03 février 2017

Marie Louis Crébely (1892-1917).

Marie_Louis_Crebely

Originaire de la ville de Dôle, Marie Louis Crébely voit le jour le 9 février 1892. Son père se prénomme Claude Étienne Armand. Il est âgé de 37 ans. Sa mère, Marie Louise Juliette Séraphine Pergaud est une femme qui a 27 ans. Le couple a eu trois enfants.

Élève au collège de Notre Dame de Mont-Roland, Louis Crébely y fait ses classes de 7e, 6e et 5e. Il quitte l’établissement en juillet 1904 ; ses parents viennent de divorcer. Louis s’installe à Dijon pour y terminer ses études. Sa fiche signalétique et des services nous indique qu’il possède un degré d’instruction de niveau 5.

Il exerce le métier de dactylographe avant d’être incorporé sous les drapeaux le 9 octobre 1913. C’est au 149e R.I. qu’il va apprendre le métier de soldat. Il est nommé caporal le 11 avril 1914. Louis Crébely est toujours installé à la caserne Courcy lorsque le conflit contre l’Allemagne débute en août 1914.

Il commence donc la campagne avec ce régiment, qui doit se rendre à la frontière quelques jours avant la déclaration officielle de la guerre, son unité faisant partie des troupes de couverture.

Le caporal Crébely obtient ses galons de sergent le 1er septembre 1914. Ce jeune sous-officier prend part aux combats de Souain et d’Ypres avant d’être nommé aspirant la veille de Noël 1914.

Louis Crébely passe toute l’année 1915 dans le secteur d’Aix-Noulette, une petite commune située en Artois. Durant cette période, le 149e R.I. participe à plusieurs combats qui ont été particulièrement meurtriers.

Des extraits de sa correspondance adressée à sa mère ont pu traverser le temps grâce au livre d’or de l’école libre de Notre Dame de Roland.

Le 12 septembre 1914, il lui écrit ceci :

« … Supporte vaillamment la dure épreuve à laquelle tu es soumise. Pense qu’en ce moment, il est préférable que je meure plutôt que de voir les Allemands fouler du pied ce que nous avons de plus cher. En ce moment, ma vie est à la merci d’une balle. Mais si je meurs, je mourrai content, car je n’aurai jamais cessé de t’aimer et de m’efforcer de te rendre heureuse… »

Louis n’a pas encore 23 ans.

Le 7 janvier 1915, il lui adresse les mots suivants :

« … Je ne suis pas plus brave qu’un autre, mais ayant une responsabilité, je dois me rendre compte de tout par moi-même, afin d’éviter à mes hommes des peines inutiles. Tu ne peux pas t’imaginer combien je suis aimé et obéi de mes hommes et j’en suis très heureux. Je te remercie, ma chère maman, de prier et de faire prier pour moi… »

Le 27 janvier 1915, il lui envoie les lignes ci-dessous :

« … Depuis le début de la campagne, je n’ai pu aller que trois fois à la messe, en particulier dimanche dernier, et c’est pour moi un puissant réconfort. Ne crois donc pas que je souffre, ma chère maman, je suis heureux, toujours gai, jamais triste… Certes, je préfèrerais être au chaud à la maison. Mais que veux-tu ? Pour qu’à l’avenir nous puissions vivre tranquilles, et non sous la botte prussienne, il faut bien que nous nous battions, et la victoire étant certaine pour nous, c’est un puissant soulagement à toutes nos peines de songer que la grande famille française sera enfin libre et heureuse… »

C’est un homme qui reste humble. Quelques jours après l’attaque allemande du 3 mars 1915, sa mère reçoit le courrier suivant :

« … À la suite de l’attaque allemande d’il y a cinq jours, et de la contre-attaque que nous avons faite,  je suis proposé pour être cité à l’ordre du jour. Je pense que tu seras contente. C’est pour moi un grand bonheur, mais je ne cherche pas du tout à me faire remarquer. Je veux simplement faire mon devoir, sans bruit… »

Le 8 mars 1916, l’aspirant Crébely est blessé dans le secteur de Verdun. Le numéro de sa compagnie n’est pas connu.

