04 novembre 2016

Quelques livres d’or (5).

Deux noms de soldats du 149e R.I. apparaissent dans les livres d’or suivants.  

 Livre_d_or_ecole_de_commerce_de_Paris

 André Chassein de la classe 1911, soldat au 149e R.I. tué le 17 juillet 1915 à Aix-Noulette.

Citation à l’ordre du corps d’armée :

« Jeune soldat brave et dévoué. Est tombé mortellement atteint le 17 juillet 1915 à Aix-Noulette (Pas-de-Calais»

Cette citation donne droit à la Médaille militaire.

 

 

 

Livre_d_or_paroisse_de_Saint_Quentin

Georges Lemire mort pour la France le 19 août 1917.

Références bibliographiques :

« Nos héros de la Grande Guerre 1914-1918 ». Livre d’or publié par l’association des anciens élèves de l’école commerciale 39 avenue Trudaine, Paris 9e.

Livre d’or de la paroisse de la basilique de Saint-Quentin « Paroisse de la basilique de Saint-Quentin à ses enfants glorieusement morts pour la France 1914-1920 ». Éditions 1922.

Un grand merci à P. Baude.

 

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11 novembre 2016

Le 149e R.I. à travers les âges.

Drapeau_149e_R

Le sous-lieutenant Trabaud et le soldat Liand sont les auteurs de ce "149e à travers les âges, Poème héroïque à la gloire de ses Drapeaux". Est-elle une œuvre de commande ? Est-ce un travail mémoriel personnel ?

Il semble avoir été réalisé après-guerre, sans qu’il soit possible de dire quand. Toutefois, en observant son thème et sa structure, il est fort probable qu’il ait été rédigé dans les années qui suivirent le conflit.

Le choix du drapeau n’est pas anodin. C’est LE symbole du régiment, symbole sans cesse rappelé. Dès l’enfance, on en apprenait l’importance ; les jeunes recrues rejoignaient les hommes mobilisables lors d’une cérémonie au drapeau, vers mars de l’année suivant leur incorporation.

Drapeau_du_149e_R

Le drapeau du régiment, sorti lors de grandes occasions, était l’objet d’un cérémonial très codifié, avec sa garde prestigieuse.

Drapeau_du_149e_R

Cette importance du drapeau dans l’imaginaire collectif se retrouve dans les nombreux articles rédigés dans la presse sur ce sujet à cette époque, évoquant  l’importance de prendre celui des ennemis.

Chaque partie du poème a une thématique précise : la première est un historique du régiment avant la Première Guerre mondiale, la seconde un historique du régiment au cours du conflit.

Dans pratiquement tous les régiments existait, avant-guerre, un historique du régiment. Il était fourni aux conscrits pour s’inspirer des actes héroïques de leurs prédécesseurs illustres et s’intégrer dans une histoire glorieuse. La première partie de ce poème reprend probablement les grandes lignes d’un tel historique du 149e R.I..

Couverture_historique_du_149e_R

Pour la seconde partie, c’est certainement l’historique rédigé après-guerre qui a servi de base au texte. Ainsi, il semble que l’auteur soit un ancien du 149e R.I. ayant à sa disposition ces deux textes et souhaitant honorer le drapeau de ce corps, et par conséquent les hommes qui y combattirent.

Couverture_historique_149e_R

Poème héroïque à la gloire des drapeaux

Par le sous-lieutenant Trabaud et le soldat Liand

Les êtres qui sont morts pour une noble cause

Demeurent immortels dans l’esprit des vivants.

Que nos cœurs, aujourd’hui, par cette apothéose,

Rendent à tous nos morts un hommage fervent.

Ô chers lambeaux de soie, où l’héroïsme abonde,

Vous gardez, dans vos plis qui méprisent le temps,

Deux siècles et demi de l’histoire du monde

Et tous les souvenirs de notre régiment.

