Jacques_Sauvageot_

Période d’enfance

Issu d’une famille de cultivateurs depuis plusieurs générations, Jacques Sauvageot voit le jour le 6 octobre 1891 dans la petite commune de Montcenis. Aîné d’une fratrie de 6 enfants, il perd deux de ses frères qui ne survivent pas à leur première année d’existence.

À la naissance de Jacques, Claude, le père, est un homme âgé de 40 ans. La mère, Philiberte Verles, qui effectue les mêmes tâches professionnelles que son époux, a 28 ans.

Trois jours après la naissance de Jacques, le quincailler Léonard Buisson et le jardinier François Berthier accompagnent Claude Sauvageot à la mairie du village pour y signer, en tant que témoins, le registre d’état civil. Les trois hommes sont reçus par le maire Benoît Simon.

La famille Sauvageot quitte Montcenis peu de temps avant la naissance de leur 4e enfant, pour aller s’établir dans une ferme située tout près de Saint-Martin-Belle-Roche.

Genealogie_Jacques_Sauvageot

L’âge du service militaire

En 1911, Jacques gagne sa vie comme cultivateur en travaillant dans la ferme exploitée par ses parents. Sa sœur, Philiberte, est employée comme couturière. Elle est sa propre patronne.

La fiche signalétique et des services de Jacques Sauvageot nous indique qu’il possède un degré de connaissance générale de niveau 3, ce qui veut dire qu’il a intégré les fondamentaux de la lecture, de l’écriture et du calcul.

L’année de ses vingt ans, le jeune homme, après être passé à la visite médicale, est déclaré « bon pour le service » par le conseil de révision. Il quitte son village natal à la fin du mois de septembre 1912 pour être pris en charge par les sergents des sections d’une compagnie du 56e R.I. de Chalon-sur-Saône.

L’apprenti soldat ne va faire qu’un mois sous l’uniforme. Son entraînement est interrompu suite à une décision dela commission de réforme qui s’est réunie le 8 novembre 1912. Une « tuberculose pulmonaire » a été décelée.

Rapidement réformé, Jacques est de retour au pays. Il se remet à travailler la terre.

Retour à la vie de soldat

Lorsque le conflit contre l’Allemagne débute en août 1914, Jacques Sauvageot n’est pas mobilisable sur le moment. Le statut de réformé ne le met pas pour autant à l’abri de ses obligations républicaines.

Le fait d’avoir été reconnu inapte aux devoirs de soldat au cours de son service militaire ne l’empêche absolument pas d’être à nouveau convoqué devant le conseil de révision le 10 novembre 1914. En effet, un décret datant du mois de septembre 1914 oblige toute personne reconnue incapable de servir sous les drapeaux à repasser devant les médecins militaires. Cette fois-ci, les blouses blanches de l’armée ne décèleront pas de pathologie susceptible de l’éloigner plus longtemps de la caserne et du front.

Sa feuille de route lui intime l’ordre de rejoindre le 149e R.I., un régiment vosgien qui est implanté à Épinal en temps de paix. Jacques Sauvageot intègre cette unité le 14 novembre 1914.

Le dépôt du régiment a été transféré à Langres. En effet, très rapidement après la déclaration de la guerre, les autorités compétentes se sont rendu compte que la caserne Coursy était devenue bien trop petite pour accueillir et former en même temps le régiment de ligne, le régiment de réserve et le régiment territorial.

Jacques_Sauvageot_Rolampont

Une grande partie des recrues sont allées cantonner à Rolampont, un village qui est devenu une annexe du dépôt de Langres. C’est à l’intérieur de cette commune et dans ses alentours que Jacques Sauvageot va être initié au maniement du fusil, aux marches et aux exercices physiques qui accompagnent le quotidien du soldat.

1ère blessure

Si la date de son arrivée au front n’est pas connue, nous savons, de manière sûre, qu’il a été inscrit dans les effectifs de la 2e compagnie du 149e R.I. peu de temps avant que le régiment ne soit engagé dans l’attaque du 9 mai 1915. Ce jour-là, il est blessé au thorax par un éclat d’obus. Jacques est pansé au poste de secours avant d’être évacué par les brancardiers qui l’emportent à l’ambulance de Sains-en-Goyelle. Cette blessure le fait évacuer vers l’arrière. C’est à l’hôpital n° 23 de Melun qu’il fut pris en charge par le personnel médical avant d’être envoyé, le 25 mai 1915, à l’hôpital n° 33 de Coulommiers. Le 13 juin 1915, le jeune homme peut rejoindre un dépôt de convalescents placé à Orléans. Une fois guéri, il peut bénéficier d’une permission de 7 jours qu’il a probablement utilisée pour rendre visite à sa famille. Le 23 juin, le soldat Sauvageot est de retour au dépôt du 149e R.I..

