Henri_Pierre_Adolphe_Marcel_Putz

Les années de jeunesse

Henri Pierre Adolphe Marcel Putz est né le 31 janvier 1874 dans le 6e arrondissement parisien. Le père, Jean Baptiste Henri, est un Messin, officier de carrière, qui a opté pour la nationalité française en 1872. À la naissance de son fils, il a 50 ans. Ce chef d'escadron d’artillerie breveté est attaché au 2e bureau de l’état-major général du ministre de la Guerre. Jean Baptiste Henri Putz deviendra plus tard général de brigade. La mère,  Marie Madeleine Adeline Gougeon est une femme qui est âgée de 36 ans. Henri Pierre Adolphe Marcel est le plus jeune d’une fratrie de quatre enfants. Il a deux frères et une sœur. Les trois garçons feront une carrière dans l’armée.

Jeune soldat de la classe 1894 avec le n° 15 de tirage du canton de Fontainebleau, Henri Pierre Adolphe Marcel Putz est dispensé des obligations militaires. Un de ses frères se trouve sous les drapeaux au moment où il passe devant le conseil de révision. Il peut donc bénéficier de l’article 21 de la loi de 1889. L’homme est déclaré « bon absent » par le conseil de révision du 1er avril 1895.

Périodes de formations

Henri Pierre Adolphe Marcel Putz a obtenu son baccalauréat ès lettres et ès sciences. Reçu au concours d’entrée de Saint-Cyr, l’année de ses 21 ans, il entre à l’école spéciale militaire le 31 octobre 1895. Il fait partie des élèves de la promotion de Tananarive. Il en sort le 1er octobre 1897 avec le galon de sous-lieutenant et le numéro 285 sur 539 jeunes diplômés classés. Ayant choisi l’infanterie, il est affecté au 36e régiment d’infanterie de Caen, où il est promu, deux ans plus tard,  lieutenant à compter du 1er octobre 1899.

Le 24 septembre 1902, il épouse, dans la commune de Yenne, Marguerite Sabine Goybet,une jeune savoyarde âgée de 23 ans. De cette union naîtront onze enfants.

En 1904, il suit les cours de l’école de tir du camp du Ruchard.

Désireux de gravir à nouveau les échelons de la hiérarchie militaire, le lieutenant Putz tente et réussit le concours d’entrée de l’école supérieure de guerre.

En 1907, il fait un premier stage dans la cavalerie puis un second dans l’artillerie. Ces deux stages auront une durée de trois mois chacun. Les lieux d’affectations ne sont pas connus.

Il débute les cours théoriques de l’école supérieure de guerre à partir du 1er novembre 1907. Le 10 septembre 1908, il est classé au 65e régiment d’infanterie. Il termine sa formation le 1er novembre 1909 avec le brevet d’état-major en poche. Il est classé 68e avec la mention « bien ».

Le lieutenant Putz a droit à un congé de trois mois, avec solde de présence, après cette formation. Il se retire à Paris et Fontainebleau durant cette période.

Il va falloir maintenant faire ses preuves avec la pratique.

Cet officier est détaché comme stagiaire à l’état-major du 7e corps d’armée de Besançon pour une durée de 2 ans. Il est promu capitaine et classé au 66e R.I. le 8 novembre 1910. Il est ensuite maintenu en stage puis mis hors cadre à l’état-major du 7e corps d’armée, le 27 mars 1911.

Durant ces deux années, il effectue de nouveau un stage d’un mois dans l’artillerie en 1910, puis un autre dans la cavalerie de même durée en 1911. Les lieux et les dates exactes de ces stages ne sont pas connus.

Expériences dans le monde aérien

Attiré par le « monde des airs », il effectue un stage de trois semaines aux sapeurs aérostiers du 24 avril au 13 mai 1911.

En octobre 1911, il est affecté à la 12e compagnie du 149e régiment d’infanterie, une unité qui se trouve à Épinal.

Le capitaine Putz passe, avec succès, son brevet d’aéronaute le 2 avril 1912. Celui-ci porte le n° 149. Il fait ensuite un stage d’instruction d’observateur à bord du dirigeable « capitaine Ferber » du 26 juin au 10 juillet 1912.