Ô qui que vous soyez, soldats ou capitaines,

Fantassins grisonnants ou jeunes généraux,

Venus de Périgord et venus d’Aquitaine

Vous tous, morts glorieux, mais immortels héros,

Soyez Bénis !

 

Celui là, c’est l'aïeul de notre régiment.

En ce temps là, des milliers d’hommes, lentement,

Se mouraient chaque jour sous la botte saxonne.

La Pologne expirait. Il ne restait personne

Pour rendre à ce pays sa chère liberté.

Mais un homme montre sa générosité,

Plélo l’Armoricain, le Trapu, notre ancêtre,

S’embarquait à Calais, pour combattre les Reitres.

Il commandait le régiment de Périgord.

Trois mois après, là-bas, on retrouvait son corps

Horriblement haché de coups de baïonnette.

N’importe ! Grâce à lui, sortant de tempête,

Stanislas revenait pour rétablir son droit.

La France avait rendu la Pologne d’un Roi.

Celui là, c’est Fleurus, Bracquigny, la Belgique !

Ces soldats sont venus, d’un élan magnifique,

Par centaines, pieds nus, sublimes, s’engager

Quand on eut proclamé « la Patrie en danger » !

Par trois fois, l’Archiduc chargea notre brigade,

Qui resta, le front haut, ainsi qu’à la parade.

Puis Perrin commanda : « vaincre ou mourir ! Le sort

En laissa la moitié vainqueurs, les autres morts.

Puis ce fut Bracquigny, Charleroi, la Chartreuse,

La brigade marchait jour et nuit, radieuse.

La gloire, dans son vol, lui montrait le chemin

A quatre jours de là, nous repassions le Rhin ! …

 

Vingt ans plus tard, là-bas, près des frontières russes,

L’Empereur achevait de détruire la Prusse,

Le héros d’Elchingen et de la Moskova,

Ney, le grand maréchal, alors nous commanda.

Le régiment, flanc-garde, évita la surprise :

Résiste et mord ! Fut ce jour là, notre devise !

À Bautzen, le matin du vingt mai, l’Empereur

Bousculant les Prussiens, allait être vainqueur.

Soudain, dans le brouillard, un mouvement s’ébauche.

Il vit que l’ennemi tournait son aile gauche !...

Le doute, en cet instant, frôla Napoléon,

Le cent quarante neuf était là, il tint bon !…

Bautzen nous vit vainqueurs dans d’horribles souffrances

Mais ce drapeau, le soir avait sa récompense !…

 

Trois mois après, c’était Goldberg, autre victoire,

Dont un drapeau sanglant nous garde la mémoire

Les Russes et Blucher, avec un régiment,

Occupaient de Goldberg un large escarpement.

Le premier bataillon, tout seul, coûte que coûte,

Baïonnette au canon, fonça sur la  redoute !

Rien ne peut arrêter un combat de géants.

Le sol, quand vint le soir, était trempé de sang.

Le lendemain, tout se taisait dans l’aube grise.

Les chefs étaient tous morts, mais la redoute prise !

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 Le drapeau qui s’avance et que vous voyez là

Est le plus beau de tous ; saluez le bien bas,

Car il fut le témoin de rencontres fameuses,

Où vinrent s’affronter des armées valeureuses.

Quand l’ennemi, soudain, voulut nous envahir,

C’est autour du drapeau  qu’on vit se réunir

Tous ceux qui voulaient la France libre et fière,

Tous ceux qui, sans un cri, gagnèrent la frontière.

Dès les premiers combats, il fut leur réconfort.

Pour lui, pour sa défense, ils bravèrent la mort.

Et durant les quatre ans que dura la campagne,

Sous Ypres, sous Verdun, en Alsace, en Champagne,

Toujours il fut leur aide et vint les ranimer.

Vous voyez, O soldats, comme il nous faut l’aimer !

 

Pendant plus de quatre ans, il eut la charge immense

D’abriter le soldat qui mourait pour la France.

Sous son ombre, les morts dorment très doucement,

Leur sommeil éternel, ineffable et dolent.