Pour en savoir plus sur les événements qui se sont déroulés durant cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Carte_journees_des_7__8_et_9_mars_1916

Il rentre au dépôt le 10 avril 1916 après avoir été soigné durant un mois dans un hôpital de l’arrière. Louis Crébely se prépare à faire ses adieux au régiment spinalien, car il vient d’être muté à la 2e compagnie du 118e R.I.. Il est sur tous les fronts où se trouve son nouveau régiment, jusqu’au moment où il est tué en entraînant sa section à l’attaque sur les hauteurs de Laffaux, le 7 avril 1917.

Son acte de décès est transcrit à la mairie d’Audelange le 8 décembre 1917.

Décorations obtenues :

Médaille militaire par décret du 3 avril 1920 (J.O. du 21 août 1920)

« A fait preuve d’un grand calme, en conduisant sa section sous un feu violent de mitrailleuses et d’artillerie. A été mortellement blessé en se portant à l’assaut de la position ennemie le 7 avril 1917, à Laffaux. A été cité. »

L’aspirant Crébely repose actuellement dans la nécropole nationale « Bois Roger » à Ambleny. Sa sépulture individuelle porte le n° 469.

Sepulture_Louis_Crebely

Son frère cadet, Emmanuel Henri, repose juste à côté de lui.

Marie Louis Crébely est resté célibataire et n’a pas eu de descendance.

Le nom de cet homme est gravé sur le monument aux morts de la commune jurassienne d’Orchamps. Il est également inscrit sur la plaque commémorative qui est  fixée sur un des murs de l’église de Dôle.

En juillet 1921, le lieutenant Le Sayec, du 118e R.I. adresse le mot suivant à Madame Crébely :

« Votre fils était un sous-officier d’une haute valeur et pour lequel j’avais personnellement beaucoup d’estime, pour sa bravoure et son sang-froid. Très considéré par ses chefs et ses soldats, l’aspirant Crébely était appelé à faire un excellent officier. »

Sources :

Fiche signalétique et des services et actes d’état civil consultée sur le site des archives départementales du Jura.

Livre d’or « L’école libre de Notre-Dame de Mont-Roland et la guerre 1914-1918. » Besançon, imprimerie Jacques et Demontrond. 1922.

La photographie de sa sépulture a été réalisée par M. Chevalier.

Le site « MémorialGenWeb » a été consulté.

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à M. Chevalier, à M. Porcher, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales du Jura.

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10 février 2017

10 avril 1916.

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Les derniers éléments du 149e R.I. ont quitté la 1ère ligne dans la soirée du 9 avril. Des retardataires arrivent encore à Dugny au petit jour.

Le 6e bataillon du 323e R.I. est remplacé par le 1er bataillon du 28e R.I. dans la nuit du 9 aux 10 avril 1916.

Le 3e B.C.P., qui est la dernière des unités de la 43e D.I. à rester dans un secteur exposé, ne sera relevé que le 11 avril.

Carte_1_journee_du_10_avril_1916

Legende_carte_1_journee_du_10_avril_1916

Les soldats du 149e R.I. cantonnent une partie à Landrecourt, une partie à Dugny. Ces hommes ne savent absolument pas ce qui les attend dans les heures à venir.

Ils sont censés quitter définitivement le secteur de Verdun, mais la situation sur le front est telle qu’ils peuvent, à tout moment, retourner en 1ère ligne.