Dirigeable_Capitaine_Ferber_

Envoyé au service d’observation aérienne d’Épinal, comme observateur en ballon, Henri Pierre Adolphe Marcel Putz, doit attendre l’arrivée du ballon « Conté » pour obtenir un poste dans le domaine ses compétences. Jusqu’à ce que ce ballon rejoigne Épinal, il travaille comme observateur en avion.

Le 7 février 1913, il accomplit une reconnaissance d’une durée de 15 minutes avec le lieutenant Lucien Battini. Le 5 avril, il renouvelle l’expérience avec ce pilote. Cette fois-ci, le vol dure 20 minutes et il s’effectue à une hauteur maximum de 500 mètres. Six jours plus tard, il est le passager du maréchal des logis Quennehen, avec qui, il va effectuer le même type de déplacement aérien. Le 15 avril, il monte une dernière fois dans l’aéroplane du lieutenant Battini, toujours dans les mêmes conditions de vol.

Les_aviateurs_Quennehen_et_Battini

Le 13 janvier 1914, il doit rejoindre l’état-major du 21e corps d’armée qui vient tout juste d’être créé. Il fait deux autres stages d’observateur en ballon dirigeable à Toul avant le déclenchement de la 1ère Guerre mondiale.

Les années de guerre

Le capitaine Putz est toujours détaché comme observateur de dirigeable, au centre d’observation aérienne d’Épinal, lorsque le conflit contre l’Allemagne éclate.

Le 11 août 1914, il est mis à la disposition de l’état-major du 21e C.A. Le dirigeable « Conté » vient d’être déclaré « hors de service ».

Henri Pierre Adolphe Marcel Putz prend la direction du 2e bureau du 21e C.A..

Le fait de bien connaître la langue et le fonctionnement de l’armée allemande lui permet de diriger au mieux les services des interprètes qui lui sont attachés. Il commande habilement les agents qui sont mis à sa disposition.

Cet officier s’occupe également de l’interrogatoire des prisonniers, une tâche qu’il même avec tact et perspicacité. 

Il est bien noté par ses supérieurs et le colonel de Boissoudy, chef d’état-major du 21e C.A., rédige le texte suivant en février 1915 : « C’est un travailleur acharné, un peu lent, intelligent, instruit, connaissant bien ses règlements et les détails des services. Homme calme et réfléchi, c’est un précieux auxiliaire pour son chef de section dont la tâche était particulièrement lourde. C’est un bon cavalier.»

Le 21e C.A. est engagé à Verdun en mars 1916, dans la Somme de septembre à décembre 1916 puis dans l’Aisne à partir de mai 1917. Durant cette période, le capitaine Putz fait toujours partie de l’état-major de ce C.A..

Le 30 juillet 1917, il est mis à la disposition de l’infanterie. De nouveau au 149e R.I.,  il reçoit, le 13 août, le commandement du 3e bataillon du régiment. Pour ce récent commandement, il est promu chef de bataillon à titre temporaire le 29 septembre.

Le 23 octobre 1917, le commandant Putz est blessé à l’épaule droite par un éclat d’obus, à la sortie de son P.C.. Il s’apprêtait à quitter la parallèle de départ pour conduire ses hommes à la bataille de la Malmaison.

Évacué vers l’arrière, il est soigné dans un hôpital parisien. Une fois guéri, il reprend du service. Le commandant Putz ne retournera jamais en première ligne à la tête d’un bataillon de régiment d’infanterie. À partir de la fin de l’année 1917, il est affecté à plusieurs postes dans divers états-majors, cela jusqu’à la fin du conflit.

Le 6 décembre 1917, il est à l’état-major du 2e corps d’armée colonial, où il est nommé chef de bataillon à titre définitif le 19 avril 1918. Le 5 juillet, cet officier est muté à l’état-major du 36e corps d’armée.

