Le 1er bataillon du 149e R.I. termine son stage avec les chars. Il est transporté par camions-autos à Condé-sur-Aisne. Arrivant à destination à 22 h 00, les hommes du commandant de Chomereau de Saint-André sont aussitôt pris en charge par des guides qui les conduisent à la relève du 3e bataillon du régiment.

Le 3e bataillon du 149e R.I. part cantonner à Billy.

22 septembre 1917

Le C.I.D. 43 s’installe à Vaumoise.

23 septembre 1917

La journée est marquée par des bombardements répétés sur les lignes françaises. Des patrouilles sont effectuées dans le but de protéger les hommes qui travaillent. Elles ne remarquent pas d’activité particulière de la part de l’ennemi. Il y a 9 blessés au 149e R.I..

Conde-sur-Aisne octobre 1917

 24 septembre 1917

Le 3e bataillon du 149e R.I. continue son mouvement. Il quitte Chaudun pour venir cantonner à Ancienville. Deux hommes sont blessés au 149e R.I..

25 septembre 1917

Le soldat Joseph Auguste Leclerc est tué près de la ferme Volvreux.

26 septembre 1917

Le plan est élaboré pour organiser le terrain conquis durant l’offensive projetée.

27 septembre 1917

le 1er bataillon du 149e R.I. est relevé par le 3e bataillon du 170e R.I.. Il va s’installer à Septmont.

Cantonnement_du_1er_bataillon_du_149e_R

Le 2e bataillon du 149e R.I. qui est dans le secteur Volvreux, Celles et Condé est relevé par un bataillon du 174e R.I.. Les compagnies du commandant Schalck font mouvement jusqu’à Septmont.

28 septembre 1917

Le 1er bataillon du 149e R.I. quitte Septmont pour venir s’établir à Chouy, son cantonnement définitif.

Chouy

 29 septembre 1917

Le 2e bataillon du 149e R.I., qui cantonne dans les baraques de Septmont, fait mouvement pour se rendre à Troësne. Le 3e bataillon du régiment est, une partie à Noroy-sur-Ourq, une autre à Ancienville.

30 septembre 1917

La 43e D.I. apprend que c’est le 8e groupe d’Artillerie Spéciale qui lui sera officiellement affecté pour effectuer l’attaque de la Malmaison.

Positions_occup_es_par_les_3_bataillons_du_149e_R

1er octobre 1917

Deux sections de la compagnie Z 31/2 sont mises à la disposition de la 43e D.I..

Ces compagnies spécialisées, dépendantes du génie, sont utilisées dans des actions ponctuelles visant à déloger l’ennemi retranché dans les creutes.

2 octobre 1917

Le plan d’engagement avec les chars et celui de l’utilisation des mortiers Stocke sont établis.

Les cadres des bataillons qui n’ont pas été exercés avec les chars d’assaut reçoivent l’ordre d’assister, par tiers, à trois manœuvres avec l’Artillerie Spéciale.

3 octobre 1917

Le plan d’engagement de la 43e D.I. en vue de l’offensive projetée, est établi définitivement ; plusieurs retouches y seront apportées durant les journées à venir. Les ordres d’instruction pour les corps de la division sont donnés en conséquence.

Des exercices de liaison entre les unités sont organisés les 3 et 4 octobre 1917.

Le colonel Boigues connaît maintenant les différents emplacements que ses bataillons occuperont le jour de l’attaque. Son régiment sera encadré à sa droite par le 158e R.I. et à sa gauche par le 109e R.I..

4 octobre 1917

Un accident grave arrive au C.I.D. 43. Le sous-lieutenant Guyot se tue au cours d’un exercice avec un mortier pneumatique Brandt.

5 octobre 1917

Un additif concernant l’instruction pour l’infanterie durant l’opération de la Malmaison est établi. Le plan de ravitaillement et d’évacuation est élaboré.

6 octobre 1917

La 4e compagnie du 149e R.I. qui dépend du C.I.D. 43 participe depuis plusieurs jours à des travaux de l’A.D. 43. Elle reçoit l’ordre de rejoindre le C.I.D. 43 dans la journée.

7 octobre 1917

Un rectificatif est apporté au plan de liaison en vue de l’offensive projetée. Les plans d’emplois des mitrailleuses du détachement Schilt, avec leurs lances-flammes, du détachement Z avec les gaz, et celui des pigeons voyageurs sont distribués.

8 et 9 octobre 1917

R.A.S.

10 octobre 1917

 Le général Michel responsable de la 43e D.I., son état-major et le 1er échelon du Q.G. 43 s’installent au P.C. Lorette.