Le mitrailleur Paul Portier raconte cette situation inconfortable dans ses écrits :

« Le régiment dont les rangs sont clairsemés se rend sur la route entre Lempire et Nixeville pour embarquer. Mais au dernier moment, nous recevons l’ordre verbal de rejoindre nos cantonnements de Dugny-Landrecourt. Sur tout le front s’est déchaîné un bombardement d’une extrême violence et il ne faut pas chercher plus loin la cause de notre non-embarquement aujourd’hui. »

Le commandant Magagnosc assure toujours l'intérim à la tête du 149e R.I..

Carte_2_journee_du_10_avril_1916

Le 3e bataillon, qui était commandé par le capitaine de Chomereau de Saint-André lorsqu’il était dans le secteur du fort de Vaux, se trouve maintenant sous les ordres du commandant Fernagu (la date exacte de la prise de commandement de ce bataillon par cet officier n’est pas connue). 

Sources :

J.M.O. de la 5e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 268/9.

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 11e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N498/9.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

Le fond de carte,qui a servi de support à la réalisation de la carte donnant les emplacements approximatifs de la 5e D.I., de la 11e brigade, du 3e B.C.P et du 332e R.I., provient du J.M.O. du groupement D.E. de la place de Verdun. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 70/7. 

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Les portraits des hommes qui figurent sur le montage représentent les  officiers qui ont commandé les  4 compagnies du 3e bataillon du 149e R.I. lorsque celui-ci se trouvait dans le secteur du fort de Vaux en avril 1916. Les noms de ces responsables de compagnie ont pu être identifiés, grâce à un plan dessiné par le capitaine Gaston de Chomereau de Saint-André. De gauche à droite se trouvent le capitaine Joseph Delung (9e compagnie),  le capitaine Joseph Chauffenne (12e compagnie) le lieutenant Gabriel Gérard (10e compagnie) et le lieutenant Louis Foucher (11e compagnie).

 Une liste nominative des officiers de corps du 149e R.I. datant du 18 avril 1916, dont la copie m’a été envoyée par le petit-fils du lieutenant-colonel Gothié, confirme ces noms.

 Le portrait du capitaine Delung a été envoyé par la famille descendante de cet officier.

Le portrait du capitaine Louis Foucher provient d’une photographie de groupe, qui fait partie du fond Paul Douchez consultable au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Les portraits du capitaine Gérard et du capitaine Chauffenne font partie de ma collection personnelle.

Un grand merci à M. Bordes, J. Étienne, à A. Carobbi, à D. Gothié,à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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17 février 2017

Gaston Louis Martin Édouard Fernagu (1871-1937).

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Les années de jeunesse

Gaston Louis Martin Édouard voit le jour le 7 février 1871 dans le 6e arrondissement de la capitale, quelques semaines avant le début de la Commune de Paris. Son père, Auguste Gabriel, est un sous-lieutenant âgé de 31 ans,qui sert dans le régiment des sapeurs-pompiers. Sa mère, Louise Rosine Beyer est une jeune femme âgée de 23 ans.

Gaston Louis Martin Édouard Fernagu est l'aîné d’une fratrie de trois garçons. Il obtient son baccalauréat ès sciences. Les trois frères feront tous une carrière militaire.

Au moment de la conscription, Gaston Fernagu souhaite signer un engagement volontaire. Pour cela, il doit se rendre à la mairie d’Orléans pour y apposer sa signature d’un contrat d’une durée de quatre ans. Nous sommes le 25 août 1891. Le jeune homme est dans sa vingtième année.

Son nom est inscrit sur la liste de recrutement de la classe 1891 de la subdivision du 3e bureau du département de la Seine, avec le numéro de tirage n° 314, dans le canton du 4e arrondissement de Paris.

Les débuts de carrière militaire

Sur les traces professionnelles de son père, il demande à servir dans le régiment des sapeurs-pompiers. Ce choix est-il dû au fait qu’il ait passé une grande partie de son enfance dans l'entourage des soldats du feu ? La réponse n’est pas connue, mais l’idée reste très présente à l’esprit ! Le jeune homme est incorporé comme sapeur de 2e classe dès le lendemain de la signature de son contrat avec l’armée.