Il fut de nos héros, la vision suprême,

L’objet de leur amour, leur consolation même,

Car il symbolisait à l’heure du trépas,

Ce qu’il est le plus doux de chérir ici-bas.

Les parents inquiets, l’épouse qui soupire

L’enfant qui parle à peine et qui commence  à sourire.

Tout le charme si doux d’un foyer familial,

Où l’on se sent meilleur près du berceau natal.

Un drapeau représente ces choses si diverses,

L’honneur du régiment, la mère qui nous berce.

Il semble réunir nos amours en ses plis,

Avec notre gloire… Sur ses lambeaux noircis,

Sont inscrits  les hauts faits les plus beaux de l’histoire,

Par lesquels nos aînés obtinrent la victoire.

Hélas ! Il nous revient meurtri, décoloré.

La mitraille, en sifflant, cruelle, a déchiré

Son étoffe autrefois éclatante et soyeuse.

Les balles lui faisant des blessures glorieuses,

N’ont plus laissé de lui, que des lambeaux tenus,

Par un mince filet ensemble maintenus.

Mais, lorsque clapotant au vent frais de l’aurore,

Le soleil de ses feux doucement le colore,

Il nous semble vraiment, que ce pâle rayon,

Est un rayon de gloire aux plis du pavillon !

Tu figures pour nous le soldat qui s’immole

De tes nobles couleurs le rouge a disparu…

Ainsi tes défenseurs quand ils ont combattu,

Ont donné tout leur sang d’un geste magnifique,

Et sont tombés, glorieux, en soldats héroïques.

Drapeau_149e_R

 Oh ! Tu fus à l’honneur au centre des combats,

Lorsque tu dominais les rangs de nos soldats

Aux assauts meurtriers, aux batailles sanglantes,

Tu guidas, triomphant, les troupes assaillantes.

Sainte-Marie-aux-Mines ! Baptême du feu !

Schirmeck, Badonviller, noms désormais fameux !                                

Le régiment prenait l’offensive en Alsace,

S’approchait de Mutzig, qui sentait la menace,

Hélas, à Sarrebourg, nous résistions en vain.

Il fallut reculer, Neuf-Maisons, Saint-Quirin,

Nous voyaient en retraite, et, l’ennemi sans cesse

Débordant notre flanc, nous gagnait de vitesse.

Au col de la Chipotte on tint bon cependant.

Ce fut la Marne enfin, et le redressement.

La Marne ! Oh !  L’étonnante et splendide victoire.

Nom qui retentira pour jamais dans l’histoire !

Sans trêve et sans repos, nous avions reculé…

Auprès de Paris même, on était arrivé.

Nous voyant épuisés, fourbus par la retraite,

L’Allemand triomphait, sûr de notre défaite.

Quand l’on vit tout  coup, ô miracle inouï,

Nos troupes s’unissant à ceux de Galliéni,

Bousculer, rejeter, traquer en maintes places,

L’ennemi tout surpris de notre volte face.

Il cherche à contenir notre élan furibond,

C’est pour voir écrasés, aux marais de Saint-Gond,

Ses meilleurs régiments et la garde impériale….

Nous avons ce jour là, sauvé la capitale !

Le régiment chargea vers Sogny-les-Moulins,

Suippes fut enlevé dans un superbe entrain.

Tout n’était pas fini cependant, car la lutte

S’engagea formidable à Souain, sur la butte.

Là-bas, le régiment obtint la citation,

Où, de son fier courage, il était fait mention.

Mais le destin déjà lui donnait d’autres places.

En Belgique, en Artois, l’ennemi nous menace.

Donc, sans se reposer, il monte vers le nord.

Quels exploits elle vit, cette maigre colline,

Où, tout un bataillon sauta sur une mine !

Ce fut pendant dix mois des combats incessants.

Dix mois de durs assauts et de bombardements.

Combien de corps épars sur cette croupe affreuse

 Que la mort à fauchés, sinistre moissonneuse.