11 octobre 1917

Le général de la 43e D.I. prend le commandement de son secteur à 10 h 00. Le colonel commandant l’I.D. 43 s’installe au P.C. Caen.

12 octobre 1917

Le colonel du 149e R.I. s’installe aux abris de Vauxelles. L’artillerie allemande effectue de violents tirs de destruction sur les 1eres lignes françaises. Les travaux d’aménagements offensifs du terrain se poursuivent.

13 octobre 1917

Le plan d’emploi des chars d’assaut est légèrement modifié. Les travaux d’organisation offensive et de réfection des dégâts causés par la pluie et les bombardements continuent.

14 octobre 1917

Le colonel Boigues quitte les abris de Vauxelles pour se rendre au P.C. Cable.

P

15 octobre 1917

Plusieurs rectifications sont apportées à l’ensemble de l’opération du 21 octobre.

Les premiers transports qui doivent amener les troupes d’infanterie de la zone de repos à celle de l’arrière du secteur vont bientôt commencer. La période de préparation à l’attaque de la Malmaison touche à sa fin.

Sources

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps, à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire Éditions mille mots chuchotés. 2011.

Les morceaux de carte du groupe des canevas de tir du secteur de Vailly qui sont utilisés ici sont datés du 26 août 1917.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Porcher, à « Tanker » et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

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22 septembre 2017

Émile François Guyon (1892-1917).

Emile_Fran_ois_Guyon

Les parents d’Émile François Guyon vivent dans un petit appartement situé au 56 rue Franklin, dans le 2e arrondissement de la ville de Lyon,lorsque leur fils voit le jour le 11 juin 1892. Le père est un homme âgé de 35 ans qui exerce la profession de représentant de commerce. La mère, Claudine Constance Bouchard, est une jeune femme âgée de 20 ans.

Émile François possède une instruction secondaire qui lui permet d’obtenir un certificat d’études commerciales.

Il est inscrit sous le n° 218 de la liste du canton du 7e arrondissement de Lyon. Les médecins du conseil de révision viennent de porter son nom dans la 5e partie de cette liste. D’importants problèmes de santé dus à une néphrite avec albuminurie l’empêchent d’être incorporé avec la classe 1912.

Le 6 octobre 1914, il se soumet de nouveau à un conseil de révision qui le déclare cette fois-ci « bon pour le service armé ». Quelque temps après, Émile François apprend son incorporation au 149e R.I.. Le 4 novembre 1914, il intègre la caserne Courcy, à Épinal, pour commencer son instruction militaire.

Le 10 avril 1915, il est affecté au 170e R.I. avec le grade d’aspirant. Son niveau d’études lui a certainement donné la possibilité d’obtenir cette promotion de manière aussi rapide.

Le jeune Guyon a dû suivre les cours d'élèves caporaux avant d'intégrer une formation accélérée d'officier (après concours) durant son passage au 149e R.I..

Émile François Guyon est envoyé à la mi-avril sur le front d’Artois. Le 1er mai, il retrouve le 149e R.I. qui combat également dans ce secteur, pour prendre le commandement d’une section de la 10e compagnie.

Le 30 juin 1915, il est nommé sous-lieutenant de réserve à titre temporaire. Cette promotion est ratifiée suite à une décision ministérielle prise le 7 juillet 1915.

Le 17 juillet 1915, le 149e R.I. combat toujours en Artois. Dans le secteur du bois en Hache, un éclat d’obus le blesse à la tête. Une fois rétabli, il se rend au centre d’instruction du 21e C.A. pour être formé à la fonction de chef de section,en accomplissant un stage du 22 novembre au 6 décembre 1915.

Apprécié par ses supérieurs, ce jeune homme est considéré comme étant un excellent officier. Il a été remarqué pour ses qualités de chef, au feu comme à l’instruction.

Le 6 janvier 1916, le lieutenant-colonel Gothié écrit ceci : « Successivement aspirant et sous-lieutenant à titre temporaire, monsieur Guyon s’est révélé comme étant un chef de section de tout premier ordre, ayant une très belle conduite au feu. Il fera,plus tard, un excellent commandant de compagnie, malgré sa jeunesse. »

Le sous-lieutenant Guyon est évacué pour maladie le 1er mars 1916. Le 149e R.I. est sur le point de rejoindre le secteur de Verdun. Il retrouve son régiment 28 jours plus tard. Cette fois-ci, c’est pour être mis sous les ordres du capitaine Chauffenne qui commande la 12e compagnie. Le 3e bataillon du régiment se prépare à remonter en 1ère ligne au fort de Vaux.