Il est nommé caporal le 26 février 1892 puis sergent le 26 août 1892. Gaston Fernagu exerce les fonctions de sergent-fourrier entre le 4 mars 1893 et le 14 juin 1894.

Après avoir réussi le concours d’entrée de l’école militaire d’infanterie de Saint-Maixent, ce jeune sergent suit les cours pour devenir officier, à partir du 3 avril 1895,avec la promotion de Tananarive.  Il semble avoir eu du mal à s’adapter à cette formation.  

Le lieutenant-colonel de l’école militaire écrit ceci dans sa feuille de notes détaillées de fin d’études : « Avait une préparation complètement insuffisante à l’entrée à l’école. A eu beaucoup de difficultés à les vaincre et ne les a pas suffisamment surmontées. »

À la base, ce n’est pas un militaire d’une arme classique, nous pouvons aisément  imaginer qu’il ait eu plus de difficultés que les autres.

Il termine avec le numéro de sortie 309 dans une promotion qui compte 362 élèves.

Le 1er avril 1896, revêtu de son uniforme d’officier flambant neuf, il rejoint la ville de Maubeuge pour intégrer une compagnie du 145e R.I.. Il est ensuite détaché à Hirson, où il sera bien noté par son supérieur.

Au régiment de sapeurs-pompiers de Paris

Souhaitant redevenir « soldat du feu », le sous-lieutenant Fernagu fait une demande pour réintégrer le régiment de sapeurs-pompiers en 1897.

Le 1er avril 1898, il est nommé lieutenant. C’est avec ce grade qu’il réintègre le régiment de Paris le 21 mai 1898.

Il quitte le 145e R.I. avec la note suivante :

« Officier zélé, de caractère ferme, habile aux exercices de corps, mais qui peut parfois se montrer très dur avec ses inférieurs. Il parait avoir en lui-même une confiance que ses services et son instruction ne justifient pas encore. Le 145e R.I. ne perdra qu’un officier de valeur ordinaire. »

Le lieutenant Fernagu va devoir encore beaucoup travailler sur lui-même pour tenter d’améliorer son comportement. C’est un officier qui se montre assez bon instructeur militaire dans l’éducation des jeunes recrues, mais qui n’a pas toujours la patience nécessaire pour exercer correctement ce rôle. Il lui arrive souvent de manquer de tact.

Les observations parfois sévères de ses supérieurs, à propos de ses écarts de caractère, commencent à porter leurs fruits au fil du temps.

En 1900, le changement de tempérament de cet officier est radical. L’accomplissement de ses devoirs de formateur, dans l’encadrement des engagés volontaires, est maintenant très bien perçu par ses chefs. Il va même assurer, durant un mois, le commandement provisoire de sa compagnie. Au cours de cette période, il obtiendra de très bons résultats. Sa manière d’être, vis-à-vis des gradés qui sont sous ses ordres, est maintenant irréprochable.

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Le 16 juin 1902, Gaston Louis Martin Édouard Fernagu épouse une jeune parisienne âgée de 22 ans,qui se nomme Marguerite Pauline Derondel. De cette union naîtront deux enfants, Robert et Jean Honoré.

En 1903, il est dit de lui : « Officier sérieux et discipliné, sert avec exactitude et correction, bon instructeur, sait se faire obéir, obtient des résultats. Donne toute satisfaction. »

En 1905, il suit les cours de 2e année de l’école de droit tout en poursuivant son service. Il obtient sa licence en juillet.

Pompiers_de_Paris

Retour à un régiment d’infanterie

Nommé capitaine le 27 mars 1911, Gaston Fernagu doit laisser derrière lui la ville de Paris pour rejoindre le 132e R.I. qui se trouve à Reims.

Il est très bien noté dans cette unité.