Ah ! Comme l’on frémit en pensant aux héros

Qui reposent là-bas de leur dernier repos.

Qui voudrait les compter ne pourrait pas le faire.

Tout le plateau n’est plus qu’un immense ossuaire.

Paix aux cendres des morts que domine un drapeau !

Plus tard, le régiment gardait le fort de Vaux

Et défendait Verdun. Ô gloire inexprimable,

Qui pour l’âge à venir, demeure inégalable.

Verdun, ce nom évoque à nos esprits troublés,

La lutte âpre et sans fin, tous les corps entassés.

L’ennemi qui déjà claironne sa victoire.

Plus de front défini, de l’eau terreuse à boire…

Leur folle exaltation soutient les combattants.

Dans la fournaise, en vain, fondent les régiments.

On voit les survivants pleins d’une ardeur féroce.

La défense se fait farouche, dure, atroce.

Et telle que l’on vit, à de certains moments,

Les vivants surmenés, faire appel aux mourants,

Crier, « Debout les morts » et tenir bon quand même,

Dans un dernier effort, pour un sursaut suprême !

On recule, on attaque, on cède, mais enfin,

Le drapeau tricolore est toujours sur Verdun !

Et nous pouvons sentir un orgueil légitime,

Notre drapeau connut cette lutte sublime.

Mais bientôt dans la Somme, en hâte transporté,

Le cent quarante neuf était encorcité.

Enlevant Soyécourt d’un bond irrésistible,

Il montre dans l’attaque une ardeur indicible.

Et ses combats dans l’Aisne, vers la Malmaison,

Resteront légendaires parmi tant de grands noms.

Mais bientôt, il fallut garder la défensive,

L’ennemi, vers Paris, fit une tentative.

On dut se replier, or dans ce dur moment,

Le cent quarante neuf résista vaillamment.

Ce fut en vain, que dans sa ruée brutale,

L’Allemand dévalait vers notre capitale,

Mais sur la Marne, encor, de nouveau les vainqueurs,

Nous brisâmes l’élan de nos envahisseurs.

Tandis qu’au Trou Bicot, notre fier régiment,

Contenait l’ennemi dans un combat sanglant.

C’est en ce lieu plus tard, qu’il prenait l’offensive,

Culbutait l’Allemand, la lutte fut très vive.

Nous les semions enfin, ces barbares maudits.

Nos vœux étaient comblés, ils étaient à  merci.

On voyait donc enfin triompher la justice,

Et ces Reitres si fiers, demander l’armistice.

Eux qui trois mois plus tôt croyaient prendre Paris,

Devaient passer le Rhin, honteux et poursuivis !

Ah ! Quel long cri d’amour jaillit au cœur des mères,

Et ne plus craindre enfin et pouvoir être fières.

Fières de ces héros, dont l’opiniâtreté

Avaient, après quatre ans, sauvé la liberté !

 

Ainsi, ce régiment dont ce jour est la fête,

Sut bousculer le « Boche » ou bien lui tenir tête.

Il fut sans cesse au feu, sur la brèche, à l’honneur.

Tous vraiment, dans ses rangs, ont ignoré la peur.

Il a su demeurer fidèle à la devise

Qui montre son courage et le caractérise.

Mais pour sa récompense treize citations,

Ont sans cesse ennobli son drapeau, ses fanions.

Et tous, nous arborons, joyeux, la tête fière,

Sur la veste bleue ciel, la jaune fourragère.

Elle est un souvenir des hauts faits des vaillants,

Et montre le devoir à tous leurs descendants.

Drapeau_149e_R

 Donc, c’est à toi que va notre plus grand hommage,

Drapeau de la Patrie aimable et sainte image.

En toi, nous saluerons, émus et recueillis ;

Tous nos morts de jadis, nos frères, nos amis.

Tu nous rappelleras ce sublime héritage

Qu’en mourant, ils ont su nous laisser en partage.