Baignade_Mairy_sur_Marne

Décembre 1916, il est affecté au dépôt divisionnaire. Il ne retournera plus jamais dans une unité combattante.

Le 23 décembre 1916, le lieutenant-colonel Pineau rédige la note suivante : « A commandé sa compagnie dans des conditions très brillantes pendant les attaques de septembre. Sa santé, un peu délicate, ne lui permettant plus de rester au corps, momentanément, il a été détaché, malgré lui, au D.D., comme instructeur de grenadiers. Il y rend d’excellents services et le colonel a l’intention de l’y laisser. »

Désigné comme porte-drapeau, il est affecté à l’état-major du 149e R.I. le 12 février 1917, mais il reste détaché au D.D. d’instruction des grenadiers, suite à une décision prise par le général qui commande la 43e D.I..

Le 10 mars 1917, il est à la 12e compagnie du 149e R.I. qui est maintenant dépendante du D.D..

Le 12 mars 1917, il est confirmé dans son grade de sous-lieutenant de réserve à titre définitif, par un décret du président de la République, sur proposition du ministre de la guerre. Cette décision prend rang à partir du 27 janvier 1917.

Fin mai 1917, il est désigné comme instructeur à l’école des grenadiers de la VIe armée.

Cet officier est admis dans le cadre actif par décret du 7 juin 1917 comme sous-lieutenant, une admission qui prend également rang à compter du 27 janvier 1917.

Le 30 juin 1917, Émile François Guyon est nommé lieutenant. L’appellation « Dépôt Divisionnaire » est supprimée à la fin du mois d’août de cette année. Elle est remplacée par « Centre d’Instruction Divisionnaire ».

C’est au C.I.D. 43 qu’il trouve la mort le 4 octobre 1917. Le lieutenant Guyon est décapité par l’éclatement prématuré d’une petite torpille alors qu’il donnait un cours d’instruction sur le canon Brandt.

Il est inhumé dans le carré militaire du cimetière communal de la commune de Vaumoise.

L’adjudant Raymond Lannes et le sergent Jean Marie Ader, tous deux du 149e R.I., sont les déclarants qui permettent la validation de l’acte de décès de cet homme.

Étant détaché du 149e R.I. en terme de gestion, cet acte, qui ne sera enregistré que le 15 octobre 1917, est établi par l’officier de l’état civil du régiment, le lieutenant Ernest Vilminot. Il est transcrit à la mairie du 7e arrondissement de Lyon le 3 avril 1918.

Le corps de cet officier a été restitué à la famille après le conflit, dans les années 20.

Le lieutenant Guyon a obtenu les citations suivantes :

Cité à l’ordre de la 85e brigade n° 11 en date du 25 juin 1915. 

« A entraîné par son exemple de bravoure intrépide, d’entrain et de ténacité, ceux qui l’entouraient dans les attaques successives du fonds de Buval, le 16 juin 1915 et jours suivants »

Cité à l’ordre de la 85e brigade n° 45 en date du 10 mai 1916. 

« Le 31 mars 1916, sous un bombardement continu, s’est dépensé sans compter pendant quatre jours pour organiser le secteur que la compagnie occupait en 1ère ligne. Malgré de lourdes pertes subies, a obtenu de ses hommes le meilleur rendement.»

Citation à l’ordre de la IVe armée n° 609 en date du 24 juillet 1916.

« Les grenadiers de la 10e compagnie du 149e R.I., le 9 juillet 1916, sous le commandement du sous-lieutenant Guyon, officier grenadier du 3e bataillon, ont fait preuve d’audace et d’habileté dans le nettoyage de 150 mètres de tranchée ennemie d’où 8 prisonniers vivants ont été ramenés. »

Citation à l’ordre de la Xe armée n° 228 en date du 20 septembre 1916.

« Jeune officier d’une énergie et d’un courage exemplaires A entraîné brillamment sa compagnie à l’attaque d’un village, faisant de nombreux prisonniers et prenant des mitrailleuses ennemies. Déjà trois fois cité, dont une citationà l’ordre de l’armée.»

Le lieutenant Guyon est resté célibataire et n’a pas eu de descendance.

Sources :

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

La photographie représentant le lieutenant Guyon (à droite) et le lieutenant Mouren (à gauche) est légendée « baignade à Mairy, août 1916 »

Les actes de naissance et de décès d’Émile François Guyon ont été trouvés sur le site des archives municipales de Lyon, sa fiche signalétique et des services sur celui des archives départementales du Rhône.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carrobi, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales du département du Rhône et à la mairie de Lyon.

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