« Vigoureux officier, travailleur instruit, commande sa compagnie avec un très grand souci de son devoir professionnel. Deviendra certainement un capitaine d’une réelle valeur. »

Le lieutenant-colonel Cadoux, responsable du 132e R.I. au cours du 1er semestre de l’année 1912, dit pourtant de lui qu’il a bien du mal à se dépouiller de son habit de sapeur-pompier.

Au cours de cette année, il passe une thèse de médecine à la faculté de Paris qui s’intitule « Les troubles de la parole dans les chorées ». Ce travail, qui porte le n° 283 de l’année de l’obtention du diplôme, est publié par les éditions Jouve.

Nostalgique de son ancien corps, Il fait de nouveau une demande pour retourner chez les sapeurs-pompiers. Cette requête est entendue puisqu’il  retrouve son ancien régiment à partir du  8 mars 1914.

Les premières années du conflit

Lorsque, en août 1914, le conflit contre l’Allemagne débute, il porte toujours l’uniforme de sapeur-pompier. Très vite, il souhaite être envoyé sur le front. Il fait une demande insistante pour servir dans un régiment de la Légion étrangère.

Le 16 octobre 1914, il est affecté au régiment de marche de la Légion étrangère du camp retranché de Paris, qui deviendra à partir du 28 novembre, le 3e régiment de marche du 1er étranger. Dès son arrivée, le colonel lui propose le poste d’officier adjoint. Riche de son savoir et de ses expériences, le capitaine Fernagu peut rendre de multiples services à son supérieur durant la période d’organisation du régiment. Au front à partir de la fin du mois de novembre 1914, il s’occupe également de la S.H.R. du régiment, en plus de ses fonctions d’officier adjoint. Entre décembre 1914 et juin 1915, son régiment couvre différents secteurs de la Somme.

Le 26 juillet 1915, il est muté au 10e B.C.P. pour prendre le commandement de la 3e compagnie. Il ne reste que très peu de temps dans cette unité de chasseurs puisque le 14 août 1915, il reçoit l’ordre de rejoindre le 3e B.C.P. pour y seconder le chef de bataillon Faure. Les chasseurs de cette unité combattent dans le secteur d‘Aix-Noulette en Artois.

Gaston Fernagu prend ensuite part aux affaires de Verdun entre le 7 et le 11 mars 1916. Sa belle conduite au feu lui permet d’être proposé au grade de commandant.

Courts passages au 158e R.I. et au 149e R.I.

Le 24 mars 1916, le commandant Fernagu est affecté au 158e R.I. avec ses nouveaux galons de chef de bataillon. Quelques jours plus tard, il est au 149e R.I..

Le J.M.O. du 3e B.C.P. nous fait savoir que le capitaine Fernagu est nommé chef de bataillon au 149e R.I. le 1er avril 1916.

Le journal officiel du 15 avril 1916 nous dit que cette mutation est prononcée le 5 avril.

Cette courte période d’affectation au sein de ces deux régiments de la 43e D.I. reste difficile à identifier. Les dates qui figurent dans son dossier individuel,qui se trouve au S.H.D. de Vincennes, ne concordent pas toujours avec les autres documents consultés.

Le nom du commandant Fernagu apparaît dans un contrôle nominatif des officiers du 149e R.I qui date du 18 avril 1916. À cette période, il commande le 3e bataillon du régiment.

Gaston Fernagu a-t-il pris le commandement du 3e bataillon du 149e R.I. lorsque celui-ci se trouvait encore dans le secteur de 1ère ligne au fort de Vaux ? A-t-il remplacé le capitaine Gaston de Chomereau de Saint-André à la tête de ce bataillon plus tard, après le retour vers l’arrière ? Ces questions restent pour l’instant sans réponse !

Le témoignage laissé par le capitaine de Chomereau de Saint-André n’évoque pas ce passage de commandement.

De nouveau au 158e R.I.

Le 18 avril 1916, il est de nouveau affecté au 158e R.I.. En juin 1916, il commande le 3e bataillon du régiment.

