08 septembre 2017

Henri Maxime Joseph Collin (1894-1916).

Album B

Henri Maxime Joseph Collin est né le 29 août 1894 dans le quartier de Chalon à Saint-Bardoux, une petite commune qui se trouve dans le département de la Drôme. À sa naissance, son père, prénommé Pierre, travaille la terre pour nourrir sa famille. Cet homme est âgé de 35 ans. La mère, Marie Antoinette Pipat, est âgée de trente ans quand elle met au monde son deuxième enfant. Elle n’exerce pas de profession. Albert, le frère aîné, a 11 ans.

En 1901, Pierre, le chef de maison, devient patron. Il cultive maintenant des terrains dont il n’est probablement pas propriétaire, partageant le fruit de ses récoltes avec celui qui les possède.

En 1906, les Collin sont installés dans le quartier Tavasse qui se trouve à l’intérieur de la commune de Marsaz. La date exacte de leur arrivée dans ce village n’est pas connue. Le père gagne sa vie comme fermier sur des terres qui appartiennent à la famille Chanal. 

À cette époque, Henri, qui a maintenant une douzaine d’années, sait lire et écrire ; il fréquente peut-être encore l’école communale du village. Sa fiche signalétique indique un degré d’instruction de niveau 2, ce qui veut dire qu’il n’a pas poussé très loin sa scolarité. Son frère Albert, beaucoup plus âgé, est employé chez le père.

En 1911, Pierre Collin est toujours patron. Ses deux fils, Albert, qui est revenu du service militaire effectué au 13e régiment de chasseurs à cheval en septembre 1909, et Henri, âgé de 17 ans, travaillent avec lui comme ouvriers agricoles.

Trois ans plus tard, c’est la déclaration de guerre contre l’Allemagne. En août 1914, Henri Collin bénéficie encore quelque temps de la vie de civil. Faisant partie de la classe 1914, il ne sera incorporé qu’au mois de septembre. Le 4, il intègre le 22e R.I., un régiment dont les casernes se trouvent à Bourgoin et à Sathonay-Camp, il arrive au corps deux jours plus tard, le temps de faire son instruction.

Fin septembre 1915, il apprend qu’il est versé au 158e R.I..

Le 28, le régiment reçoit deux détachements de renforts : le premier, en provenance du dépôt de Lyon, le second, arrivant du 9e bataillon du 149e R.I.. L’histoire ne dit pas avec lequel des deux il a rejoint le 158e R.I..

Durement éprouvé, ce régiment vient de participer à deux journées d’attaques dans le secteur du bois en H. Il faut reconstituer les effectifs. Le soldat Collin intègre la 7e compagnie.

Le 29 janvier 1916, il est affecté à la 1ère compagnie de mitrailleuses de la 86e brigade. Les hommes de cette brigade s’apprêtent à quitter le front d’Artois. Ils sont en plein préparatif de départ pour rejoindre le camp de Riquier situé dans la Somme.

Début mars 1916, la compagnie de mitrailleuses du soldat Collin est engagée, avec le reste de la brigade, dans la bataille de Verdun entre le 7 mars et le 7 avril 1916.

Le 24 avril 1916, Henri Collin est muté à la 3e compagnie de mitrailleuses du 149e R.I., qui est, à cette période, la compagnie de mitrailleuses de la 85e brigade. Cette unité est commandée par le capitaine Mougel qui a sous ses ordres directs les sous-lieutenants Durupt et Piéfroid.

La 85e brigade quitte la Meuse pour aller s’installer dans un secteur beaucoup plus calme. Elle prend position en Champagne, du côté de la butte de Tahure et de Mesnil.

Ce n’est qu’au mois de septembre que cette bigade participera, de nouveau, à de violents combats du côté de Soyécourt, de Déniécourt et de Foucaucourt, dans la Somme.

Le J.M.O. de la 85e brigade ne permet pas de connaître les déplacements et les positions occupées par la 3e compagnie de mitrailleuses du 149e R.I. durant la période du mois de novembre.

Heureusement, une courte phrase, placée dans le témoignage de Paul Portier, nous donne la possibilité de localiser de manière très précise la tranchée dans laquelle est placée cette compagnie durant les jours qui précèdent la mort du soldat Collin.

«… La 1ère compagnie de mitrailleuses du 149e R.I. qui se trouve à la tranchée Couverte est relevée, le 12 novembre 1916, par la 3e compagnie de mitrailleuses du régiment. »

Tranchee Couverte, sucrerie et village de Genermont

Le 17 novembre 1916, Henri Collin est blessé par plusieurs éclats d’obus. La gravité de ses plaies est telle qu’il décède rapidement sur le lieu même où il a été touché. Il a 22 ans.

Il est inhumé sur place par ses camarades à environ 400 mètres au sud de la sucrerie de Génermont.

Les soldats Victor Martin et Paul Mauroux seront les deux témoins qui permettront au lieutenant  Auguste Fourneret, l’officier d’état civil du régiment, d’enregistrer le décès de cet homme. L’acte sera transcrit à la mairie de Marsaz le 9 août 1917.

Ce soldat ne s’est pas marié de son vivant. Sa future épouse se mariera par procuration, mettant au monde une petite fille qui acquerra le statut de pupille de la nation.

Il n’y a pas  de sépulture connue pour ce soldat.

Son nom est inscrit sur une plaque commémorative fixée dans le cimetière de Marsaz et sur le monument aux morts du village.

Sources :

J.M.O. du 158e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 700/11

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N /816/3

J.M.O. de la 85e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12

J.M.O. de la 86e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/15

Les archives départementales de la Drôme ont été consultées pour trouver l’acte de naissance et la fiche signalétique et des services du soldat Collin. Les registres de recensements des années 1896, 1901, 1906 et 1911 ont également été lus.

Site « GénéaNetWeb »

Site « Mémoire des Hommes »

Acte de décès envoyé par la mairie de Marsaz.

Les dessins de Jacques Tardi sont extraits des ouvrages « Putain de guerre ! 1914-1915-1916 » et « Putain de guerre ! 1917-1918 ». Ces deux albums ont été réalisés en collaboration avec Verney. Éditions Casterman. 2008.

Témoignage de Paul Portier, soldat du 149e R.I., inédit, collection personnelle.

La photographie aérienne du village de Génermont  provient  du site de la bibliothèque municipale de Dijon.

L’extrait du plan localisant la tranchée Couverte vient du J.M.O. du 3e B.C.P..S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N /816/3 page 165.

Notons que le nom de famille d’Henri Collin s’écrit avec un seul l sur son acte de naissance et sur les registres de recensements.

Une erreur figure sur la fiche M.D.H. du soldat Collin. Celle-ci localise la sucrerie de Génermont  dans l’Aisne alors qu’elle se trouve dans le département de la Somme.

L’extrait du plan, qui indique le secteur dans lequel se trouve la 3e compagnie de mitrailleuses du 149e R.I.  au moment du décès du soldat Collin, provient du J.M.O. du 3e B.C.P.. Il reste à confirmer si le boyau Couvert et la tranchée Couverte sont bien le même lieu.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J. Tardi, au Service Historique de la Défense de Vincennes, aux archives départementales de la Drôme et la mairie de Marsaz. 

Posté par amphitrite33 à 01:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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