Placé en réserve de personnel à l’état-major de la VIIIe armée le 18 juillet, puis  à celle de l’état-major du 32e C.A. à partir du 26 août, il reçoit une affectation pour l’état-major du 17e corps d’armée pour venir occuper le poste de chef du 1er bureau à compter du 16 septembre. Il ne restera dans cette fonction qu’une petite dizaine de jours.

Le 4 octobre 1918, il passe à l’état-major du commandement supérieur du nord, pour prendre la tête du 3e bureau.

De l’armistice à la fin de carrière

Une décision ministérielle du 31 janvier 1919 l’affecte à l’état-major de la 12e région. Cette affectation est  annulée. Il reçoit l’ordre de rejoindre le 21e corps d’armée pour diriger le bureau de la chancellerie de l’état-major. Le commandant Putz quitte l’état-major du gouvernement militaire de Metz le 6 février 1919.

Début 1922, il retrouve un régiment qu’il a bien connu avant et pendant le conflit. Cet officier est réaffecté au 149e R.I. le 1er janvier 1922 pour prendre, dans un premier temps, le commandement du 1er bataillon, puis celui du 3e bataillon à compté du 1er avril 1922.

Il accomplit ensuite un stage au centre d’études de montagne à Grenoble entre le 27 juillet au 21 août 1922.

En 1923, le commandant Putz rejoint l’état-major du groupe fortifié de Savoie qui devient en 1925, toujours à Chambéry, le secteur fortifié de Savoie. Il y est nommé chef d‘état-major puis promu lieutenant-colonel le 26 mars 1928. Atteint par la limite d’âge de son grade, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite le 31 janvier 1932, il passe dans la réserve dont il est définitivement rayé des cadres le 14 janvier 1937 à l’issue de la période légale.

Le lieutenant-colonel Putz décède le 22 novembre 1959 à Chambéry à l’âge de 85 ans.

Décorations obtenues :

Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 3 mai 1916. (J.O. du 4 mai 1916) « Capitaine breveté à l’état-major d’un C.A.. Très bon officier ayant un sentiment élevé du devoir. A rendu de grands services depuis la guerre. A exécuté, en particulier, pendant les premiers jours de la mobilisation, au-dessus des lignes allemandes, des reconnaissances aériennes hardies, au cours desquelles il a recueilli des renseignements précieux. A déjà reçu la croix de guerre. »

Officier de la Légion d’honneur le 25 décembre 1929.

Croix de guerre avec une étoile de Vermeil et une étoile d’argent.

Citation à l’ordre du 21e C.A. en date du 12 août 1915 :

« Affecté pendant les premiers jours de la mobilisation au service d’explorations aériennes, a envoyé des indications très précieuses. Devenu ensuite chef du 2e bureau de l’état-major du corps d’armée, a montré une activité inlassable dans la recherche des renseignements et dans la lutte contre l’espionnage.»

Citation à l’ordre n° 264 de la 43e D.I. en date du 14 novembre 1917 :

« Officier supérieur très méritant. A été, le 23 octobre 1917, blessé à l’entrée de son P.C. au moment où il préparait, avec son bataillon, à marcher à l’assaut des positions ennemies. »

Autres décorations :

Médaille commémorative de la Grande Guerre, médaille interalliée de la Victoire.

Sources :

J.M.O. du 21e C.A.. S.H.D. de Vincennes  Réf : 26 N 195/1, 2 et 3

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes  Réf : 26 N 344/7

Dossier individuel consulté au Service Historique de la défense de Vincennes.

Le commandant Putz possède un dossier individuel  sur le site de la base Léonore. Pour le lire, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante :

Site_base_Leonore

Le portrait du commandant Putz provient d’une partie de photographie qui se trouve dans le témoignage du lieutenant Paul Douchez en trois volumes. Ce témoignage a été déposé par le fils de cet officier, aux archives du Service Historique de la Défense de Vincennes en 1983. Fond Douchez ref : 1K 338.

Les informations concernant la généalogie d’Henry Pierre Adolphe Marcel Putz ont été trouvées sur le site « Généanet ».

Les portraits du lieutenant Battini et maréchal des logis Quennehen sont extraits de cartes postales.

Un grand merci à M. Bordes, à F. Amélineau, à A. Carobbi,  à  M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.