Or, leurs enseignements ne seront pas perdus,

Nous nous efforcerons d’imiter leurs vertus.

Oui, nous saurons toujours résister et mordre.

Au cent quarante neuf, tel est notre mot d’ordre.

Suivant la tradition d’un vieux mot bien Français

Car la Bretagne aussi dit comme nous « mordles ! »

Alors si quelques jours, l’ennemi nous menace,

Nous saurons retrouver nos qualités de race,

Et défendre l’honneur avec liberté,

Pour te léguer vainqueur à la postérité.

Ainsi donc pour jamais, dans la suite des âges,

Nos fils se grouperont sous ton fier patronage.

Et ils te salueront, comme nous à présent,

Splendide mutilé, gloire du régiment !

Sources :

Les photographies qui se trouvent sur les deux montages sont extraites de l’historique du 149e R.I. version « luxe ».

Les autres clichés et le poème proviennent de ma collection personnelle.

Un grand merci à M. Bordes et à A. Carobbi

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18 novembre 2016

Auguste Ernest Mathieu (1887-1914).

Auguste_Ernest_Mathieu

Le 19 décembre 1887, le serrurier Charles Auguste Mathieu se rend à la mairie d’Épinal pour venir  y déclarer la naissance d’Auguste Ernest, né le jour même, dans son appartement situé au numéro six de la place Guilgot. La mère, Marie Duroch est une femme âgée de 25 ans. Elle n’exerce pas de profession. Charles Auguste qui n’est pas encore marié avec Marie se reconnaît comme étant le père d’Auguste Ernest.

Aucune information connue sur l’enfance et l’adolescence d’Auguste Ernest n’a pu traverser le temps. Nous savons simplement qu’il a eu une sœur, Lucie Louise, qui est née en 1889.

La fiche signalétique et des services de cet homme est consultable sur le site des archives départementales d’Épinal. Hélas, comme pour beaucoup de Vosgiens, il n’y a pas d’informations concernant son parcours militaire. En dehors de son état civil, cette fiche nous indique simplement qu’il est inscrit sous le numéro 398 du canton d’Épinal et qu’il a été classé dans la 1ère partie de la liste en 1908. Ce futur soldat était donc en parfaite santé au moment où il est passé devant le conseil de révision.

Nous apprenons également qu’Auguste Ernest exerce le métier d’artisan coloriste et que son degré d’instruction est de niveau 3.

Peu avant d’effectuer ses obligations militaires, il épouse une Spinalienne nommée Julie Apoline Besancene le 27 juin 1908. De cette union naitront deux filles, Georgette et Juliette. La première voit le jour en 1911, la seconde en 1913.

Une fois la conscription terminée, il retourne à la vie civile. En dehors des périodes d’exercices obligatoires, il aurait pu se croire définitivement débarrassé de l’obligation de porter l’uniforme. Mais l’avenir proche va en décider tout autrement. En août 1914, Auguste Ernest Mathieu doit rejoindre la caserne Courcy. Il est réserviste. En tant que tel, il y a de fortes probabilités pour qu’il ait rejoint le régiment qui se trouve dans le secteur de Vanémont, le 4 août 1914, avec le 2e échelon.

Auguste Ernest est maintenant inscrit dans les effectifs de la 6e compagnie du 149e R.I. sous les ordres du capitaine François.

Le soldat Mathieu ne survivra pas à l’été 1914, il est tué le 21 août au cours des combats qui se déroulent au nord d’Abreschviller.

Pour en savoir plus sur les évènements qui se sont déroulés au cours de cette journée, il suffit de cliquer une fois sur la carte suivante.

Carte__journee_du_21_aout_1914

Le nom de cet homme est inscrit, avec 19 autres de ses camarades de compagnie, dans la liste des disparus du régiment pour cette journée.

Ce n’est que le 24 novembre 1920 que le tribunal d’Épinal officialise la date de son décès.