Il dirige son bataillon avec conscience et zèle. Cet officier se distingue aux combats, particulièrement à ceux qui se déroulent dans la Somme entre le 4 et le 18 septembre 1916. Durant les périodes de repos, il se consacre laborieusement à l’instruction de ses cadres et de son bataillon.

Fatigué par son long séjour ininterrompu au front, il est muté au 9e bataillon du 152e R.I. le 27 octobre 1917. Il commande son nouveau bataillon avec autorité et facilité. Très consciencieux, et très actif, il s’adonne tout particulièrement à l’instruction des cadres et de la troupe. Ce qui fait de son bataillon un bon bataillon d’instruction.

Les années après-guerre

Gaston Fernagu a conservé son poste de commandant pendant 25 mois entre 1914 et 1918. Il rompt avec une carrière militaire qui aurait pu être prometteuse. Le 20 avril 1918, il remet volontairement son grade de commandant pour redevenir capitaine. Il fait cette démarche pour pouvoir réintégrer le régiment de sapeurs-pompiers, où il prend le commandement d’une compagnie.

En janvier 1921, il exerce les fonctions d’adjudant-major.

Gaston Fernagu est promu chef de bataillon major par décret du 24 juin 1922. Affecté au 22e régiment de Tirailleurs, il ne rejoindra jamais cette unité. Quelques semaines plus tard, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite par décision ministérielle du 26 juillet 1922. Le 15 août 1922, il est rayé des contrôles de l’armée active.

Il est nommé chef de bataillon de réserve par décret du 17 octobre 1922 affecté au 131e R.I..

Le 12 août 1927, il dépend du centre de mobilisation d’infanterie n° 51.

Maintenu dans les cadres de réserve, à sa demande, il quitte définitivement l’armée le 7 février 1932.

Le 26 novembre 1937, Gaston Fernagu décède, dans la petite commune manchote de Torigni-sur-Vire, à l’âge de 66 ans.

Décorations obtenues :

Chevalier de la Légion d’honneur par arrêté ministériel du 28 octobre 1915 :

« Officier venu du régiment de sapeurs-pompiers de Paris, s’est signalé en toutes circonstances par ses belles qualités militaires. »

Officier de la Légion d’honneur par décret du 11 juillet 1928 (J.O. du 12 juillet 1928).

Croix de guerre avec une palme et une étoile d’argent.

Citation à l’ordre de la 43e D.I. n° 107  du 2 février 1916:

« N’a cessé de donner, depuis qu’il est sur le front, l’exemple des plus belles qualités militaires ; a rendu à son chef de corps les meilleurs services, particulièrement pendant les attaques de septembre. » 

Citation  à l’ordre de l’armée n° 225 du 20 septembre 1916 :

« A très brillamment enlevé son bataillon à l’attaque du 4 septembre 1916. Arrêté par un feu violent de mitrailleuses devant une position extrêmement solide, s’en est emparé par un violent combat à la grenade. Contre attaqué le soir et le 5 au matin, de front et de flanc, n’a pas cédé un pouce de terrain. Le 6, a progressé et a atteint tous les objectifs assignés, faisant plusieurs centaines de prisonniers, s’emparant de mitrailleuses et de lance-bombes. S’y est ensuite maintenu énergiquement, faisant preuve, pendant 4 jours et 4 nuits, d’un entrain, d’une vigueur et d’un courage admirables.»

Autres décorations :

A obtenu du ministre de l’Intérieur, une médaille d’honneur en argent de 2e classe pour s’être distingué, le 1899 à Pantin (Seine) en dirigeant, avec le plus grand dévouement, les travaux de sauvetage de 3 ouvriers, ensevelis sous un éboulement (brevet du 28 octobre 1899).

Médaille commémorative de la Grande-Guerre.

Médaille interalliée de la victoire.