Pour en savoir plus sur les événements qui se sont déroulés le 9 mai 1915, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

journee_du_9_mai_1915

2e blessure

Le 5 août 1915, il rejoint la ligne de front avec un renfort. Jacques Sauvageot réintègre la 2e compagnie de son ancien régiment qui est toujours positionné en Artois. Un mois et demi plus tard, il est de nouveau blessé au cours d’une attaque qui se déroule le 25 septembre 1915. Le 149e R.I. vient de lancer un assaut d’envergure dans le secteur du bois en Hache. Cette fois-ci, c’est à la main droite qu’il est sérieusement touché par un éclat d’obus.

Le soldat Sauvageot traverse la France d'est en ouest, en train sanitaire, pour venir se faire soigner dans le golfe du Morbihan à l’hôpital mixte de Vannes. Le 22 décembre 1915, il est envoyé à l’hôpital temporaire 62 de la ville bretonne, au 21 rue de Sené.

Cette blessure, ainsi que sa présence au sein du régiment qui était lancé dans un violent combat, lui octroient le droit de porter la croix de guerre avec palme avec la citation suivante :

« Soldat brave et dévoué, ayant toujours eu une belle attitude au feu. A été grièvement blessé le 25 septembre 1915 à Souchez, en se portant à l'attaque des positions ennemies. Une blessure antérieure. »

Il envoie plusieurs cartes postales à sa famille depuis la Bretagne. Plusieurs d’entre elles ont été rédigées à partir de l’H.C.64 de Sainte Anne d’Auray.

Jacques_Sauvageot_bless_

Multiples passages devant les commissions de réforme.

Jacques Sauvageot est au dépôt commun du 149e R.I. et du 349e R.I. à Épinal, le 29 février 1916. Sa blessure à la main a engendré des complications sévères qui ne lui permettent plus de retrouver une fonctionnalité complète. Le 26 avril 1916, il est de nouveau hospitalisé. Cette fois-ci, les soins sont prodigués à l’hôpital militaire de Bourbonne-les-Bains dans la Haute-Marne jusqu’au 20 juillet 1916. Il obtient, en suivant, une permission de convalescence de 15 jours.

De retour à la caserne Courcy le 5 août 1916, il ne sait pas encore ce qui va véritablement se passer pour lui.

Ce n’est que le 23 novembre 1916 qu’il passe devant la commission d’Épinal qui doit statuer sur son sort. Les médecins le réforment temporairement pour déformation de la main droite et flexion incomplète des quatre derniers doigts.

La campagne du soldat Sauvageot prend fin à partir de ce moment. Il peut retourner à la vie civile dans son village de Saint-Martin-Belle-Roche ; ceci pour quelques mois.

En effet, le 1er mars 1917, Jacques est à nouveau rappelé au 56e R.I.. Le 27 avril, il passe devant la commission de réforme de Chalon-sur-Saône. Cette convocation va lui permettre d’affiner son dossier de gratification. Jacques Sauvageot, qui est réformé temporaire de 2e catégorie, est proposé à la réforme temporaire de 8e catégorie.

Le 8 août 1917, il obtient une gratification de 100 francs.

Le 23 mars 1918, la commission de réforme de Mâcon maintient son statut de réformé temporaire avec gratification de 7e catégorie. Cette année-là, il obtient un appareillage pour sa main.

Le 7 avril, il est décoré de la Médaille militaire.

Le 9 mai 1920, Jacques Sauvageot est proposé par la commission de réforme de Chalon-sur-Saône pour une réforme n° 1 avec une invalidité de 15 %. Le 30 avril, cette invalidité est poussée à 30 % par cette même commission.

Ce long parcours devant les commissions de réforme arrive enfin à son terme. Jacques percevra la somme de 720 francs.

Le 31 mai 1920, il épouse Marie Tardy, une jeune femme âgée de 22 ans. De cette union naîtront deux garçons.

Pour en savoir plus sur le parcours de vie de Jacques Sauvageot, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante. Vous pourrez y lire une biographie plus poussée, enrichie d’une belle iconographie sur le site d’Arnaud Carobbi.

Site_Arnaud_Carobbi

Jacques Sauvageot est décédé le 5 janvier 1968 à Saint-Martin-Belle-Roche à l’âge de 77 ans.

Sources :

Le portrait de Jacques Sauvageot provient du site des archives départementales de la Saône-et-Loire.

Les informations concernant ce soldat sont extraites de sa fiche signalétique et des services, de son acte de naissance et du fonds Sauvageot numérisé lors de la « grande collecte ». Tous ces documents sont consultables sur le site des archives départementales de la Saône-et-Loire.

Les sites « Généanet » et « Européana » ont été également consultés.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales de la Saône-et-Loire.