Le soldat Mathieu repose actuellement dans une sépulture individuelle du cimetière national mixte de Plaine-de-Walsch. Sa tombe porte le n°4.

Sepulture_Auguste_Ernest_Mathieu

Auguste Ernest Mathieu a été décoré de la Médaille militaire à titre posthume.

« Soldat courageux et dévoué. Tombé glorieusement au champ d’honneur, le 21 août 1914 à Abreschviller. Croix de guerre avec étoile de bronze. »

Son nom est gravé sur le monument aux morts de la ville d’Épinal.

Monument_aux_morts_d_Epinal_Auguste_Ernest_Mathieu

L'histoire à partir de 1914 sans Auguste Ernest nous est connue grâce à la mémoire familiale. Julie Apoline, l’épouse d’Auguste Ernest décède en 1919. Les petites Georgette et Juliette, alors âgées de 8 et 6 ans, sont aussitôt confiées aux religieuses de la doctrine chrétienne d’Épinal qui n’ont fait aucune recherche pour que ces petites orphelines puissent faire leur deuil.

Ce n’est qu’en 2016 que le petit fils d’Ernest Auguste à découvert la sépulture de son grand-père. Sa mère, pupille de la Nation, a cherché toute sa vie à en savoir plus. À chaque demande effectuée, il lui était répondu : « Votre père a été porté disparu ».

Sources

La fiche signalétique et des services et l’acte de naissance de cet homme ont été consultés sur le site des archives départementales des Vosges.

Le portrait et la plupart des informations concernant le soldat Mathieu ont été fournis par son petit-fils, M. Saleck.

La photographie de la sépulture d’Ernest Mathieu a été réalisée par M. Saleck.

La photographie du monument aux morts de la ville d’Épinal a été réalisée par J. N. Deprez.

Journal officiel de la République française du 16 mai 1922 (volume 2)  lu sur le site « Gallica ».

Un grand merci à M. Bordes, à A. Carobbi, à J.N. Deprez, à M. Porcher, à M. Saleck, à la famille descendante d’Auguste Ernest Mathieu, au Service Historique de la Défense de Vincennes et aux archives départementales des Vosges.

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25 novembre 2016

5 avril 1916.

5_avril_1916

Les changements d'unités, commencés la veille dans le secteur occupé par la 43e D.I., se poursuivent dans la matinée du 5 avril 1916. Heureusement, l’activité de l’artillerie ennemie a diminué d’intensité.

Le 6e bataillon du 323e R.I. a relevé le 2e bataillon du 158e R.I. et les restes du 1er bataillon du 149e R.I. dans la nuit du 4 aux 5 avril.

Le 2e bataillon du 158e R.I. est allé se porter aux abris du ravin, pour venir occuper les positions du 1er bataillon du régiment.

Les 17e,19e et 20e compagnies du 5e bataillon du 323e R.I., qui avaient été obligées de faire demi-tour dans la nuit du 4 au 5 avril, rejoignent le secteur du fort de Vaux pour relayer les hommes du 3e bataillon du 149e R.I..

La 70e D.I. est relevée par la 5e D.I..

Le 1er bataillon du 158e R.I. et le 1er bataillon du 149e R.I. ont pris la direction de Verdun.

Dans l’après-midi, le fort de Vaux est violemment bombardé par les Allemands. Il en est de même pour les tranchées qui sont situées à l’est et à l’ouest du fort et pour celles qui se trouvent dans la région de l’étang de Vaux-devant-Damloup. Il n’y aura pas d’action d’infanterie ennemie dans cette zone.

Carte_1_journee_du_5_avril_1916

Legende_carte_1_journee_du_5_avril_1916

Le 74e R.I. continue d’attaquer au sud du fort de Douaumont. Les 1er et 2e bataillons de ce régiment consolident leurs positions tout en poursuivant leurs actions offensives malmenées par les contre-attaques allemandes. Le 3e bataillon du régiment est entré dans la mêlée la veille au soir. Les combats dans ce secteur sont d’une extrême violence.