Médaille d’honneur en argent de 1ère classe (brevet du 6 février 1922).

Sources :

J.M.O. du 3e régiment de marche du 1er étranger  S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 861/6.

J.M.O. du 10e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 819/3.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/2 et 3.

J.M.O. du 158e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 700/13.

J.M.O. du 152e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 697/15.

Dossier individuel consulté au Service Historique de la Défense de Vincennes.

Le commandant Fernagu possède également un dossier individuel sur le site la Base Léonore. Pour le lire, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante.

Site_base_Leonore

Les informations concernant la généalogie de Gaston Fernagu ont été trouvées sur le site « Généanet ».

La photographie du commandant Fernagu provient de la collection  personnelle d’une branche collatérale descendante de cet officier.

Le contrôle nominatif des officiers du 149e R.I.,qui date du 18 avril 1916, fait partie de la collection personnelle du petit-fils du lieutenant-colonel Gothié.

Un grand merci à M. Bordes, à C. Chauvet, à A. Carobbi, à D. Gothié, à  M. Porcher et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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24 février 2017

11 avril 1916.

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Le 149e R.I. et les autres unités de la division se préparent à quitter définitivement le secteur de Verdun.

Le 5e bataillon du 306e R.I. relève le 3e B.C.P. dans la matinée. Il n’y a plus aucune unité de la 43e D.I. en 1ère ligne.

Les chasseurs de la 85e brigade et les trois bataillons du 149e R.I. se rendent à la Queue de Mala pour embarquer dans les camions. Un peu tiraillés par l’angoisse, les hommes espèrent ne pas renouveler l’expérience de la veille. Revenir une seconde fois en arrière, serait vraiment difficile à supporter. Mais, cette fois-ci tout se passe comme prévu, ils montent dans les véhicules pour prendre la direction de Bar-le-Duc.

Le mitrailleur Paul Portier raconte cette journée dans son témoignage :

« Enfin, le 11, nous quittons de nouveau Dugny pour aller embarquer sur la route de Verdun à Bar-le-Duc. Cette fois-ci, le régiment ne fait  pas demi-tour. »

Le caporal Albert Marquand l’évoque également dans une de ses lettres datant du 17 avril 1916.

« … Partis à 13 h 00 de Landrecourt, nous nous sommes appuyés 8 km par pluie battante pour aller nous embarquer dans les autos camions (22 par voiture) qui nous ont amenés à Savonnières où nous sommes restés 2 jours »

Deux bataillons et les compagnies de mitrailleuses du 149e R.I. s'installent à Savonnières-devant-Bar au sud-est de Bar-le-Duc avec l’E.M. de la brigade. Le bataillon restant du régiment envoie deux de ses compagnies à la ferme Vadinsaux et les deux autres à la ferme Beauregard.

Le 3e B.C.P. prend ses quartiers dans le village de Montplonne tandis que le 10e B.C.P. cantonne à Bazincourt.

Carte_1_journee_du_11_avril_1916

Legende_carte_1_journee_du_11_avril_1916

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. du 3e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 816/3.

J.M.O. du 306e R.I. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 745/17.

Les archives du Service Historique de la Défense de Vincennes ont été consultées.

« Et le temps à nous, est compté » Lettres de guerre 1914-1919. Albert Marquand, présentation de Francis Barbe, postface du général André Bach. C'est-à-dire Éditions mille mots chuchotés. 2011

Le témoignage inédit du soldat du 149e R.I. provient de ma collection personnelle.

La photographie de la Queue de Mala a été réalisée par F. Radet.

L’équipement de fantassin fait partie de la collection d’O. Gérardin.

Le véhicule figurant sur  le montage, et toujours en état de fonctionnement, appartient à D. Bleunven.

Un grand merci à M. Bordes, à F. Barbe,  à A. Carobbi, à D. Bleunven, à O. Gérardin, à A. Orrière, à M. Porcher, à F. Radet, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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