Carte_2_journee_du_5_avril_1916

Les positions occupées par le 149e R.I. en fin de soirée du 5 avril sont les suivantes :

Le 1er bataillon est établi à Verdun.

Le 2e bataillon occupe toujours ses positions en première ligne.

Le 3e bataillon est installé au tunnel de Tavannes.

Au cours de la journée, le 149e R.I. a eu 35 blessés et 37 disparus. Il faut savoir qu’il n’y a pas de prisonniers dans les disparus qui ont été signalés. Les chiffres indiquent simplement le nombre d’hommes qui se sont égarés au cours des relèves intérieures, les agents de liaison et les soldats de corvées qui ont été blessés et ceux qui n’ont pas encore été retrouvés.

Le capitaine Gaston de Chomereau de Saint-André évoque cette journée dans son témoignage consacré à la bataille de Verdun. Voici ce qu’il écrit :

« Le 3e bataillon du 149e R.I. est à son tour à l’abri à Tavannes, ayant perdu près d’un tiers de son effectif en officiers et en hommes. Nous avons réussi à colmater de ce côté, interdisant à l'ennemi l’accès du fort de Vaux. Nous passons plusieurs jours mis en réserve dans ce tunnel avec une sensation de sécurité. Ce tunnel de Tavannes est un  abri incomparable, qui a largement contribué à conserver Verdun. En revanche, les communications souterraines manquaient. Celles-ci auraient pu sauver Vaux et des milliers de nos hommes.

 J’ai admiré le calme courage des braves territoriaux du 144e R.I.T de Tarbes, sous les ordres du commandant de Castillan, régiment affecté au 21e C.A. et qui, travailleurs de fortune, seront décimés ». 

Le commandant Gaston Louis Édouard Fernagu a reçu l’ordre de venir remplacer le capitaine Gaston de Chomereau de Saint-André à la tête du 3e bataillon du 149e R.I..

Pour plus de clarté, le tableau suivant indique les positions occupées par les unités de la 43e D.I. à la fin de la journée du 5 avril 1916.

Tableau_occupation_du_secteur_de_la_43e_D

Dans la zone occupée par la 43e D.I. seuls le 3e B.C.P. et le 323e R.I., sont relativement « frais ».  Les autres unités, complètement éreintées par les évènements des jours précédents, attendent d’être relevées,  mais il va falloir encore patienter quelques jours…

Sources :

J.M.O. de la 43e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 344/5.

J.M.O. de la 70e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 394/1.

J.M.O. de la 5e D.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 268/9.

J.M.O. de la 85e brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/12.

J.M.O. de la 86e Brigade. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 520/14.

J.M.O. du 1er B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 815/2.

J.M.O. du 10e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 819/4.

J.M.O. du 31e B.C.P.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 826/26.

J.M.O. du 74e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 66013.

J.M.O. du 158e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 700/11.

J.M.O. du 323e R.I.. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 750/2.

Les archives du Service Historique de la Défense ont été consultées.

La photographie qui peut se voir sur le montage provient de la collection personnelle de T. de Chomereau.

Le témoignage de Gaston de Chomereau de Saint-André  peut se lire intégralement en cliquant une fois sur l’image suivante.

Capitaine_de_Chomereau_de_Saint_Andr_

Pour en savoir plus sur l’engagement du 74e R.I. durant les combats d’avril 1916, il suffit de cliquer une fois sur l’image suivante pour accéder au blog de S. Agosto.

Blog_Stephan_Agosto

Le fond de carte,qui aservi de support à la réalisation de la carte donnant les emplacements approximatifs des 5e et 43e D.I., provient du J.M.O. du groupement D.E. de la place de Verdun. S.H.D. de Vincennes. Réf : 26 N 70/7.

 Un grand merci à M. Bordes, à S. Agosto, à A. Carobbi, à T. de Chomereau, à A. Orrière, à M. Porcher, et au Service Historique de la Défense de Vincennes.

 

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